Une découverte que ce Portugal ainsi que son auteur Pedrosa, paru chez Dupuis dans leur collection Aire Libre.
Un pavé de 255 pages (hors carnet de croquis et dessin original daté et signé du tirage de tête) à la couverture colorée, bucolique, mélancolique et tout autant chaleureuse.
Pedrosa fait preuve ici d'une maturité certaine dans le dessin, le scénario. Une histoire personnelle, un trentenaire à la recherche de ses racines, de son histoire que l'on pourrait résumer de la façon suivante en citant l'un des personnages (page 197) : " Est ce que je suis le pays où je suis né ou est ce que je suis peu importe le pays" ?
Le dessin est merveilleux, le choix de Pedrosa de tout faire en couleur directe donne un sentiment d'immédiateté à l’œuvre, les personnage se confondent avec le décor, comme si l'individu et les lieux ne faisaient qu'un, interagissant l'un avec l'autre.
Pedrosa réussi à créer rapidement un sentiment d'empathie pour ses personnages pittoresques, des gens urbains (cf. Les Gens urbains de Jean Luc Cornette et Maud Millecamps paru chez Quadrants), nous suivons ainsi leur pérégrination tout comme nous contemplerions un tableau.
Ce livre est un livre sensitif, de travail sur la mémoire, ses racines, son histoire personnelle.
Il en ressort une quiétude, un apaisement, et la satisfaction du repos. Pedrosa touche à l'universalité dans se récit, à faire de cette quête personnelle du personnage principal un thème nous touchant tous et toutes à la fois.
Pour terminer cet avis, j'invite tous les amoureux de bandes dessinées à découvrir ce bijoux, certainement la BD de l'année.
Buche, c’est un gars de la bande à Zep (normal, il est suisse). Il planche sur Franky Snow pour la bande à Tchô. Bien avant cela, il a publié sa première bd en 1985. Il s’agit de "carapace" qui s’inspire de son service militaire.
L’idée géniale et super-originale qu’il a eue est de coiffer un jeune soldat par son commandant (une tortue) en guise de casque. Ca va donner lieu a un conflit permanent entre l’autoritaire tortue (gauche ! droite ! rampez !) et sa jeune recrue pacifiste et un brin rebelle (qui finira par abandonner son fusil). C’est plutôt bien vu et assez jouissif. Cette entité bicéphale va se mouvoir dans un environnement potager plutôt hostile. En chemin, ce binôme fusionnel fera des rencontres incongrues (un homme sans tête, une limace géante, …). Bref, de quoi passer un moment jubilatoire. Une fois l’effet de surprise passé, on se rend compte que tout n’est pas parfait. Le récit pèche sans doute par une trame d’une relative simplicité et un peu redondante. Mais l’ensemble est bien mené avec une petite morale en guise de conclusion . . . Côté dessin, c’est une belle petite claque visuelle. Le noir et blanc est superbe (raison de mon achat), le trait est dynamique, les décors fouillés sans être chargés pour autant . . .
Sortez de votre carapace et découvrez cette bd si l’occasion se présente !
Patrick Prugne est un auteur que je suis depuis la superbe série L'auberge du Bout du Monde. Déjà, à l'époque son dessin m'avait subjugué. Et puis, avec le temps est venu Canoë Bay, superbe one shot , toujours chez Daniel Maghen.
Avec ce nouveau one shot, Patrick Prugne reste seul aux commandes.
Toujours sous les auspices des Etats Unis naissants, nous suivons l'histoire d"Alban Labiche, jeune recrue qui, contre son gré se retrouve en Amérique .
Ce qui fait la force de cette bande dessinée, c'est surtout la beauté du dessin de Patrick Prugne, un dessin qui de page en page éblouit le lecteur.
C'est superbe, tout en couleur directe, le tout coiffé d'une magnifique couverture.
De par mes goûts littéraires, j'ai retrouvé un peu les sentiments d'un Chateaubriand débarquant sur le nouveau continent (mais la comparaison s'arrête là).
Agrémenté d'un superbe cahier de croquis, cette bd est une des sorties incontournables de cette rentrée.
Certes le scénario est assez léger mais Patrick Prugne possède un talent tel que nous plongeons dans ce récit avec délice.
Une bande dessinée que je relirai avec plaisir.
Je me suis ruée sur la dernière sortie de ces auteurs, et première déception : le format, trop petit pour mettre en valeur le fabuleux noir et blanc de Risso. Tout de suite après l'ouverture deuxième déception : le papier, vraiment de très mauvaise qualité. Finalement la dernière déception arrive lors de la lecture, le lettrage est trop petit et il faut faire un effort pour lire et trop rapprocher la bd ce qui amoindri les jeux d'ombre, qui doivent être regardées de plus loin. Un format dans le même format que Je suis un vampire aurait été idéal.
Je ne vais pas m'étaler sur le talent de Trillo, car son dessin est toujours d'un niveau excellent avec son noir et blanc pur. Cela dit j'ai trouvé qu'il manquait peut-être un peu de décors, la bd s'axe principalement sur les personnages et c'est intéressant, mais dans un monde post-apocalyptique on aimerait bien voir un peu plus le monde dans lequel évoluent les protagonistes.
Le scénario qui nous offre un monde totalement détruit où deux partis règnent sur les survivants, est très proche des personnages et c'est surtout à travers eux que passe toute l'histoire, le monde en lui-même est plus relégué au second plan. La psychologie de ces derniers étant bien développée le récit est très prenant et la suspense va en grandissant, on ne peut qu'attendre la suite avec impatiente.
Suite et fin du récit.
Les personnages se diversifient, on en sait de plus en plus sur ce monde post-apocalyptique et le dernier tome fait office de prologue et d’épilogue, c’est le tome que j’ai préféré. Heureusement l’histoire d’amour entre Lisa et Emile qui permettait l’ouverture de la série est reléguée au second plan, voire même au niveau de simple prétexte, d’ailleurs elle ne finira pas du tout comme on pouvait s’y attendre. Plus on avance dans les tomes plus l’histoire a pris le contre-pied de ce que j’imaginais. A noter que tous les personnages ont un rôle égal et qu’aucun n’est dispensable.
Si le premier tome forme une histoire continue, les suivants sont un peu différents. La trame générale est gardée évidemment, mais ponctuée par des histoires courtes concernant les personnages, notamment pour les tomes 2 et 3 ; soit le récit est continu mais chapitré pour le dernier tome.
Par contre je n’ai plus été dérangé par le lettrage, qui est de même taille que le premier tome, peut-être un peu de fatigue passagère, c’est vrai qu’il n’est tout de même pas bien grand. Pour ce qui est de la taille du dessin je me suis aussi faite au format, par contre il est dommage que la souplesse du livre empêche son ouverture complète, sinon on casse le dos et les pages ont tendance à se détacher facilement, il faut donc tout le temps le faire pivoter pour bien voir la planche dans son entier.
Il me reste un souhait, que les auteurs redémarrent le récit et fassent une suite.
Berceuse et assassine : deux termes qui dans beaucoup d’esprits appartiennent à deux registres différents, celui de l’enfance et de l’innocence et celui de la culpabilité et de la cruauté. Deux termes réunis comme un cadavre exquis qui, porté en titre de cette série, ne peut qu’annoncer quelque chose d’assez contrasté. Le plus fort, c’est que ce n’est pas qu’un effet d’annonce.
On nous présente dans cette série des personnages contrastés, réunis autour d’un même événement. Des personnages que l’on découvre et qui de découvrent au fil des tomes. Je ne vais pas revenir en détail sur les rôles de Joe, Martha et Dillon (vous avez 77 autres avis ci-dessous pour vous faire une idée de qui est qui) mais tout le secret et toute l’originalité de cette série reposent sur l’ingéniosité avec laquelle la présentation de ces personnages est amenée. Un présentation qui ne crée que des surprises, qui ne fait que remettre en cause ce que vous avez déjà lu tout en restant très cohérent, et qui tome après tome, m’a personnellement amené à des sentiments très contrastés sur chacun des personnages. C’est une série qui vous permettra de découvrir les bas fonds de New York et les tréfonds de l’âme des protagonistes, et qui montant en puissance au fil de chaque tome, vous fera partager des problèmes conjugaux, des drames personnels ou des tragédies plus universelles. Dans cette série, tout est histoire de rythme, de dosage, pour que chaque tome respecte une trame générale tout en apportant son lot de révélations, pour que chaque tome présentant une vision différente d’un même événement complète les deux autres et ne vienne pas les contredire. L’exercice est bien mené et le pari est gagné.
Cette série gagne en intensité à chaque tome et le dernier de ce triptyque consacre selon moi l’ensemble de la série. Après deux tomes présentant respectivement les points de vue de Joe et de Martha, couple uni par la haine et non plus par l’amour, je trouve que ce dernier tome permet d’apporter une richesse supplémentaire à ce polar noir. Un plus value de chamanisme, une valeur ajoutée de surnaturel qui viennent donner une nouvelle dimension au récit. Ne venant pas polluer la trame générale, cette dimension se pose comme un nouveau contexte à cette histoire et permet de porter le message final des auteurs : un message un brin démagogique sur ces minorités que l’on préfère ne pas voir (et d’ailleurs, je me suis surpris à vérifier dans les deux premiers tomes que ce personnage était bien présent), une idée un peu philosophique sur le sens de la vie et la destiné, et surtout, dans cet environnement très sombre et très glauque, une vision plutôt optimiste de tout ce qui s’est passé. A chaque tome, à chaque coup, les auteurs ont su faire naître en moi des sentiments différents et je trouve que c’est une très belle performance.
Le dessin est parfaitement maîtrisé et très bien réalisé. Un style réaliste qui verse parfois dans la caricature nous permet de nous vautrer dans cette glauquitude, dans cette noirceur. Il faut dire que le graphisme, qui joue sur les nuances de brun, tout juste réhaussé par des touches de jaune fait forte impression. En feuilletant les albums, j’avais peur que cette colorisation un peu uniforme ne rende le récit monotone. Il n’en est rien, le dessin et les couleurs retranscrivent bien cet univers dans lequel tout notre petit monde évolue ainsi que leurs sentiments. Quelle bonne idée d’avoir choisi cette association brun/marron/jaune (à croire que le coloriste s’est inspiré de la charte graphique de BDThèque) pour faire vivre cette histoire. L’utilisation de la couleur jaune m’a vraiment frappé : elle vient donner de touches de peps ici où là, mais c’est également avec cette couleur que les auteurs font passer leur message : le jaune, utilisé tout d’abord pour désigner les « prisons » des protagonistes (le taxi de Joe, le fauteuil de Martha), pour souligner cet enfermement et cette noirceur responsables de leur haine, est employé dans le dernier tome pour souligner la liberté de Dillon, qui grandit à chaque pas de son voyage quasi initiatique vers les destins de Joe et Martha. En bref, graphiquement, c’est beaucoup plus nuancé, voire contrasté, que ce que pouvait laisser présager un premier coup d’œil rapide. Encore une fois, la série a su créer de la surprise.
Alors, forcément, ce 4/5 fleure bon le 4,5, voire le 5, tant j’ai trouvé la série bien réalisée, bien construite, bien dosée. Tant je l’ai trouvée intéressante par sa mise en image et par son histoire qui ne se résume pas à un polar noir. Mais je reste sur cette note car certains éléments du scénario m’ont semblé plus obscurs et plus difficiles à croire, comme cette histoire avec un malfrat que l’on embauche en intérim de façon bien commode, comme ce message qui verse parfois dans le pathos et dans le démago, comme ces dernières vignettes bien énigmatiques, comme ce mystère autour des jambes de Martha qui n’ont toujours pas, à mon sens, livré tout leur secret. Je trouve que les auteurs ont également essayé de ménager le lecteur en fin d’ouvrage, et une solution plus définitive m’aurait semblé plus appropriée.
Ca reste une très bonne série, pleine de surprises et de tensions, pleine de révélations, qui propose également de prendre un peu de hauteur. Et tout cela en trois tomes seulement. Une belle réussite.
Une couverture qui donne le ton, un homme couvert de sang, fusil à pompe dans la main, nous sourit tandis que derrière lui des corps de pendus et de cadavres s’amoncellent au pied d'une centrale nucléaire en piteux état avec cette magnifique tagline : "Ensemble tout devient pénible".
Contre-pied évident d'Ensemble tout devient possible.
Le décor est planté, nous savons que dès la première page passée, nous en prendrons pour notre grade, rien ne vous sera épargné.
Et c'est tant mieux.
Après son magnifique "Rorschach", Terreur Graphique récidive chez Même pas Mal avec cette suite de strips en couleurs sur 74 planches dans une édition soignée.
Terreur graphique se veut un observateur très critique de notre société, de nos mœurs, de nos politiques. Il en tire les excès, les accidents, pour en faire un constat pathétique, mais toujours avec tendresse.
Âmes sensibles s'abstenir, œuvre à ne pas mettre en toute les mains. Lecture subversive mais dont je recommande chaudement la lecture par ces temps qui courrent de politiquement correct exigé.
Les Epées de Verre, jusqu'à son titre, est dans la pure lignée des grandes fresques d'Heroic-Fantasy classiques. Un peu trop déjà-vu me direz-vous peut-être ? Cette bande dessinée a cependant la qualité d'être sublimée par un dessin assez exceptionnel.
Le décor est celui d'une planète imaginaire dont le soleil se meurt. La civilisation qui la peuple rappelle au départ un peu la Perse antique ou la Mésopotamie, avant de nous présenter de nouvelles peuplades plus originales dans les tomes suivants. Les puissants, et plus particulièrement le seigneur Orland, y règnent sans partage, soumettant la plèbe. L'héroïne, la jeune Yama, a juré de tuer ce tyran pour venger la mort de son père et l'enlèvement de sa mère. Sa vengeance va croiser le destin d'un ancien chevalier à la recherche d'épées de verre qui, elles seules, pourraient sauver la population de l'anéantissement lorsque les flammes moribondes du soleil viendront lécher la planète.
Scénario très classique donc mais rondement mené. La lecture est fluide et agréable. Elle est surtout magnifiée par un graphisme de toute beauté.
Les planches sont extrêmement travaillées. Une technique proche de celle de l'animation est utilisée : des décors peints et très soignées contrastant doucement avec des personnages plus épurés, plus vivants. Ces décors sont superbes : les paysages arborés, la lumière dans les feuillages, les habitations, les cités, tout est presque parfait. Les personnages et les créatures fantastiques et originales ne sont pas en reste. Le tout s'accorde de très belle manière. J'ai particulièrement adoré les paysages citadins du second tome, notamment les maisons sur pilotis dans la nuit tombante. Superbe !
C'est beau ! Et cette beauté donne envie de feuilleter ou d'admirer de nouveau les planches à peine la lecture achevée.
Quand, à cette beauté, s'ajoute un solide récit, pas particulièrement original mais bien construit et prenant, je n'hésite pas à en conseiller l'achat ou au moins la lecture.
"Lanfeust de Troy", saga incontournable (du moins d'en entendre parler) pour toutes personnes s'intéressant un peu à la BD.
Et c'est vrai qu'après deux lectures de la série, je peux considérer cette saga comme (à peu près) culte.
Déjà, c'est cette série qui m'a fait découvrir et apprécier l'Héroïc-Fantasy. Il est vrai que ce n'est pas un genre que je porte spécialement dans mon cœur, mais Arleston et Tarquin ont le chic pour rendre le monde de Troy agréable et cohérent.
Lanfeust me fait apprécier aussi l'H-F grâce à un dessin, certes pas vraiment originaux, mais plutôt moderne (c'est un peu moins vrai dans les 2 premiers tomes) et pas ultra-réaliste, par contre c'est toujours joli ; les personnages ont des "bonnes gueules" et ce monde imaginaire possède un bestiaire impressionnant, fourmillant de dizaines de créatures (chose que j'apprécie). La colorisation aussi est très jolie (dans les derniers tomes, c'est flagrant qu'elle est réalisée à l'ordinateur, mais elle reste assez subtile pour ne pas déranger la lecture).
L'histoire... Aah l'histoire de Lanfeust, c'est une grande saga, remplie de multiples péripéties, de combats, de siège de châteaux, de cimetières de créatures fabuleuses et autres rencontres avec des milliers de dieux orientaux. C'est un scénario captivant du début à la fin, et même si certaines parties du récit m'ont un peu moins plu (la nouvelle romance de Lanfeust à la fin du tome 8 par exemple). Cette série ne se prend pas non plus la tête et est relativement drôle (contrairement à une pléiade d'autres séries de H.-F.).
Bref, Lanfeust, une des premières BDs que j'ai autant apprécié lorsque j'ai commencé à en lire beaucoup, c'est une merveilleuse saga (on ne peut pas en dire autant des spin-off issus du monde de Troy), à lire et à relire (on ne peut pas en dire autant des spin-off issus du monde de Troy) :) !
Une vraie pépite.
Pourtant l’histoire est bien simplette. Pas d’intrigue en tant que telle, pas de révélation finale fracassante, assez peu d’action et de dialogue… Non, la force de « En mer » se trouve dans son ambiance, sa poésie. Une fois la scène d’action initiale passée, le rythme ralentit et de nombreux passages contemplatifs et introspectifs ponctuent les aventures de notre poète devenu marin bien malgré lui. J’ai refermé l’album avec un sentiment de bien-être que j’ai bien du mal à expliquer, un émerveillement qui me rappelle les films et dessins animés de mon enfance.
L’ouvrage même est magnifique : petit format (comme le carnet de poésie du marin) et superbement illustré (un dessin par page, et quel dessin !).
Un album immanquable selon moi, à découvrir au plus vite, et à déguster au calme, en prenant son temps.
Je viens de découvrir ce bouquin, et je jubile ! Donc je suis surpris par tous ces avis négatifs, car pour ma part, je trouve ce genre d'exercice... (allez, n'ayons pas peur des qualificatifs...) GÉNIAL ! Arriver à décrire des scènes de Q (et y'en a pour tous les gouts, pour tous les orifices, à 2 ou à plusieurs...,) avec des figures géométriques, je trouve cela intellectuellement excitant, un magnifique exercice de stylisation graphique.
Mais à la lecture des avis ici, il semblerait qu'il faille une structuration d'esprit particulière (??), qu'il faille aimer le jeu (pas qu'intellectuel, d'ailleurs...) pour apprécier ce genre d'exercice (car il s'agit d'un exercice, c'est de l'OUBAPO = BD sous contraintes graphiques).
En résumé, il apparait (qui en doutait ?) que chacun ne trouve pas son plaisir dans les mêmes parties de nos cerveaux, qu'on est tous différents... et c'est ça qu'est bien ! VIVE LA LIBERTÉ, VIVE L'INTELLIGENCE ET VIVE LE Q !
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Une découverte que ce Portugal ainsi que son auteur Pedrosa, paru chez Dupuis dans leur collection Aire Libre. Un pavé de 255 pages (hors carnet de croquis et dessin original daté et signé du tirage de tête) à la couverture colorée, bucolique, mélancolique et tout autant chaleureuse. Pedrosa fait preuve ici d'une maturité certaine dans le dessin, le scénario. Une histoire personnelle, un trentenaire à la recherche de ses racines, de son histoire que l'on pourrait résumer de la façon suivante en citant l'un des personnages (page 197) : " Est ce que je suis le pays où je suis né ou est ce que je suis peu importe le pays" ? Le dessin est merveilleux, le choix de Pedrosa de tout faire en couleur directe donne un sentiment d'immédiateté à l’œuvre, les personnage se confondent avec le décor, comme si l'individu et les lieux ne faisaient qu'un, interagissant l'un avec l'autre. Pedrosa réussi à créer rapidement un sentiment d'empathie pour ses personnages pittoresques, des gens urbains (cf. Les Gens urbains de Jean Luc Cornette et Maud Millecamps paru chez Quadrants), nous suivons ainsi leur pérégrination tout comme nous contemplerions un tableau. Ce livre est un livre sensitif, de travail sur la mémoire, ses racines, son histoire personnelle. Il en ressort une quiétude, un apaisement, et la satisfaction du repos. Pedrosa touche à l'universalité dans se récit, à faire de cette quête personnelle du personnage principal un thème nous touchant tous et toutes à la fois. Pour terminer cet avis, j'invite tous les amoureux de bandes dessinées à découvrir ce bijoux, certainement la BD de l'année.
Carapace
Buche, c’est un gars de la bande à Zep (normal, il est suisse). Il planche sur Franky Snow pour la bande à Tchô. Bien avant cela, il a publié sa première bd en 1985. Il s’agit de "carapace" qui s’inspire de son service militaire. L’idée géniale et super-originale qu’il a eue est de coiffer un jeune soldat par son commandant (une tortue) en guise de casque. Ca va donner lieu a un conflit permanent entre l’autoritaire tortue (gauche ! droite ! rampez !) et sa jeune recrue pacifiste et un brin rebelle (qui finira par abandonner son fusil). C’est plutôt bien vu et assez jouissif. Cette entité bicéphale va se mouvoir dans un environnement potager plutôt hostile. En chemin, ce binôme fusionnel fera des rencontres incongrues (un homme sans tête, une limace géante, …). Bref, de quoi passer un moment jubilatoire. Une fois l’effet de surprise passé, on se rend compte que tout n’est pas parfait. Le récit pèche sans doute par une trame d’une relative simplicité et un peu redondante. Mais l’ensemble est bien mené avec une petite morale en guise de conclusion . . . Côté dessin, c’est une belle petite claque visuelle. Le noir et blanc est superbe (raison de mon achat), le trait est dynamique, les décors fouillés sans être chargés pour autant . . . Sortez de votre carapace et découvrez cette bd si l’occasion se présente !
Frenchman
Patrick Prugne est un auteur que je suis depuis la superbe série L'auberge du Bout du Monde. Déjà, à l'époque son dessin m'avait subjugué. Et puis, avec le temps est venu Canoë Bay, superbe one shot , toujours chez Daniel Maghen. Avec ce nouveau one shot, Patrick Prugne reste seul aux commandes. Toujours sous les auspices des Etats Unis naissants, nous suivons l'histoire d"Alban Labiche, jeune recrue qui, contre son gré se retrouve en Amérique . Ce qui fait la force de cette bande dessinée, c'est surtout la beauté du dessin de Patrick Prugne, un dessin qui de page en page éblouit le lecteur. C'est superbe, tout en couleur directe, le tout coiffé d'une magnifique couverture. De par mes goûts littéraires, j'ai retrouvé un peu les sentiments d'un Chateaubriand débarquant sur le nouveau continent (mais la comparaison s'arrête là). Agrémenté d'un superbe cahier de croquis, cette bd est une des sorties incontournables de cette rentrée. Certes le scénario est assez léger mais Patrick Prugne possède un talent tel que nous plongeons dans ce récit avec délice. Une bande dessinée que je relirai avec plaisir.
Point de Rupture
Je me suis ruée sur la dernière sortie de ces auteurs, et première déception : le format, trop petit pour mettre en valeur le fabuleux noir et blanc de Risso. Tout de suite après l'ouverture deuxième déception : le papier, vraiment de très mauvaise qualité. Finalement la dernière déception arrive lors de la lecture, le lettrage est trop petit et il faut faire un effort pour lire et trop rapprocher la bd ce qui amoindri les jeux d'ombre, qui doivent être regardées de plus loin. Un format dans le même format que Je suis un vampire aurait été idéal. Je ne vais pas m'étaler sur le talent de Trillo, car son dessin est toujours d'un niveau excellent avec son noir et blanc pur. Cela dit j'ai trouvé qu'il manquait peut-être un peu de décors, la bd s'axe principalement sur les personnages et c'est intéressant, mais dans un monde post-apocalyptique on aimerait bien voir un peu plus le monde dans lequel évoluent les protagonistes. Le scénario qui nous offre un monde totalement détruit où deux partis règnent sur les survivants, est très proche des personnages et c'est surtout à travers eux que passe toute l'histoire, le monde en lui-même est plus relégué au second plan. La psychologie de ces derniers étant bien développée le récit est très prenant et la suspense va en grandissant, on ne peut qu'attendre la suite avec impatiente. Suite et fin du récit. Les personnages se diversifient, on en sait de plus en plus sur ce monde post-apocalyptique et le dernier tome fait office de prologue et d’épilogue, c’est le tome que j’ai préféré. Heureusement l’histoire d’amour entre Lisa et Emile qui permettait l’ouverture de la série est reléguée au second plan, voire même au niveau de simple prétexte, d’ailleurs elle ne finira pas du tout comme on pouvait s’y attendre. Plus on avance dans les tomes plus l’histoire a pris le contre-pied de ce que j’imaginais. A noter que tous les personnages ont un rôle égal et qu’aucun n’est dispensable. Si le premier tome forme une histoire continue, les suivants sont un peu différents. La trame générale est gardée évidemment, mais ponctuée par des histoires courtes concernant les personnages, notamment pour les tomes 2 et 3 ; soit le récit est continu mais chapitré pour le dernier tome. Par contre je n’ai plus été dérangé par le lettrage, qui est de même taille que le premier tome, peut-être un peu de fatigue passagère, c’est vrai qu’il n’est tout de même pas bien grand. Pour ce qui est de la taille du dessin je me suis aussi faite au format, par contre il est dommage que la souplesse du livre empêche son ouverture complète, sinon on casse le dos et les pages ont tendance à se détacher facilement, il faut donc tout le temps le faire pivoter pour bien voir la planche dans son entier. Il me reste un souhait, que les auteurs redémarrent le récit et fassent une suite.
Berceuse assassine
Berceuse et assassine : deux termes qui dans beaucoup d’esprits appartiennent à deux registres différents, celui de l’enfance et de l’innocence et celui de la culpabilité et de la cruauté. Deux termes réunis comme un cadavre exquis qui, porté en titre de cette série, ne peut qu’annoncer quelque chose d’assez contrasté. Le plus fort, c’est que ce n’est pas qu’un effet d’annonce. On nous présente dans cette série des personnages contrastés, réunis autour d’un même événement. Des personnages que l’on découvre et qui de découvrent au fil des tomes. Je ne vais pas revenir en détail sur les rôles de Joe, Martha et Dillon (vous avez 77 autres avis ci-dessous pour vous faire une idée de qui est qui) mais tout le secret et toute l’originalité de cette série reposent sur l’ingéniosité avec laquelle la présentation de ces personnages est amenée. Un présentation qui ne crée que des surprises, qui ne fait que remettre en cause ce que vous avez déjà lu tout en restant très cohérent, et qui tome après tome, m’a personnellement amené à des sentiments très contrastés sur chacun des personnages. C’est une série qui vous permettra de découvrir les bas fonds de New York et les tréfonds de l’âme des protagonistes, et qui montant en puissance au fil de chaque tome, vous fera partager des problèmes conjugaux, des drames personnels ou des tragédies plus universelles. Dans cette série, tout est histoire de rythme, de dosage, pour que chaque tome respecte une trame générale tout en apportant son lot de révélations, pour que chaque tome présentant une vision différente d’un même événement complète les deux autres et ne vienne pas les contredire. L’exercice est bien mené et le pari est gagné. Cette série gagne en intensité à chaque tome et le dernier de ce triptyque consacre selon moi l’ensemble de la série. Après deux tomes présentant respectivement les points de vue de Joe et de Martha, couple uni par la haine et non plus par l’amour, je trouve que ce dernier tome permet d’apporter une richesse supplémentaire à ce polar noir. Un plus value de chamanisme, une valeur ajoutée de surnaturel qui viennent donner une nouvelle dimension au récit. Ne venant pas polluer la trame générale, cette dimension se pose comme un nouveau contexte à cette histoire et permet de porter le message final des auteurs : un message un brin démagogique sur ces minorités que l’on préfère ne pas voir (et d’ailleurs, je me suis surpris à vérifier dans les deux premiers tomes que ce personnage était bien présent), une idée un peu philosophique sur le sens de la vie et la destiné, et surtout, dans cet environnement très sombre et très glauque, une vision plutôt optimiste de tout ce qui s’est passé. A chaque tome, à chaque coup, les auteurs ont su faire naître en moi des sentiments différents et je trouve que c’est une très belle performance. Le dessin est parfaitement maîtrisé et très bien réalisé. Un style réaliste qui verse parfois dans la caricature nous permet de nous vautrer dans cette glauquitude, dans cette noirceur. Il faut dire que le graphisme, qui joue sur les nuances de brun, tout juste réhaussé par des touches de jaune fait forte impression. En feuilletant les albums, j’avais peur que cette colorisation un peu uniforme ne rende le récit monotone. Il n’en est rien, le dessin et les couleurs retranscrivent bien cet univers dans lequel tout notre petit monde évolue ainsi que leurs sentiments. Quelle bonne idée d’avoir choisi cette association brun/marron/jaune (à croire que le coloriste s’est inspiré de la charte graphique de BDThèque) pour faire vivre cette histoire. L’utilisation de la couleur jaune m’a vraiment frappé : elle vient donner de touches de peps ici où là, mais c’est également avec cette couleur que les auteurs font passer leur message : le jaune, utilisé tout d’abord pour désigner les « prisons » des protagonistes (le taxi de Joe, le fauteuil de Martha), pour souligner cet enfermement et cette noirceur responsables de leur haine, est employé dans le dernier tome pour souligner la liberté de Dillon, qui grandit à chaque pas de son voyage quasi initiatique vers les destins de Joe et Martha. En bref, graphiquement, c’est beaucoup plus nuancé, voire contrasté, que ce que pouvait laisser présager un premier coup d’œil rapide. Encore une fois, la série a su créer de la surprise. Alors, forcément, ce 4/5 fleure bon le 4,5, voire le 5, tant j’ai trouvé la série bien réalisée, bien construite, bien dosée. Tant je l’ai trouvée intéressante par sa mise en image et par son histoire qui ne se résume pas à un polar noir. Mais je reste sur cette note car certains éléments du scénario m’ont semblé plus obscurs et plus difficiles à croire, comme cette histoire avec un malfrat que l’on embauche en intérim de façon bien commode, comme ce message qui verse parfois dans le pathos et dans le démago, comme ces dernières vignettes bien énigmatiques, comme ce mystère autour des jambes de Martha qui n’ont toujours pas, à mon sens, livré tout leur secret. Je trouve que les auteurs ont également essayé de ménager le lecteur en fin d’ouvrage, et une solution plus définitive m’aurait semblé plus appropriée. Ca reste une très bonne série, pleine de surprises et de tensions, pleine de révélations, qui propose également de prendre un peu de hauteur. Et tout cela en trois tomes seulement. Une belle réussite.
La Rupture Tranquille
Une couverture qui donne le ton, un homme couvert de sang, fusil à pompe dans la main, nous sourit tandis que derrière lui des corps de pendus et de cadavres s’amoncellent au pied d'une centrale nucléaire en piteux état avec cette magnifique tagline : "Ensemble tout devient pénible". Contre-pied évident d'Ensemble tout devient possible. Le décor est planté, nous savons que dès la première page passée, nous en prendrons pour notre grade, rien ne vous sera épargné. Et c'est tant mieux. Après son magnifique "Rorschach", Terreur Graphique récidive chez Même pas Mal avec cette suite de strips en couleurs sur 74 planches dans une édition soignée. Terreur graphique se veut un observateur très critique de notre société, de nos mœurs, de nos politiques. Il en tire les excès, les accidents, pour en faire un constat pathétique, mais toujours avec tendresse. Âmes sensibles s'abstenir, œuvre à ne pas mettre en toute les mains. Lecture subversive mais dont je recommande chaudement la lecture par ces temps qui courrent de politiquement correct exigé.
Les Epées de verre
Les Epées de Verre, jusqu'à son titre, est dans la pure lignée des grandes fresques d'Heroic-Fantasy classiques. Un peu trop déjà-vu me direz-vous peut-être ? Cette bande dessinée a cependant la qualité d'être sublimée par un dessin assez exceptionnel. Le décor est celui d'une planète imaginaire dont le soleil se meurt. La civilisation qui la peuple rappelle au départ un peu la Perse antique ou la Mésopotamie, avant de nous présenter de nouvelles peuplades plus originales dans les tomes suivants. Les puissants, et plus particulièrement le seigneur Orland, y règnent sans partage, soumettant la plèbe. L'héroïne, la jeune Yama, a juré de tuer ce tyran pour venger la mort de son père et l'enlèvement de sa mère. Sa vengeance va croiser le destin d'un ancien chevalier à la recherche d'épées de verre qui, elles seules, pourraient sauver la population de l'anéantissement lorsque les flammes moribondes du soleil viendront lécher la planète. Scénario très classique donc mais rondement mené. La lecture est fluide et agréable. Elle est surtout magnifiée par un graphisme de toute beauté. Les planches sont extrêmement travaillées. Une technique proche de celle de l'animation est utilisée : des décors peints et très soignées contrastant doucement avec des personnages plus épurés, plus vivants. Ces décors sont superbes : les paysages arborés, la lumière dans les feuillages, les habitations, les cités, tout est presque parfait. Les personnages et les créatures fantastiques et originales ne sont pas en reste. Le tout s'accorde de très belle manière. J'ai particulièrement adoré les paysages citadins du second tome, notamment les maisons sur pilotis dans la nuit tombante. Superbe ! C'est beau ! Et cette beauté donne envie de feuilleter ou d'admirer de nouveau les planches à peine la lecture achevée. Quand, à cette beauté, s'ajoute un solide récit, pas particulièrement original mais bien construit et prenant, je n'hésite pas à en conseiller l'achat ou au moins la lecture.
Lanfeust de Troy
"Lanfeust de Troy", saga incontournable (du moins d'en entendre parler) pour toutes personnes s'intéressant un peu à la BD. Et c'est vrai qu'après deux lectures de la série, je peux considérer cette saga comme (à peu près) culte. Déjà, c'est cette série qui m'a fait découvrir et apprécier l'Héroïc-Fantasy. Il est vrai que ce n'est pas un genre que je porte spécialement dans mon cœur, mais Arleston et Tarquin ont le chic pour rendre le monde de Troy agréable et cohérent. Lanfeust me fait apprécier aussi l'H-F grâce à un dessin, certes pas vraiment originaux, mais plutôt moderne (c'est un peu moins vrai dans les 2 premiers tomes) et pas ultra-réaliste, par contre c'est toujours joli ; les personnages ont des "bonnes gueules" et ce monde imaginaire possède un bestiaire impressionnant, fourmillant de dizaines de créatures (chose que j'apprécie). La colorisation aussi est très jolie (dans les derniers tomes, c'est flagrant qu'elle est réalisée à l'ordinateur, mais elle reste assez subtile pour ne pas déranger la lecture). L'histoire... Aah l'histoire de Lanfeust, c'est une grande saga, remplie de multiples péripéties, de combats, de siège de châteaux, de cimetières de créatures fabuleuses et autres rencontres avec des milliers de dieux orientaux. C'est un scénario captivant du début à la fin, et même si certaines parties du récit m'ont un peu moins plu (la nouvelle romance de Lanfeust à la fin du tome 8 par exemple). Cette série ne se prend pas non plus la tête et est relativement drôle (contrairement à une pléiade d'autres séries de H.-F.). Bref, Lanfeust, une des premières BDs que j'ai autant apprécié lorsque j'ai commencé à en lire beaucoup, c'est une merveilleuse saga (on ne peut pas en dire autant des spin-off issus du monde de Troy), à lire et à relire (on ne peut pas en dire autant des spin-off issus du monde de Troy) :) !
En Mer
Une vraie pépite. Pourtant l’histoire est bien simplette. Pas d’intrigue en tant que telle, pas de révélation finale fracassante, assez peu d’action et de dialogue… Non, la force de « En mer » se trouve dans son ambiance, sa poésie. Une fois la scène d’action initiale passée, le rythme ralentit et de nombreux passages contemplatifs et introspectifs ponctuent les aventures de notre poète devenu marin bien malgré lui. J’ai refermé l’album avec un sentiment de bien-être que j’ai bien du mal à expliquer, un émerveillement qui me rappelle les films et dessins animés de mon enfance. L’ouvrage même est magnifique : petit format (comme le carnet de poésie du marin) et superbement illustré (un dessin par page, et quel dessin !). Un album immanquable selon moi, à découvrir au plus vite, et à déguster au calme, en prenant son temps.
La Nouvelle pornographie
Je viens de découvrir ce bouquin, et je jubile ! Donc je suis surpris par tous ces avis négatifs, car pour ma part, je trouve ce genre d'exercice... (allez, n'ayons pas peur des qualificatifs...) GÉNIAL ! Arriver à décrire des scènes de Q (et y'en a pour tous les gouts, pour tous les orifices, à 2 ou à plusieurs...,) avec des figures géométriques, je trouve cela intellectuellement excitant, un magnifique exercice de stylisation graphique. Mais à la lecture des avis ici, il semblerait qu'il faille une structuration d'esprit particulière (??), qu'il faille aimer le jeu (pas qu'intellectuel, d'ailleurs...) pour apprécier ce genre d'exercice (car il s'agit d'un exercice, c'est de l'OUBAPO = BD sous contraintes graphiques). En résumé, il apparait (qui en doutait ?) que chacun ne trouve pas son plaisir dans les mêmes parties de nos cerveaux, qu'on est tous différents... et c'est ça qu'est bien ! VIVE LA LIBERTÉ, VIVE L'INTELLIGENCE ET VIVE LE Q !