Fraîchement promu détective privé, Gil Jourdan fait son entrée dans l'hebdo Spirou n° 962 du 20 Septembre 1956.
Entrée remarquée d'ailleurs ; Gil n'est pas sans rappeler son "grand frère Félix", du même auteur.
Gil Jourdan ?... Une série qui a ma haute estime. Surtout qu'autour de lui, Tillieux va créer une magnifique galerie de personnages : André Libellule -un ancien repris de justice-, Croûton -un fonctionnaire de police sérieux et un peu "vieille France"-, sans oublier Queue-de-Cerise -une secrétaire fidèle... et aussi courageuse-.
Succès rapide ; lequel tient en partie au fait que ces personnages sont tous issus de milieux modestes. Et ça, le lecteur aime.
Jourdan m'a entraîné -avec un réel plaisir- en France et à l'étranger, où machinations, enquêtes difficiles et mouvementées, poursuites spectaculaires, énigmes gordiennes et règlements de comptes font la part belle de chaque épisode.
Tillieux a ainsi créé un univers réaliste, mais aussi nanti d'une certaine poésie. A la relecture occasionnelle d'albums premiers, j'ai l'impression de replonger avec délices dans un de ces bons vieux films policiers -façon Gabin-Audiard- des années 50.
Beaucoup d'humour aussi, sans démagogie réelle.
Le dessin ?... C'est du Tillieux. Un trait rapide, nerveux, bien lisible, dans la grande tradition franco-belge.
Les scénarios ?... Ambiance(s) et action garanties !... Ca "déménage" souvent, dans une mise en page parfois explosive, bien que traditionnelle dans son découpage.
Gil Jourdan, malheureusement, s'arrêtera à la mort de Tillieux -en 1978- lequel, pourtant, avait déjà cédé le dessin à Gos (les Petits Hommes) et à ... Walthéry (Natacha).
Gil Jourdan ?... De très bonnes enquêtes policières, aux scénarios "en béton", pleines d'énergie et de franc humour.
Le saviez-vous ?... Les deux premiers albums ("Libellule s'évade" et "Popaïne et vieux tableaux", parus en 1959), ont été INTERDITS en France jusqu'en 1971.
Motif : "irrespect envers la police" (!). Fou, non ?!?...
Je vais commencer par ce qui ne m’a pas plu dans cette BD.
C’est long… et certains passages ne m’ont vraiment pas passionné. Je pense notamment aux très longs passages décrivant les différentes techniques/sciences/supercheries que les parents de l’auteur ont testées pour essayer de soigner leur fils. Déjà je ne sais pas si cette obstination et cette confiance aveugle m’inspirent de la sympathie et du respect, ou du mépris. Je me doute bien qu’en tant que parent, on serait prêt a tout pour aider sa progéniture, mais de la à essayer de communiquer avec les morts ou utiliser les flux magnétiques de la terre pour le soigner, il y a un pas que je ne me vois pas franchir, même en tant que parent désespéré. Reste que quoi que l’on pense de ces méthodes, était-il vraiment nécessaire de les décrire aussi minutieusement ? De parler de leur histoire, de leurs créateurs, de leur fonctionnement précis ?
Même remarque pour les longs passages racontant la vie des ancêtres de l’auteur… Ce n’est pas toujours très passionnant, et surtout je ne vois pas trop le lien avec la trame principale. Un passage montre d’ailleurs la mère de l’auteur lui demander pourquoi avoir inclus ces anecdotes, insignifiantes selon elle. Ce dernier rétorque que si, en savoir plus sur sa famille aide le lecteur à comprendre sa souffrance… Bon, soit, c’est le choix de l’auteur, il fait ce qu’il veut, c’est sa BD après tout… reste que ça ne m’a pas vraiment intéressé.
Mais trêve de médisance, je voudrais maintenant parler de ce qui m’a plu dans "L'Ascension du Haut Mal"… L’histoire elle-même, et surtout le dessin.
La trame principale de l’histoire est quand même bigrement intéressante, touchante, et écrite avec beaucoup de talent et d’ingéniosité. J’ai mis un peu de temps à m’habituer au ton mi-enfant mi-adulte du récit, et la fin m’a un peu déçu, mais globalement je me suis vraiment régalé.
Et comment ne pas conclure sur le dessin… il est merveilleux, ingénieux, créatif au possible, et en parfaite adéquation avec le texte. Jamais je n’ai vu un auteur représenter une idée, un doute, une émotion ou un rêve d’enfant avec autant d’originalité et de talent… Ca ne s’explique pas, il faut le voir pour le croire… Pour moi David B. rejoint Alan Moore, Marc-Antoine Mathieu et Étienne Lécroart dans le club très fermé des auteurs utilisant le support BD à son maximum, en offrant des œuvres qui ne sont pas vraiment transposables en roman ou en film.
Alors finalement, j’ai aimé ? Oui, beaucoup, à part certains passages qui m’ont un peu ennuyé… Et à l’occasion je lirai d’autres BD de David B. pour admirer son superbe dessin.
Mandrake est né de l'imagination fertile de Lee Falk, en 1924. Mais ce n'est que dix ans plus tard qu'il décide d'en confier l'illustration à un dessinateur professionnel : Phil Davis.
La série est proposée au King Features Syndicate. Accord est fait. Publié sous forme de strips, Mandrake fait son apparition dans divers quotidiens US dès le 11 Juin 1934.
Enorme succès, quasi immédiat, qui pousse l'éditeur à adjoindre une planche dominicale dès Février 1935.
Mandrake ?... On croirait voir un artiste qui sort d'une pièce de théâtre ! La chevelure gominée, de fines moustaches, coiffé d'un haut-de-forme, vêtu comme à la Belle Epoque, il a de quoi surprendre. Et c'est ce que j'aime dans ce personnage : un complet décalage avec les héros "standardisés" de l'époque.
Mandrake ?... Un vrai hypnotiseur doué de pouvoirs mystérieux. Mais il ne "travaille" pas seul : il sera bientôt rejoint par Lothar -un géant noir-, et par la belle Narda, son éternelle "fiancée". Ce trio ainsi formé va alors lutter contre le crime organisé, affronter gangsters et trafiquants de tous genres avec une volonté farouche.
Je l'ai découvert -et aimé- en paginant mes vieux périodiques d'avant-guerre, appréciant de savoir dans quel guêpier leur ennemi commun -Cobra, le chef d'une secte secrète- allait encore les attirer.
Combat entre le Bien et le Mal, Mandrake est une excellente série qui m'a permis d'apprécier les solides scénarios bâtis sur des idées -parfois complètement folles- de Lee Falk.
Par moments, on approche quasi le style "underground" ; une sorte de psychédélisme graphique avant la lettre ainsi proposé avec 30 ans d'avance sur l'explosion graphique de ce genre dans les années 60.
Davis meurt en 1964. Fred Fredericks reprend alors, et de bien belle manière, la suite des aventures de ce magicien dont le nom est encore un des plus connus dans le monde.
Une très bonne série, vraiment novatrice, créative, au graphisme qui peut paraître désuet, "kitch" même, mais c'est cela qui fait son grand charme et sa force.
Vraiment très bien.
Trait très appuyé retranscrivant très bien l'ambiance de ce manga ! Priest est un seinen très sombre où le héros est une âme torturée, usée, qui ne demande qu'à s'apaiser...
Scénario qui explose à partir du tome 2-3 avec le passé de ce prêtre qui nous laisse sans voix. Ambiance sombre, sanglante...
L'auteur maîtrise son sujet, et on est de plus en plus intrigué au fil des tomes par ce passé tragique de Ivan.
Priest, à lire, presque une référence.
Triste de voir des personnes critiquer une telle oeuvre après avoir lu le tome 1 ou 2 (on en est au 31)... Le scénar est magnifique et commence bien entendu après quelques tomes, à savoir le 3 qui nous plonge dans le passé du héros...
Bon c'est une référence, ce n'est pas pour rien, je ne vais pas spoiler ce manga... Mais il est culte dans l'univers seinen heroic fantasy, ambiance sombre, héros "anti-héros", violent, scénario impeccablement bien ficelé, style graphique magnifique...
Evidemment les premiers sont sortis en 1989. Dès le 3eme tome, on voit les traits très prononcés de l'auteur, avec des pics de perfection dans les tomes suivants... Bref, à posséder, à lire et à relire.
Après lecture des 5 premiers tomes:
Une superbe saga sur la Rome antique de Néron très bien documentée et mis en image.
Les dessins sont superbes et le scénario n'est pas en reste non plus avec beaucoup d'intrigues. La série se lit sans aucune sensation de longueur ou d'ennui et la sortie d'un nouveau tome est toujours pour moi très attendue.
Même si la série n'est pas terminée, Murena est déjà une valeur sure.
J'ai d'abord découvert cette série sur Internet sur un site anglais de scantrad (traduction de manga). J'avais aimé mais je n'avais pas pu lire la fin.
J'ai acheté tous les volumes d'un coup quand j'ai découvert que cette série était parue dans notre belle langue. Il est vrai que ce n'est pas franchement intellectuel mais dans la catégorie "pétage de plomb", ce n'est pas mal du tout.
Ce manga n'est pas politiquement correct, les idées qu'il professe sont assez tordues mais tout est à prendre à la rigolade et passe fort bien. Certaines situations sont dantesques, je me demande où la mangaka va chercher tout ça !
Les personnages ne sont pas très crédibles mais fonctionnent bien. Finalement, le plus sympa (et on a presque de la peine pour lui) reste le petit frère.
Les dessins ne sont pas mal du tout, un peu trop de SD (super-déformé) parfois à mon goût, un peu comme dans les séries tv et les rires en arrière plan. C'est gentiment érotique, je ne dis pas qu'il faut laisser traîner ça sur la table du salon, mais c'est presque tout public grand ado et adulte.
Bref, moi, j'aime bien et j'assume !
Pour ceux qui aiment se lâcher un peu, sans tomber dans les bas-fonds.
Preacher... Une de mes BD de chevets, de celles que je lis et relis inlassablement avec un plaisir intact à chaque fois.
Preacher brasse les genres avec une aisance stupéfiante, explore les thèmes chers à l'homme avec tant de maîtrise que cela force le respect. Preacher est un oeuvre apocalyptique, un western qui visite la guerre, l'histoire, la religion et donne une réflexion très intelligente sur ses thèmes.
Le propos est réfléchi, les dialogues fins, la mise en scène est extraordinaire. Garth Ennis est capable de passer d'une scène exagérément violente à une séquence belle et contemplative en un clin d'oeil. Il est capable d'enchaîner sans problème une scène de tendresse et d'amour avec une orgie des plus barbares... Le tout sans jamais repousser le lecteur, sans tomber dans la facilité bête et gratuite.
Les personnages que l'on suit dans cette série sont stupéfiants, à commencer par Jesse, un jeune révérant texan à la foi sérieusement ébranlée, ayant fusionné avec l'entité Génésis. Jesse décide de poursuivre Dieu, le plus grand criminel de l'histoire de l'humanité, afin de le faire expier pour ses crimes. Voilà pour l'histoire. Jesse est un héros expressif mais s'exprimant peu, un personnage fascinant ayant un lien, que l'on peut qualifier de particulier, avec John Wayne. Jesse ressemble à Robert Mitchum, un personnage taciturne et fascinant, une force tranquille que rien ne semble pouvoir arrêter.
Pour l'aider dans sa quête, Jesse est accompagné de Tulip et Cassidy. Tulip est sa petite amie, un personnage qui ne manque jamais de ressource et n'est jamais à court d'idée pour aider Jesse. Tulip n'est pas qu'une simple accompagnatrice, c'est un personnage fort qui ne manque jamais une occasion de faire sentir sa présence. Cassidy est un personnage très atypique, un personnage aux pouvoirs particuliers. Cassidy est aussi irlandais, porté sur la bouteille et bagarreur. Cassidy est un être ambigu, sa nature particulière et son caractère imprévisible le rendent aussi dangereux pour ses amis que ses ennemis... Mais Cassidy est un homme d'honneur, si il le fallait, il suivrait Jesse jusqu'en enfer sans hésiter. Cassidy est immédiatement attachant, une des pointures de l'aventure.
Et il y a tous les autres... Starr, le Saint des tueurs, Tronchdecul...
Toute une galerie de personnages improbables mais pourtant plus vrais que nature, c'est aussi une des qualités de Garth Ennis, offrir de l'incroyable tout en évitant de sombrer dans le paradoxal.
C'est Steve Dillon qui se charge de mettre en images cette histoire, le résultat est plaisant, sans être des chefs-d'oeuvres les dessins de Dillon sont agréables à l'oeil et ont de la personnalité, comme cela a déjà été écrit plus bas, Dillon sait parfaitement illustrer l'expression des sentiments.
Preacher est une BD culte, sans conteste un des meilleurs titres du catalogue Vertigo.
Garth Ennis n'avait pas trente ans lorsqu'il a écrit cette série, à ce jour c'est, et de très très loin, sa meilleure réalisation. J'en conseille fortement la lecture, même si l'éditeur a fermé ses portes avant de livrer l'intégralité de la série, tentez de la dénicher en VO.
Et qui sait? Au vu de la notoriété de Garth Ennis et plus particulièrement de Preacher, on peut supposer que la publication complète soit enfin envisagée un de ces jours chez nous...
JJJ
Les années 50... une bande de gamins de quartier.
Mêmes rivalités enfantines sur fond d'esprit de clocher ; même initiation au monde des comportements adultes.
Univers imaginé par l'auteur ?... BEN NON !... c'était tout moi, ça...
J'habitais une petite commune et faisais partie d'une bande de gamins de quartier. De l'autre côté d'un terril : l'autre commune, avec aussi sa petite bande de quartier.
Souvent -quand il faisait bon- chaque groupe grimpait sur "son" terril et, face à face (mais pas de trop près !) on se canardait de mottes de terre et de cailloux. La raison ?... Personne n'en savait rien. C'était comme ça !...
Que de souvenirs dans cette série ; mes 8-10 ans qui me reviennent d'un coup.
Mais par-delà le sympathique dessin rondouillard de Baru, c'est aussi une description de la face grise des années 50 qui pointe ici (en France) : la guerre d'Algérie, les grèves annonciatrices du Nord de la France.
J'aime vraiment bien ces chroniques, une tendre et habile mixeuse de sentiments.
Mes 8-10 ans... une sorte de paradis perdu de rêves trop vite abandonnés ?... Je constate et m'interroge...
Je suis tombé par hasard sur ce préquel de la série Le Vagabond des Limbes, spin-off dont j’ignorais totalement l’existence (et totalement méconnu). Cet album est centré sur la jeunesse Musky, le compagnon androgyne d’Axle. Déjà au départ, dans la série originelle, ce personnage avait quelque chose de génial… Mais ici, la thématique de l’être qui refuse de grandir, du temps qui passe et du passage à l’âge adulte est traitée avec beaucoup de doigté… et quand, dans la deuxième partie de l’album, la petite Murky rencontre ces indigènes qui vivent avec un enfant dans le ventre (celui qu’ils ont été), on approche de la métaphore géniale. C’est un début de série parallèle qui atteint le même niveau que les meilleurs tomes de la série originelle, avec ceci un plus que le dessin de Gimenez est magnifique et qu’on peut même le trouver plus réussi que celui de Ribera.
A la fin de ce premier tome, qui est une histoire complète, un deuxième était annoncé, qui n’a jamais vu le jour, les éditions Vaisseau d’argent ayant fermés leurs portes. Pour rappel, cette petite maison d’édition créée en 1988 par Ribera et Godard s’est plantée en 1991… Dargaud a repris la série du Vagabond des limbes mais pas cet album, pourtant magnifique. Si vous le trouvez, sautez dessus, il est parfaitement recommandable même si vous ne connaissez pas Le vagabond des limbes (hautement recommandable également, et lui, toujours disponible).
Il est à souhaiter que cet album fasse au jour partie de l'intégrale du Vagabond des limbes toujours en cours de parution chez Dargaud. Ce serait vraiment chouette et cela permettrait à beaucoup de pouvoir lire ce petit bijou quasi introuvable.
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Gil Jourdan
Fraîchement promu détective privé, Gil Jourdan fait son entrée dans l'hebdo Spirou n° 962 du 20 Septembre 1956. Entrée remarquée d'ailleurs ; Gil n'est pas sans rappeler son "grand frère Félix", du même auteur. Gil Jourdan ?... Une série qui a ma haute estime. Surtout qu'autour de lui, Tillieux va créer une magnifique galerie de personnages : André Libellule -un ancien repris de justice-, Croûton -un fonctionnaire de police sérieux et un peu "vieille France"-, sans oublier Queue-de-Cerise -une secrétaire fidèle... et aussi courageuse-. Succès rapide ; lequel tient en partie au fait que ces personnages sont tous issus de milieux modestes. Et ça, le lecteur aime. Jourdan m'a entraîné -avec un réel plaisir- en France et à l'étranger, où machinations, enquêtes difficiles et mouvementées, poursuites spectaculaires, énigmes gordiennes et règlements de comptes font la part belle de chaque épisode. Tillieux a ainsi créé un univers réaliste, mais aussi nanti d'une certaine poésie. A la relecture occasionnelle d'albums premiers, j'ai l'impression de replonger avec délices dans un de ces bons vieux films policiers -façon Gabin-Audiard- des années 50. Beaucoup d'humour aussi, sans démagogie réelle. Le dessin ?... C'est du Tillieux. Un trait rapide, nerveux, bien lisible, dans la grande tradition franco-belge. Les scénarios ?... Ambiance(s) et action garanties !... Ca "déménage" souvent, dans une mise en page parfois explosive, bien que traditionnelle dans son découpage. Gil Jourdan, malheureusement, s'arrêtera à la mort de Tillieux -en 1978- lequel, pourtant, avait déjà cédé le dessin à Gos (les Petits Hommes) et à ... Walthéry (Natacha). Gil Jourdan ?... De très bonnes enquêtes policières, aux scénarios "en béton", pleines d'énergie et de franc humour. Le saviez-vous ?... Les deux premiers albums ("Libellule s'évade" et "Popaïne et vieux tableaux", parus en 1959), ont été INTERDITS en France jusqu'en 1971. Motif : "irrespect envers la police" (!). Fou, non ?!?...
L'Ascension du Haut Mal
Je vais commencer par ce qui ne m’a pas plu dans cette BD. C’est long… et certains passages ne m’ont vraiment pas passionné. Je pense notamment aux très longs passages décrivant les différentes techniques/sciences/supercheries que les parents de l’auteur ont testées pour essayer de soigner leur fils. Déjà je ne sais pas si cette obstination et cette confiance aveugle m’inspirent de la sympathie et du respect, ou du mépris. Je me doute bien qu’en tant que parent, on serait prêt a tout pour aider sa progéniture, mais de la à essayer de communiquer avec les morts ou utiliser les flux magnétiques de la terre pour le soigner, il y a un pas que je ne me vois pas franchir, même en tant que parent désespéré. Reste que quoi que l’on pense de ces méthodes, était-il vraiment nécessaire de les décrire aussi minutieusement ? De parler de leur histoire, de leurs créateurs, de leur fonctionnement précis ? Même remarque pour les longs passages racontant la vie des ancêtres de l’auteur… Ce n’est pas toujours très passionnant, et surtout je ne vois pas trop le lien avec la trame principale. Un passage montre d’ailleurs la mère de l’auteur lui demander pourquoi avoir inclus ces anecdotes, insignifiantes selon elle. Ce dernier rétorque que si, en savoir plus sur sa famille aide le lecteur à comprendre sa souffrance… Bon, soit, c’est le choix de l’auteur, il fait ce qu’il veut, c’est sa BD après tout… reste que ça ne m’a pas vraiment intéressé. Mais trêve de médisance, je voudrais maintenant parler de ce qui m’a plu dans "L'Ascension du Haut Mal"… L’histoire elle-même, et surtout le dessin. La trame principale de l’histoire est quand même bigrement intéressante, touchante, et écrite avec beaucoup de talent et d’ingéniosité. J’ai mis un peu de temps à m’habituer au ton mi-enfant mi-adulte du récit, et la fin m’a un peu déçu, mais globalement je me suis vraiment régalé. Et comment ne pas conclure sur le dessin… il est merveilleux, ingénieux, créatif au possible, et en parfaite adéquation avec le texte. Jamais je n’ai vu un auteur représenter une idée, un doute, une émotion ou un rêve d’enfant avec autant d’originalité et de talent… Ca ne s’explique pas, il faut le voir pour le croire… Pour moi David B. rejoint Alan Moore, Marc-Antoine Mathieu et Étienne Lécroart dans le club très fermé des auteurs utilisant le support BD à son maximum, en offrant des œuvres qui ne sont pas vraiment transposables en roman ou en film. Alors finalement, j’ai aimé ? Oui, beaucoup, à part certains passages qui m’ont un peu ennuyé… Et à l’occasion je lirai d’autres BD de David B. pour admirer son superbe dessin.
Mandrake le magicien
Mandrake est né de l'imagination fertile de Lee Falk, en 1924. Mais ce n'est que dix ans plus tard qu'il décide d'en confier l'illustration à un dessinateur professionnel : Phil Davis. La série est proposée au King Features Syndicate. Accord est fait. Publié sous forme de strips, Mandrake fait son apparition dans divers quotidiens US dès le 11 Juin 1934. Enorme succès, quasi immédiat, qui pousse l'éditeur à adjoindre une planche dominicale dès Février 1935. Mandrake ?... On croirait voir un artiste qui sort d'une pièce de théâtre ! La chevelure gominée, de fines moustaches, coiffé d'un haut-de-forme, vêtu comme à la Belle Epoque, il a de quoi surprendre. Et c'est ce que j'aime dans ce personnage : un complet décalage avec les héros "standardisés" de l'époque. Mandrake ?... Un vrai hypnotiseur doué de pouvoirs mystérieux. Mais il ne "travaille" pas seul : il sera bientôt rejoint par Lothar -un géant noir-, et par la belle Narda, son éternelle "fiancée". Ce trio ainsi formé va alors lutter contre le crime organisé, affronter gangsters et trafiquants de tous genres avec une volonté farouche. Je l'ai découvert -et aimé- en paginant mes vieux périodiques d'avant-guerre, appréciant de savoir dans quel guêpier leur ennemi commun -Cobra, le chef d'une secte secrète- allait encore les attirer. Combat entre le Bien et le Mal, Mandrake est une excellente série qui m'a permis d'apprécier les solides scénarios bâtis sur des idées -parfois complètement folles- de Lee Falk. Par moments, on approche quasi le style "underground" ; une sorte de psychédélisme graphique avant la lettre ainsi proposé avec 30 ans d'avance sur l'explosion graphique de ce genre dans les années 60. Davis meurt en 1964. Fred Fredericks reprend alors, et de bien belle manière, la suite des aventures de ce magicien dont le nom est encore un des plus connus dans le monde. Une très bonne série, vraiment novatrice, créative, au graphisme qui peut paraître désuet, "kitch" même, mais c'est cela qui fait son grand charme et sa force. Vraiment très bien.
Priest
Trait très appuyé retranscrivant très bien l'ambiance de ce manga ! Priest est un seinen très sombre où le héros est une âme torturée, usée, qui ne demande qu'à s'apaiser... Scénario qui explose à partir du tome 2-3 avec le passé de ce prêtre qui nous laisse sans voix. Ambiance sombre, sanglante... L'auteur maîtrise son sujet, et on est de plus en plus intrigué au fil des tomes par ce passé tragique de Ivan. Priest, à lire, presque une référence.
Berserk
Triste de voir des personnes critiquer une telle oeuvre après avoir lu le tome 1 ou 2 (on en est au 31)... Le scénar est magnifique et commence bien entendu après quelques tomes, à savoir le 3 qui nous plonge dans le passé du héros... Bon c'est une référence, ce n'est pas pour rien, je ne vais pas spoiler ce manga... Mais il est culte dans l'univers seinen heroic fantasy, ambiance sombre, héros "anti-héros", violent, scénario impeccablement bien ficelé, style graphique magnifique... Evidemment les premiers sont sortis en 1989. Dès le 3eme tome, on voit les traits très prononcés de l'auteur, avec des pics de perfection dans les tomes suivants... Bref, à posséder, à lire et à relire.
Murena
Après lecture des 5 premiers tomes: Une superbe saga sur la Rome antique de Néron très bien documentée et mis en image. Les dessins sont superbes et le scénario n'est pas en reste non plus avec beaucoup d'intrigues. La série se lit sans aucune sensation de longueur ou d'ennui et la sortie d'un nouveau tome est toujours pour moi très attendue. Même si la série n'est pas terminée, Murena est déjà une valeur sure.
Ai suru hito
J'ai d'abord découvert cette série sur Internet sur un site anglais de scantrad (traduction de manga). J'avais aimé mais je n'avais pas pu lire la fin. J'ai acheté tous les volumes d'un coup quand j'ai découvert que cette série était parue dans notre belle langue. Il est vrai que ce n'est pas franchement intellectuel mais dans la catégorie "pétage de plomb", ce n'est pas mal du tout. Ce manga n'est pas politiquement correct, les idées qu'il professe sont assez tordues mais tout est à prendre à la rigolade et passe fort bien. Certaines situations sont dantesques, je me demande où la mangaka va chercher tout ça ! Les personnages ne sont pas très crédibles mais fonctionnent bien. Finalement, le plus sympa (et on a presque de la peine pour lui) reste le petit frère. Les dessins ne sont pas mal du tout, un peu trop de SD (super-déformé) parfois à mon goût, un peu comme dans les séries tv et les rires en arrière plan. C'est gentiment érotique, je ne dis pas qu'il faut laisser traîner ça sur la table du salon, mais c'est presque tout public grand ado et adulte. Bref, moi, j'aime bien et j'assume ! Pour ceux qui aiment se lâcher un peu, sans tomber dans les bas-fonds.
Preacher
Preacher... Une de mes BD de chevets, de celles que je lis et relis inlassablement avec un plaisir intact à chaque fois. Preacher brasse les genres avec une aisance stupéfiante, explore les thèmes chers à l'homme avec tant de maîtrise que cela force le respect. Preacher est un oeuvre apocalyptique, un western qui visite la guerre, l'histoire, la religion et donne une réflexion très intelligente sur ses thèmes. Le propos est réfléchi, les dialogues fins, la mise en scène est extraordinaire. Garth Ennis est capable de passer d'une scène exagérément violente à une séquence belle et contemplative en un clin d'oeil. Il est capable d'enchaîner sans problème une scène de tendresse et d'amour avec une orgie des plus barbares... Le tout sans jamais repousser le lecteur, sans tomber dans la facilité bête et gratuite. Les personnages que l'on suit dans cette série sont stupéfiants, à commencer par Jesse, un jeune révérant texan à la foi sérieusement ébranlée, ayant fusionné avec l'entité Génésis. Jesse décide de poursuivre Dieu, le plus grand criminel de l'histoire de l'humanité, afin de le faire expier pour ses crimes. Voilà pour l'histoire. Jesse est un héros expressif mais s'exprimant peu, un personnage fascinant ayant un lien, que l'on peut qualifier de particulier, avec John Wayne. Jesse ressemble à Robert Mitchum, un personnage taciturne et fascinant, une force tranquille que rien ne semble pouvoir arrêter. Pour l'aider dans sa quête, Jesse est accompagné de Tulip et Cassidy. Tulip est sa petite amie, un personnage qui ne manque jamais de ressource et n'est jamais à court d'idée pour aider Jesse. Tulip n'est pas qu'une simple accompagnatrice, c'est un personnage fort qui ne manque jamais une occasion de faire sentir sa présence. Cassidy est un personnage très atypique, un personnage aux pouvoirs particuliers. Cassidy est aussi irlandais, porté sur la bouteille et bagarreur. Cassidy est un être ambigu, sa nature particulière et son caractère imprévisible le rendent aussi dangereux pour ses amis que ses ennemis... Mais Cassidy est un homme d'honneur, si il le fallait, il suivrait Jesse jusqu'en enfer sans hésiter. Cassidy est immédiatement attachant, une des pointures de l'aventure. Et il y a tous les autres... Starr, le Saint des tueurs, Tronchdecul... Toute une galerie de personnages improbables mais pourtant plus vrais que nature, c'est aussi une des qualités de Garth Ennis, offrir de l'incroyable tout en évitant de sombrer dans le paradoxal. C'est Steve Dillon qui se charge de mettre en images cette histoire, le résultat est plaisant, sans être des chefs-d'oeuvres les dessins de Dillon sont agréables à l'oeil et ont de la personnalité, comme cela a déjà été écrit plus bas, Dillon sait parfaitement illustrer l'expression des sentiments. Preacher est une BD culte, sans conteste un des meilleurs titres du catalogue Vertigo. Garth Ennis n'avait pas trente ans lorsqu'il a écrit cette série, à ce jour c'est, et de très très loin, sa meilleure réalisation. J'en conseille fortement la lecture, même si l'éditeur a fermé ses portes avant de livrer l'intégralité de la série, tentez de la dénicher en VO. Et qui sait? Au vu de la notoriété de Garth Ennis et plus particulièrement de Preacher, on peut supposer que la publication complète soit enfin envisagée un de ces jours chez nous... JJJ
Les Années Spoutnik
Les années 50... une bande de gamins de quartier. Mêmes rivalités enfantines sur fond d'esprit de clocher ; même initiation au monde des comportements adultes. Univers imaginé par l'auteur ?... BEN NON !... c'était tout moi, ça... J'habitais une petite commune et faisais partie d'une bande de gamins de quartier. De l'autre côté d'un terril : l'autre commune, avec aussi sa petite bande de quartier. Souvent -quand il faisait bon- chaque groupe grimpait sur "son" terril et, face à face (mais pas de trop près !) on se canardait de mottes de terre et de cailloux. La raison ?... Personne n'en savait rien. C'était comme ça !... Que de souvenirs dans cette série ; mes 8-10 ans qui me reviennent d'un coup. Mais par-delà le sympathique dessin rondouillard de Baru, c'est aussi une description de la face grise des années 50 qui pointe ici (en France) : la guerre d'Algérie, les grèves annonciatrices du Nord de la France. J'aime vraiment bien ces chroniques, une tendre et habile mixeuse de sentiments. Mes 8-10 ans... une sorte de paradis perdu de rêves trop vite abandonnés ?... Je constate et m'interroge...
Une enfance éternelle
Je suis tombé par hasard sur ce préquel de la série Le Vagabond des Limbes, spin-off dont j’ignorais totalement l’existence (et totalement méconnu). Cet album est centré sur la jeunesse Musky, le compagnon androgyne d’Axle. Déjà au départ, dans la série originelle, ce personnage avait quelque chose de génial… Mais ici, la thématique de l’être qui refuse de grandir, du temps qui passe et du passage à l’âge adulte est traitée avec beaucoup de doigté… et quand, dans la deuxième partie de l’album, la petite Murky rencontre ces indigènes qui vivent avec un enfant dans le ventre (celui qu’ils ont été), on approche de la métaphore géniale. C’est un début de série parallèle qui atteint le même niveau que les meilleurs tomes de la série originelle, avec ceci un plus que le dessin de Gimenez est magnifique et qu’on peut même le trouver plus réussi que celui de Ribera. A la fin de ce premier tome, qui est une histoire complète, un deuxième était annoncé, qui n’a jamais vu le jour, les éditions Vaisseau d’argent ayant fermés leurs portes. Pour rappel, cette petite maison d’édition créée en 1988 par Ribera et Godard s’est plantée en 1991… Dargaud a repris la série du Vagabond des limbes mais pas cet album, pourtant magnifique. Si vous le trouvez, sautez dessus, il est parfaitement recommandable même si vous ne connaissez pas Le vagabond des limbes (hautement recommandable également, et lui, toujours disponible). Il est à souhaiter que cet album fasse au jour partie de l'intégrale du Vagabond des limbes toujours en cours de parution chez Dargaud. Ce serait vraiment chouette et cela permettrait à beaucoup de pouvoir lire ce petit bijou quasi introuvable.