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L'Essai

Note: 3.29/5
(3.29/5 pour 7 avis)

Avec L'Essai, Debon signe un histoire complète qui, entre fiction et réalité, met en scène l'histoire vraie d'une communauté anarchiste. (texte de l'éditeur)


1900 - 1913 : Du début du XXe siècle aux prémices de la première guerre mondiale Anarchiste ! Biographies Champagne-Ardenne

Dans son nouveau one shot, Nicolas Debon s'inspire de l'histoire vraie d'une communauté anarchiste installée dans les Ardennes en 1903. Fonctionnant sur le principe de liberté et sur les préceptes libertaires, la communauté de L'Essai illustre à merveille l'espoir d'un modèle de société différent et exempt de toute autorité, dans une France plongée dans la misère. Un récit historique poignant sur un épisode méconnu de notre histoire et mis en images par un auteur au talent hors du commun. Une aventure documentaire, un récit inspiré d'une histoire vraie, mais aussi une bande dessinée servie par un graphisme original avec des couleurs directes parfaitement appropriées aux décors majestueux.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 07 Mai 2015
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Essai

17/05/2015 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur ThePatrick

Vous voyez ces jeux de développement de civilisation, où on commence avec rien, type Civilization ? Eh bien en commençant à lire cet album c'est le sentiment que j'ai eu. Un gars arrive dans les Ardennes, sur un pré entouré de bois, il n'a à peu près rien, et il se met au travail, seul, pour construire un domaine qui lui permettra de vivre. On n'est cependant pas dans un jeu. Ce que raconte L'essai, c'est l'histoire d'une "colonie libertaire", fondée par des anarchistes : Tout ce que nous avons fait ici l'a été sans qu'un ordre soit donné. Ainsi commence cette histoire. Un souffle besogneux - avec cependant quelque chose de vaguement épique, de pionnier - habite cette histoire. Histoire d'une construction d'un domaine certes, mais aussi d'un idéal. Concrétisation d'une idée. Démonstration par l'exemple en grandeur nature. Voilà qui n'est pas rien ! Les paroles sont assez rares. Les hommes finalement très peu présents. Ils ne sont pas des personnes, mais des silhouettes. Pas des personnages mais de simples acteurs de cette réalisation. La place principale n'est pas aux individus mais à la construction de cette communauté. Cette expérience qui passionne à l'époque les curieux, interpelle, et rassemble un peu les sympathisants, continue ici d'interroger, simplement et cependant brillamment. Mon regret sera peut-être que les raisons de la fin de cette colonie ne sont pas claires. J'ai eu l'impression que tout était ici imputé au fondateur, Jean-Charles Fortuné Henry. D'abord pour sa jalousie : Qui es-tu, "premier colon", pour prétendre dicter ta loi ? Puis pour ses motivations qui l'ont poussé vers un anarchisme plus actif, hors de cette colonie. Mais sans que cela soit bien clair pour moi. Pour ma part, je ne crois pas du tout à l'anarchie, hors très petits groupes et cas hors-norme de bonne entente. Et la réalité de cette colonie a sans doute du être très difficile au début, et probablement assez miséreuse dans l'ensemble. Et accessoirement je ne suis pas sûr que les Ardennes aient été le meilleur choix en termes climatiques pour une telle colonie. Mais toujours est-il que cette lecture résolument atypique sur une expérience originale et peu connue a été très agréable. Note réelle : 3,5 / 5.

25/06/2021 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
L'avatar du posteur Canarde

Très beau dessin , très bon titre, mais une histoire si triste ! L'essai d'une vie éloignée du monde capitaliste au début du XXème siècle, mené par un anarchiste qui achète le terrain avec ses économies. Il est rejoint pas des familles, des individus idéalistes qui viennent tenter leur chance. Mais l'ordre sans pouvoir n'est pas chose facile, le besoin de communiquer, l'idée de monter une imprimerie anarchiste sera le début de la fin, et l'expérience ne durera que quelques années... Une sorte de Jean de Florette du nord, avec des idéaux moins agronomiques que politiques. Pour le dessin, très peu de gros plan sur les visages, et peu de dialogues aussi, ce qui donnent une sorte d'abstraction des rapports humains, qui représente aussi une des causes de l'échec. Ce qui est le plus émouvant se sont les paysages : cette clairière représentée à toutes les saisons, avec les travaux qui lui sont attachés. Les grands arbres, la neige, le vent, le chantier de construction des maisons, avec cette collaboration de petites fourmis dans ce monde indifférent. Le volume est suivi de quelques cartes postales d'époque, avec ses messieurs en vestons et ces dames en robes longues... Les utopistes ont quelques chose d'effrayant et de touchant à la fois. Pourquoi reprendre le monde à son début, alors qu'il a déjà fait tant de chemin ... Cette BD a un mérite immense, elle nous encourage à la méditation : Quels embranchements choisir aujourd'hui ?

16/02/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Disons le d'emblée le dessin n'est pas ma tasse de thé mais je pense que pour cette histoire là n'est pas forcément le principal. En effet ce qui nous occupe ici c'est le fond, à savoir comment l'auteur arrive à retranscrire une aventure humaine, en l’occurrence l'établissement d'une communauté anarchiste au début du siècle dernier dans les Ardennes. C'est d'ailleurs plus d'un documentaire qu'il s'agit et qui nous montre les énormes difficultés auxquelles ces gens ont du faire front. Une lecture sociologique d'un phénomène qui n'a pas connu de suite et qui démontre que l'anarchie n'est pas qu'une doctrine qui détruit. De ce point de vue voila une lecture instructive à défaut d'être flamboyante.

02/10/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

J’ai été un peu dérouté au départ par le dessin des personnages (les barbes par exemple), mais je me suis finalement fait à ce trait naïf, parfaitement adapté à cette histoire. Tirée d’un fait réel et peu connu, elle donne à réfléchir sur certaines valeurs humaines, et sur les Anarchistes qui s’en sont fait les défenseurs, tentant de semer la bonne parole – dans un mode d’action ici proche de certains évangélisateurs (même si on s’en doute dans une perspective diamétralement opposée !). Un album intéressant – même si on ne se passionne pas pour les idées anarchistes, qui ont il est vrai peu eu l’occasion d’être réellement expérimentées. La propagande par le fait ici tentée est bien moins violente que les vagues d’attentats commis en fin de XIXème siècle (par exemple par le frère du principal protagoniste de cet album). A noter que le court dossier en fin d’album est bien fait et lui aussi intéressant. Un album à découvrir.

13/09/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Cette BD prend la forme d'une fausse autobiographie pour raconter un documentaire historique sur un sujet très intéressant : la première colonie anarchiste autonome créée au tout début du 20e siècle dans les Ardennes. Je n'ai jamais été attaché aux anarchistes. Si je peux à peu près comprendre leur rejet d'une société capitaliste où des riches et puissants profitent du peuple et leur imposent d'une manière ou d'une autre leur loi, je ne comprends pas en quoi lancer dans bombes parfois directement dans la foule peut être bénéfique et y changer quoi que ce soit. Mais ici, ce n'est pas de bombe qu'il s'agit, ou alors d'une bombe intellectuelle. Il s'agit à la base pour le personnage principal, Jean-Charles Fortuné Henry, de prouver par l'exemple qu'une communauté totalement libertaire peut survivre et s'épanouir sans avoir besoin d'aucune aide du monde occidental industrieux et surtout d'aucune autorité. C'est ainsi qu'il est à la base de la création, à partir de 1903, de la colonie anarchiste d'Aiglemont, au coeur d'une forêt des Ardennes, colonie qui sera bientôt rejointe par d'autres utopistes pleins d'espoir et visités par bien des curieux et des intellectuels fascinés par le projet. Le récit est très bien réalisé car on assiste de l'intérieur et de manière réussie aux tous premiers pas, puis à la croissance et à l'apogée de cette petite utopie. Même si de ombreux détails de fonctionnements sont fournis, et même si les personnages se perdent parfois en discours politiques et rhétoriques empreints de quelques citations poétiques, ce n'est jamais rébarbatif ou ennuyeux. On suit cette aventure comme on suivrait celle de Robinson en train de créer un nouveau monde en marge et pourtant si proche de l'ancien. Et comme on pouvait s'y attendre, on en voit aussi venir les défauts. Entre les difficultés initiales, puis les tensions qui apparaissent ensuite et finalement le délitement total. Tel que les choses sont racontées ici, on dirait que cet échec programmé venait en grande partie de la personnalité de celui-là même qui avait réussi à tout mettre en place au départ. Son intense motivation politique semble avoir fini par tourner en partie à l'autoritarisme qu'il rejetait puis à son égarement vers d'autres actions politiques tournées vers l'extérieur plutôt que de se concentrer sur l'univers qu'il avait créé et sur sa stabilité. Il est difficile de s'attacher à ce personnage dans ces conditions et l'échec de sa colonie finit par devenir inéluctable. Ceci étant dit, avec les Ardennes pour décor, si les hivers rigoureux n'y avaient pas suffi, j'imagine la guerre de 14-18 aurait dans tous les cas mis fin à cette utopie de manière expéditive . C'est un documentaire intéressant, doté d'un graphisme agréable et d'une bonne mise en scène.

12/07/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

L’essai est une bd qui raconte une histoire vraie, celle d’une expérience de type phalanstère. J’avais entendu parler de ces communautés qui souhaitent vivre en autarcie sur un autre modèle que celui que la société nous a imposé. C’est un peu le repaire de tous les anarchistes et les communistes qui refusent le système capitaliste. La question serait de savoir si un lecteur typiquement capitaliste pourrait adhérer à cette lecture. Bien entendu, le terme capitaliste n’est pas galvaudé puisque nous vivons tous dans ce système depuis 4 siècles. Il ne faut pas oublier que les anarchistes ont commis des attentats meurtriers à la fin du XIXème siècle en balançant des bombes dans les cafés parisiens. D’ailleurs, ce fut le cas du frère de l’initiateur de ce projet. Je n’invente rien. On va avoir droit à un essai manqué. Il y avait quelque chose d’excitant à monter une ferme du genre kolkhoze dans un endroit vierge. Les principes sont toujours bien sur le papier : ni autorité, ni maître. Or, à un moment donné, le fondateur voudra se comporter comme un tyran en imposant sa volonté au groupe. Oui, de généreuses idées qui ont conduit à la pire abomination avec le nazisme à savoir le communisme. On sait comment ont terminé les opposants et les innocents. Bon, on va mettre ces considérations politiques de côté pour ne se concentrer que sur la bd. Celle-ci ne se concentre que sur les faits à savoir la construction de ces bâtiments et de ses terrains qu’il va falloir labourer pour faire les premières récoltes. Quand on va revenir sur les personnages, ceux-ci vont nous apparaître comme totalement étrangers car la mise en scène les avait d’abord exclus. Il n’y a pas de psychologie propre. On n’arrive pas à avoir un ressenti. Sinon, pour le reste, je dirai que cette colonie a manqué de chance au niveau du climat qui a été plutôt très hostile. Par ailleurs, je doute que l’autarcie soit une solution contre la mondialisation. Le repli sur soi n’est jamais une solution.

22/12/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Nouvel album de Nicolas Debon et nouvelle perle ! L’essai relate une expérience de vie communautaire anarchiste, humaniste, naturaliste et totalement utopique. Au fil des pages, les contradictions se font jour, le rêve d’une société égalitaire et libertaire s’étiole face aux réalités humaines. L’ambition, la volonté de convertir, la jalousie, la folie des grandeurs… L’homme peut avoir les desseins les plus nobles, il n’en reste pas moins homme. Si le constat final est amer, l’expérience valait la peine d’être tentée, et Nicolas Debon, dans un savant mélange de réalité historique et de romance, parvient à nous faire partager les rêves de Fortuné Henry, instigateur et narrateur de cette expérience, et de ses camarades. Le dessin, brut, avec des personnages aux contours flous, avec des couleurs passées plonge le lecteur dans un autre monde, une autre époque. La narration à la première personne l’implique, le rend complice du sort des personnages… J’aurais tant aimé que cet essai soit converti… J’aurais tant aimé qu’il nous convertisse tous à ce rêve de société égalitaire. Ici, anarchie ne rime pas avec attentat et destruction, bien au contraire ! Il est tellement rare qu’un récit nous présente cette utopie politique de la sorte (dans le même ordre d’idée, je dois remonter au « Temps des Bombes » pour retrouver le sujet traité d’une manière similaire) que j’y vois une raison de plus de lire cet album. Enfin, le découpage est proche de la perfection. Le rythme lent, les dialogues qui puisent dans leur rareté toute leur force marquent le passage du temps et la force des idées. Les grandes illustrations découpent le récit en courts chapitres. La page 43 recentre le dessin et, par la même occasion, la thématique et l’enjeu réel de cet essai. La forme sert le fond, d’une manière inconsciente, le découpage guide les pensées du lecteur. Du grand art sans grands effets. Je ne peux qu’être admiratif devant cette apparente simplicité. Enfin, l’album nous propose quelques phrases magnifiques. Et je finirai cet avis sur l’une d’entre elles : « Lorsqu’un homme rêve, ce n’est qu’un rêve ; que plusieurs hommes rêvent ensemble et c’est le début d’une réalité… »

17/05/2015 (modifier)