Les derniers avis (39892 avis)

Par bab
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Petites éclipses
Petites éclipses

La première chose qui m’a attiré vers cette bd a été le dessin. On est limite dans le crayonné élaboré, propre, tout en nuance de gris. Ca m’a plu. Ensuite, la thématique, même si manquant un brin d’originalité car déjà traitée, m’a titillé le cervelet. L’histoire d’une bande de potes qui se retrouve dans un gîte du sud de la France pour une petite semaine de vacances, mais avec un contexte en fond plutôt « chargé » entre eux comme souvent pour des amis qui se connaissent depuis bien longtemps. Sur les 4 jours qui précédent la dernière éclipse totale de soleil en France, on les suit dans leurs doutes formulés à propos de l’amitié et de l’amour, leurs joies, leurs choix, leurs frustrations et parfois leurs règlements de comptes. Fane et Jim, au-delà d’une écriture très intime sur des sujets qui leur tiennent à cœur, se sont livrés à un exercice de scénarisation basé sur l’improvisation, une sorte de cadavre exquis en bande dessinée. Chacun rebondissant sur les cases données par l’autre. Il en ressort une vraie vitalité, où le rythme change habilement en fonction de la légèreté ou la gravité des propos et des sujets abordés et offrant ainsi des personnages aux caractères bien marqués. On rigole volontiers à leurs blagues de potes parfois un peu pourries et leurs coups de gueule laissent rarement de marbre. Du coup, il devient un peu difficile de lâcher cette bd avant la fin sans un petit quelque chose qui ressemble à de la frustration. La lecture s’enchaîne un peu de manière frénétique. Les sujets abordés sont justes et touchent à l’intime des auteurs et des rapports qu’il peut exister entre amis. On frôle certainement parfois le stéréotype dans l’expression des sentiments et leur mise en scène, et c’est certainement ce qui peut lasser un peu dans cette bd, mais certains passages de notre vie, bien qu’on s’en défende, ne tombent ils pas justement dans ces stéréotypes ? Il en ressort pour moi du coup un grand sentiment de justesse. On tombe au final sur une bd affichant un certain optimisme nuancé par la nature des rapports humain mais et surtout une bd pleine d’humanisme.

11/06/2007 (modifier)
Par fonch001
Note: 4/5
Couverture de la série Le Réseau Bombyce
Le Réseau Bombyce

J'ai beaucoup aimé "le réseau Bombyce". Le Bordeaux imaginaire qui nous est ici dépeint est magnifique et a quelque chose d'envoûtant. Le graphisme est somptueux et la colorisation sied à merveille à ces planches. Le graphisme de cette oeuvre est en lui même une poésie et un plaisir des yeux qui vaut le détour. L'histoire me laisse un peu plus perplexe. Le rythme est intéressant mais, après un premier tome riche (et un peu dur, mieux vaut avoir le coeur bien accroché par moments), le second tome est finalement assez creux puisqu'il ne s'agit que d'une simple et longue course-poursuite sans grand ressort scénaristique. J'aimerais beaucoup connaître la suite et le dénouement de cette histoire mais voici 5 ans que le dernier tome est sorti et tout laisse penser que cette oeuvre est abandonnée (aucune information ne permet de penser le contraire). Il ne me restera au final qu'une grande frustration d'avoir commencé une grande oeuvre et de ne pouvoir en connaître l'épilogue.... Donc, comme à mon habitude, je ne conseille pas l'achat d'une BD abandonnée.

11/06/2007 (modifier)
Par fonch001
Note: 4/5
Couverture de la série GTO - Great Teacher Onizuka
GTO - Great Teacher Onizuka

Globalement, je dis "OUI" à GTO. Cette oeuvre est comme son héros : bourrée de petits défauts mais aussi pleine de grandes qualités. Graphiquement c'est du manga, plutôt soigné, sans trop de S.D. (Super Deformed : toutes les miniatures, gouttes de sueur et autres étoiles caractéristiques des manga) avec des décors et surtout des personnages qui ne respirent pas trop le copié/collé. Bref : du manga certes (certains n'aimeront donc pas) mais plutôt du bon. J'ai trouvé certains passages assez vulgaires, voire scato, mais bon, cela reste moins cru que Saru Lock par exemple, notamment du fait d'un humour omniprésent qui permet de faire passer la pilule dans ces moments là. Au rayon des petits défauts, il faut ajouter la répétitivité d'un scénario parfois un peu pauvre (à la troisième étudiante poussée dans le vide par accident du toit d'un immeuble, on se dit qu'il y a quand même un peu d'abus) et la pauvreté de certains dialogues. Pourtant j'ai apprécié cette oeuvre qu'il est difficile de lâcher une fois entamée. Le rythme est vraiment prenant et cette oeuvre est d'un optimisme qui met du baume au coeur. Nombre de valeurs (et culture, déviances, fonctionnement scolaire et social...) purement japonaises y sont abordées, pourtant la mayonnaise prend, même pour un lectorat pas forcément rodé aux us et coutumes japonaises. Ce manga fait la part belle au "nekketsu" (Terme désignant les valeurs viriles traditionnelles telles que le courage, l'amitié et surtout le dépassement de soi. Le titre le plus connu en France basé sur le "nekketsu" est sans doute Saint Seya ou les héros, une bande d'amis, se surpassent en permanence). Ici, il ne s'agit pas tant de se relever après des coups de poings mais plutôt des coups du sort. Ce manga doit pour moi sa réussite à ses personnages hauts en couleurs et attachants, à son optimisme échevelé et à son rythme particulièrement entraînant.

11/06/2007 (modifier)
Couverture de la série Shenzhen
Shenzhen

Shenzhen est le carnet de voyage de Guy Delisle. Ce monsieur est envoyé en Chine à Shenzhen pour une durée de 3 mois afin de superviser un atelier de création de dessin animé. Seulement voilà, cette ville n'a rien des grandes villes comme Canton ou Hong Kong l'occidentale. C'est une ville de province grise, froide et triste... L'auteur affronte ici un véritable choc culturel. Et oui en Chine rien n'est comme en Europe. Il se heurte à la barrière de la langue, du caractère, de l'ambiance, du monde du travail ou encore de la nourriture. C'est cette expérience que nous livre ici Guy Delisle. Son album est une somme d'anecdotes et de clin d'oeil sur l'ensemble de son séjour : le portier de son hôtel qui parle anglais, l'éclairage dans les chambres d'hôtel, le dentiste, le club de sport, etc. Cette construction du récit par anecdote est vraiment centrale. Il n'y a pas véritablement d'histoire suivie. Les évènements s'enchaînent. L'auteur vous parle d'un dentiste sur un page et à la suivante vous parle de nourriture. Il y a tout de même un fil rouge mais ce n'est pas le principal. La maîtrise du ton humoristique est absolument fabuleuse ! J'ai très souvent souri et même ri. Il a un ton léger et parfois acide qui vise juste. Une case lui suffit pour faire passer son impression. Le dessin est crayonné avec une pointe grasse comme les crayola de mon enfance. Je me demande même si ce n'est pas ce qu'il a utilisé ! Le noir et blanc est ici parfait pour retranscrire l'ambiance des villes populaires chinoises et son état d'esprit sur place. J'ai passé un excellent moment avec Shenzhen. J'ai d'autant plus apprécié que je suis moi-même allé à Taiwan et que j'ai retrouvé dans ce one shot cette ambiance si particulière. Delisle ne caricature pas ! Il restitue, avec humour certes, mais toujours fidèlement. A découvrir !

10/06/2007 (modifier)
Par nox
Note: 4/5
Couverture de la série Le Crépuscule des Dieux
Le Crépuscule des Dieux

Avis sur la série : Enfin des BD qui s'intéressent aux mythes germano-scandinaves. Deux mois après S. Ferran et son Anneau des Nibelungen, les auteurs livrent leur version fidèle et personnelle à la fois des anciens récits du Nord. S'inspirant en même temps de la Tétralogie de Wagner et des Eddas des Vikings ils proposent un récit fluide, épique, avec un graphisme aux lignes pures qui rappellent parfois celles de John Howe pour le Seigneur des Anneaux. L'anneau maudit n'a pas fini de faire parler de lui. Bravo ! Avis sur le tome 0 : Ce prologue vient compléter le récit amorcé en 2007. Le graphisme me paraît plus abouti encore que celui de Djief même si les sources d'inspiration sont évidemment les mêmes : plus de détails, une excellente colorisation. Tout cela est donc très beau à regarder. La couverture fait très envie et rappelle un certain Balrog... Le "costume" des ondines du Rhin fait penser à celui d'une Gardienne des Clés issue d'une autre grande série consacrée à un héros nordique... Bref. En revanche, était-il nécessaire de produire un tome "0" lorsque l'on attend avec impatience la suite ? (je ne dirai rien sur les suites attendues de Sébastien Ferran ou d'Alex Alice qui ont sorti leur premiers tomes respectifs sur le même sujet la même année). Pour ce qui est l'écriture, peut-être deviens-je vieux, snob ou trop regardant, mais je ne le trouve pas bien écrit, quelques répliques ou quelques termes de vocabulaire passent mal et font perdre la beauté littéraire et mythologique d'un récit d'une telle puissance par ailleurs. En un mot si on on a commencé la série et qu'on aime, il ne faut pas se priver

10/06/2007 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5
Couverture de la série Mémoires de Viet kieu (Quitter Saïgon)
Mémoires de Viet kieu (Quitter Saïgon)

J’aime beaucoup les carnets de voyage et les récits historiques, « Quitter Saigon » est en quelque sorte un mélange de ces deux genres. « Quitter Saigon » nous conte trois témoignages de Vietnamiens qui ont quitté leur pays pour s’installer en France. Le premier récit nous parle du père de l’auteur, Clément Baloup qui évoque surtout sa jeunesse pendant l’occupation américaine où il passait son temps à s’amuser… c’est, à mon avis, l’histoire la moins intéressante des trois. La deuxième partie nous présente les péripéties d’un fonctionnaire sous le régime communiste. Cet homme va connaître un camp de concentration pour des raisons qui l’échappe et qui nous échappe aussi. C’est, à mon avis, le récit le plus touchant et le plus « incroyable » du livre. La troisième histoire met en scène les aventures assez rocambolesques d’un des témoins. Pendant sa jeunesse et à cause de ses cheveux blonds qui le font ressembler aux européens, celui-ci devra employer maintes méthodes pour fuir l’occupant japonais. Et le lecteur est invité à suivre cet enfant qui deviendra ensuite un jeune homme et quittera l’Indochine… Ce récit est moins émouvant que la deuxième histoire mais reste, à moins avis, très intéressant. J’aime énormément la mise en couleurs de Clément Baloup. A partir de gouaches, il utilise des tons chaleureux lorsque les séquences se passent en France et une palette grisâtre quand les scènes se déroulent en Indochine. Ce traitement graphique et le format du livre me rappelle beaucoup la bd de Renaud de Heyn La Tentation. Le seul reproche que je fais à « Quitter Saigon », c’est que, malgré des moments pénibles qu’ont traversé les différents protagonistes du livre, ceux-ci m’ont semblé assez froids. Peut-être que le ton neutre nous permet de prendre du recul par rapport aux témoignages de ces trois témoins mais je trouve tout de même assez bizarre cette attitude… « Quitter Saigon » est une bd très intéressante à lire. Elle nous permet d’apprendre de nombreuses choses sur l’histoire de l’Indochine au XXème à travers le témoignage de trois réfugiés vietnamiens. Le dessin de Clément Baloup est agréable à contempler et sa mise en couleurs m’est apparue parfaitement adaptée aux trois récits qui composent ce livre. Bd très instructif à lire absolument… dommage que la lecture soit un peu courte.

10/06/2007 (modifier)
Par kylian
Note: 4/5
Couverture de la série Louna et sa mère
Louna et sa mère

"Louna et sa mère" traite des rapports parents-enfants, mais en les replaçant dans le contexte de la famille monoparentale. D'où une approche nouvelle : c'est toujours tendre, mais parfois doux-amer, et un peu piquant. On s'émeut et on s'amuse franchement à la lecture. J'ai apprécié car les anecdotes sont à la fois universelles (on peut tous s'y retrouver d'une façon ou d'une autre) et originales (on sort des "perles" déjà lues ou entendues). Le dessin sert les caractères et émotions des personnages avec justesse. Les couleurs sont atypiques ; elles évitent le piège du "bonbon pastel" tendu par le sujet, et vont dans le sens de la modernité du traitement. Tout simplement parce que j'ai passé un très bon moment à la lecture, j'espère qu'il y aura un tome 2 et je conseille l'achat de cet album.

10/06/2007 (modifier)
Couverture de la série Persepolis
Persepolis

Cette BD m'a beaucoup plu. La sombre histoire d'Iran de ces dernières années est résumée brièvement mais de manière percutante. L'histoire avec un grand H de ce pays se mêle avec l'histoire de la vie de l'auteur. Elle raconte des anecdotes tour à tour touchantes, dramatiques, tristes, sincères, riantes, pétillantes et gaies. L'humour est toujours présent. Le rythme de l'histoire est rapide, il maintient l'intérêt du lecteur en éveil. Les chapitres sont courts et percutants. Le style simple. La simplicité du graphisme, les couleurs (noir et blanc) soulignent l'austérité du Régime et ne manque pas de rappeler la tenue des femmes cachées sous le voile. Les problèmes de femmes en général, et des Iraniennes en particulier, sont traités de manière légère mais avec sincérité et sans fausse pudeur. Peut-être que cette BD touchera plus les femmes... Malgré les drames qui jalonnent cette histoire, la volonté de survivre, de s'en sortir est toujours présente. L'optimisme, le courage et l'humour des personnages en font une BD tout sauf noire... malgré les couleurs utilisées. Le format du livre est original. Un tout petit bémol : l'emploi occasionnel d'un vocabulaire grossier qui parfois produit un effet de surprise et de drôlerie mais qui d'autres fois est un rien gratuit. Persepolis se lit véritablement comme un roman. Avis donc aux non-amateurs de BD.

10/06/2007 (modifier)
Couverture de la série Docteur Justice
Docteur Justice

Pour moi, tout ce que j'aime d'une bande dessinée se retrouve à l'intérieur de "Docteur Justice" : C'est-à-dire de l'action, de l'humanitaire et une histoire bien documentée. Dans notre époque cynique qui manque de repères, je trouve triste qu'on puisse faire sourire en parlant de justice sociale, d'entraide de solidarité. "Docteur Justice" est justement le condensé du meilleur de ce qu'on peut trouver à l'intérieur de nous. Il faut voir ce personnage comme un exemple à suivre. Est-ce totalement réaliste ? Bien sûr que non, malheureusement ! Mais est-ce mieux de céder à la mode du réalisme à outrance ? Les nouvelles séries veulent trop montrer la supposée réalité : violence extrême et souvent gratuite saupoudrée de sexe où tous les personnages féminins sont hyper sexy. Est-ce vraiment ça qui soit réaliste ? Ben voyons. Fiction pour fiction je préfère rêver d'un être totalement dévoué aux autres, plutôt qu'à des égocentriques dont les aventures se résument à se gratter le nombril pour leur profit personnel. Et comme dirait le vieux maître Hiamuri: LA SEULE VÉRITÉ EST DE FAIRE CE QUI EST JUSTE. Alors vive Doc Justice !

10/06/2007 (modifier)
Couverture de la série Sin City
Sin City

Cette série est une bible pour moi. Frank Miller est un des auteurs les plus audacieux et personnels que je connaisse. Il a su créer tout un univers et un style qui lui est propre et qui se reconnaît immédiatement. Ses scénarios sont tous délicieux. Non seulement chaque intrigue nous tient en haleine du début à la fin, mais les textes et dialogues sont géniaux. Chaque phrase est à la bonne place au bon moment et crée le bon effet. Ça coule tellement, on dirait de la poésie. Et que dire du dessin. Malgré quelques imperfections, il parvient toujours à nous surprendre. La moindre scène de discussion banale devient une expérience graphique et de perspectives impossibles. J'ai parlé d'imperfections. Je m'explique. J'ai pu en effet remarquer quelques cases faites à la hâte. Certains visages sont parfois méconnaissables sous certains angles. Mais sinon, quelle maîtrise de la lumière et du noir et blanc. Plus besoin de couleur, tout est là, par le pouvoir des ombres et des lumières.

10/06/2007 (modifier)