La vie, la mort, les remords, les regrets, la vengeance...
Tels sont les thèmes abordés dans cette oeuvre majestueuse qui trouve un souffle épique dans les pinceaux de l'artiste Tenuta qui considère chaque case comme une peinture unique d'un vaste tableau éclaté en guise de mosaïque.
L'histoire n'est guère complexe mais n'est pas simpliste pour autant et revêt de multiples couches de lecture selon la sensibilité de chacun.
Le pari est simple mais très honnête : proposer un véritable melting-pot européen sur les légendes asiatiques tout en conservant une identité unique. Cette légende rassemble les atouts des chambaras japonais sans en ressembler toutefois à un seul spécifiquement.
On pense une fois de plus à la légende du sabreur manchot en ronin solitaire magnifié par l'insurmontable "The Blade" de Tsui Hark mais aussi et surtout par son utilisation de la faune et de la flore à Princesse Mononoke.
Outre le fait d'utiliser des dominantes blanche et rouge pour symboliser par évidence la vie et la mort, Tenuta découpe son histoire de façon fort intelligente avec des combats sanglants et rapides (Je n'avais vu découpage aussi fluide et réussi y compris dans Okko) à une narration ponctuée de scènes d'action d'anthologie (la traque par les loups des premières pages pourrait servir de storyboard) à des flashbacks plus tempérés se greffant au fur et à mesure à l'histoire principale.
Cette quête de mémoire par un ronin mutilé et amnésique ne s'accompagne d'aucune scène inutile. On ressent le désespoir de chacun des personnages qui, au delà de gloire et de pouvoir, a faim de rédemption et d'attention.
J'ai également beaucoup apprécié comme les éléments fantastiques à peine effleurés et sans explication se greffent sans encombres à l'ambiance principale. Qu'il s'agisse de l'évolution physique de l'impératrice ou de son bras droit invulnérable , le lecteur ne sera pas pris par la main pour en deviner leurs origines et ne se sentira jamais pour autant perdu.
La force d'un tel récit ne serait rien sans la maitrise évidente d'un auteur sorti de nulle part et maitrisant les estampes japonaises et leur animation. Car les êtres comme les animaux bougent et se mouvent comme des ombres sans être écrasés par des décors omniprésents.
Le plaisir fut tel que les 4 tomes ont été lus à la suite, peut être trop rapidement et sans temps morts mais avec le sentiment équivoque d'y retourner vite et prochainement. Une claque ébouriffante sur un terrain parallèle et dissociable d'Okko. La récente parution du magnifique coffret ou de l'intégrale devraient achever de vous convaincre de l'utilité publique d'une telle œuvre dans votre bibliothèque.
Je regrette juste de ne pas avoir pris le temps de l'avoir lue plus tôt mais pour des raisons personnelles les Nuées Écarlates sont arrivées à point nommé dans mon évolution pour autant de réflexion comme de distraction...
C'est une série magnifique qui serait culte, si les tomes 9 et 10 avaient apporté quelque chose à l'histoire .
L'Histoire : dans les premiers tomes on voit bien l'horeur dans les rues, la peur, les zombies .
Au fur et à mesure ils apprennent à survivre (trouver de la nourriture, essence, eau, médicaments, armes, munitions,..).
Une bonne histoire qui varie les situations des personnages (sauf des tomes 9 et 10), des rebondissements et des retournements de situations.
Le dessin : je ne vois pas ce que certains lui reprochent, je ne le trouve pas incroyable, mais pas moche non plus. On est dans du horror-comics, pas dans une BD historique, on ne cherche pas à être réaliste.
Tome 1 à 4: 5/5
Tome 5 à 8 : 4/5
Tome 9 et 10 : 3/5
Tome 10 à 12 : 4/5
Tome 13 : 3,5/5
Je viens d'achever la lecture de ce 3ème tome de Siegfried. Cette série est une des meilleures jamais lues, c'est une leçon de bande dessinée que nous donne là Alex Alice, un chef-d'oeuvre du 9ème art.
Je regrette que cet ouvrage ne soit même pas sélectionné à Angoulême à la place de ces "Bds pour Bobos" que l'on peut voir chaque année. C'est plus que regrettable car on ne peut nier tant de qualités dans une BD. Tout d'abord un scénario millimétré, d'une régularité incroyable, une mise en scène et un découpage parfait. Je n'ai jamais vu d'aussi belles scènes en bande dessiné, on croirait voir un film, je pense notamment à la scène où Crane décolle entre les géants. Dessins et couleurs sont sublimes. Des doubles pages explosives. C'est absolument TOUT ce que j'attends d'une BD.
Tout simplement une des meilleures série jeune public lue en cette fin d'année !
Un univers assez onirique et farfelu peuplé de personnages originaux et truculents ; des trouvailles et un travail de vocabulaire sympas ; un graphisme tout en rondeur, clair et coloré. Bref, le duo Florian et Katherine Ferrier nous gâte !
Ajoutez à cela des personnages au caractère tranché, une dose d'aventure et de mystère, et ces deux premiers tomes font merveilleusement leur effet pour le plus grand bonheur de nos jeunes lecteurs - et le mien aussi !-.
Car si certaines productions jeunesse de qualité me laissent parfois de marbre à cause du décalage entre le public ciblé et le lecteur adulte que je suis, j'ai été ici plus que séduit par cette série pleine de fraicheur et d'originalité.
J'ai découvert l'œuvre d'Etienne Davodeau assez tardivement. J'ai une nette préférence sur ses chroniques sociales, je l'avoue, comme Un homme est mort ou encore Rural ! Et là avec ce livre, je pense que Davodeau signe un véritable chef d'œuvre. Toujours ancré dans le milieu rural, l'auteur nous offre un regard croisé sur le travail de dessinateur et sur celui de vigneron. C'est intelligent, drôle, percutant mais surtout d'une sincérité débordante. Les portraits de" candide" au festival de Saint-Malo ou encore dans "les caves" sont justes et touchants.
Même si ce pavé est quelque peu déséquilibré en faveur du monde viticole, je ne peux que m'en réjouir car j'ai appris pas mal de choses en le lisant. D'ailleurs, j'ai lu cette bande dessinée d'une traite tellement le récit d'Etienne Davodeau est passionnant.
En plus, phénomène assez rare, la lecture des "ignorants" donne envie de se replonger dans d'autres bd.
Bref, une lecture que je recommande fortement.
Eckhart Tolle, dont les livres sur la sagesse et la philosophie pour un meilleur art de vivre sont bien connus, associe ses textes avec le dessinateur Patrick McDonnell, créateur de "Mutts", pour nous livrer un petit joyau.
Les textes en vis-à vis des planches, strips, ou parfois simples dessins se marient à merveille, et les paroles de Tolle coulent comme de l'eau de source. Sa vision intérieure du monde est non seulement remplie de sagesse proche du zen, par exemple, mais plein de petites phrases simples en apparence mais dont l'éloquence et la fraîcheur surgissent presque à chaque sentence, et de plus, il y a beaucoup d'humour, parfois assez mordant.
Le dessinateur rajoute sa touche avec des personnages vifs, enlevés, dynamiques,drôles, et cela montre que profondeur et BD sont largement possibles.
De la poésie en ressort, c'est une véritable ode aux liens unissant les animaux et les hommes, et l'idée qu'aimer la vie n'est pas mièvre mais fort. Une perle rare et, qui plus est, un cadeau idéal en période de fête.
Bonjour à tous,
J'ai découvert cette BD un peu au hasard dans le rayon en étant attiré par le format atypique. En la feuilletant j'ai vraiment accroché avec l'univers visuel. Les dessins sont superbes et s'immerger dans l'univers sombre de cette BD est un vrai plaisir. Le scénario quant à lui fonctionne bien même s'il n'est pas révolutionnaire. Je suis impatient de connaître la suite.
Bref j'ai adoré.
Après avoir découvert Durango quand j'étais au lycée, je suis devenu à l'époque l' un de ses plus grands fans et je suis étonné de voir que mon plaisir est toujours le même lors de mes relectures de cette série culte.
Il faut tout de même avouer que le scénario est souvent répétitif sur l'ensemble des quinze tomes. Ce cow-boy solitaire parvient tout le temps à déjouer les manigances de riches propriétaires terriens qui veulent s'approprier par la force bien sûr les terres des pauvres petits éleveurs ou parfois de mineurs.
Malgré cela Durango reste une très bonne série, digne des plus grands "westerns spaghetti", en effet on retrouve au long des épisodes la plupart des clichés aperçus dans ce genre de films : les duels bien sûr, les attaques meurtrières de banques, les ranchs dévastés par des hommes de main, la "révolution mexicaine" (les trois épisodes couvrant cette période sont tout simplement magnifiques), le héros arrivant dans une gare isolée et j'en passe.
Swolfs se permet même dans le tome 9 de faire apparaître un homme ressemblant étrangement à Lucky Luke.
Je suis quand même moins emballé par les 2 derniers épisodes dessinés par Thierry Girod, même si les dessins restent de bonne qualité.
En bref je suis toujours ravi de lire les aventures du cavalier solitaire gaucher utilisant un Mauser M98, car si cette série a maintenant 30 ans elle n'a pas pris une ride.
Comme l'indiquent en préface les deux scénaristes, la "beat generation" a déjà fait l'objet de nombreux articles, ouvrages, et autres films. Leur intention n'est donc pas de présenter la Bible ultime de ce mouvement, mais bel et bien de proposer leur vision de ses principales figures, au travers de notices biographiques plus ou moins approfondies.
Au premier rang de ces figures, se trouvent des gens comme Jack Kerouac, William S. Burroughs, ou encore Allen Ginsberg. Ecrivains et poètes qui ont, sinon fondé, théorisé et installé la culture beatnik. Les différentes "branches" sont ensuite explorées, comme la renaissance de la poésie à San Francisco dans les années 1960, ou bien les "nanas beats", qui posent un regard plus contrasté sur le portrait un chouia laudatif fait à leurs compagnons. C'est très instructif, surtout concernant les auteurs majeurs cités, mais cela permet d'approcher aussi les différentes formes qu'a pu prendre la culture beatnik, avec la poésie, la musique, la peinture, une culture qui prônait le sexe libre, la prise de drogues sans restriction, et bien d'autres excès.
C'est Ed Piskor qui illustre une bonne moitié de ces chroniques, dans un style semi-réaliste underground assez agréable. Seul hic, sa propension à représenter les personnages secondaires, quels qu'ils soient, avec la même tête. Un peu gênant lorsque ces personnages secondaires sont les principaux des récits suivants ou précédents... D'autres dessinateurs aux styles variés dessinent les autres anecdotes, plus courtes.
Un ouvrage qui, s'il n'est pas complet -et ce n'est pas sa prétention, du tout-, n'en reste pas moins fort intéressant pour saisir un peu la quintessence d'un courant artistique majeur du siècle dernier.
La conclusion de Spaghetti Brothers est vraiment excellente. Trillo est un grand scénariste malheureusement assez méconnu au point que j'ai de la difficulté à trouver ses albums. Il maitrise parfaitement son sujet ici et passe de plusieurs époques sans aucun problème. Le dessin de Mandrafina est superbe en noir et blanc.
Au début, je trouvais ça juste pas mal avec Amerigo qui raconte ses souvenirs, puis quand on voit de plus en plus tous les membres de la famille, j'ai totalement accroché. L'évolution des personnages est intéressante et ils sont toujours aussi délicieux dans leurs comportements souvent immoraux. J'adore l'humour noir dont fait preuve Trillo !
Bref, si vous avez aimé Spaghetti Brothers, je ne vois pas comment vous ne pouvez pas aimer "Vieilles Canailles".
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La Légende des nuées écarlates
La vie, la mort, les remords, les regrets, la vengeance... Tels sont les thèmes abordés dans cette oeuvre majestueuse qui trouve un souffle épique dans les pinceaux de l'artiste Tenuta qui considère chaque case comme une peinture unique d'un vaste tableau éclaté en guise de mosaïque. L'histoire n'est guère complexe mais n'est pas simpliste pour autant et revêt de multiples couches de lecture selon la sensibilité de chacun. Le pari est simple mais très honnête : proposer un véritable melting-pot européen sur les légendes asiatiques tout en conservant une identité unique. Cette légende rassemble les atouts des chambaras japonais sans en ressembler toutefois à un seul spécifiquement. On pense une fois de plus à la légende du sabreur manchot en ronin solitaire magnifié par l'insurmontable "The Blade" de Tsui Hark mais aussi et surtout par son utilisation de la faune et de la flore à Princesse Mononoke. Outre le fait d'utiliser des dominantes blanche et rouge pour symboliser par évidence la vie et la mort, Tenuta découpe son histoire de façon fort intelligente avec des combats sanglants et rapides (Je n'avais vu découpage aussi fluide et réussi y compris dans Okko) à une narration ponctuée de scènes d'action d'anthologie (la traque par les loups des premières pages pourrait servir de storyboard) à des flashbacks plus tempérés se greffant au fur et à mesure à l'histoire principale. Cette quête de mémoire par un ronin mutilé et amnésique ne s'accompagne d'aucune scène inutile. On ressent le désespoir de chacun des personnages qui, au delà de gloire et de pouvoir, a faim de rédemption et d'attention. J'ai également beaucoup apprécié comme les éléments fantastiques à peine effleurés et sans explication se greffent sans encombres à l'ambiance principale. Qu'il s'agisse de l'évolution physique de l'impératrice ou de son bras droit invulnérable , le lecteur ne sera pas pris par la main pour en deviner leurs origines et ne se sentira jamais pour autant perdu. La force d'un tel récit ne serait rien sans la maitrise évidente d'un auteur sorti de nulle part et maitrisant les estampes japonaises et leur animation. Car les êtres comme les animaux bougent et se mouvent comme des ombres sans être écrasés par des décors omniprésents. Le plaisir fut tel que les 4 tomes ont été lus à la suite, peut être trop rapidement et sans temps morts mais avec le sentiment équivoque d'y retourner vite et prochainement. Une claque ébouriffante sur un terrain parallèle et dissociable d'Okko. La récente parution du magnifique coffret ou de l'intégrale devraient achever de vous convaincre de l'utilité publique d'une telle œuvre dans votre bibliothèque. Je regrette juste de ne pas avoir pris le temps de l'avoir lue plus tôt mais pour des raisons personnelles les Nuées Écarlates sont arrivées à point nommé dans mon évolution pour autant de réflexion comme de distraction...
Walking Dead
C'est une série magnifique qui serait culte, si les tomes 9 et 10 avaient apporté quelque chose à l'histoire . L'Histoire : dans les premiers tomes on voit bien l'horeur dans les rues, la peur, les zombies . Au fur et à mesure ils apprennent à survivre (trouver de la nourriture, essence, eau, médicaments, armes, munitions,..). Une bonne histoire qui varie les situations des personnages (sauf des tomes 9 et 10), des rebondissements et des retournements de situations. Le dessin : je ne vois pas ce que certains lui reprochent, je ne le trouve pas incroyable, mais pas moche non plus. On est dans du horror-comics, pas dans une BD historique, on ne cherche pas à être réaliste. Tome 1 à 4: 5/5 Tome 5 à 8 : 4/5 Tome 9 et 10 : 3/5 Tome 10 à 12 : 4/5 Tome 13 : 3,5/5
Siegfried
Je viens d'achever la lecture de ce 3ème tome de Siegfried. Cette série est une des meilleures jamais lues, c'est une leçon de bande dessinée que nous donne là Alex Alice, un chef-d'oeuvre du 9ème art. Je regrette que cet ouvrage ne soit même pas sélectionné à Angoulême à la place de ces "Bds pour Bobos" que l'on peut voir chaque année. C'est plus que regrettable car on ne peut nier tant de qualités dans une BD. Tout d'abord un scénario millimétré, d'une régularité incroyable, une mise en scène et un découpage parfait. Je n'ai jamais vu d'aussi belles scènes en bande dessiné, on croirait voir un film, je pense notamment à la scène où Crane décolle entre les géants. Dessins et couleurs sont sublimes. Des doubles pages explosives. C'est absolument TOUT ce que j'attends d'une BD.
Hôtel étrange
Tout simplement une des meilleures série jeune public lue en cette fin d'année ! Un univers assez onirique et farfelu peuplé de personnages originaux et truculents ; des trouvailles et un travail de vocabulaire sympas ; un graphisme tout en rondeur, clair et coloré. Bref, le duo Florian et Katherine Ferrier nous gâte ! Ajoutez à cela des personnages au caractère tranché, une dose d'aventure et de mystère, et ces deux premiers tomes font merveilleusement leur effet pour le plus grand bonheur de nos jeunes lecteurs - et le mien aussi !-. Car si certaines productions jeunesse de qualité me laissent parfois de marbre à cause du décalage entre le public ciblé et le lecteur adulte que je suis, j'ai été ici plus que séduit par cette série pleine de fraicheur et d'originalité.
Les Ignorants
J'ai découvert l'œuvre d'Etienne Davodeau assez tardivement. J'ai une nette préférence sur ses chroniques sociales, je l'avoue, comme Un homme est mort ou encore Rural ! Et là avec ce livre, je pense que Davodeau signe un véritable chef d'œuvre. Toujours ancré dans le milieu rural, l'auteur nous offre un regard croisé sur le travail de dessinateur et sur celui de vigneron. C'est intelligent, drôle, percutant mais surtout d'une sincérité débordante. Les portraits de" candide" au festival de Saint-Malo ou encore dans "les caves" sont justes et touchants. Même si ce pavé est quelque peu déséquilibré en faveur du monde viticole, je ne peux que m'en réjouir car j'ai appris pas mal de choses en le lisant. D'ailleurs, j'ai lu cette bande dessinée d'une traite tellement le récit d'Etienne Davodeau est passionnant. En plus, phénomène assez rare, la lecture des "ignorants" donne envie de se replonger dans d'autres bd. Bref, une lecture que je recommande fortement.
Gardiens de l'être
Eckhart Tolle, dont les livres sur la sagesse et la philosophie pour un meilleur art de vivre sont bien connus, associe ses textes avec le dessinateur Patrick McDonnell, créateur de "Mutts", pour nous livrer un petit joyau. Les textes en vis-à vis des planches, strips, ou parfois simples dessins se marient à merveille, et les paroles de Tolle coulent comme de l'eau de source. Sa vision intérieure du monde est non seulement remplie de sagesse proche du zen, par exemple, mais plein de petites phrases simples en apparence mais dont l'éloquence et la fraîcheur surgissent presque à chaque sentence, et de plus, il y a beaucoup d'humour, parfois assez mordant. Le dessinateur rajoute sa touche avec des personnages vifs, enlevés, dynamiques,drôles, et cela montre que profondeur et BD sont largement possibles. De la poésie en ressort, c'est une véritable ode aux liens unissant les animaux et les hommes, et l'idée qu'aimer la vie n'est pas mièvre mais fort. Une perle rare et, qui plus est, un cadeau idéal en période de fête.
L'Etoffe des Légendes
Bonjour à tous, J'ai découvert cette BD un peu au hasard dans le rayon en étant attiré par le format atypique. En la feuilletant j'ai vraiment accroché avec l'univers visuel. Les dessins sont superbes et s'immerger dans l'univers sombre de cette BD est un vrai plaisir. Le scénario quant à lui fonctionne bien même s'il n'est pas révolutionnaire. Je suis impatient de connaître la suite. Bref j'ai adoré.
Durango
Après avoir découvert Durango quand j'étais au lycée, je suis devenu à l'époque l' un de ses plus grands fans et je suis étonné de voir que mon plaisir est toujours le même lors de mes relectures de cette série culte. Il faut tout de même avouer que le scénario est souvent répétitif sur l'ensemble des quinze tomes. Ce cow-boy solitaire parvient tout le temps à déjouer les manigances de riches propriétaires terriens qui veulent s'approprier par la force bien sûr les terres des pauvres petits éleveurs ou parfois de mineurs. Malgré cela Durango reste une très bonne série, digne des plus grands "westerns spaghetti", en effet on retrouve au long des épisodes la plupart des clichés aperçus dans ce genre de films : les duels bien sûr, les attaques meurtrières de banques, les ranchs dévastés par des hommes de main, la "révolution mexicaine" (les trois épisodes couvrant cette période sont tout simplement magnifiques), le héros arrivant dans une gare isolée et j'en passe. Swolfs se permet même dans le tome 9 de faire apparaître un homme ressemblant étrangement à Lucky Luke. Je suis quand même moins emballé par les 2 derniers épisodes dessinés par Thierry Girod, même si les dessins restent de bonne qualité. En bref je suis toujours ravi de lire les aventures du cavalier solitaire gaucher utilisant un Mauser M98, car si cette série a maintenant 30 ans elle n'a pas pris une ride.
The Beats
Comme l'indiquent en préface les deux scénaristes, la "beat generation" a déjà fait l'objet de nombreux articles, ouvrages, et autres films. Leur intention n'est donc pas de présenter la Bible ultime de ce mouvement, mais bel et bien de proposer leur vision de ses principales figures, au travers de notices biographiques plus ou moins approfondies. Au premier rang de ces figures, se trouvent des gens comme Jack Kerouac, William S. Burroughs, ou encore Allen Ginsberg. Ecrivains et poètes qui ont, sinon fondé, théorisé et installé la culture beatnik. Les différentes "branches" sont ensuite explorées, comme la renaissance de la poésie à San Francisco dans les années 1960, ou bien les "nanas beats", qui posent un regard plus contrasté sur le portrait un chouia laudatif fait à leurs compagnons. C'est très instructif, surtout concernant les auteurs majeurs cités, mais cela permet d'approcher aussi les différentes formes qu'a pu prendre la culture beatnik, avec la poésie, la musique, la peinture, une culture qui prônait le sexe libre, la prise de drogues sans restriction, et bien d'autres excès. C'est Ed Piskor qui illustre une bonne moitié de ces chroniques, dans un style semi-réaliste underground assez agréable. Seul hic, sa propension à représenter les personnages secondaires, quels qu'ils soient, avec la même tête. Un peu gênant lorsque ces personnages secondaires sont les principaux des récits suivants ou précédents... D'autres dessinateurs aux styles variés dessinent les autres anecdotes, plus courtes. Un ouvrage qui, s'il n'est pas complet -et ce n'est pas sa prétention, du tout-, n'en reste pas moins fort intéressant pour saisir un peu la quintessence d'un courant artistique majeur du siècle dernier.
Vieilles Canailles
La conclusion de Spaghetti Brothers est vraiment excellente. Trillo est un grand scénariste malheureusement assez méconnu au point que j'ai de la difficulté à trouver ses albums. Il maitrise parfaitement son sujet ici et passe de plusieurs époques sans aucun problème. Le dessin de Mandrafina est superbe en noir et blanc. Au début, je trouvais ça juste pas mal avec Amerigo qui raconte ses souvenirs, puis quand on voit de plus en plus tous les membres de la famille, j'ai totalement accroché. L'évolution des personnages est intéressante et ils sont toujours aussi délicieux dans leurs comportements souvent immoraux. J'adore l'humour noir dont fait preuve Trillo ! Bref, si vous avez aimé Spaghetti Brothers, je ne vois pas comment vous ne pouvez pas aimer "Vieilles Canailles".