Un excellent album d'aventure. Svend, c'est une histoire d'hommes, de vrais, de baroudeurs, qui apprennent bien à leur dépend que les femmes n'ont rien à leur envier, pour ce qui est de tirer leur épingle du jeu dans des affaires (plutôt) troubles.
Un magot, une révolution, des paysages tropicaux... tout cela est bien connu, mais Pratt sait bâtir un récit, fait preuve d'une grande intelligence dans ses dialogues qui définissent une belle brochette de personnages et ajoute la touche d'humour qui rend l'ensemble ironique et sans prétention.
Coté graphisme, c'est un Pratt en grande forme, un trait détaillé et puissant, tout en souplesse et atmosphère, l'exotisme réussit à l'auteur. La mise en couleur est plus décorative qu'autre chose, le dessin de l'auteur est tellement vivant qu'il ne prend sa vraie valeur que dans la version noir et blanc.
Bref, action et humour, servi avec talent et esprit, pourquoi s'en priver ?
Vraiment pas mal !
Pourtant, je ne suis pas fan de Trondheim à l’origine. Mais le récit qu’il propose ici est piquant dans le verbe et assez marrant par moment. La terrible loi de manger ou être mangé est mise en images à travers la destinée d’un petit fennec qui doit user de mille subterfuges pour garder la vie sauve. Bien que cruel et sarcastique, le traitement humoristique de l’histoire donne un décalage bienvenu pour apprécier pleinement cette bd. Les planches de Yoann tout en aquarelles donnent de la fraîcheur aux propos de Lewis.
Bref, une bd piquante et délicieuse pour toute la famille!
Euh comment, je vais pouvoir justifier ça, mettre la note maximale à une série qui vient de commencer. Et pourquoi pas d'ailleurs, il y a bien des séries non terminées qui figure dans les immanquables et celle-ci le mérite sûrement plus que d'autres.
Bah en gros ça fait 3 jours que je l’ai lue et j’en ai encore plein la tête, c’est beau, magnifique, à tomber. On en prend plein les mirettes ; Alex Alice réalise là un exploit, 80 pages pour raconter euh… pas grand-chose mais il arrive à nous captiver grâce à une mise en scène au diapason.
En plus moi, j’avais jamais entendu parler de cette histoire, donc j’ai vraiment plongé la tête la première. Avec, encore une fois, un aussi bon graphisme et d’aussi sublimes couleurs, on est forcément conquis. En espérant que la suite sera du même acabit avec un scénario un poil plus consistant.
Nicolas Jarry est un jeune scénariste qui commence à multiplier les succès, et cette série est une des premières qu’il ait écrite.
Je suis un adepte de tous les récits qui s’applique à donner des mondes futuristes réalistes, mais quand tout ceci tourne à une ambiance cyberpunk, j’ai beaucoup plus de mal à accrocher. Au vu du sujet traité, j’avais donc quelques craintes. Ce récit nous plonge dans une immense cité, Magon, au cœur d’une période post-apocalyptique glaciaire. Cette ville abrite une intelligence biocybernétique qui prolifère et qui s’étend afin de prendre le contrôle de toute la ville. Nous allons suivre 2 agents chargés d’endiguer ce phénomène, Giss qui va découvrir que son destin est directement lié à l’IBC et Asmo une sorte d’enfant martyre de ce monde sans pitié.
La prolifération des termes « cyber » dans ce genre de récit a pour habitude de me donner la nausée, mais dans cette série je dois dire que j’ai été accroché et que tout ceci confère à une atmosphère vraiment prenante. On est rapidement plongé dans ce monde qui essaye simplement de survivre alors qu’il est plongé dans un froid polaire et que le soleil n’a plus traversé les nuages depuis des centaines d’années. Les évènements s’enchaînent à grande vitesse et on suit l’évolution de Giss avec beaucoup de plaisir et même si ce personnage est très classique, une sorte d’élu à la Néo, il est très attachant. Le second personnage, Asmo, est beaucoup plus profond (un enfant dont le destin a été brisé par des êtres sans scrupules) et apporte un plus incontestable à la lecture. L’intrigue quant à elle est très vivante, très agréable à suivre car il n’y a pas beaucoup de temps mort. Elle fait intervenir des personnages et des castes différentes qui ont chacun leur propres objectifs. Jarry sait également soutenir les mystères afin de donner du piment et l’envie au lecteur de poursuivre l’aventure.
Le dessin et particulièrement les couleurs sont pour beaucoup dans l’atmosphère apocalyptique très réussie. Les ambiances extérieures toutes en dégradés de rouges pâles, donne un mélange chaud et froid qui correspond parfaitement au scénario. Le style graphique emprunte un peu du manga et confère des expressions réussies aux personnages mais également des attitudes vivantes. Les décors font dans le gothique ce qui convient parfaitement et ajoute à l’atmosphère globale de cette série.
Il ne reste plus qu’un tome (le 6ème) pour avoir le dénouement de cette série qui est indispensable pour ceux qui apprécient les ambiances apocalyptiques / gothiques, et qui peut également ravir les autres.
Ma note réelle serait plutôt 3,5/5.
Pour ce qui est du dessin des 3 tomes, je ne trouve pas ça impeccable mais ça reste correct. Certains visages ne sont pas terribles, certains arrière-plans manquent de décor, bien que pour certaines scènes, l'arrière plan, plus sobre, colle très bien avec l'histoire. Mais ce n'est pas là que ça me gène le plus, c'est les couleurs, oulala, pas terribles du tout. Je n'aime pas du tout le rendu, enfin c'est mon opinion, les goûts et les couleurs, hein...
Sinon pour ce qui est de l'histoire, là je trouve ça très sympa et très intéressant, bien qu'il est vrai comme dit dans les autres commentaires, ça manque d'originalité cette histoire de mondes parallèles (un pour le bien, un pour le mal, un pour les hommes, un pour les combats bien/mal,...), ça fait penser à d'autres histoires (Hellblazer/John Constantine entre autres, avec la ressemblance du mortel qui est là pour essayer de maintenir une paix entre le bien et le mal et qui a été choisi malgré lui). Mais franchement même si l'histoire manque d'originalité, le scénario est impeccablement bien tourné. Il tient bien en haleine le lecteur ce qui fait de lui un bon thriller. Le coté anges du bien, anges déchus, dieu, et compagnie, fait de cette BD un bon mélange Fantastique/Esotérisme.
Donc pour les fans du genre, ou pour ceux qui ne connaissent pas ce genre de récit, je recommande vivement cette BD.
Une série hors du commun. Des dessins magnifiques, un noir et blanc majestueux. Une histoire des plus originale avec des rebondissements incessants et des plages latentes comme si on y était. En bref, une série rare à découvrir ou redécouvrir absolument.
Ovni subversif, nouvelle vague de la Bande dessinée moderne, troisième âge d’or, autant de qualificatifs élogieux dénichés ça et là sur la toile, et qui, loin d’être galvaudés, témoignent de l’immense engouement qui croit autour de Mutafukaz. C’est amplement mérité. Avec cette œuvre, Run nous offre un univers personnel totalement fou et unique qui confirme l’évidence de son talent.
Un melting pot extraordinaire. Alternance de styles graphiques, multiplicité inventive des formes narratives, brassage d’influences et de références diverses, audacieux mélange des genres (voir l’excellent avis de Ro pour le détail), une succession de chocs, de claques dans la gueule, aussi bien esthétiques qu’émotionnels. Des personnages originaux, un humour pimenté et décalé pour un scénario explosif, paranoïaque et déjanté qui ne fait pas dans l’économie. On est happé par l’incroyable densité et le tempo échevelé d’un récit démesuré qui va à 2000 à l’heure, vous choppe par le colbac dès la première page et ne vous relâche qu’à la dernière, complètement essoufflée, épuisé, mais ravi. Moi qui suis plutôt réfractaire aux étalages de bastons et aux surenchères gratuites de vannes et d’hémoglobine, là j’avoue, je suis bluffé. Coup de cœur pour un probable futur incontournable.
2x100 pages de pur bonheur.
Se déroulant à l'aube de la Grande Dépression de 1929, Bluesman nous entraîne dans le Sud profond des Etats-Unis et porte un regard acerbe sur la culture de l'oppression. C'est l'impression générale qui se dégage de ce diptyque. Car le propos, même s'il est un peu orienté de la part des auteurs, rend parfaitement compte de cette ambiance. Les deux bluesmen sont deux gars qui vont d'un bar à un "juke-joint", en espérant que le suivant sera mieux payé. Et alors qu'ils pensent toucher du doigt la chance de sortir de leur misérable condition, le sort se déchaîne contre eux...
C'est noir, très noir, sans mauvais jeu de mots, cette histoire en noir et blanc... La carte à gratter magnifie le visage plein de terreur des protagonistes, l'amour de la musique des auteurs, et l'ambiance à la fois glauque et misérable de ces années que l'on disait folles...
Jusqu'à il y a quelques mois, la plupart des titres de Taniguchi me laissait indifférent (parmi eux, les Quartier lointain et autres Le Journal de mon père). Son meilleur restait à mes yeux le peu connu Le Chien Blanco. Même si ce dernier est toujours pour moi une de ses plus belles réussites, j'ai depuis revu mon avis sur l'ensemble de son oeuvre. Cet auteur est doué, il n'y a pas à dire.
Je ne pouvais donc pas manquer la sortie de cette série, racontant l'histoire d'un homme et de son contact avec les animaux (tout ce qui m'avait séduit dans Le Chien Blanco, en somme).
Il fallait s'y attendre : j'adore. Le graphisme est toujours splendide, la trame émouvante à souhait, la narration toujours magistralement maîtrisée. On comprend à la fois l'homme et la bête.
Ce premier tome des aventures du naturaliste Seton est certes simple, mais tellement beau.
Fier, généreux, téméraire, les qualificatifs ne manquent pas pour désigner ce héros qui a bercé l'enfance de nos parents (la série est née en 1961). Offrant une alternative au blond Rahan, le brun Tounga propose une vision nettement plus désenchantée des âges où l'homme n'était pas tout à fait l'homme, où il devait à la fois chasser et combattre des animaux aujourd'hui disparus (tigres dents-de-sabre, mammouths). Le dessin d'Aidans, hésitant un peu à la manière des premiers Alix, gagnera au fil des albums une grande maturité, pour être finalement en avance sur son époque (je parle des années 1960).
La réédition des albums en intégrale permet de porter un coup de projecteur sur cette série (injustement) méconnue, Aidans ayant, pour l'occasion, recolorisé l'ensemble par ordinateur (rappelons qu'il a 70 ans).
"Outre les récits des trois premiers albums ( "La Horde maudite", "Tounga et les Hommes Rouges" et "Le Dieu de Feu") qui datent des années 60, ce premier volume d'intégrale propose quelques courts récits publiés au début des années 70. Ce qui permet aux lecteurs de se rendre compte de l'évolution du trait de l'artiste. Ce premier volume est également agrémenté d'esquisses, de projets de couvertures et autres documents rares...
Aventure, action, mais aussi soucis de promouvoir certaines valeurs comme le respect de la nature et des autres, ces histoires, sans être moralisatrices, tiennent le lecteur en haleine et réjouirons toutes les générations de lecteurs !"
(source : Auracan.com)
Notons enfin que la saga continue puisque Aidans prépare actuellement un nouvel épisode de 48 pages qui paraîtra en 2004 !
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L'Homme des Caraibes (Sven)
Un excellent album d'aventure. Svend, c'est une histoire d'hommes, de vrais, de baroudeurs, qui apprennent bien à leur dépend que les femmes n'ont rien à leur envier, pour ce qui est de tirer leur épingle du jeu dans des affaires (plutôt) troubles. Un magot, une révolution, des paysages tropicaux... tout cela est bien connu, mais Pratt sait bâtir un récit, fait preuve d'une grande intelligence dans ses dialogues qui définissent une belle brochette de personnages et ajoute la touche d'humour qui rend l'ensemble ironique et sans prétention. Coté graphisme, c'est un Pratt en grande forme, un trait détaillé et puissant, tout en souplesse et atmosphère, l'exotisme réussit à l'auteur. La mise en couleur est plus décorative qu'autre chose, le dessin de l'auteur est tellement vivant qu'il ne prend sa vraie valeur que dans la version noir et blanc. Bref, action et humour, servi avec talent et esprit, pourquoi s'en priver ?
Fennec
Vraiment pas mal ! Pourtant, je ne suis pas fan de Trondheim à l’origine. Mais le récit qu’il propose ici est piquant dans le verbe et assez marrant par moment. La terrible loi de manger ou être mangé est mise en images à travers la destinée d’un petit fennec qui doit user de mille subterfuges pour garder la vie sauve. Bien que cruel et sarcastique, le traitement humoristique de l’histoire donne un décalage bienvenu pour apprécier pleinement cette bd. Les planches de Yoann tout en aquarelles donnent de la fraîcheur aux propos de Lewis. Bref, une bd piquante et délicieuse pour toute la famille!
Siegfried
Euh comment, je vais pouvoir justifier ça, mettre la note maximale à une série qui vient de commencer. Et pourquoi pas d'ailleurs, il y a bien des séries non terminées qui figure dans les immanquables et celle-ci le mérite sûrement plus que d'autres. Bah en gros ça fait 3 jours que je l’ai lue et j’en ai encore plein la tête, c’est beau, magnifique, à tomber. On en prend plein les mirettes ; Alex Alice réalise là un exploit, 80 pages pour raconter euh… pas grand-chose mais il arrive à nous captiver grâce à une mise en scène au diapason. En plus moi, j’avais jamais entendu parler de cette histoire, donc j’ai vraiment plongé la tête la première. Avec, encore une fois, un aussi bon graphisme et d’aussi sublimes couleurs, on est forcément conquis. En espérant que la suite sera du même acabit avec un scénario un poil plus consistant.
Les Chroniques de Magon
Nicolas Jarry est un jeune scénariste qui commence à multiplier les succès, et cette série est une des premières qu’il ait écrite. Je suis un adepte de tous les récits qui s’applique à donner des mondes futuristes réalistes, mais quand tout ceci tourne à une ambiance cyberpunk, j’ai beaucoup plus de mal à accrocher. Au vu du sujet traité, j’avais donc quelques craintes. Ce récit nous plonge dans une immense cité, Magon, au cœur d’une période post-apocalyptique glaciaire. Cette ville abrite une intelligence biocybernétique qui prolifère et qui s’étend afin de prendre le contrôle de toute la ville. Nous allons suivre 2 agents chargés d’endiguer ce phénomène, Giss qui va découvrir que son destin est directement lié à l’IBC et Asmo une sorte d’enfant martyre de ce monde sans pitié. La prolifération des termes « cyber » dans ce genre de récit a pour habitude de me donner la nausée, mais dans cette série je dois dire que j’ai été accroché et que tout ceci confère à une atmosphère vraiment prenante. On est rapidement plongé dans ce monde qui essaye simplement de survivre alors qu’il est plongé dans un froid polaire et que le soleil n’a plus traversé les nuages depuis des centaines d’années. Les évènements s’enchaînent à grande vitesse et on suit l’évolution de Giss avec beaucoup de plaisir et même si ce personnage est très classique, une sorte d’élu à la Néo, il est très attachant. Le second personnage, Asmo, est beaucoup plus profond (un enfant dont le destin a été brisé par des êtres sans scrupules) et apporte un plus incontestable à la lecture. L’intrigue quant à elle est très vivante, très agréable à suivre car il n’y a pas beaucoup de temps mort. Elle fait intervenir des personnages et des castes différentes qui ont chacun leur propres objectifs. Jarry sait également soutenir les mystères afin de donner du piment et l’envie au lecteur de poursuivre l’aventure. Le dessin et particulièrement les couleurs sont pour beaucoup dans l’atmosphère apocalyptique très réussie. Les ambiances extérieures toutes en dégradés de rouges pâles, donne un mélange chaud et froid qui correspond parfaitement au scénario. Le style graphique emprunte un peu du manga et confère des expressions réussies aux personnages mais également des attitudes vivantes. Les décors font dans le gothique ce qui convient parfaitement et ajoute à l’atmosphère globale de cette série. Il ne reste plus qu’un tome (le 6ème) pour avoir le dénouement de cette série qui est indispensable pour ceux qui apprécient les ambiances apocalyptiques / gothiques, et qui peut également ravir les autres.
L'Armée des Anges (Dominion)
Ma note réelle serait plutôt 3,5/5. Pour ce qui est du dessin des 3 tomes, je ne trouve pas ça impeccable mais ça reste correct. Certains visages ne sont pas terribles, certains arrière-plans manquent de décor, bien que pour certaines scènes, l'arrière plan, plus sobre, colle très bien avec l'histoire. Mais ce n'est pas là que ça me gène le plus, c'est les couleurs, oulala, pas terribles du tout. Je n'aime pas du tout le rendu, enfin c'est mon opinion, les goûts et les couleurs, hein... Sinon pour ce qui est de l'histoire, là je trouve ça très sympa et très intéressant, bien qu'il est vrai comme dit dans les autres commentaires, ça manque d'originalité cette histoire de mondes parallèles (un pour le bien, un pour le mal, un pour les hommes, un pour les combats bien/mal,...), ça fait penser à d'autres histoires (Hellblazer/John Constantine entre autres, avec la ressemblance du mortel qui est là pour essayer de maintenir une paix entre le bien et le mal et qui a été choisi malgré lui). Mais franchement même si l'histoire manque d'originalité, le scénario est impeccablement bien tourné. Il tient bien en haleine le lecteur ce qui fait de lui un bon thriller. Le coté anges du bien, anges déchus, dieu, et compagnie, fait de cette BD un bon mélange Fantastique/Esotérisme. Donc pour les fans du genre, ou pour ceux qui ne connaissent pas ce genre de récit, je recommande vivement cette BD.
Monsieur Mardi-Gras Descendres
Une série hors du commun. Des dessins magnifiques, un noir et blanc majestueux. Une histoire des plus originale avec des rebondissements incessants et des plages latentes comme si on y était. En bref, une série rare à découvrir ou redécouvrir absolument.
Mutafukaz
Ovni subversif, nouvelle vague de la Bande dessinée moderne, troisième âge d’or, autant de qualificatifs élogieux dénichés ça et là sur la toile, et qui, loin d’être galvaudés, témoignent de l’immense engouement qui croit autour de Mutafukaz. C’est amplement mérité. Avec cette œuvre, Run nous offre un univers personnel totalement fou et unique qui confirme l’évidence de son talent. Un melting pot extraordinaire. Alternance de styles graphiques, multiplicité inventive des formes narratives, brassage d’influences et de références diverses, audacieux mélange des genres (voir l’excellent avis de Ro pour le détail), une succession de chocs, de claques dans la gueule, aussi bien esthétiques qu’émotionnels. Des personnages originaux, un humour pimenté et décalé pour un scénario explosif, paranoïaque et déjanté qui ne fait pas dans l’économie. On est happé par l’incroyable densité et le tempo échevelé d’un récit démesuré qui va à 2000 à l’heure, vous choppe par le colbac dès la première page et ne vous relâche qu’à la dernière, complètement essoufflée, épuisé, mais ravi. Moi qui suis plutôt réfractaire aux étalages de bastons et aux surenchères gratuites de vannes et d’hémoglobine, là j’avoue, je suis bluffé. Coup de cœur pour un probable futur incontournable. 2x100 pages de pur bonheur.
Bluesman
Se déroulant à l'aube de la Grande Dépression de 1929, Bluesman nous entraîne dans le Sud profond des Etats-Unis et porte un regard acerbe sur la culture de l'oppression. C'est l'impression générale qui se dégage de ce diptyque. Car le propos, même s'il est un peu orienté de la part des auteurs, rend parfaitement compte de cette ambiance. Les deux bluesmen sont deux gars qui vont d'un bar à un "juke-joint", en espérant que le suivant sera mieux payé. Et alors qu'ils pensent toucher du doigt la chance de sortir de leur misérable condition, le sort se déchaîne contre eux... C'est noir, très noir, sans mauvais jeu de mots, cette histoire en noir et blanc... La carte à gratter magnifie le visage plein de terreur des protagonistes, l'amour de la musique des auteurs, et l'ambiance à la fois glauque et misérable de ces années que l'on disait folles...
Seton, le naturaliste qui voyage
Jusqu'à il y a quelques mois, la plupart des titres de Taniguchi me laissait indifférent (parmi eux, les Quartier lointain et autres Le Journal de mon père). Son meilleur restait à mes yeux le peu connu Le Chien Blanco. Même si ce dernier est toujours pour moi une de ses plus belles réussites, j'ai depuis revu mon avis sur l'ensemble de son oeuvre. Cet auteur est doué, il n'y a pas à dire. Je ne pouvais donc pas manquer la sortie de cette série, racontant l'histoire d'un homme et de son contact avec les animaux (tout ce qui m'avait séduit dans Le Chien Blanco, en somme). Il fallait s'y attendre : j'adore. Le graphisme est toujours splendide, la trame émouvante à souhait, la narration toujours magistralement maîtrisée. On comprend à la fois l'homme et la bête. Ce premier tome des aventures du naturaliste Seton est certes simple, mais tellement beau.
Tounga
Fier, généreux, téméraire, les qualificatifs ne manquent pas pour désigner ce héros qui a bercé l'enfance de nos parents (la série est née en 1961). Offrant une alternative au blond Rahan, le brun Tounga propose une vision nettement plus désenchantée des âges où l'homme n'était pas tout à fait l'homme, où il devait à la fois chasser et combattre des animaux aujourd'hui disparus (tigres dents-de-sabre, mammouths). Le dessin d'Aidans, hésitant un peu à la manière des premiers Alix, gagnera au fil des albums une grande maturité, pour être finalement en avance sur son époque (je parle des années 1960). La réédition des albums en intégrale permet de porter un coup de projecteur sur cette série (injustement) méconnue, Aidans ayant, pour l'occasion, recolorisé l'ensemble par ordinateur (rappelons qu'il a 70 ans). "Outre les récits des trois premiers albums ( "La Horde maudite", "Tounga et les Hommes Rouges" et "Le Dieu de Feu") qui datent des années 60, ce premier volume d'intégrale propose quelques courts récits publiés au début des années 70. Ce qui permet aux lecteurs de se rendre compte de l'évolution du trait de l'artiste. Ce premier volume est également agrémenté d'esquisses, de projets de couvertures et autres documents rares... Aventure, action, mais aussi soucis de promouvoir certaines valeurs comme le respect de la nature et des autres, ces histoires, sans être moralisatrices, tiennent le lecteur en haleine et réjouirons toutes les générations de lecteurs !" (source : Auracan.com) Notons enfin que la saga continue puisque Aidans prépare actuellement un nouvel épisode de 48 pages qui paraîtra en 2004 !