Je viens ENFIN de trouver le tome 2.
Forcément j'ai enchaîné le 1 et le 2 pour retrouver l'ambiance.
C'est du très lourd, un bon scénario et un dessin hyper efficace.
Bref, Bruno on aime ou pas, pour moi, c'est un grand OUI.
Mérite d'être réédité, bon courage pour trouver les 2 albums à ce jour.
C'est par l'entremise de cette intégrale que j'ai découvert ce fabuleux triptyque. Avant d'en entamer la lecture, je n'avais pas mesuré le formidable intérêt que représentait ce récit qui conte les jeunes années d'Arsène Lupin. Je dois avouer que je craignais que cette réinvention du célèbre personnage ne fut pas à la hauteur de l'œuvre de Maurice Leblanc. Eh bien je m'étais tragiquement trompé: les scénaristes ont réalisé un travail extraordinaire en donnant à cette adaptation en bande dessinée le ton, la manière et la structure de narration des textes de Maurice Leblanc. Tout ici rappelle les grandes œuvres des feuilletonistes de la fin du 19e siècle et du début du 20e en général et les aventures d'Arsène Lupin en particulier. D'abord il y a ce découpage très rigoureux des actions en scènes qui s'étendent sur une à trois pages comme si chacune d'elles composait un tout, une courte nouvelle pouvant presque se suffire à elle même, formant au fur et à mesure autant de cellules dramatiques qui finissent par donner au lecteur une impression de richesse incroyable dans les rebondissements.
Et puis il y a cette façon géniale de nous faire entrer dans une scène sans nous en expliquer d'emblée les enjeux. C'est en découvrant l'action, en pénétrant davantage dans chaque scène, que la lumière se fait et que notre compréhension du récit s'opère. Il y a donc toujours du mystère, une situation qui nous échappe de prime abord et qu'il nous faut éclaircir, offrant à chaque petite scène une dimension dramatique puissante.
Une autre grande force du travail scénaristique proposé ici est de ne jamais appeler la psychologie, ou encore moins la psychanalyse, au secours du récit pour en éclairer doctement les zones sombres et prémâcher le travail de compréhension qu'il appartient au lecteur de réaliser. Car s'il veut rester un être agissant pendant sa lecture plutôt qu'un objet passif que l'on gave sans cesse d'explications psychologiques (à la construction desquelles il ne participe jamais), il lui revient ici de puiser dans les actions et dans ce qui est donné à voir des personnages ce qui lui permettra de comprendre les ressorts qui les animent. En définitive, les actes parlent davantage des individus que les explications psychologisantes qu'un auteur pourrait surligner.
Du côté du dessin tellement typé de Christophe Gaultier, il peut dans un premier temps dérouter. On peut certes lui trouver des maladresses mais il convient de se pencher davantage sur ce qui en constitue la force pour apprécier ces aventures du jeune Arsène Lupin. D'abord il a un sens remarquable de la composition de ses cases. Elles demeurent toujours d'une lisibilité exemplaire. Ses planches, si elles demeurent très classiques dans leur composition, n'en sont pas moins d'une formidable fluidité narrative. Ses décors stylisés ont une réelle force d'évocation. Son trait nerveux rappelle par quelques aspects certaines gravures sur bois du début du siècle dernier.
Il est fort probable qu'un autre dessinateur plus consensuel aurait offert à cet épatant triptyque davantage de renommée vu les qualités scénaristiques exceptionnelles mais en l'état, il ne faut surtout pas passer à côté d'une des très grandes réussites actuelles de la bande dessinée d'aventure.
Un mot sur la mise en couleur qui peut sembler "simpliste". Je la trouve au contraire très élaborée pour parvenir à coller au dessin un peu brut de Gaultier, lui donner du relief et une parfaite lisibilité. La coloriste réalise ici un travail très expressif.
Quel dommage que cette série ne compte que trois albums; elle constituait assurément le haut du panier de la bande dessinée d'aventure ainsi que le plus beau des hommages à la littérature populaire du début du 20e siècle. Bravo aux scénaristes qui auront su être à la hauteur du défi qu'ils s'étaient proposés de relever.
Etrange thriller qui mâtine les genres, Clapas installe et maintien une tension qui s'accentue au fil des pages jusqu'à l'ultime case. Dans un cadre - les magnifiques paysage de la drôme - qui évoquerait davantage une atmosphère paisible et aimablement pastorale, Isao Moute entraine ses six naufragés d'une étroite route de montagne littéralement déchirée par des éboulis de pierres dans un périple pédestre qui va les mener vers le drame. Très rapidement, on sent s'épaissir un malaise qui ne nous quittera plus. Quand les évènements déraperont, nous assisterons le souffle court au fatal mouvement qui tend à les mener les uns après les autres à la mort. Bientôt, il ne s'agira plus que d'essayer de survivre par tous les moyens.
Dans un contexte qui nous laisserait aisément croire à une aimable chronique sur la ruralité et ses valeurs éternelles, l'auteur nous fait glisser petit à petit dans un registre à la brutalité crue et à l'angoisse poisseuse. Il y a un côté Délivrance (le film de Boorman) dans cette histoire. Mais c'est surtout l'histoire de choses qui s'enchainent mal et déraillent, comme autant de cailloux dévalant les pentes du lieu où se déroule l'action qu'on appelle "le Claps" (ou" clapas" en occitan en référence à ces rochers de toutes tailles qui jonchent le coin depuis la fin du moyen âge).
L'influence du cinéma est évidente dans le découpage et dans l'inspiration du récit. L'intelligence de l'auteur est de lui avoir donné une forme à laquelle on ne s'attend pas, celle d'un style propre au roman graphique français.
Isao Moute est un formidable dessinateur, qui sait rendre l'expressivité d'un visage, la posture d'un corps, un regard, aussi bien que l'imposante présence d'un paysage, d'un levé de soleil ou d'un crépuscule brumeux. Tout cela dans un style très caractérisé, vibrant, libre et appliqué à la fois, jouant habilement avec deux couleurs terreuses et le noir du trait pour composer toutes les nuances d'ombres et de lumières de ses planches.
Il possède un sens aigu du rythme et du découpage qui donne à son récit une fluidité et une lisibilité assez rare. Rien n'est laissé dans l'ombre dans son dessin, chaque détail se livre sans qu'on ait besoin de décrypter une case pour appréhender tous les recoins du récit.
Oui, Isao Moute est un auteur doué, un conteur de premier ordre. Clapas est un pur polar et mille autres choses cependant, un objet hybride fort bien né.
Clapas constitue une bien belle découverte et un album haletant.
Pour déguster ce Mezcal pas besoin de sel et de citron. Une vraie tornade d'actions, d'émotions et de surprises déferlent à un rythme fou pendant 184 pages.
Un départ pour le Mexique, un voyage sans retour, un voyage sans bagage pour Vanenka Darmont. Parti d'un pays où rien ne le retient, il part en quête d'une nouvelle vie. Il va tout rencontrer, un emploi avec beaucoup de fusillades, un amour et quelques fusillades pour finalement retrouver son passé avant une fusillade et naturellement entrecoupé par quelques prises de drogues diverses.
Je vous l'assure, cette histoire n'est pas écrite par l'office national du tourisme Mexicain mais bien par Kevan Stevens et Jef car c'est juste tout le contraire d'une carte postale. Les auteurs nous délivrent un pur condensé d'actions qui ne s’embarrasse pas de réalité et qui s'affranchit des limites du monde réel, un pays où le taux de mortalité est tellement élevé qu'une pandémie passerait pour un problème de santé insignifiant.
Le dessin et les couleurs vives nous plongent dans l'ambiance d'un pays qui vit sous un soleil de plomb. Les représentations des visages des personnages sont vraiment réussis, ils ont tous la tête de l'emploi, c'est parfois un peu caricatural mais très adapté à notre histoire.
Une aventure torride à découvrir
On comprend vite à la lecture du « Poids des héros » pourquoi l’éditeur a choisi ce format imposant, et ce n’est pas à cause du titre. D’emblée, l’immense talent de David Sala nous submerge autant qu’il nous immerge. Sa maîtrise de la couleur est juste sidérante et ses cases relèvent davantage de l’art moderne, avec une iconographie très seventies mâtinée d’influences fauvistes ou expressionnistes. On pense beaucoup à Matisse, à Chagall et parfois à Munch. On a rarement vu ça dans la bande dessinée, d’autant que le talent de David Sala ne se limite pas à un simple étalage pictural. Celui-ci possède également les codes de l’art séquentiel en nous délivrant à l’aide d’une mise en page aérée une histoire personnelle avec simplicité et fluidité.
Ces souvenirs d’enfance qu’il nous narre lui fournissent ainsi l’occasion d’honorer ses ancêtres venus d’outre-Pyrénées, et c’est avec le grand-père maternel Antonio qu’il inaugure son récit. Un grand-père qui se sera battu toute sa vie contre la barbarie et l’injustice et survivra à l’enfer des camps, et dont le dernier combat (et la dernière victoire !) fut mené sur son lit d’hôpital, où il se jura de ne pas mourir avant le dictateur Franco. L’autre grand-père, Josep, le « tarzan catalan », fut lui aussi un combattant de la première heure, et son statut de réfugié le conduisit à s’engager très vite aux côtés de la résistance française, période durant laquelle il rencontra Denise, l’amour d’une vie qui ne s’éteignit jamais.
D’un point de vue graphique, la trame principale, qui a trait à l’enfance de l’auteur jusqu’à l’âge adulte, est donc traitée dans un style semi réaliste très pictural. David Sala restitue de façon étonnante l’atmosphère des années 70, tant dans l’aspect vestimentaire que du mobilier. Les nappes à fleurs « moches » prennent soudain une autre dimension, tout comme les « affreux » papiers peints désuets. Les motifs « vintage cheap » qui prêtent parfois à la moquerie aujourd’hui deviennent sous le pinceau de l’artiste de véritables œuvres d’art que l’on admire longuement. Aux côtés de la narration centrale viennent se greffer les récits d’Antonio et de Josep, dans un mode plus onirique (la scène inaugurale relatant la fuite d’Antonio vers la France est juste sublime) avec une tournure plus expressionniste lorsqu’il s’agit de décrire le quotidien dans les camps nazis, où les couleurs franches comme l’enfance semblent tenir à distance l’horreur et l’immonde. Il serait presque embarrassant de dire que visuellement c’est magnifique, mais ce contraste renvoie à l’imagination du garçonnet qu’était alors David, tout en obligeant le lecteur à affronter l’ineffable noirceur de l’âme humaine que les mots ne sauraient décrire.
Si le récit traite aussi beaucoup de la mort dans sa trame de base (l’assassinat lâche d’un camarade d’école par un sadique et la disparition brutale de la maman de l’auteur) du deuil et de l’absence, cela n’est jamais pesant pour autant. L’émotion est belle, poignante, jamais larmoyante. Parmi les autres thèmes abordés, il y a la perte de l’innocence (en grande partie liée à la mort du copain), l’écroulement des certitudes et sa « colère archaïque » (le divorce de ses parents et la dépression de son père), mais aussi la question du fameux « poids » du titre, qui impose à l’auteur des problèmes existentiels dans sa vie de père de famille urbain bénéficiant d’un confort douillet, et qui n’a jamais connu la guerre. Que lui reste-t-il pour exister ? La réponse est contenue dans la lecture même du livre… Art et résistance sont intimement liés, l’auteur le prouve ici. Car le stylo et le pinceau, ou toute autre forme artistique, sont aussi des armes de résistance, parfois plus puissantes qu’un fusil.
L’art en effet permet de transmettre, de montrer le beau sans nier l’innommable, et c’est peut-être par là que commence la résistance. Marteler sans répit aux nouvelles générations que la démocratie reste fragile (on peut le constater chaque jour à travers l’actualité politique) et que l’état de paix, notamment celle que connaît l’Europe depuis la deuxième guerre mondiale (en tout cas pour les conflits de grande ampleur) n’est jamais acquis sans la vigilance de tous. Et c’est sans doute ce qui permet ici à David Sala de réconcilier sa propre identité d’artiste avec ses aïeux piedestalisés de par leur héroïsme.
Avec « Le Poids des héros », David Sala réussit un véritable coup de maître, nous offrant un pur chef d’œuvre. Le tout est équilibré, avec des questionnements pertinents, traités avec une rare justesse, mais surtout avec le cœur. Dans un passage du livre, il évoque la perte d’un œil dans son enfance, à cause d’un méchant virus. Et l’on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec la virtuosité incomparable de son dessin. Si un aveugle développe ses autres sens comme l’odorat, l’ouïe et le toucher, David Sala, avec son œil unique, fait ressortir deux fois plus fort la beauté du monde telle qu’on aimerait la voir, la beauté contenue dans les toutes petits choses qui échappent souvent à ceux qui ont la chance d'avoir leurs deux yeux. Son album n’est rien de moins qu’une ode foisonnante à la vie, ici magnifiée et émouvante dans toute sa fragilité, grâce à sa propre expérience et celle de ceux qui se battent pour qu’elle soit belle.
Quelle belle réussite!
Le scénario est très habillement construit, les personnages sont suffisamment creusés et bien brossés pour leur donner chair avec une grande force.
Mais le véritable sommet de cet album, ce sont les dessins de Homs. Ce type est un génie dans sa partie et il touche ici à la perfection.
Alors quand le scénario se met au diapason d'un dessinateur extraordinaire, cela donne lieu à une réussite de premier ordre. J'ai rarement lu un récit aussi touchant en bande dessinée. J'ai rarement vu également un dessin aussi inspiré. Homs est à coup sûr un des 5 plus grands dessinateurs d'aujourd'hui. Il parvient souvent à la perfection dans "l'angélus".
Et puis de son côté, le travail de Giroud est ici d'une puissance fantastique, tout en justesse et en mystère.
"L'angélus" est assurément un chef d'oeuvre parce les auteurs y font preuve d'une inspiration rare, et l'on referme l'album à regret, ému et émerveillé.
Voilà un album d’une centaine de planches très rapide à lire. Peu de texte. Le sujet n’est pas particulièrement facile à traiter. On suit sur quelques heures la spirale infernale qui conduit un homme à tuer sa femme. L’horreur d’un quotidien que l’on découvre malheureusement de plus en plus. La violence orale, psychologique et physique d’un homme – d’une merde – vis-à-vis de son épouse qui ne sait pas où aller pour se protéger et pour protéger sa fille. La peur de l’inconnu est là. Son horizon reste obscuré. Elle endure donc les coups encore et encore. Les hématomes parcourent le corps de cette femme qui tente de les cacher avec du maquillage ! C’est la barbarie presque légale au sein d’un couple ordinaire que vous découvrirez à travers cet album.
La lecture de cette BD est terriblement poignante. Vous ne pouvez pas en ressortir indemne de ce huit-clos familial où la maltraitance est de mise. Le noir et blanc accentue ce malaise ambiant.
Voilà donc une histoire comme il en existe malheureusement beaucoup d’autres. Une réussite malgré un sujet malaisé à traiter. Une BD à mettre dans toutes les mains !
C’est quand même bien ce site Bdthèque ! C’est en fouillant dans les innombrables avis postés que j’ai découvert cette série. Et je vous le dis tout de go … je me suis régalé !
Un vaisseau spatial avec à son bord 10 000 personnes se dirige vers une planète inconnue pour la coloniser. Pour l’atteindre, presque 20 années de voyage ! Pour résoudre les difficultés de ce long périple, les colons sont cryogénisés.
A mi-parcours, une explosion a lieu. Cette déflagration endommage le vaisseau. L’équipage doit se résoudre à réveiller dans l’urgence l’ensemble des colons sans respecter les instructions techniques. En se réveillant, les cryogénisés ont la dalle ! Ils veulent croquer de la viande humaine ! Oui vous l’avez compris nous sommes sur une version fantastique de zombies dans l’espace.
Et j’aime ça ! J’ai dévoré – miam miam - les deux tomes d’un seul trait. Pas pu faire autrement. C’est vraiment une belle surprise ce diptyque même si pas très original.
Le graphisme est travaillé. De nombreux détails avec une colorisation plutôt bien étudiée. Scénario efficace. Pas un suspens de dingue mais là encore c’est réussi.
Je recommande vivement.
Voici un album qui fait prendre conscience de ce que la bande dessinée peut apporter de mieux. "Milady ou le mystère des mousquetaires" est un bijou de talent et d'intelligence.
A la manière d'un détective, le scénariste Sylvain Venayre nous embarque dans une relecture des trois mousquetaires d'Alexandre Dumas (et Auguste Maquet) afin de nous montrer ce que nous avons été incapables de voir jusqu'à présent dans cette histoire pourtant tellement connue. Il nous propose d'adopter un angle de vue inhabituel, de nous faire faire un pas de côté de manière à observer autrement des scènes du célèbre roman afin d'en bâtir une tout autre compréhension. A l'instar d'Hercule Poirot , il débarrasse le récit des éléments qui habituellement nous aveuglent et nous égarent pour permettre à une autre réalité des faits d’apparaître à nos yeux. Chasser l'illusion pour faire surgir la vérité. Et c'est alors à une toute autre histoire que nous assistons : les héros ne sont peut-être plus les héros qu'ont célébré tant de générations d'admirateurs et leurs ennemis recouvrent soudainement un visage ami et un air plus touchant.
Cette passionnante et érudite lecture des trois mousquetaires est servie par un dessin fabuleux de Frédéric Bihel. Son talent ici force l'admiration. Il est parvenu à retrouver l'ambiance des dessins et gravures du XVIIe siècle. Des cases extraordinaires succèdent à d'autres cases extraordinaires. L'ensemble est d'une sobriété exemplaire pourtant.
Il est malheureusement assez rare que deux talents si singuliers s'acoquinent pour réaliser un album de bande dessinée d'une telle qualité et d'une si belle ambition, il serait dommage de passer à côté d'une aussi brillante réussite, d'un chef d’œuvre assurément.
Autant Soufflement de narines qui vient de sortir dans la même collection Pataquès et son humour absurde m'avait laissé de marbre, autant "La vie de ma mort" m'a fait franchement marrer !
On est pourtant dans le registre similaire de l'humour décalé et absurde que ne renierait pas un Fabcaro, mais comme quoi, l'humour et son appréciation sont choses bien singulières et difficiles à formater.
Fortu nous plonge au fil de ses strips dans le quotidien d'une famille de zombies (les parents et leurs deux ados) qui tentent de s'intégrer dans notre société avec plus ou moins de succès. Bon, moins quand même ! XD
Que ce soit leur régime alimentaire, leur mauvaise odeur, quelques parties du corps en moins, forcément, "être différent", c'est compliqué. Et quand il faut inviter une autre famille pour diner, c'est toute une affaire !
Fortu s'amuse donc à travers cette famille de zombies avec les codes et les clichés de cette espèce singulière tout en étrillant gentillement par la bande les travers de notre société et ses normes. C'est bien vu, réalisé intelligemment et ça fonctionne !
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Je viens ENFIN de trouver le tome 2. Forcément j'ai enchaîné le 1 et le 2 pour retrouver l'ambiance. C'est du très lourd, un bon scénario et un dessin hyper efficace. Bref, Bruno on aime ou pas, pour moi, c'est un grand OUI. Mérite d'être réédité, bon courage pour trouver les 2 albums à ce jour.
Arsène Lupin - Les Origines
C'est par l'entremise de cette intégrale que j'ai découvert ce fabuleux triptyque. Avant d'en entamer la lecture, je n'avais pas mesuré le formidable intérêt que représentait ce récit qui conte les jeunes années d'Arsène Lupin. Je dois avouer que je craignais que cette réinvention du célèbre personnage ne fut pas à la hauteur de l'œuvre de Maurice Leblanc. Eh bien je m'étais tragiquement trompé: les scénaristes ont réalisé un travail extraordinaire en donnant à cette adaptation en bande dessinée le ton, la manière et la structure de narration des textes de Maurice Leblanc. Tout ici rappelle les grandes œuvres des feuilletonistes de la fin du 19e siècle et du début du 20e en général et les aventures d'Arsène Lupin en particulier. D'abord il y a ce découpage très rigoureux des actions en scènes qui s'étendent sur une à trois pages comme si chacune d'elles composait un tout, une courte nouvelle pouvant presque se suffire à elle même, formant au fur et à mesure autant de cellules dramatiques qui finissent par donner au lecteur une impression de richesse incroyable dans les rebondissements. Et puis il y a cette façon géniale de nous faire entrer dans une scène sans nous en expliquer d'emblée les enjeux. C'est en découvrant l'action, en pénétrant davantage dans chaque scène, que la lumière se fait et que notre compréhension du récit s'opère. Il y a donc toujours du mystère, une situation qui nous échappe de prime abord et qu'il nous faut éclaircir, offrant à chaque petite scène une dimension dramatique puissante. Une autre grande force du travail scénaristique proposé ici est de ne jamais appeler la psychologie, ou encore moins la psychanalyse, au secours du récit pour en éclairer doctement les zones sombres et prémâcher le travail de compréhension qu'il appartient au lecteur de réaliser. Car s'il veut rester un être agissant pendant sa lecture plutôt qu'un objet passif que l'on gave sans cesse d'explications psychologiques (à la construction desquelles il ne participe jamais), il lui revient ici de puiser dans les actions et dans ce qui est donné à voir des personnages ce qui lui permettra de comprendre les ressorts qui les animent. En définitive, les actes parlent davantage des individus que les explications psychologisantes qu'un auteur pourrait surligner. Du côté du dessin tellement typé de Christophe Gaultier, il peut dans un premier temps dérouter. On peut certes lui trouver des maladresses mais il convient de se pencher davantage sur ce qui en constitue la force pour apprécier ces aventures du jeune Arsène Lupin. D'abord il a un sens remarquable de la composition de ses cases. Elles demeurent toujours d'une lisibilité exemplaire. Ses planches, si elles demeurent très classiques dans leur composition, n'en sont pas moins d'une formidable fluidité narrative. Ses décors stylisés ont une réelle force d'évocation. Son trait nerveux rappelle par quelques aspects certaines gravures sur bois du début du siècle dernier. Il est fort probable qu'un autre dessinateur plus consensuel aurait offert à cet épatant triptyque davantage de renommée vu les qualités scénaristiques exceptionnelles mais en l'état, il ne faut surtout pas passer à côté d'une des très grandes réussites actuelles de la bande dessinée d'aventure. Un mot sur la mise en couleur qui peut sembler "simpliste". Je la trouve au contraire très élaborée pour parvenir à coller au dessin un peu brut de Gaultier, lui donner du relief et une parfaite lisibilité. La coloriste réalise ici un travail très expressif. Quel dommage que cette série ne compte que trois albums; elle constituait assurément le haut du panier de la bande dessinée d'aventure ainsi que le plus beau des hommages à la littérature populaire du début du 20e siècle. Bravo aux scénaristes qui auront su être à la hauteur du défi qu'ils s'étaient proposés de relever.
Clapas
Etrange thriller qui mâtine les genres, Clapas installe et maintien une tension qui s'accentue au fil des pages jusqu'à l'ultime case. Dans un cadre - les magnifiques paysage de la drôme - qui évoquerait davantage une atmosphère paisible et aimablement pastorale, Isao Moute entraine ses six naufragés d'une étroite route de montagne littéralement déchirée par des éboulis de pierres dans un périple pédestre qui va les mener vers le drame. Très rapidement, on sent s'épaissir un malaise qui ne nous quittera plus. Quand les évènements déraperont, nous assisterons le souffle court au fatal mouvement qui tend à les mener les uns après les autres à la mort. Bientôt, il ne s'agira plus que d'essayer de survivre par tous les moyens. Dans un contexte qui nous laisserait aisément croire à une aimable chronique sur la ruralité et ses valeurs éternelles, l'auteur nous fait glisser petit à petit dans un registre à la brutalité crue et à l'angoisse poisseuse. Il y a un côté Délivrance (le film de Boorman) dans cette histoire. Mais c'est surtout l'histoire de choses qui s'enchainent mal et déraillent, comme autant de cailloux dévalant les pentes du lieu où se déroule l'action qu'on appelle "le Claps" (ou" clapas" en occitan en référence à ces rochers de toutes tailles qui jonchent le coin depuis la fin du moyen âge). L'influence du cinéma est évidente dans le découpage et dans l'inspiration du récit. L'intelligence de l'auteur est de lui avoir donné une forme à laquelle on ne s'attend pas, celle d'un style propre au roman graphique français. Isao Moute est un formidable dessinateur, qui sait rendre l'expressivité d'un visage, la posture d'un corps, un regard, aussi bien que l'imposante présence d'un paysage, d'un levé de soleil ou d'un crépuscule brumeux. Tout cela dans un style très caractérisé, vibrant, libre et appliqué à la fois, jouant habilement avec deux couleurs terreuses et le noir du trait pour composer toutes les nuances d'ombres et de lumières de ses planches. Il possède un sens aigu du rythme et du découpage qui donne à son récit une fluidité et une lisibilité assez rare. Rien n'est laissé dans l'ombre dans son dessin, chaque détail se livre sans qu'on ait besoin de décrypter une case pour appréhender tous les recoins du récit. Oui, Isao Moute est un auteur doué, un conteur de premier ordre. Clapas est un pur polar et mille autres choses cependant, un objet hybride fort bien né. Clapas constitue une bien belle découverte et un album haletant.
Mezkal
Pour déguster ce Mezcal pas besoin de sel et de citron. Une vraie tornade d'actions, d'émotions et de surprises déferlent à un rythme fou pendant 184 pages. Un départ pour le Mexique, un voyage sans retour, un voyage sans bagage pour Vanenka Darmont. Parti d'un pays où rien ne le retient, il part en quête d'une nouvelle vie. Il va tout rencontrer, un emploi avec beaucoup de fusillades, un amour et quelques fusillades pour finalement retrouver son passé avant une fusillade et naturellement entrecoupé par quelques prises de drogues diverses. Je vous l'assure, cette histoire n'est pas écrite par l'office national du tourisme Mexicain mais bien par Kevan Stevens et Jef car c'est juste tout le contraire d'une carte postale. Les auteurs nous délivrent un pur condensé d'actions qui ne s’embarrasse pas de réalité et qui s'affranchit des limites du monde réel, un pays où le taux de mortalité est tellement élevé qu'une pandémie passerait pour un problème de santé insignifiant. Le dessin et les couleurs vives nous plongent dans l'ambiance d'un pays qui vit sous un soleil de plomb. Les représentations des visages des personnages sont vraiment réussis, ils ont tous la tête de l'emploi, c'est parfois un peu caricatural mais très adapté à notre histoire. Une aventure torride à découvrir
Le Poids des héros
On comprend vite à la lecture du « Poids des héros » pourquoi l’éditeur a choisi ce format imposant, et ce n’est pas à cause du titre. D’emblée, l’immense talent de David Sala nous submerge autant qu’il nous immerge. Sa maîtrise de la couleur est juste sidérante et ses cases relèvent davantage de l’art moderne, avec une iconographie très seventies mâtinée d’influences fauvistes ou expressionnistes. On pense beaucoup à Matisse, à Chagall et parfois à Munch. On a rarement vu ça dans la bande dessinée, d’autant que le talent de David Sala ne se limite pas à un simple étalage pictural. Celui-ci possède également les codes de l’art séquentiel en nous délivrant à l’aide d’une mise en page aérée une histoire personnelle avec simplicité et fluidité. Ces souvenirs d’enfance qu’il nous narre lui fournissent ainsi l’occasion d’honorer ses ancêtres venus d’outre-Pyrénées, et c’est avec le grand-père maternel Antonio qu’il inaugure son récit. Un grand-père qui se sera battu toute sa vie contre la barbarie et l’injustice et survivra à l’enfer des camps, et dont le dernier combat (et la dernière victoire !) fut mené sur son lit d’hôpital, où il se jura de ne pas mourir avant le dictateur Franco. L’autre grand-père, Josep, le « tarzan catalan », fut lui aussi un combattant de la première heure, et son statut de réfugié le conduisit à s’engager très vite aux côtés de la résistance française, période durant laquelle il rencontra Denise, l’amour d’une vie qui ne s’éteignit jamais. D’un point de vue graphique, la trame principale, qui a trait à l’enfance de l’auteur jusqu’à l’âge adulte, est donc traitée dans un style semi réaliste très pictural. David Sala restitue de façon étonnante l’atmosphère des années 70, tant dans l’aspect vestimentaire que du mobilier. Les nappes à fleurs « moches » prennent soudain une autre dimension, tout comme les « affreux » papiers peints désuets. Les motifs « vintage cheap » qui prêtent parfois à la moquerie aujourd’hui deviennent sous le pinceau de l’artiste de véritables œuvres d’art que l’on admire longuement. Aux côtés de la narration centrale viennent se greffer les récits d’Antonio et de Josep, dans un mode plus onirique (la scène inaugurale relatant la fuite d’Antonio vers la France est juste sublime) avec une tournure plus expressionniste lorsqu’il s’agit de décrire le quotidien dans les camps nazis, où les couleurs franches comme l’enfance semblent tenir à distance l’horreur et l’immonde. Il serait presque embarrassant de dire que visuellement c’est magnifique, mais ce contraste renvoie à l’imagination du garçonnet qu’était alors David, tout en obligeant le lecteur à affronter l’ineffable noirceur de l’âme humaine que les mots ne sauraient décrire. Si le récit traite aussi beaucoup de la mort dans sa trame de base (l’assassinat lâche d’un camarade d’école par un sadique et la disparition brutale de la maman de l’auteur) du deuil et de l’absence, cela n’est jamais pesant pour autant. L’émotion est belle, poignante, jamais larmoyante. Parmi les autres thèmes abordés, il y a la perte de l’innocence (en grande partie liée à la mort du copain), l’écroulement des certitudes et sa « colère archaïque » (le divorce de ses parents et la dépression de son père), mais aussi la question du fameux « poids » du titre, qui impose à l’auteur des problèmes existentiels dans sa vie de père de famille urbain bénéficiant d’un confort douillet, et qui n’a jamais connu la guerre. Que lui reste-t-il pour exister ? La réponse est contenue dans la lecture même du livre… Art et résistance sont intimement liés, l’auteur le prouve ici. Car le stylo et le pinceau, ou toute autre forme artistique, sont aussi des armes de résistance, parfois plus puissantes qu’un fusil. L’art en effet permet de transmettre, de montrer le beau sans nier l’innommable, et c’est peut-être par là que commence la résistance. Marteler sans répit aux nouvelles générations que la démocratie reste fragile (on peut le constater chaque jour à travers l’actualité politique) et que l’état de paix, notamment celle que connaît l’Europe depuis la deuxième guerre mondiale (en tout cas pour les conflits de grande ampleur) n’est jamais acquis sans la vigilance de tous. Et c’est sans doute ce qui permet ici à David Sala de réconcilier sa propre identité d’artiste avec ses aïeux piedestalisés de par leur héroïsme. Avec « Le Poids des héros », David Sala réussit un véritable coup de maître, nous offrant un pur chef d’œuvre. Le tout est équilibré, avec des questionnements pertinents, traités avec une rare justesse, mais surtout avec le cœur. Dans un passage du livre, il évoque la perte d’un œil dans son enfance, à cause d’un méchant virus. Et l’on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec la virtuosité incomparable de son dessin. Si un aveugle développe ses autres sens comme l’odorat, l’ouïe et le toucher, David Sala, avec son œil unique, fait ressortir deux fois plus fort la beauté du monde telle qu’on aimerait la voir, la beauté contenue dans les toutes petits choses qui échappent souvent à ceux qui ont la chance d'avoir leurs deux yeux. Son album n’est rien de moins qu’une ode foisonnante à la vie, ici magnifiée et émouvante dans toute sa fragilité, grâce à sa propre expérience et celle de ceux qui se battent pour qu’elle soit belle.
Secrets - L'Angélus
Quelle belle réussite! Le scénario est très habillement construit, les personnages sont suffisamment creusés et bien brossés pour leur donner chair avec une grande force. Mais le véritable sommet de cet album, ce sont les dessins de Homs. Ce type est un génie dans sa partie et il touche ici à la perfection. Alors quand le scénario se met au diapason d'un dessinateur extraordinaire, cela donne lieu à une réussite de premier ordre. J'ai rarement lu un récit aussi touchant en bande dessinée. J'ai rarement vu également un dessin aussi inspiré. Homs est à coup sûr un des 5 plus grands dessinateurs d'aujourd'hui. Il parvient souvent à la perfection dans "l'angélus". Et puis de son côté, le travail de Giroud est ici d'une puissance fantastique, tout en justesse et en mystère. "L'angélus" est assurément un chef d'oeuvre parce les auteurs y font preuve d'une inspiration rare, et l'on referme l'album à regret, ému et émerveillé.
Inès
Voilà un album d’une centaine de planches très rapide à lire. Peu de texte. Le sujet n’est pas particulièrement facile à traiter. On suit sur quelques heures la spirale infernale qui conduit un homme à tuer sa femme. L’horreur d’un quotidien que l’on découvre malheureusement de plus en plus. La violence orale, psychologique et physique d’un homme – d’une merde – vis-à-vis de son épouse qui ne sait pas où aller pour se protéger et pour protéger sa fille. La peur de l’inconnu est là. Son horizon reste obscuré. Elle endure donc les coups encore et encore. Les hématomes parcourent le corps de cette femme qui tente de les cacher avec du maquillage ! C’est la barbarie presque légale au sein d’un couple ordinaire que vous découvrirez à travers cet album. La lecture de cette BD est terriblement poignante. Vous ne pouvez pas en ressortir indemne de ce huit-clos familial où la maltraitance est de mise. Le noir et blanc accentue ce malaise ambiant. Voilà donc une histoire comme il en existe malheureusement beaucoup d’autres. Une réussite malgré un sujet malaisé à traiter. Une BD à mettre dans toutes les mains !
Cryozone
C’est quand même bien ce site Bdthèque ! C’est en fouillant dans les innombrables avis postés que j’ai découvert cette série. Et je vous le dis tout de go … je me suis régalé ! Un vaisseau spatial avec à son bord 10 000 personnes se dirige vers une planète inconnue pour la coloniser. Pour l’atteindre, presque 20 années de voyage ! Pour résoudre les difficultés de ce long périple, les colons sont cryogénisés. A mi-parcours, une explosion a lieu. Cette déflagration endommage le vaisseau. L’équipage doit se résoudre à réveiller dans l’urgence l’ensemble des colons sans respecter les instructions techniques. En se réveillant, les cryogénisés ont la dalle ! Ils veulent croquer de la viande humaine ! Oui vous l’avez compris nous sommes sur une version fantastique de zombies dans l’espace. Et j’aime ça ! J’ai dévoré – miam miam - les deux tomes d’un seul trait. Pas pu faire autrement. C’est vraiment une belle surprise ce diptyque même si pas très original. Le graphisme est travaillé. De nombreux détails avec une colorisation plutôt bien étudiée. Scénario efficace. Pas un suspens de dingue mais là encore c’est réussi. Je recommande vivement.
Milady ou Le Mystère des Mousquetaires
Voici un album qui fait prendre conscience de ce que la bande dessinée peut apporter de mieux. "Milady ou le mystère des mousquetaires" est un bijou de talent et d'intelligence. A la manière d'un détective, le scénariste Sylvain Venayre nous embarque dans une relecture des trois mousquetaires d'Alexandre Dumas (et Auguste Maquet) afin de nous montrer ce que nous avons été incapables de voir jusqu'à présent dans cette histoire pourtant tellement connue. Il nous propose d'adopter un angle de vue inhabituel, de nous faire faire un pas de côté de manière à observer autrement des scènes du célèbre roman afin d'en bâtir une tout autre compréhension. A l'instar d'Hercule Poirot , il débarrasse le récit des éléments qui habituellement nous aveuglent et nous égarent pour permettre à une autre réalité des faits d’apparaître à nos yeux. Chasser l'illusion pour faire surgir la vérité. Et c'est alors à une toute autre histoire que nous assistons : les héros ne sont peut-être plus les héros qu'ont célébré tant de générations d'admirateurs et leurs ennemis recouvrent soudainement un visage ami et un air plus touchant. Cette passionnante et érudite lecture des trois mousquetaires est servie par un dessin fabuleux de Frédéric Bihel. Son talent ici force l'admiration. Il est parvenu à retrouver l'ambiance des dessins et gravures du XVIIe siècle. Des cases extraordinaires succèdent à d'autres cases extraordinaires. L'ensemble est d'une sobriété exemplaire pourtant. Il est malheureusement assez rare que deux talents si singuliers s'acoquinent pour réaliser un album de bande dessinée d'une telle qualité et d'une si belle ambition, il serait dommage de passer à côté d'une aussi brillante réussite, d'un chef d’œuvre assurément.
La vie de ma mort
Autant Soufflement de narines qui vient de sortir dans la même collection Pataquès et son humour absurde m'avait laissé de marbre, autant "La vie de ma mort" m'a fait franchement marrer ! On est pourtant dans le registre similaire de l'humour décalé et absurde que ne renierait pas un Fabcaro, mais comme quoi, l'humour et son appréciation sont choses bien singulières et difficiles à formater. Fortu nous plonge au fil de ses strips dans le quotidien d'une famille de zombies (les parents et leurs deux ados) qui tentent de s'intégrer dans notre société avec plus ou moins de succès. Bon, moins quand même ! XD Que ce soit leur régime alimentaire, leur mauvaise odeur, quelques parties du corps en moins, forcément, "être différent", c'est compliqué. Et quand il faut inviter une autre famille pour diner, c'est toute une affaire ! Fortu s'amuse donc à travers cette famille de zombies avec les codes et les clichés de cette espèce singulière tout en étrillant gentillement par la bande les travers de notre société et ses normes. C'est bien vu, réalisé intelligemment et ça fonctionne !