Emballé par Shenzhen, c'est avec une faim dévorante que j'ai lu Pyongyang. Nous voilà donc encore dans le quotidien de Guy Delisle, toujours en superviseur de l'animation de dessin animé, mais cette fois-ci dans la capitale nord-coréenne de Pyongyang.
La Corée du Nord est peut être le pays qui est le plus à l'opposé de nos contrées occidentales. Communiste, dictatoriale, répressive, austère, close, manipulatrice, cette région du monde est totalement fermée sur elle-même. C'est donc avec un réel plaisir que j'ai découvert ce pays à travers les yeux critiques de Delisle.
Ce dernier se moque beaucoup et de manière habile du leader du pays, véritable mégalomane égocentrique, qui contrôle un peuple pour satisfaire sa propre folie. Je me demande d'ailleurs ce qu'il dirait de cette BD... sûrement quelque chose du genre : "Encore une oeuvre décadente d'un de ces fous de ces capitalistes fascistes qui veut corrompre le divin peuple de Corée du Nord !!!".
J'ai donc en peu de temps lu en BD l'extrémisme islamique (Persepolis), l'extrémisme catholique (Blankets - Manteau de neige) et voilà que maintenant c'est au tour de l'extrémisme communiste et dictatorial !! Après tout ça je suis bien content de vivre en Europe occidentale au chaud dans mon petit confort matérialiste ! On est bien chez nous.
Même si j'ai préféré la lecture de Shenzhen, Pyongyang est un petit bijou de critique et d'humour sur la vie en Corée du Nord. Je recommande donc vivement sa lecture. Vous apprendrez passablement de choses à mon humble avis.
Je ne suis pas un grand connaisseur du travail de Fred. Mais cette BD, je l'ai bien aimée. Le style absurde, mais traité avec tout le sérieux du monde m'a beaucoup plu. Ainsi, à travers cette succession de dialogues farfelus et sans aucun sens, le seul élément sensé, c'est le personnage principal. Comme le lecteur, il semble trouver le monde qui l'entoure complètement idiot. Et c'est comme ça qu'on peut rentrer dans l'histoire.
Soit dit en passant, ça fait beaucoup penser à la pièce Rhinoceros de Ionesco. On nage vraiment dans les mêmes eaux.
J'ai acheté les 4 premiers tomes, un peu par hasard et j'ai tout de suite accroché, un scénario original édifié autour des idées classiques de la SF (Les CIC, colonisateurs de planètes), un dessin pas exceptionnel mais accrocheur et dynamique. L'histoire, construite autour de références bibliques mystiques (qui prennent plus tard tout leur sens), nous emporte dans un univers apocalyptique fascinant, et dans le genre Bajram ne fait pas dans la demi-mesure.
Mais c'est surtout la personnalité de ses anti-héros qui donne à UW1 tout son intérêt, en particulier Kalish (forcément) et son attitude "je sais tout et j'emmerde tout le monde". Chaque tome débute d'ailleurs par un petit flashback expliquant le traumatisme des six lascars.
Les deux tomes suivant ne m'ont pas déçu. Le coup de théâtre final auquel on ne s'attendait presque pas, clôture parfaitement cette série cultissime. On pourra juste reprocher à Bajram d'avoir choisit la facilité pour la fin qui suit ce dernier, on croirait même qu'il s'excuse de ce raccourci par la bouche de son héros. Mais bon, on sait tous à quel point il est difficile de terminer une série, et malgré ça, elle reste extra.
Ca fait plaisir de lire un comics à la fois aussi agréable à lire et écrit de manière aussi intelligente, un polar très bien construit dans un univers de super-héros.
Organisé en chapitres de très bonne qualité à chaque fois, cet album intégral nous fait suivre un ancien super-méchant, ou plutôt super-malfaiteur car il n'a jamais vraiment pensé à mal. Devenu vieux, fraîchement sorti de prison où il a accepté de purger la totalité de sa peine, il est désabusé et se sent rejeté par tous. Seul son ancien quartier l'accueille avec sympathie, mais ce dernier est peuplé d'autres malfaiteurs et super-vilains qui risquent tous de le faire replonger un jour ou l'autre. Sauf qu'ils lui demandent d'enquêter sur les meurtres de plusieurs d'entre eux, estimant que sa force et surtout sa quasi invincibilité lui permettra à lui d'échapper à l'assassin. Steeljack ne veut pas du job car cela risque de le ramener en prison de côtoyer des malfaiteurs mais ce sont ses proches, c'est son seul boulot et c'est sa seule chance de se redonner un peu confiance en soi, en sa valeur et en l'avenir.
Le rythme de lecture est lent et posé. Amateurs de gros combats de super-héros, passez votre chemin. Ici, c'est une enquête composée de nombreuses discussions, de réflexions, avec un héros mélancolique et désespéré. Les sentiments passent donc en priorité par rapport à l'action.
Et j'ai trouvé ça très bien écrit, très touchant par moment, très intelligent.
Pas totalement un récit de super-héros même si le concept de super-héros et de super-vilain est revisité. Mais en tout cas un très bon polar, avec des personnages excellents dans un contexte excellent.
Même si on n'atteint pas le niveau du chef-d'oeuvre de Moore, si vous aimez une oeuvre comme Watchmen, vous aimerez sans aucun doute Astro City qui a la même qualité de récit.
Je suis tombé sur ce pavé (près de 600 pages) à la Fnac. Je me suis alors souvenu des avis de Bdteque plutôt positifs et je me suis dit : "pourquoi pas !" Le responsable du rayon passe et en voyant cette BD dans mes mains me dit que c'est très bien et très émouvant. C'est bon j'achète !!!
Craig Thompson partage avec nous des souvenirs d'enfance parfois terrible (le baby sitter) mais surtout son premier amour. Craig est un enfant inadapté dans un monde ultra catholique, violent et sans pitié pour un petit garçon frêle au milieu du Wisconsin. Son seul talent, sa seule bouffée d'oxygène : le dessin. Craig se sert du dessin pour parler de ses peurs mais surtout pour rêver et s'évader !
La narration est assez lente mais provoque un effet de bercement très agréable. Ce one shot a beau faire 600 pages, il se lit tout seul. Le récit est très humain, très artistique.
Persepolis m'a montré l'extrémisme islamique, Blankets l'extrémisme catholique... et franchement je sais pas lequel est le pire ! J'en veux pour témoin ces quelques phrases d'un personnage qui fréquente la même paroisse que Craig :
***DÉBUT SPOILER***
- "Mon frère a fait les Beaux-Arts, et ils lui ont fait faire des croquis d'après nature, tu vois."
- (Craig) : "Oh ?"
- "Et, tu vois, il devait dessiner des GENS mais, ils... heu... n'avaient pas d'habits sur eux. C'était foncer baissée dans les bras de la TENTATION. Bientôt ça ne lui a plus suffit, alors il est devenu accro à la PORNOGRAPHIE... et alors, comme si cela ne suffisait pas... il s'est orienté... heu... je suis désolé... vers l'étape suivante logique."
- (une femme) : "T...tuer des gens ?"
- "L'HOMOSEXUALITÉ."
- (la femme) : "Oh... quelle tragédie."
***FIN SPOILER***
Je vous laisse juge de ce genre de phrases... terrifiant... mais tellement réel...
Le dessin est en noir et blanc. Sa plus grande qualité est son sens du mouvement. J'ai rarement vu un trait aussi vivant. Une fois dans l'ambiance, on a l'impression que les images s'animent ! C'est difficile à comprendre tant que l'on a pas ouvert cet album. Du grand art !
Je conseille plus que vivement l'achat de ce one shot. Vous verrez, le récit est véritablement poignant. Le Time Magazine dit d'ailleurs de Blankets : " Une rareté : l'histoire d'un premier amour, si précisément et si honnêtement relatée qu'elle nous rappelle ce que c'est que tomber amoureux... vraiment magnifique." (phrase au dos de l'album).
Les albums de Loustal que je préfère sont toujours ceux qu'il fait en collaboration avec Paringaux. Depuis Barney et la note bleue, les deux auteurs se sont toujours complétés à merveille et nous ont offert ce qui se fait de mieux en matière de polar en BD. La poésie et les métaphores du texte en voix off guide celle des dessins et développe un univers de paumés glauque et moite tellement dense qu'il prend aux tripes.
"Le sang des voyous" est le plus noir des albums du tandem, mais la narration et la correspondance entre texte et image reste toujours des plus efficace.
On en redemande !
Quand j'ai vu que les auteurs du Complexe du chimpanzé avaient sorti une nouvelle série, je me suis jeté dessus, et non, je ne regrette rien.
Ce qui peut refroidir c'est le prix que coûte cet album. Mais bon franchement pour un peu moins de 17€ on a 96 pages de pur bonheur.
Côté dessin on retrouve Jean-Michel Ponzio avec ses traits bien à lui, dont certains lui reprochent d'être trop froids, trop figés. Pour ma part j'aime beaucoup ce style qui, je trouve, se marie bien avec le scénario.
Le scénario n'est pas en reste et nous plonge dans un futur proche qui fait froid dans le dos, avec ses trusts intouchables et surpuissants. On y suit Thomas Hale, un chercheur travaillant pour la firme pharmaceutique Genetiks et dont le code génétique vient d'être totalement décrypté par celle-ci. En acceptant d'en faire don à Genetiks il devient la propriété de celle-ci.
En proie à d'étranges visions et voyant sa liberté individuelle énormément amputée, il va de moins en moins faire confiance à Genetiks et commencer à fouiner dans les dossiers de celle-ci. Il découvrira bien vite que des enjeux bien plus importants sont tapis dans l'ombre de Genetiks.
Une fois la lecture achevée, on se pose beaucoup de questions (que je ne citerai pas ici pour ne pas faire de spoiler) sur ce que vit notre héros et sur la société Geneticks, dont les réponses seront sûrement apportées dans le prochain tome.
En bref on est ici en présence d'un très bon thriller futuriste dont les éléments sont distillés au compte-gouttes mais sans jamais laisser le lecteur en attente.
LA SUITE, VITE...
A mon avis, incontournable. On referme le livre avec une drôle de sensation, c'est un récit très fort, le tout amené avec une grande finesse et un dessin (bon, d'accord, je suis fan d'Alfred) de grande qualité.
Un cri, un sujet dur et surtout casse-gueule, les deux s'en sortent avec brio.
Comment passer à côté de cet ouvrage... c'est tout simplement impossible.
Gus est une BD qui m'a flashé au visuel. Je suis venu voir sur le site pour confirmer ou infirmer cette impression. Une fois confirmée je me suis précipité pour l'acheter.
Au départ je me suis fait peur... Les deux premières histoires ne m'ont de loin pas emballé... c'est même plutôt le contraire : j'ai été terriblement déçu. C'est trop court et je ne vois pas l'intérêt de les raconter... D'habitude, un coup de foudre en magasin confirmé par le site, c'est toujours une excellente lecture... et là non... mais pas pour longtemps ! Dès la troisième histoire, les personnages et le récit prennent une véritable ampleur. C'est drôle et bien pensé. Gus et ses deux amis sont attachants et leurs aventures tant sentimentales que l'arme à la main sont tout à fait savoureuses ! L'idée d'orienter un western vers les relations entre Gus et ses copains et les femmes est originale. Cela change du western traditionnel.
Pour le dessin, c'est du Christophe Blain. On aime ou pas mais personnellement j'ai été dérouté au début. Par la suite je me suis habitué. Je préfère tout de même son trait dans Donjon Potron-minet. J'aime bien dans l'ensemble.
Les couleurs sont très flashies mais toujours choisies et utilisées de manière adéquate.
Enfin le format peu conventionnel et un prix attractif (13,50 euro pour 80 pages) ne font que me pousser à vous conseiller l'achat de Gus. Vous passerez un moment agréable.
J'attends le prochain tome avec une impatience non dissimulée.
Persepolis est un récit autobiographique. Marjane Satrapi nous raconte sa vie. Qu'a-t-elle de particulier me direz-vous ? Et bien, Marjane est née en Iran quand le shah était encore au pouvoir. Elle a vécu une révolution, la montée de l'extrémisme en Iran, la guerre entre l'Iran et l'Irak, l'exil, le choc des cultures, le retour au pays, etc.
Cette série est un témoignage véritablement poignant. L'auteur n'a pas la langue dans sa poche. Elle nous dit tout de ses impressions et de l'Iran sans langue de bois. Cette BD est authentique.
Le récit est réparti en petits chapitres ce qui donne du rythme et permet à l'auteur de passer d'un sujet à l'autre de façon plus aisée.
Le ton est léger et même drôle tout en étant respectueux. Même le plus tragique des évènements est ainsi retranscrit sans tomber dans le mélodrame ce qui est fort appréciable.
Le dessin est de style naïf. Le trait est donc simple et vrai, tout comme le récit. Excellent choix donc tout comme le noir et blanc qui joue un rôle non négligeable tant dans la retranscription de l'ambiance que dans l'état d'esprit de l'auteur.
J'ai beaucoup appris sur L'Iran à la lecture.
Sans aller jusqu'au culte, Persepolis est une BD qui doit être lue. En plus l'intégrale vient de sortir ! Vous n'avez donc plus d'excuse :)
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Pyongyang
Emballé par Shenzhen, c'est avec une faim dévorante que j'ai lu Pyongyang. Nous voilà donc encore dans le quotidien de Guy Delisle, toujours en superviseur de l'animation de dessin animé, mais cette fois-ci dans la capitale nord-coréenne de Pyongyang. La Corée du Nord est peut être le pays qui est le plus à l'opposé de nos contrées occidentales. Communiste, dictatoriale, répressive, austère, close, manipulatrice, cette région du monde est totalement fermée sur elle-même. C'est donc avec un réel plaisir que j'ai découvert ce pays à travers les yeux critiques de Delisle. Ce dernier se moque beaucoup et de manière habile du leader du pays, véritable mégalomane égocentrique, qui contrôle un peuple pour satisfaire sa propre folie. Je me demande d'ailleurs ce qu'il dirait de cette BD... sûrement quelque chose du genre : "Encore une oeuvre décadente d'un de ces fous de ces capitalistes fascistes qui veut corrompre le divin peuple de Corée du Nord !!!". J'ai donc en peu de temps lu en BD l'extrémisme islamique (Persepolis), l'extrémisme catholique (Blankets - Manteau de neige) et voilà que maintenant c'est au tour de l'extrémisme communiste et dictatorial !! Après tout ça je suis bien content de vivre en Europe occidentale au chaud dans mon petit confort matérialiste ! On est bien chez nous. Même si j'ai préféré la lecture de Shenzhen, Pyongyang est un petit bijou de critique et d'humour sur la vie en Corée du Nord. Je recommande donc vivement sa lecture. Vous apprendrez passablement de choses à mon humble avis.
L'Histoire du Corbac aux Baskets
Je ne suis pas un grand connaisseur du travail de Fred. Mais cette BD, je l'ai bien aimée. Le style absurde, mais traité avec tout le sérieux du monde m'a beaucoup plu. Ainsi, à travers cette succession de dialogues farfelus et sans aucun sens, le seul élément sensé, c'est le personnage principal. Comme le lecteur, il semble trouver le monde qui l'entoure complètement idiot. Et c'est comme ça qu'on peut rentrer dans l'histoire. Soit dit en passant, ça fait beaucoup penser à la pièce Rhinoceros de Ionesco. On nage vraiment dans les mêmes eaux.
Universal War One
J'ai acheté les 4 premiers tomes, un peu par hasard et j'ai tout de suite accroché, un scénario original édifié autour des idées classiques de la SF (Les CIC, colonisateurs de planètes), un dessin pas exceptionnel mais accrocheur et dynamique. L'histoire, construite autour de références bibliques mystiques (qui prennent plus tard tout leur sens), nous emporte dans un univers apocalyptique fascinant, et dans le genre Bajram ne fait pas dans la demi-mesure. Mais c'est surtout la personnalité de ses anti-héros qui donne à UW1 tout son intérêt, en particulier Kalish (forcément) et son attitude "je sais tout et j'emmerde tout le monde". Chaque tome débute d'ailleurs par un petit flashback expliquant le traumatisme des six lascars. Les deux tomes suivant ne m'ont pas déçu. Le coup de théâtre final auquel on ne s'attendait presque pas, clôture parfaitement cette série cultissime. On pourra juste reprocher à Bajram d'avoir choisit la facilité pour la fin qui suit ce dernier, on croirait même qu'il s'excuse de ce raccourci par la bouche de son héros. Mais bon, on sait tous à quel point il est difficile de terminer une série, et malgré ça, elle reste extra.
Astro City - Des ailes de plomb
Ca fait plaisir de lire un comics à la fois aussi agréable à lire et écrit de manière aussi intelligente, un polar très bien construit dans un univers de super-héros. Organisé en chapitres de très bonne qualité à chaque fois, cet album intégral nous fait suivre un ancien super-méchant, ou plutôt super-malfaiteur car il n'a jamais vraiment pensé à mal. Devenu vieux, fraîchement sorti de prison où il a accepté de purger la totalité de sa peine, il est désabusé et se sent rejeté par tous. Seul son ancien quartier l'accueille avec sympathie, mais ce dernier est peuplé d'autres malfaiteurs et super-vilains qui risquent tous de le faire replonger un jour ou l'autre. Sauf qu'ils lui demandent d'enquêter sur les meurtres de plusieurs d'entre eux, estimant que sa force et surtout sa quasi invincibilité lui permettra à lui d'échapper à l'assassin. Steeljack ne veut pas du job car cela risque de le ramener en prison de côtoyer des malfaiteurs mais ce sont ses proches, c'est son seul boulot et c'est sa seule chance de se redonner un peu confiance en soi, en sa valeur et en l'avenir. Le rythme de lecture est lent et posé. Amateurs de gros combats de super-héros, passez votre chemin. Ici, c'est une enquête composée de nombreuses discussions, de réflexions, avec un héros mélancolique et désespéré. Les sentiments passent donc en priorité par rapport à l'action. Et j'ai trouvé ça très bien écrit, très touchant par moment, très intelligent. Pas totalement un récit de super-héros même si le concept de super-héros et de super-vilain est revisité. Mais en tout cas un très bon polar, avec des personnages excellents dans un contexte excellent. Même si on n'atteint pas le niveau du chef-d'oeuvre de Moore, si vous aimez une oeuvre comme Watchmen, vous aimerez sans aucun doute Astro City qui a la même qualité de récit.
Blankets - Manteau de neige
Je suis tombé sur ce pavé (près de 600 pages) à la Fnac. Je me suis alors souvenu des avis de Bdteque plutôt positifs et je me suis dit : "pourquoi pas !" Le responsable du rayon passe et en voyant cette BD dans mes mains me dit que c'est très bien et très émouvant. C'est bon j'achète !!! Craig Thompson partage avec nous des souvenirs d'enfance parfois terrible (le baby sitter) mais surtout son premier amour. Craig est un enfant inadapté dans un monde ultra catholique, violent et sans pitié pour un petit garçon frêle au milieu du Wisconsin. Son seul talent, sa seule bouffée d'oxygène : le dessin. Craig se sert du dessin pour parler de ses peurs mais surtout pour rêver et s'évader ! La narration est assez lente mais provoque un effet de bercement très agréable. Ce one shot a beau faire 600 pages, il se lit tout seul. Le récit est très humain, très artistique. Persepolis m'a montré l'extrémisme islamique, Blankets l'extrémisme catholique... et franchement je sais pas lequel est le pire ! J'en veux pour témoin ces quelques phrases d'un personnage qui fréquente la même paroisse que Craig : ***DÉBUT SPOILER*** - "Mon frère a fait les Beaux-Arts, et ils lui ont fait faire des croquis d'après nature, tu vois." - (Craig) : "Oh ?" - "Et, tu vois, il devait dessiner des GENS mais, ils... heu... n'avaient pas d'habits sur eux. C'était foncer baissée dans les bras de la TENTATION. Bientôt ça ne lui a plus suffit, alors il est devenu accro à la PORNOGRAPHIE... et alors, comme si cela ne suffisait pas... il s'est orienté... heu... je suis désolé... vers l'étape suivante logique." - (une femme) : "T...tuer des gens ?" - "L'HOMOSEXUALITÉ." - (la femme) : "Oh... quelle tragédie." ***FIN SPOILER*** Je vous laisse juge de ce genre de phrases... terrifiant... mais tellement réel... Le dessin est en noir et blanc. Sa plus grande qualité est son sens du mouvement. J'ai rarement vu un trait aussi vivant. Une fois dans l'ambiance, on a l'impression que les images s'animent ! C'est difficile à comprendre tant que l'on a pas ouvert cet album. Du grand art ! Je conseille plus que vivement l'achat de ce one shot. Vous verrez, le récit est véritablement poignant. Le Time Magazine dit d'ailleurs de Blankets : " Une rareté : l'histoire d'un premier amour, si précisément et si honnêtement relatée qu'elle nous rappelle ce que c'est que tomber amoureux... vraiment magnifique." (phrase au dos de l'album).
Le Sang des Voyous
Les albums de Loustal que je préfère sont toujours ceux qu'il fait en collaboration avec Paringaux. Depuis Barney et la note bleue, les deux auteurs se sont toujours complétés à merveille et nous ont offert ce qui se fait de mieux en matière de polar en BD. La poésie et les métaphores du texte en voix off guide celle des dessins et développe un univers de paumés glauque et moite tellement dense qu'il prend aux tripes. "Le sang des voyous" est le plus noir des albums du tandem, mais la narration et la correspondance entre texte et image reste toujours des plus efficace. On en redemande !
Genetiks
Quand j'ai vu que les auteurs du Complexe du chimpanzé avaient sorti une nouvelle série, je me suis jeté dessus, et non, je ne regrette rien. Ce qui peut refroidir c'est le prix que coûte cet album. Mais bon franchement pour un peu moins de 17€ on a 96 pages de pur bonheur. Côté dessin on retrouve Jean-Michel Ponzio avec ses traits bien à lui, dont certains lui reprochent d'être trop froids, trop figés. Pour ma part j'aime beaucoup ce style qui, je trouve, se marie bien avec le scénario. Le scénario n'est pas en reste et nous plonge dans un futur proche qui fait froid dans le dos, avec ses trusts intouchables et surpuissants. On y suit Thomas Hale, un chercheur travaillant pour la firme pharmaceutique Genetiks et dont le code génétique vient d'être totalement décrypté par celle-ci. En acceptant d'en faire don à Genetiks il devient la propriété de celle-ci. En proie à d'étranges visions et voyant sa liberté individuelle énormément amputée, il va de moins en moins faire confiance à Genetiks et commencer à fouiner dans les dossiers de celle-ci. Il découvrira bien vite que des enjeux bien plus importants sont tapis dans l'ombre de Genetiks. Une fois la lecture achevée, on se pose beaucoup de questions (que je ne citerai pas ici pour ne pas faire de spoiler) sur ce que vit notre héros et sur la société Geneticks, dont les réponses seront sûrement apportées dans le prochain tome. En bref on est ici en présence d'un très bon thriller futuriste dont les éléments sont distillés au compte-gouttes mais sans jamais laisser le lecteur en attente. LA SUITE, VITE...
Pourquoi j'ai tué Pierre
A mon avis, incontournable. On referme le livre avec une drôle de sensation, c'est un récit très fort, le tout amené avec une grande finesse et un dessin (bon, d'accord, je suis fan d'Alfred) de grande qualité. Un cri, un sujet dur et surtout casse-gueule, les deux s'en sortent avec brio. Comment passer à côté de cet ouvrage... c'est tout simplement impossible.
Gus
Gus est une BD qui m'a flashé au visuel. Je suis venu voir sur le site pour confirmer ou infirmer cette impression. Une fois confirmée je me suis précipité pour l'acheter. Au départ je me suis fait peur... Les deux premières histoires ne m'ont de loin pas emballé... c'est même plutôt le contraire : j'ai été terriblement déçu. C'est trop court et je ne vois pas l'intérêt de les raconter... D'habitude, un coup de foudre en magasin confirmé par le site, c'est toujours une excellente lecture... et là non... mais pas pour longtemps ! Dès la troisième histoire, les personnages et le récit prennent une véritable ampleur. C'est drôle et bien pensé. Gus et ses deux amis sont attachants et leurs aventures tant sentimentales que l'arme à la main sont tout à fait savoureuses ! L'idée d'orienter un western vers les relations entre Gus et ses copains et les femmes est originale. Cela change du western traditionnel. Pour le dessin, c'est du Christophe Blain. On aime ou pas mais personnellement j'ai été dérouté au début. Par la suite je me suis habitué. Je préfère tout de même son trait dans Donjon Potron-minet. J'aime bien dans l'ensemble. Les couleurs sont très flashies mais toujours choisies et utilisées de manière adéquate. Enfin le format peu conventionnel et un prix attractif (13,50 euro pour 80 pages) ne font que me pousser à vous conseiller l'achat de Gus. Vous passerez un moment agréable. J'attends le prochain tome avec une impatience non dissimulée.
Persepolis
Persepolis est un récit autobiographique. Marjane Satrapi nous raconte sa vie. Qu'a-t-elle de particulier me direz-vous ? Et bien, Marjane est née en Iran quand le shah était encore au pouvoir. Elle a vécu une révolution, la montée de l'extrémisme en Iran, la guerre entre l'Iran et l'Irak, l'exil, le choc des cultures, le retour au pays, etc. Cette série est un témoignage véritablement poignant. L'auteur n'a pas la langue dans sa poche. Elle nous dit tout de ses impressions et de l'Iran sans langue de bois. Cette BD est authentique. Le récit est réparti en petits chapitres ce qui donne du rythme et permet à l'auteur de passer d'un sujet à l'autre de façon plus aisée. Le ton est léger et même drôle tout en étant respectueux. Même le plus tragique des évènements est ainsi retranscrit sans tomber dans le mélodrame ce qui est fort appréciable. Le dessin est de style naïf. Le trait est donc simple et vrai, tout comme le récit. Excellent choix donc tout comme le noir et blanc qui joue un rôle non négligeable tant dans la retranscription de l'ambiance que dans l'état d'esprit de l'auteur. J'ai beaucoup appris sur L'Iran à la lecture. Sans aller jusqu'au culte, Persepolis est une BD qui doit être lue. En plus l'intégrale vient de sortir ! Vous n'avez donc plus d'excuse :)