Les derniers avis (9619 avis)

Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ontophage
Ontophage

Cette série sent bon, mais est vraiment étrange... Dans la lignée de la tradition littéraire des Gaston Leroux et autres Sir Arthur Conan Doyle, cela commence par une enquête sur fond de phénomènes étranges survenant à Paris dans la seconde moitié du XIXème siècle. Une période et un lieu que j'apprécie beaucoup, et dans lesquels Marc Piskic a su installer une ambiance très réussie, à base de brume et d'ombre savamment installées. Jusqu'ici adaptateur de deux romans d'Agatha Christie, ce jeune auteur propose donc une première oeuvre en tant qu'auteur complet, qu'il a patiemment et longuement peaufinée afin de livrer une série au ton vraiment original. Son dessin est un peu torturé, inspiré par quelques maîtres des années 1980-1990 (Delitte et Guy Counhaye), mais il convient à merveille aux circonstances de son histoire. Changement presque radical avec le second tome, puisque le personnage principal est cette fois-ci au coeur d'un huis clos, coincé dans une boucle temporelle qui semble n'avoir aucun rapport avec l'intrigue du premier tome. J'imagine que cet intermède a été placé là pour introduire une nouvelle dimension au personnage, et que celle-ci se révèlera plus tard dans la série. Sur le plan graphique, il y a une évolution notable, puisque le style de Piskic s'est assagi, se rapprochant un peu plus des canons franco-belges, sans toutefois trahir les ambiances et les choix graphiques initiaux. La couleur va de pair, nettement plus nuancée et lumineuse que dans le premier tome. Le troisième tome déroute un peu plus le lecteur, puisqu'il se déroule dans un troisième décor (la ville de Perpignan), et même s'il fait le lien avec les deux premiers par des personnages ou des situations, le récit est complexifié par de nouveaux éléments. Mais nul doute que tout cela va s'éclaircir avec le tome 4, conclusif, même si Piskic distille des pistes avec les photos et les articles de journaux fournis en bonus de chaque tome.

04/06/2009 (MAJ le 05/10/2013) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Do androids dream of electric sheep? - Dust to dust
Do androids dream of electric sheep? - Dust to dust

Après avoir publié l'intégrale de l'adaptation du chef-d'oeuvre de Philip K. Dick, les Editions EP nous proposent le prequel en deux tomes, cette fois-ci entièrement écrit par le scénariste Chris Roberson. Celui-ci revient donc sur les "origines" du monde qui a inspiré le film Blade Runner, pour replacer le contexte. Nous suivons trois fils narratifs principaux : l'un sur les pas d'un chasseur de primes, comme Deckard, chargé de retrouver un groupe de réplicants défectueux, lui-même étant un androïde ; un autre en compagnie d'une jeune biologiste qui mène des recherches sur l'extinction en cours des espèces animales suite à la dispersion d'un nuage de poussière dans l'atmosphère (et qui découvre en même temps le mercerisme, cette religion largement décrite dans le roman de Dick) ; et un dernier au sein du groupe d'androïdes que pourchasse Charlie Victor. Ces trois intrigues vont bien sûr s'entrecroiser dans une trame très claire, qui me semble bien poser les enjeux, et la deuxième partie tient ses promesses, amenant de façon très logique la situation qui va présider au roman de Dick. Côté dessin je ne suis pas très fan du style de Robert Adler, trop anguleux, trop... "esquissé" à mon goût. Le découpage quant à lui est très classique, avec une répartition en chapitres qui scande la progression du récit. Un prequel de bonne facture, bien mené et logique, même si le dessin ne me convainc pas totalement.

12/05/2013 (MAJ le 05/10/2013) (modifier)
Par fab11
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Apocalypse sur Carson City
Apocalypse sur Carson City

Il y avait trés longtemps que j'attendais une bd comme celle-ci !! Pour un fan de cinéma et des séries B américaines, on ne pouvait pas faire mieux. Je tire mon chapeau à Guillaume Griffon qui en nous pondant une nouvelle histoire de zombies (sujet certes très à la mode en ce moment) et en lui mêlant des répliques et des personnages chipés dans les plus grands films des années 80-90 (une des meilleures scènes de Dark Angel dans le tome 1 ou alors les personnages de Casey Ryback et Braddock alias Steven Seagal et Chuck Norris dans le tome 3) est arrivé à créer la série la plus déjantée de toute l'histoire de la bd. C'est sûr que l'histoire est assez simpliste, mais pour une série z elle convient parfaitement. Nous suivons le parcours d'une bande de malfrats en cavale et dont les membres sont trois frères. Ces sympathiques personnages se retrouvent dans la ville de Carson City soudainement envahie par des hordes de zombies. Comme je l'ai dit cela tient sur un timbre poste mais c'est exactement ce qu'il faut. Si il y a bien quelque-chose que j'ai apprécié dans ces albums , ce sont les fiches descriptives de chaque personnage,ce qui nous donne même leur espérance de vie, c'est une idée géniale. Je pense que si l'histoire ne dure pas plus de 5 ou 6 albums (comme c'est prévu pour l'instant) et si Griffon continue à rajouter à ses épisodes des scènes volées dans les chefs d'oeuvre de la série B US alors ma note pourrait arriver à 5. Alors vivement la suite. Après lecture du tome 4. Cette fois-ci cet épisode se concentre sur les aventures des trois frères Blackwood qui se sont trouvé deux nouvelles recrues(à savoir un faux pasteur et une jeune fille déjantée) et du shérif qui les poursuit. Même si je trouve les répliques hallucinantes (souvent empruntées à des films de séries b américaines bien sûr) et l'action omniprésente, j'ai été déçu par la disparition de certains personnages comme Ryback et Braddock (alias Steven et Chuck pour les initiés). C'est bizarre l'auteur ne fait plus aucune allusion à ces deux mercenaires qui tenaient un rôle important dans le tome 3. Mis à part ce détail j'ai trouvé cet épisode agréable, si l'on peut dire vu que les zombies sont légion , qu'ils sont affreux et que la violence est encore très présente. Le dessin est toujours aussi bien maîtrisé . Donc je dirai seulement vivement la suite . PS: il semblerait que Griffon a confirmé que cette série se composera bien de 6 tomes, encore deux tomes pour clôturer cette magnifique série.

19/11/2011 (MAJ le 05/10/2013) (modifier)
Par ppj
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Candy Candy
Candy Candy

Gardant de très bons souvenirs de la série animée des années 70, j'ai découvert récemment la version BD de ce célèbre manga ... et j'ai été sérieurement impressionné par sa qualité. Bien qu'en noir et blanc, le dessin est de bonne facture et très expressif. Les dialogues - en français ;-) - sont charmants et souvent teintés d'humour (mis à part quelques lourdeurs de traductions et des fautes "dortograf"). Beaucoup de rebondissements dans le scénario, ce qui fait que l'on ne trouve jamais le temps long, les 180 pages de chaque livre étant (trop) rapidement parcourues. La version BD n'est pas niaise comme la version animée, le caractère des personnages étant plus mature et détaillé. La fin de l'histoire (ou tome 9) est mieux réussie, la version animée semblant avoir été un peu bâclée. Certaines erreurs scénaristiques du dessin animé ne sont pas présentes dans la version papier, comme la rencontre de Candy avec son prince à l'âge de 6 ans et non 12. On comprend mieux pourquoi Anthony et le prince sont deux personnes distinctes, ainsi que d'autres détails de l'histoire par la suite. Certains passages intéressants ne sont pas repris dans le dessin animé et c'est bien dommage. D'autres, moins intéressants, ont été inventés dans ce dernier, donnant une impression de répétition et de longueurs... En conclusion : la BD est de bien meilleure qualité que la version TV. Précisons quand même que la version animée vaut la peine d'être (re)découverte en VO sous-titrée, la VF étant assez catastrophique, infidèle et souvent mal doublée. Je trouve que cette histoire serait digne d'être adaptée à l'écran, au même titre que "Autant en emporte le vent" ou d'autres grands classiques du cinéma. Espérant que cette BD puisse être rééditée, ce qui ferait aussi baisser les prix inabordables (jusqu'à 100 euros, oups!) des volumes d'occasion. Si vous avez les sous, pourquoi pas.

04/10/2013 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série En sautant dans le vide
En sautant dans le vide

Voici une série très franchement réussie qui, j’ai l’impression, n’a pas fait grand bruit lors de sa sortie. Faut dire qu’avec la surproduction actuelle, certaines collections sont noyées dans la masse et passent parfois inaperçues. C’est bien dommage. Pour ma part, ça été un véritable coup de cœur. J’ai beaucoup apprécié et je n’ai pu résister à lire les 5 tomes d’une traite tant l’histoire est prenante, rafraîchissante, très moderne et crédible. Tout coule de source, rien n’est précipité, l’intrigue prend le temps de s’installer et on découvre avec émotion ces « djeuns » qui sont bien croqués et vraiment très attachants. Chaque fin de tome, grâce à un suspense bien dosé et maîtrisé, donne envie d’en savoir toujours plus jusqu’au dénouement final surprenant et assez réussi. A découvrir car ça en vaut vraiment la peine. Merci à Man et son équipe pour leur très bon travail. 4,5/5

02/10/2013 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Spirou et Fantasio
Spirou et Fantasio

En cette année du 75ème de la série, je me suis replongé toute l'année dans les albums et je me rends compte de plus en plus que j'aime cette série dont j'ai découvert l'existence à travers le dessin animé des années 90 que je trouve aujourd'hui pas mal quoique je trouve dommage qu'il focalise surtout la période Tome et Janry. Je vais diviser mon avis par périodes (je commence bien sûr avec Franquin étant donné que les histoires de Rob-Vel sont maintenant dans une intégrale à part et que cela va être de même pour Jijé en 2014). Franquin : C'est sans aucun doute la période que les gens aiment le plus. Personnellement, je suis un peu divisé pour savoir s'il est mon auteur de Spirou préféré ou non car je trouve ses albums inégaux bien que j’admets que sans lui la série ne serait pas aussi excellente. Il est l'auteur qui a permis de rendre une série pas mal au niveau culte. Son travail commence avec des histoires courtes (album 1 et 3 ainsi que le hors-série numéro 1 et 2) qui se laissent lire, mais qui ont un peu mal vieilli (par exemple, les histoires en Afrique pourraient sembler un peu racistes aujourd'hui avec le gag sur le cannibale et ses noirs qui sont des bruns qui ne sont jamais lavés !) car représentatif d'une époque où la plupart des bandes dessinées étaient naïves. De plus, les personnages ne sont pas très mémorables sauf le professeur Samovar et son invention Radar le Robot qui est selon moi le premier chef d'œuvre graphique de Franquin (le personnage, pas l'histoire). Ensuite, viendront des histoires longues de 60 pages qui sont excellentes. Cela commence avec deux albums (numéros 2 et 4) qui vont poser les bases de la série en introduisant le comte de Champignac, les villageois de Champignac, Zantafio et le Marsupilami. Curieusement, je trouve ces histoires correctes sans plus, le problème étant que les scenarii ne sont pas encore assez développés, que cela semble n'être qu'une suite de péripéties. Les albums suivants (numéros 5 à 9) ont un scénario plus développé et je relis encore ces albums avec plaisir. Après, Franquin revient avec des histoires courtes (10 à 13) et c'est probablement la période de lui que j'aime le moins. Les histoires 'Le Quick Super' et 'Vacances sans histoires' sont sympathiques et j'aurais bien aimé que l'excellent 'La Peur au bout du fil' fasse plus de pages, mais le reste ne me semble pas intéressant sauf pour quelques bonnes idées et le dessin de Franquin. Franquin revient aux histoires longues avec Le Prisonnier du Bouddha qui est souvent considéré comme un chef d'œuvre par les lecteurs, mais personnellement je le trouve ennuyeux dès que les personnages quittent Champignac. Ce sont surtout les 5 albums suivants que je considère excellents. Les deux albums sur Zorglub sont des chefs d'œuvres de la bande dessinée franco-belge, les deux histoires du tome 17 sont les meilleures, QRN sur Bretzelburg est là encore un chef d'œuvre et c'est étonnant lorsqu'on sait à quel point sa production fut dure et Panade à Champignac est un superbe adieu à la série (et d'ailleurs mon album préféré grâce à son humour qui tourne la série en dérision). Fournier : C'est sans aucun doute mon auteur préféré après Franquin. Il commence avec trois albums sympathiques (numéro 20 à 22) où ses histoires sont sympathiques sans être mémorables et son dessin n'est pas à maturité. J'aime toutefois la galerie de personnages qu'il a créés pour ses récits et particulièrement Itoh Kata qui est un des personnages les plus drôles de la série. Avec Tora Torapa, il devient excellent tant au niveau du dessin que du scénario. Non seulement il utilise les personnages récurrents les plus mémorables de la série, il créé Ororéa qui me manque terriblement et que j'aurais aimé voir dans les nouvelles histoires. À partir de cet album je trouve son niveau complètement excellent sauf pour son histoire avec les extraterrestres qui a pourtant une bonne idée de départ, mais dont l'exécution laisse à désirer. Il est à noter que Fournier n'a jamais voulu abandonner la série et que l'éditeur la lui a retirée parce qu'il le trouvait trop lent. C'est dommage parce qu'il avait encore plusieurs idées d'albums et de plus je trouve dommage que hormis Spirou à Tokyo et une case dans la Jeunesse de Spirou, Fournier est oublié par les auteurs suivants. Nic et Cauvin : Un duo d'auteurs souvent décriés par les fans. Personnellement, je trouve que le tome 30 se laisse lire, mais les deux suivants sont vraiment sans intérêt. Les histoires sont remplies d'incohérences (par exemple, pourquoi les savants qui veulent partir de la terre afin que des compagnies ne mettent pas la main sur leurs inventions laissent une boite... remplie de plans d'inventions !?!) et les personnages ne sont pas attachants (Fantasio est tellement stupide que j'ai envie de le frapper). Le dessin de Nic est correct sans plus. La seule chose que je déteste dans son style est que le visage de Spirou est moche. Cauvin semble n'avoir aucune imagination en ce qui concerne Spirou et il me semble qu'il a écrit les scenarii uniquement parce que l'éditeur lui a demandé et cela doit être pour cela que j'ai l'impression en lisant ses trois albums qu'en fait il s'emmerdait et qu’il n’en avait rien à foutre de Spirou. Tome et Janry : Une autre période que les lecteurs en général aiment. Personnellement, je trouve que le gros plus de cette période est le dessin de Janry qui devient de plus en plus excellent au fil des albums. Pour ce qui est des scenarii, je les classe en deux périodes. La première va des albums 33 à 38 où les auteurs sont très influencés par Franquin. Je trouve aussi que c’est une période qui a produit soit des albums sympas (33, 35 et 38 qui comporte plusieurs histoires courtes), soit sans intérêt (34, 36 et 37). La deuxième période qui va des albums 39 à 46 est selon moi meilleure. Les auteurs développent un style plus personnel et ils créent un des meilleurs méchants de la série en la personne de Vito Cortizone. Il n’y a que les albums 44 et 46 que je n’aime pas trop, mais le 44 a tout de même quelques bons moments. De manière générale je trouve que si la plupart des albums sont bons, ils ne sont pas aussi mémorables que les albums de Franquin ou Fournier. Lorsque je referme un de leurs albums que j’aime, je trouve que j’ai passé un bon moment, mais sans plus. Il faut dire que leurs albums ont beaucoup de courses-poursuites. Morvan et Manuera : Une autre période décriée par les fans et si je n’aime pas trop, je vais quand même être mesuré. Leur premier album n'est qu’une grosse course-poursuite sans intérêt, le deuxième est pas mal et le meilleur, le troisième a de bonnes idées et j’étais content de revoir Itoh, mais il y a plusieurs défauts qui rendent l’album illisible (trop de scènes d’actions, le méchant est trop méchant, le sujet est trop sérieux et je ne retrouve pas l’humour que les autres auteurs mettaient lorsqu’ils dénonçaient des sujets comme la dictature, le nucléaire ou les armes bactériologiques) et finalement leur dernier album est sans aucun doute l’album que je déteste le plus avec une fin qui ne fait aucun sens ! Yoann et Vehlmann : Jusqu’à présent, j’ai trouvé leur premier ennuyeux et les deux suivants meilleurs, mais j’ai un peu le même problème qu’avec Tome et Janry : c’est sympathique, je passe un bon moment de lecture, mais je trouve que ce n’est pas mémorable. J’aime bien comment ils utilisent à la fois dans chaque album d’anciens personnages que j’aime et des nouveaux qui sont tout aussi bien. Au final, cette série est donc remplie d’albums inégaux, mais je relis la majorité avec plaisir même après des dizaines de lectures et ce que j’aime c’est comment différents auteurs ont réussi à faire des albums intéressants alors que plusieurs séries deviennent nulles après que leurs créateurs la quitte ou meurt. Dans les 53 albums parus jusqu’à présent il n'y a que quelques uns dont je mettrais la note maximum, mais cela ne m’empêche pas de trouver la série globalement culte.

27/08/2007 (MAJ le 02/10/2013) (modifier)
Couverture de la série Ô dingos, ô châteaux !
Ô dingos, ô châteaux !

Un polar étrange, noir et très sanglant. Au départ, on a du mal à comprendre le pourquoi du comment, on voit débarquer l'héroïne de manière un peu inattendue et illogique chez son richissime employeur, sans trop saisir en quoi l'histoire sera intéressante... Finalement, tout se passe pour le mieux, les pages défilent sans aucun souçi, sans que l'ennui ne pointe son nez, bien au contraire ! Le mystère s'éclaircit peu à peu, au rythme qu'il faut, ni trop vite ni trop tard. On se rend compte que le scénario de Manchette est en fait relativement bien ficelé. Au dessin, Tardi dans son style si typique, avec un noir et blanc qui dépeint très bien cette athmosphère de thriller dans un Paris des années 60-70. Comme toujours, on aime ou on n'aime pas...Moi je trouve que ça colle plutôt bien au roman qu'il a voulu raconter. Je démarrais ma lecture un peu dubitatif et certainement avec un a priori un poil négatif, mais force est de constater que cet album m'a conquis et que sa lecture en fut très agréable. (259)

02/10/2013 (modifier)
Couverture de la série Spider-Man - L'intégrale
Spider-Man - L'intégrale

Alors là, on touche à un des super-héros les plus cultes de l'écurie Marvel et aussi de la culture populaire américaine. Pas évident de s'y retrouver dans cette flopée de comics consacrés au Tisseur de toiles, mais cette intégrale en 27 volumes reprend tous les épisodes que j'ai dévorés dans ma période Strange (et Nova) entre 1977 et 1980, ceux des origines, loin des comics modernes qui se font maintenant sur les reprises de super-héros et qui surfent surtout sur le succès remporté par les films. Moi, ce que j'aime, c'est les vieux dessins sixties et seventies, réalisés par les dieux de l'époque comme John Romita, Jack Kirby, Gil Kane, Gene Colan ou Ross Andru.... c'est d'ailleurs valable pour les autres super-héros Marvel que j'ai avisé, comme Iron Man, Daredevil, Fantastic Four, Thor ou Silver Surfer, et Batman pour D.C. Comics. Lorsque le 15 aout 1962 l'Araignée apparaît pour la première fois sur la couverture du comic book Amazing Fantasy, Stan Lee ne se doute pas encore qu'il vient de créer l'un des monstres sacrés de chez Marvel. Il fait immédiatement la conquête des fans du monde entier et devient l'idole des campus américains et de la jeunesse désargentée de l'époque. Cette réussite repose sur plusieurs éléments: 1 : sa popularité est due au fait que ce nouveau super-héros était totalement différent des autres. Comme on le sait, Stan Lee a imposé une nouvelle stratégie éditoriale, les super-héros sont parfois acclamés par la foule, mais cette gloire est fugace, la société les rejette et les méprise ; le héros continue d'agir par sentiment du devoir, mais sa condition lui pèse, il est tourmenté, pétri de doutes et connaît l'envie, la haine, la peur, la passion, d'où une solitude intérieure qui sera commune à presque tous les personnages de Lee. Mais Spiderman est le véritable archétype de cette nouvelle optique, son aspect introspectif est amplifié. Méprisé et incompris de la société, même s'il se dévoue pour elle, et cela aussi bien sous son identité de Peter Parker que sous celle du justicier ; même certains autres super-héros le regardent de travers, c'est dire si son statut de héros est complexe. Stan Lee contrebalance cet aspect négatif et pessimiste en humanisant le personnage, en mettant en relief ses doutes et ses faiblesses, c'est pour ça qu'il plaît tant à une certaine jeunesse de l'époque. 2 : l'autre clé du succès est évidemment le dessin : contrairement à l'idée reçue, Stan Lee ne crée pas Spiderman avec son acolyte habituel Jack Kirby, celui-ci étant débordé et indisponible, mais avec Steve Ditko, dont le dessin moins agressif donne une silhouette plus fluide au personnage "aérien" du Tisseur de toiles. Cependant, Ditko se sent à l'étroit chez Marvel et quitte la firme en 1966, provoquant une longue suite de dessinateurs talentueux qui reprendront le personnage chacun dans leur style, perpétuant son incroyable succès, et qu'on retrouve dans cette intégrale : John Romita, Sal Buscema, Gil Kane, Jim Mooney, Gene Colan, Ross Andru, John Byrne, Jim Starlin, Mike Esposito..et aussi Kirby. De son côté, Lee cédera la plume à Roy Thomas, Gerry Conway, Bill Mantlo, Archie Goodwin, Len Wein, Chris Claremont entre autres. 3 : enfin, la bande vaut aussi par l'impressionnante brochette de super-vilains qu'affronte Spiderman, tels Electro, le Lézard, le Dr Octopus, le Scarabée, le Vautour, l'Homme Sable, Venom, Tarentula, Mysterio..... mais son ennemi le plus récurrent et le plus acharné (et aussi mon préféré) reste bien-sûr le célèbre Bouffon Vert (The Green Goblin) qui cherche vraiment à le détruire et avec qui il aura de rudes empoignades. Il n'est autre que Norman Osborne, chimiste brillant victime d'une de ses expériences ; il sera responsable de la mort de Gwen Stacy, première fiancée de Peter Parker (dont il a découvert la double identité). Spidey a aussi côtoyé des confrères comme Nova qui est le seul à être vraiment pote avec lui, Daredevil, Dr Strange, Captain America, le Faucon.... le Punisher dans certains épisodes jouissifs l'asticotera parfois durement, et Hulk déjouera quelques-uns de ses pièges... Stan Lee insiste sur ses blessures intérieures, nous fait partager sa double vie et ses amours sacrifiées, ses problèmes d'argent et son cas d'asocial : avec son second amour Mary Jane, il entretient une relation chaotique où il fait passer son devoir avant sa vie personnelle, de sorte qu'il ne peut mener une existence normale. D'autre part, son meilleur ami, Harry Osborne, fils de Norman, a découvert son secret....décidément rien n'est simple pour ce pauvre Parker, d'où son intérêt auprès des ados qui s'identifient au personnage. La plupart de ces aspects ont été très bien traduits dans les films de Sam Raimi, d'où le succès de cette franchise. Et si vous voulez comprendre à fond la génèse de ce personnage emblématique il faut lire d'abord cette intégrale (par petite dose, sinon on est vite saturé).

02/10/2013 (modifier)
Par Puma
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Victor Hugo, Aux frontières de l'exil
Victor Hugo, Aux frontières de l'exil

Offrez-vous par cette lecture une vrai plongée anachronique dans le 19ème siècle ! Le traitement graphique, superbe, vous y invite ! Les décors très documentés et magnifiquement rendus, comme la colorisation légèrement sépia, s'y prêtent à merveille ! Il y a eu beaucoup de BD récentes sur des écrivains : - Stefan Zweig avec un très bon Guillaume Sorel à l'aquarelle. - Robert-Louis Stevenson avec un époustouflant René Follet aux pinceaux. - Un "Rimbaud l'indésirable" avec un trop rapide et brouillon Xavier Coste au dessin et à la couleur. - Et enfin ce " Victor Hugo, Aux frontières de l'exil" qui présente de loin le scénario le plus percutant et le mieux mené. L’extraordinaire finesse et intelligence du scénario (la scénariste est historienne) conduit par un graphisme très "authentique" impose d'emblée cette BD en tête de peloton dans ce genre biographique. Mais cette narration, contrairement aux autres ouvrages précités, reste limitée à un épisode bien défini dans la vie de l'écrivain. L'ouvrage met en scène le merveilleux poème de Victor Hugo dédié à sa fille disparue. En fin d'histoire, se trouve également la reproduction d'un courrier-pamphlet humiliant la politique Napoléon III sur la peine de mort, comme de la soumission lamentable des Anglais suite aux pressions de ce même Napoléon III. La lecture de ces courriers reproduits, jette un froid ! Qui d'autre, en une demi page, pourrait par sa seule qualité de plume et d'âme, avec une telle trempe du français, incendier et humilier toute la politique française de Napoléon III comme jamais, et par la suite, rejeter la même sauce aux Anglais. Un monument de lecture !

01/10/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Au travail
Au travail

Ça faisait longtemps que je n'avais lu un album de chez l'Association, et surtout, quelque chose d'une telle qualité. "Au travail" est en quelque sorte une introspection, une auto-thérapie d'Olivier Josso sur son travail d'auteur de BD. Au travers de son histoire, de son héritage et de ses lectures, il nous livre une partie de son intimité, et cela de façon tout à fait surprenante. Car ayant perdu son père très jeune, il trouve une drôle de thérapie dans ses lectures de BD classiques, alors même qu'il ne sait pas encore lire. Astérix, Lucky Luke sont alors ses compagnons. Mais c'est dans un album de Spirou et Fantasio, peut-être le meilleur, que son rapport avec le 9ème Art va exploser. Et l'évocation, la lecture et l'introspection qu'il nous livre sont absolument incroyables. Un des meilleurs passages de la BD contemporaine selon moi. Le reste de l'album est plutôt intéressant, même si on sent une volonté de boucher des trous avec des dessins d'enfance ou des reproductions de passages célèbres de "Tintin" et Lucky Luke. Difficile de juger de son style donc, d'autant plus que l'ensemble est comme enrobé, encapsulé dans des ratures, un dessin assez perturbé. Le papier orange pourra aussi surprendre, mais Josso justifie assez vite -et plutôt bien cette incongruité. Une vraie curiosité, qui vaut le détour.

30/09/2013 (modifier)