Les derniers avis (39453 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Calpurnia
Calpurnia

Quand j'ai lu cet album, j'étais persuadé d'y lire une autre version de l'histoire de Miss Charity que j'avais lue quelques temps plus tôt, celle d'une jeune fille de la fin du 19e siècle passionnée de sciences et de naturalisme mais qui se retrouve engoncée et frustrée par la société dans laquelle elle vit et par sa famille qui ne la destine qu'à un avenir de docile femme au foyer. Qui plus est, les deux séries sont des adaptations de romans. Mais après vérification, il ne s'agit ni des mêmes romans ni exactement des mêmes histoires, l'une se déroulant dans l'Angleterre Victorienne tandis que l'autre se déroule au Texas en 1899. Et j'ai parfaitement bien accroché à cette série là. J'apprécie son graphisme doux, simple et charmant. J'apprécie sa mise en scène claire, fluide et aérée. Et je me suis très vite attaché à l'héroïne non seulement parce qu'elle a un tempérament similaire à celui de ma propre fille qui se destine à devenir ingénieure dans très peu de temps, mais aussi grâce à une narration très vivante et très proche du lecteur. L'histoire m'a intéressé et m'a montré à nouveau la difficile situation de ces femmes dans une époque charnière entre vieux régime et monde moderne, qui étaient encore engoncées dans des traditions sociétales qui pouvaient brider leurs éventuelles aspirations intellectuelles. C'est bien raconté, juste dans le ton et suffisamment léger pour ne pas plomber la lecture avec un quelconque message militant trop appuyé. J'ai beaucoup aimé cette BD.

24/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Jacob le Cafard (55 Dropsie avenue, le Bronx)
Jacob le Cafard (55 Dropsie avenue, le Bronx)

Après Un Pacte avec Dieu (1978), "A Life Force" sort en 1988 comme deuxième épisode de Dropsie Avenue. Tout d'abord je préfère le titre original compréhensible par tous, à ce ridicule titre français. Si Eisner compare bien la résilience des immigrés devant les obstacles majeurs et les souffrances endurées à la capacité des insectes à survivre, il n'attribue pas à Jacob Shtarkah le sobriquet de "cafard". Au contraire, c'est "L'Homme fort" en Yiddish, celui qui repart de rien mais qui arrive à modeler son environnement d'une façon significative et bénéfique dans ce récit. Je trouve le scénario très travaillé avec ces destins croisés d'Elton, Angelo, Rebecca ou Max. Tous viennent d'horizons très différents mais se retrouvent dans le même puits noir de la misère. Une sucess story du rêve américain où 50 cents évitent le grand plongeon et mènent au bonheur grâce au courage. Eisner par l'introduction de coupures de presse du NYT décrit intelligemment les effets de la grande Histoire sur la vie quotidienne. La loi Johnson-Reed sur l'immigration (1924), le développement du PC Américain, une des priorités extérieures de Staline ou la montée du Nazisme sont des événements clés qui influencent grandement sur la vie de ces communautés pauvres et d'origines européennes. Eisner choisit un happy end qui contraste avec tout ce qui précède et avec l'image même des cafards condamnés à rester dans leurs boîtes de conserve. Eisner y ajoute ses interrogations sur Dieu comme une suite du premier acte. Eisner ne dessine pas ici des héros en collants moulants avec des masques, qui vont sauver l'Amérique. Il dessine des héros plutôt vieux, plutôt laids avec des vieux fringues froissés qui vont sauver l'Amérique par leur abnégation et leur résilience. Quelle élégance dans le geste et dans le langage corporel. La page 32 où Rifke se relève presque en dansant, n'a ni besoin de texte ni besoin de tutu pour nous la présenter en danseuse étoile. De même son utilisation des ombres et lumières intensifie les effets dramatiques comme dans la séquence où Rebecca annonce son état à Elton et attend sa réponse vitale. Eisner ne sait représenter que des étoiles lumineuses dans cette "Life Force", force qui nous anime.

24/02/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série L'Hôte
L'Hôte

Jacques Ferrandez sait à nouveau extraire l'essence de cette histoire camusienne. Le récit est super court car l'œuvre originale - que je n'ai pas lue évidemment... - est une nouvelle. Et c'est là encore une adaptation difficile, surtout que Jacques Ferrandez a voulu garder l'esprit de ce type de récit: concentrer des idées puissantes à travers une histoire courte. Tous ces silences et ces opinions muettes traduites par le dessin sont en fait des arguments que le support BD permet de fournir. J'y trouve encore un exercice réussi. Pas facile de dégager tous les tenants et les aboutissants mais je reste persuadé que cette BD suffirait presque à elle-même, s'il ne fallait manquer la plume de Camus pour rien au monde. La situation d'un homme condamné sans juste traitement (cet homme doit être traduit par le peuple algérien je pense), le policier français dépassé par les débordements qui vit sa vie sans comprendre l'injustice qu'il exerce (l'état colonisateur français) et, enfin, celui qui observe le monde, écartelé entre ces 2 clans opposés dont il éprouve à chacun une profonde attache, et cherchant à agir de lui-même (vision d'Albert Camus). La scène avec le policier m'apparaît la plus intéressante intellectuellement et l'épilogue dévoile tout l'inconfort dans lequel se trouve Camus, l'incompréhension que les opinions publiques (française et algérienne) ont pu porter à son égard au sujet de la décolonisation, et même l'incompréhension de Camus lui-même face aux absurdités. Un récit métaphorique donc, où le dessin règne en maître. Les Hauts Plateaux d'Algérie sont admirablement mis à l'honneur, quelle contemplation cela donne au lecteur! Les scènes nocturnes ne tiennent qu'en 2 planches, tant mieux parce-que le seul paysage qui y figure apparaît tout de suite moins convaincant. Sinon cette couleur chaude nous offre encore et toujours l'impression de ressentir directement la chaleur sèche et persistante du soleil africain, dans une terre aussi bien aride que pénétrante. Je ne comprends par contre pas cette longue partie muette avant qu'il ne rentre chez lui à la fin. J'ai l'impression que, pour ce moment, il faudrait avoir lu la nouvelle pour comprendre pourquoi Jacques Ferrandez y a laissé autant de place. Cela m'étonnerait que cela soit dans un but purement esthétique, bien que l'idée soit valable au regard du dessin qui nous en donne plein la vue! Les histoires de Camus me parlent beaucoup trop pour que je me décide à donner une moins bonne note à ce récit. Mais c'est aussi sans compter sur la traduction BD qu'en fait Jacques Ferrandez: il réussit à transmettre les idées de l'auteur original, conserver l'authenticité du récit (du moins je le ressens), et personnaliser son approche grâce à ce dessin éclatant mettant en avant toute la beauté et tout l'amour que l'homme pouvait porter à l'Algérie et au monde. 3,5/5

23/02/2022 (modifier)
Par iannick
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Abélard
Abélard

Quand on me parle habituellement de poésie, on me cite des noms de grands poètes que je n’aime généralement pas… on me dit aussi qu’il faut un certain nombre de vers, de proses, de rimes pour faire un bon poème, ça me soule… et on me raconte aussi que ça permet de découvrir des mots, ok mais il ne faut pas non plus qu’on ait à consulter un dictionnaire ou wikipédia à chaque phrase ! Bon, vous avez donc compris que je ne suis pas un fan de poésie… mais quand je découvre une bande dessinée comme « Abélard » où la poésie est représentée d’une façon différente à ce qu’on a l’habitude de nous faire la découvrir sur les bancs d’école, je dis oui oui oui ! Pourquoi « Abélard » justement ? Parce que la poésie y est employée sans prise de tête et amenée simplement, parfois verbalement à travers les bouts de papier (proverbes) que notre protagoniste principal, Abélard, trouve chaque jour dans son chapeau… tantôt dans des séquences d’une rêverie, d’une sérénité exceptionnelle comme celles où Abélard regarde les étoiles… pas de mots, et on se met à visualiser également avec régal ces planches, un peu comme j’ai pu le faire en contemplant le lever du soleil sur les aiguilles de Bavella parmi de nombreux randonneurs, pas un mot, pas un bruit, on regardait tous ensemble ce moment magique avec des yeux émerveillés… tantôt dans les réactions naïves de notre attachant Abélard… ceci pour vous faire comprendre la sensation que j’ai eue à travers ces magnifiques scènes de cette bande dessinée… Et oui, ça aussi, c’est de la poésie ! Parlons maintenant du récit proprement dit : Je n’ai pas envie de vous raconter le début de cette aventure ni de quoi il s’agit… juste vous avouer que « Abélard » m’a embarqué sur des montagnes russes d’émotions ! Je suis passé du rire à la tristesse, de la tendresse à la colère… peu de bandes dessinées me font ça, donc, ça veut dire tout simplement que j’ai adoré ce diptyque d’autant plus j’apprécie beaucoup le coup de crayon et la mise en page de Renaud Dillies. Merci Régis (Hautière), merci Renaud (Dillies) d’avoir conçu ce bijou de la bd franco-belge ! … Et merci aussi aux enfants du scénariste qui lui ont inspiré ces conversations cultes (Ah la fameuse scène des racistes !) !

22/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Jours de sable
Jours de sable

BD magnifique visuellement ! De grandes cases, voire des pleines pages avec de superbes dessins. J'ai pris un vrai plaisir, ne serait-ce qu'à contempler la qualité des images. Histoire très belle et touchante également, qui renseigne sur le dust bowl, un phénomène peu connu; qui questionne sur le rôle de la photographie et de la documentation dans les crises mondiales; qui questionne sur les choix de vie, le rôle des parents et l'émancipation. Je ne mets pas 5/5 car je trouve que la conclusion de l'histoire est un peu rapide. L'instauration de l'intrigue principale est assez lente et prend bien la moitié de la BD, ce qui est très bien. Mais du coup la résolution et la fin sont assez brèves, ce qui donne un côté un peu démesuré aux décisions prises par le personnage. Je ne regrette pour autant pas du tout cette lecture. J'ai passé un excellent moment. J'ai été touché par l'histoire et je recommande vivement.

22/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Goupil ou face
Goupil ou face

Superbe BD qui mérite d'être lue, qu'on soit concerné ou non par le sujet de la bipolarité et de la cyclothymie. D'abord parce qu'elle change la vision réductrice qu'on a sur les troubles bipolaires. En véritable support de vulgarisation scientifique, elle détaille les différentes formes de troubles bipolaires, les effets biologiques associés, les conséquences sur le moral et le comportement. On y découvre que le spectre de la bipolarité est beaucoup plus large qu'on le croit, et SURTOUT qu'on ne peut pas réduire quelqu'un au fait d'être "bipolaire" ou ici "cyclothymique", comme un critère excluant. Ensuite, parce que le dessin est superbe, avec beaucoup de mouvement; que le jeu de couleur (noir-orange) est manié avec intelligence pour servir le propos; que très souvent dans la BD, le récit s'arrête le temps d'une case, dans laquelle on trouve un graphique, des curseurs, une balance, des poissons... des images symboliques qui appuient l'explication. Celles-ci sont très bien trouvées, très fines et touchantes. Enfin, parce qu'on ne peut que s'attacher à Lou, qui raconte ici son propre parcours: la découverte de sa maladie, sa galère de psychologues, l'impact sur sa vie sentimentale, sur son travail... C'est un brillant équilibre entre un ouvrage de vulgarisation scientifique et une autobiographie touchante. J'ai adoré.

22/02/2022 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Hotel Particulier
Hotel Particulier

J'ai lu cette BD par envie, au vu des critiques un peu divisées mais tout de même positives. Et effectivement, j'ai été bien surpris par le récit, mais dans le bon sens du terme. L'histoire m'a paru écrite par Rodolphe pendant un temps, puisque j'ai trouvé dedans une certaine mélancolie et un onirisme qui ne sont pas sans me rappeler les BD de l'auteur, notamment Le Temps perdu. Cependant c'est ma première lecture de Sorel, et vu ce qu'il en est ressorti, je pense qu'il ne s'agira pas de la dernière. Parce que j'ai beaucoup aimé cette BD. A la fois par son histoire, qui commence par un suicide et se poursuit dans une découverte de la vie intérieure de cet immeuble. Mâtiné de fantastique, le récit parle de différentes choses sans réellement s'attarder sur l'une d'entre elles. Nous découvrons un amateur de récit littéraire les faisant revivre, une vieille à chat particulière, un artiste maudit, etc ... L'originalité de l'introduction nous permet d'explorer tout cela par le regard de sa protagoniste, qui découvre la vie des voisins tout en racontant par petites touches ce qu'elle a vécu et ce qui l'a menée jusqu'à son geste. C'est un récit qui fait la part belle à la sensibilité : sensibilité artistique, sensibilité littéraire, mais aussi personnelle. Ce sont des drames vécues par des personnes réelles, bien ressenties, et le deuil est omniprésent dans l'histoire. C'est une histoire globalement plus sombre et mélancolique que joyeuse, mais avec des touches d'onirisme et de fantastique, elle apporte aussi quelques pointes de sensualité et de poésie. C'est très référencé en termes littéraires, bien sur, mais pas forcément rebutant. Je trouve qu'il y a beaucoup plus une invitation à venir explorer ces œuvres qu'une véritable citation nécessitant de les connaitre. Par ailleurs, c'est aussi, à mon gout, une façon de rappeler que nous nous approprions les œuvres à notre manière et qu'il est parfaitement possible de fantasmer sur les personnages de celle-ci ... Ce qui me semble être d'ailleurs un message de la BD : l'appropriation d'une œuvre ou d'une personne dans notre imaginaire (à travers le peintre bien sur, mais aussi par d'autres personnes). Le dessin explore des nuances de brun dans un mélange de genre, explorant à la fois l'érotisme léger, l'onirisme latent et la réalité d'un immeuble comme n'importe où. C'est une exploration des pages, parfois un poil trop chargées à mon gout (il aurait peut-être mieux valu parfois privilégier la pleine page, comme dans Karmen pour prendre un autre exemple de fantôme qui se balade), mais tout cela reste parfaitement lisible et prenant. D'autant que le dessin rajoute une dimension tragique aux personnages, et transmet à merveille les émotions ressenties. L'application est parfaite. En somme, la BD a de nombreux atouts pour elle, et j'ai trouvé à sa lecture (et également à sa relecture pour faire cet avis) qu'il y a quelque chose dedans qui mérite qu'on s'y attarde. Une sorte de message sur le fait de fantasmer sa vie, ou de vivre intensément malgré l'amertume de celle-ci. Très baudelairien, finalement, mais aussi très bien retranscrit. C'est le genre de BD que je trouve assez innovante car elle ne correspond pas à une catégorie précise mais semble se conformer à son propre monde, qu'elle crée pour ses besoins. Ni totalement fantastique, ni réellement érotique, naviguant dans la poésie et la mélancolie, pour mon plus grand plaisir.

22/02/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Les Trois Julia
Les Trois Julia

Toujours aussi rétif à me lancer dans la lecture de séries historiques, il faut croire que je dois être un peu maso (ou curieux ?) avec toutes ces nouvelles séries sorties dans la collection Les Reines de Sang chez Delcourt. En tout cas je ne partais pas conquis, loin de là avec celle là, tant j'ai du mal à m'y retrouver dans la période antique et romaine. Avec "Les trois Julia" nous sommes catapultés dans la partie moyen-orientale de l'empire romain en 217 après J. C. L'empereur romain Caracalla vient de mourir en campagne contre les Perses, sa mère suite à cette tragédie mets fin à ses jours, signant ainsi la fin de la lignée des Bassianus sur le trône de Rome. Mais sa soeur n'entend pas en rester là. Depuis la Syrie elle conspire pour reconquérir le trône et installer son propre fils à la tête de l'empire romain. J'avoue avoir du me concentrer et prendre un peu sur moi au début de l'album pour ne pas me faire larguer, mais ça en valait la peine. La volonté et le jusque-boutisme de cette femme sont impressionnants ! Rien ne semble en mesure de lui résister pour parvenir à ses fins. Il faut dire que son intelligence teintée d'une certaine perfidie et un sens stratège aigu vont lui permettre de tracer une voie romaine bien sanglante pour rester au dessus de la mêlée. Le dessin de Antonio Sarchione, très classique dans sa forme, est plutôt agréable, tant dans les riches décors architecturaux de l'époque que pour les divers protagonistes de l'album. Je lirai donc la suite avec curiosité. *** tome 2 *** Après un premier tome qui nous plantait le décor et l'intrigue, nous découvrons avec celui-ci les affres de notre nouveau souverain romain Héliogabale. En effet, après avoir vaincu l'armée de Macrin l'usurpateur à la bataille d'Antioche, la nouvelle famille royale traverse l'Europe pour prendre ses marques à Rome et imposer leur nouvelle religion importée de Syrie. Et si c'est sa grand-mère qui tire les ficelles du pouvoir, très vite Héliogabale va se révéler le souverain de tous les excès : tyrannique, lubrique et mystique, voilà un cocktail détonnant qui va plonger Rome dans une de ses périodes les plus folles... Bien évidemment, ces frasques ne sont pas du goût de tout le monde et de multiples complots fleurissent autour et entre nos protagonistes, chacun jouant perso pour assurer SES intérêts. Voilà donc un second tome intéressant et qui m'a fait découvrir une période romaine un peu folle que je ne connaissais pas et qui réserve quelques surprises. Je pense que le dernier tome à paraître ne manquera pas d'être cinglant et sanglant, car la fin de cet album nous réserve une belle surprise... Joli cliff hanger ^^ *** tome 3 *** La lecture de ce troisième tome conclusif ne fait que confirmer l'image que m'a toujours renvoyé cette expression "grandeur et décadence" ; l'empire romain en est l'illustration parfaite, et cette période que nous raconte cette série d'autant plus. Héliogabale est devenu empereur et Rome s'enfonce dans le stupre et la luxure, ce qui forcément n'est pas du gout de tout le monde. Même sa grand-mère qui a manœuvré pour que le trône retombe dans l'escarcelle de sa famille est bien consciente que son illuminé de petit-fils ne fera pas long feu. C'est donc vers son autre fille qu'elle se penche pour que son fils plus "présentable" et qui est au moins bien vu de l'armée lui succède. Nos trois Julia se retrouvent donc pour un sprint final digne des plus grandes tragédies grecques où calculs, trahisons et assassinats vont aller bon train... Nos trois Julia sont à bout de souffle... L'Empire romain aussi... Voilà donc une conclusion bien menée et construite qui nous montre toute la dégénérescence et la gangrène qui rongeait cet empire et que résume parfaitement bien cette série. Je recommande. Pour le coup je monte ma note à 4/5

28/11/2018 (MAJ le 22/02/2022) (modifier)
Couverture de la série Rocking chair
Rocking chair

Chabouté l’avait fait au départ d’un banc (Un peu de bois et d'acier), Jean-Philippe Peyraud et Alain Kokor s’emparent à leur tour de cette idée, mais c’est au travers du destin d’un rocking chair et au cœur d’un western cruel et désespéré qu’ils vont nous inviter à suivre différents personnages. Et dès la scène d’introduction, j’ai été happé par ce récit. Le destin des deux adolescents qui marque la première partie de cette bande dessinée nous montre un ouest américain d’une extrême dureté, où la loi du plus fort est encore la seule respectée, avec une nature encore vierge et peu désireuse d’être domptée. Et bien sûr, lorsque leur route et celle du rocking chair se séparent, je n’ai attendu qu’une seule chose : les retrouver en fin de récit pour une conclusion émouvante… La partie centrale du récit nous permet de croiser la route de différents personnages qui, tous, nous montrent toute la cruauté, toute la dureté de cet univers. La narration et le style graphique cassent gentiment le caractère désespérant du récit, avec à l’occasion quelques passages plus légers ou plus amusants. Des passages contemplatifs, des scènes silencieuses nous permettent d’encore mieux pénétrer cet univers hostile. Les planches n’usant qu’un minimum de couleurs, Alain Kokor ne travaillant que sur des bichromies ou des planches aux tons uniformes, notre attention se centre sur les personnages et leur destin alors même que les compositions graphiques dégagent une certaine poésie. Les amateurs de trait classique en seront pour leurs frais mais si vous êtes plutôt adepte d’un trait tout en ambiance quitte à rester quelque peu brouillon, cette bande dessinée ne peut que vous plaire, graphiquement parlant. La conclusion a été à la hauteur de mes attentes et l’émotion a bel et bien été au rendez-vous, comme espéré mais sans tomber dans le cliché maintes fois rabâché. Vous l’aurez compris : c’est un western que j’ai beaucoup apprécié. Pour l’originalité de son fil conducteur, pour l’image qu’il donne de cet Ouest sauvage, pour le charisme de certains personnages, pour une ourse et son ourson si rapidement croisés, pour son final touchant...

20/02/2022 (modifier)
Par r0ud0ud0u
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Junk
Junk

Je viens ENFIN de trouver le tome 2. Forcément j'ai enchaîné le 1 et le 2 pour retrouver l'ambiance. C'est du très lourd, un bon scénario et un dessin hyper efficace. Bref, Bruno on aime ou pas, pour moi, c'est un grand OUI. Mérite d'être réédité, bon courage pour trouver les 2 albums à ce jour.

20/02/2022 (modifier)