Les derniers avis (39917 avis)

Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Nous n'irons plus ensemble au canal Saint-Martin
Nous n'irons plus ensemble au canal Saint-Martin

Une BD assez courte, mais qui a réussi à m’émouvoir. Par contre, soyez prévenus : c’est noir ! Ces 3 petites histoires entrecroisées racontent le destin glauque de différents protagonistes, et abordent des problèmes existentiels et relationnels assez courants mais néanmoins traumatisants (problème de famille, de couple…) J’aime beaucoup la façon dont les 3 histoires s’entrecroisent. Ca nous rappelle que si on levait la tête et regardait autour de nous, on verrait sans doute d’autres gens, avec d’autres personnalités, d’autres vies, et d’autres drames. Le dessin est magnifique, très noir, et colle à merveille au récit. Voilà, rien de bien nouveau sur le fond ou la forme, mais cette petite BD a réussi à me toucher. Je me doute bien que ça ne sera pas le cas pour tout le monde !

10/11/2007 (modifier)
Par Basile
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Heavy Liquid
Heavy Liquid

HL est une oeuvre emblématique du travail de Pope. Un futur plutôt sombre, assez sale, cohérent et (hélas) pas si éloigné que ça de notre présent, un héros beau gosse en marge de la société, des filles fragiles en apparence qui se révèlent être des tigresses, l'ombre planante du gouvernement, des gangsters et puis la création, l'Art. Le cadre est solide et maintes fois éprouvé, c'est l'histoire d'un homme contre les autres, de la recherche d'un passé, de la fuite. Le voyage est l'occasion pour S, le héros, de se poser des questions. Pope a l'intelligence de semer ça et là des idées qu'il se garde bien de développer. Idées fantastiques pour la plupart, ce qui confirme définitivement son statut d'auteur de science-fiction, elles sont en général sa réinterprétation de classiques du genre (pouvoir psychique, robots, etc...). Réinterprétation inventive et élégante bien sûr. Cette dissémination entretient une ambiance mystérieuse, une brume à travers laquelle on distingue des silhouettes familières. Pope met en pratique son amour pour la magie et le cirque jusque dans la composition de ses récits, les transformant en jeu de miroirs et de fumée. Les non-dits sont utilisés avec malice, surtout lorsque le récit touche à sa fin, afin de relever un peu la sauce. On a dès lors le choix de pardonner le relatif manque d'inventivité du scénario au profit de ce background assez riche. Il reste tout de même regrettable (voire frustrant) que Pope n'exploite pas davantage son extraordinaire pouvoir créatif faute d'un canevas plus élaboré structurellement parlant. La composition graphique est en revanche au dessus de tout reproche. Le trait est affiné, précis et dynamique. L'ensemble bouge diaboliquement vite, sans jamais trembler ou trébucher. Pope manie le crayon comme un pinceau scalpel : il sait où aller et souligne son mouvement avec assurance et sensualité. Le résultat est souple, fluide, sans manquer de mordant. Il ménage ses effets avec précaution pour assurer le maximum d'efficacité sur les scènes d'action (poursuite en vélo ou attaque de robots), évite le tape à l'oeil tout en insufflant dans chaque case une ambiance électrique. La colorisation en gris et rose amène une touche funky et charnelle. On a devant les yeux un travail abouti, un vrai régal pour les yeux pour peu que l'on adhère au style particulier de Pope. Sa singularité reste une véritable bouffée d'air frais bien appréciable dans l'univers de la bande dessinée. A ce sujet, on ne peut s'empêcher de demander si Pope n'a pas fait du Heavy Liquid une métaphore (inconsciente ou pas) de la BD : un matériau étrange peu connu du grand public, une drogue pour marginaux initiés, et la matière première destinée à devenir la plus grande oeuvre d'art moderne, c'est tout de même troublant... Quoiqu'il en soit, Heavy Liquid, parmi les autres albums de Paul Pope, mérite que l'on s'y attarde, que l'on fasse l'effort de le décrypter. C'est un excellent ticket d'entrée dans la galaxie Pope, accessible sans être aseptisé.

10/11/2007 (modifier)
Par Farren
Note: 5/5
Couverture de la série Philémon
Philémon

Je connais cette bédé depuis plus de 20 ans. J'avais été, à l'époque, tout de suite emballé par cet univers débridé aux couleurs flashy, par cette idée que tout un monde d'imagination, d'une richesse extraordinaire pouvait se cacher partout autour de nous dans des recoins aussi insignifiants que des lettres sur une mappemonde. Aujourd'hui, je reste séduit par cette représentation surréaliste et onirique d'un certain quotidien. Côté dessin, je trouve les tout débuts vraiment moches... mais cela devient très vite agréable et participe à l'ambiance mi-réalité mi-rêve (ou cauchemar ?).

09/11/2007 (modifier)
Par Farren
Note: 4/5
Couverture de la série 20th Century Boys
20th Century Boys

Une histoire haletante dont l’intérêt est toujours maintenu grâce à une succession de suspense - espoirs de dénouement – rebondissements en boucle. À cela s’ajoutent des superpositions d’époques montrant l’ancrage de l’histoire dans le passé des personnages. Ces flash-back, je les trouve vraiment passionnants un peu comme des interludes qui, au milieu de l’histoire, viennent nous faire partager un peu de la vie, des rêves et des déboires d’une bande de gosses attachante. Le dessin est très agréable de plus. Le gros bémol à mon avis ne vient pas de l’histoire ou du dessin ou de quoi que ce soit en rapport avec l’auteur mais plutôt de l’édition… la traduction… il y a trop de fautes d’orthographe !!! C’est monstrueux ! Petit exemple tome 7 page 79 « je vous en avez parlé la semaine dernière... » (sic).

09/11/2007 (MAJ le 09/11/2007) (modifier)
Par Sagera
Note: 4/5
Couverture de la série Le ciel au-dessus de Bruxelles
Le ciel au-dessus de Bruxelles

En lisant ce diptyque, j'ai éprouvé le même sentiment que pour XXe ciel.com. Le traitement général, fait surtout penser à un clip bercé par le timbre monocorde d'une voix off et dont le rythme rapide, tente de nous faire partager l'urgence du propos. Au bout du compte, je trouve le procédé plutôt efficace, même si on peut toujours reprocher à Yslaire ses parti-pris et certains des clichés qu'il récupère (la place du voile, les flics belges, John Lennon et Yoko Ono...). Cela dit, les qualités de cette bd, c'est surtout dans la démarche de l'auteur que je les ai trouvées. A l'heure où le politiquement correct et la peur d'évoquer seulement l'islam de manière critique font rage, composer une histoire d'amour entre une musulmane et un juif (dans tout ce qu'elle peut avoir d'affectif et de charnel), est plus qu'un véritable engagement. C'est un acte de courage et d'espoir qui est tout sauf anodin. Le message d'Yslaire est puissant et provocateur aussi. Rien n'est plus obscène que la guerre et le fanatisme. Montrer un couple qui s'aime et se déchire en même temps, séparé par ses peurs et le déterminisme culturel, n'est pas malsain. C'est un miroir tendu vers notre humanité. Maintenant, pour parler du traitement graphique. Il illustre bien le propos. Yslaire maîtrise plutôt bien le mélange entre dessins et photos. Tout ceci participe donc à faire de cette bd, un très intéressant moment de lecture.

09/11/2007 (MAJ le 09/11/2007) (modifier)
Couverture de la série Jérôme K. Jérôme Bloche
Jérôme K. Jérôme Bloche

Vous voulez savoir ? Ben... après la lecture d'un premier album, et de savoir que l'auteur et cette série sont "ben d'euch'Norr", j'ai acheté la série d'un seul coup, et je ne le regrette pas. Le style du dessin perturbe un peu par sa simplicité, au début, mais finit par donner un style propre à cette série (un peu comme pour Soda). Maintenant : Les énigmes sont de celles que tout un chacun d'entre nous peut rencontrer en sortant de chez lui. On est loin des machinations espio-politico-policières de la production actuelle, que ce soit en matière de romans, de films ou de BDs, ce qui les rend particulièrement savoureuses. Je ne peux m'empêcher de trouver dans ces albums, un peu de l'esprit des bonnes vieilles "5 dernières minutes" (Bon Dieu ! mais c'est bien sur!...). Les personnages, maintenant, sont si réalistes et proches de nous, que l'on ne peut qu'aimer. Ah Babette !... Et la concierge ? Et le facteur ? Et le petit épicier ? A consommer sans modération. A noter que le dernier album "fin de contrat", qui fait suite à "Un chien dans un jeu de quilles" vient de sortir, et qu'on y voit Jérôme affronter de curieux adversaires. Raymond

05/01/2007 (MAJ le 09/11/2007) (modifier)
Par miky79
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mutafukaz
Mutafukaz

Franchement bien, c'est clair! Je viens de lire le tome deux qui m'inspirait plus que le tome 1, et je ne suis vraiment pas déçu. Cette bd apporte un courant d'air frais dans le milieu. C'est du jamais vu. Le style est décalé et tout le temps renouvelé. La présentation varie souvent ce qui apporte toujours son lot de surprise. On ne s'ennuie pas lors de la lecture. Et en plus, il y a des bonus à la fin qui nous font rentrer dans le monde de Mutafukaz. Les personnages principaux sont attachants. Les figurants aussi sont très bien, on peut s'attarder sur chaque visage pour les apprécier. Il y en a beaucoup et pourtant, pas deux ne se ressemblent. Cette ville de Dark Meat City est un peu glauque, c'est sur; mais c'est ce qui donne cette ambiance toute particulière. Si je devais trouver un petit défaut (comme je fais chaque fois), je dirais que c'est par moment à peine violent. Les méchants se font éclater la gueule sévère... En gros, je conseille vraiment l'achat de cette bd; d'ailleurs, je vais aller chercher le tome 1 dans peu de temps... Bonne lecture.

09/11/2007 (MAJ le 09/11/2007) (modifier)
Par marcel
Note: 4/5
Couverture de la série Runaways (Les Fugitifs)
Runaways (Les Fugitifs)

Les trois albums des Fugitifs publiés dans la collection Marvel Mini-Monster (des gros volumes brochés de 6 numéros US) sont très divertissants : des persos bien campés, du rythme, des cliffhangers à la fin de chaque épisode... Bref, l'oeuvre très maîtrisée de l'excellent Brian K. Vaughan, par ailleurs auteur des très réussis Y, Le Dernier Homme et Ex Machina (entre autres). Le dessin, lui, est quelconque mais efficace. La seule bonne série issue de l'éphémère collection Tsunami. Maintenant que j'ai lu le Deluxe, qui réunit les 12 premiers épisodes de la seconde série dans un volume cartonné, je peux dire que la seconde série est pour moi aussi bonne que la première, toujours très drôle et surprenante (dialogues, situations, etc...). Avec l'intérêt supplémentaire qu'elle est plus intégrée à l'Univers Marvel, avec notamment la présence des Vengeurs ou même d'une rescapée de Puissance 4, dont seuls les plus pointus (pour ne pas dire les plus vieux) des lecteurs de Marvel se souviennent.

08/11/2007 (MAJ le 09/11/2007) (modifier)
Par ManuB
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Légende des nuées écarlates
La Légende des nuées écarlates

Je me suis enfin décidé à acheter cet album qui m’avait fait de l’oeil à sa sortie et que je n’avais pas acheté, mais je me demande encore pourquoi. Oui, je me demande encore pourquoi, parce que cet album avait tout pour me plaire en commençant par le graphisme. Ce qui frappe en premier lieu, c’est ce savant mélange de la couleur blanche qui reflète le calme, la douceur, avec la couleur rouge qui amène le sang, la violence mais aussi l’amour, pour donner un ensemble parfaitement cohérent et tout en beauté. Mais les qualités ne s’arrêtent pas là, car le soin apporté au dessin est également pour beaucoup dans le plaisir visuel. Chaque planche et chaque case font preuve d’une grande méticulosité avec une foule de détails qui font que l’on s’attarde pour les contempler. L’auteur s’applique également beaucoup sur les visages, mais j’ai trouvé leur proportion et les perspectives pas toujours très bien rendues. Enfin, tout amateur de japon médiéval et de fantasy ne pourra qu’être admiratif devant la richesse du graphisme dans ces 2 domaines. Au niveau de l’histoire, on va suivre un Ronin amnésique en quête de son passé. Persécuté par des voix, celles-ci se taisent lorsqu’il est en présence de la troublante Meiki. Dans un monde entre légende et réalité, l’auteur alterne entre les époques en revenant sur le passé de cet ancien samouraï et en nous expliquant l’origine de ces maux. Le japon médiéval est à la base de cet univers mais il est agrémenté de fantasy avec la présence de créatures imaginaires et de magie. La narration est emplie de poésie, et même si certains passages sont encore un peu flous, cela renforce le côté onirique de l’ensemble. Enfin ceci n’empêche pas le scénario de bénéficier d’une évolution constante et d’être assez vivant avec quelques scènes d’actions et de duels bien dosées. Voila toutes les raisons qui me font dire que j’aurai vraiment du acheter cet album plus tôt, mais finalement c’est un bien pour un mal car j’aurai moins longtemps attendre pour lire la suite.

09/11/2007 (MAJ le 09/11/2007) (modifier)
Couverture de la série La Voleuse du Père Fauteuil
La Voleuse du Père Fauteuil

En voilà une belle découverte que cette BD dont je n'avais jamais entendu parler et que j'ai dénichée par hasard. En voyant la couverture du tome 1, je pense à Belphégor (je parle du feuilleton des 60's, pas de la piteuse version ciné digitalisée), à Fantômas (les romans), bref tout l'univers poético-bon enfant d'une certaine tradition feuilletonesque où il est de bon ton de porter le masque. Mystère oblige ! Pourtant, de prime abord, le dessin ne m'attire guère. Plutôt étrange - surtout les personnages de petite taille avec une tête disproportionnée. Un dessin qu'on pourrait qualifier "d'expressionniste", à l'instar ce ceux des Sfar, De Crécy, Larcenet, des dessinateurs avec lesquels j'ai toujours eu un peu de mal je l'avoue. Mais l'ambiance qui se dégage des planches et les cabrioles de cette espèce de Catwoman version XIXè sur les toits achèvent de me décider. Bien m'en a pris ! Car le scénario n'est pas en reste, on marche sur du velours : une héroïne très attachante qui commente son aventure (sorte de voix off) avec un humour à la fois désinvolte et faussement candide, un contexte politique où sont renvoyés dos à dos Passéistes (des bourgeois à l'esprit étroit qui ne pensent qu'à amasser des fortunes) et Modernistes (une bande de snobs pompeux et décadents uniquement préoccupés de leur intérêt). Le constat est clair : quel que soit le mouvement, le parti, on y trouve les mêmes tares, les mêmes hypocrisies. Et notre héroïne cambrioleuse l'apprendra à ses dépens. Ajoutez à tout cela une journaliste lesbienne, un "homme" mystère au physique plutôt... inattendu avec lequel notre monte-en-l'air entretient une histoire d'amour peu orthodoxe, un laboratoire digne d'une savant fou, une baronne à la libido exacerbée et vous aurez en vrac les ingrédients d'une BD sacrément appétissante. A consommer sans modération !

08/11/2007 (MAJ le 08/11/2007) (modifier)