Les derniers avis (39414 avis)

Par Ubrald
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bételgeuse
Bételgeuse

Je pourrais recopier ici mon avis sur Aldébaran car je trouve que Bételgeuse est de qualité égale. Le niveau ne baisse pas. Les aficionados des créatures léoesques seront heureux car il me semple que Bételgeuse est le cycle qui en compte le plus. Cette fois, la planète explorée n’est pas couverte d’océans, ça change. Les immenses canyons végétaux magnifiques entourés de désert font rêver et invitent au voyage. J’aurais d’ailleurs aimé plus d’excursions au cœur de la jungle des canyons, à la manière des marais hostiles du tome 5 d’Aldébaran. Et puis toujours la marotte de Léo : comment vont se comporter, s’organiser des individus livrés à eux-mêmes sur une planète inconnue en étant complètement coupé de la Terre ? Ce cycle permet aussi d’avoir des réponses sur tout un tas de questions posées dans le premier cycle Aldébaran, notamment au sujet de la Mantrisse. Je viens d'identifier une des raisons pour lesquelles je trouvais les bd dessinées par Léo très chaleureuses, c’est qu’il met beaucoup de lumière dans son dessin, les corps humains, les créatures extra-terrestres, la végétation etc. brillent, tout brille ! Ses fins sont toujours réussies, Léo sait clôturer une histoire ; on sent qu’une page se tourne et en même temps il nous emmène déjà dans une autre direction.

26/06/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série Le Yankee
Le Yankee

J’ai trouvé cette BD éditée il y a trente ans, chez un bouquiniste récemment. Petit bijou visuel. Angelo Di Marco est surtout connu pour ses illustrations de faits divers pour France soir, détective ou encore France dimanche. Il se forge une réputation d’illustrateur réaliste, je dirais qu’il doit plutôt être classé dans la catégorie d’hyper réaliste. Et c’est ça qui m’a poussé à me procurer cet album. Pour faire plaisir à mes petits yeux avides de nouveaux dessins exceptionnels. C’est du noir et blanc mais genre photo. C’est du grand art. Et si vous rajoutez une atmosphère si particulière aux films dans lesquels nous pourrions croiser Lino Ventura ou Jean Gabin, vous avez compris que j’ai été conquis dès les premières pages par cet album. L’histoire est banale et sans aucune originalité. Mais peu importe en fait. C’est le côté graphique qui est vraiment intéressant sur cette BD. Une vraie régalade. C’est le tome 1 d’une série abandonnée trop tôt. Mais cet album se lit comme un one shot. Donc si vous voulez un album qui sort des sentiers battus graphiquement, n’hésitez pas à vous le procurer. J’ai pris énormément de plaisir à le feuilleter. Je n’irais pas jusqu’à mettre un 5 étoiles car l’histoire est en dessous des attentes, mais je ne peux pas ne pas mettre un 4 étoiles pour souligner le travail remarquable de ce dessinateur hors pair.

26/06/2021 (modifier)
Couverture de la série Période Glaciaire
Période Glaciaire

Dans l’inégale collection publiée autour du musée du Louvre, de Crécy livre là un album plutôt original (mais je n’en attendais pas moins de lui), qui lui permet de nous présenter une « redécouverte » (dans tous les sens du terme) du musée et de certaines de ses œuvres. Mêlant Science-Fiction, fantastique et aventure, de Crécy nous embarque dans une histoire simple dans son déroulé, mais riche et dense, avec une façon bien à lui de nous montrer un maximum d’œuvres exposées au Louvre (nous avons même droit à un petit historique du sauvetage des œuvres majeures durant la Seconde guerre mondiale). Ajoutons que le dessin, et la colorisation, m’ont tout à fait convenu. On a là un traitement original et intelligent d’une commande : ou comment le talent et l’imagination peuvent faire sortir un projet de l’ornière où les conditions de départ semblaient vouloir le cantonner. Chouette lecture donc, que je vous recommande.

25/06/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Il faut flinguer Ramirez
Il faut flinguer Ramirez

Deux albums débordant d’énergie, de fusillades et d’explosions ! Le premier tome est une vraie claque : le scénario – étonnant, absurde et bien maîtrisé -, le découpage – hyper efficace et intelligent -, et les dessins, superbes dans les moindres détails, et aux couleurs extrêmement bien réussies. C’est un régal de lecture, c’est plein d’humour et les pubs qui interrompent l’histoire à la manière de la pub à la télé sont subtiles et drôles. Le tome 2 m’a un peu moins plu. Le dessin et les couleurs débordent encore plus d’énergie et les couleurs s’éclatent. C’est peut-être un peu too much et malheureusement aux dépens du scénario qui marque le pas. Mais ce n’est pas grave, on retrouve les gueules des mafieux, les femmes fatales en cavales, les voitures de luxe, et notre héros, imperturbable, d’une froideur de tueur professionnel et des explosions, toujours des explosions !! Le gros clin d’œil à Tarantino est évident et franchement réussi. En attente du prochain tome en espérant qu’il tienne promesse.

25/06/2021 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5
Couverture de la série Cairn - Le Miroir des eaux
Cairn - Le Miroir des eaux

Un conte fantasy comme sait en fabriquer Pierre Dubois, qui s'est adjoint là comme dessinateur un certain Jérôme Lereculey, alors jeune talent plus que prometteur. L'histoire est très originale, du moins me paraît-elle comme telle car je ne suis pas spécialement férue de fantasy et je ne connais pas tout ce qui se fait en la matière. L'histoire est celle d'un être un peu particulier, le fils d'une vouivre, recueilli et élevé par un guerrier solitaire. J'ai l'impression d'y retrouver un peu des éléments récurrents dans diverses mythologies, celle des enfances de héros, orphelins biologiques mais nourris et élevés par des hommes ou des êtres un peu singuliers. Et on retrouve le héros à l'age adulte dans le deuxième volume, il se confronte aux hommes et nourrit son désir de vengeance. C'est sans doute plus classique mais l'histoire est bien fichue. Les dialogues concoctés par Pierre Dubois ne manquent ni d'humour, ni de poésie (Les noms des généraux du roi sont croquignolles : Coupendeux, Grosquinquin...:). Il n'y a pas de temps mort et les ambiances sont bien prenantes, les créatures sont féroces, les guerriers sanguinaires à souhait, la princesse plus coquine qu'elle n'y paraît... La fin reste ouverte pour une suite mais la série semble abandonnée, c'est dommage. Une bonne petite lecture bien agréable, une note entre 3 et 4 mais plutôt 4 quand même puisqu'il faut choisir.

25/06/2021 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Bartleby, le scribe
Bartleby, le scribe

C'est en voyant l'avis de Benjie que je me suis rappelé la lecture de ce récit et l'étrange impression qu'il avait produit sur moi. Je me souviens de ne pas avoir voulu le critiquer immédiatement, gardant en moi une envie de le disséquer, le désosser et le digérer avant de faire quoi que ce soit. Et si je n'ai finalement pas fait la critique, c'est probablement parce qu'il y a quelque chose qui reste en travers de mon esprit à la fin du récit. C'est le genre de récit qui appelle une réflexion intérieure, et l'avis de Blueboy est déjà suffisamment développé pour que je n'ai pas à pondre une nouvelle quantité de paragraphes afin de l'expliquer. Je dirais juste qu'Hermann Melville n'évoquait pour moi que le récit Moby Dick, dont j'avais arrêté la lecture en cours de route, terrassé par des descriptions foireuses des baleines et par les relents de pédant qui se dégageait de la "science" de l'auteur. Ce récit a donc attisé ma curiosité, par son ton et son propos. On est bien loin, à mon sens, de l'aventure du capitaine Achab, et ce semi huis-clos touche à quelque chose de plus universel : la résistance passive à un système qui ne nous convient pas. Tout est dans cette fameuse phrase : "Je préférerais ne pas". Une gentillesse, une volonté marquée, un simple non. Mais quelle image cela donne-t-il au récit ! Loin de Thoreau avec sa désobéissance civile, ici rien n'est politisé (mais politique, enfin, si vous voyez ce que je veux dire), mais dans l'avis personnel. Et cette volonté personnelle dérègle la machine parfaitement réglé d'un système où la libre expression de celle-ci doit rester privée. Le dessin rajoute quelque chose au récit, à la fois dans l'ambiance de New-York mais aussi dans l'intérieur des bureaux. C'est très bien retranscrit et une bonne part de ce que j'ai ressenti est passé par le dessin (surtout la tête de Bartleby avec son côté gentil). Je ne m'étendrais pas trop sur la BD, parce que je l'ai apprécié et que d'autres ont déjà relevés toutes les qualités que cette BD offre. Cependant, je me permettrai juste de dire que cette BD semble avoir plus de résonance encore aujourd'hui que lorsque la nouvelle fut écrite. Parce que derrière la façade bien ancrée dans son temps, le récit parle de quelque chose d'essentiel et qui est inhérent à l'être humain : la possibilité de refuser, simplement, poliment, ce qui nous dérange. Et j'ai comme l'impression que cette idée est aujourd'hui en berne, ou tout devient une acceptation passive (parfois accompagnée d'un soupir) sans que l'on réfléchisse à la possibilité de simplement refuser. Au point que l'on ne sait plus réagir lorsque le refus arrive. Et cette idée là, je l'aime beaucoup !

25/06/2021 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Carbone & Silicium
Carbone & Silicium

J'ai su que cette BD commençait bien lorsque j'ai dû la fermer après la préface pour digérer ce qu'il y avait dedans. Oui, après la préface. Mais elle est tellement dense à elle seule que j'avais envie de garder pour moi les mots et les digérer pendant un petit moment. Cela n'augurait que du bon pour la suite. Et je suis effectivement tombé sous le charme de ce qui s'ensuit. L'histoire est dense, un peu trop dense pour être résumée, dont tout l’intérêt est justement le brassage de sujets qu’elle va permettre. On sent que Bablet a eut le temps (comme il le dit lui-même) de poser et réfléchir à son histoire. C’est l’un des aspects que je préfère dans cette BD, parce que cela saute au visage à la première lecture, qui en appelle une deuxième dès que la lecture est finie. Dans les points négatifs que je peux souligner d'entrée de jeu, il y a quelques redondances avec l’œuvre précédente de Bablet, Shangri-La, autour de l'obsolescence programmée ou de la consommation à outrance de neuf, notamment. C'est léger comme détail, et je dirais presque que cette BD est une poursuite de la première, se permettant d'aller plus loin dans les réflexions de l'auteur. Pour le reste, et très franchement, j'ai adoré ce que la BD développe. Comme le souligne Alain Damasio en postface, c'est avant tout une histoire d'amour qui est évoquée, une histoire sincère d'amour entre deux intelligences artificielles qui se développeront de manière bien différentes mais qui se retrouvent régulièrement pour échanger leurs conceptions du monde. Monde qui évolue par ailleurs, avec et sans eux, de façon bien cynique et grinçante dans une vision, ma foi, assez réaliste du changement climatique et des bouleversements que connaitra la Terre dans le futur. Disons que c'est pas jojo et qu'il y a de quoi déprimer. Mais, et c'est là toute la force du récit de Bablet, la BD dégage avant tout une sensation d'espoir et de rédemption. La fin, belle et mélancolique avec un final en beauté, est dans ce ton qui traverse toute l’œuvre : à la fois désabusé et parfois triste quant à l'évolution de nos sociétés, mais aussi émerveillé et empli d'espoir. La beauté de la nature, la quête d'un sens à la vie, la transformation du monde, les nouvelles valeurs... C'est plein de thématiques qui sont traitées en filigrane de cette histoire dense, et pour un peu je dirais presque que l'histoire est avant tout celle d'un monde qui change et que les deux protagonistes ne sont qu'une façon de nous le dévoiler. Je pourrais parler plus longuement de cette BD, de la façon dont des thématiques surgissent à l'improviste sans jamais véritablement prendre le pas sur le récit, qui progresse toujours plus avant sans s'arrêter mais qui sait prendre le temps de contempler aussi. C'est une mécanique parfaitement bien huilée, qui se déroule logiquement jusqu'au point final du récit. Et la longue traversée qu'auront connus les deux intelligences artificielles m'a marquée, je dois l'avouer. Parce que Bablet semble prendre à la fois toute la noirceur de notre futur mais aussi l'espoir et l'optimisme sur nos nouvelles technologies, nos sociétés et notre mode de vie. C'est peut-être un peu niais, un peu trop gentil, mais j'aime ce ton qu'il a donné. Le récit est dense, très dense, et porte parfaitement bien ce qu'il dit. On ne s’ennuie pas un instant et je n'ai jamais eu la sensation d'être perdu dans ma lecture. C'est beau, mélancolique et optimiste. Une réussite totale, Bablet me séduit de plus en plus. Merci à lui !

25/06/2021 (modifier)
Couverture de la série L'Essai
L'Essai

Vous voyez ces jeux de développement de civilisation, où on commence avec rien, type Civilization ? Eh bien en commençant à lire cet album c'est le sentiment que j'ai eu. Un gars arrive dans les Ardennes, sur un pré entouré de bois, il n'a à peu près rien, et il se met au travail, seul, pour construire un domaine qui lui permettra de vivre. On n'est cependant pas dans un jeu. Ce que raconte L'essai, c'est l'histoire d'une "colonie libertaire", fondée par des anarchistes : Tout ce que nous avons fait ici l'a été sans qu'un ordre soit donné. Ainsi commence cette histoire. Un souffle besogneux - avec cependant quelque chose de vaguement épique, de pionnier - habite cette histoire. Histoire d'une construction d'un domaine certes, mais aussi d'un idéal. Concrétisation d'une idée. Démonstration par l'exemple en grandeur nature. Voilà qui n'est pas rien ! Les paroles sont assez rares. Les hommes finalement très peu présents. Ils ne sont pas des personnes, mais des silhouettes. Pas des personnages mais de simples acteurs de cette réalisation. La place principale n'est pas aux individus mais à la construction de cette communauté. Cette expérience qui passionne à l'époque les curieux, interpelle, et rassemble un peu les sympathisants, continue ici d'interroger, simplement et cependant brillamment. Mon regret sera peut-être que les raisons de la fin de cette colonie ne sont pas claires. J'ai eu l'impression que tout était ici imputé au fondateur, Jean-Charles Fortuné Henry. D'abord pour sa jalousie : Qui es-tu, "premier colon", pour prétendre dicter ta loi ? Puis pour ses motivations qui l'ont poussé vers un anarchisme plus actif, hors de cette colonie. Mais sans que cela soit bien clair pour moi. Pour ma part, je ne crois pas du tout à l'anarchie, hors très petits groupes et cas hors-norme de bonne entente. Et la réalité de cette colonie a sans doute du être très difficile au début, et probablement assez miséreuse dans l'ensemble. Et accessoirement je ne suis pas sûr que les Ardennes aient été le meilleur choix en termes climatiques pour une telle colonie. Mais toujours est-il que cette lecture résolument atypique sur une expérience originale et peu connue a été très agréable. Note réelle : 3,5 / 5.

25/06/2021 (modifier)
Couverture de la série Saison brune
Saison brune

Aujourd'hui 23 juin 2021, le pré-rapport du GIEC fait les gros titres. Quelles que soient les mesures prises pour atténuer la crise climatique, les conséquences dévastatrices du réchauffement vont devenir concrètes avant 2050. La lecture de cet énorme volume sur le réchauffement climatique sorti en 2012 le disait déjà, de façon infiniment plus marquante. Après sa lecture, poster ici un avis est totalement futile. Le dessin de Squarzoni est fidèle à lui-même, et qui a lu Garduno, en temps de paix ne sera pas surpris par la forme qui peut sembler partir un peu dans tous les sens de l'argumentation, ni par l'immixtion incongrue de membres d'ATTAC dans ces pages. Ouvrage d'un auteur de BD se renseignant sur le sujet, il ne s'agit pas d'une compilation scientifique dont les données sont à l'épreuve de toutes les critiques. Les chiffres cités provenant de différentes sources, leur disparité est même normale. Mais les mécanismes expliqués le sont clairement et le constat, lui, semble inattaquable. Et rigoureusement désespérant. Je suis sorti de cette lecture il y a plus de 15 jours, broyé. En me demandant ce que je pouvais faire à mon échelle, humaine et personnelle, pour moins accroître ce problème tout en conservant une vie "acceptable". Le premier pas est de limiter le superflu, mais c'est déjà compliqué. La notion de superflu regroupe en effet des choses très hétérogènes. On peut se passer facilement d'une partie de ce superflu, avec quelques efforts on peut se passer d'une autre partie de superflu, et à un moment on va arriver au superflu dont on a besoin, ou tout au moins au superflu dont on a envie. Je peux par exemple très bien me passer de voyages en avion. Me passer de livres n'est pas possible. Fort heureusement les bibliothèques sont là pour ça et sont sans doute un bon moyen de réduire l'émission de gaz à effet de serre. Éliminer les gaspillages d’électricité est sans doute très facile au-dessus d'un certain seuil, en deçà duquel cependant où on commencera à générer de l'inconfort. Une alimentation plus locale est paradoxalement bien plus coûteuse. Une alimentation plus végétarienne (flexitarienne est le terme, je crois), c'est déjà le cas. Faire moins d'enfants (sujet qui n'est pas évoqué dans Saison brune, ce qui est tout de même vraiment dommage), c'est pas possible. Ils sont déjà nés, et l'IVG post-natale n'est pas une option. Et bien sûr cette notion de superflu varie d'une personne à l'autre. Ces gestes personnels par contre, même s'ils sont entrepris par des millions d'individus, ne suffiront pas. Il faut aussi une politique globale, avec une vision, une ambition, des moyens, et sans doute de la coercition. Il faudrait déjà, de même que le nutriscore sur l'alimentation, un GES-score sur TOUS les produits et services, pour que tout le monde puisse connaître le coût écologique de sa consommation, et soit en mesure d'agir pour la réduire. Et rien que pour ça les difficultés sont énormes. Alors pour des mesures plus globales, plus politiques, je n'ai pas l'impression qu'on soit bien barrés. Déjà à notre échelle nationale, où il y a certes des choses mises en place, mais où globalement j'ai l'impression que l'écologie ne sert que de ramasse-voix électorales, mais surtout internationale. Imaginer qu'environ 200 pays avec les hommes politiques qui sont derrière vont réussir à se mettre d'accord sur un sujet qui va tâcher leurs gros égos bien boursouflés, les contraindre, les limiter, demander de partager des richesses en volume limité et donc d'accepter d'en donner à leurs voisins, générer de l'insatisfaction dans leurs populations et mettre en jeu la réélection de ces hommes politiques, oui, imaginer ça c'est du délire à l'état pur. Mon véritable regret est l'absence d'un tome 2. En effet, Saison brune montre le problème. Un tome 2 aurait pu esquisser des solutions. Conclusion : on va dans le mur à pleine vitesse. Personne - ou tout le monde, c'est pareil - ne tient le volant, et ceux qui freinent sont ultra-minoritaires. Note à mon moi de dans un, cinq, dix ans : qu'as-tu fait, finalement ?

23/06/2021 (modifier)
Couverture de la série Kongo
Kongo

Inspiré de plusieurs de ses oeuvres (« Un avant-poste du progrès », « Au cœur des ténèbres »), mais aussi et surtout des souvenirs personnels de Conrad, ce récit de Christian Perrissin est très fidèle au regard porté par ce grand auteur sur une certaine forme de colonisation : c’est dire si cet album est intéressant et recommandable ! On y suit un Conrad encore plein d’illusions (il rêve de découvrir l’Afrique profonde par admiration pour Stanley), qu’il va perdre rapidement, pour se forger une opinion tranchée et en décalage avec la quasi-totalité des Blancs qu’il côtoie au Congo. Au travers de son périple, et de son regard, c’est l’horreur des crimes commis au nom du « roi des Belges » - mais aussi par extension de la colonisation européenne en Afrique – que nous découvrons. C’est bien d’un « ténébreux voyage » qu’il s’agit, comme le signale le sous-titre de l’album. Quant au dessin de Tom Tirabosco, il est toujours simple et efficace. Surtout, son trait gras, naïf, jouant sur quelques nuances de gris et du Noir et Blanc, se révèle très en accord avec le récit, d’une cruelle noirceur. Enfin, un dossier court (4 pages), mais dense, complet et très instructif présente le contexte, les protagonistes que nous avons croisés. Il est accompagné d’une très bonne bibliographie (sur le sujet, sur Conrad, et de Conrad). Tout ceci complète très bien la lecture de cet album, dont je vous recommande la lecture.

23/06/2021 (modifier)