Ouchhh !!! LA bonne grosse baffe façon coup de bôme derrière la nuque de ce début d'année !
C'est avec cette adaptation du roman de Jack London que je découvre le travail et le talent de Riff Reb's. Pfiouuuuu quelle bordée de chocs !
Ça commence par celui de deux navires ; ça se poursuit par celui des origines sociales ; viennent ensuite les coups physiques et psychologiques... Choc des cultures quand tu nous tiens !
Jack London n'a pas son pareil pour nous concocter des récits où l'aventure humaine n'est pas un vain mot, surtout quand elle est confrontée aux éléments et à des personnages hors du commun. Et ce capitaine n'a ici pas usurpé son surnom de Loup des Mers...
Sans connaître le roman, je rend grâce au travail de Riff Reb's qui a su faire passer la qualité d'écriture de London dans son adaptation. Car si il y a bien un truc que je déteste, c'est le massacre littéraire auquel on assiste parfois dans ce genre d'exercice. Là, on sent la plume de London mais sans lourdeur, même quand il s'agit de la voix off du personnage principal.
Et Reb's a du talent à revendre !
Sa narration est d'une grande fluidité et son découpage en chapitre (suit-il celui de London ?) pose un rythme et les temps forts du récit de façon remarquable.
Graphiquement, c'est qu'du bonheur pour les yeux ! Son style graphique assez atypique est d'une immense expressivité, surtout pour rendre les expressions de ses personnages. Son trait dynamique insuffle la vie et les tourments des personnages qui composent cette petite odyssée britannique de la fin du XIXe. C'est tout simplement bluffant.
Ajoutez à cela une colorisation sobre mais tout aussi efficace et qui sait mettre en valeur l'intensité des événements et drames qui jalonnent cette aventure, et vous avez une petite merveille entre les mains.
A lire et relire sans retenue !
Nouvelle BD de Simon Hureau, et nouveau coup de cœur. J’avais énormément apprécié son dernier album Intrus à l'Etrange (d’ailleurs récompensé à Angoulême en 2012). « Le massacre » m’a de nouveau enchanté.
L’intrigue est remarquablement construite. Elle débute par une bête vente aux enchères lors de laquelle un trophée de chasse est vendu pour une somme mirobolante… puis la narration nous ramène dans le passé pour nous expliquer l’incroyable histoire de cet objet pourtant assez commun. Pour ce faire on part au Cambodge, et on fait la connaissance de divers personnages dont la vie se mêle à l’Histoire troublée de ce pays. Découvrir tous les aboutissements de cette « intrigue » est absolument jubilatoire, quelle aventure ! L’histoire est assez dense, et les planches parfois un peu chargées en texte, mais cela n’affecte pas du tout la fluidité ou le plaisir de lecture.
J’adore le dessin de Simon, il fourmille de détails, et représente superbement les jungles cambodgiennes.
Si je devais faire un petit reproche, je dirais juste que je ne vois pas trop l’utilité des deux dernières planches, qui semblent servir de conclusion ou de « bonus ». Je ne les ai pas trouvées extraordinaires. M’enfin, rien de bien grave.
Un album indispensable selon moi, et mon premier coup de cœur 2013 !
Kris et Vincent Bailly, deux auteurs que j'affectionne et dont j'apprécie le travail, reprennent du service ensemble pour l'adaptation d'un des grands classiques de la littérature française : cool !
En même temps c'est le genre de défi qui peux se révéler casse-gueule tant les gens vous attendent au tournant pour ce genre de "sacrilège".
Rassurez-vous, je ne serai pas de ceux-là, car moi et la littérature classique imposée, ça fait deux. Grand lecteur, oui, mais j'ai toujours revendiqué le droit de choisir mes lectures, quitte à me planter ou à passer à côté de certains monuments malgré des appels du pied (trop) insistants. Du coup : pas de comparaison avec l'original pour ce qui me concerne, j'attaque un diamant brut.
Un grand merci donc, pour commencer, de m'avoir permis de découvrir ce fameux "Sac de billes" et ce, de la plus belle des manières. Deux tomes soignés et efficaces qui retracent le parcours chaotique mais ingénieux de ces deux gosses juifs laissés plus ou moins à eux même en France sous l'occupation Allemande. Mais loin de tomber dans le pathos ou de tirer les ficelles classiques d'une tragédie grecque, le récit s'attache ici à l'énergie, la vie et l'intelligence de ces deux frangins qui vont traverser ce conflit plus ou moins sans encombre.
Kris réussit en deux tomes à faire de ce roman un récit initiatique puissant, qui tout en distillant une certaine fraicheur et légèreté dans ce contexte, impose également questionnement et réflexion.
Le travail de Vincent Bailly ajoute encore à ce sentiment. Son coup de patte si particulier et vivant, allié à sa palette de couleurs intenses donnent à Maurice et Jo l'éclat et l'énergie que leur jeunesse dégage. Le sud de la France vibre sous la chaleur de ses planches !
Bref, du tout bon, tant pour ceux comme moi qui ne connaissaient pas ce roman autobiographique, que pour les autres qui auront déjà mis leurs pas dans ceux de la jeunesse de Joseph Joffo.
Puisque la BD m’a donné envie de lire le roman original de Stefan Wul, personnellement je pense que le pari de cette adaptation est réussi ! D’autant plus que j’avoue ne pas être attirée, au départ, par la science-fiction…
Le découpage, selon moi, est parfait. J’ai été fascinée par les illustrations singulières d’Olivier Vatine, avec une mention coup de cœur pour les scènes de l’enfant avec l’ours, très touchantes. Les couleurs m’ont vraiment accrochée : après le « bleu Chagall », j’ai découvert le « bleu Vatine » (ou plutôt le « bleu Rabarot ») !
Une histoire incroyablement atemporelle… Vivement le tome 2 ! En attendant, je vais me pencher sur Piège sur Zarkass, qui paraît aujourd’hui dans la même collection sur « Les Univers de Stefan Wul ». Ces adaptations promettent de devenir culte, merci à Olivier Vatine d’avoir rouvert ce pan de l’Histoire de la S.-F. !
Cette BD pourrait devenir culte mais on pourra le dire une fois que tout sera sorti.
Le dessin est franchement de haute qualité comme souvent chez Olivier Vatine, mais pour moi c'est son ouvrage le plus abouti. Les têtes de chapitres en plus d'être de toute beauté, donnent une belle dynamique à l'ensemble et offrent un découpage qui n'est pas commun dans la BD.
Je la conseille vivement.
Bonne lecture à tous.
Un peu déroutant au départ, puis on se laisse captiver par cette histoire qui se passe à Marseille. Il y a plusieurs degrés de lecture dans cette BD. Personnellement j'ai dû la relire pour bien saisir toutes les subtilités.
Il y a du Camus dans cet auteur. Un certain détachement, un goût d'absurde. Le personnage principal JB Chataud me fait penser à "L'étranger".
Le graphisme invite le lecteur à avoir sa propre vision selon son vécu.
Une BD à lire, et à relire !
C'est un one-shot, (agréable en cette époque de séries !) dont le sujet à la fois drôle et sérieux détonne dans les projets actuels. Pendant les guerres napoléoniennes, les habitants d'un petit port anglais trouvent sur la plage les débris d'un navire français qui a coulé et... un être vivant : un singe habillé en soldat, la mascotte de l'équipage. Comme ils n'ont jamais vu de Français et que ce singe correspond tout à fait à l'idée qu'ils en ont, ils vont l'arrêter, le juger....
Le scénariste a su donner vie à cette histoire en l'enrichissant avec style ! Vocabulaire truculent ! Et en pointant en même temps l'absurdité des hommes en général.
Quant au dessin, crayonné, hachuré, il accompagne le scénario avec classe, lui donnant vie, faisant des personnages des caricatures grotesques. Le dessinateur, 25 ans, est un fan de dessin. C'est sa première BD.
Exceptionnel dès lors que l'on considère la BD comme un moyen artistique d'apprendre. Le lecteur plonge dans des univers qui lui apprennent à relativiser ses propres soucis parisiens ou français (sans chercher à minorer ces derniers). Il fréquente d'autres peuples, villes, problèmes, us et coutumes. Il faut rapprocher l'initiative de ce collectif de l'appel lancé par la revue XXI (dans laquelle les dessins ont été publiés à l'origine) quant à la nécessité d'un retour à certaines sources du journalisme, à savoir le terrain, la lenteur, l'honnêteté intellectuelle, la curiosité, le refus du tout internet. Si ces thèmes vous parlent, si la BD de reportage vous séduit, précipitez-vous!
Je viens de terminer le diptyque "Magasin sexuel". Ca fait du bien, de temps en temps, de lire une histoire "franchouillarde"qui se passe dans la France profonde et qui tente de confronter une citadine du XXI siècle avec le maire d'une bourgade enraciné dans ses certitudes bornées issu directement du XIXème siècle.
Autant le personnage d'Amandine est attachant que celui du Maire est "répugnant". Elle, une ravissante jeune fille : gentille, douce et sans méchanceté aucune. Lui un homme arriéré, franchement stupide et borné.
J'ai apprécié le quiproquos de la relation qui se noue entre le maire et Amandine tout au long des deux tomes (avec les deux point de vue respectifs). Ici le "magasin sexuel" est plus un prétexte et un artifice humoristique et décalé pour mettre en place la confrontation de deux mondes que tout oppose. Je dirais qu'il s'agit ici d'une fable sociologique bien ficelée.
Turf réalise là un diptyque de très bonne qualité avec son trait bien caractéristique que personnellement j'adore, il est aussi un des rares dessinateurs à mettre haut en couleur ses cases. Ce qui est un ravissement pour mes pupilles.
Les fans de Turf vont adorer et pour ceux qui ne connaissent pas je les invite à découvrir l'imaginaire Turf.
Ce genre d'album peut être mal interprété, je pense.
Certains (les plus obtus) y verront une remise en cause de la punition des crimes et délits en France. Et même si plusieurs philosophes ont déjà écrit des textes qui sont contre l'utilisation de la prison, ce n'est pas le message de l'album (de toute manière le système carcéral est bien trop ancré dans la société pour qu'il puisse changer de forme, à mon avis). Non cet album remet en cause la partie abusive du système carcéral : développement de la haine du prisonnier envers la société, aucun effort pour le réinsérer à sa sortie, traitements inhumains administrés par la hiérarchie des établissements, l'insalubrité des lieux, le manque d'intimité, l'accès difficile à la culture et à l'éducation et tant d'autres...
Personnellement, je savais qu'en France, on n'avait pas à être particulièrement fier de nos prisons (le taux de suicides de prisonniers le prouve), mais je ne pensais pas qu'à ce point là, la prison pouvait être un endroit où la loi est quasiment "abolie".
Alors certes, on peut ne pas toujours être d'accord avec le comportement du personnage principal, Milan, prisonnier certes intelligent, mais aussi très violent, cependant, l'album nous montre sa longue plongée en enfer, et personnellement cette histoire m'a touché, m'a ému, même si je ne cautionne pas tous les messages que véhicule l'album.
Le dessin, lui n'est pas exceptionnel, mais est bon pour ce récit ; assez brut et peu dégrossi.
Pour moi, c'est une BD à lire, peu importe ce qu'on peut penser des prisons en France.
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Le Loup des Mers
Ouchhh !!! LA bonne grosse baffe façon coup de bôme derrière la nuque de ce début d'année ! C'est avec cette adaptation du roman de Jack London que je découvre le travail et le talent de Riff Reb's. Pfiouuuuu quelle bordée de chocs ! Ça commence par celui de deux navires ; ça se poursuit par celui des origines sociales ; viennent ensuite les coups physiques et psychologiques... Choc des cultures quand tu nous tiens ! Jack London n'a pas son pareil pour nous concocter des récits où l'aventure humaine n'est pas un vain mot, surtout quand elle est confrontée aux éléments et à des personnages hors du commun. Et ce capitaine n'a ici pas usurpé son surnom de Loup des Mers... Sans connaître le roman, je rend grâce au travail de Riff Reb's qui a su faire passer la qualité d'écriture de London dans son adaptation. Car si il y a bien un truc que je déteste, c'est le massacre littéraire auquel on assiste parfois dans ce genre d'exercice. Là, on sent la plume de London mais sans lourdeur, même quand il s'agit de la voix off du personnage principal. Et Reb's a du talent à revendre ! Sa narration est d'une grande fluidité et son découpage en chapitre (suit-il celui de London ?) pose un rythme et les temps forts du récit de façon remarquable. Graphiquement, c'est qu'du bonheur pour les yeux ! Son style graphique assez atypique est d'une immense expressivité, surtout pour rendre les expressions de ses personnages. Son trait dynamique insuffle la vie et les tourments des personnages qui composent cette petite odyssée britannique de la fin du XIXe. C'est tout simplement bluffant. Ajoutez à cela une colorisation sobre mais tout aussi efficace et qui sait mettre en valeur l'intensité des événements et drames qui jalonnent cette aventure, et vous avez une petite merveille entre les mains. A lire et relire sans retenue !
Le Massacre
Nouvelle BD de Simon Hureau, et nouveau coup de cœur. J’avais énormément apprécié son dernier album Intrus à l'Etrange (d’ailleurs récompensé à Angoulême en 2012). « Le massacre » m’a de nouveau enchanté. L’intrigue est remarquablement construite. Elle débute par une bête vente aux enchères lors de laquelle un trophée de chasse est vendu pour une somme mirobolante… puis la narration nous ramène dans le passé pour nous expliquer l’incroyable histoire de cet objet pourtant assez commun. Pour ce faire on part au Cambodge, et on fait la connaissance de divers personnages dont la vie se mêle à l’Histoire troublée de ce pays. Découvrir tous les aboutissements de cette « intrigue » est absolument jubilatoire, quelle aventure ! L’histoire est assez dense, et les planches parfois un peu chargées en texte, mais cela n’affecte pas du tout la fluidité ou le plaisir de lecture. J’adore le dessin de Simon, il fourmille de détails, et représente superbement les jungles cambodgiennes. Si je devais faire un petit reproche, je dirais juste que je ne vois pas trop l’utilité des deux dernières planches, qui semblent servir de conclusion ou de « bonus ». Je ne les ai pas trouvées extraordinaires. M’enfin, rien de bien grave. Un album indispensable selon moi, et mon premier coup de cœur 2013 !
Un sac de billes
Kris et Vincent Bailly, deux auteurs que j'affectionne et dont j'apprécie le travail, reprennent du service ensemble pour l'adaptation d'un des grands classiques de la littérature française : cool ! En même temps c'est le genre de défi qui peux se révéler casse-gueule tant les gens vous attendent au tournant pour ce genre de "sacrilège". Rassurez-vous, je ne serai pas de ceux-là, car moi et la littérature classique imposée, ça fait deux. Grand lecteur, oui, mais j'ai toujours revendiqué le droit de choisir mes lectures, quitte à me planter ou à passer à côté de certains monuments malgré des appels du pied (trop) insistants. Du coup : pas de comparaison avec l'original pour ce qui me concerne, j'attaque un diamant brut. Un grand merci donc, pour commencer, de m'avoir permis de découvrir ce fameux "Sac de billes" et ce, de la plus belle des manières. Deux tomes soignés et efficaces qui retracent le parcours chaotique mais ingénieux de ces deux gosses juifs laissés plus ou moins à eux même en France sous l'occupation Allemande. Mais loin de tomber dans le pathos ou de tirer les ficelles classiques d'une tragédie grecque, le récit s'attache ici à l'énergie, la vie et l'intelligence de ces deux frangins qui vont traverser ce conflit plus ou moins sans encombre. Kris réussit en deux tomes à faire de ce roman un récit initiatique puissant, qui tout en distillant une certaine fraicheur et légèreté dans ce contexte, impose également questionnement et réflexion. Le travail de Vincent Bailly ajoute encore à ce sentiment. Son coup de patte si particulier et vivant, allié à sa palette de couleurs intenses donnent à Maurice et Jo l'éclat et l'énergie que leur jeunesse dégage. Le sud de la France vibre sous la chaleur de ses planches ! Bref, du tout bon, tant pour ceux comme moi qui ne connaissaient pas ce roman autobiographique, que pour les autres qui auront déjà mis leurs pas dans ceux de la jeunesse de Joseph Joffo.
Niourk
Puisque la BD m’a donné envie de lire le roman original de Stefan Wul, personnellement je pense que le pari de cette adaptation est réussi ! D’autant plus que j’avoue ne pas être attirée, au départ, par la science-fiction… Le découpage, selon moi, est parfait. J’ai été fascinée par les illustrations singulières d’Olivier Vatine, avec une mention coup de cœur pour les scènes de l’enfant avec l’ours, très touchantes. Les couleurs m’ont vraiment accrochée : après le « bleu Chagall », j’ai découvert le « bleu Vatine » (ou plutôt le « bleu Rabarot ») ! Une histoire incroyablement atemporelle… Vivement le tome 2 ! En attendant, je vais me pencher sur Piège sur Zarkass, qui paraît aujourd’hui dans la même collection sur « Les Univers de Stefan Wul ». Ces adaptations promettent de devenir culte, merci à Olivier Vatine d’avoir rouvert ce pan de l’Histoire de la S.-F. !
Niourk
Cette BD pourrait devenir culte mais on pourra le dire une fois que tout sera sorti. Le dessin est franchement de haute qualité comme souvent chez Olivier Vatine, mais pour moi c'est son ouvrage le plus abouti. Les têtes de chapitres en plus d'être de toute beauté, donnent une belle dynamique à l'ensemble et offrent un découpage qui n'est pas commun dans la BD. Je la conseille vivement. Bonne lecture à tous.
Peste blanche
Un peu déroutant au départ, puis on se laisse captiver par cette histoire qui se passe à Marseille. Il y a plusieurs degrés de lecture dans cette BD. Personnellement j'ai dû la relire pour bien saisir toutes les subtilités. Il y a du Camus dans cet auteur. Un certain détachement, un goût d'absurde. Le personnage principal JB Chataud me fait penser à "L'étranger". Le graphisme invite le lecteur à avoir sa propre vision selon son vécu. Une BD à lire, et à relire !
Le Singe de Hartlepool
C'est un one-shot, (agréable en cette époque de séries !) dont le sujet à la fois drôle et sérieux détonne dans les projets actuels. Pendant les guerres napoléoniennes, les habitants d'un petit port anglais trouvent sur la plage les débris d'un navire français qui a coulé et... un être vivant : un singe habillé en soldat, la mascotte de l'équipage. Comme ils n'ont jamais vu de Français et que ce singe correspond tout à fait à l'idée qu'ils en ont, ils vont l'arrêter, le juger.... Le scénariste a su donner vie à cette histoire en l'enrichissant avec style ! Vocabulaire truculent ! Et en pointant en même temps l'absurdité des hommes en général. Quant au dessin, crayonné, hachuré, il accompagne le scénario avec classe, lui donnant vie, faisant des personnages des caricatures grotesques. Le dessinateur, 25 ans, est un fan de dessin. C'est sa première BD.
Grands reporters
Exceptionnel dès lors que l'on considère la BD comme un moyen artistique d'apprendre. Le lecteur plonge dans des univers qui lui apprennent à relativiser ses propres soucis parisiens ou français (sans chercher à minorer ces derniers). Il fréquente d'autres peuples, villes, problèmes, us et coutumes. Il faut rapprocher l'initiative de ce collectif de l'appel lancé par la revue XXI (dans laquelle les dessins ont été publiés à l'origine) quant à la nécessité d'un retour à certaines sources du journalisme, à savoir le terrain, la lenteur, l'honnêteté intellectuelle, la curiosité, le refus du tout internet. Si ces thèmes vous parlent, si la BD de reportage vous séduit, précipitez-vous!
Magasin Sexuel
Je viens de terminer le diptyque "Magasin sexuel". Ca fait du bien, de temps en temps, de lire une histoire "franchouillarde"qui se passe dans la France profonde et qui tente de confronter une citadine du XXI siècle avec le maire d'une bourgade enraciné dans ses certitudes bornées issu directement du XIXème siècle. Autant le personnage d'Amandine est attachant que celui du Maire est "répugnant". Elle, une ravissante jeune fille : gentille, douce et sans méchanceté aucune. Lui un homme arriéré, franchement stupide et borné. J'ai apprécié le quiproquos de la relation qui se noue entre le maire et Amandine tout au long des deux tomes (avec les deux point de vue respectifs). Ici le "magasin sexuel" est plus un prétexte et un artifice humoristique et décalé pour mettre en place la confrontation de deux mondes que tout oppose. Je dirais qu'il s'agit ici d'une fable sociologique bien ficelée. Turf réalise là un diptyque de très bonne qualité avec son trait bien caractéristique que personnellement j'adore, il est aussi un des rares dessinateurs à mettre haut en couleur ses cases. Ce qui est un ravissement pour mes pupilles. Les fans de Turf vont adorer et pour ceux qui ne connaissent pas je les invite à découvrir l'imaginaire Turf.
20 ans ferme
Ce genre d'album peut être mal interprété, je pense. Certains (les plus obtus) y verront une remise en cause de la punition des crimes et délits en France. Et même si plusieurs philosophes ont déjà écrit des textes qui sont contre l'utilisation de la prison, ce n'est pas le message de l'album (de toute manière le système carcéral est bien trop ancré dans la société pour qu'il puisse changer de forme, à mon avis). Non cet album remet en cause la partie abusive du système carcéral : développement de la haine du prisonnier envers la société, aucun effort pour le réinsérer à sa sortie, traitements inhumains administrés par la hiérarchie des établissements, l'insalubrité des lieux, le manque d'intimité, l'accès difficile à la culture et à l'éducation et tant d'autres... Personnellement, je savais qu'en France, on n'avait pas à être particulièrement fier de nos prisons (le taux de suicides de prisonniers le prouve), mais je ne pensais pas qu'à ce point là, la prison pouvait être un endroit où la loi est quasiment "abolie". Alors certes, on peut ne pas toujours être d'accord avec le comportement du personnage principal, Milan, prisonnier certes intelligent, mais aussi très violent, cependant, l'album nous montre sa longue plongée en enfer, et personnellement cette histoire m'a touché, m'a ému, même si je ne cautionne pas tous les messages que véhicule l'album. Le dessin, lui n'est pas exceptionnel, mais est bon pour ce récit ; assez brut et peu dégrossi. Pour moi, c'est une BD à lire, peu importe ce qu'on peut penser des prisons en France.