Une superbe série sur les apaches et les indiens pueblos au contact avec les conquistadors.
Une période historique bien rarement traitée, et ici c'est fait de main de maître.
C'est très humain, le ton est juste sans surenchère d'action ou de "grand spectacle", mais qu'est-ce que ça m'a fait rêver !
Enfin!, on pouvait presque toucher du doigt le monde indien tel qu'il a pu être avant les influences Européennes. C’est à dire alors qu'ils ne connaissaient ni armes à feu, ni même le cheval ! (Qui n'existait pas en Amérique et a été importé par les conquistadors.)
Seul petit bémol, le dessin est superbe et d'un style unique, sauf dans les 2 derniers albums où sa qualité baisse nettement. Le dessin est moins précis, les décors moins présents. Mais ça n'enlève rien à la qualité de l'histoire.
Unique est bien le mot qui caractérise cette série, autant par le sujet traité que par l'esthétique. Et c'est la raison pour laquelle je la qualifie de culte; en y ajoutant le fait que j'ai "voyagé" avec dès l'âge de 12 ou 13 ans.
Gaston Lagaffe, c’est l’éternel plaisir de redécouvrir les aventures du héros-gaffeur le plus célèbre et le plus sympathique. On suit avec délectation ses péripéties au ‘boulot’, sa non-activité, ses inventions abracadabrantesque…
Et ce qui le rend le plus attachant, c’est qu’on a tous un ami à qui nous fait penser Gaston !!!
Au Top 50 des meilleurs personnages secondaires, moi je vote pour :
- le chat et la mouette
- Longtarin
Seul hic, je trouve quand même les gags sont un peu répétitifs…
J’ai dévoré Monster en à peine 2 jours... difficile de décrocher de l’histoire une fois commencée.
J’ai apprécié road-movie policier qui prend place en Allemagne et en Europe de l’Est (lieux bien retranscrits). L’histoire est vraiment prenante dès les premiers chapitres, les rebondissements nombreux, la tension omniprésente. Je suis resté plusieurs fois scotché devant mon manga en me disant: « l’enfoiré, je me suis bien fait avoir, où pioche-t-il toutes ces idées ??? ». (Et ça généralement, c’est bon signe)
Les personnages sont bien travaillés (normal pour un thriller), du vrai travail de psychologue... Quant au dessin, il est très agréable.
J’avais eu peur d’une fin toute pourrie… mais il n’en est rien.
Tofépi a mis de côté la famille des Carroulet (publié au Seuil) pour créer un univers complètement loufoque peuplé de personnages hauts en couleur. Jugez-en plutôt : une indienne déguisée en super squaw, des moutons éboueurs danseurs de hip-hop, une marmotte apprenant à siffler, un saumon très bavard… L’histoire est découpée en épisodes de quelques pages aux titres évocateurs : « Kuek-Kuek à la rescouse », « Rox la menace »… Dans ce monde totalement absurde, l’auteur fait la part belle au comique de situation. En effet, la quasi-totalité de l’album est dénuée de dialogues et seules quelques onomatopées viennent ponctuer le récit.
Tofépi utilise un style minimaliste au trait ultra simple pour aller directement à l’essentiel. Quant aux couleurs très vives de Sébastien Lumineau, elles donnent à l’ensemble un côté très cartoon.
« Poco-Woki » est un album drôle, parfois hilarant, qui a toute sa place dans l’excellente collection Shampooing des éditions Delcourt.
L'Autre Monde... (soupir) ... L'Autre Monde
Jan pilote son avion quand soudain son tableau de bord et les étoiles dans le ciel s'éteignent. Il se réveille alors dans un autre monde. Un monde plat comme dans les croyances du Moyen Age, un monde où les quatre pays portent le nom des quatre saisons, un monde où la technologie est la même qu'au début du 20ème siècle, un monde où l'imaginaire rejoint la réalité, un monde où le ciel est tel une toile tendue au-dessus de nos têtes, un monde où Jan est perçu comme un fou...
Le dessin de Florence Magnin est un chef d'oeuvre. Ni plus ni moins. Un des plus beaux qu'il m'ait été donné de voir depuis les planches de De Cape et de Crocs. Le style crayonné est à couper le souffle. La luminosité qui se dégage de chaque case a un je ne sais quoi de fantastique. Une touche de poésie et de douceur dans ce monde de brutes. C'est chatoyant, précis, lumineux, beau, mystérieux. Mention spéciale aux paysages : j'ai déjà vu beaucoup moins beau dans des musées !
La mise en couleur est un pur régale. Rien à redire. C'est magnifique. Tout est harmonieux. Les couleurs appuient à merveille le dessin déjà fabuleux.
S'ajoute à cela un découpage des planches parfois très original et audacieux mais qui ne le devient que quand l'histoire le demande. Je fais par exemple référence à la fin du tome 2 mais je ne dirai rien rassurer vous, tenant absolument à préserver la surprise au futur lecteur que vous serez je l'espère.
Note : 5/5 sans aucune hésitation.
Le scénario est un petit bijou. Du fantastique comme ça c'est tous les jours que j'en voudrais. Tout est finement amené, avec justesse, précision et une incroyable envie de nous faire voyager. En effet, comme son nom l'indique, L'Autre Monde vous emmènera bien dans un autre monde... un monde de rêve. J'ai été littéralement absorbé par l'histoire. Une fois l'intégrale entre mes mains, je ne l'ai reposé qu'à la fin de la 118ème page.
Pas une seule fois le cours du récit ne semble prévisible. On est chaque fois surpris et puis une fois le passage lu on se dit que ça ne pouvait pas se passer autrement. Tout se déroule de façon naturelle et douce.
La poésie est omniprésente dans l'aventure de Jan. Même moi qui suis quelqu'un qui n'aime pas les poèmes en général, j'ai été conquis.
Note : 5/5 et c'est peu dire
Les personnages sont très bien pensés : Jan perdu dans un monde qu'il ne comprend pas (du moins au début), Blanche la jolie infirmière, le vieux "savant fou" pas si fou et tous les autres. On ne peut pas dire qu'ils soient charismatiques mais ils ont tous un je ne sais quoi qui nous capte et les rend attachants.
L'Autre Monde est pour moi une révélation. Merci à Alix (NDW : De rien) pour la création de ton site sans lui je n'aurai sans doute jamais croisé la route de ce "CONI" : Chef d'Oeuvre Non Identifié. :D
Je n'hésite pas à le dire, cette série est culte et absolument immanquable ! Laissez vous tenter et vous pourriez bien vous retrouver dans un autre monde...
Tout simplement magique...
Je ne mets pas culte car ça manque encore de recul, mais dans quelques années peut-être... En tout cas, cette BD est une réussite absolue.
Pourtant, après l'achat du 1er tome je n'avais pas trop accroché. Il faut dire que la lecture est assez complexe car l'on comprend le monde dans lequel on se trouve, son organisation sociale, son langage, etc, au fur et à mesure de la lecture. Il n'y a jamais d'explication directe. Du coup, au début du livre on nage un peu.
J'ai donc mis longtemps à me décider à acheter le tome 2. Mais après avoir relu l'ensemble, j'ai adoré.
Le dessin d'abord, beauté et perfection du détail, habituel pour Bourgeon qui est peu productif mais j'imagine que cette qualité là ne s'obtient pas en 2 coups de cuiller à pot.
Les couleurs sont magnifiques.
L’histoire est admirable de cohésion. Les auteurs ont créé de toute pièce un univers qui se tient parfaitement. Les personnages ont tous un caractère bien fouillé comme si chacun d'eux avait fait l'objet de recherches et de notes aussi pointues que pour la création du biotope d'une planète ou d'une organisation sociale.
Et la belle Cyann semble être, par son physique et son caractère, une lointaine descendante de l'héroïne des "passagers du vent" du même Bourgeon.
J'ai adoré "6 saisons..." et "Aïeïa..."; Un peu moins "Les couleurs de Marcade". J'ai l'impression que dans ce dernier opus, l'auteur perd beaucoup de temps dans la description de cette nouvelle société au détriment du développement l'histoire. Mais ça reste quand même très bon. Et peut-être que lorsque je le relirai je changerai d'avis.
Un classique du western trop oublié du grand public aujourd'hui. L'évoquer, c'est s'entendre dire: "bof, c'est vieux" ou "ouais, mon père lisait ça, alors moi...". C'est étrange d'entendre ça à une époque où Astérix (de seulement cinq ans son cadet) ou Tintin (né en 1929(!)-dispo certes dans des éditions rafraîchies-) sont d'indétrônables best-sellers.
Se donner la peine de découvrir cette série, c'est découvrir l'une des principales qualités du western s'il est réussi: son intemporalité. Il obéit à des codes inspirés par le cinéma ou la littérature sur une époque et un lieu précis, à chaque auteur d'être capable de mettre sa personnalité dans cet univers pour donner vie à ce genre donc très codifié.
Pour Jijé, aventure au menu bien sûr, mais aussi et surtout grands espaces. "Golden Creek", premier album et sans doute le meilleur le prouve: jamais l'ouest américain n'avait été si bien représenté dans son réalisme, on y trouve chaleur et poussière au fil d'une intrigue solide. L'histoire n'est jamais naïve, mais surtout jamais le graphisme n'est celui d'une publication de presse produite par un auteur payé au rendement. La profondeur de champ est superbement rendue par les choix d'angles et le travail sur les décors. Jerry Spring, droit et ironique, y rencontre celui qui devient son inséparable compagnon, le truculent Pancho. Il croise aussi un indien noble et généreux. Et oui, l'album date de 1954, pourtant il ne s'abandonne ni aux facilités de la bande dessinée de l'époque ni aux poncifs du cinéma Hollywoodien. Il n'en gagne que sa place au panthéon des chef-d'oeuvres.
Les cinq premiers tomes sont de remarquables merveilles de structures et d'imagination au niveau du dessin comme du scénario. Ensuite, une certaine facilité peut apparaître ici et là, le scénario étant écrit par différents auteurs d'où une certaine inégalité. Jijé passe à un récit sur quatre bandes au lieu de trois, il y sacrifie un peu d'espace, la série perd un peu de substance.
Pour en juger, il suffit de lire les tomes écrits par Jacques Lob où il retrouve sa première mise en page, surtout "le duel", une longue traque où les décors sauvages ont leur rôle à jouer. Toutefois, Jijé sait surprendre et s'échapper de cadres sévères, avec son dessin fougueux et bondissant, s'appuyant sur une science maîtrisée du noir et blanc.
Franz dessine une suite au scénario hésitant entre plusieurs ambiances, mais réservant tout de même de bons moments.
Une très grande réussite qui a une importance inestimable, son graphisme ayant inspiré toute une génération d'auteurs -Giraud, Derib, Hermann...- qui ont amené la bande dessinée où elle est. L'oeuvre majeure de Jijé, un artiste qui mérite l'attention encore aujourd'hui, et bien plus que pour son rôle de précurseur.
Ah mais, des BD comme ça, j'en redemande !
Quelle inventivité, quel charme, quels dessins !
Bon, on connaissait le talent de Corbeyran pour créer des univers un peu décalés, mais aussi pour "soulever" des jeunes talents. Même si pour le coup, ils avaient déjà fait ensemble Le phalanstère du bout du monde (pas encore lu).
Bref, le dessin d'Amaury Bouillez a été un vrai choc pour moi, une heureuse découverte, tant il est à la fois maîtrisé et non dénué de fantaisie. Pour ma part j'ai pensé à Alfred, lorsqu'il débutait, pour le talent intrinsèque et les promesses. Beaucoup de génie, une belle précision, de designs inventifs. Et une histoire passionnante, quoiqu'un peu classique, et dont on aimerait bien lire la suite (le tome 1 a presque 3 ans)...
Lou est une petite ado de 12-13 ans.
Elle vit seule avec sa mère, dont le rêve est de devenir la nouvelle J.K. Rowling et de pouvoir jouer aux jeux vidéo toute la journée.
Elle a une meilleure amie, un chat, un amour secret, une mamie acariâtre et un journal intime (qui débute et finit chaque tome).
Elle a la passion des fringues qu'elle se confectionne elle-même, a pas mal d'états d'âme et est assez mature pour son âge.
J'ai adoré !
Cette petite Lou est énormément attachante. J'ai suivi avec grand plaisir toutes ses petites aventures d'adolescente (3 tomes pour le moment).
C'est drôle, émouvant et intelligemment fait.
Même mes petits neveux (10 et 12 ans) adorent : d'ailleurs, c'est eux qui m'ont fait découvrir cette série... mais ne pensez pas que ce n'est que pour les jeunes, tout le monde y trouve son intérêt.
De plus, le dessin est très bon : c'est dynamique, lumineux, très coloré, assez simple mais très efficace.
L'histoire est plus ou moins une succession de "gags" d'une page mais tout se tient : ce n'est absolument pas décousu (pas comme mon avis :)).
Les parties de journal intime sont excellentes et très drôles. Et elles ont le grand intérêt de très bien résumer les histoires précédentes et de parfaitement les conclure.
J'ai passé un très bon moment avec cette série... vivement la suite.
Sans hésitation la plus belle oeuvre de Kent Williams ! Parce qu'il y étale tout les styles graphiques, de la peinture nerveuse et léchée au trait encré à la limite du croquis, et que ces différentes ambiances ne sont pas gratuite mais bien intégrée au récit, c'est ce qu'il fallait pour cette histoire virevoltante d'amour fusionnel entre 2 personnages à travers les âges.
La bd possède un rythme hypnotique et contemplatif un peu comparable aux films de Terence Malick par exemple.
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Les Peaux-Rouges
Une superbe série sur les apaches et les indiens pueblos au contact avec les conquistadors. Une période historique bien rarement traitée, et ici c'est fait de main de maître. C'est très humain, le ton est juste sans surenchère d'action ou de "grand spectacle", mais qu'est-ce que ça m'a fait rêver ! Enfin!, on pouvait presque toucher du doigt le monde indien tel qu'il a pu être avant les influences Européennes. C’est à dire alors qu'ils ne connaissaient ni armes à feu, ni même le cheval ! (Qui n'existait pas en Amérique et a été importé par les conquistadors.) Seul petit bémol, le dessin est superbe et d'un style unique, sauf dans les 2 derniers albums où sa qualité baisse nettement. Le dessin est moins précis, les décors moins présents. Mais ça n'enlève rien à la qualité de l'histoire. Unique est bien le mot qui caractérise cette série, autant par le sujet traité que par l'esthétique. Et c'est la raison pour laquelle je la qualifie de culte; en y ajoutant le fait que j'ai "voyagé" avec dès l'âge de 12 ou 13 ans.
Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe, c’est l’éternel plaisir de redécouvrir les aventures du héros-gaffeur le plus célèbre et le plus sympathique. On suit avec délectation ses péripéties au ‘boulot’, sa non-activité, ses inventions abracadabrantesque… Et ce qui le rend le plus attachant, c’est qu’on a tous un ami à qui nous fait penser Gaston !!! Au Top 50 des meilleurs personnages secondaires, moi je vote pour : - le chat et la mouette - Longtarin Seul hic, je trouve quand même les gags sont un peu répétitifs…
Monster
J’ai dévoré Monster en à peine 2 jours... difficile de décrocher de l’histoire une fois commencée. J’ai apprécié road-movie policier qui prend place en Allemagne et en Europe de l’Est (lieux bien retranscrits). L’histoire est vraiment prenante dès les premiers chapitres, les rebondissements nombreux, la tension omniprésente. Je suis resté plusieurs fois scotché devant mon manga en me disant: « l’enfoiré, je me suis bien fait avoir, où pioche-t-il toutes ces idées ??? ». (Et ça généralement, c’est bon signe) Les personnages sont bien travaillés (normal pour un thriller), du vrai travail de psychologue... Quant au dessin, il est très agréable. J’avais eu peur d’une fin toute pourrie… mais il n’en est rien.
Poco Woki - Prince des chasseurs
Tofépi a mis de côté la famille des Carroulet (publié au Seuil) pour créer un univers complètement loufoque peuplé de personnages hauts en couleur. Jugez-en plutôt : une indienne déguisée en super squaw, des moutons éboueurs danseurs de hip-hop, une marmotte apprenant à siffler, un saumon très bavard… L’histoire est découpée en épisodes de quelques pages aux titres évocateurs : « Kuek-Kuek à la rescouse », « Rox la menace »… Dans ce monde totalement absurde, l’auteur fait la part belle au comique de situation. En effet, la quasi-totalité de l’album est dénuée de dialogues et seules quelques onomatopées viennent ponctuer le récit. Tofépi utilise un style minimaliste au trait ultra simple pour aller directement à l’essentiel. Quant aux couleurs très vives de Sébastien Lumineau, elles donnent à l’ensemble un côté très cartoon. « Poco-Woki » est un album drôle, parfois hilarant, qui a toute sa place dans l’excellente collection Shampooing des éditions Delcourt.
L'Autre Monde
L'Autre Monde... (soupir) ... L'Autre Monde Jan pilote son avion quand soudain son tableau de bord et les étoiles dans le ciel s'éteignent. Il se réveille alors dans un autre monde. Un monde plat comme dans les croyances du Moyen Age, un monde où les quatre pays portent le nom des quatre saisons, un monde où la technologie est la même qu'au début du 20ème siècle, un monde où l'imaginaire rejoint la réalité, un monde où le ciel est tel une toile tendue au-dessus de nos têtes, un monde où Jan est perçu comme un fou... Le dessin de Florence Magnin est un chef d'oeuvre. Ni plus ni moins. Un des plus beaux qu'il m'ait été donné de voir depuis les planches de De Cape et de Crocs. Le style crayonné est à couper le souffle. La luminosité qui se dégage de chaque case a un je ne sais quoi de fantastique. Une touche de poésie et de douceur dans ce monde de brutes. C'est chatoyant, précis, lumineux, beau, mystérieux. Mention spéciale aux paysages : j'ai déjà vu beaucoup moins beau dans des musées ! La mise en couleur est un pur régale. Rien à redire. C'est magnifique. Tout est harmonieux. Les couleurs appuient à merveille le dessin déjà fabuleux. S'ajoute à cela un découpage des planches parfois très original et audacieux mais qui ne le devient que quand l'histoire le demande. Je fais par exemple référence à la fin du tome 2 mais je ne dirai rien rassurer vous, tenant absolument à préserver la surprise au futur lecteur que vous serez je l'espère. Note : 5/5 sans aucune hésitation. Le scénario est un petit bijou. Du fantastique comme ça c'est tous les jours que j'en voudrais. Tout est finement amené, avec justesse, précision et une incroyable envie de nous faire voyager. En effet, comme son nom l'indique, L'Autre Monde vous emmènera bien dans un autre monde... un monde de rêve. J'ai été littéralement absorbé par l'histoire. Une fois l'intégrale entre mes mains, je ne l'ai reposé qu'à la fin de la 118ème page. Pas une seule fois le cours du récit ne semble prévisible. On est chaque fois surpris et puis une fois le passage lu on se dit que ça ne pouvait pas se passer autrement. Tout se déroule de façon naturelle et douce. La poésie est omniprésente dans l'aventure de Jan. Même moi qui suis quelqu'un qui n'aime pas les poèmes en général, j'ai été conquis. Note : 5/5 et c'est peu dire Les personnages sont très bien pensés : Jan perdu dans un monde qu'il ne comprend pas (du moins au début), Blanche la jolie infirmière, le vieux "savant fou" pas si fou et tous les autres. On ne peut pas dire qu'ils soient charismatiques mais ils ont tous un je ne sais quoi qui nous capte et les rend attachants. L'Autre Monde est pour moi une révélation. Merci à Alix (NDW : De rien) pour la création de ton site sans lui je n'aurai sans doute jamais croisé la route de ce "CONI" : Chef d'Oeuvre Non Identifié. :D Je n'hésite pas à le dire, cette série est culte et absolument immanquable ! Laissez vous tenter et vous pourriez bien vous retrouver dans un autre monde... Tout simplement magique...
Le Cycle de Cyann
Je ne mets pas culte car ça manque encore de recul, mais dans quelques années peut-être... En tout cas, cette BD est une réussite absolue. Pourtant, après l'achat du 1er tome je n'avais pas trop accroché. Il faut dire que la lecture est assez complexe car l'on comprend le monde dans lequel on se trouve, son organisation sociale, son langage, etc, au fur et à mesure de la lecture. Il n'y a jamais d'explication directe. Du coup, au début du livre on nage un peu. J'ai donc mis longtemps à me décider à acheter le tome 2. Mais après avoir relu l'ensemble, j'ai adoré. Le dessin d'abord, beauté et perfection du détail, habituel pour Bourgeon qui est peu productif mais j'imagine que cette qualité là ne s'obtient pas en 2 coups de cuiller à pot. Les couleurs sont magnifiques. L’histoire est admirable de cohésion. Les auteurs ont créé de toute pièce un univers qui se tient parfaitement. Les personnages ont tous un caractère bien fouillé comme si chacun d'eux avait fait l'objet de recherches et de notes aussi pointues que pour la création du biotope d'une planète ou d'une organisation sociale. Et la belle Cyann semble être, par son physique et son caractère, une lointaine descendante de l'héroïne des "passagers du vent" du même Bourgeon. J'ai adoré "6 saisons..." et "Aïeïa..."; Un peu moins "Les couleurs de Marcade". J'ai l'impression que dans ce dernier opus, l'auteur perd beaucoup de temps dans la description de cette nouvelle société au détriment du développement l'histoire. Mais ça reste quand même très bon. Et peut-être que lorsque je le relirai je changerai d'avis.
Jerry Spring
Un classique du western trop oublié du grand public aujourd'hui. L'évoquer, c'est s'entendre dire: "bof, c'est vieux" ou "ouais, mon père lisait ça, alors moi...". C'est étrange d'entendre ça à une époque où Astérix (de seulement cinq ans son cadet) ou Tintin (né en 1929(!)-dispo certes dans des éditions rafraîchies-) sont d'indétrônables best-sellers. Se donner la peine de découvrir cette série, c'est découvrir l'une des principales qualités du western s'il est réussi: son intemporalité. Il obéit à des codes inspirés par le cinéma ou la littérature sur une époque et un lieu précis, à chaque auteur d'être capable de mettre sa personnalité dans cet univers pour donner vie à ce genre donc très codifié. Pour Jijé, aventure au menu bien sûr, mais aussi et surtout grands espaces. "Golden Creek", premier album et sans doute le meilleur le prouve: jamais l'ouest américain n'avait été si bien représenté dans son réalisme, on y trouve chaleur et poussière au fil d'une intrigue solide. L'histoire n'est jamais naïve, mais surtout jamais le graphisme n'est celui d'une publication de presse produite par un auteur payé au rendement. La profondeur de champ est superbement rendue par les choix d'angles et le travail sur les décors. Jerry Spring, droit et ironique, y rencontre celui qui devient son inséparable compagnon, le truculent Pancho. Il croise aussi un indien noble et généreux. Et oui, l'album date de 1954, pourtant il ne s'abandonne ni aux facilités de la bande dessinée de l'époque ni aux poncifs du cinéma Hollywoodien. Il n'en gagne que sa place au panthéon des chef-d'oeuvres. Les cinq premiers tomes sont de remarquables merveilles de structures et d'imagination au niveau du dessin comme du scénario. Ensuite, une certaine facilité peut apparaître ici et là, le scénario étant écrit par différents auteurs d'où une certaine inégalité. Jijé passe à un récit sur quatre bandes au lieu de trois, il y sacrifie un peu d'espace, la série perd un peu de substance. Pour en juger, il suffit de lire les tomes écrits par Jacques Lob où il retrouve sa première mise en page, surtout "le duel", une longue traque où les décors sauvages ont leur rôle à jouer. Toutefois, Jijé sait surprendre et s'échapper de cadres sévères, avec son dessin fougueux et bondissant, s'appuyant sur une science maîtrisée du noir et blanc. Franz dessine une suite au scénario hésitant entre plusieurs ambiances, mais réservant tout de même de bons moments. Une très grande réussite qui a une importance inestimable, son graphisme ayant inspiré toute une génération d'auteurs -Giraud, Derib, Hermann...- qui ont amené la bande dessinée où elle est. L'oeuvre majeure de Jijé, un artiste qui mérite l'attention encore aujourd'hui, et bien plus que pour son rôle de précurseur.
Pest
Ah mais, des BD comme ça, j'en redemande ! Quelle inventivité, quel charme, quels dessins ! Bon, on connaissait le talent de Corbeyran pour créer des univers un peu décalés, mais aussi pour "soulever" des jeunes talents. Même si pour le coup, ils avaient déjà fait ensemble Le phalanstère du bout du monde (pas encore lu). Bref, le dessin d'Amaury Bouillez a été un vrai choc pour moi, une heureuse découverte, tant il est à la fois maîtrisé et non dénué de fantaisie. Pour ma part j'ai pensé à Alfred, lorsqu'il débutait, pour le talent intrinsèque et les promesses. Beaucoup de génie, une belle précision, de designs inventifs. Et une histoire passionnante, quoiqu'un peu classique, et dont on aimerait bien lire la suite (le tome 1 a presque 3 ans)...
Lou !
Lou est une petite ado de 12-13 ans. Elle vit seule avec sa mère, dont le rêve est de devenir la nouvelle J.K. Rowling et de pouvoir jouer aux jeux vidéo toute la journée. Elle a une meilleure amie, un chat, un amour secret, une mamie acariâtre et un journal intime (qui débute et finit chaque tome). Elle a la passion des fringues qu'elle se confectionne elle-même, a pas mal d'états d'âme et est assez mature pour son âge. J'ai adoré ! Cette petite Lou est énormément attachante. J'ai suivi avec grand plaisir toutes ses petites aventures d'adolescente (3 tomes pour le moment). C'est drôle, émouvant et intelligemment fait. Même mes petits neveux (10 et 12 ans) adorent : d'ailleurs, c'est eux qui m'ont fait découvrir cette série... mais ne pensez pas que ce n'est que pour les jeunes, tout le monde y trouve son intérêt. De plus, le dessin est très bon : c'est dynamique, lumineux, très coloré, assez simple mais très efficace. L'histoire est plus ou moins une succession de "gags" d'une page mais tout se tient : ce n'est absolument pas décousu (pas comme mon avis :)). Les parties de journal intime sont excellentes et très drôles. Et elles ont le grand intérêt de très bien résumer les histoires précédentes et de parfaitement les conclure. J'ai passé un très bon moment avec cette série... vivement la suite.
The Fountain
Sans hésitation la plus belle oeuvre de Kent Williams ! Parce qu'il y étale tout les styles graphiques, de la peinture nerveuse et léchée au trait encré à la limite du croquis, et que ces différentes ambiances ne sont pas gratuite mais bien intégrée au récit, c'est ce qu'il fallait pour cette histoire virevoltante d'amour fusionnel entre 2 personnages à travers les âges. La bd possède un rythme hypnotique et contemplatif un peu comparable aux films de Terence Malick par exemple.