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Couverture de la série Rosangella
Rosangella

Les meilleures histoires sont souvent les plus simples. Celle de Rosangella est de celles-là : une histoire pleine de souvenirs, forte, intense. On s'attache vite à ces personnages que l'on a tous croisés au moins une fois dans sa vie, directement ou par personne interposée. Artistiquement, je suis par contre plus mitigé qu'enchanté : autant les couleurs sont le plus souvent splendides, autant le dessin pêche vraiment par moment (notamment au niveau des visages qui sont parfois franchement ratés, surtout dans les perspectives). C'est ce qui enlève une étoile à ma note finale. Une très bonne BD.

04/02/2007 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Pourquoi j'ai tué Pierre
Pourquoi j'ai tué Pierre

J'ai pensé lire une histoire qui traite de pédophilie... mais non : c'est plutôt la difficulté de la construction d'un secret ; secret qui va poursuivre quelqu'un jusqu'à l'âge adulte. Et c'est à cette période, à un moment de sa vie -décidé en un instant peut-être- qu'Olivier a décidé de parler de Pierre. Et j'ai lu l'histoire d'Olivier Ka, le scénariste, maintenant âgé de 40 ans. Olivier qui aura traîné un long boulet pendant quelque 25 années. Un boulet qui a la forme d'un curé qui lui a demandé de lui masser le ventre lors de colonies de vacances. Olivier a vécu 25 années de malaises, de souffrances que personne n'a comprises. Je l'ai accompagné dans cette sorte de quête mentale et morale, qu'il a menée en se disant "un jour, il faudra que j'en parle". C'est maintenant fait. Et c'est sous le graphisme imaginatif -mais juste- de son copain Alfred que cette sorte "d'expulsion" est arrivée à se produire. Une histoire, un album "règlement de comptes" ?... Pas vraiment. Dans son textuel, Olivier n'émet aucun jugement, ne stigmatise personne. Il a juste voulu dire "qu'un jour, ça c'est produit"... Son histoire d'ailleurs, fait aussi preuve d'humour, d'une sorte de "cocasserie" ; mais elle est terrible. Olivier a traîné ce boulet pendant 25 ans, boulet relié par une chaîne. Est-elle brisée pour autant ? Je ne le pense pas... du tout. Une "petite histoire", car en réalité elle n'aura(it) duré que quelques minutes réelles ; mais une histoire qui en fait un "grand livre". Je suis quand même vraiment content d'une chose : les moeurs ont changé. Avant, "on ne parlait pas de ça...". Maintenant, on le fait... enfin, je crois...

04/02/2007 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Malone
Malone

Comment ne pas faire le parallèle avec la série Le Tueur de Luc Jacamon et Matz, publiée également chez Casterman, dans la collection "ligne rouge" ? Même si le thème est différent, on ne peut que faire allusion à cette formidable série à la lecture de "Malone". J'ai été vraiment bluffé par ce premier numéro de ce diptyque. Ce premier opus alterne sans cesse scènes bavardes (voire très bavardes), et scènes muettes. Nous suivons le parcours d'un tueur cynique et froid, que l'aspect souvent silencieux de certaines pages, rend encore plus mystérieux. Je déplore pourtant certains effets de style à la "matrix" (voir page 16 ) qui n'apporte rien à l'histoire et font plus sourire qu'autre chose, atténuant ainsi le côté spectaculaire de l'intrigue. Le scénario de Michel Rio repose essentiellement sur le personnage du tueur (dont on ne connaît même pas le nom tout au long de cet épisode); élément assez paradoxal pour une série qui s'intitule "Malone", du nom du commissaire divisionnaire chargé de l'enquête, que l'on découvre seulement à la fin de l'album. J'ai apprécié la maîtrise scénaristique mettant en évidence le sang froid de ce tueur, sans état d'âme et calculateur. Convaincu par cette nouvelle série, j'en conseille évidemment la lecture.

03/02/2007 (modifier)
Par Chelmi
Note: 4/5
Couverture de la série Le Marquis d'Anaon
Le Marquis d'Anaon

"Le Marquis d’Anaon" ou le Marquis des âmes défuntes... Entre conte, légende et le fantastique, Vehlmann, fait vivre à son héros Jean-Baptiste Poulain, le fameux Marquis, des aventures mystérieuses et surnaturelles. Nous sommes au XVIIème siècle, les croyances, les superstitions et les on-dit font foi et mène la vie dur au esprit cartésien et à la science. C’est dans cette atmosphère très sombres et pesant que le jeune aventurier va tenter de lever le voile sur d’affreux mystères. Chaque tome est une histoire indépendante mais il est préférable d’entamer la série par le début pour voir progresser Jean-Baptiste. Au départ, il est un spectateur et un dépositaire de l’ordre morale et cartésienne, pour devenir un vrai protagoniste actif mais pessimiste, toujours profondément scientifique mais beaucoup plus ouvert à l’inconnu. Les scénarii de cette série sont bien tournés et m’ont bien accroché à partir de la fin du premier tome. Série à découvrir si ce n’est pas encore fait. Graphiquement, ce n’est pas ma tasse de thé, mais je dois bien avouer que c’est tout de même plutôt bon, tout en sortant des sentiers battus sans pour autant tomber dans -l’abstrait intello pseudo branché-. Les traits de Bonhomme sont francs, secs et rectilignes, il y a peu de place pour la rondeur. Ça donne des planches nerveuses et un style semi réaliste assez original. Les couleurs de Delf suivent bien le dessin avec des tons assez sombres mais bien tranchés qui ne laissent pas de place aux dégradés et qui accentuent le côté anguleux de l’encrage.

02/02/2007 (modifier)
Par seb
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pourquoi j'ai tué Pierre
Pourquoi j'ai tué Pierre

A lire d'urgence, cette bd est une pure merveille. Je ne suis pas fan de ce type de dessin qui me paraissait à première vue un peu trop enfantin, mais très vite je me suis fait emporter par cette histoire magnifique et les dessins correspondent et collent parfaitement à cet univers. Une fois qu'on commence la lecture on ne peut plus s'arrêter, l'histoire est bien ficelée par les différentes étapes, on s'attache aux personnages tous très sympathiques et à la fin on en ressort tout bouleversé. Pour moi, cette bd est à promouvoir dans les écoles. Culte, à posséder de toute urgence.

02/02/2007 (modifier)
Couverture de la série NonNonBâ
NonNonBâ

D'habitude, je fuis comme la peste les BD primées à Angoulême. En 2007, il se trouve que c'est Trondheim qui était président, que j'aime bien Trondheim (l'homme, pas trop ses BD), et qu'il voulait donner un petit coup de pied dans la fourmilière institutionnelle qu'est le Festival Angoulême. Il se trouve aussi que pour la première fois, c'est un manga qui est primé, et que de toute façon, je l'avais déjà acheté bien avant son prix ;) Donc : "NonNonBâ" raconte sous forme de petites histoires courtes les souvenirs d'enfance de son auteur. Cette petite mémé (NonNonBâ) a le don de raconter la vie à travers les croyances populaires japonaises centrées autour des yokai, les fantômes (âmes) se trouvant dans toute chose. Le dessin paraîtra un peu vieillot pour certain, mais il n'est pas désagréable pour autant : il faut dire que son auteur est loin d'être tout jeune. La narration est inégale, mais ces chroniques très simples sont d'autant plus touchantes que l'on avance dans le livre. Un peu d'humour, beaucoup de tendresse, des réflexions sur la vie que peut se poser un enfant, ses rapports avec la mort ou l'amour. Cette BD est au final très rafraîchissante et donne, à nous occidentaux, une vision très particulière et inhabituelle du Japon rural des années 30. Un petit bijou.

02/02/2007 (modifier)
Par Manuel
Note: 4/5
Couverture de la série Voleurs de Chien
Voleurs de Chien

Bonne histoire, simple, assez fraîche. Un scénario pas si mal que ça, même bien, assez drôle mais manquant un peu d'humour à mon goût. J'en demande trop peut être. Une bd qui se lit assez vite, avec une simplicité et une fluidité très intéressantes. Par contre les dessins, c'est du schématique classique (mais les traits sont nets). Ils manquent un peu de caractère. Les textes sont pas mal, c'est ce que j'apprécie le plus avec le scénar et la fin qui d'ailleurs est très réaliste. Ouais, j'aime bien. Je conseille à tout le monde de la lire au moins une fois, pour changer un peu.

01/02/2007 (modifier)
Par sousoune
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pourquoi j'ai tué Pierre
Pourquoi j'ai tué Pierre

Je viens juste de finir cette bd et j’en suis toute retournée. On m’avait prévenu sur le sujet quelque peu spécial de cette histoire mais je ne pensais pas que j’allais la « vivre » de cette façon. Au contraire, je me suis dis que ce sujet justement allait « aveugler » certaines personnes et que certains avis ne sont donc pas objectifs… Mais ce n’est pas le cas. D’après moi, les auteurs n’auraient certainement pas pu la raconter différemment. On se sent de suite avec le petit Olivier, on vit et grandit avec lui. Riant avec lui, tremblant pour lui et on aimerait pouvoir entrer dans la bd pour pouvoir casser la gueule du gros Pierre… Dès le début, il m’avait l’air louche celui-là… Trop gentil pour être gentil. La claque à la fin ! J’imagine très bien les réactions de nos deux amis Alfred et Olivier. On a envie de les accompagner dans ce lieu plein de souvenirs pour apporter notre soutien et d’une certaine façon, nous le faisons en lisant leur bd et en en parlant autour de nous. Voilà un sujet, malheureusement pas le seul, que nous ne devons pas garder sous silence. La preuve avec cette histoire. Le fait de se taire a bouffé Olivier à l’intérieur et se confier lui a enfin permis de se libérer. Graphiquement aussi c’est le choc. Habituée aux dessins d’Alfred, je me suis laissée bercer par ceux-ci lors des premières pages. Le sujet assez fort exposé par la douceur d’Alfred nous permet de parcourir cette bd sans peine. Grâce aux dessins, aux traits nets, flous, aux couleurs, aux cases irrégulières, on se sent parmi eux. Apporter en plus des images réelles nous permet de sentir qu’Olivier et Alfred veulent vraiment partager ce récit avec nous. La fin laisse visuellement sans voix. Un gros 4.5 pour une bd qui m’a scotchée et me donne envie de continuer à en lire. Merci Messieurs :)

01/02/2007 (modifier)
Par Steril
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dol
Dol

Et pan dans la figure ! Après Garduno, en temps de paix, Philippe Squarzoni nous revient en pleine forme pour (nous) taper sur le système libéralo-"socialo"-démocrate et ses fâcheux effets secondaires (ou primaires, c'est selon). Toujours aussi engagé et convaincu (pour ne pas dire fanatique), on sent que l'auteur a la haine, et il nous explique magistralement pourquoi. Tout ça pour aboutir à un bouquin pas franchement agréable à lire, tellement il va nous titiller là où ça fait mal... En lisant le bouquin, je n'ai cessé de penser : "mais putain, dans quel monde de merde on vit, et que fais-je pour que ça change un peu ? Rien, ou si peu...". Certes, comme dans ses précédents ouvrages, l'auteur ne fait pas dans le consensuel, et cherche avant tout à faire passer son message, en usant parfois de procédés scénaristico-stylistiques un peu faciles. Mais dans l'ensemble, je pense que son discours tient parfaitement la route, et que Squarzoni a, plus qu'auparavant, tenu à ce qu'on ne puisse pas lui reprocher de raconter n'importe quoi : j'ai la nette impression qu'il fait preuve de nettement plus de rigueur dans son propos, et c'est tant mieux. Il cède en outre largement la parole à des interlocuteurs auxquels j'accorde tout mon crédit, notamment des membres de la rédaction du Monde diplomatique. Bref, dans l'ensemble, une lecture très instructive, qui brise une foule d'idées préconçues tant rabâchées par les médias, et qui nous ouvre les yeux sur le monde pas joli-joli dans lequel nous vivons. A lire absolument ! P.-S. Pour ceux que ça intéresse, voici la définition de Dol (par mon ami Robert) : Dol : Manœuvres frauduleuses, agissements malhonnêtes tendant à surprendre et tromper quelqu'un en vue de lui faire contracter un engagement qu'il n'aurait pas pris. (et c'est effectivement tout le sujet du bouquin, le dol commis par nos élus, et dont une large part de la population ne peut que pâtir).

01/02/2007 (modifier)
Par Chalybs
Note: 4/5
Couverture de la série Le Marquis (G. Davis)
Le Marquis (G. Davis)

Voilà un album surprenant comme je les aime, contrasté comme je les aime, polémique comme je les aime… J'ai longtemps hésité à le classifier. Je penchais initialement pour du Fantastique avant, de par la narration, d'opter pour du roman graphique. Sous des dessous assez repoussants selon mes critères je dois avouer que la lecture est extrêmement plaisante. Ces dessous sont principalement un dessin noir et blanc assez brouillon, comme inachevé par bien des aspects. Des traits grossiers, imprécis dans LE trait, mais l'ensemble est parfaitement homogène et précis dans LES traits. L'impression globale est qu'il n'y a aucun trait individuel qui soit droit. Aucun trait 'long' n'est fait d'une traite, soit il sera interrompu sur une courte distance puis continué, soit il sera formé de plusieurs traits se chevauchant. C'est assez perturbant au début. Et pourtant, ce style de dessin dans le contexte de cette BD pourra être qualifié de baroque. Et pour ce 18ème siècle, à la représentation baroque cela convient plutôt bien. La tortuosité du trait pour représenter la tortuosité de l'âme. Mais ce qui m'a encore plus fait mal aux yeux, est l'impression des planches. On dirait que l'imprimante était une 20 dpi. Les nuances de gris font comme les vieux journaux d'il y a 60 ans avec les pixels gros, gras qui sautent aux yeux. Alors, je commençais par regarder les images à bout de bras afin de faire disparaître ce défaut énorme, puis revenant à distance normale, je lisais le texte. Après quelques pages, je me suis habitué, mais cela nuit vraiment à l'ensemble de l'œuvre. Bizarre pour un dépôt légal de janvier 2005… Une fois passé ce récif, passons au récit. Nous avons affaire à Vol de Galle, fidèle serviteur de l'église, qui toute sa vie durant a combattu le pêché avec les moyens humains. Et puis un jour, à force de croire et de prier Saint de Massard, celle-ci répond à son appel et lui délivre les armes absolues pour son combat. A travers les yeux du masque, il verra le démon qui a pris possession du corps humain et avec ses pistolets et son épée, il pourfendra les chairs et renverra le démon aux enfers. Son long combat commence alors. Obligé de taillader les corps, de découper les chairs des démons, les corps retrouvés sont abominablement mutilés. La mort des possédés est alors assimilée par tous les autres habitants de Venissalle à l'œuvre d'un démon qui tue des innocents. La question éternelle sur la lutte entre le bien et le mal, sur la frontière entre ces deux notions entrera alors pleinement en jeu. La foi de Vol de Galle, que tous les démons appelleront 'Le Marquis' sera mise à rude épreuve. Son combat est il juste ? Tuer des êtres humains, même possédés par le malin ne va-t-il pas à l'encontre de son enseignement religieux ? Mais les pontes de l'église eux-mêmes, on le verra utilisent des procédés à la limite de la justice afin d'obtenir les aveux qui alimentent en haine et en simili justice leur vie et leur volonté. Briser des volontés afin de renforcer la sienne… Le monde parallèle inventé par l'auteur est très proche du nôtre. Venissalle ressemble étrangement à Venise, avec les masques et les bâtiments baroques. Le confessionnal, où les hommes à l'abri de leurs masques font se soumettre les gens à toutes les débauches fait froid dans le dos. L'univers de Guy Davis est sombre, malsain, perturbant mais hypnotisant. Malgré quelques rebondissements prévisibles, malgré un sujet peu évident et forcément à polémique, qui plus est de nos jours, la question du bien et du mal est traitée de manière intelligente, surprenante et au final, jamais la limite entre les deux n'aura été si mince, si vulnérable, jamais l'existence de l'un n'aura été autant dépendante de l'existence de l'autre. Une fois refermé on comprend peut être mieux la manière dont l'album a été dessiné, le bien et le mal, le noir et le blanc.

01/02/2007 (modifier)