Après lecture du triptyque.
Que dire ??? : merveilleux, une fois l'immersion effective, les tomes défilent !!!
En feuilletant, le rendu visuel décourage par sa densité, mais en prenant le taureau par les cornes, la lecture se révèle est savoureuse.
Le scénario est relativement simple, assez bourrin, mais plaisant.
Puis la critique arrive sur le travail de Mr LEDROIT : toujours aussi beau, détaillé, profond, etc...
Son dessin hypnotise le lecteur et sublime le scénario.
C'est plus qu'un coup de coeur, ça devient de l'admiration.
Une belle série à déguster lentement pour en apprécier tous les bienfaits visuels ;-)
Voilà clairement à mes yeux la définition même d'une BD injustement oubliée. Je l'ai empruntée par pur hasard à la bibliothèque que je fréquente et je n'en attendais guère plus qu'un banal récit latin de SF-action teinté années 80, un truc à la limite du divertissement de gare. Au lieu de ça, j'ai découvert une BD excellente tant du point de vue du graphisme que du scénario, de son originalité, de sa justesse et même de son humour.
Le dessin d'Alfonso Font partage beaucoup d'influences. La plus évidente est celle de Moebius à qui il rend d'ailleurs un gros hommage dans une case qui est un clin d'oeil appuyé à la célèbre première page de L'Incal. Son encrage est cependant nettement plus fin à la manière d'un Al Coutelis. Et au long des pages de cet album, j'ai eu parfois l'impression de reconnaître un petit peu du trait dynamique de Pratt et des visages de personnages de Vance (en techniquement plus réussi).
Ces planches en noir et blanc sont belles et très soignées. L'auteur ne se moque vraiment pas du lecteur et offre à chaque fois des cases détaillées et travaillées mais toujours très lisibles. Du beau boulot qu'on prend plaisir à regarder et à lire.
Le scénario commence de manière assez banale. Sur une planète au gouvernement autoritaire, un beau rebelle se fait emprisonner après une course-poursuite et veut s'évader. Mais ce n'est là que le début car le scénario va ensuite nettement au-delà de cette trame trop classique apportant beaucoup d'idées pour un récit captivant et intelligent à la fois. Je me suis moi-même laissé prendre et surprendre. Je croyais lire du déjà-vu, j'ai découvert un récit très bien foutu et assez original.
J'apprécie en outre sa maturité car, là où je craignais un récit trop latin, trop machiste et superficiel, il offre une certaine profondeur et surtout un certain humour. Au tiers de la série apparaît notamment la belle blonde qu'on imagine tout de suite jouer le rôle de femme fatale à la botte de son amant, le beau héros. Mais au lieu de ça, elle va jouer l'amoureuse oui, mais une amoureuse un peu fantasque, parfois douce et soumise, parfois brutale et farouche n'hésitant pas à ridiculiser un peu le héros. Elle va même jouer régulièrement le rôle du faire-valoir humoristique, assez drôle d'ailleurs, ce qui tranche avec une vision caricaturale de la femme-objet belle mais sans cervelle.
Et pour ne rien gâcher, la conclusion de ce scénario ne manque pas d'intérêt et de retournement de situation, avec une belle révélation-surprise sur la fin.
Une très bonne lecture qu'il est vraiment dommage qu'elle ait disparu des mémoires.
Une bonne satire de la société française même si les albums sont un peu inégaux. On suit la vie ordinaire d'un couple de beaufs qui n'ont pas leurs pareils pour mettre les pieds dans les plats.
Chaque album critique un aspect de la vie de tout les jours (le paranormal, la belle-mère, les voyages organisés) et c'est la plupart du temps très amusant à lire. Plusieurs gags sont bien trouvés et me font pleurer de rire.
Le style de dessin de Binet fait un peu brouillon, mais il est sympathique et je l'aime bien.
Voilà un auteur qui sait rendre un récit intelligible pour les enfants. Point de niaiserie inutile et d'explications historiques assommantes ! Les deux premiers tomes sont parfaitement réussis tant au niveau du dessin que de l'intrigue d'une parfaite clarté.
Nous faisons la connaissance de Kheti, un apprenti scribe et de la jeune Mayt à la recherche de son chat. Ils vont découvrir par hasard un passage invisible qui le mènera dans le royaume des Dieux. Nous passons en revue avec brio les différentes divinités égyptiennes avec quelques bonnes trouvailles et de nombreuses surprises qui raviront les plus jeunes lecteurs.
A la fin, un glossaire donne des explications utiles et instructives. J'ai particulièrement été séduit par le dessin toujours avec ces couleurs à la fois chaudes et pâles si caractéristiques d'Isabelle Dethan. J'aime beaucoup car cela n'alourdit pas inutilement le graphisme des cases. Que rajouter de plus? C'est vraiment un bon moyen de faire découvrir la civilisation de l'Egypte antique à nos enfants de manière ludique et éducative.
Attention !! Ce serait une erreur que de juger Love Junkies à l'emporte-pièce sur ce qu'il montre dans les premiers volumes !
En effet, ce manga "diesel" se bonifie de façon flagrante au fil des numéros.
Au niveau graphique, Love Junkies est un des mangas présentant le meilleur chara design actuel. La encore, il s'agit d'apprécier l'oeuvre dans sa globalité et ne pas se focaliser sur le début.
Le premier volume de LJ est sorti en 2000 (le titre est toujours en cours) et l'auteur a fait des progrès significatifs sur son style qui était déjà bon, n'en déplaise aux grincheux.
Ensuite le vrai moteur de LOVE JUNKIES, c'est son histoire, sa trame de comédie romantique qui fonctionne parfaitement et qui va prendre son ampleur à compter du volume 10.
Le début de la série est certes assez hésitant, il faut le reconnaître ; aussi il faut faire preuve d'un peu de patience.
La meilleure preuve en est que le succès rencontré par la série dans son pays d'origine ne se dément pas puisque le volume 24 sera publié fin mai 2008.
Pour les curieux et ceux qui souhaitent aller au delà de la première impression, je vous invite à visiter le petit site informatif que j'ai créé : www.lovejunkies-manga.net
Merci.
Complètement sous le charme de cette histoire.
Pour moi aussi c'est de très loin la meilleure histoire de cette collection. Le scénario est très sympa, et vraiment novateur. L'histoire est très bien racontée et la gestion de "l'espace" (il s'agit d'un one shot donc il faut faire précis) est parfaite, on est loin, très loin des fins (pour moi) faites à la va-vite des Sept psychopathes ou des Sept voleurs...
Et je pense que ce qui joue beaucoup c'est le recrutement des 7, qui s'avère être vraiment simple et clair, et qui permet d'avoir plus de pages pour l'histoire... (ce n'est pas le cas pour les autres histoires de la collection, le recrutement était très long).
Le dessin est très bien et colle parfaitement à l'histoire, les personnages sont tous reconnaissables rapidement.
Les sept personnages sont tous "principaux" et jouent tous vraiment un rôle dans cette histoire.
Petit bémol tout de même, il me semble que la tristesse n'est pas un péché, ce ne serait pas plutôt la paresse ?
Donc un très gros 4,5/5 pour l'ensemble de l'oeuvre !!
Après lecture du tome 1.
Cette nouvelle série est une vraie bouffée d'oxygène.
L'histoire est fluide, prenante et dépaysante.
L'humour est omniprésent, les personnages sont vraiment bien travaillés et participent toutes différemment à l'histoire.
Le dessin est une bonne surprise, il est aéré et pourtant relativement détaillé. La colorisation lui rend hommage et le seconde merveilleusement.
Un 4/5 pour encourager cette série qui débute, mais qui apporte au lecteur un vrai moment de bonheur.
Certainement le meilleur de la collection, à cette heure.
Le dessin y est superbe, tant le trait avec Luigi Critone que la colorisation avec Lorenzo Pieri.
Le scénario d'Alain Ayroles est subtil, rythmé, plaisant, intelligent, maîtrisé, non dénué d'humour, etc...
Un vrai concentré de talents : la réunion de ces 3 auteurs nous offre un album qui plaira au plus grand nombre.
A découvrir de toute urgence.
Sans le macaron rouge "Alph'art du meilleur album Angoulême 1997", je serai encore passé à côté de cette petite merveille.
Cette BD absurde et inclassable distille un humour acide au second voir troisième degré.
L'histoire est plaisante, l'univers (ou du moins ce micro univers se résumant à un village) est original avec tous ces personnages aussi excentriques les uns que les autres. En fait, on pourrait penser qu'ils sont normaux, les traits de caractères étant seulement amplifiés.
Mais la note vaut surtout pour la partie graphique : chargée mais d'une beauté peu commune dans le monde de la BD. J'ai un moment pensé à Sorel, qui est un de mes dessinateurs préférés.
La lecture requière de la patience, chaque case se lit tranquillement et s'apprécie visuellement. Si l'on regarde une page en entier, ça fait certes un peu bordélique, mais en ciblant case par case, on se rend compte de la richesse visuelle de celles-ci.
Cet emprunt aboutira prochainement par un achat.
Quel dommage que l'auteur ait changé de style graphique depuis :-(
Chaminou et le Khrompire est sans doute l’œuvre la plus complexe de Macherot et aussi celle qui a le moins vieilli. Elle conserve une extraordinaire modernité. Macherot l’a écrite (avant la série Sibylline) à l’époque où il avait quitté le journal Tintin pour Spirou. Mais Chaminou n’a pas du tout marché. Peut-être que cette histoire de loup carnivore dans un journal pour enfant était trop en avance sur son temps. Il faut dire qu’il pointe une vraie dose de cynisme dans cette bd. Il serait, d’ailleurs, bon qu’une maison d’édition réédite ce formidable album.
En fait, Chaminou est une vraie critique de notre société de consommation des années 60. Comme souvent, on se sert des animaux pour décrire nos petits et nos grands travers. L’histoire se passe à New York ; ville, qui avait déjà été évoquée par Macherot dans Clifton. L’auteur retranscrit avec une grande habilité l’ambiance de la ville, intégrant parfaitement sa modernité. Chaminou est un agent secret un peu dépassé par les événements, parfois bousculé par sa secrétaire Zonzon. Celle-ci apporte une vraie nouveauté dans la bande dessinée de l’époque, même si Macherot ne l’épargne pas également. Le gouverneur Crunchblott est d’une rare férocité et n’est pas sans rappeler Anthracite le méchant de la série Chlorophylle.
De plus, on voit « toute l’estime » que Macherot portait à la police, puisque celle-ci est profondément ridiculisée.
Il n’existe qu’un album signé Macherot, celui-ci a refusé d’en écrire un deuxième malgré les souhaits de Charles Dupuis. La série a été reprise, bien plus tard, par Olivier Saive.
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Sha
Après lecture du triptyque. Que dire ??? : merveilleux, une fois l'immersion effective, les tomes défilent !!! En feuilletant, le rendu visuel décourage par sa densité, mais en prenant le taureau par les cornes, la lecture se révèle est savoureuse. Le scénario est relativement simple, assez bourrin, mais plaisant. Puis la critique arrive sur le travail de Mr LEDROIT : toujours aussi beau, détaillé, profond, etc... Son dessin hypnotise le lecteur et sublime le scénario. C'est plus qu'un coup de coeur, ça devient de l'admiration. Une belle série à déguster lentement pour en apprécier tous les bienfaits visuels ;-)
Le Prisonnier des étoiles
Voilà clairement à mes yeux la définition même d'une BD injustement oubliée. Je l'ai empruntée par pur hasard à la bibliothèque que je fréquente et je n'en attendais guère plus qu'un banal récit latin de SF-action teinté années 80, un truc à la limite du divertissement de gare. Au lieu de ça, j'ai découvert une BD excellente tant du point de vue du graphisme que du scénario, de son originalité, de sa justesse et même de son humour. Le dessin d'Alfonso Font partage beaucoup d'influences. La plus évidente est celle de Moebius à qui il rend d'ailleurs un gros hommage dans une case qui est un clin d'oeil appuyé à la célèbre première page de L'Incal. Son encrage est cependant nettement plus fin à la manière d'un Al Coutelis. Et au long des pages de cet album, j'ai eu parfois l'impression de reconnaître un petit peu du trait dynamique de Pratt et des visages de personnages de Vance (en techniquement plus réussi). Ces planches en noir et blanc sont belles et très soignées. L'auteur ne se moque vraiment pas du lecteur et offre à chaque fois des cases détaillées et travaillées mais toujours très lisibles. Du beau boulot qu'on prend plaisir à regarder et à lire. Le scénario commence de manière assez banale. Sur une planète au gouvernement autoritaire, un beau rebelle se fait emprisonner après une course-poursuite et veut s'évader. Mais ce n'est là que le début car le scénario va ensuite nettement au-delà de cette trame trop classique apportant beaucoup d'idées pour un récit captivant et intelligent à la fois. Je me suis moi-même laissé prendre et surprendre. Je croyais lire du déjà-vu, j'ai découvert un récit très bien foutu et assez original. J'apprécie en outre sa maturité car, là où je craignais un récit trop latin, trop machiste et superficiel, il offre une certaine profondeur et surtout un certain humour. Au tiers de la série apparaît notamment la belle blonde qu'on imagine tout de suite jouer le rôle de femme fatale à la botte de son amant, le beau héros. Mais au lieu de ça, elle va jouer l'amoureuse oui, mais une amoureuse un peu fantasque, parfois douce et soumise, parfois brutale et farouche n'hésitant pas à ridiculiser un peu le héros. Elle va même jouer régulièrement le rôle du faire-valoir humoristique, assez drôle d'ailleurs, ce qui tranche avec une vision caricaturale de la femme-objet belle mais sans cervelle. Et pour ne rien gâcher, la conclusion de ce scénario ne manque pas d'intérêt et de retournement de situation, avec une belle révélation-surprise sur la fin. Une très bonne lecture qu'il est vraiment dommage qu'elle ait disparu des mémoires.
Les Bidochon
Une bonne satire de la société française même si les albums sont un peu inégaux. On suit la vie ordinaire d'un couple de beaufs qui n'ont pas leurs pareils pour mettre les pieds dans les plats. Chaque album critique un aspect de la vie de tout les jours (le paranormal, la belle-mère, les voyages organisés) et c'est la plupart du temps très amusant à lire. Plusieurs gags sont bien trouvés et me font pleurer de rire. Le style de dessin de Binet fait un peu brouillon, mais il est sympathique et je l'aime bien.
Kheti - Fils du Nil
Voilà un auteur qui sait rendre un récit intelligible pour les enfants. Point de niaiserie inutile et d'explications historiques assommantes ! Les deux premiers tomes sont parfaitement réussis tant au niveau du dessin que de l'intrigue d'une parfaite clarté. Nous faisons la connaissance de Kheti, un apprenti scribe et de la jeune Mayt à la recherche de son chat. Ils vont découvrir par hasard un passage invisible qui le mènera dans le royaume des Dieux. Nous passons en revue avec brio les différentes divinités égyptiennes avec quelques bonnes trouvailles et de nombreuses surprises qui raviront les plus jeunes lecteurs. A la fin, un glossaire donne des explications utiles et instructives. J'ai particulièrement été séduit par le dessin toujours avec ces couleurs à la fois chaudes et pâles si caractéristiques d'Isabelle Dethan. J'aime beaucoup car cela n'alourdit pas inutilement le graphisme des cases. Que rajouter de plus? C'est vraiment un bon moyen de faire découvrir la civilisation de l'Egypte antique à nos enfants de manière ludique et éducative.
Love junkies
Attention !! Ce serait une erreur que de juger Love Junkies à l'emporte-pièce sur ce qu'il montre dans les premiers volumes ! En effet, ce manga "diesel" se bonifie de façon flagrante au fil des numéros. Au niveau graphique, Love Junkies est un des mangas présentant le meilleur chara design actuel. La encore, il s'agit d'apprécier l'oeuvre dans sa globalité et ne pas se focaliser sur le début. Le premier volume de LJ est sorti en 2000 (le titre est toujours en cours) et l'auteur a fait des progrès significatifs sur son style qui était déjà bon, n'en déplaise aux grincheux. Ensuite le vrai moteur de LOVE JUNKIES, c'est son histoire, sa trame de comédie romantique qui fonctionne parfaitement et qui va prendre son ampleur à compter du volume 10. Le début de la série est certes assez hésitant, il faut le reconnaître ; aussi il faut faire preuve d'un peu de patience. La meilleure preuve en est que le succès rencontré par la série dans son pays d'origine ne se dément pas puisque le volume 24 sera publié fin mai 2008. Pour les curieux et ceux qui souhaitent aller au delà de la première impression, je vous invite à visiter le petit site informatif que j'ai créé : www.lovejunkies-manga.net Merci.
Sept Missionnaires
Complètement sous le charme de cette histoire. Pour moi aussi c'est de très loin la meilleure histoire de cette collection. Le scénario est très sympa, et vraiment novateur. L'histoire est très bien racontée et la gestion de "l'espace" (il s'agit d'un one shot donc il faut faire précis) est parfaite, on est loin, très loin des fins (pour moi) faites à la va-vite des Sept psychopathes ou des Sept voleurs... Et je pense que ce qui joue beaucoup c'est le recrutement des 7, qui s'avère être vraiment simple et clair, et qui permet d'avoir plus de pages pour l'histoire... (ce n'est pas le cas pour les autres histoires de la collection, le recrutement était très long). Le dessin est très bien et colle parfaitement à l'histoire, les personnages sont tous reconnaissables rapidement. Les sept personnages sont tous "principaux" et jouent tous vraiment un rôle dans cette histoire. Petit bémol tout de même, il me semble que la tristesse n'est pas un péché, ce ne serait pas plutôt la paresse ? Donc un très gros 4,5/5 pour l'ensemble de l'oeuvre !!
Empire Céleste
Après lecture du tome 1. Cette nouvelle série est une vraie bouffée d'oxygène. L'histoire est fluide, prenante et dépaysante. L'humour est omniprésent, les personnages sont vraiment bien travaillés et participent toutes différemment à l'histoire. Le dessin est une bonne surprise, il est aéré et pourtant relativement détaillé. La colorisation lui rend hommage et le seconde merveilleusement. Un 4/5 pour encourager cette série qui débute, mais qui apporte au lecteur un vrai moment de bonheur.
Sept Missionnaires
Certainement le meilleur de la collection, à cette heure. Le dessin y est superbe, tant le trait avec Luigi Critone que la colorisation avec Lorenzo Pieri. Le scénario d'Alain Ayroles est subtil, rythmé, plaisant, intelligent, maîtrisé, non dénué d'humour, etc... Un vrai concentré de talents : la réunion de ces 3 auteurs nous offre un album qui plaira au plus grand nombre. A découvrir de toute urgence.
Qui a tué l'idiot ?
Sans le macaron rouge "Alph'art du meilleur album Angoulême 1997", je serai encore passé à côté de cette petite merveille. Cette BD absurde et inclassable distille un humour acide au second voir troisième degré. L'histoire est plaisante, l'univers (ou du moins ce micro univers se résumant à un village) est original avec tous ces personnages aussi excentriques les uns que les autres. En fait, on pourrait penser qu'ils sont normaux, les traits de caractères étant seulement amplifiés. Mais la note vaut surtout pour la partie graphique : chargée mais d'une beauté peu commune dans le monde de la BD. J'ai un moment pensé à Sorel, qui est un de mes dessinateurs préférés. La lecture requière de la patience, chaque case se lit tranquillement et s'apprécie visuellement. Si l'on regarde une page en entier, ça fait certes un peu bordélique, mais en ciblant case par case, on se rend compte de la richesse visuelle de celles-ci. Cet emprunt aboutira prochainement par un achat. Quel dommage que l'auteur ait changé de style graphique depuis :-(
Chaminou
Chaminou et le Khrompire est sans doute l’œuvre la plus complexe de Macherot et aussi celle qui a le moins vieilli. Elle conserve une extraordinaire modernité. Macherot l’a écrite (avant la série Sibylline) à l’époque où il avait quitté le journal Tintin pour Spirou. Mais Chaminou n’a pas du tout marché. Peut-être que cette histoire de loup carnivore dans un journal pour enfant était trop en avance sur son temps. Il faut dire qu’il pointe une vraie dose de cynisme dans cette bd. Il serait, d’ailleurs, bon qu’une maison d’édition réédite ce formidable album. En fait, Chaminou est une vraie critique de notre société de consommation des années 60. Comme souvent, on se sert des animaux pour décrire nos petits et nos grands travers. L’histoire se passe à New York ; ville, qui avait déjà été évoquée par Macherot dans Clifton. L’auteur retranscrit avec une grande habilité l’ambiance de la ville, intégrant parfaitement sa modernité. Chaminou est un agent secret un peu dépassé par les événements, parfois bousculé par sa secrétaire Zonzon. Celle-ci apporte une vraie nouveauté dans la bande dessinée de l’époque, même si Macherot ne l’épargne pas également. Le gouverneur Crunchblott est d’une rare férocité et n’est pas sans rappeler Anthracite le méchant de la série Chlorophylle. De plus, on voit « toute l’estime » que Macherot portait à la police, puisque celle-ci est profondément ridiculisée. Il n’existe qu’un album signé Macherot, celui-ci a refusé d’en écrire un deuxième malgré les souhaits de Charles Dupuis. La série a été reprise, bien plus tard, par Olivier Saive.