Pratiquant de type canapéiste acharné et télévisuel confirmé, j’ai, comme tous les aficionados de ma fratrie, des avis sur tout et rien concernant le monde du ballon rond. Et quand il s’agit de les confronter dans d’amicales réunions sensiblement houblonnées, je dois avouer que cela tourne souvent à un concours de décibels, cacophonie désastreuse aux accents philosophiques plus qu’improbables et à l’efficacité douteuse. Alors, quel n’est pas mon plaisir quand je découvre football football, sorte de «tables de la loi» du grand messie Guillaume. Celui qui détient la vérité. Celui qui dessine tout haut exactement ce que je pense tout bas et que je gueule confusément tout fort.
Dans le secret des Dieux du football, il nous apporte une bénéfique lumière aux vertus hilarantes. Une succession de planches ou de strips pseudo pédagogiques qui sont autant de réponses à un courrier des lecteurs franchement fantaisiste. Sous un dessin nerveux aux airs faussement mal dégrossis, mais finalement très expressif, on se régale de chacun des gags et anecdotes. Aucun ne tombe à côté. C’est toujours très décalé, réellement désopilant, inventif, d’un délicieux cynisme et mine de rien, d’une véritable subtilité. On sent transparaître toute la connaissance et l’affection de l’auteur pour ce sport. Si l’on apprécie d’autant mieux cet album quand on est un «spécialiste» au fait de l’actualité, le novice y trouvera tout de même satisfaction, goûtant quelques sympathiques parenthèses ou clins d’oeil musicaux, littéraires et cinématographiques.
(98, air connu) Et une... et deux... et quatre étoiles... La lala la la lalalalalala lala la la...
Ce diptyque est lié à Le Sursis mais n’a rien d’une suite.
Toujours sur fond de 2ème guerre mondiale, Gibrat nous emmène cette fois au cœur du Paris occupé pour vivre la cavale d’une jeune résistante, Jeanne, accompagnée par un cambrioleur sans scrupules, François.
Ici, la sensibilité et l’amour sont moins présents et ont laissé davantage de place à l’action et aux rebondissements. La narration est toujours excellente mais la fin n’est pas au niveau de ce qui avait été fait dans le premier cycle.
Au niveau du dessin, rien à redire, il est toujours de très grande qualité et même si les visages féminins de Gibrat se ressemblent beaucoup, ils sont toujours de toute beauté. Le Paris occupé est également tout aussi réussi que le petit village du sud de la France.
Peut-être un peu en-deça de Le Sursis, l
"Le Vol du Corbeau" reste un excellent diptyque à posséder !
Sur fond de 2ème guerre mondiale, Gibrat nous conte une histoire magnifique de sensibilité et d’amour.
Un jeune homme appelé pour partir à la guerre va sauter du train qui l’emmène et revenir dans son village en ne tenant au courant que sa tante. Par un coup de chance, le train duquel il s’est enfuit à été bombardé et il est donc considéré comme mort. Il va alors vivre caché et passer ses journées à observer Cécile, dont il est amoureux.
Tout au long des 2 albums, la narration est excellente, on vit caché avec Julien et le récit nous amène jusqu’à une fin inattendue (même si le titre nous aiguille).
Le dessin est vraiment superbe. Le personnage de Cécile est tout simplement magnifique, ses traits sont tout en beauté. L’ambiance du petit village de sud de la France est également parfaitement rendue.
Un superbe diptyque à posséder absolument !
Je suis obligé de poster sur cette série, car pour moi c’est une référence de la science-fiction tous supports confondus.
Bajram nous propose un excellent scénario basé sur un domaine déjà traité à maintes reprises mais pas toujours évident à maîtriser : les voyages temporels. Ici, il met en avant une théorie parfaitement plausible à laquelle il se tient du début à la fin, d’ailleurs dans le dernier tome il nous dévoile des éléments qui montrent qu’il avait cerné l’intégralité de son récit dès le premier tome. Il en ressort donc une parfaite cohérence des 6 albums. Pour compléter cela, il a su parfaitement jouer avec des personnages charismatiques, à la limite de la caricature, les personnalités de chacun étant très bien utilisées et les dialogues, même s’ils sont parfois un peu complexes car techniques, sont très bons. Il a également construit chaque album de manière intéressante : en début, quelques planches présentant le passé d’un des personnages principaux, et un découpage en chapitre où chacun présente une référence biblique dont on découvrira l’origine à la fin de la série.
Dans un style réaliste, le dessin est de mieux en mieux maîtrisé au fil des albums. Les « acteurs » ont de vraies tronches, mais quelques planches sont un peu sombres et les personnages sont difficiles à discerner. Les décors futuristes et spatiaux sont très réussis. Le découpage sert parfaitement les scènes d’action et apporte une bonne lisibilité. Les 2 derniers tomes ont été réalisés entièrement par informatique et ceci donne un côté plus « lisse » au dessin qui certes ne m’a pas dérangé mais peut dérouter.
A posséder absolument !
Une véritable rareté que ce Mr "Sait-Tout".
Et pourtant, il laisse encore un certain souvenir dans la mémoire des "anciens" lecteurs de l'hebdo Pilote.
C'est en effet dans le n° 105 du 26 Octobre 1961 que les lecteurs -forts amusés- découvrent ce personnage autant sentencieux que loufoque. Une dizaine de récits complets paraîtront ainsi, occasionnellement, jusqu'au n° 309 du 23 Septembre 1965.
Sacré duo que celui formé par Goscinny (que je ne vous présente plus) et Martial (Tony Laflamme, La famille Bottafoin). J'ai ressenti une vraie connivence d'auteurs à la lecture de ces "vieilles" pages qui -l'air de rien- n'ont pas pris une ride. Il faut, bien sûr, essayer de se replonger dans l'humour du début des années 60 ; encore gentillet et politiquement correct.
Mais, n'empêche, Goscinny était un sacré conteur et n'avait pas son pareil pour donner quelques coups de pieds aux "bien pensants" de l'époque.
Avec eux, j'ai passé de vrais bons moments à revivre certains faits historiques ici transformés en "morceaux de bravoure" où l'humour remplace allègrement la sériosité du sujet.
46 ans plus tard, c'est toujours aussi frais, pétillant, hilarant parfois ; et ce grâce au style graphique de Martial qui -par un trait clair et bien lisible- a vraiment la patte pour créer des expressions scéniques bien relevées par l'écriture de Goscinny.
Du beau travail, ancien certes, mais toujours "d'actualité".
J'apprécie beaucoup.
Je n’avais pas été attiré par « Toxic Planet », la première série de Ratte, mais là en voyant cet album, on sent tout de suite quelque chose qui s’en dégage.
Et quand on plonge dans la lecture, on a un vrai plaisir, on ressent un vent de fraîcheur. Tout dans cet album joue sur l’originalité du thème abordé : 3 pères recherchent leurs enfants qui ont tout abandonné pour suivre un certain Jésus de Nazareth et pour devenir ses apôtres, afin de les ramener à la raison. Voilà un postulat sur lequel Ratte a réussi à produire un scénario amusant et prenant où on va suivre les aventures de ces anciens à travers toute la Galilée. Les dialogues sont croustillants, les situations rocambolesques et l’auteur agrémente son récit de nombreux anachronismes qui donnent un humour très plaisant.
Le dessin est à la hauteur du scénario, c'est-à-dire tout en légèreté et très bien maîtrisé. Le style général est très agréable. Le vide des décors est amoindri par une excellente colorisation dans des tons plutôt pâles et qui donnent une ambiance très douce.
Cet excellent 1er tome est très prometteur pour la suite, et donne un vrai plaisir à la lecture.
Avant quand on voyait certains musiciens, on disait que c'était de l'artisanat et pas de l'art. Je m'explique :
Cette série me semble dénuée de toute originalité, et se contente d'agrémenter des ingrédients déjà connus dans ce genre chinois. Mais ce qu'elle fait, elle le réussit à merveille. Autant dans le dessin que dans le rythme de l'intrigue, les références historiques ou ésotériques, les décors naturels ou la psychologie des personnages, c'est impeccable, c'est pro, c'est parfait.
C'est pour ça que je dis que c'est de l'excellent artisanat. Les auteurs ont fournit un travail agréable, qui se lit facilement, qui divertit et qui fait rêver d'horizons lointains, et dont on ressort plus léger.
C'est vraiment un très bon produit. De première qualité.
Situations «dramatiques» faisant place aux plus absurdes, jeux de mots subtils succédant aux calembours improbables, clins d’œil complices, contre-pieds malins… En jouant l’alternance du léger au vaseux, du sérieux à la cocasserie ou de l’intelligence à la crétinerie, les auteurs explorent toute la gamme. Premier, second, énième degré, tout est à déguster dans cette parodie d’aventure, récit humoristique extravagant plein de pirates et de rebondissements. Et si la déconne à tout va semble en être le leitmotiv, le scénario tient carrément la route et se révèle même d’une étonnante cohérence et d’une belle richesse. J’adore, en particulier, la «prise d’élan» sur trois, quatre cases voire une planche, quand les auteurs mitonnent discrètement les préparatifs d’une grosse bêtise: on pressent un pire qui finit, pour notre plus grand bonheur, toujours par arriver. Nous ne bouderons pas non plus notre bonus plaisir, quand l’on devinera, ça et là, poindre un ersatz de critique sociale.
Une fois calé dans l’esprit, on prend un pied terrible avec ces trois tomes. Et pas seulement au niveau des zygomatiques. C’est aussi très agréable pour les mirettes. Le trait à la fois rond et incisif est d’une grande expressivité et d’une puissance comique évidente (visez-moi un peu ces trognes aux yeux exorbités et aux dents à rayer le parquet). Soutenu par une colorisation joliment chaleureuse, c’est le complément parfait d’une ambiance qui arrive efficacement à se renouveler d’opus en opus. Pas de lassitude à l’horizon ! Un ensemble aux multiples vertus hilarantes.
Je clos par une citation dénichée sur le site de la série et qui en reflète assez bien l’humeur :
Si j’étais vivant, j’aurais aimé adapter Ratafia en roman. (Robert-Louis Stevenson)
Avant toute chose, nous sommes tous d’accord pour dire qu’il faut lire cette bd en noir et blanc ; la colorisation lui retire pas mal de son charme.
L’ayant lu très jeune pour la première fois, je n’avais pas remarqué toutes les références bibliques, je n’ai donc pas été dérangé par cette surenchère qui, apparemment, fait gronder certains. Maintenant, je dois reconnaître que Van Hamme ne fait pas vraiment dans l’originalité mais sa narration est très agréable ; c’est un vrai plaisir de dévorer cette œuvre. Il a su parsemer un peu d’humour au milieu de la triste histoire de son Chninkel pour nous amener à son excellent final. Vraiment rien à redire.
Mais cet ouvrage ne serait pas ce qu’il est sans la démonstration que nous offre Rosinski. J’adore sa façon de dessiner les chninkels ; leurs grands yeux noirs, leurs dents de lapin les rendent très attachants et émouvants. On aurait espéré un peu de bonheur pour J’on et G’wel…
Culte sans aucun doute.
"L'hiver d'un monde" est une série passionnante, surtout sous forme d'intégrale, parce qu'elle montre en direct la progression d'un auteur de BD bourré de talent : Mazan.
Chaque tome marque une étape dans la maîtrise du medium "BD" : le premier tome est attachant quoique plein de maladresses (narration lourde, graphisme encore mal défini), le deuxième marque une nette progression, avec l'introduction de l'univers baroque et très personnel de Mazan, mais il y a encore une petite chose qui manque, un peu trop de recul par rapport à l'histoire. Dans le troisième, on a un Mazan qui maîtrise pleinement sa narration, ses ambiances et son histoire, et on se régale.
"L'hiver d'un monde" est donc une chouette série, d'un auteur discret mais attachant et bourré de talent. Cependant, elle n'est pas facile d'approche, et j'aurais tendance à la conseiller surtout à ceux qui connaissent et aiment déjà Mazan. Pour les autres, je leur conseillerais de commencer par Dans le cochon, tout est bon, qui est son album le plus abouti à ce jour.
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Pratiquant de type canapéiste acharné et télévisuel confirmé, j’ai, comme tous les aficionados de ma fratrie, des avis sur tout et rien concernant le monde du ballon rond. Et quand il s’agit de les confronter dans d’amicales réunions sensiblement houblonnées, je dois avouer que cela tourne souvent à un concours de décibels, cacophonie désastreuse aux accents philosophiques plus qu’improbables et à l’efficacité douteuse. Alors, quel n’est pas mon plaisir quand je découvre football football, sorte de «tables de la loi» du grand messie Guillaume. Celui qui détient la vérité. Celui qui dessine tout haut exactement ce que je pense tout bas et que je gueule confusément tout fort. Dans le secret des Dieux du football, il nous apporte une bénéfique lumière aux vertus hilarantes. Une succession de planches ou de strips pseudo pédagogiques qui sont autant de réponses à un courrier des lecteurs franchement fantaisiste. Sous un dessin nerveux aux airs faussement mal dégrossis, mais finalement très expressif, on se régale de chacun des gags et anecdotes. Aucun ne tombe à côté. C’est toujours très décalé, réellement désopilant, inventif, d’un délicieux cynisme et mine de rien, d’une véritable subtilité. On sent transparaître toute la connaissance et l’affection de l’auteur pour ce sport. Si l’on apprécie d’autant mieux cet album quand on est un «spécialiste» au fait de l’actualité, le novice y trouvera tout de même satisfaction, goûtant quelques sympathiques parenthèses ou clins d’oeil musicaux, littéraires et cinématographiques. (98, air connu) Et une... et deux... et quatre étoiles... La lala la la lalalalalala lala la la...
Le Vol du Corbeau
Ce diptyque est lié à Le Sursis mais n’a rien d’une suite. Toujours sur fond de 2ème guerre mondiale, Gibrat nous emmène cette fois au cœur du Paris occupé pour vivre la cavale d’une jeune résistante, Jeanne, accompagnée par un cambrioleur sans scrupules, François. Ici, la sensibilité et l’amour sont moins présents et ont laissé davantage de place à l’action et aux rebondissements. La narration est toujours excellente mais la fin n’est pas au niveau de ce qui avait été fait dans le premier cycle. Au niveau du dessin, rien à redire, il est toujours de très grande qualité et même si les visages féminins de Gibrat se ressemblent beaucoup, ils sont toujours de toute beauté. Le Paris occupé est également tout aussi réussi que le petit village du sud de la France. Peut-être un peu en-deça de Le Sursis, l "Le Vol du Corbeau" reste un excellent diptyque à posséder !
Le Sursis
Sur fond de 2ème guerre mondiale, Gibrat nous conte une histoire magnifique de sensibilité et d’amour. Un jeune homme appelé pour partir à la guerre va sauter du train qui l’emmène et revenir dans son village en ne tenant au courant que sa tante. Par un coup de chance, le train duquel il s’est enfuit à été bombardé et il est donc considéré comme mort. Il va alors vivre caché et passer ses journées à observer Cécile, dont il est amoureux. Tout au long des 2 albums, la narration est excellente, on vit caché avec Julien et le récit nous amène jusqu’à une fin inattendue (même si le titre nous aiguille). Le dessin est vraiment superbe. Le personnage de Cécile est tout simplement magnifique, ses traits sont tout en beauté. L’ambiance du petit village de sud de la France est également parfaitement rendue. Un superbe diptyque à posséder absolument !
Universal War One
Je suis obligé de poster sur cette série, car pour moi c’est une référence de la science-fiction tous supports confondus. Bajram nous propose un excellent scénario basé sur un domaine déjà traité à maintes reprises mais pas toujours évident à maîtriser : les voyages temporels. Ici, il met en avant une théorie parfaitement plausible à laquelle il se tient du début à la fin, d’ailleurs dans le dernier tome il nous dévoile des éléments qui montrent qu’il avait cerné l’intégralité de son récit dès le premier tome. Il en ressort donc une parfaite cohérence des 6 albums. Pour compléter cela, il a su parfaitement jouer avec des personnages charismatiques, à la limite de la caricature, les personnalités de chacun étant très bien utilisées et les dialogues, même s’ils sont parfois un peu complexes car techniques, sont très bons. Il a également construit chaque album de manière intéressante : en début, quelques planches présentant le passé d’un des personnages principaux, et un découpage en chapitre où chacun présente une référence biblique dont on découvrira l’origine à la fin de la série. Dans un style réaliste, le dessin est de mieux en mieux maîtrisé au fil des albums. Les « acteurs » ont de vraies tronches, mais quelques planches sont un peu sombres et les personnages sont difficiles à discerner. Les décors futuristes et spatiaux sont très réussis. Le découpage sert parfaitement les scènes d’action et apporte une bonne lisibilité. Les 2 derniers tomes ont été réalisés entièrement par informatique et ceci donne un côté plus « lisse » au dessin qui certes ne m’a pas dérangé mais peut dérouter. A posséder absolument !
Les Divagations de Mr Sait-Tout
Une véritable rareté que ce Mr "Sait-Tout". Et pourtant, il laisse encore un certain souvenir dans la mémoire des "anciens" lecteurs de l'hebdo Pilote. C'est en effet dans le n° 105 du 26 Octobre 1961 que les lecteurs -forts amusés- découvrent ce personnage autant sentencieux que loufoque. Une dizaine de récits complets paraîtront ainsi, occasionnellement, jusqu'au n° 309 du 23 Septembre 1965. Sacré duo que celui formé par Goscinny (que je ne vous présente plus) et Martial (Tony Laflamme, La famille Bottafoin). J'ai ressenti une vraie connivence d'auteurs à la lecture de ces "vieilles" pages qui -l'air de rien- n'ont pas pris une ride. Il faut, bien sûr, essayer de se replonger dans l'humour du début des années 60 ; encore gentillet et politiquement correct. Mais, n'empêche, Goscinny était un sacré conteur et n'avait pas son pareil pour donner quelques coups de pieds aux "bien pensants" de l'époque. Avec eux, j'ai passé de vrais bons moments à revivre certains faits historiques ici transformés en "morceaux de bravoure" où l'humour remplace allègrement la sériosité du sujet. 46 ans plus tard, c'est toujours aussi frais, pétillant, hilarant parfois ; et ce grâce au style graphique de Martial qui -par un trait clair et bien lisible- a vraiment la patte pour créer des expressions scéniques bien relevées par l'écriture de Goscinny. Du beau travail, ancien certes, mais toujours "d'actualité". J'apprécie beaucoup.
Le Voyage des Pères
Je n’avais pas été attiré par « Toxic Planet », la première série de Ratte, mais là en voyant cet album, on sent tout de suite quelque chose qui s’en dégage. Et quand on plonge dans la lecture, on a un vrai plaisir, on ressent un vent de fraîcheur. Tout dans cet album joue sur l’originalité du thème abordé : 3 pères recherchent leurs enfants qui ont tout abandonné pour suivre un certain Jésus de Nazareth et pour devenir ses apôtres, afin de les ramener à la raison. Voilà un postulat sur lequel Ratte a réussi à produire un scénario amusant et prenant où on va suivre les aventures de ces anciens à travers toute la Galilée. Les dialogues sont croustillants, les situations rocambolesques et l’auteur agrémente son récit de nombreux anachronismes qui donnent un humour très plaisant. Le dessin est à la hauteur du scénario, c'est-à-dire tout en légèreté et très bien maîtrisé. Le style général est très agréable. Le vide des décors est amoindri par une excellente colorisation dans des tons plutôt pâles et qui donnent une ambiance très douce. Cet excellent 1er tome est très prometteur pour la suite, et donne un vrai plaisir à la lecture.
Le Sabre et l'épée
Avant quand on voyait certains musiciens, on disait que c'était de l'artisanat et pas de l'art. Je m'explique : Cette série me semble dénuée de toute originalité, et se contente d'agrémenter des ingrédients déjà connus dans ce genre chinois. Mais ce qu'elle fait, elle le réussit à merveille. Autant dans le dessin que dans le rythme de l'intrigue, les références historiques ou ésotériques, les décors naturels ou la psychologie des personnages, c'est impeccable, c'est pro, c'est parfait. C'est pour ça que je dis que c'est de l'excellent artisanat. Les auteurs ont fournit un travail agréable, qui se lit facilement, qui divertit et qui fait rêver d'horizons lointains, et dont on ressort plus léger. C'est vraiment un très bon produit. De première qualité.
Ratafia
Situations «dramatiques» faisant place aux plus absurdes, jeux de mots subtils succédant aux calembours improbables, clins d’œil complices, contre-pieds malins… En jouant l’alternance du léger au vaseux, du sérieux à la cocasserie ou de l’intelligence à la crétinerie, les auteurs explorent toute la gamme. Premier, second, énième degré, tout est à déguster dans cette parodie d’aventure, récit humoristique extravagant plein de pirates et de rebondissements. Et si la déconne à tout va semble en être le leitmotiv, le scénario tient carrément la route et se révèle même d’une étonnante cohérence et d’une belle richesse. J’adore, en particulier, la «prise d’élan» sur trois, quatre cases voire une planche, quand les auteurs mitonnent discrètement les préparatifs d’une grosse bêtise: on pressent un pire qui finit, pour notre plus grand bonheur, toujours par arriver. Nous ne bouderons pas non plus notre bonus plaisir, quand l’on devinera, ça et là, poindre un ersatz de critique sociale. Une fois calé dans l’esprit, on prend un pied terrible avec ces trois tomes. Et pas seulement au niveau des zygomatiques. C’est aussi très agréable pour les mirettes. Le trait à la fois rond et incisif est d’une grande expressivité et d’une puissance comique évidente (visez-moi un peu ces trognes aux yeux exorbités et aux dents à rayer le parquet). Soutenu par une colorisation joliment chaleureuse, c’est le complément parfait d’une ambiance qui arrive efficacement à se renouveler d’opus en opus. Pas de lassitude à l’horizon ! Un ensemble aux multiples vertus hilarantes. Je clos par une citation dénichée sur le site de la série et qui en reflète assez bien l’humeur : Si j’étais vivant, j’aurais aimé adapter Ratafia en roman. (Robert-Louis Stevenson)
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Avant toute chose, nous sommes tous d’accord pour dire qu’il faut lire cette bd en noir et blanc ; la colorisation lui retire pas mal de son charme. L’ayant lu très jeune pour la première fois, je n’avais pas remarqué toutes les références bibliques, je n’ai donc pas été dérangé par cette surenchère qui, apparemment, fait gronder certains. Maintenant, je dois reconnaître que Van Hamme ne fait pas vraiment dans l’originalité mais sa narration est très agréable ; c’est un vrai plaisir de dévorer cette œuvre. Il a su parsemer un peu d’humour au milieu de la triste histoire de son Chninkel pour nous amener à son excellent final. Vraiment rien à redire. Mais cet ouvrage ne serait pas ce qu’il est sans la démonstration que nous offre Rosinski. J’adore sa façon de dessiner les chninkels ; leurs grands yeux noirs, leurs dents de lapin les rendent très attachants et émouvants. On aurait espéré un peu de bonheur pour J’on et G’wel… Culte sans aucun doute.
L'Hiver d'un monde
"L'hiver d'un monde" est une série passionnante, surtout sous forme d'intégrale, parce qu'elle montre en direct la progression d'un auteur de BD bourré de talent : Mazan. Chaque tome marque une étape dans la maîtrise du medium "BD" : le premier tome est attachant quoique plein de maladresses (narration lourde, graphisme encore mal défini), le deuxième marque une nette progression, avec l'introduction de l'univers baroque et très personnel de Mazan, mais il y a encore une petite chose qui manque, un peu trop de recul par rapport à l'histoire. Dans le troisième, on a un Mazan qui maîtrise pleinement sa narration, ses ambiances et son histoire, et on se régale. "L'hiver d'un monde" est donc une chouette série, d'un auteur discret mais attachant et bourré de talent. Cependant, elle n'est pas facile d'approche, et j'aurais tendance à la conseiller surtout à ceux qui connaissent et aiment déjà Mazan. Pour les autres, je leur conseillerais de commencer par Dans le cochon, tout est bon, qui est son album le plus abouti à ce jour.