Si cette BD ne brille pas particulièrement par son dessin (celui-ci fait néanmoins le taf), c'est son contenu qui, en ces temps troublés, constitue un allié plus que précieux. Vous me voyez venir ? Ouaih, sauf que les auteurs ne glissent aucune allusion à l'épidémie qui secoue le monde depuis presque deux ans. Pas grave : le lecteur comprendra vite qu'il s'agit ici d'un ouvrage d'urgence qui permet de se prémunir contre les arguments de groupuscules obscurs dont certains n'hésitent pas à voir dans la covid-19 un plan de conquête du monde élaboré par les reptiliens.
Alors point de vue contenu, c'est du costaud y'a tout ce qu'il faut ! Des notions parfois ardues y sont abordées (telle celle de "biais cognitifs") et les mécanismes de la pensée sont méthodiquement décortiqués. Sans parti pris, les auteurs rappellent que la science, souvent perçue à tort comme le garant de la vérité, a elle aussi le droit à l'erreur, ou bien qu'elle peut également être instrumentalisée...
Bon, j'ai trouvé que cette petite BD était vraiment un chouette truc. La forme BD permet d'alléger le propos en le rendant accessible au plus grand nombre (c'est quand même moins confidentiel qu'un essai jargonnant), mais surtout le fonds n'est pas sacrifié, le ton n'est pas manichéen pour un sou où la mauvaise foi serait rejetée dans les limbes honteuses de la bêtise. Oui, une piqure de rappel salutaire !
Alors platistes de tous les pays, tremblez maintenant !!!
La lecture de cet album m'a immanquablement rappelé "Les Raisins de la Colère". Pour autant, si ces deux œuvres prennent place dans le même contexte historique, elles n'abordent pas le sujet sous le même angle. John Steinbeck avait axé son roman sur l'exode d'une famille en Californie, ici on s'attarde davantage sur les familles qui vivent encore dans le Dust Bowl, une région du centre des États-Unis touchée par la sécheresse et des tempêtes de poussière durant les années 30. Si les critiques de John Steinbeck sur la politique économique de son pays m'avaient marquée par leur résonnance avec notre monde actuel, que dire de l'évocation de ce dérèglement climatique en partie lié à l'activité humaine ?
Le drame vécu par ces familles est vu au travers du regard - ou plutôt de l'objectif - d'un jeune photographe New Yorkais en mission pour la FSA. Je connaissais certaines photos prises à l'époque, en particulier la fameuse "Mère Migrante" de Dorothea Lange, mais j'ignorais qu'elles avaient été prises dans le cadre d'une mission menée par un organisme d'État. Je ne me souvenais pas non plus avoir entendu parler du Dust Bowl (peut-être le terme est-il évoqué dans "Les Raisins de la Colère", mais je n'en ai pas souvenir). J'ai donc découvert pas mal de choses sur cette époque, et c'est un des points que j'ai apprécié dans cet album.
J'ai été très touchée par le destin tragique de ces familles en lutte contre des conditions climatiques épouvantables, et j'ai trouvé judicieux l'insertion de photos au début de chaque chapitre, qui nous rappelle que si les personnages et les faits sont fictifs, ils sont basés sur des histoires bien réelles. J'ai également bien aimé suivre l'évolution du personnage principal, tout d'abord bêtement appliqué à accomplir sa mission, puis se sentant de plus en plus proche des familles qu'il photographie.
Tout ceci est très bien raconté, l'auteure prend son temps pour planter les décors. Dès les premières pages j'ai été complètement immergée dans cet univers rude et malgré tout visuellement superbe. Je découvre le travail d'Aimée De Jongh et je peux dire que je suis sous le charme, aussi bien de son graphisme que de sa narration.
Un très bel ouvrage dont je recommande chaudement la lecture.
Le dessin d’Alex Alice est vraiment très bon. Différent de ce que je connais de lui (Le Troisième Testament), mais réellement beau, avec une palette de couleurs plus apaisée. Le visuel est déjà un chouette atout pour cette série.
Série qui puise à plusieurs sources. D’abord les nombreux clins d’œil/hommages à Jules Verne (la couverture déjà), à Méliès ou, pour citer des références plus récentes, à l’univers de Miyazaki ou au cycle lunaire de De Cape et de Crocs. Et le choix de l’année 1869 pour le grand départ dans l’espace de Séraphin et de ses compagnons, un siècle exactement avant l’alunissage d’Amstrong et Aldrin, est aussi plus qu’un clin d’œil.
Dans ces années 1860 de l’apogée de la première révolution industrielle, au moment où l’Allemagne se construit dans la douleur sous la férule de la Prusse, avec des personnages comme Ludwig de Bavière, et sa cousine Sissi (qu’Alice a quand même fait ressembler quelque peu à Romy Schneider, non ?), Alex Alice a trouvé matière à construire une intrigue mêlant espionnage, guerres européennes, inventeurs de génie et roi fou et poète. Un bonne touche steampunk habille le tout, pour le plaisir des yeux, mais aussi de l’imagination du lecteur, prêt à oublier le possible pour accepter le probable, et se laisser porter par une histoire aux petits oignons.
Le deuxième tome est plus proche de Méliès que de Verne, avec une aventure dans l’espace et sur la Lune, avec peut-être moins de péripéties et plus d’onirisme.
En tout cas, Alice arrive à nous captiver, à nous faire croire l’incroyable, avec une histoire simple et de beaux dessins, et un Louis II qui trouve enfin le château de ses rêves.
Un cycle se finit, mais Alex Alice veut nous emmener plus loin dans son voyage, vers Mars. J’en serai.
*******************************
Le cycle suivant (tomes 3 et 4) se déroule essentiellement sur Mars.
Le dessin y est toujours très beau, et la colorisation, plus pastelle, plus sobre que ce que fait d'habitude Alice, habille très bien ce récit.
Quant à l'intrigue, elle alterne les moments très rythmés (les tensions internationales entre la Prusse et Bavière et France s'invitent hors de la Terre) et d'autres plus contemplatifs (par exemple lorsque Séraphin cherche à ramener la Princesse vers les siens), ces derniers n'étant pas exempts de longueurs.
C'est plus inégal donc, mais l'histoire est encore captivante, basculant vers une uchronie que confirme le cycle suivant.
En effet, avec le tome 5, on retrouve la Terre et ses turpitudes diplomatiques, au milieu desquelles nos aventuriers de l'espace (essentiellement des gamins - Hans jouant un rôle comique, accentué par le fait qu'il est l'un des rares personnages n'ayant pas des traits du visages très réalistes) cherchent à sauver, pèle-mêle, la paix sur Mars (menacée par l'expansion prussienne), voire en Europe (où Napoléon III voit du coup son règne rallongé de quelques années), à retrouver la mère de Séraphin, voire son père, ou le roi de Bavière, etc.
Il y a peut-être là moins de magie et de surprises que dans le premier cycle, mais c'est encore bien fichu, et cela tient en haleine le lecteur. Il va juste falloir conclure correctement, en évitant les rallonges inutiles.
Cet album nous transporte dans le Bronx des années 1920-1930, à une époque où le quartier se transforme sous les yeux de ses habitants pour accueillir toujours plus de familles. Et la vie de tous les jours se déroule sous nos yeux… Will Eisner, qui est un de mes auteurs préférés, sait traduire tout en sensibilité et subtilité l’ambiance de son quartier dans lequel on sent que le fragile équilibre social. Chaque histoire est humaine et semble, au premier abord, d’une grande simplicité : juste un petit morceau de vie, juste l’histoire d’une famille comme les autres, juste un petit incident. Mais à bien y regarder, on perçoit qu’en réalité Eisner aborde des questionnements humains profonds et éternels. Avec un rien de cynisme, il dépeint des destins d’hommes et de femmes, leurs rapports à la chance et à la malchance, leurs liens avec la religion, les effets de la réussite sociale sur un individu et de la déchéance, chez un autre. Les albums de Will Eisner me font penser aux films de Woody Allen dans leur traitement de sujets éternels sur fond de vie quotidienne. C’est profondément humain, intelligent et empreint d’humour, le tout servi par un dessin magnifique et précis.
Susie Morgenstern est une romancière pour la jeunesse qui commence à être pas mal adaptée en bande dessinée. Comme adaptations d'elle, j'avais déjà lu La Petite Dernière qui m'avait ennuyé et La Famille trop d'filles qui m'avait paru sympathique sans plus. Mais là, avec Lettres d'amour de 0 à 10, je suis vraiment tombé sous le charme. Et je note avec amusement une thématique commune avec les précédentes histoires, celle d'une très grande fratrie.
Lettres d'amour de 0 à 10, c'est l'histoire d'Ernest, un petit garçon de 10 ans vivant avec sa grand-mère au milieu des années 90. Sa mère est morte et son père a disparu, et sa grand-mère reste tellement muette sur le sujet qu'il ne sait même pas s'il est mort ni qui il a bien pu être. Il en ressort un enfant très bon en classe, très mignon, mais aussi très guindé et réservé, le genre à venir en cours en costume cravate, à ne fréquenter personne et à rentrer chez sa grand-mère dès la sortie de l'école. Quant à cette dernière, elle rumine de tristes pensées et ne sort jamais de chez elle. Seule la vieille servante amène un peu de vie dans leur appartement. Jusqu'au jour où débarque en classe une nouvelle, Victoire, sœur énergique de treize garçons, qui jette immédiatement son dévolu sur Ernest et va les sortir, lui et sa grand-mère, de leur torpeur qu'ils le veuillent ou non.
En terme d'action, c'est un pur roman graphique dont le décor ne dépassera jamais celui de l'école, des logements des deux familles et du chemin à pied entre les trois, avec pour échappatoire exotique les courses à un hypermarché. Mais ce n'est pas l'exotisme et l'aventure qui font la force de cette histoire, mais bien ses personnages et leurs interactions. Nous y découvrons deux familles radicalement différentes et aussi intéressantes l'une que l'autre, l'une vivant dans les regrets et les souvenirs, et l'autre pleine de vie et de mouvement. Les deux héros, Victoire et Ernest, sont aussi originaux que crédibles et attachants. Le déroulé de l'action est plein de justesse avec aussi une bonne dose de bons sentiments qui réchauffent le cœur. Le sujet de la famille y est abordé avec intelligence. La fin se révèle touchante, avec même un passage un peu cruel dont la douleur est heureusement vite effacée. Quant au graphisme, il est très agréable et j'aime sa colorisation qui n'est pas sans me rappeler un peu les illustrations de Sempé.
J'ai beaucoup aimé.
Cet été, au détour d’une ruelle sombre de Genève, je tombe sur une magnifique fresque street-art. Voilà ma première rencontre avec Angela Davis.
Je ne connais pas l’auteur de cette fresque mais une chose est certaine, je veux connaitre plus en amont cette personne pour comprendre pourquoi elle mérite une telle exposition sur cette façade.
Google est mon ami. Je découvre donc qui est cette emblématique personnalité qui s’est engagée dès 1967 pour défendre la cause noire et de façon plus large, les minorités oppressées. J’avoue humblement ne pas avoir fait le rapprochement avec la chanson Lily de Pierre Perret. Quelle claque je prends. Il faut que je me rattrape et que je me documente sur cette figure du mouvement black power à l’instar de Martin Luther King. Oui oui rien que ça !
Les jours passent et ô merveilleuse surprise, un biopic sur Angelina est disponible à la médiathèque de mon bled ! Ni une ni deux, je l’emprunte.
Que c’est bon. L’album reprend tous les faits marquants de la vie d’Angela notamment la traque et son arrestation par le FBI. Bien évidemment l’acte fondateur de sa vie et son véritable point de départ de ses combats sont mis en avant avec une bonne restitution de cette époque de quasi guerre civile très loin de l’imagerie hippie flower power que nous avons habituellement.
Au final c’est enthousiasmant et très intéressant. C’est pour résumé, l’échec cuisant des blancs dominants tout-puissants à écraser cette femme noire. Le message est fort. Les injustices et la cruauté sont montrés sans filtre. Bouleversant. Le combat doit cependant continuer ! Black lives matter...
A lire sans aucune hésitation même si le graphisme n'est pas le plus stylé.
Je me dépêche, je suis en retard pour mon premier rendez-vous aux "Bdtheques anonymes".
J'arrive dans une pièce mal éclairée. Au centre, des personnes sur des chaises, ils m'attendent. Je m'assois.
Moi : Bonjour je m'appelle Cacal69.
Eux : Bonjour Cacal69.
Moi : Je suis accro à Brubaker/Phillips.
Eux : Comment c'est arrivé ?
Moi : J'ai commencé par un petit Pulp et ensuite par un méga Un été cruel. Le début de la spirale infernale.
Eux : Et après ?
Moi : Je me suis fait une ligne de "Criminal".
Eux : Pourquoi cette dépendance ?
Moi : Criminal c'est des scénarios en béton avec cette impossibilité de m'arrêter dès la lecture de la première page. Un univers sordide. Et le plaisir de retrouver Teeg et ses fils, ainsi que la Grogne.
Eux : Parle nous des personnages.
Moi : Des ordures, des tueurs, des salauds, qu'ils soient hommes ou femmes. Ils sont le rebut de la société, mais toujours attachants, ce qui est paradoxal, avec souvent cette petite touche de tendresse, d'humanité. Mais ne vous méprenez pas, ils restent toujours des êtres "humains" méprisables.
Eux : Et le dessin ?
Moi : Des dessins captivants, d'une noirceur extrême, avec des couleurs sombres à souhaits. Il retranscrit à merveille l'ambiance glauque des récits, un trait fin qui magnifie l'horreur qui défile sous mes yeux. Les hommes ont des sales gueules et les femmes sont sensuelles. Que du plaisir.
J'en redemande.
..........
Moi : Pourquoi vous levez-vous ?
Eux : Nous allons à la librairie pour nous faire "Criminal".
Moi : :-)
Cette BD est une histoire très prenante commençant dans les derniers jours de l'Algérie française dont la violente fin de guerre est rapidement évoquée - mais sans détours - et qui nous transporte ensuite en France où la famille de rapatriés doit désormais trouver sa place.
Le récit fait passer beaucoup d'émotions avec des personnages très justes, des relations complexes et des sujets douloureux (le deuil, la déception, le rejet et l'incompréhension...) sont abordés avec une grande finesse et un talent d'observations et de restitution. Certaines pages m'ont réellement fait frissonner, ce qui est plus rare pour moi avec une BD qu'avec un livre.
Le dessin de Tronchet peut emballer ou rebuter: dans mon cas, c'est clairement la première option. Je lui ai trouvé une très grande expressivité dans sa fausse simplicité, expressivité qui fait encore plus ressortir et mettre en valeur les émotions portées par le scénario et les textes.
C'est avec Des espaces vides que j'avais découvert le trait très agréable de Miguel Francisco. Si son graphisme m'avait séduit, son premier album pêchait quand même au niveau de la narration, mais je m'étais promis de suivre son travail.
Le voilà donc de retour avec cette fois une scénariste pour l'épauler. Marion Achard nous propose en effet de suivre une troupe de spectacle vivant en s'attachant, non pas à ce que tout le monde peut voir en se donnant la peine d'aller au spectacle, mais plutôt en nous montrant l'envers du décor et tout le processus de création et le quotidien semé d'embûches des intermittents du spectacle.
Pour bien connaître ce milieu, j'ai trouvé que cet album sonnait juste, sans tomber dans le misérabilisme, tout en montrant le "choc des cultures" quasi quotidien de ce statut particulier face à "l'administration" et les autres difficultés familiales inévitables (travail le week-end, voyages, gestion des enfants...). Voilà un album qui montre simplement mais efficacement pourquoi le statut d'intermittent nous est si envié à l'étranger tant il permet à la création et à la créativité de nos artistes de trouver le temps de chercher, douter, essayer pour parvenir à la diversité créative qui nous est proposée.
Marion Achard insuffle l'humour nécessaire à sa trame narrative pour relever le tout et coller au trait singulier de Miguel Francisco, qui donne aux visages de ses personnages une rare expressivité. Le tout fonctionne très bien, et fait éclater la passion qui anime ces artistes ; on réalise qu'un spectacle et sa création, c'est avant tout un sacré parcours du combattant !
Notre prolifique ami Jean-Luc Istin commencerait-il à tourner en rond ou à se lasser de ses sagas de personnages de fantasy ? En tout cas, ça ne semble pas être le cas du concept "un univers, un personnage par tome". Voici qu'il s'ouvre de nouveaux horizons en nous proposant un petit tour dans l'espace avec une petite brochette de raclures, pardon de mercenaires, pas piquée des hannetons ! Voilà donc les I.S.S. Snipers !
Le premier tome de cette nouvelle série nous propose de suivre la sanglante piste de Reid Eckart, dit Stock. Le surnom, c'est pour la pile de cadavres qu'ils laisse derrière lui là où la révolte gronde et qu'il faut mater tout ce petit monde... Voilà donc notre Stock envoyé sur Okeelia pour faire apprécier aux colons rebelles ses qualités en maintien de l'ordre, mais tout va rapidement partir en sucette quand ce dernier et son équipe vont se rendre compte qu'il n'y a point de colons, encore moins de rebelles, mais bien uniquement des autochtones pacifiques qui ont la malchance d'être sur une planète riche d'un minerai des plus recherché ces derniers temps... Sauf que ça, c'est pas réglementaire... Et que notre Stock, malgré son statut de mercenaire habitué à suivre les ordres n'a pas non plus pour habitude de sortir du légal pour le bon vouloir de certaines corporation intéressées... Voilà comment notre mercenaire va du jour au lendemain passé du statut d'éradicateur de révolté à celui d'insurgé...
J'avoue que j'appréhendais un peu cette nouvelle série ; j'avais peur de découvrir une série bien bourrine sans grand intérêt, avec un niveau de psychologie proche du zéro absolu. Et bien c'est là que j'ai été le plus surpris ! Jean-Luc Istin à plus d'un tour dans son sac et nous propose en un tome un récit bien campé, bien construit, où justement, il nous dévoile petit à petit des facettes plus complexes de son personnages principal. Les personnages secondaires sont aussi bien pensés et étoffent cette histoire de façon réussie.
Alors oui, l'action est aussi au rendez-vous ! Mais elle n'est pas le moteur de l'intrigue mais juste là pour la servir et donner au récit son côté épique indispensable. Erwan Seure-Le Bihan s'en donne d'ailleurs à coeur joie dans certaines scènes, en jouant avec les cadrages et les angles de vue pour rendre tout cela très dynamique. Son trait assez réaliste et sa mise en couleur maîtrisée renforce le côté très cinématographique des planches qu'il nous propose. Ses doubles pages sont même bluffantes !
Au final, voilà une série qui commence de manière très impressionnante et qui donne envie de se plonger dans les tomes à venir. Espérons que les prochains auront la même saveur !
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L'Esprit critique
Si cette BD ne brille pas particulièrement par son dessin (celui-ci fait néanmoins le taf), c'est son contenu qui, en ces temps troublés, constitue un allié plus que précieux. Vous me voyez venir ? Ouaih, sauf que les auteurs ne glissent aucune allusion à l'épidémie qui secoue le monde depuis presque deux ans. Pas grave : le lecteur comprendra vite qu'il s'agit ici d'un ouvrage d'urgence qui permet de se prémunir contre les arguments de groupuscules obscurs dont certains n'hésitent pas à voir dans la covid-19 un plan de conquête du monde élaboré par les reptiliens. Alors point de vue contenu, c'est du costaud y'a tout ce qu'il faut ! Des notions parfois ardues y sont abordées (telle celle de "biais cognitifs") et les mécanismes de la pensée sont méthodiquement décortiqués. Sans parti pris, les auteurs rappellent que la science, souvent perçue à tort comme le garant de la vérité, a elle aussi le droit à l'erreur, ou bien qu'elle peut également être instrumentalisée... Bon, j'ai trouvé que cette petite BD était vraiment un chouette truc. La forme BD permet d'alléger le propos en le rendant accessible au plus grand nombre (c'est quand même moins confidentiel qu'un essai jargonnant), mais surtout le fonds n'est pas sacrifié, le ton n'est pas manichéen pour un sou où la mauvaise foi serait rejetée dans les limbes honteuses de la bêtise. Oui, une piqure de rappel salutaire ! Alors platistes de tous les pays, tremblez maintenant !!!
Jours de sable
La lecture de cet album m'a immanquablement rappelé "Les Raisins de la Colère". Pour autant, si ces deux œuvres prennent place dans le même contexte historique, elles n'abordent pas le sujet sous le même angle. John Steinbeck avait axé son roman sur l'exode d'une famille en Californie, ici on s'attarde davantage sur les familles qui vivent encore dans le Dust Bowl, une région du centre des États-Unis touchée par la sécheresse et des tempêtes de poussière durant les années 30. Si les critiques de John Steinbeck sur la politique économique de son pays m'avaient marquée par leur résonnance avec notre monde actuel, que dire de l'évocation de ce dérèglement climatique en partie lié à l'activité humaine ? Le drame vécu par ces familles est vu au travers du regard - ou plutôt de l'objectif - d'un jeune photographe New Yorkais en mission pour la FSA. Je connaissais certaines photos prises à l'époque, en particulier la fameuse "Mère Migrante" de Dorothea Lange, mais j'ignorais qu'elles avaient été prises dans le cadre d'une mission menée par un organisme d'État. Je ne me souvenais pas non plus avoir entendu parler du Dust Bowl (peut-être le terme est-il évoqué dans "Les Raisins de la Colère", mais je n'en ai pas souvenir). J'ai donc découvert pas mal de choses sur cette époque, et c'est un des points que j'ai apprécié dans cet album. J'ai été très touchée par le destin tragique de ces familles en lutte contre des conditions climatiques épouvantables, et j'ai trouvé judicieux l'insertion de photos au début de chaque chapitre, qui nous rappelle que si les personnages et les faits sont fictifs, ils sont basés sur des histoires bien réelles. J'ai également bien aimé suivre l'évolution du personnage principal, tout d'abord bêtement appliqué à accomplir sa mission, puis se sentant de plus en plus proche des familles qu'il photographie. Tout ceci est très bien raconté, l'auteure prend son temps pour planter les décors. Dès les premières pages j'ai été complètement immergée dans cet univers rude et malgré tout visuellement superbe. Je découvre le travail d'Aimée De Jongh et je peux dire que je suis sous le charme, aussi bien de son graphisme que de sa narration. Un très bel ouvrage dont je recommande chaudement la lecture.
Le Château des étoiles
Le dessin d’Alex Alice est vraiment très bon. Différent de ce que je connais de lui (Le Troisième Testament), mais réellement beau, avec une palette de couleurs plus apaisée. Le visuel est déjà un chouette atout pour cette série. Série qui puise à plusieurs sources. D’abord les nombreux clins d’œil/hommages à Jules Verne (la couverture déjà), à Méliès ou, pour citer des références plus récentes, à l’univers de Miyazaki ou au cycle lunaire de De Cape et de Crocs. Et le choix de l’année 1869 pour le grand départ dans l’espace de Séraphin et de ses compagnons, un siècle exactement avant l’alunissage d’Amstrong et Aldrin, est aussi plus qu’un clin d’œil. Dans ces années 1860 de l’apogée de la première révolution industrielle, au moment où l’Allemagne se construit dans la douleur sous la férule de la Prusse, avec des personnages comme Ludwig de Bavière, et sa cousine Sissi (qu’Alice a quand même fait ressembler quelque peu à Romy Schneider, non ?), Alex Alice a trouvé matière à construire une intrigue mêlant espionnage, guerres européennes, inventeurs de génie et roi fou et poète. Un bonne touche steampunk habille le tout, pour le plaisir des yeux, mais aussi de l’imagination du lecteur, prêt à oublier le possible pour accepter le probable, et se laisser porter par une histoire aux petits oignons. Le deuxième tome est plus proche de Méliès que de Verne, avec une aventure dans l’espace et sur la Lune, avec peut-être moins de péripéties et plus d’onirisme. En tout cas, Alice arrive à nous captiver, à nous faire croire l’incroyable, avec une histoire simple et de beaux dessins, et un Louis II qui trouve enfin le château de ses rêves. Un cycle se finit, mais Alex Alice veut nous emmener plus loin dans son voyage, vers Mars. J’en serai. ******************************* Le cycle suivant (tomes 3 et 4) se déroule essentiellement sur Mars. Le dessin y est toujours très beau, et la colorisation, plus pastelle, plus sobre que ce que fait d'habitude Alice, habille très bien ce récit. Quant à l'intrigue, elle alterne les moments très rythmés (les tensions internationales entre la Prusse et Bavière et France s'invitent hors de la Terre) et d'autres plus contemplatifs (par exemple lorsque Séraphin cherche à ramener la Princesse vers les siens), ces derniers n'étant pas exempts de longueurs. C'est plus inégal donc, mais l'histoire est encore captivante, basculant vers une uchronie que confirme le cycle suivant. En effet, avec le tome 5, on retrouve la Terre et ses turpitudes diplomatiques, au milieu desquelles nos aventuriers de l'espace (essentiellement des gamins - Hans jouant un rôle comique, accentué par le fait qu'il est l'un des rares personnages n'ayant pas des traits du visages très réalistes) cherchent à sauver, pèle-mêle, la paix sur Mars (menacée par l'expansion prussienne), voire en Europe (où Napoléon III voit du coup son règne rallongé de quelques années), à retrouver la mère de Séraphin, voire son père, ou le roi de Bavière, etc. Il y a peut-être là moins de magie et de surprises que dans le premier cycle, mais c'est encore bien fichu, et cela tient en haleine le lecteur. Il va juste falloir conclure correctement, en évitant les rallonges inutiles.
Un Pacte avec Dieu (Un bail avec Dieu / Le Contrat)
Cet album nous transporte dans le Bronx des années 1920-1930, à une époque où le quartier se transforme sous les yeux de ses habitants pour accueillir toujours plus de familles. Et la vie de tous les jours se déroule sous nos yeux… Will Eisner, qui est un de mes auteurs préférés, sait traduire tout en sensibilité et subtilité l’ambiance de son quartier dans lequel on sent que le fragile équilibre social. Chaque histoire est humaine et semble, au premier abord, d’une grande simplicité : juste un petit morceau de vie, juste l’histoire d’une famille comme les autres, juste un petit incident. Mais à bien y regarder, on perçoit qu’en réalité Eisner aborde des questionnements humains profonds et éternels. Avec un rien de cynisme, il dépeint des destins d’hommes et de femmes, leurs rapports à la chance et à la malchance, leurs liens avec la religion, les effets de la réussite sociale sur un individu et de la déchéance, chez un autre. Les albums de Will Eisner me font penser aux films de Woody Allen dans leur traitement de sujets éternels sur fond de vie quotidienne. C’est profondément humain, intelligent et empreint d’humour, le tout servi par un dessin magnifique et précis.
Lettres d'amour de 0 à 10
Susie Morgenstern est une romancière pour la jeunesse qui commence à être pas mal adaptée en bande dessinée. Comme adaptations d'elle, j'avais déjà lu La Petite Dernière qui m'avait ennuyé et La Famille trop d'filles qui m'avait paru sympathique sans plus. Mais là, avec Lettres d'amour de 0 à 10, je suis vraiment tombé sous le charme. Et je note avec amusement une thématique commune avec les précédentes histoires, celle d'une très grande fratrie. Lettres d'amour de 0 à 10, c'est l'histoire d'Ernest, un petit garçon de 10 ans vivant avec sa grand-mère au milieu des années 90. Sa mère est morte et son père a disparu, et sa grand-mère reste tellement muette sur le sujet qu'il ne sait même pas s'il est mort ni qui il a bien pu être. Il en ressort un enfant très bon en classe, très mignon, mais aussi très guindé et réservé, le genre à venir en cours en costume cravate, à ne fréquenter personne et à rentrer chez sa grand-mère dès la sortie de l'école. Quant à cette dernière, elle rumine de tristes pensées et ne sort jamais de chez elle. Seule la vieille servante amène un peu de vie dans leur appartement. Jusqu'au jour où débarque en classe une nouvelle, Victoire, sœur énergique de treize garçons, qui jette immédiatement son dévolu sur Ernest et va les sortir, lui et sa grand-mère, de leur torpeur qu'ils le veuillent ou non. En terme d'action, c'est un pur roman graphique dont le décor ne dépassera jamais celui de l'école, des logements des deux familles et du chemin à pied entre les trois, avec pour échappatoire exotique les courses à un hypermarché. Mais ce n'est pas l'exotisme et l'aventure qui font la force de cette histoire, mais bien ses personnages et leurs interactions. Nous y découvrons deux familles radicalement différentes et aussi intéressantes l'une que l'autre, l'une vivant dans les regrets et les souvenirs, et l'autre pleine de vie et de mouvement. Les deux héros, Victoire et Ernest, sont aussi originaux que crédibles et attachants. Le déroulé de l'action est plein de justesse avec aussi une bonne dose de bons sentiments qui réchauffent le cœur. Le sujet de la famille y est abordé avec intelligence. La fin se révèle touchante, avec même un passage un peu cruel dont la douleur est heureusement vite effacée. Quant au graphisme, il est très agréable et j'aime sa colorisation qui n'est pas sans me rappeler un peu les illustrations de Sempé. J'ai beaucoup aimé.
Traquée - La Cavale d'Angela Davis
Cet été, au détour d’une ruelle sombre de Genève, je tombe sur une magnifique fresque street-art. Voilà ma première rencontre avec Angela Davis. Je ne connais pas l’auteur de cette fresque mais une chose est certaine, je veux connaitre plus en amont cette personne pour comprendre pourquoi elle mérite une telle exposition sur cette façade. Google est mon ami. Je découvre donc qui est cette emblématique personnalité qui s’est engagée dès 1967 pour défendre la cause noire et de façon plus large, les minorités oppressées. J’avoue humblement ne pas avoir fait le rapprochement avec la chanson Lily de Pierre Perret. Quelle claque je prends. Il faut que je me rattrape et que je me documente sur cette figure du mouvement black power à l’instar de Martin Luther King. Oui oui rien que ça ! Les jours passent et ô merveilleuse surprise, un biopic sur Angelina est disponible à la médiathèque de mon bled ! Ni une ni deux, je l’emprunte. Que c’est bon. L’album reprend tous les faits marquants de la vie d’Angela notamment la traque et son arrestation par le FBI. Bien évidemment l’acte fondateur de sa vie et son véritable point de départ de ses combats sont mis en avant avec une bonne restitution de cette époque de quasi guerre civile très loin de l’imagerie hippie flower power que nous avons habituellement. Au final c’est enthousiasmant et très intéressant. C’est pour résumé, l’échec cuisant des blancs dominants tout-puissants à écraser cette femme noire. Le message est fort. Les injustices et la cruauté sont montrés sans filtre. Bouleversant. Le combat doit cependant continuer ! Black lives matter... A lire sans aucune hésitation même si le graphisme n'est pas le plus stylé.
Criminal
Je me dépêche, je suis en retard pour mon premier rendez-vous aux "Bdtheques anonymes". J'arrive dans une pièce mal éclairée. Au centre, des personnes sur des chaises, ils m'attendent. Je m'assois. Moi : Bonjour je m'appelle Cacal69. Eux : Bonjour Cacal69. Moi : Je suis accro à Brubaker/Phillips. Eux : Comment c'est arrivé ? Moi : J'ai commencé par un petit Pulp et ensuite par un méga Un été cruel. Le début de la spirale infernale. Eux : Et après ? Moi : Je me suis fait une ligne de "Criminal". Eux : Pourquoi cette dépendance ? Moi : Criminal c'est des scénarios en béton avec cette impossibilité de m'arrêter dès la lecture de la première page. Un univers sordide. Et le plaisir de retrouver Teeg et ses fils, ainsi que la Grogne. Eux : Parle nous des personnages. Moi : Des ordures, des tueurs, des salauds, qu'ils soient hommes ou femmes. Ils sont le rebut de la société, mais toujours attachants, ce qui est paradoxal, avec souvent cette petite touche de tendresse, d'humanité. Mais ne vous méprenez pas, ils restent toujours des êtres "humains" méprisables. Eux : Et le dessin ? Moi : Des dessins captivants, d'une noirceur extrême, avec des couleurs sombres à souhaits. Il retranscrit à merveille l'ambiance glauque des récits, un trait fin qui magnifie l'horreur qui défile sous mes yeux. Les hommes ont des sales gueules et les femmes sont sensuelles. Que du plaisir. J'en redemande. .......... Moi : Pourquoi vous levez-vous ? Eux : Nous allons à la librairie pour nous faire "Criminal". Moi : :-)
Là-bas
Cette BD est une histoire très prenante commençant dans les derniers jours de l'Algérie française dont la violente fin de guerre est rapidement évoquée - mais sans détours - et qui nous transporte ensuite en France où la famille de rapatriés doit désormais trouver sa place. Le récit fait passer beaucoup d'émotions avec des personnages très justes, des relations complexes et des sujets douloureux (le deuil, la déception, le rejet et l'incompréhension...) sont abordés avec une grande finesse et un talent d'observations et de restitution. Certaines pages m'ont réellement fait frissonner, ce qui est plus rare pour moi avec une BD qu'avec un livre. Le dessin de Tronchet peut emballer ou rebuter: dans mon cas, c'est clairement la première option. Je lui ai trouvé une très grande expressivité dans sa fausse simplicité, expressivité qui fait encore plus ressortir et mettre en valeur les émotions portées par le scénario et les textes.
Le Zizi de l'ange - Chroniques d'un spectacle vivant
C'est avec Des espaces vides que j'avais découvert le trait très agréable de Miguel Francisco. Si son graphisme m'avait séduit, son premier album pêchait quand même au niveau de la narration, mais je m'étais promis de suivre son travail. Le voilà donc de retour avec cette fois une scénariste pour l'épauler. Marion Achard nous propose en effet de suivre une troupe de spectacle vivant en s'attachant, non pas à ce que tout le monde peut voir en se donnant la peine d'aller au spectacle, mais plutôt en nous montrant l'envers du décor et tout le processus de création et le quotidien semé d'embûches des intermittents du spectacle. Pour bien connaître ce milieu, j'ai trouvé que cet album sonnait juste, sans tomber dans le misérabilisme, tout en montrant le "choc des cultures" quasi quotidien de ce statut particulier face à "l'administration" et les autres difficultés familiales inévitables (travail le week-end, voyages, gestion des enfants...). Voilà un album qui montre simplement mais efficacement pourquoi le statut d'intermittent nous est si envié à l'étranger tant il permet à la création et à la créativité de nos artistes de trouver le temps de chercher, douter, essayer pour parvenir à la diversité créative qui nous est proposée. Marion Achard insuffle l'humour nécessaire à sa trame narrative pour relever le tout et coller au trait singulier de Miguel Francisco, qui donne aux visages de ses personnages une rare expressivité. Le tout fonctionne très bien, et fait éclater la passion qui anime ces artistes ; on réalise qu'un spectacle et sa création, c'est avant tout un sacré parcours du combattant !
I.S.S. Snipers
Notre prolifique ami Jean-Luc Istin commencerait-il à tourner en rond ou à se lasser de ses sagas de personnages de fantasy ? En tout cas, ça ne semble pas être le cas du concept "un univers, un personnage par tome". Voici qu'il s'ouvre de nouveaux horizons en nous proposant un petit tour dans l'espace avec une petite brochette de raclures, pardon de mercenaires, pas piquée des hannetons ! Voilà donc les I.S.S. Snipers ! Le premier tome de cette nouvelle série nous propose de suivre la sanglante piste de Reid Eckart, dit Stock. Le surnom, c'est pour la pile de cadavres qu'ils laisse derrière lui là où la révolte gronde et qu'il faut mater tout ce petit monde... Voilà donc notre Stock envoyé sur Okeelia pour faire apprécier aux colons rebelles ses qualités en maintien de l'ordre, mais tout va rapidement partir en sucette quand ce dernier et son équipe vont se rendre compte qu'il n'y a point de colons, encore moins de rebelles, mais bien uniquement des autochtones pacifiques qui ont la malchance d'être sur une planète riche d'un minerai des plus recherché ces derniers temps... Sauf que ça, c'est pas réglementaire... Et que notre Stock, malgré son statut de mercenaire habitué à suivre les ordres n'a pas non plus pour habitude de sortir du légal pour le bon vouloir de certaines corporation intéressées... Voilà comment notre mercenaire va du jour au lendemain passé du statut d'éradicateur de révolté à celui d'insurgé... J'avoue que j'appréhendais un peu cette nouvelle série ; j'avais peur de découvrir une série bien bourrine sans grand intérêt, avec un niveau de psychologie proche du zéro absolu. Et bien c'est là que j'ai été le plus surpris ! Jean-Luc Istin à plus d'un tour dans son sac et nous propose en un tome un récit bien campé, bien construit, où justement, il nous dévoile petit à petit des facettes plus complexes de son personnages principal. Les personnages secondaires sont aussi bien pensés et étoffent cette histoire de façon réussie. Alors oui, l'action est aussi au rendez-vous ! Mais elle n'est pas le moteur de l'intrigue mais juste là pour la servir et donner au récit son côté épique indispensable. Erwan Seure-Le Bihan s'en donne d'ailleurs à coeur joie dans certaines scènes, en jouant avec les cadrages et les angles de vue pour rendre tout cela très dynamique. Son trait assez réaliste et sa mise en couleur maîtrisée renforce le côté très cinématographique des planches qu'il nous propose. Ses doubles pages sont même bluffantes ! Au final, voilà une série qui commence de manière très impressionnante et qui donne envie de se plonger dans les tomes à venir. Espérons que les prochains auront la même saveur !