Les derniers avis (39409 avis)

Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Zizi de l'ange - Chroniques d'un spectacle vivant
Le Zizi de l'ange - Chroniques d'un spectacle vivant

C'est avec Des espaces vides que j'avais découvert le trait très agréable de Miguel Francisco. Si son graphisme m'avait séduit, son premier album pêchait quand même au niveau de la narration, mais je m'étais promis de suivre son travail. Le voilà donc de retour avec cette fois une scénariste pour l'épauler. Marion Achard nous propose en effet de suivre une troupe de spectacle vivant en s'attachant, non pas à ce que tout le monde peut voir en se donnant la peine d'aller au spectacle, mais plutôt en nous montrant l'envers du décor et tout le processus de création et le quotidien semé d'embûches des intermittents du spectacle. Pour bien connaître ce milieu, j'ai trouvé que cet album sonnait juste, sans tomber dans le misérabilisme, tout en montrant le "choc des cultures" quasi quotidien de ce statut particulier face à "l'administration" et les autres difficultés familiales inévitables (travail le week-end, voyages, gestion des enfants...). Voilà un album qui montre simplement mais efficacement pourquoi le statut d'intermittent nous est si envié à l'étranger tant il permet à la création et à la créativité de nos artistes de trouver le temps de chercher, douter, essayer pour parvenir à la diversité créative qui nous est proposée. Marion Achard insuffle l'humour nécessaire à sa trame narrative pour relever le tout et coller au trait singulier de Miguel Francisco, qui donne aux visages de ses personnages une rare expressivité. Le tout fonctionne très bien, et fait éclater la passion qui anime ces artistes ; on réalise qu'un spectacle et sa création, c'est avant tout un sacré parcours du combattant !

10/09/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série I.S.S. Snipers
I.S.S. Snipers

Notre prolifique ami Jean-Luc Istin commencerait-il à tourner en rond ou à se lasser de ses sagas de personnages de fantasy ? En tout cas, ça ne semble pas être le cas du concept "un univers, un personnage par tome". Voici qu'il s'ouvre de nouveaux horizons en nous proposant un petit tour dans l'espace avec une petite brochette de raclures, pardon de mercenaires, pas piquée des hannetons ! Voilà donc les I.S.S. Snipers ! Le premier tome de cette nouvelle série nous propose de suivre la sanglante piste de Reid Eckart, dit Stock. Le surnom, c'est pour la pile de cadavres qu'ils laisse derrière lui là où la révolte gronde et qu'il faut mater tout ce petit monde... Voilà donc notre Stock envoyé sur Okeelia pour faire apprécier aux colons rebelles ses qualités en maintien de l'ordre, mais tout va rapidement partir en sucette quand ce dernier et son équipe vont se rendre compte qu'il n'y a point de colons, encore moins de rebelles, mais bien uniquement des autochtones pacifiques qui ont la malchance d'être sur une planète riche d'un minerai des plus recherché ces derniers temps... Sauf que ça, c'est pas réglementaire... Et que notre Stock, malgré son statut de mercenaire habitué à suivre les ordres n'a pas non plus pour habitude de sortir du légal pour le bon vouloir de certaines corporation intéressées... Voilà comment notre mercenaire va du jour au lendemain passé du statut d'éradicateur de révolté à celui d'insurgé... J'avoue que j'appréhendais un peu cette nouvelle série ; j'avais peur de découvrir une série bien bourrine sans grand intérêt, avec un niveau de psychologie proche du zéro absolu. Et bien c'est là que j'ai été le plus surpris ! Jean-Luc Istin à plus d'un tour dans son sac et nous propose en un tome un récit bien campé, bien construit, où justement, il nous dévoile petit à petit des facettes plus complexes de son personnages principal. Les personnages secondaires sont aussi bien pensés et étoffent cette histoire de façon réussie. Alors oui, l'action est aussi au rendez-vous ! Mais elle n'est pas le moteur de l'intrigue mais juste là pour la servir et donner au récit son côté épique indispensable. Erwan Seure-Le Bihan s'en donne d'ailleurs à coeur joie dans certaines scènes, en jouant avec les cadrages et les angles de vue pour rendre tout cela très dynamique. Son trait assez réaliste et sa mise en couleur maîtrisée renforce le côté très cinématographique des planches qu'il nous propose. Ses doubles pages sont même bluffantes ! Au final, voilà une série qui commence de manière très impressionnante et qui donne envie de se plonger dans les tomes à venir. Espérons que les prochains auront la même saveur !

10/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Parker
Parker

C’est franchement une bonne série pour ceux qui aiment le polar. Pas d’intrigues emberlificotées, ou d’à-côtés artificiels, pour meubler ou tromper le lecteur. Non, on va à l’essentiel, mais c’est terriblement efficace ! Les deux premiers albums forment une sorte de cycle, les deux suivants se lisent indépendamment. Le dernier (dans un huis-clos amusant dans un parc d’attractions), est sans doute le plus faible – d’ailleurs nettement le plus court, mais l’ensemble se lit avec plaisir. Les trois premiers tomes sont vraiment très bons. C’est très rythmé, et une fois qu’on a compris que Parker va se tirer de tout (c’est sans doute le seul point faible, qui peut lasser le lecteur), son flegme, son assurance, voire son cynisme (beaucoup de texte en off commente et ancre l’action) font merveille, au milieu des cadavres et de la testostérone. Il y a un bel équilibre entre l’action et les passages plus calmes, durant lesquels les « coups » sont expliqués, prévus (ou analysés ensuite), la psychologie des personnages étant taillée au burin, on ne s’embarrasse là aussi d’aucun détail superflu. Le dessin de Cooke est lui aussi très efficace. Fluide, il joue très bien des atmosphères sombres qui dominent. Il utilise aussi très bien différentes bichromies (qui varient d’un album à l’autre). Son trait, rétro, proche du style atome parfois, est agréable. On a donc là une belle réussite, que les amateurs du genre prêts à avaler quelques clichés apprécieront certainement.

10/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Taka Takata
Taka Takata

J'ai 64 ans, et j'adore toujours autant cette création, qui a égayé mon enfance, j'aimerais tellement pouvoir m'offrir toute la collection de bandes dessinées, ce petit Taka m' a laissé de trop bons souvenirs, je pense à lui quand je regarde un film sur la guerre contre les Japonais, ça ne rate jamais !

10/09/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Aaron
Aaron

Tout d’abord, je ne pourrai que remercier l’ami Mac Arthur de m’avoir conseillé cet ouvrage et sans qui probablement je serais passé à côté… Pour ma part, je ne sais pas s’il est préférable de taire le sujet du livre pour, comme le dit Mac, « apprécier pleinement le traitement offert par l’auteur ». L’éditeur non plus ne livre que peu d’indice dans son résumé. Le sujet est-il donc si tabou ? Cela ne me poserait personnellement pas de problème de l’évoquer, mais je respecterai ces choix afin ne pas « spoiler », quoique l’expression paraît ici plus que déplacée… du coup, il est assez difficile d’en parler en détail, je vais donc tenter de réduire mon avis d’origine au minimum ;-) A mon sens, rien que mon introduction est assez révélatrice d’une certaine morale ambiante culpabilisante et inquisitrice… Bref… Il fallait un certain courage pour aborder un sujet aussi casse-gueule que celui-ci, surtout en ces temps où la moindre info touchant au consentement sexuel est facilement montée en épingle et peut déboucher sur une opération de lynchage en règle sur les réseaux sociaux. Seulement voilà. Qu’on le veuille ou non, les choses ne sont pas aussi simples. La question ne se résume pas à une lutte binaire entre le bien et le mal mais comporte nombre de zones grises. Pour traiter son sujet, Ben Gijsemans, jeune auteur belge qui publie ici son deuxième opus, va prendre son temps sur un peu plus de 200 pages en optant pour un procédé itératif où la compréhension passe principalement par les attitudes et les mouvements, souvent imperceptibles, où l’on doit lire entre les lignes de dialogues plus qu’anecdotiques. Pour peu qu’il fasse preuve d’observation et d’empathie, le lecteur devinera assez vite le mal dont souffre Aaron, sans que le mot maudit ne soit évoqué une seule fois. Ainsi, Gijsemans va insérer de façon récurrente à l’intérieur de la trame principale quelques extraits des lectures du jeune homme, des comics où l’on voit des héros très virils combattre des méchants sur un scénario extrêmement simpliste, presque toujours le même, où se joue justement cette fameuse lutte binaire entre le bien et le mal dont je parlais plus haut. Ces intermèdes « trépidants » au graphisme « vintage » font contraste avec la narration figée en gaufrier, toujours en plan fixe et accompagnée d’une ligne claire élégante, où l’on observe Aaron en proie à des tourments intérieurs qui le maintiennent dans une sorte de cage de verre, incapable de communiquer à quiconque ses états d’âme. De la même façon qu’il trouve refuge dans ses bandes dessinées pour ados, peu disposé à accéder au monde des adultes qui n’ont de cesse de lui renvoyer le miroir de son anormalité, il ne cherchera un semblant de compréhension qu’avec les rares enfants qu’il côtoie. Disons-le clairement, l’auteur livre son récit avec beaucoup de finesse et d’intelligence, ici, le scabreux n’est pas de mise ! Aaron ne passera jamais à l’acte, les faiseurs de buzz en seront donc pour leur frais ! Ben Gijsemans montre avec talent que le procédé narratif qu’il a choisi fonctionne particulièrement bien ici, un choix qui rebutera peut-être certains par son aspect monotone mais qui, basé principalement sur la gestuelle, décrit, mieux que ne saurait le faire des mots, la souffrance intérieure du protagoniste principal. La mise en page en gaufrier ajoute à cette monotonie ambiante où se débat l’âme égarée d’Aaron, prisonnière des cases roides et inflexibles comme de son corps malhabile. Certes, on se dit que l’auteur aurait pu faire plus court et qu’il y a quelques longueurs, mais pourtant l’histoire réussit à nous captiver jusqu’au bout, sans aucun effet de manche. Ce seul critère indique que l’auteur a atteint son but et fait d’ « Aaron » un album réussi, touchant et admirable par son parti pris objectif et sa façon « soft » d’aborder les choses. Et un coup de cœur aussi, pas forcément immédiat, mais un coup de cœur tout de même pour sa capacité à vous hanter et à vous questionner.

09/09/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5
Couverture de la série Une vie d'huissier
Une vie d'huissier

Suite au décès d'un cousin éloigné, l'auteur va plonger dans les mémoires du défunt et découvrir qu'il était huissier. Il va décider d'en faire une BD. Deux temporalités vont se succéder durant tout l'album: la jeunesse du héros et des faits divers de la vie d'huissier en fonction. Cette BD dégage quelque chose d'intrigant, d'inexplicable mais surtout, quelque chose de fort. D'une part, le dessin est puissant et même parfois dérangeant. D'autre part, le côté véridique de la BD joue un grand rôle aussi. Je ne connaissais pas grand chose du métier d'huissier et j'ai été choqué d'apprendre à quel point c'est un métier horrible et inhumain. Ce métier est peut être inhumain, ceux qui l'exerce sont en revanche très humain et on a tendance à l'oublier. Ma seule déception dans cet album est qu'il finit trop tôt. J'aurais voulu plus d'anecdotes, plus d'histoires d'huissier, plus de glauques. Une BD d'une grande qualité, qu'on prend un certain plaisir malsain à dévorer. 4 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

09/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Havre
Havre

On a là une énième série se déroulant dans un cadre post-apocalyptique. Mais celle-ci s’en sort plutôt bien et se révèle à la fois originale et agréable à lire. En effet, si certains aspects fantastiques sont utilisés – autour des personnages du nécromancien et de la magicienne, cela reste finalement peu présent, et c’est tant mieux. Ainsi, sans esbroufe, avec des personnages parfois ambivalents, une intrigue se développe, et occupe bien les 3 tomes, jusqu’aux révélations finales, pleines d’une noire ironie, mais finalement bien vues. C’est une lecture sympathique, relativement rapide, d’autant plus que le dessin, moderne et fluide, est lui aussi agréable. Note réelle 3,5/5.

08/09/2021 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5
Couverture de la série Love (Brrémaud)
Love (Brrémaud)

Quel dessin ! Mais quel dessin ! Brrémaud sait vraiment s'entourer des meilleurs et Federico Bertolucci est un artiste plus que talentueux. Il n'y a qu'à contempler ces pages et l'art-book à la fin des volumes. On ne se lasse pas d'admirer ces images où même l'escargot a une allure folle, tout autant que le tigre. Mais on ne se contente pas de contempler, parce qu'en plus il y a une histoire. Qui plus est, une véritable histoire animalière, sans anthropomorphisme dans les comportements. La jungle ou la savane sont ce qu'elles sont, les instincts animaux aussi. Merci messieurs.

08/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Fergus Détective Publicitaire
Fergus Détective Publicitaire

Agrimbau est un auteur qui a produit une œuvre éclectique, originale, et souvent très intéressante. Cet album ne déroge pas, avec une intrigue qui, sur un fond vaguement SF, part d’un postulat hélas pas si éloigné des rêves de certains industriels et publicitaires (et des cauchemars des amoureux de la liberté) : la possibilité pour certaines entreprises de nous infliger des spams durant nos rêves, de nous influencer pour que nous devenions nous-mêmes ensuite les vecteurs d’une publicité agressive auprès de nos proches ou des personnes croisées au hasard dans la rue. Au milieu de tout ça, nous suivons les aventures de Fergus, sorte de détective décontracté, qui cherche à échapper à quelques malfaiteurs dont il est débiteur, à régler un divorce difficile (et pas forcément souhaité) avec son ex (par ailleurs militante anti pub), et à aider un pote, poisseux, maladroit et victimes des sociétés publicitaires qui régissent le monde. C’est très rythmé, personnages et décors sont parfois décalés (quelques passages loufoques). J’ai eu du mal avec le dessin de Pietro, mais je lui reconnais lui aussi originalité et dynamisme (j’aime bien la colorisation par contre). C’est un one-shot, et c’est un peu dommage. D’abord parce que cet album est vraiment sympa à lire. Ensuite parce que l’univers développé par Agrimbau est assez riche, et la fin un peu ouverte pouvait laisser à penser (et espérer) d’autres aventures de ce détective étrange, de sa femme engagée (et enragée !), et de son pote un peu loser… Note réelle 3,5/5.

07/09/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Sous les arbres
Sous les arbres

Voilà une petite série jeunesse tout en fraicheur et en bonnes intentions qui devrait ravir les plus jeunes ! Dav (scénario et dessin) que je découvre avec cette série, nous propose de suivre les pérégrinations d'une petite troupe d'animaux vivant dans la forêt au fil des saisons. Chaque album met la focale sur un de ses habitants, qui du blaireau bougon, du hibou joueur ou du renard maladroit, vont nous entraîner dans leur petites aventures du quotidien de façon toujours très délicate et drôle. Le soin que Dav a porté à son dessin ainsi qu'à sa colorisation rendent le tout très agréable et propose au lecteur une série d'ambiances liées à chaque saison. C'est malin, subtil et beau, on en regretterait presque que ces albums au très joli format à l'italienne ne fassent que 30 pages, histoire de faire durer le plaisir.

07/09/2021 (modifier)