J'ai attendu que les éditions canalbd sortent enfin ce tirage de luxe pour me plonger dans cette aventure.
Il s'agit là certainement de l'un des albums les plus intelligents et remarquables qu'il m'ait été donné de lire en cette rentrée.
Explorant les failles de Victor Hugo (son désespoir après la mort de sa fille, Léopoldine, son goût des séances de spiritisme, son aversion contre l'Empire), Esther Gil nous propose un scénario finement ciselé, très éloigné d'une biographie classique. En effet, c'est une véritable énigme policière que l'on suit tout au long de ces 93 pages, énigme policière ponctuée d’événements et d'autant de personnages qui alimenteront l’œuvre de l'écrivain. On y croise en effet,Gavroche, Vidocq (qui deviendra Javert sous la plume de Victor Hugo) mais nous assistons également à la célèbre scène de fuite dans les égouts de Paris que l'on retrouvera dans Les Misérables mais aussi en toile de fond, nous découvrons l'histoire de John Charles Tapner, dont s'inspirera Victor Hugo pour son pamphlet "le dernier jour d'un condamné à mort". Et l'auteur ose même une explication assez personnelle du port de la barbe par le Poète.
Cet album s'inscrit dans la droite ligne du combat de Victor Hugo contre Napoléon III, avec un empereur plus vrai que nature sous les traits de Laurent Paturaud.
Car la force de cet album réside sans doute dans les magnifiques planches de Laurent Paturaud, aussi à l'aise pour nous décrire la cour de l'Empereur, que les bas fonds de Paris.Mais il excelle dans les personnages, surtout les personnages féminins, qui sont de toutes beautés sous ses pinceaux. Il suffit pour s'en convaincre de vous plonger dans la cahier d'esquisses, qui est presque trop court!
Pour les amateurs, je vous conseille les éditions canalbd qui proposent un dossier historique (en plus des esquisses) reprenant les personnages et événements présents dans cet album.
Bien sûr, vous ne pouvez refermer ce livre sans découvrir ce poème que tout les écoliers ont appris, sous un autre angle:
"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends
...."
J'avais bien aimé le film mais les BDs sont bien meilleures.
Le volume 1 est plus ou moins semblable au film, une enquête policière assez classique qui compose son originalité avec l'environnement extrême du Pôle Sud. Rien ne se déroule donc comme d'habitude, et les précautions à prendre sont de rigueur. La BD est par ailleurs moins lisse que le film ; les scènes d'action ne tombent pas dans le piège hollywoodien de l'excès, c'est bien plus crédible et d'autant plus aride. De même on a à la place de la jolie Kate Beckinsale une héroïne trapue, musclée, avec un sale caractère, taillée pour se faire une place dans un milieu majoritairement masculin.
Le volume 2 a un scénario plus léger et qui n'aboutit pas réellement au niveau de l'intrigue, mais il a un côté ludique ; il confronte une troupe de militaires d'élite de la Russie au Pôle Sud, et nous fait ainsi le récit des dangers visibles ou invisibles, de petits inconvénients de la vie de tous les jours qui deviennent des drames face à l'hostilité glaciale et capricieuse. Encore une fois l'environnement fait tout le sel de cette histoire, que j'aurais tout de même souhaité plus étoffée, avec le retour de la même héroïne.
À défaut d'être original sur les histoires, les deux volumes sont dépaysants à leur manière, avec des personnages tout en contrastes.
La collection BD cul des Requins Marteaux confirme avec cet opus sa qualité d’ensemble. Et je pense qu’on tient là le plus réussi et le plus original de la collection !
J’ai vraiment apprécié le dessin, en Noir et Blanc (sauf à la fin), presque façon gravure de mode parfois, en tout cas simple et efficace. Et poétique – oui, un érotisme poétique où l’on abuserait du stupéfiant image !
Si ces dessins (une illustration par page, narrant les tribulations de madame Main et de monsieur Bite qui peinent à vivre ensemble une histoire d’amour) sont fortement érotiques, on est souvent plus dans l’évocation, voire l’humour (assez foutraque) qu’autre chose. N’achetez pas ce livre pour y trouver des copulations orgiaques comme peuvent le proposer d’autres titres faisant moins confiance à l’imagination.
Lecture et achat recommandés donc pour cette oeuvre rafraichissante.
Et bien ! Le voilà mon premier album financé sur Sandawe, et mon premier album issu du crowdfunding en général...
Il y a quelques mois, je découvrais Sandawe, et ce projet en cours m'a tout de suite tapé dans l'oeil: un graphisme en noir et blanc net et précis, idéal pour illustrer une histoire sur la mort, une bonne dose d'humour débordante, et un sujet original.
Ni une ni deux, je décidais donc d'investir dans le travail de Gilles Le Coz. Le succès fut au rendez-vous, et l'album atteignit rapidement les 75% (seuil pour la publication), puis les 100%, c'est-à-dire que l'album a pu être financé à 100% par les édinautes.
J'ai découvert donc avec impatience cette BD.
Graphiquement, on n'est guère déçu par rapport aux pages visibles en preview sur le site: un trait diablement efficace, qui va à l'essentiel, et qui confère une lisibilité des plus satisfaisantes. Du coup, l'album est très fluide à lire, qualité ô combien appréciable...
Les personnages sont charismatiques et attachants, en premier lieu Mr.Bône, notre principal personnage, qui a de la classe et ne manque pas de glisser de bons mots à l'occasion...
Il y a aussi une galerie de personnages secondaires bien sympathiques, et il y a même quelques authentiques célébrités qui exercent elles aussi l'emploi de "passeur" pour les âmes, mais je vous laisserai les découvrir par vous mêmes !
J'en viens à la principale qualité de cet album: l'originalité ! Gilles Le Coz a su habilement creuser ses méninges pour nous pondre un univers hallucinant en ce qu'il compte en créatures, rapports entre les personnages, et en la façon de voir la vie après la mort. Tout cela, encore une fois, avec un ton des plus détendus !
Bref Yo-Yo Post Mortem est un album très sympathique, et qui ne peut que me faire adresser d'amples encouragements à son auteur, qui mérite d'en montrer plus !
Une belle découverte.
( 258 )
Avis concernant le tome 3: "Faire de la bande dessinée":
J'ai trouvé mon Graaaaal !!!!
Etant dessinateur autodidacte, nombreux sont mes bouquins abordant le sujet mais là... je suis tombé sur l'ouvrage pratique le mieux foutu, clair, ludique et intéressant de la catégorie. Car au-delà du coutumier "Dessine tes personnages mangas", "Comment dessiner un super-héros" ou autres, Scott nous donne toutes les ficelles et astuces du métier si complexe qu'est auteur de BDs.
Il nous avoue que beaucoup d'auteurs professionnels font souvent les mêmes erreurs. Le présent ouvrage nous permet de les éviter. De l'idée de base jusqu'à l'encrage, de l'élaboration du scénario jusqu'à la diffusion, du choix du style jusqu'au choix des plans,... Tout y est; et c'est passionnant à lire, expliqué de manière ludique, avec de l'humour et beaucoup de pragmatisme.
Le style de McCloud est simple, rendant ses propos et exemples limpidement clairs et explicites.
Gestuelle, perspectives, choix de la séquence et du moment, expressions faciales et variations de celles-ci, conception de personnages, construction d'un univers, dynamisme, choix de l'image et du cadrage, techniques des outils, apprendre à faire un décor, harmonie du texte et du dessin, découpage de la planche, ... Tout y est et expliqué de la façon idéale (c'est à dire sous forme de bande-dessinée).
Plus que mon livre de chevet, c'est ma bible, mon outil de référence, trônant sur le bureau, à coté de ma table à dessin. IN-DI-Spensable à tout bédéiste pro ou amateur, dispensable pour le simple lecteur.
Wow ! Attention, bijou ! Avec "Un printemps à Tchernobyl", Emmanuel Lepage signe ici une des meilleures BD documentaire qu'il m'ait été donné de lire.
Traitement graphique, sujet abordé, façon de le traiter, "omniréflexion" sur ce qu'il est en train de vivre et la retranscription qu'il doit en faire, les doutes qui jalonnent son aventure : tout ici concoure à la réalisation de cette œuvre intelligente, subtile et d'une grande force.
Car, comme Emmanuel Lepage, Tchernobyl reste pour beaucoup d'entre nous, LA triste image d'Epinal de la catastrophe nucléaire. Fukushima est passé par là depuis, mais Tchernobyl, en tant que "premier" accident nucléaire civil ayant eu de graves conséquences, a marqué notre époque, tout en restant quelque chose d'assez flou, plus ou moins lointain, dont on ne percevait pas vraiment les réelles conséquences pour ce qui nous concerne, et encore moins pour les gens qui continuent à vivre aux abords de cette zone sinistrée.
Et c'est là l'un des intérêts majeur de cette BD. En partant là-bas, Emmanuel Lepage, emmenait avec lui tout cette imagerie de la catastrophe nucléaire et tout un tas d'autres préjugés. La confrontation va être rude. Car, loin de s'épargner, il met à nu ses réflexions, ses doutes, ses peurs et tout ce qu'il ressent.
C'est cette sincérité qui donne sa force à cet album. On le sent petit à petit se libérer du poids de ses contraintes et de ses questionnements, et retrouver l'équilibre nécessaire à la réussite de ce projet : sa main se libère aussi. Celle qui l'avait lâché juste avant son départ, allant jusqu'à compromettre sa participation à ce projet, "reprends vie" et permet à Emmanuel Lepage de nous le rendre de la plus merveilleuse des façons avec cet album.
Très noir, gras et sombre au début, son graphisme s’enrichit de notes de couleur au fil de l'album, pour en arriver à ces sublimes planches toutes en couleur digne des Fauves du début du XXe, nées de son ressentit face aux lumières printanières qui illuminent la nature de ces lieux.
Paradoxe suprême qu'il exprime très bien, car derrière cette beauté, le danger fait plus que persister... Attention de ne pas s'oublier...
Vous l'aurez compris, c’est à mon sens un album d'une rare sincérité est tout simplement magistral. Car loin du catastrophisme qu'on aurait pu appréhender pour le traitement de ce genre de sujet, il réussit graphiquement et à travers les nombreuses interrogations qu'il soulève à faire passer émotions, les bonnes questions et les bouts de réponse qui en valent vraiment la peine.
Tout simplement à lire.
Péchés mignons m’a définitivement ennuyée, Zombillénium m’a plu et cette « Marche du Crabe » m’a ravie, c’est plutôt agréable d’aller crescendo dans l’intérêt d’un auteur. Cette dernière série d’Arthur de Pins se révèle captivante et on ne peut plus originale. Déjà de par son graphisme, épuré et moderne, aux couleurs douces comme une caresse et aux formes rondes qui donnent l’impression de rebondir de crabe en crabe et de case en case. Ce graphisme très soigné est en parfait accord avec le récit, il va à l’essentiel avec douceur et met bien en valeur ce petit univers tout de sable et de pinces fait, auquel les gens ne prêtent pas forcément attention, trop occupés à se faire dorer la couenne sur la plage.
Le scénario est tout aussi ravissant, on s’attache immédiatement à ces petits crabes malchanceux, affublés d’un destin sadique qui prend plaisir à les coincer en des lieux où seule la mort sera une douce délivrance. Mais « le crabe » n’a pas émit son dernier cri, face à cette cruelle destinée, prenant ces deux pinces à bras la carapace, il va s’acharner pour changer cette injuste soumission à la nature, acharnement qui se transformera en incroyable aventure. Les humains aussi sont conviés à celle-ci, de gentils humains… apparemment, mais seront-ils à la hauteur et que peut-on réellement attendre d’eux ?
La dernière question restera : aurez-vous toujours envie de manger du crabe après ça… ?
Tome 2
Une suite est à la hauteur du premier tome tant visuellement que scénaristiquement. Je dirais même encore meilleur car les humains se font plus discrets laissant toute la scène aux crustacés. L'auteur touche avec humour et sans jamais se montrer moralisateur à des sujets importants, tels que la pollution, la différence ou la persécution.
J'attends vivement le dernier tome.
Tome 3
Ce dernier opus m'est tombé des mains, j'ai eu la sensation de piétiner, l'histoire tire en longueur, deux tomes auraient largement suffi. J'ai totalement décroché, je n'ai même pas fini le tome tant je l'ai trouvé ennuyeux, cette suite est trop classique et sans surprise. De plus, comme la plupart des crabes se ressemblent j'ai eu un peu de mal à me replonger dans le récit, ce qui ça n'a pas arrangé les choses.
Tant pis, j'aime beaucoup le style graphique mais j'attendrai une autre série de l'auteur. Celle-ci est déjà revendue.
Je ne raterais plus aucun Follet, depuis qu'il s'est mis à la couleur directe !
Il a commencé la couleur directe avec d'emblée un opus réalisé à la peinture à l'huile : Terreur. Une merveille graphique unique dans la BD, une splendeur iconographique absolue.
Le très médiocre scénario de Terreur en comparaison de la qualité du visuel, semble juste servir de prétexte à l'élaboration de ce saphir.
René Follet doit être un bourreau du travail pour persévérer dans cette voie graphique sans concession, et qui lui va si bien.
La lecture de ce nouvel opus, sur un scénario fort correct de Rodolphe, nous conte la vie du romancier d'aventures Robert-Louis Stevenson, luttant contre ses démons, ses cauchemars (la faucheuse qui le hante dans son sommeil est ici un pirate de l'île au trésor), et une maladie des poumons récurrente qui l'emportera.
Les scènes de cauchemars couchées par Follet sont dantesques, absolument incroyables d'intensité graphique ! L'émotion est immédiate, et le texte du scénario superflu !
Si vous lisez la bande dessinée, en général, aussi pour l'art graphique qu'il est bel et bien, faites-vous plaisir avec cette oeuvre unique, et où en s'attardant à chaque case, l'on se prend avec plaisir au piège du visuel, de contempler éberlué chacune de ces cases comme l'on ferait des toiles dans un musée ...
Si vous vous contentez le lire la BD, en général, juste pour la bonne histoire qu'elle peut vous apporter et puis ... basta, càd en lecteur de texte aveugle au dessin, vous passerez à côté du cœur de cet ouvrage, et cet oeuvre du 9ème Art avec le plus grand A, ne sera pas pour vous.
Parce que le scénario reste tout de même en-dessous du talent immense du peintre, je ne mettrai pas les 5 étoiles, un peu avec regrets d'ailleurs ...
Mais quelle claque, et coup de cœur, graphiques !
7 ans après la fin de Universal War One, Denis Bajram nous revient avec un nouveau cycle de 6 volumes. Je sais cela va être long mais, même pour un lecteur comme moi qui a décidé d'arrêter l'achat de série à rallonge, il est difficile de résister à la tentation.
On retrouve l'univers de UW1, avec le fameux Wormhole, les CIC et l'ombre de Kalish, omniprésent dans l'album.
Mais cette fois, c'est autour d'une fille, Théa, descendante de Kalish que semble évoluer ce nouveau cycle.
Et il démarre sur les chapeaux de roues : attentat impressionnant, apparition de triangles mystérieux (voir sur la couverture) et d'autres phénomènes encore qui font de cet opus un véritable "film catastrophe".
C'est bien amené, toujours découpé par chapitre reprenant, en incipit, la fameuse Bible de Canaan.
Que dire du dessin de Bajram qui, avec des mises en pages audacieuses, est toujours aussi bon, dans la droite ligne du précédent cycle. D'ailleurs il a conservé sa technique du dessin réalisé à la palette graphique.
Me voici donc reparti pour un nouveau cycle, et cela avec mon plus grand plaisir.
D'abord, il y René Follet, le roi René, et son coup de pinceau reconnaissable entre mille. A 82 ans, ce surdoué de l'illustration nous offre une fois encore un album dont chaque case est un tableau ciselé que l'on aurait envie d'encadrer. Ses personnages aux silhouettes longilignes, aux mouvements gracieux, animent les planches dans un tourbillon de couleurs chaudes.
J'ai toujours aimé le trait de Follet, depuis que je l'ai découvert tout gosse dans le "Journal de Mickey" pour lequel il dessinait Les Zingari. A l'époque, il travaillait en noir et blanc et son style original sortait nettement du lot des séries pas toujours géniales que publiait ce magazine.
René Follet est un auteur de bandes dessinées discret, d'abord illustrateur de romans et nouvelles pour adolescents, il s'est mis au service d'autres auteurs, en réalisant des crayonnés pour ses amis "Mitacq" et "Vance (William)". Il suffit de regarder les dessins de Jacques Le Gall (Mitacq) ou de Marshal Blueberry (Vance) pour comprendre à quel point l'apport de Follet est fondamental, même s'il a rarement été crédité pour son travail.
Cela fait quelques années que le grand public peut enfin lire des albums entièrement dessinés par ce génie de l'ombre. Son talent est intact, son sens de la composition, de la mise en scène, du mouvement se sont bonifiés avec l'âge, sa main ne tremble pas, il n'utilise plus que la couleur directe et le résultat est superbe.
Chapeau l'artiste !
Rodolphe scénarise ici la biographie du romancier britannique Robert-Louis Stevenson, auteur mondialement connu pour ''L'Ile au trésor'' et "L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mister Hide", dont la vie faite de lutte contre la maladie, de voyages lointains et de rêveries couchées sur le papier s'avère suffisamment originale pour faire l'objet d'un récit en album. Bien sûr, l'exercice est un peu convenu et l'histoire se résume à une succession de scénettes retraçant quelques épisodes fondamentaux de l'existence de Stevenson, mais l'ensemble se lit sans déplaisir. Rodolphe imagine un Stevenson rongé par la maladie dont la vie n'est qu'une longue agonie. Et le pirate intérieur qui le ronge est aussi la principale source d'inspiration de cet écrivain forcené.
Le bel album publié par Dupuis dans sa collection "Aire libre" est complété par un cahier graphique comprenant une carte des voyages de Stevenson. Mais, s'il vous plaît, Messieurs de chez Dupuis, quand vous imprimez un planisphère sur une double page, évitez de placer l'Europe, où Stevenson a beaucoup voyagé, en plein dans la pliure !
En résumé, parce qu’il y a les dessins de Follet, mais aussi parce que Rodolphe a su trouver un angle d’attaque relativement original pour narrer la vie de Robert-Louis Stevenson, cet album est mon coup de cœur du moment.
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Victor Hugo, Aux frontières de l'exil
J'ai attendu que les éditions canalbd sortent enfin ce tirage de luxe pour me plonger dans cette aventure. Il s'agit là certainement de l'un des albums les plus intelligents et remarquables qu'il m'ait été donné de lire en cette rentrée. Explorant les failles de Victor Hugo (son désespoir après la mort de sa fille, Léopoldine, son goût des séances de spiritisme, son aversion contre l'Empire), Esther Gil nous propose un scénario finement ciselé, très éloigné d'une biographie classique. En effet, c'est une véritable énigme policière que l'on suit tout au long de ces 93 pages, énigme policière ponctuée d’événements et d'autant de personnages qui alimenteront l’œuvre de l'écrivain. On y croise en effet,Gavroche, Vidocq (qui deviendra Javert sous la plume de Victor Hugo) mais nous assistons également à la célèbre scène de fuite dans les égouts de Paris que l'on retrouvera dans Les Misérables mais aussi en toile de fond, nous découvrons l'histoire de John Charles Tapner, dont s'inspirera Victor Hugo pour son pamphlet "le dernier jour d'un condamné à mort". Et l'auteur ose même une explication assez personnelle du port de la barbe par le Poète. Cet album s'inscrit dans la droite ligne du combat de Victor Hugo contre Napoléon III, avec un empereur plus vrai que nature sous les traits de Laurent Paturaud. Car la force de cet album réside sans doute dans les magnifiques planches de Laurent Paturaud, aussi à l'aise pour nous décrire la cour de l'Empereur, que les bas fonds de Paris.Mais il excelle dans les personnages, surtout les personnages féminins, qui sont de toutes beautés sous ses pinceaux. Il suffit pour s'en convaincre de vous plonger dans la cahier d'esquisses, qui est presque trop court! Pour les amateurs, je vous conseille les éditions canalbd qui proposent un dossier historique (en plus des esquisses) reprenant les personnages et événements présents dans cet album. Bien sûr, vous ne pouvez refermer ce livre sans découvrir ce poème que tout les écoliers ont appris, sous un autre angle: "Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends ...."
Whiteout
J'avais bien aimé le film mais les BDs sont bien meilleures. Le volume 1 est plus ou moins semblable au film, une enquête policière assez classique qui compose son originalité avec l'environnement extrême du Pôle Sud. Rien ne se déroule donc comme d'habitude, et les précautions à prendre sont de rigueur. La BD est par ailleurs moins lisse que le film ; les scènes d'action ne tombent pas dans le piège hollywoodien de l'excès, c'est bien plus crédible et d'autant plus aride. De même on a à la place de la jolie Kate Beckinsale une héroïne trapue, musclée, avec un sale caractère, taillée pour se faire une place dans un milieu majoritairement masculin. Le volume 2 a un scénario plus léger et qui n'aboutit pas réellement au niveau de l'intrigue, mais il a un côté ludique ; il confronte une troupe de militaires d'élite de la Russie au Pôle Sud, et nous fait ainsi le récit des dangers visibles ou invisibles, de petits inconvénients de la vie de tous les jours qui deviennent des drames face à l'hostilité glaciale et capricieuse. Encore une fois l'environnement fait tout le sel de cette histoire, que j'aurais tout de même souhaité plus étoffée, avec le retour de la même héroïne. À défaut d'être original sur les histoires, les deux volumes sont dépaysants à leur manière, avec des personnages tout en contrastes.
Q
La collection BD cul des Requins Marteaux confirme avec cet opus sa qualité d’ensemble. Et je pense qu’on tient là le plus réussi et le plus original de la collection ! J’ai vraiment apprécié le dessin, en Noir et Blanc (sauf à la fin), presque façon gravure de mode parfois, en tout cas simple et efficace. Et poétique – oui, un érotisme poétique où l’on abuserait du stupéfiant image ! Si ces dessins (une illustration par page, narrant les tribulations de madame Main et de monsieur Bite qui peinent à vivre ensemble une histoire d’amour) sont fortement érotiques, on est souvent plus dans l’évocation, voire l’humour (assez foutraque) qu’autre chose. N’achetez pas ce livre pour y trouver des copulations orgiaques comme peuvent le proposer d’autres titres faisant moins confiance à l’imagination. Lecture et achat recommandés donc pour cette oeuvre rafraichissante.
Yo-Yo Post Mortem
Et bien ! Le voilà mon premier album financé sur Sandawe, et mon premier album issu du crowdfunding en général... Il y a quelques mois, je découvrais Sandawe, et ce projet en cours m'a tout de suite tapé dans l'oeil: un graphisme en noir et blanc net et précis, idéal pour illustrer une histoire sur la mort, une bonne dose d'humour débordante, et un sujet original. Ni une ni deux, je décidais donc d'investir dans le travail de Gilles Le Coz. Le succès fut au rendez-vous, et l'album atteignit rapidement les 75% (seuil pour la publication), puis les 100%, c'est-à-dire que l'album a pu être financé à 100% par les édinautes. J'ai découvert donc avec impatience cette BD. Graphiquement, on n'est guère déçu par rapport aux pages visibles en preview sur le site: un trait diablement efficace, qui va à l'essentiel, et qui confère une lisibilité des plus satisfaisantes. Du coup, l'album est très fluide à lire, qualité ô combien appréciable... Les personnages sont charismatiques et attachants, en premier lieu Mr.Bône, notre principal personnage, qui a de la classe et ne manque pas de glisser de bons mots à l'occasion... Il y a aussi une galerie de personnages secondaires bien sympathiques, et il y a même quelques authentiques célébrités qui exercent elles aussi l'emploi de "passeur" pour les âmes, mais je vous laisserai les découvrir par vous mêmes ! J'en viens à la principale qualité de cet album: l'originalité ! Gilles Le Coz a su habilement creuser ses méninges pour nous pondre un univers hallucinant en ce qu'il compte en créatures, rapports entre les personnages, et en la façon de voir la vie après la mort. Tout cela, encore une fois, avec un ton des plus détendus ! Bref Yo-Yo Post Mortem est un album très sympathique, et qui ne peut que me faire adresser d'amples encouragements à son auteur, qui mérite d'en montrer plus ! Une belle découverte. ( 258 )
L'Art Invisible
Avis concernant le tome 3: "Faire de la bande dessinée": J'ai trouvé mon Graaaaal !!!! Etant dessinateur autodidacte, nombreux sont mes bouquins abordant le sujet mais là... je suis tombé sur l'ouvrage pratique le mieux foutu, clair, ludique et intéressant de la catégorie. Car au-delà du coutumier "Dessine tes personnages mangas", "Comment dessiner un super-héros" ou autres, Scott nous donne toutes les ficelles et astuces du métier si complexe qu'est auteur de BDs. Il nous avoue que beaucoup d'auteurs professionnels font souvent les mêmes erreurs. Le présent ouvrage nous permet de les éviter. De l'idée de base jusqu'à l'encrage, de l'élaboration du scénario jusqu'à la diffusion, du choix du style jusqu'au choix des plans,... Tout y est; et c'est passionnant à lire, expliqué de manière ludique, avec de l'humour et beaucoup de pragmatisme. Le style de McCloud est simple, rendant ses propos et exemples limpidement clairs et explicites. Gestuelle, perspectives, choix de la séquence et du moment, expressions faciales et variations de celles-ci, conception de personnages, construction d'un univers, dynamisme, choix de l'image et du cadrage, techniques des outils, apprendre à faire un décor, harmonie du texte et du dessin, découpage de la planche, ... Tout y est et expliqué de la façon idéale (c'est à dire sous forme de bande-dessinée). Plus que mon livre de chevet, c'est ma bible, mon outil de référence, trônant sur le bureau, à coté de ma table à dessin. IN-DI-Spensable à tout bédéiste pro ou amateur, dispensable pour le simple lecteur.
Un printemps à Tchernobyl
Wow ! Attention, bijou ! Avec "Un printemps à Tchernobyl", Emmanuel Lepage signe ici une des meilleures BD documentaire qu'il m'ait été donné de lire. Traitement graphique, sujet abordé, façon de le traiter, "omniréflexion" sur ce qu'il est en train de vivre et la retranscription qu'il doit en faire, les doutes qui jalonnent son aventure : tout ici concoure à la réalisation de cette œuvre intelligente, subtile et d'une grande force. Car, comme Emmanuel Lepage, Tchernobyl reste pour beaucoup d'entre nous, LA triste image d'Epinal de la catastrophe nucléaire. Fukushima est passé par là depuis, mais Tchernobyl, en tant que "premier" accident nucléaire civil ayant eu de graves conséquences, a marqué notre époque, tout en restant quelque chose d'assez flou, plus ou moins lointain, dont on ne percevait pas vraiment les réelles conséquences pour ce qui nous concerne, et encore moins pour les gens qui continuent à vivre aux abords de cette zone sinistrée. Et c'est là l'un des intérêts majeur de cette BD. En partant là-bas, Emmanuel Lepage, emmenait avec lui tout cette imagerie de la catastrophe nucléaire et tout un tas d'autres préjugés. La confrontation va être rude. Car, loin de s'épargner, il met à nu ses réflexions, ses doutes, ses peurs et tout ce qu'il ressent. C'est cette sincérité qui donne sa force à cet album. On le sent petit à petit se libérer du poids de ses contraintes et de ses questionnements, et retrouver l'équilibre nécessaire à la réussite de ce projet : sa main se libère aussi. Celle qui l'avait lâché juste avant son départ, allant jusqu'à compromettre sa participation à ce projet, "reprends vie" et permet à Emmanuel Lepage de nous le rendre de la plus merveilleuse des façons avec cet album. Très noir, gras et sombre au début, son graphisme s’enrichit de notes de couleur au fil de l'album, pour en arriver à ces sublimes planches toutes en couleur digne des Fauves du début du XXe, nées de son ressentit face aux lumières printanières qui illuminent la nature de ces lieux. Paradoxe suprême qu'il exprime très bien, car derrière cette beauté, le danger fait plus que persister... Attention de ne pas s'oublier... Vous l'aurez compris, c’est à mon sens un album d'une rare sincérité est tout simplement magistral. Car loin du catastrophisme qu'on aurait pu appréhender pour le traitement de ce genre de sujet, il réussit graphiquement et à travers les nombreuses interrogations qu'il soulève à faire passer émotions, les bonnes questions et les bouts de réponse qui en valent vraiment la peine. Tout simplement à lire.
La Marche du crabe
Péchés mignons m’a définitivement ennuyée, Zombillénium m’a plu et cette « Marche du Crabe » m’a ravie, c’est plutôt agréable d’aller crescendo dans l’intérêt d’un auteur. Cette dernière série d’Arthur de Pins se révèle captivante et on ne peut plus originale. Déjà de par son graphisme, épuré et moderne, aux couleurs douces comme une caresse et aux formes rondes qui donnent l’impression de rebondir de crabe en crabe et de case en case. Ce graphisme très soigné est en parfait accord avec le récit, il va à l’essentiel avec douceur et met bien en valeur ce petit univers tout de sable et de pinces fait, auquel les gens ne prêtent pas forcément attention, trop occupés à se faire dorer la couenne sur la plage. Le scénario est tout aussi ravissant, on s’attache immédiatement à ces petits crabes malchanceux, affublés d’un destin sadique qui prend plaisir à les coincer en des lieux où seule la mort sera une douce délivrance. Mais « le crabe » n’a pas émit son dernier cri, face à cette cruelle destinée, prenant ces deux pinces à bras la carapace, il va s’acharner pour changer cette injuste soumission à la nature, acharnement qui se transformera en incroyable aventure. Les humains aussi sont conviés à celle-ci, de gentils humains… apparemment, mais seront-ils à la hauteur et que peut-on réellement attendre d’eux ? La dernière question restera : aurez-vous toujours envie de manger du crabe après ça… ? Tome 2 Une suite est à la hauteur du premier tome tant visuellement que scénaristiquement. Je dirais même encore meilleur car les humains se font plus discrets laissant toute la scène aux crustacés. L'auteur touche avec humour et sans jamais se montrer moralisateur à des sujets importants, tels que la pollution, la différence ou la persécution. J'attends vivement le dernier tome. Tome 3 Ce dernier opus m'est tombé des mains, j'ai eu la sensation de piétiner, l'histoire tire en longueur, deux tomes auraient largement suffi. J'ai totalement décroché, je n'ai même pas fini le tome tant je l'ai trouvé ennuyeux, cette suite est trop classique et sans surprise. De plus, comme la plupart des crabes se ressemblent j'ai eu un peu de mal à me replonger dans le récit, ce qui ça n'a pas arrangé les choses. Tant pis, j'aime beaucoup le style graphique mais j'attendrai une autre série de l'auteur. Celle-ci est déjà revendue.
Stevenson, le pirate intérieur
Je ne raterais plus aucun Follet, depuis qu'il s'est mis à la couleur directe ! Il a commencé la couleur directe avec d'emblée un opus réalisé à la peinture à l'huile : Terreur. Une merveille graphique unique dans la BD, une splendeur iconographique absolue. Le très médiocre scénario de Terreur en comparaison de la qualité du visuel, semble juste servir de prétexte à l'élaboration de ce saphir. René Follet doit être un bourreau du travail pour persévérer dans cette voie graphique sans concession, et qui lui va si bien. La lecture de ce nouvel opus, sur un scénario fort correct de Rodolphe, nous conte la vie du romancier d'aventures Robert-Louis Stevenson, luttant contre ses démons, ses cauchemars (la faucheuse qui le hante dans son sommeil est ici un pirate de l'île au trésor), et une maladie des poumons récurrente qui l'emportera. Les scènes de cauchemars couchées par Follet sont dantesques, absolument incroyables d'intensité graphique ! L'émotion est immédiate, et le texte du scénario superflu ! Si vous lisez la bande dessinée, en général, aussi pour l'art graphique qu'il est bel et bien, faites-vous plaisir avec cette oeuvre unique, et où en s'attardant à chaque case, l'on se prend avec plaisir au piège du visuel, de contempler éberlué chacune de ces cases comme l'on ferait des toiles dans un musée ... Si vous vous contentez le lire la BD, en général, juste pour la bonne histoire qu'elle peut vous apporter et puis ... basta, càd en lecteur de texte aveugle au dessin, vous passerez à côté du cœur de cet ouvrage, et cet oeuvre du 9ème Art avec le plus grand A, ne sera pas pour vous. Parce que le scénario reste tout de même en-dessous du talent immense du peintre, je ne mettrai pas les 5 étoiles, un peu avec regrets d'ailleurs ... Mais quelle claque, et coup de cœur, graphiques !
Universal War Two
7 ans après la fin de Universal War One, Denis Bajram nous revient avec un nouveau cycle de 6 volumes. Je sais cela va être long mais, même pour un lecteur comme moi qui a décidé d'arrêter l'achat de série à rallonge, il est difficile de résister à la tentation. On retrouve l'univers de UW1, avec le fameux Wormhole, les CIC et l'ombre de Kalish, omniprésent dans l'album. Mais cette fois, c'est autour d'une fille, Théa, descendante de Kalish que semble évoluer ce nouveau cycle. Et il démarre sur les chapeaux de roues : attentat impressionnant, apparition de triangles mystérieux (voir sur la couverture) et d'autres phénomènes encore qui font de cet opus un véritable "film catastrophe". C'est bien amené, toujours découpé par chapitre reprenant, en incipit, la fameuse Bible de Canaan. Que dire du dessin de Bajram qui, avec des mises en pages audacieuses, est toujours aussi bon, dans la droite ligne du précédent cycle. D'ailleurs il a conservé sa technique du dessin réalisé à la palette graphique. Me voici donc reparti pour un nouveau cycle, et cela avec mon plus grand plaisir.
Stevenson, le pirate intérieur
D'abord, il y René Follet, le roi René, et son coup de pinceau reconnaissable entre mille. A 82 ans, ce surdoué de l'illustration nous offre une fois encore un album dont chaque case est un tableau ciselé que l'on aurait envie d'encadrer. Ses personnages aux silhouettes longilignes, aux mouvements gracieux, animent les planches dans un tourbillon de couleurs chaudes. J'ai toujours aimé le trait de Follet, depuis que je l'ai découvert tout gosse dans le "Journal de Mickey" pour lequel il dessinait Les Zingari. A l'époque, il travaillait en noir et blanc et son style original sortait nettement du lot des séries pas toujours géniales que publiait ce magazine. René Follet est un auteur de bandes dessinées discret, d'abord illustrateur de romans et nouvelles pour adolescents, il s'est mis au service d'autres auteurs, en réalisant des crayonnés pour ses amis "Mitacq" et "Vance (William)". Il suffit de regarder les dessins de Jacques Le Gall (Mitacq) ou de Marshal Blueberry (Vance) pour comprendre à quel point l'apport de Follet est fondamental, même s'il a rarement été crédité pour son travail. Cela fait quelques années que le grand public peut enfin lire des albums entièrement dessinés par ce génie de l'ombre. Son talent est intact, son sens de la composition, de la mise en scène, du mouvement se sont bonifiés avec l'âge, sa main ne tremble pas, il n'utilise plus que la couleur directe et le résultat est superbe. Chapeau l'artiste ! Rodolphe scénarise ici la biographie du romancier britannique Robert-Louis Stevenson, auteur mondialement connu pour ''L'Ile au trésor'' et "L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mister Hide", dont la vie faite de lutte contre la maladie, de voyages lointains et de rêveries couchées sur le papier s'avère suffisamment originale pour faire l'objet d'un récit en album. Bien sûr, l'exercice est un peu convenu et l'histoire se résume à une succession de scénettes retraçant quelques épisodes fondamentaux de l'existence de Stevenson, mais l'ensemble se lit sans déplaisir. Rodolphe imagine un Stevenson rongé par la maladie dont la vie n'est qu'une longue agonie. Et le pirate intérieur qui le ronge est aussi la principale source d'inspiration de cet écrivain forcené. Le bel album publié par Dupuis dans sa collection "Aire libre" est complété par un cahier graphique comprenant une carte des voyages de Stevenson. Mais, s'il vous plaît, Messieurs de chez Dupuis, quand vous imprimez un planisphère sur une double page, évitez de placer l'Europe, où Stevenson a beaucoup voyagé, en plein dans la pliure ! En résumé, parce qu’il y a les dessins de Follet, mais aussi parce que Rodolphe a su trouver un angle d’attaque relativement original pour narrer la vie de Robert-Louis Stevenson, cet album est mon coup de cœur du moment.