Note approximative : 3.5/5
Malgré sa belle et intrigante couverture, je m'attendais à trouver en cet album une "nouvelle BD d'aéronautique" et rien de plus. Je fus du coup bien surpris d'y découvrir une intrigue vraiment originale, mettant en scène une grosse part de fantastique.
Dès le départ, le décor historique m'a séduit. Fin de seconde guerre mondiale dans le camp Allemand, à l'époque où la Luftwaffe testait ses "armes secrètes", les Messerschmidt 262, les tous premiers avions à réaction de combat. Véritables bombes volantes, aussi puissantes que capricieuses et dangereuses, les manoeuvrer était une vraie gageure pour les jeunes pilotes débutants enrôlés à la hâte en cette époque de décadence du Reich.
Ces appareils sont présentés de manière très technique, ce qui ravira les amateurs d'aéronautique pure et dure. Les explications sont parfois un peu longues mais très intéressantes.
Mais que cela ne rebute pas les autres lecteurs car il y a bien plus que cela dans cette BD.
Il y a tout d'abord ce décor historique très bien rendu, où un grand nombre d'Allemands commençaient à se rebeller contre le nazisme ou à déserter et où les rivalités entre corps armés reflétaient le chaos politique et stratégique du moment. Il y a ensuite des personnages crédibles, jeunes officiers militaires hésitant entre leur nation et l'envie de fuir la guerre et le parti national-socialiste qu'ils rejettent.
Et puis il y a cette grosse part de fantastique sous les traits d'un chien doué de parole, sorte d'avatar d'un démon infiltré parmi les hommes pour les corrompre. Faust revisité dans l'univers des aviateurs. Très intéressant et franchement intriguant car ce premier tome ne permet pas de cerner encore les intentions de ce diable à quatre pattes.
Quant au dessin, il est dans un style ligne claire rappelant quelques grands classiques. Les avions et décors sont très bien rendus et rehaussés par de sobres mais excellentes couleurs. Les visages, eux, rappellent ceux des anciens Buck Danny. Il faut avouer que ceux-ci ne sont hélas pas le point fort de l'auteur, leur aspect étant parfois un peu étrange dès qu'ils ne sont plus de face ou de profil. Cela ne gâche cependant pas la lecture et donne un aspect rétro assez sympathique à l'ensemble.
Bref, voilà une bonne surprise, qui pêche un petit peu par le graphisme des visages des personnages et par quelques explications techniques parfois trop longues, mais qui me donne franchement envie de lire la suite.
Bon, vous ne connaissez pas encore le cynisme de Didier Conrad et sa passion pour l'Asie et pour l'Inde, en l'occurrence. Un amour de l'inde, une grande admiration pour ses moeurs, pour les coutumes, les paysages et une compassion pour son côté sordide. Un croisement entre Les Innommables et Donito (le petit pêcheur de perles) pour ceux qui connaissent.
Des planches aux couleurs variées et parfois resplendissantes qui témoignent d'une grande patience. A travers cette histoire dure et glauque, il est vrai, il y a une vraie poésie qui se dégage. Conrad a arrêté de mettre ses albums en couleurs et on le regrette vraiment.
On n'est pas très loin de La Mousson de Louis Bromfield et de La Cité de la joie de Dominique Lapierre. Une chronique au vitriol des bas-fond indiens et d'un étranger qui s'y perd, une malédiction qui s'abat sur les propriétaires d'une étrange statuette. Une oeuvre qui a confirmé ma passion pour ce pays.
Monsieur Khol est une de ces rares oeuvres qui peut toucher, émouvoir, laisser contemplatif comme elle peut laisser indifférent, ennuyer donc elle peut diviser son lectorat.
On pourrait s'arrêter à ces simples détails car toute oeuvre se doit d'être pertinente si elle se veut être reconnue. Or ce n'est pas nécessairement le cas ici et c'est finalement ce que l'on peut en retenir.
Car comme la vie de votre voisin peut vous paraître banale, elle peut être pour son entourage riche d'apprentissages... C'est le cas de celle de Monsieur Khol, car Monsieur Khol est comptable, vit seul et mène une vie on ne peut plus simple...
Pour des raisons médicales (spleen ?), il se doit de partir se reposer et se ressourcer en campagne où il fera une rencontre capitale : une amoureuse ? non, celle de lui-même !!!
Ainsi se résume ce joli conte publié dans un format inhabituel à l'italienne ; la seule particularité de Monsieur Khol ? Son visage vide se dessine au fur et à mesure que le récit se déroule sous nos yeux, le personnage se découvrant littéralement... L'intérêt de cette oeuvre ? De belles aquarelles et beaucoup d'émotion à mon sens selon le moment et la façon dont on la lira car Monsieur Khol c'est un peu vous et/ou moi ! A découvrir absolument pour tout amateur des peintures de Van Gogh !
"Le petit Spirou", c'est tout une tranche de mon enfance.... Euh ah non ! Je confonds avec Spirou et Fantasio ;)
En fait Spirou repris par Tome & Janry, après les errances d'un Fournier et de sa boîte noire que je préfère oublier, m'a réellement enthousiasmé au point de me remémorer les aventures de Franquin, ma période préférée et dans le magazine Spirou (tiens, tiens), Tome & Janry forts de leur succès offrent de bien sympathiques petits cadeaux dont des aventures de Spirou enfant sur une dizaine de planches ou moins et c'est ainsi que naquit le petit Spirou, doté d'une collection de qualité qui lui est propre !
La force de l'ouvrage, c'est de couper court à toutes références rappelant les aventures du grand Spirou et de proposer un personnage qui va se forger une identité propre et abandonner tous les tics jusqu'à n'avoir plus qu'en commun le costume de groom et le prénom.
Et ? ça marche ! Les gags sont certes pipi-caca mais d'un cran bien au dessus du Titeuf qui a du être bien mal inspiré par "Le Petit Spirou" ! De personnages immédiatement identifiables comme le prof de sport ou Monsieur le Curé, on entre de plein pied dans un univers codifié et qui décroche facilement rires et sourires sous formes de strips ou de mini aventures !
Après cela devient variable car l'inspiration se tarit au fur et à mesure mais franchement comment résister à chaque nouvel album ? Un pari réussi et une bd attachante au trait vivifiant qui évite les pièges vulgaires que Titeuf n'a pas su contourner !
Cet album aurait pu s'appeler "Confluences".
Confluences parce que c'est l'histoire de deux destins qui se rencontrent.
Salpatrès, un peu savant fou, passionné, avec Léda, solaire, mystérieuse, insaisissable, diaphane.
Confluences parce que le titre évoque un lieu où l'on se croise, où l'on s'arrête parfois pour regarder autour de soi. Un lieu qui joue un rôle particulier dans l'histoire (on s'en serait douté, sinon l'auteur l'aurait titrée "pas le pont"). C'est un lieu qui forme une boucle, curieusement, mais je ne peux en dire plus, il faut lire l'album pour comprendre.
Confluences parce que le style graphique de Christian Durieux est aux confins de celui d'autres auteurs connus : Leo, Bonhomme, Andreas, Blutch... des auteurs dont j'apprécie le style, et dont la parenté me fait aimer celui de Durieux, que je découvre à l'occasion de cet album. Certaines planches ont une qualité presque hypnotique, le regard très particulier de Salpatrès n'y étant probablement pas étranger.
Confluences enfin parce que c'est la rencontre d'un auteur méconnu et d'un éditeur qui trace un sillon très particulier, mais remarquable, dans la BD contemporaine.
"Le Pont" comporte des éléments de fantastique, ainsi qu'une romance dévorante, brûlante, mais c'est avant tout un formidable voyage vers des contrées inconnues, autant que vers la folie et l'oubli.
La Boucherie (Loïc Dauvillier, Thibault Poursin)
S’il est question de boucherie dans ce volume ce n’est pas seulement de par la boutique du village : tous les habitants du lieu, réunis autour du bistro, sont chacun leur tour bouchers dans l’âme. C’est un petit livre tranquille et cruel dont le personnage principal est… l’ennui chronique qui mine ces âmes rustres mais non dénuées d’épaisseur : le boucher qui est aussi le docteur du village, la mégère régulièrement visée par un cycliste lors de ses traversées, l’instituteur cynique… Tout ce petit monde à la fois attachant et répugnant est joliment croqué par une plume subtile et dansante, une trame sans artifice qui va à l’essentiel du personnage. C’est du Balzac revisité, on en redemande.
Evidement, pour apprécier Dilbert, il faut avoir un minimum d’expérience professionnelle, si possible dans une boite informatique. Sinon on risque de complètement passer à coté des innombrables clins d’œil aux situations tellement illogiques, énervantes et frustrantes que l’on rencontre tous les jours dans une boite portée sur le profit et la productivité.
Adam Scott est un génie, qui de toute évidence maitrise son sujet à la perfection. Alors certes c’est un peu répétitif, et c’est plus le genre de gag à lire sur le web, acheter des albums me parait un peu inutile. Mais pour moi, Dilbert est une série essentielle pour dédramatiser un peu, se sentir moins seul, se dire que « mon chef de projet est complètement idiot, mais je vois qu’il n’est pas le seul, ouf ».
Quelle superbe histoire ! Je ne sais par ou commencer. Elle est longue, variée, originale et pleine de sentiments. Le héros J’on, est très attachant. Il est gentil, fragile, et se plaint tout le temps. Il faut dire que la tache qui lui a été confiée est bien périlleuse.
Le dessin est superbe, mais en noir et blanc. Moi cela ne m’as posé aucun problème, mais si vous y êtes vraiment allergique, sachez que la BD a été rééditée en 3 tomes couleurs. Les textes sont bien écrits, les paysages variés, les races rencontrées d ‘une diversité étonnante.
La fin est vraiment grandiose, et rapproche l’histoire de la religion chrétienne. Une des meilleur fin de BD que j’ai jamais lu.
Bref, hop, un 5/5 pour ce chef d’œuvre. A lire de toute urgence si vous aimez les grande aventures féeriques !
Ah, Polly et les Pirates, j’adore! C’est léger, rigolo, et rempli d’aventure et de pirateries en tout genre. Le 1er tome est sympa, mais l’histoire décolle selon moi au 2d tome. Certains échanges entre Polly la prude et les pirates grossiers aux accents primaires sont à mourir de rire.
Bref, rien de bien nouveau sous le soleil de Polly, mais moi je suis tombé sous le charme… Si vous aviez aimé Courtney Crumrin, Polly et les pirates ne devrait pas vous décevoir.
Une petite remarque sur le format de l’édition française : Les Humanoïdes Associés ont décidé d’européaniser les comic book originaux (petit format, noir et blanc, couverture souple) en sortant un grand format cartonné, et colorisé. Bon pour le format je comprends, l’éditeur souhaite sans doute toucher une audience plus large…
Mais pourquoi avoir ajouté de la couleur au très beau noir et blanc de Ted Naifeh ? Le noir et blanc avait été respecté pour Courtney Crumrin, je suis donc un peu surpris. Bon, c’est pas bien grave, mais ça dénature un peu l’œuvre je trouve.
Enfin, le prix fait mal… l’intégrale petit format noir et blanc en VO coûte 10 euros … soit à peine plus que un seul tome de la VF ! (et je vous rappelle qu’il y en aura 6 !). Si lire la VO ne vous dérange pas, tournez-vous plutôt vers cette dernière.
J’ai trouvé ce manga aussi émouvant que les meilleurs Taniguchi, ce qui n’est pas peu dire. Certes c’est un peu plus larmoyant (comme le dit ThePatrick ci-dessous) et un peu plus typé manga (bonjour les têtes déformées et autres gouttes de sueur sur le front), mais au final mon plaisir de lecture a été aussi grand.
Les deux histoires sont biens, mais j’ai une préférence pour la 1ere, celle du cheminot, que j’ai trouvée touchante, triste, joyeuse, poétique, drôle (que de qualificatifs contradictoires), j’en avais le cœur serré après lecture (toujours un bon signe). La vie de ce cheminot qui sacrifie sa famille pour son travail, sans vraiment réaliser ce qu’il fait, est tout simplement poignante. Et la fin est tellement belle, tellement poétique et optimiste.
La 2eme histoire, « Love letter », est un peu plus bancale, mais finalement très belle aussi.
Le dessin est magnifique, lui aussi assez proche de ce que fait Taniguchi, mais peut-être encore plus fin et détaillé.
Et pour couronner le tout, le bouquin lui-même est très chouette. C’est certes un petit format, mais la couverture sous liseuse est très belle, les quelques premières pages de chaque histoire sont en couleurs, et une biographie des auteurs est incluse !
Vraiment mon coup de coeur du moment.
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Ciel en ruine
Note approximative : 3.5/5 Malgré sa belle et intrigante couverture, je m'attendais à trouver en cet album une "nouvelle BD d'aéronautique" et rien de plus. Je fus du coup bien surpris d'y découvrir une intrigue vraiment originale, mettant en scène une grosse part de fantastique. Dès le départ, le décor historique m'a séduit. Fin de seconde guerre mondiale dans le camp Allemand, à l'époque où la Luftwaffe testait ses "armes secrètes", les Messerschmidt 262, les tous premiers avions à réaction de combat. Véritables bombes volantes, aussi puissantes que capricieuses et dangereuses, les manoeuvrer était une vraie gageure pour les jeunes pilotes débutants enrôlés à la hâte en cette époque de décadence du Reich. Ces appareils sont présentés de manière très technique, ce qui ravira les amateurs d'aéronautique pure et dure. Les explications sont parfois un peu longues mais très intéressantes. Mais que cela ne rebute pas les autres lecteurs car il y a bien plus que cela dans cette BD. Il y a tout d'abord ce décor historique très bien rendu, où un grand nombre d'Allemands commençaient à se rebeller contre le nazisme ou à déserter et où les rivalités entre corps armés reflétaient le chaos politique et stratégique du moment. Il y a ensuite des personnages crédibles, jeunes officiers militaires hésitant entre leur nation et l'envie de fuir la guerre et le parti national-socialiste qu'ils rejettent. Et puis il y a cette grosse part de fantastique sous les traits d'un chien doué de parole, sorte d'avatar d'un démon infiltré parmi les hommes pour les corrompre. Faust revisité dans l'univers des aviateurs. Très intéressant et franchement intriguant car ce premier tome ne permet pas de cerner encore les intentions de ce diable à quatre pattes. Quant au dessin, il est dans un style ligne claire rappelant quelques grands classiques. Les avions et décors sont très bien rendus et rehaussés par de sobres mais excellentes couleurs. Les visages, eux, rappellent ceux des anciens Buck Danny. Il faut avouer que ceux-ci ne sont hélas pas le point fort de l'auteur, leur aspect étant parfois un peu étrange dès qu'ils ne sont plus de face ou de profil. Cela ne gâche cependant pas la lecture et donne un aspect rétro assez sympathique à l'ensemble. Bref, voilà une bonne surprise, qui pêche un petit peu par le graphisme des visages des personnages et par quelques explications techniques parfois trop longues, mais qui me donne franchement envie de lire la suite.
Le Piège Malais
Bon, vous ne connaissez pas encore le cynisme de Didier Conrad et sa passion pour l'Asie et pour l'Inde, en l'occurrence. Un amour de l'inde, une grande admiration pour ses moeurs, pour les coutumes, les paysages et une compassion pour son côté sordide. Un croisement entre Les Innommables et Donito (le petit pêcheur de perles) pour ceux qui connaissent. Des planches aux couleurs variées et parfois resplendissantes qui témoignent d'une grande patience. A travers cette histoire dure et glauque, il est vrai, il y a une vraie poésie qui se dégage. Conrad a arrêté de mettre ses albums en couleurs et on le regrette vraiment. On n'est pas très loin de La Mousson de Louis Bromfield et de La Cité de la joie de Dominique Lapierre. Une chronique au vitriol des bas-fond indiens et d'un étranger qui s'y perd, une malédiction qui s'abat sur les propriétaires d'une étrange statuette. Une oeuvre qui a confirmé ma passion pour ce pays.
Monsieur Khol
Monsieur Khol est une de ces rares oeuvres qui peut toucher, émouvoir, laisser contemplatif comme elle peut laisser indifférent, ennuyer donc elle peut diviser son lectorat. On pourrait s'arrêter à ces simples détails car toute oeuvre se doit d'être pertinente si elle se veut être reconnue. Or ce n'est pas nécessairement le cas ici et c'est finalement ce que l'on peut en retenir. Car comme la vie de votre voisin peut vous paraître banale, elle peut être pour son entourage riche d'apprentissages... C'est le cas de celle de Monsieur Khol, car Monsieur Khol est comptable, vit seul et mène une vie on ne peut plus simple... Pour des raisons médicales (spleen ?), il se doit de partir se reposer et se ressourcer en campagne où il fera une rencontre capitale : une amoureuse ? non, celle de lui-même !!! Ainsi se résume ce joli conte publié dans un format inhabituel à l'italienne ; la seule particularité de Monsieur Khol ? Son visage vide se dessine au fur et à mesure que le récit se déroule sous nos yeux, le personnage se découvrant littéralement... L'intérêt de cette oeuvre ? De belles aquarelles et beaucoup d'émotion à mon sens selon le moment et la façon dont on la lira car Monsieur Khol c'est un peu vous et/ou moi ! A découvrir absolument pour tout amateur des peintures de Van Gogh !
Le Petit Spirou
"Le petit Spirou", c'est tout une tranche de mon enfance.... Euh ah non ! Je confonds avec Spirou et Fantasio ;) En fait Spirou repris par Tome & Janry, après les errances d'un Fournier et de sa boîte noire que je préfère oublier, m'a réellement enthousiasmé au point de me remémorer les aventures de Franquin, ma période préférée et dans le magazine Spirou (tiens, tiens), Tome & Janry forts de leur succès offrent de bien sympathiques petits cadeaux dont des aventures de Spirou enfant sur une dizaine de planches ou moins et c'est ainsi que naquit le petit Spirou, doté d'une collection de qualité qui lui est propre ! La force de l'ouvrage, c'est de couper court à toutes références rappelant les aventures du grand Spirou et de proposer un personnage qui va se forger une identité propre et abandonner tous les tics jusqu'à n'avoir plus qu'en commun le costume de groom et le prénom. Et ? ça marche ! Les gags sont certes pipi-caca mais d'un cran bien au dessus du Titeuf qui a du être bien mal inspiré par "Le Petit Spirou" ! De personnages immédiatement identifiables comme le prof de sport ou Monsieur le Curé, on entre de plein pied dans un univers codifié et qui décroche facilement rires et sourires sous formes de strips ou de mini aventures ! Après cela devient variable car l'inspiration se tarit au fur et à mesure mais franchement comment résister à chaque nouvel album ? Un pari réussi et une bd attachante au trait vivifiant qui évite les pièges vulgaires que Titeuf n'a pas su contourner !
Le Pont
Cet album aurait pu s'appeler "Confluences". Confluences parce que c'est l'histoire de deux destins qui se rencontrent. Salpatrès, un peu savant fou, passionné, avec Léda, solaire, mystérieuse, insaisissable, diaphane. Confluences parce que le titre évoque un lieu où l'on se croise, où l'on s'arrête parfois pour regarder autour de soi. Un lieu qui joue un rôle particulier dans l'histoire (on s'en serait douté, sinon l'auteur l'aurait titrée "pas le pont"). C'est un lieu qui forme une boucle, curieusement, mais je ne peux en dire plus, il faut lire l'album pour comprendre. Confluences parce que le style graphique de Christian Durieux est aux confins de celui d'autres auteurs connus : Leo, Bonhomme, Andreas, Blutch... des auteurs dont j'apprécie le style, et dont la parenté me fait aimer celui de Durieux, que je découvre à l'occasion de cet album. Certaines planches ont une qualité presque hypnotique, le regard très particulier de Salpatrès n'y étant probablement pas étranger. Confluences enfin parce que c'est la rencontre d'un auteur méconnu et d'un éditeur qui trace un sillon très particulier, mais remarquable, dans la BD contemporaine. "Le Pont" comporte des éléments de fantastique, ainsi qu'une romance dévorante, brûlante, mais c'est avant tout un formidable voyage vers des contrées inconnues, autant que vers la folie et l'oubli.
La Boucherie
La Boucherie (Loïc Dauvillier, Thibault Poursin) S’il est question de boucherie dans ce volume ce n’est pas seulement de par la boutique du village : tous les habitants du lieu, réunis autour du bistro, sont chacun leur tour bouchers dans l’âme. C’est un petit livre tranquille et cruel dont le personnage principal est… l’ennui chronique qui mine ces âmes rustres mais non dénuées d’épaisseur : le boucher qui est aussi le docteur du village, la mégère régulièrement visée par un cycliste lors de ses traversées, l’instituteur cynique… Tout ce petit monde à la fois attachant et répugnant est joliment croqué par une plume subtile et dansante, une trame sans artifice qui va à l’essentiel du personnage. C’est du Balzac revisité, on en redemande.
Dilbert
Evidement, pour apprécier Dilbert, il faut avoir un minimum d’expérience professionnelle, si possible dans une boite informatique. Sinon on risque de complètement passer à coté des innombrables clins d’œil aux situations tellement illogiques, énervantes et frustrantes que l’on rencontre tous les jours dans une boite portée sur le profit et la productivité. Adam Scott est un génie, qui de toute évidence maitrise son sujet à la perfection. Alors certes c’est un peu répétitif, et c’est plus le genre de gag à lire sur le web, acheter des albums me parait un peu inutile. Mais pour moi, Dilbert est une série essentielle pour dédramatiser un peu, se sentir moins seul, se dire que « mon chef de projet est complètement idiot, mais je vois qu’il n’est pas le seul, ouf ».
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Quelle superbe histoire ! Je ne sais par ou commencer. Elle est longue, variée, originale et pleine de sentiments. Le héros J’on, est très attachant. Il est gentil, fragile, et se plaint tout le temps. Il faut dire que la tache qui lui a été confiée est bien périlleuse. Le dessin est superbe, mais en noir et blanc. Moi cela ne m’as posé aucun problème, mais si vous y êtes vraiment allergique, sachez que la BD a été rééditée en 3 tomes couleurs. Les textes sont bien écrits, les paysages variés, les races rencontrées d ‘une diversité étonnante. La fin est vraiment grandiose, et rapproche l’histoire de la religion chrétienne. Une des meilleur fin de BD que j’ai jamais lu. Bref, hop, un 5/5 pour ce chef d’œuvre. A lire de toute urgence si vous aimez les grande aventures féeriques !
Polly et les Pirates
Ah, Polly et les Pirates, j’adore! C’est léger, rigolo, et rempli d’aventure et de pirateries en tout genre. Le 1er tome est sympa, mais l’histoire décolle selon moi au 2d tome. Certains échanges entre Polly la prude et les pirates grossiers aux accents primaires sont à mourir de rire. Bref, rien de bien nouveau sous le soleil de Polly, mais moi je suis tombé sous le charme… Si vous aviez aimé Courtney Crumrin, Polly et les pirates ne devrait pas vous décevoir. Une petite remarque sur le format de l’édition française : Les Humanoïdes Associés ont décidé d’européaniser les comic book originaux (petit format, noir et blanc, couverture souple) en sortant un grand format cartonné, et colorisé. Bon pour le format je comprends, l’éditeur souhaite sans doute toucher une audience plus large… Mais pourquoi avoir ajouté de la couleur au très beau noir et blanc de Ted Naifeh ? Le noir et blanc avait été respecté pour Courtney Crumrin, je suis donc un peu surpris. Bon, c’est pas bien grave, mais ça dénature un peu l’œuvre je trouve. Enfin, le prix fait mal… l’intégrale petit format noir et blanc en VO coûte 10 euros … soit à peine plus que un seul tome de la VF ! (et je vous rappelle qu’il y en aura 6 !). Si lire la VO ne vous dérange pas, tournez-vous plutôt vers cette dernière.
Love letter / Poppoya (Le Cheminot)
J’ai trouvé ce manga aussi émouvant que les meilleurs Taniguchi, ce qui n’est pas peu dire. Certes c’est un peu plus larmoyant (comme le dit ThePatrick ci-dessous) et un peu plus typé manga (bonjour les têtes déformées et autres gouttes de sueur sur le front), mais au final mon plaisir de lecture a été aussi grand. Les deux histoires sont biens, mais j’ai une préférence pour la 1ere, celle du cheminot, que j’ai trouvée touchante, triste, joyeuse, poétique, drôle (que de qualificatifs contradictoires), j’en avais le cœur serré après lecture (toujours un bon signe). La vie de ce cheminot qui sacrifie sa famille pour son travail, sans vraiment réaliser ce qu’il fait, est tout simplement poignante. Et la fin est tellement belle, tellement poétique et optimiste. La 2eme histoire, « Love letter », est un peu plus bancale, mais finalement très belle aussi. Le dessin est magnifique, lui aussi assez proche de ce que fait Taniguchi, mais peut-être encore plus fin et détaillé. Et pour couronner le tout, le bouquin lui-même est très chouette. C’est certes un petit format, mais la couverture sous liseuse est très belle, les quelques premières pages de chaque histoire sont en couleurs, et une biographie des auteurs est incluse ! Vraiment mon coup de coeur du moment.