"L'orchestre des doigts" est une BD que je n'ai achetée que pour le sujet qu'elle traitait : les sourds. Un domaine que je ne connaissais absolument pas et que j'étais curieux de découvrir. Ce fut clairement une révélation, malgré un dessin étonnant au premier abord et qui finalement se révèle en parfaite adéquation avec le thème au fil des pages.
On découvre dans cette oeuvre la perception des sourds (et des muets) dans un Japon du début du 20ème siècle et l'évolution des moeurs et de l'apprentissage du langage des sourds, que ce soit par les méthodes oralistes ou gestualistes.
Une oeuvre triste, dure, parfois crue, extraordinairement bien documentée (avec un parallèle avec ce qui s'est passé en Europe et aux Etats-Unis à la même époque, ou avant), basée sur des faits réels. C'est quelque part l'histoire de milliers de gens auquel on ne pense jamais, que l'on ne côtoie jamais, et qui sont pourtant là tout autour de nous sans qu'on y fasse attention.
Tout simplement magistral, totalement indispensable, qui ouvrira les yeux du lecteur sur un monde inconnu et qui changera peut-être sa perception des choses.
Une formidable oeuvre éducative, un peu comme peuvent l'être les films Le Tombeau des Lucioles concernant l'horreur de la guerre, ou Requiem for a Dream concernant le fléau qu'est la drogue.
Gédéon est un personnage très attachant qui nous fait découvrir un univers surprenant mais drôle, "rebondissant" et agréablement coloré... Une histoire, un bon dialogue, une illustration gaie et dynamique avec une richesse des décors et de super frimousses pour les personnages... Une BD qui plaira aux enfants...
Cette collection pour les jeunes lecteurs est vraiment une bonne idée.
Je mets rarement une telle note pour quoi que ce soit, mais je trouve que cette BD gagne largement à être connue, ne serait-ce que pour l'idée basique en soi de l'abandon poussé à son extrême. Ici on a dépassé l'impression d'être comme si on n'existait pas, c'est devenu vrai, tombés dans une faille de la réalité, vers le mépris. Si le diable n'en était pas la fin et à la fin, ce serait un véritable chef d'oeuvre.
D'autant plus que l'histoire est accompagnée d'un dessin impressionnant qui, outre les muscles, parvient à montrer une tension croissante dans l'expression de chacun, même de ces verdâtre "Gars".
J'ai même aimé l'histoire de Lazarus, telle qu'on n'a jamais pu l'imaginer...
Un univers sombre, magnifiquement servi par le trait d’Akihito Yoshitimi, qui met tout en autant, et d’abord, en valeur ceux de son personnage éponyme : Ray.
A priori, cependant, cette insistance à faire de sa superbe héroïne une véritable pin-up dans des dessins de rabats, peut laisser penser que tout l’intérêt de la série réside dans la charismatique et svelte Ray, qui hésite longuement entre beauté distante, femme fatale, et femme-enfant. Et rarement, en effet, il m’aura été donné à voir une telle bombe sexuelle, osons le mot, dans tous les mangas et les BD que j’ai pu lire. Un sentiment qui naît aussi de ce que Ray n’est pas une potiche, mais le véritable moteur dramatique de la série.
Néanmoins, et de fait, les premiers tomes laissent l’impression que les scénarios ne sont là que pour servir la très charmante Ray, et permettre à son auteur de nous exhiber ses charmes peu farouches, bien que la belle ne se livre à qui veut, et en fait à personne.
L’histoire qui se trame autour du passé de Ray, cette sorte de clinique où elle fut élevée avec d’autres enfants afin de servir de banque d’organes, cette histoire donc ne semble qu’un lien assez lâche entre diverses saynètes mettant en scène les talents de Ray, dans des intrigues évoluant entre un fantastique typiquement nippon, ou une science-fiction assez light.
L’intérêt des courses-poursuites qui opposent Ray aux très peu crédibles « méchants » gardiens de cette clinique de l’horreur, ainsi que les retrouvailles avec d’anciens camarades évadés, n’apparaît en effet guère à celui ou celle qui se laisserait porter par le rythme lent des premiers tomes.
Se peut-il qu’Akihito Yoshitimi n’ait point su d’emblée où il allait ? Ou musardait-il, en mangaka soucieux de faire fructifier son travail, dans une exposition un peu laborieuse de son intrigue principale ? Toujours est-il que celle-ci ne démarre véritablement qu’au tome 4.
Les lecteurs patients auront alors la joie de se retrouver face à une intrigue riche, complexe, dense, et dont la force et la puissance tragique compensent largement l’humour et la grivoiserie habituels au shonen. C’est le seul bémol, avec le démarrage poussif, qu’on puisse relever. Sans cela, la série eut largement pu prétendre se hisser au pinacle des œuvres de S.F., tous médias confondus.
La force et l’intensité dramatique de l’intrigue expliquent aussi sans doute pourquoi cette grivoiserie se transforme, dans le tome 6, en érotisme, non pas du porno, ni de la bête exposition, ou de bêtes réflexions, mais un véritable érotisme, parfaitement intégré à une intrigue alors sombre et tragique, aux relents de désespoir. Une totale réussite. À ce titre, si tant est que ce genre de catégorie veuille encore dire quelque chose, Ray n’est plus un shonen, mais bien un seinen.
Et la série s’achève, dans le tome 7, par un véritable feu d’artifice S.F., dans un habile mélange de thèmes certes largement vus et revus ailleurs, mais dont l’imbrication et la tonalité quasi poétique forment une histoire finalement originale, qui m’a totalement convaincu. Et si la série, surtout vers sa fin, est un peu trop sombre à mon goût (sans être ni gore, ni glauque), il n’empêche que je ne puis que m’incliner, en tant que lecteur de S.F. un poil exigeant, envers le brio et la maîtrise d’Akihito Yoshitomi.
Avis aux amateurs.
Physiquement, c'est un bien bel album, grand, cartonné et à la couverture rembourrée et douce : C'est cette couverture qui a attiré mon attention, quoiqu'un tel format pour une BD jeunesse me laissait craindre un contenu un peu vide. Je me trompais car, même si la lecture de cette histoire reste plutôt rapide, je l'ai beaucoup appréciée.
Le dessin est très aéré, très lumineux, tout rond et doté de couleurs pétantes. Un dessin qui plaira aussitôt à un lectorat jeune et qui est très agréable à l'oeil pour un lectorat adulte. Chaque planche contient relativement peu de cases mais les textes sont suffisamment présents pour ne pas se voir tourner les pages trop rapidement.
Le récit est dans un style purement enfantin, mais empli de poésie et d'humour, à même de plaire aux plus grands. C'est très mignon et assez drôle. Et j'aime beaucoup la fin de ce conte, quand on a l'impression que tout finit mal mais qu'en fait...
A lire et si vous avez des enfants, je vous le conseille !
Chaque tome constitue une histoire complète avec une trame de fond qui court sur toute la série.
Bien que bénéficiant d’une narration maîtrisée, les histoires sont relativement basiques et un peu "faciles". Mais l’intérêt de la série est à chercher ailleurs. Les histoires ne servent en réalité qu’à mieux cerner IAN, véritable moteur de la série. Et sur ce plan, c’est plutôt réussi ! Chaque tome en dévoile un peu plus sur IAN, ses performances et ses défaillances. L’intrigue se fait jour dans le tome 2 pour se dévoiler davantage dans le 3. Une série légère en apparence mais qui possède une base solide et intrigante. Côté dessins, l’évolution du trait de Ralph Meyer est palpable avec l’avancement de la série. Le trait réaliste et austère du premier tome s’assouplit avec les suivants pour devenir plus dynamique, bien dans l’air du temps en quelques sortes. La colorisation évolue elle aussi dans le bon sens.
Bref, voici une série plus profonde qu’il n’y parait et qui mérite toute votre attention !
Cette série m'a lancé dans l'univers BD. J'ai découvert un univers vraiment magique et palpitant.
L'univers où évoluent les méta barons, et d'autres séries de Jodorowsky, est en perpétuel guerre et voit apparaître le guerrier ultime .Toujours plus fort que le précédent, le méta barons doit perdre un de ses membres et battre son père en combat. Certes l'histoire se répète d'un volume à l'autre, mais c'est voulu et c'est le style de Jodorowsky.
Le dessin est magnifique, très fin (surtout pour les visages) et correspond très bien à l'histoire. La couleur et les détails donnent un style particulier à cette BD que j'adore.
Bien sur il faut aimer le style de narration où l'on voit apparaître des méta, paléo, homéo un peu partout. Le tout raconté par deux robots qui travaillent pour le méta barons.
Un Jean Van Hamme très inspiré et pertinent pour cette courte série, où il s'intéresse aux dérives d'une société moderne pourtant selon toute apparence préoccupée du bonheur de ses citoyens.
Aux travers de courtes histoires d'une quinzaine de planches, il illustre ainsi les rapports des individus aux loisirs, au travail, aux liens sociaux, au pouvoir, l'accession aux soins, etc... Après avoir cerné les rouages de cette civilisation (moderne donc), Van Hamme en tire une conclusion dans une histoire longue où tous les protagonistes croisés se retrouvent.
On ne peut pas dire que la morale de la fable soit particulièrement optimiste, elle n'en est pas moins savoureuse par les dérives qu'elle dénonce, d'autant que le scénariste fait preuve d'imagination et d'humour. La construction narrative est imparable, la maîtrise est évidente et rien n'est laissé au hasard, la galerie de personnages est bien illustrée par des dialogues inspirés, bref, c'est du très beau travail. La singularité de l'être humain qui se révolte au milieu d'une civilisation uniformisée est ainsi particulièrement bien défendue, et chacun pourra tirer ses propres conclusions de l'épilogue.
Le traitement réaliste de Griffo est efficace et solidement construit. Le dessinateur valorise les différentes histoires en créant parfaitement les décors et les costumes des différentes classes sociales étudiées, et son travail sur les ambiances est trop peu souligné. Les couleurs sombres rendent le coté fade du monde décrit. L'auteur ne se laisse donc aller à aucune facilité, et forme un tandem efficace avec son scénariste.
Une oeuvre créée par deux auteurs au meilleur de leur forme, qui construisent une chronique réaliste et passionnante d'une société aux préoccupations qui ne nous sont pas étrangères.
Ces trois albums quasi-prophétiques ont aujourd'hui une vingtaine d'années : à lire pour voir si les observations des auteurs pourraient se concrétiser.
Un témoignage sincère et poignant, qui mélange savamment le quotidien d’une jeune femme iranienne à des faits historiques marquants : guerre Iran/Irak, extrémisme religieux, l’Islam et la condition de la femme... L’Iran nous est dépeint comme un pays à double facette, où les gens ont un style de vie assez proche du nôtre en privé, chez eux, mais se transforment dès qu’ils sortent en public, pour satisfaire les « gardiens de la révolution » (la police quoi).
Il faut noter que malgré le sérieux des sujets traités, l’omniprésence de l’humour et le découpage de l’histoire en de nombreux petits chapitres font que ce pavé se lit sans effort, avec beaucoup de plaisir. Suivre la vie de Marjane Satrapi depuis son enfance jusqu’à l’âge adulte nous permet de voir son point de vue évoluer et gagner en maturité. Cette « analyse sur le long terme » est fascinante.
Le dessin est très inventif, et me rappelle un peu celui de David B. dans L'Ascension du Haut Mal.
Bref, si vous êtes friands d’histoires autobiographiques et de documentaires, "Persepolis" devrait vous plaire… moi, j’ai adoré.
Lex Luthor est l'un des personnages les plus fascinant de l'univers DC à mes yeux. Selon les époques il a été présenté de différentes manières, si pendant le Golden age Lex était présenté comme un savant fou à l'intelligence ultra développée, il en va autrement aujourd'hui. Au même titre que les héros DC, Lex Luthor a lui aussi bénéficié d'une évolution au fil du temps, c'est toujours un salaud mais il a gagné en complexité, c'est un personnage plus nuancé qu'autrefois (voir Superman - For All Seasons par exemple).
C'est Brian Azzarello et Lee Bermejo qui rendent aujourd'hui hommage à Luthor. Un Luthor se battant de toutes ses forces, luttant de toute son âme, contre un Superman plus présenté comme une entité supérieure que comme une personne, ce qui est finalement logique. En tant que fan de Superman, on peut toutefois regretter qu'il semble si distant dans cette histoire, il en est presque absent, et même si il apparaît physiquement - de façon toujours très impressionnante - il ne prononcera que deux phrases en tout et pour tout dans l'histoire.
Si il est loin d'être nouveau, le point de vue des auteurs est intéressant, c'est Luthor qui narre cette histoire, nous voyons donc Superman à travers les yeux de son pire ennemi. Lex Luthor paraît donc sans doute plus grand et plus noble que ce qu'il est. Que serait-il sans Superman?
Ce livre nous présente un Luthor moins froid, plus humain que l'on ne l'a sans doute jamais vu, un personnage décrit avec autant de finesse qu'il impose naturellement son charisme au lecteur. Cependant, Lex Luthor même si il a des qualités, reste un homme passionné, emporté, très absolu, il est indéniablement dangereux, il n'est en aucun cas montré comme un Bon dans cette histoire, il n'y a aucune complaisance à son égard de la part des auteurs.
D'un niveau purement scénaristique, il faut bien reconnaître que cette histoire n'est pas des plus renversantes, Pour abattre son ennemi juré, Luthor recycle un des ses plans déja utilisé des milliers de fois sous diverses formes, cela ne veut pas dire pour autant que le fond est creux. Ce qui est intéressant ici est cette espèce d'opposition entre "hommes", induite en partie par les personnalités de Luthor et Superman. C'est aussi cette obsession folle qu'entretient Lex Luthor envers Superman qui fascine. Une obsession tellement forte qu'elle détourne les yeux de Luthor d'autres choses importantes.
D'un point de vue narratif, cette BD est parfaitement réussie, Les pensées exprimées pouvant quasiment tout le temps être attribuées soit à Lex soit à Superman, ce qui mine de rien donne une force différente à certains propos.
Il y a aussi un invité de marque dans cette BD, un personnage important: Batman, le Croquemitaine de Gotham. Il n'est pas là pour faire de la figuration, son rôle a beaucoup de saveur. Ses rencontres avec Lex Luthor et Superman sont présentées en parallèle et c'est du pur bonheur! Un chapitre tout simplement dantesque, pas simplement dans cette histoire mais qui s'inscrit également dans la mythologie des personnages.
Les dessins sont de Lee Bermejo, un habitué de Batman, qui nous offre un Superman tout en beauté. Le style de Lee Bermejo est très travaillé, très moderne aussi. Si il n'est pas forcément du goût de tous, son travail sur les costumes est d'une grande originalité.
Cet album est pour moi une petite réussite, de plus facilement accessible, même si l'on ne connaît que très peu Superman, l'histoire étant plus basée sur des relations que des faits héroïques.
J'en conseille donc chaudement la lecture.
Ah! J'ai failli oublier, ça peut en intéresser certains... Le même duo d'auteur est train de plancher sur un projet similaire pour... le Joker, affaire à suivre donc.
JJJ
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L'Orchestre des doigts
"L'orchestre des doigts" est une BD que je n'ai achetée que pour le sujet qu'elle traitait : les sourds. Un domaine que je ne connaissais absolument pas et que j'étais curieux de découvrir. Ce fut clairement une révélation, malgré un dessin étonnant au premier abord et qui finalement se révèle en parfaite adéquation avec le thème au fil des pages. On découvre dans cette oeuvre la perception des sourds (et des muets) dans un Japon du début du 20ème siècle et l'évolution des moeurs et de l'apprentissage du langage des sourds, que ce soit par les méthodes oralistes ou gestualistes. Une oeuvre triste, dure, parfois crue, extraordinairement bien documentée (avec un parallèle avec ce qui s'est passé en Europe et aux Etats-Unis à la même époque, ou avant), basée sur des faits réels. C'est quelque part l'histoire de milliers de gens auquel on ne pense jamais, que l'on ne côtoie jamais, et qui sont pourtant là tout autour de nous sans qu'on y fasse attention. Tout simplement magistral, totalement indispensable, qui ouvrira les yeux du lecteur sur un monde inconnu et qui changera peut-être sa perception des choses. Une formidable oeuvre éducative, un peu comme peuvent l'être les films Le Tombeau des Lucioles concernant l'horreur de la guerre, ou Requiem for a Dream concernant le fléau qu'est la drogue.
Prince Gédéon
Gédéon est un personnage très attachant qui nous fait découvrir un univers surprenant mais drôle, "rebondissant" et agréablement coloré... Une histoire, un bon dialogue, une illustration gaie et dynamique avec une richesse des décors et de super frimousses pour les personnages... Une BD qui plaira aux enfants... Cette collection pour les jeunes lecteurs est vraiment une bonne idée.
Midnight Nation
Je mets rarement une telle note pour quoi que ce soit, mais je trouve que cette BD gagne largement à être connue, ne serait-ce que pour l'idée basique en soi de l'abandon poussé à son extrême. Ici on a dépassé l'impression d'être comme si on n'existait pas, c'est devenu vrai, tombés dans une faille de la réalité, vers le mépris. Si le diable n'en était pas la fin et à la fin, ce serait un véritable chef d'oeuvre. D'autant plus que l'histoire est accompagnée d'un dessin impressionnant qui, outre les muscles, parvient à montrer une tension croissante dans l'expression de chacun, même de ces verdâtre "Gars". J'ai même aimé l'histoire de Lazarus, telle qu'on n'a jamais pu l'imaginer...
Ray
Un univers sombre, magnifiquement servi par le trait d’Akihito Yoshitimi, qui met tout en autant, et d’abord, en valeur ceux de son personnage éponyme : Ray. A priori, cependant, cette insistance à faire de sa superbe héroïne une véritable pin-up dans des dessins de rabats, peut laisser penser que tout l’intérêt de la série réside dans la charismatique et svelte Ray, qui hésite longuement entre beauté distante, femme fatale, et femme-enfant. Et rarement, en effet, il m’aura été donné à voir une telle bombe sexuelle, osons le mot, dans tous les mangas et les BD que j’ai pu lire. Un sentiment qui naît aussi de ce que Ray n’est pas une potiche, mais le véritable moteur dramatique de la série. Néanmoins, et de fait, les premiers tomes laissent l’impression que les scénarios ne sont là que pour servir la très charmante Ray, et permettre à son auteur de nous exhiber ses charmes peu farouches, bien que la belle ne se livre à qui veut, et en fait à personne. L’histoire qui se trame autour du passé de Ray, cette sorte de clinique où elle fut élevée avec d’autres enfants afin de servir de banque d’organes, cette histoire donc ne semble qu’un lien assez lâche entre diverses saynètes mettant en scène les talents de Ray, dans des intrigues évoluant entre un fantastique typiquement nippon, ou une science-fiction assez light. L’intérêt des courses-poursuites qui opposent Ray aux très peu crédibles « méchants » gardiens de cette clinique de l’horreur, ainsi que les retrouvailles avec d’anciens camarades évadés, n’apparaît en effet guère à celui ou celle qui se laisserait porter par le rythme lent des premiers tomes. Se peut-il qu’Akihito Yoshitimi n’ait point su d’emblée où il allait ? Ou musardait-il, en mangaka soucieux de faire fructifier son travail, dans une exposition un peu laborieuse de son intrigue principale ? Toujours est-il que celle-ci ne démarre véritablement qu’au tome 4. Les lecteurs patients auront alors la joie de se retrouver face à une intrigue riche, complexe, dense, et dont la force et la puissance tragique compensent largement l’humour et la grivoiserie habituels au shonen. C’est le seul bémol, avec le démarrage poussif, qu’on puisse relever. Sans cela, la série eut largement pu prétendre se hisser au pinacle des œuvres de S.F., tous médias confondus. La force et l’intensité dramatique de l’intrigue expliquent aussi sans doute pourquoi cette grivoiserie se transforme, dans le tome 6, en érotisme, non pas du porno, ni de la bête exposition, ou de bêtes réflexions, mais un véritable érotisme, parfaitement intégré à une intrigue alors sombre et tragique, aux relents de désespoir. Une totale réussite. À ce titre, si tant est que ce genre de catégorie veuille encore dire quelque chose, Ray n’est plus un shonen, mais bien un seinen. Et la série s’achève, dans le tome 7, par un véritable feu d’artifice S.F., dans un habile mélange de thèmes certes largement vus et revus ailleurs, mais dont l’imbrication et la tonalité quasi poétique forment une histoire finalement originale, qui m’a totalement convaincu. Et si la série, surtout vers sa fin, est un peu trop sombre à mon goût (sans être ni gore, ni glauque), il n’empêche que je ne puis que m’incliner, en tant que lecteur de S.F. un poil exigeant, envers le brio et la maîtrise d’Akihito Yoshitomi. Avis aux amateurs.
La Fabrique de Nuages (Les Nuages)
Physiquement, c'est un bien bel album, grand, cartonné et à la couverture rembourrée et douce : C'est cette couverture qui a attiré mon attention, quoiqu'un tel format pour une BD jeunesse me laissait craindre un contenu un peu vide. Je me trompais car, même si la lecture de cette histoire reste plutôt rapide, je l'ai beaucoup appréciée. Le dessin est très aéré, très lumineux, tout rond et doté de couleurs pétantes. Un dessin qui plaira aussitôt à un lectorat jeune et qui est très agréable à l'oeil pour un lectorat adulte. Chaque planche contient relativement peu de cases mais les textes sont suffisamment présents pour ne pas se voir tourner les pages trop rapidement. Le récit est dans un style purement enfantin, mais empli de poésie et d'humour, à même de plaire aux plus grands. C'est très mignon et assez drôle. Et j'aime beaucoup la fin de ce conte, quand on a l'impression que tout finit mal mais qu'en fait... A lire et si vous avez des enfants, je vous le conseille !
IAN
Chaque tome constitue une histoire complète avec une trame de fond qui court sur toute la série. Bien que bénéficiant d’une narration maîtrisée, les histoires sont relativement basiques et un peu "faciles". Mais l’intérêt de la série est à chercher ailleurs. Les histoires ne servent en réalité qu’à mieux cerner IAN, véritable moteur de la série. Et sur ce plan, c’est plutôt réussi ! Chaque tome en dévoile un peu plus sur IAN, ses performances et ses défaillances. L’intrigue se fait jour dans le tome 2 pour se dévoiler davantage dans le 3. Une série légère en apparence mais qui possède une base solide et intrigante. Côté dessins, l’évolution du trait de Ralph Meyer est palpable avec l’avancement de la série. Le trait réaliste et austère du premier tome s’assouplit avec les suivants pour devenir plus dynamique, bien dans l’air du temps en quelques sortes. La colorisation évolue elle aussi dans le bon sens. Bref, voici une série plus profonde qu’il n’y parait et qui mérite toute votre attention !
La Caste des Méta-barons
Cette série m'a lancé dans l'univers BD. J'ai découvert un univers vraiment magique et palpitant. L'univers où évoluent les méta barons, et d'autres séries de Jodorowsky, est en perpétuel guerre et voit apparaître le guerrier ultime .Toujours plus fort que le précédent, le méta barons doit perdre un de ses membres et battre son père en combat. Certes l'histoire se répète d'un volume à l'autre, mais c'est voulu et c'est le style de Jodorowsky. Le dessin est magnifique, très fin (surtout pour les visages) et correspond très bien à l'histoire. La couleur et les détails donnent un style particulier à cette BD que j'adore. Bien sur il faut aimer le style de narration où l'on voit apparaître des méta, paléo, homéo un peu partout. Le tout raconté par deux robots qui travaillent pour le méta barons.
S.O.S. Bonheur
Un Jean Van Hamme très inspiré et pertinent pour cette courte série, où il s'intéresse aux dérives d'une société moderne pourtant selon toute apparence préoccupée du bonheur de ses citoyens. Aux travers de courtes histoires d'une quinzaine de planches, il illustre ainsi les rapports des individus aux loisirs, au travail, aux liens sociaux, au pouvoir, l'accession aux soins, etc... Après avoir cerné les rouages de cette civilisation (moderne donc), Van Hamme en tire une conclusion dans une histoire longue où tous les protagonistes croisés se retrouvent. On ne peut pas dire que la morale de la fable soit particulièrement optimiste, elle n'en est pas moins savoureuse par les dérives qu'elle dénonce, d'autant que le scénariste fait preuve d'imagination et d'humour. La construction narrative est imparable, la maîtrise est évidente et rien n'est laissé au hasard, la galerie de personnages est bien illustrée par des dialogues inspirés, bref, c'est du très beau travail. La singularité de l'être humain qui se révolte au milieu d'une civilisation uniformisée est ainsi particulièrement bien défendue, et chacun pourra tirer ses propres conclusions de l'épilogue. Le traitement réaliste de Griffo est efficace et solidement construit. Le dessinateur valorise les différentes histoires en créant parfaitement les décors et les costumes des différentes classes sociales étudiées, et son travail sur les ambiances est trop peu souligné. Les couleurs sombres rendent le coté fade du monde décrit. L'auteur ne se laisse donc aller à aucune facilité, et forme un tandem efficace avec son scénariste. Une oeuvre créée par deux auteurs au meilleur de leur forme, qui construisent une chronique réaliste et passionnante d'une société aux préoccupations qui ne nous sont pas étrangères. Ces trois albums quasi-prophétiques ont aujourd'hui une vingtaine d'années : à lire pour voir si les observations des auteurs pourraient se concrétiser.
Persepolis
Un témoignage sincère et poignant, qui mélange savamment le quotidien d’une jeune femme iranienne à des faits historiques marquants : guerre Iran/Irak, extrémisme religieux, l’Islam et la condition de la femme... L’Iran nous est dépeint comme un pays à double facette, où les gens ont un style de vie assez proche du nôtre en privé, chez eux, mais se transforment dès qu’ils sortent en public, pour satisfaire les « gardiens de la révolution » (la police quoi). Il faut noter que malgré le sérieux des sujets traités, l’omniprésence de l’humour et le découpage de l’histoire en de nombreux petits chapitres font que ce pavé se lit sans effort, avec beaucoup de plaisir. Suivre la vie de Marjane Satrapi depuis son enfance jusqu’à l’âge adulte nous permet de voir son point de vue évoluer et gagner en maturité. Cette « analyse sur le long terme » est fascinante. Le dessin est très inventif, et me rappelle un peu celui de David B. dans L'Ascension du Haut Mal. Bref, si vous êtes friands d’histoires autobiographiques et de documentaires, "Persepolis" devrait vous plaire… moi, j’ai adoré.
Luthor (Superman - Lex Luthor)
Lex Luthor est l'un des personnages les plus fascinant de l'univers DC à mes yeux. Selon les époques il a été présenté de différentes manières, si pendant le Golden age Lex était présenté comme un savant fou à l'intelligence ultra développée, il en va autrement aujourd'hui. Au même titre que les héros DC, Lex Luthor a lui aussi bénéficié d'une évolution au fil du temps, c'est toujours un salaud mais il a gagné en complexité, c'est un personnage plus nuancé qu'autrefois (voir Superman - For All Seasons par exemple). C'est Brian Azzarello et Lee Bermejo qui rendent aujourd'hui hommage à Luthor. Un Luthor se battant de toutes ses forces, luttant de toute son âme, contre un Superman plus présenté comme une entité supérieure que comme une personne, ce qui est finalement logique. En tant que fan de Superman, on peut toutefois regretter qu'il semble si distant dans cette histoire, il en est presque absent, et même si il apparaît physiquement - de façon toujours très impressionnante - il ne prononcera que deux phrases en tout et pour tout dans l'histoire. Si il est loin d'être nouveau, le point de vue des auteurs est intéressant, c'est Luthor qui narre cette histoire, nous voyons donc Superman à travers les yeux de son pire ennemi. Lex Luthor paraît donc sans doute plus grand et plus noble que ce qu'il est. Que serait-il sans Superman? Ce livre nous présente un Luthor moins froid, plus humain que l'on ne l'a sans doute jamais vu, un personnage décrit avec autant de finesse qu'il impose naturellement son charisme au lecteur. Cependant, Lex Luthor même si il a des qualités, reste un homme passionné, emporté, très absolu, il est indéniablement dangereux, il n'est en aucun cas montré comme un Bon dans cette histoire, il n'y a aucune complaisance à son égard de la part des auteurs. D'un niveau purement scénaristique, il faut bien reconnaître que cette histoire n'est pas des plus renversantes, Pour abattre son ennemi juré, Luthor recycle un des ses plans déja utilisé des milliers de fois sous diverses formes, cela ne veut pas dire pour autant que le fond est creux. Ce qui est intéressant ici est cette espèce d'opposition entre "hommes", induite en partie par les personnalités de Luthor et Superman. C'est aussi cette obsession folle qu'entretient Lex Luthor envers Superman qui fascine. Une obsession tellement forte qu'elle détourne les yeux de Luthor d'autres choses importantes. D'un point de vue narratif, cette BD est parfaitement réussie, Les pensées exprimées pouvant quasiment tout le temps être attribuées soit à Lex soit à Superman, ce qui mine de rien donne une force différente à certains propos. Il y a aussi un invité de marque dans cette BD, un personnage important: Batman, le Croquemitaine de Gotham. Il n'est pas là pour faire de la figuration, son rôle a beaucoup de saveur. Ses rencontres avec Lex Luthor et Superman sont présentées en parallèle et c'est du pur bonheur! Un chapitre tout simplement dantesque, pas simplement dans cette histoire mais qui s'inscrit également dans la mythologie des personnages. Les dessins sont de Lee Bermejo, un habitué de Batman, qui nous offre un Superman tout en beauté. Le style de Lee Bermejo est très travaillé, très moderne aussi. Si il n'est pas forcément du goût de tous, son travail sur les costumes est d'une grande originalité. Cet album est pour moi une petite réussite, de plus facilement accessible, même si l'on ne connaît que très peu Superman, l'histoire étant plus basée sur des relations que des faits héroïques. J'en conseille donc chaudement la lecture. Ah! J'ai failli oublier, ça peut en intéresser certains... Le même duo d'auteur est train de plancher sur un projet similaire pour... le Joker, affaire à suivre donc. JJJ