Bon... j'ai un peu honte de l'avouer, mais cette série me plaît. C'est bourrée d'humour, dans ce genre de BD le dessin est plutôt réussi, les couleurs passent bien, le découpage en strip maintien un bon rythme de lecture. Succession de gags désopilants assurée.
Le petit plus de cette série est évidement ce kid. Il s'invente un monde d'horreur, de massacre, de sang, de vomi, de monstre, et j'en passe, qui reste complètement décalé par rapport à son quotidien d'écolier, de frère et de fils. Je trouve très réussi cette interaction entre monde réel et imagination infantile débordante.
Par contre, intellectuellement cela ne vole pas très haut. Pas de choc métaphysique à la lecture. Tous les personnages sont des caricatures extrêmes: le père seul qui perd pied avec son fils, les 2 frères et soeurs qui se détestent cordialement, les jeux vidéo qui sont la raison d'être des gamins... Mais l'ensemble reste tout de même réussi et cohérent.
Bonne lecture divertissante !
Les albums de Lepage font partie de ces rares oeuvres dont j’ai d’abord plaisir à longuement feuilleter les pages pour en admirer les dessins avant de me plonger dans l’histoire.
Muchacho est graphiquement superbe, c’est un réel plaisir pour les yeux et même si la sortie du tome 2 s’est faite un peu attendre, cela en valait vraiment la peine.
Le scénario, lui, n’est pas en reste avec une histoire passionnante dont je peux juste regretter dans le tome 2 les quelques pauses un peu trop fréquentes utilisées par l'auteur pour rechercher un effet visuel dramatique, rappelant celles utilisées dans la terre sans mal, et qui coupent un peu la dynamique du premier tome.
Ceci dit, l’ensemble est vraiment remarquable et à conseiller.
Alors bien évidemment, avec autant d’albums parus depuis sa création, et de nombreux auteurs ayant participé à sa conception, la série alterne du très bon au moins bon.
Si j’ai adoré la période Franquin, quelques albums m’ont déçu par la suite, mais c’est assez normal tant l’héritage était difficile à porter….
C’est tout de même une des séries de mon enfance que je relis avec beaucoup de plaisir et peut être une de celles qui paraît le moins vieillir.
Si je dois noter la série complète, je donne 4/5, mais il est évident que sur la quarantaine d’albums parus, prés d’une dizaine sont pour moi vraiment cultes.
Les Clous Rouges est l'une des rares aventures de Conan ayant eu droit à une vraie publication en librairie. Un album très important car Les Clous Rouges est l'un des tout meilleurs Conan en BD, et, certainement le meilleur paru en France.
Cette histoire est l'adaptation d'une nouvelle originale de Robert E.Howard. Howard est l'un des fondateurs de la Fantaisie Héroïque, il est autant important pour ce genre que peut l'être Tolkien.
Le scénario est concocté par Roy Thomas, le plus célèbre scénariste ayant officié sur Conan. C'est une réussite absolue. Une intrigue qui semble simple mais multiplie très vite ses pistes avec génie.
Il est vrai que le matériau de base de Howard est de grande qualité, Valeria est présente dans l'aventure, le thème de la cité mystérieuse bien amené, et le principe des clous rouges est une bonne trouvaille. N'empêche qu'un terreau, si bon soit-il doit être cultivé avec talent pour réussir à transformer la littérature en BD. C'est le cas ici. Les Clous Rouge est l'une des aventures fondatrices de Conan, une référence qui contient les ferments de pas mal d'histoires qui vont suivre. Un Etalon, un Classique du genre.
Valeria et Conan y connaissent une nuit riche en aventures, menant mille combats, ayant des pièges à éviter, des traîtrises à déjouer, des énigmes à résoudre et de nombreuses forces obscures à affronter.
Dans cette mise en scène riche en évènement et en émotions, les scènes fortes ne manquent pas, comme ce passage marquant, où Valeria n'hésite pas à torturer Tascela, une séquence qui frôle le saphisme...
Conan est un pur anti-héros, un mercenaire, à la fois voleur et assassin sans pitié. Roy Thomas le façonne de manière extraordinaire.
Valeria est magnifique, à la barbarie Cimmérienne et brutale de Conan, elle oppose son air altier, sa fière noblesse. Elle aussi est capable de commettre les pires atrocités.
Roy Thomas sait donner à ses personnages des attitudes de circonstances, Conan ne parait jamais aussi royal que quand il s'exprime par la voix que lui offre Thomas.
Les dialogues sont excellents, on est bien dans l'univers d'Howard sans que Conan soit obligé de répéter "Crom!" ou "Dents de Crom!" à chaque phrase. Tout est dans la justesse de ton et la subtilité.
Quant aux dessins de Barry Smith, il n'y a rien à en redire, sinon qu'ils sont magnifiques. L'artiste sait représenter sans problème un univers fantaisiste. C'est beau, très imaginatif et éclatant. La scène d'ouverture, de part sa virtuosité et le cadrage qu'elle offre, vaut à elle seule la lecture de l'album. La cité est vaste, brillante, les pièces du palais offrent une grande diversité de décors tous homogènes. Le Conan de Barry Smith est élégant, presque fluet si on le compare aux versions qu'en donnent la plupart des autres dessinateurs, il n'en est pourtant pas moins barbare.
Pour la petite histoire l'influence de Smith se fait sentir jusque dans le film de John Milius (une bombe!), si le Conan du film peut faire songer a celui de Buscema par exemple, il est pourtant paré des bijoux que Smith a créé. De même pour les décors du films, composés de vastes espaces, de pyramides gigantesques, de tours alambiquées, de pièces de cérémonie à l'aspect orgiaque... et j'en passe... On est dans l'univers baroque de Barry Smith là! Loin des sombres ruelles vaguement orientales de Shadizar que nous dessinent trop souvent Buscema et consorts...
A mes yeux Smith est un maître en illustration de Fantaisie Héroïque.
Datant de 1976, cet album est malheureusement assez difficile à trouver aujourd'hui.
Arédit l'a réédité en kiosque en 1981 ou 1982, mais je vous conseille fortement d'éviter cette version imprimée sur du papier journal: La traduction a été complètement reprise, le résultat est complètement niais et perd beaucoup de sens. Les effets sanglants ont étés amoindris, parfois carrément supprimés. Le très grand format n'a pas été conservé, il a carrément été divisé en deux, ce qui nuit à la lisibilité du dessin. Le pire étant la nouvelle colorisation bien trop vive, qui bave et massacre complètement le travail d'encrage de Barry Smith.
Pour l'édition originale en revanche c'est un album culte. Culte sans hésiter.
JJJ
Seules Contres Tous, revisite un thème maintes fois exploité en BD et surtout ailleurs.
De ce fait, quand sort un ouvrage de ce type, il est légitime de se demander si sa lecture en vaudra la peine. Plusieurs des aspects de la Seconde Guerre mondiale on déjà été présentés, romancés, et parfois même brillamment analysés, en BD Maus fait office de référence, il y a aussi d'autres oeuvres de bonne qualité comme Yossel 1945 par exemple.
Pourquoi, en tant que lecteur, se sentir titillé, chaque fois que paraît une BD prenant pour cadre la Seconde Guerre mondiale. La réponse me parait simple, cette période fascine, son souvenir marquant résonne encore assez, à mon avis, dans l'inconscient collectif, pour que l'on se sente interpellé par les oeuvres s'y rapportant.
Seules Contre Tous, au travers de son témoignage, montre un des aspects assez peu exploité de cette guerre. Seules Contre Tous est construit en trois actes distincts, la fuite brusquée de la ville, la dure vie de la campagne, et l'incertitude mêlée de soulagement qu'annonce la fin de la guerre.
Dans cette histoire, magnifiquement narrée, on voit uniquement des évènements de la vie de Miriam Katin et sa mère. Aucun des faits de guerre n'est montré, aucune date n'est donnée, les mots que sont déportation ou libération ne sont pas utilisés, on ne cite même pas le nom d'Hitler. On voit surtout la peur et la confusion qui régnait dans les esprits à cette époque, plus encore peut-être dans les campagnes où se déroule l'action. Les gens vivaient dans l'ignorance totale de ce qui se jouait dans les sphères internationales, ils se méfiaient de tout et de tous. Ils craignaient les bombardements et les armées, quelle qu'en soit la couleur ou le drapeau. Ce sentiment de peur et d'inquiétude est incroyablement retranscrit. Dans cette atmosphère de vie difficile mais assez monotone, quelques drames ponctuaient parfois le quotidien, les visites inquiétantes d'officiers du Reich et les pillages barbares en tous genres, perpétrés par les soudards qu'étaient les soldats russes, sont de vrais moments de frayeur. Quand le danger se présentait, la mère de Miriam faisait tout ce qu'il était humainement possible pour protéger sa fille.
Après le calvaire, une magnifique et émouvante dernière partie nous est offerte, ce récit est captivant de bout en bout, c'est un témoignage touchant et intime qui nous est livré ici.
Les crayonnés font honneur à l'histoire, le trait précis et fin de la première partie fait place à des croquis qui semblent plus approximatifs pour la période de la campagne, comme si ils étaient chargés d'émotion, pris sur le vif de souvenirs flous et pénibles... La fin se refait doucement plus nette. De rares pages en couleurs présentant des moments de la vie d'après guerre font parfois une apparition et contrastent fortement graphiquement, mais aussi avec le contexte. Ce sont d'autres souvenirs, plus joyeux, mais rappelant parfois tristement les plus durs.
Seule Contre Tous est un vrai roman graphique, même s'il inscrit son histoire dans le cadre de l'Histoire.
Le destin d'une fillette et de sa mère dans les sombres heures de l'histoire de l'humanité. Il est bon de lire ce type de livre et se dire que cette guerre aura laissé sa trace noire sur les champs de batailles, dans les camps d'extermination mais aussi dans l'esprit des gens qui l'ont vécue de plus loin, avec certainement moins de souffrances mais tout autant de peurs.
Au vu de la conception étrange de cet album et de son prix élevé (comme souvent aux éditions du Seuil!) je ne conseille pas l'achat de cet album.
En revanche, je recommande chaudement sa lecture.
JJJ
Hellblazer est une série qui a eu la malchance d'être adaptée au cinéma. Un film que je vous conseille fortement d'éviter dont le titre est Constantine. On y voit le pantin Keanu Reeves en John Constantine américain, traînant ses cheveux bruns à Los Angeles dans ce qui ressemble à une gigantesque publicité anti-tabac indigeste. On ne peut-être que consterné devant la médiocrité d'une telle adaptation.
Pour qu'il n'y ait aucune confusion possible, je vais dire qui est réellement John Constantine. John Constantine est anglais, il est d'un blond éclatant, il a une certaine élégance, il est charmant et inquiétant, il fume cigarette sur cigarette et il utilise très très souvent le mot fuck. John Constantine a un étrange pouvoir, il voit toutes les dimensions, il voit toutes les créatures issues des enfers, les fous furieux issus d'autres mondes, les pauvres diables sauvagement assassinés... Il les voit tous.
John Constantine, enfin, est un détective spécialiste du paranormal, un personnage parlant souvent de façon énigmatique, un personnage réellement charismatique.
Oubliez la fadasse version cinématographique, venez à la source, entrez prudemment, doucement, très doucement... dans le monde du Hellblazer...
Hellblazer... John Constantine... Ce personnage a été créé par Alan Moore dans Swamp Thing en mille neuf cent quatre vingt cinq, avec Hellblazer, il a eu sa propre série. Neil Gaman a écrit des scénarios, Warren Ellis... Bien des plumes de renom ont écrit de sombres histoires pour cette saga. Les dessinateurs ne sont pas en reste, avec entre autres Phil Jimenez ou encore Steve Dillon...
Enfin Tim Bradstreet en est le cover artist régulier, il excelle pour retranscrire parfaitement la particularité d'une atmosphère en un seul dessin.
Les noms prestigieux se sont succédés sur cette série qui ne l'est pas moins.
Pour la présente histoire, Hard Time, les artistes sont Brian Azzarello et Richard Corben. Hard Time est une histoire complète en quatre épisodes, issue de la série Hellblazer qui en compte plus de deux cent. Hard time, tout en restant fidèle à l'ambiance si particulière de la série, s'en éloigne sensiblement, se parant d'un côté plus dur, peut-être un peu moins mystique, mais tout aussi subtilement surnaturel.
Des les premières images, le choc! Tant au niveau des images que des dialogues, il suffit de tourner à peine quelques pages pour comprendre que l'on est en train de lire un chef-d'oeuvre. Quelle noirceur, quelle saine lecture en diront les amateurs.
Constantine apparaît dans le plus menaçant des univers, où déchéance et violence dictent les règles. Sa venue va faire sombrer ce lieu dans les plus profonds abysses infernaux.
La narration d'Azzarello est extraordinaire, il dépeint ce monde carcéral en exacerbant ses aspects les plus sinistres, l'ambiance et lourde, on s'en imprègne sans difficulté et l'on s'enfonce dans l'horreur et la folie avec de petits picotements d'exaltation au fil de la lecture. Les talents de dialoguistes d'Azzarello font merveille et y sont à mon avis pour beaucoup, ça sonne vrai, on a l'impression de sentir la prison.
La mise en images est assurée par Richard Corben, combien de fois déjà ai-je parlé des dessins du grand Rich? Peut importe... je ne m'en lasserai jamais.
Ici Corben se surpasse, dans une période où l'artiste sortait tout juste d'une longue traversée du désert, son talent explose littéralement. En illustrant Hellblazer, Richard Corben démontre qu'il sait dessiner autre chose que des barbares imberbes affrontant de nombreuses hordes de monstres roses bonbons. Dans cette atmosphère crasseuse, Corben nous montre son talent, son trait le plus pur, dégagé des ses étranges effets psychédéliques mais ayant conservé tout son caractère, sa fantaisie, sa démesure...
Les corps sont tendus, nerveux, musculeux, les yeux exorbités expriment de noirs reflets d'âmes perdues, quelques personnages, représentés la bave écumante à la bouche, nous font ressentir toute leur colère en l'espace d'une seule case. Les quelques femmes que croque Corben pour cette histoire sont exagérément plantureuses, leurs seins surdimensionnés dissimulent parfois presque leurs nombrils, leurs lèvres pulpeuses sont de vraies gourmandises.
Le style de Corben est toujours aussi sensuel et sexué. Richard Corben est toujours aussi grand.
Je remercie les éditions Toth d'avoir continué à publier Richard Corben en France quand plus grand monde ne croyait en lui, je regrette en revanche que la couverture originale de Bradstreet n'ai pas été utilisée, l'éditeur -sans doute pour rendre hommage à Corben- a préféré utiliser un dessin de l'album. Cela élimine un peu la finesse du dessin en question, ce qui est assez laid, et ne reflète pas vraiment le contenu du livre. Fort heureusement les dernières pages offrent un portfolio reprenant les couvertures originales de chaque épisode ainsi que celle du recueil.
J'adore cet album, c'est un indispensable qui mérite d'être lu au moins une fois, surtout si le surnaturel traité avec originalité vous tente. J'émets cependant une réserve d'importance, bien qu'il ait été publié comme tel, Hard Time n'est pas un vrai one shot, cette histoire risque de ne pas se laisser facilement apprécier si vous ne connaissez pas un peu l'univers de Hellblazer.
Cet épisode est vraiment très bon... mais à mes yeux seule la série dans son ensemble est culte.
JJJ
Je n’ai pas toujours été fan de Rabaté, mais cet album m’a beaucoup amusé.
Le thème est vraiment original. On s’attache à ce petit vieux qui « découvre la vie » de manière tardive. La partie dans la communauté baba est hilarante. Comme le dit le sous-titre c'est sex, drugs and rock'n'roll.
Le sujet : la vie sexuelle des personnes âgées aurait pu rebuter, il n’en est rien. C’est drôle, attendrissant, voire émouvant par moment. Les couleurs sont assez chaleureuses et accentuent le bien-être que l’on peut avoir en lisant cet album. Les éditions Futuropolis nous ont quand même gratifiés de quelques-uns des meilleurs albums de l'année.
Alors, un bon conseil : courez l'acheter, vous ne serez pas déçu.
À l'heure de cette critique, le premier tome n'est pas encore sorti (on en est à J-7). Mais les scantrad furent accessibles de nombreux mois (années) avant la signature du contrat par Tonkam. Donc, je l'ai lu, relu, et je l'achèterai avec des vraies pages.
L'histoire est presque la même que celle que l'on connaît par le dessin animé, mais en encore plus triste, et encore plus tendancieuse. Le dessin est comme toujours avec cette auteur magnifique, et la trame très prenante. C'est bien évidemment dramatique, mais particulièrement prenant et sensible.
Bref, une BD exemplaire dans sa narration et son dessin. Et il n'y a pas besoin une femme ou d'être hyper sensible pour en apprécier ses qualités.
Voici une bd qui étonne. Le sujet traité n’a pourtant rien de révolutionnaire mais bien l’approche qui en est faite, à la fois novatrice et insolite. Dieu a déjà été mis à toutes les sauces en bd : d’une reproduction la plus fidèle aux écrits à des pastiches plus ou moins drôles. Ici, c’est ni l’une ni l’autre. A travers cinq récits, cet album s’attache à imaginer un retour hypothétique de Dieu parmi nous (après tout, il l’a fait une fois il y a bien longtemps). Une belle brochette d’auteurs sont réunis pour l’occasion : David B., Ayroles, JC Menu, Mattotti et MAM. Bref, une diversité graphique au service de récits variés mais partageant une qualité identique.
A découvrir !
On ne sait pas toujours si les méandres du récit sont prémédités ou nés au fil des jours... Les deux sont sans doute vrais.
Il n'en résulte pas moins un grand récit dans lequel on s'immerge avec plaisir (avec bonheur eût été inapproprié...). Il n'était pas si facile de rendre ce sentiment de nostalgie du présent ; c'est pourtant chose faite de belle manière. La candeur de certaines allégories fait parfois prendre quelques distances. Un péché vite oublié dès la page suivante.
Certains lecteurs sont en droit de ne pas apprécier le dessin et l'encrage de ces chemins sinueux de la gloire. D'autres, dont je fais partie, apprécieront la justesse de l'utilisation des palettes proches de la monochromie. L'aquarelle sait s'estomper devant le trait et envahir une vignette pour lui conférer son atmosphère.
Le cinquième tome ne viendra sans doute jamais... Une ultime allégorie pour ces chemins de la gloire ? Dommage.
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Kid Paddle
Bon... j'ai un peu honte de l'avouer, mais cette série me plaît. C'est bourrée d'humour, dans ce genre de BD le dessin est plutôt réussi, les couleurs passent bien, le découpage en strip maintien un bon rythme de lecture. Succession de gags désopilants assurée. Le petit plus de cette série est évidement ce kid. Il s'invente un monde d'horreur, de massacre, de sang, de vomi, de monstre, et j'en passe, qui reste complètement décalé par rapport à son quotidien d'écolier, de frère et de fils. Je trouve très réussi cette interaction entre monde réel et imagination infantile débordante. Par contre, intellectuellement cela ne vole pas très haut. Pas de choc métaphysique à la lecture. Tous les personnages sont des caricatures extrêmes: le père seul qui perd pied avec son fils, les 2 frères et soeurs qui se détestent cordialement, les jeux vidéo qui sont la raison d'être des gamins... Mais l'ensemble reste tout de même réussi et cohérent. Bonne lecture divertissante !
Muchacho
Les albums de Lepage font partie de ces rares oeuvres dont j’ai d’abord plaisir à longuement feuilleter les pages pour en admirer les dessins avant de me plonger dans l’histoire. Muchacho est graphiquement superbe, c’est un réel plaisir pour les yeux et même si la sortie du tome 2 s’est faite un peu attendre, cela en valait vraiment la peine. Le scénario, lui, n’est pas en reste avec une histoire passionnante dont je peux juste regretter dans le tome 2 les quelques pauses un peu trop fréquentes utilisées par l'auteur pour rechercher un effet visuel dramatique, rappelant celles utilisées dans la terre sans mal, et qui coupent un peu la dynamique du premier tome. Ceci dit, l’ensemble est vraiment remarquable et à conseiller.
Spirou et Fantasio
Alors bien évidemment, avec autant d’albums parus depuis sa création, et de nombreux auteurs ayant participé à sa conception, la série alterne du très bon au moins bon. Si j’ai adoré la période Franquin, quelques albums m’ont déçu par la suite, mais c’est assez normal tant l’héritage était difficile à porter…. C’est tout de même une des séries de mon enfance que je relis avec beaucoup de plaisir et peut être une de celles qui paraît le moins vieillir. Si je dois noter la série complète, je donne 4/5, mais il est évident que sur la quarantaine d’albums parus, prés d’une dizaine sont pour moi vraiment cultes.
Conan le Barbare - Les Clous rouges
Les Clous Rouges est l'une des rares aventures de Conan ayant eu droit à une vraie publication en librairie. Un album très important car Les Clous Rouges est l'un des tout meilleurs Conan en BD, et, certainement le meilleur paru en France. Cette histoire est l'adaptation d'une nouvelle originale de Robert E.Howard. Howard est l'un des fondateurs de la Fantaisie Héroïque, il est autant important pour ce genre que peut l'être Tolkien. Le scénario est concocté par Roy Thomas, le plus célèbre scénariste ayant officié sur Conan. C'est une réussite absolue. Une intrigue qui semble simple mais multiplie très vite ses pistes avec génie. Il est vrai que le matériau de base de Howard est de grande qualité, Valeria est présente dans l'aventure, le thème de la cité mystérieuse bien amené, et le principe des clous rouges est une bonne trouvaille. N'empêche qu'un terreau, si bon soit-il doit être cultivé avec talent pour réussir à transformer la littérature en BD. C'est le cas ici. Les Clous Rouge est l'une des aventures fondatrices de Conan, une référence qui contient les ferments de pas mal d'histoires qui vont suivre. Un Etalon, un Classique du genre. Valeria et Conan y connaissent une nuit riche en aventures, menant mille combats, ayant des pièges à éviter, des traîtrises à déjouer, des énigmes à résoudre et de nombreuses forces obscures à affronter. Dans cette mise en scène riche en évènement et en émotions, les scènes fortes ne manquent pas, comme ce passage marquant, où Valeria n'hésite pas à torturer Tascela, une séquence qui frôle le saphisme... Conan est un pur anti-héros, un mercenaire, à la fois voleur et assassin sans pitié. Roy Thomas le façonne de manière extraordinaire. Valeria est magnifique, à la barbarie Cimmérienne et brutale de Conan, elle oppose son air altier, sa fière noblesse. Elle aussi est capable de commettre les pires atrocités. Roy Thomas sait donner à ses personnages des attitudes de circonstances, Conan ne parait jamais aussi royal que quand il s'exprime par la voix que lui offre Thomas. Les dialogues sont excellents, on est bien dans l'univers d'Howard sans que Conan soit obligé de répéter "Crom!" ou "Dents de Crom!" à chaque phrase. Tout est dans la justesse de ton et la subtilité. Quant aux dessins de Barry Smith, il n'y a rien à en redire, sinon qu'ils sont magnifiques. L'artiste sait représenter sans problème un univers fantaisiste. C'est beau, très imaginatif et éclatant. La scène d'ouverture, de part sa virtuosité et le cadrage qu'elle offre, vaut à elle seule la lecture de l'album. La cité est vaste, brillante, les pièces du palais offrent une grande diversité de décors tous homogènes. Le Conan de Barry Smith est élégant, presque fluet si on le compare aux versions qu'en donnent la plupart des autres dessinateurs, il n'en est pourtant pas moins barbare. Pour la petite histoire l'influence de Smith se fait sentir jusque dans le film de John Milius (une bombe!), si le Conan du film peut faire songer a celui de Buscema par exemple, il est pourtant paré des bijoux que Smith a créé. De même pour les décors du films, composés de vastes espaces, de pyramides gigantesques, de tours alambiquées, de pièces de cérémonie à l'aspect orgiaque... et j'en passe... On est dans l'univers baroque de Barry Smith là! Loin des sombres ruelles vaguement orientales de Shadizar que nous dessinent trop souvent Buscema et consorts... A mes yeux Smith est un maître en illustration de Fantaisie Héroïque. Datant de 1976, cet album est malheureusement assez difficile à trouver aujourd'hui. Arédit l'a réédité en kiosque en 1981 ou 1982, mais je vous conseille fortement d'éviter cette version imprimée sur du papier journal: La traduction a été complètement reprise, le résultat est complètement niais et perd beaucoup de sens. Les effets sanglants ont étés amoindris, parfois carrément supprimés. Le très grand format n'a pas été conservé, il a carrément été divisé en deux, ce qui nuit à la lisibilité du dessin. Le pire étant la nouvelle colorisation bien trop vive, qui bave et massacre complètement le travail d'encrage de Barry Smith. Pour l'édition originale en revanche c'est un album culte. Culte sans hésiter. JJJ
Seules contre tous
Seules Contres Tous, revisite un thème maintes fois exploité en BD et surtout ailleurs. De ce fait, quand sort un ouvrage de ce type, il est légitime de se demander si sa lecture en vaudra la peine. Plusieurs des aspects de la Seconde Guerre mondiale on déjà été présentés, romancés, et parfois même brillamment analysés, en BD Maus fait office de référence, il y a aussi d'autres oeuvres de bonne qualité comme Yossel 1945 par exemple. Pourquoi, en tant que lecteur, se sentir titillé, chaque fois que paraît une BD prenant pour cadre la Seconde Guerre mondiale. La réponse me parait simple, cette période fascine, son souvenir marquant résonne encore assez, à mon avis, dans l'inconscient collectif, pour que l'on se sente interpellé par les oeuvres s'y rapportant. Seules Contre Tous, au travers de son témoignage, montre un des aspects assez peu exploité de cette guerre. Seules Contre Tous est construit en trois actes distincts, la fuite brusquée de la ville, la dure vie de la campagne, et l'incertitude mêlée de soulagement qu'annonce la fin de la guerre. Dans cette histoire, magnifiquement narrée, on voit uniquement des évènements de la vie de Miriam Katin et sa mère. Aucun des faits de guerre n'est montré, aucune date n'est donnée, les mots que sont déportation ou libération ne sont pas utilisés, on ne cite même pas le nom d'Hitler. On voit surtout la peur et la confusion qui régnait dans les esprits à cette époque, plus encore peut-être dans les campagnes où se déroule l'action. Les gens vivaient dans l'ignorance totale de ce qui se jouait dans les sphères internationales, ils se méfiaient de tout et de tous. Ils craignaient les bombardements et les armées, quelle qu'en soit la couleur ou le drapeau. Ce sentiment de peur et d'inquiétude est incroyablement retranscrit. Dans cette atmosphère de vie difficile mais assez monotone, quelques drames ponctuaient parfois le quotidien, les visites inquiétantes d'officiers du Reich et les pillages barbares en tous genres, perpétrés par les soudards qu'étaient les soldats russes, sont de vrais moments de frayeur. Quand le danger se présentait, la mère de Miriam faisait tout ce qu'il était humainement possible pour protéger sa fille. Après le calvaire, une magnifique et émouvante dernière partie nous est offerte, ce récit est captivant de bout en bout, c'est un témoignage touchant et intime qui nous est livré ici. Les crayonnés font honneur à l'histoire, le trait précis et fin de la première partie fait place à des croquis qui semblent plus approximatifs pour la période de la campagne, comme si ils étaient chargés d'émotion, pris sur le vif de souvenirs flous et pénibles... La fin se refait doucement plus nette. De rares pages en couleurs présentant des moments de la vie d'après guerre font parfois une apparition et contrastent fortement graphiquement, mais aussi avec le contexte. Ce sont d'autres souvenirs, plus joyeux, mais rappelant parfois tristement les plus durs. Seule Contre Tous est un vrai roman graphique, même s'il inscrit son histoire dans le cadre de l'Histoire. Le destin d'une fillette et de sa mère dans les sombres heures de l'histoire de l'humanité. Il est bon de lire ce type de livre et se dire que cette guerre aura laissé sa trace noire sur les champs de batailles, dans les camps d'extermination mais aussi dans l'esprit des gens qui l'ont vécue de plus loin, avec certainement moins de souffrances mais tout autant de peurs. Au vu de la conception étrange de cet album et de son prix élevé (comme souvent aux éditions du Seuil!) je ne conseille pas l'achat de cet album. En revanche, je recommande chaudement sa lecture. JJJ
Brian Azzarello présente Hellblazer
Hellblazer est une série qui a eu la malchance d'être adaptée au cinéma. Un film que je vous conseille fortement d'éviter dont le titre est Constantine. On y voit le pantin Keanu Reeves en John Constantine américain, traînant ses cheveux bruns à Los Angeles dans ce qui ressemble à une gigantesque publicité anti-tabac indigeste. On ne peut-être que consterné devant la médiocrité d'une telle adaptation. Pour qu'il n'y ait aucune confusion possible, je vais dire qui est réellement John Constantine. John Constantine est anglais, il est d'un blond éclatant, il a une certaine élégance, il est charmant et inquiétant, il fume cigarette sur cigarette et il utilise très très souvent le mot fuck. John Constantine a un étrange pouvoir, il voit toutes les dimensions, il voit toutes les créatures issues des enfers, les fous furieux issus d'autres mondes, les pauvres diables sauvagement assassinés... Il les voit tous. John Constantine, enfin, est un détective spécialiste du paranormal, un personnage parlant souvent de façon énigmatique, un personnage réellement charismatique. Oubliez la fadasse version cinématographique, venez à la source, entrez prudemment, doucement, très doucement... dans le monde du Hellblazer... Hellblazer... John Constantine... Ce personnage a été créé par Alan Moore dans Swamp Thing en mille neuf cent quatre vingt cinq, avec Hellblazer, il a eu sa propre série. Neil Gaman a écrit des scénarios, Warren Ellis... Bien des plumes de renom ont écrit de sombres histoires pour cette saga. Les dessinateurs ne sont pas en reste, avec entre autres Phil Jimenez ou encore Steve Dillon... Enfin Tim Bradstreet en est le cover artist régulier, il excelle pour retranscrire parfaitement la particularité d'une atmosphère en un seul dessin. Les noms prestigieux se sont succédés sur cette série qui ne l'est pas moins. Pour la présente histoire, Hard Time, les artistes sont Brian Azzarello et Richard Corben. Hard Time est une histoire complète en quatre épisodes, issue de la série Hellblazer qui en compte plus de deux cent. Hard time, tout en restant fidèle à l'ambiance si particulière de la série, s'en éloigne sensiblement, se parant d'un côté plus dur, peut-être un peu moins mystique, mais tout aussi subtilement surnaturel. Des les premières images, le choc! Tant au niveau des images que des dialogues, il suffit de tourner à peine quelques pages pour comprendre que l'on est en train de lire un chef-d'oeuvre. Quelle noirceur, quelle saine lecture en diront les amateurs. Constantine apparaît dans le plus menaçant des univers, où déchéance et violence dictent les règles. Sa venue va faire sombrer ce lieu dans les plus profonds abysses infernaux. La narration d'Azzarello est extraordinaire, il dépeint ce monde carcéral en exacerbant ses aspects les plus sinistres, l'ambiance et lourde, on s'en imprègne sans difficulté et l'on s'enfonce dans l'horreur et la folie avec de petits picotements d'exaltation au fil de la lecture. Les talents de dialoguistes d'Azzarello font merveille et y sont à mon avis pour beaucoup, ça sonne vrai, on a l'impression de sentir la prison. La mise en images est assurée par Richard Corben, combien de fois déjà ai-je parlé des dessins du grand Rich? Peut importe... je ne m'en lasserai jamais. Ici Corben se surpasse, dans une période où l'artiste sortait tout juste d'une longue traversée du désert, son talent explose littéralement. En illustrant Hellblazer, Richard Corben démontre qu'il sait dessiner autre chose que des barbares imberbes affrontant de nombreuses hordes de monstres roses bonbons. Dans cette atmosphère crasseuse, Corben nous montre son talent, son trait le plus pur, dégagé des ses étranges effets psychédéliques mais ayant conservé tout son caractère, sa fantaisie, sa démesure... Les corps sont tendus, nerveux, musculeux, les yeux exorbités expriment de noirs reflets d'âmes perdues, quelques personnages, représentés la bave écumante à la bouche, nous font ressentir toute leur colère en l'espace d'une seule case. Les quelques femmes que croque Corben pour cette histoire sont exagérément plantureuses, leurs seins surdimensionnés dissimulent parfois presque leurs nombrils, leurs lèvres pulpeuses sont de vraies gourmandises. Le style de Corben est toujours aussi sensuel et sexué. Richard Corben est toujours aussi grand. Je remercie les éditions Toth d'avoir continué à publier Richard Corben en France quand plus grand monde ne croyait en lui, je regrette en revanche que la couverture originale de Bradstreet n'ai pas été utilisée, l'éditeur -sans doute pour rendre hommage à Corben- a préféré utiliser un dessin de l'album. Cela élimine un peu la finesse du dessin en question, ce qui est assez laid, et ne reflète pas vraiment le contenu du livre. Fort heureusement les dernières pages offrent un portfolio reprenant les couvertures originales de chaque épisode ainsi que celle du recueil. J'adore cet album, c'est un indispensable qui mérite d'être lu au moins une fois, surtout si le surnaturel traité avec originalité vous tente. J'émets cependant une réserve d'importance, bien qu'il ait été publié comme tel, Hard Time n'est pas un vrai one shot, cette histoire risque de ne pas se laisser facilement apprécier si vous ne connaissez pas un peu l'univers de Hellblazer. Cet épisode est vraiment très bon... mais à mes yeux seule la série dans son ensemble est culte. JJJ
Les Petits Ruisseaux
Je n’ai pas toujours été fan de Rabaté, mais cet album m’a beaucoup amusé. Le thème est vraiment original. On s’attache à ce petit vieux qui « découvre la vie » de manière tardive. La partie dans la communauté baba est hilarante. Comme le dit le sous-titre c'est sex, drugs and rock'n'roll. Le sujet : la vie sexuelle des personnes âgées aurait pu rebuter, il n’en est rien. C’est drôle, attendrissant, voire émouvant par moment. Les couleurs sont assez chaleureuses et accentuent le bien-être que l’on peut avoir en lisant cet album. Les éditions Futuropolis nous ont quand même gratifiés de quelques-uns des meilleurs albums de l'année. Alors, un bon conseil : courez l'acheter, vous ne serez pas déçu.
Georgie
À l'heure de cette critique, le premier tome n'est pas encore sorti (on en est à J-7). Mais les scantrad furent accessibles de nombreux mois (années) avant la signature du contrat par Tonkam. Donc, je l'ai lu, relu, et je l'achèterai avec des vraies pages. L'histoire est presque la même que celle que l'on connaît par le dessin animé, mais en encore plus triste, et encore plus tendancieuse. Le dessin est comme toujours avec cette auteur magnifique, et la trame très prenante. C'est bien évidemment dramatique, mais particulièrement prenant et sensible. Bref, une BD exemplaire dans sa narration et son dessin. Et il n'y a pas besoin une femme ou d'être hyper sensible pour en apprécier ses qualités.
Le Retour de Dieu
Voici une bd qui étonne. Le sujet traité n’a pourtant rien de révolutionnaire mais bien l’approche qui en est faite, à la fois novatrice et insolite. Dieu a déjà été mis à toutes les sauces en bd : d’une reproduction la plus fidèle aux écrits à des pastiches plus ou moins drôles. Ici, c’est ni l’une ni l’autre. A travers cinq récits, cet album s’attache à imaginer un retour hypothétique de Dieu parmi nous (après tout, il l’a fait une fois il y a bien longtemps). Une belle brochette d’auteurs sont réunis pour l’occasion : David B., Ayroles, JC Menu, Mattotti et MAM. Bref, une diversité graphique au service de récits variés mais partageant une qualité identique. A découvrir !
Les Chemins de la Gloire
On ne sait pas toujours si les méandres du récit sont prémédités ou nés au fil des jours... Les deux sont sans doute vrais. Il n'en résulte pas moins un grand récit dans lequel on s'immerge avec plaisir (avec bonheur eût été inapproprié...). Il n'était pas si facile de rendre ce sentiment de nostalgie du présent ; c'est pourtant chose faite de belle manière. La candeur de certaines allégories fait parfois prendre quelques distances. Un péché vite oublié dès la page suivante. Certains lecteurs sont en droit de ne pas apprécier le dessin et l'encrage de ces chemins sinueux de la gloire. D'autres, dont je fais partie, apprécieront la justesse de l'utilisation des palettes proches de la monochromie. L'aquarelle sait s'estomper devant le trait et envahir une vignette pour lui conférer son atmosphère. Le cinquième tome ne viendra sans doute jamais... Une ultime allégorie pour ces chemins de la gloire ? Dommage.