Les derniers avis (9618 avis)

Par fab11
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Reanimator
Reanimator

J'ai enfin réussi à me procurer dans une bourse de bandes dessinées ce one shot qui me faisait envie depuis plusieurs années . Je me suis d'ailleurs empressé de le lire pour mon plus grand plaisir et je vais vous avouer que je ne regrette absolument pas mon achat. Même si j'avais lu la nouvelle originale de H.P Lovecraft intitulée "Herbert West , réanimateur" je ne suis pas ennuyé une seule seconde durant ma lecture . Je n'en ai pas parlé plus tôt mais je vous confirme que j'avais vu et adoré l'adaptation cinématographique réalisée par Stuart Gordon en 1985 connue sous le titre "Re-Animator" , même si celle-ci n'est pas toujours fidèle à la nouvelle, car elle en est librement inspirée. Et oui j'avais beaucoup aimé ce film gore , mais bon j'avais 28 ans de moins, vous pourrez donc me pardonner mes goûts cinématographiques car depuis ils ont légèrement évolué. Je me rappelle encore de la phrase d'accroche apparaissant sur l'affiche lors de sa sortie en salle à l'époque: Il se prend pour Dieu, mais Dieu a horreur de la concurrence. Comment ne voulez-vous pas rire avec ce genre de "tagline" (traduction anglaise de phrase d'accroche)? D'ailleurs je me marre à chaque fois que je revois ce nanar devenu culte pour des allumés dans mon genre. Il faut quand même que je vous rassure en vous annonçant qu'après avoir revu récemment cette série z , je ne peux que lui préférer la nouvelle originale et maintenant cette adaptation en bande dessinée. Ce one shot ,très fidèle à l'œuvre originale, nous narre l'histoire d'un médecin doué mais légèrement fou qui a découvert le moyen de ramener les morts à la vie. Accompagné durant presque toute sa "carrière" par un autre médecin ( le narrateur de cette histoire)qui lui servira d'assistant, il ne cessera jamais de se lancer dans des expériences morbides, glauques et démentielles ce qui l'amènera à sa perte. Ce récit m'a énormément intéressé car il traite bien évidemment de morts-vivants , je devrais plutôt dire zombies pour les aficionados de ce genre de créatures. D'ailleurs il faut rappeler que Lovecraft a écrit cette nouvelle en 1922 et qu'il est donc l'un des premiers auteurs de romans d'horreur à avoir utilisé ces "monstres" qui sont aujourd'hui très à la mode. Le dessin de Florent Calvez m'a beaucoup plu et je trouve que la couleur sépia utilisée dans ce one-shot s'adapte parfaitement à ce récit angoissant et finalement très prenant. Je trouve que son dessin est beaucoup plus agréable que dans ses albums plus récents, je pense en particulier à Sept personnages ce décevant one-shot de la collection Sept. Par contre j'avais déjà beaucoup apprécié le trait de ce dessinateur dans U-29 une autre adaptation d'une nouvelle de H.P Lovecraft intitulée Le Temple . Je conseille donc aux amateurs de Lovecraft de se plonger dans ce très bel album, je ne pense pas qu'ils le regretteront. Ils auront peut-être même envie de revoir Re-Animator, sait-on jamais?

21/11/2013 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Moi René Tardi prisonnier de guerre au stalag IIb
Moi René Tardi prisonnier de guerre au stalag IIb

Un autre témoignage de guerre ! J'en ai déjà lu plusieurs, mais comme c'est de Tardi il fallait que je le lise et de plus s'il a souvent parlé de la première guerre mondiale, je pense que c'est la première fois qu'il parle de la seconde. Cet album montre ce qu’a vécu le père de Tardi durant la guerre. Le gros de l'album se situe dans un camp de prisonnier, mais avant il y a plusieurs pages sur la vie du père avant son engagement dans l'armée et les combats qu'il a faits. C'est très instructif et j'ai approfondi des connaissances qui étaient superficielles. Par exemple, je savais la défaite que l'armée français avait subie et maintenant j'ai un témoignage qui montre à quel point l’armée était désorganisée. J’ai bien aimé voir l’évolution du père de Tardi qui au début croit en l’armée et ensuite se rend compte que ses supérieurs étaient incompétents. J'aime le fait que Tardi se représente jeune et parle à son père. Je trouve cela original et cela apporte un peu d'humour qui n'est jamais lourd. Un album intéressant quoique le rythme est parfois un peu lent.

21/11/2013 (modifier)
Par zébu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Valse avec Bachir
Valse avec Bachir

En 1982 Ari foldman a assisté aux massacres de réfugiés palestiniens dans les camps de Sabra et de Chatila mais il ne s'en souvient pas. Lors d'une conversation avec un ami, il va retrouver une partie de sa mémoire et décide de comprendre pourquoi il a tout occulté. Commence alors une chasse aux souvenirs qui sera l'occasion pour lui de rencontrer bon nombre de ses compatriotes, tous anciens combattants, qui lui livreront chacun une vision différente de leur guerre. Qui n'a jamais entendu parler des tensions récurentes qui animent les pays arabes du Proche Orient avec l'état d'Israël ? Cette bd tirée du film du même nom en est l'un des nombreux exemples. Elle permet de mieux comprendre la situation géo-politique de l'époque mais surtout nous offre une vision de la guerre très personnelle au travers d'expériences souvent traumatisantes des soldats de l'armée de Tsahal. Ce sont pour la plupart des citoyens lambdas, appelés sous les drapeaux pour défendre leur patrie, propulsés au beau milieu d'un conflit qu'ils ne cautionnent et ne comprennent pas toujours. Rien ne les a préparés à affronter les atrocités auxquelles ils vont devoir faire face ; d'ailleurs certains vivront des situations si abominables que leur esprit choisira d'occulter cette partie de la réalité trop lourde à porter. C'est le cas de notre héros qui va produire un film (puis cette bd) afin de pratiquer une sorte de thérapie par l'image et, par la même occasion, informer l'opinion publique tout en réalisant un devoir de mémoire salutaire. De plus, le récit fait preuve d'un tel réalisme et d'une telle intensité (allant crescendo au fil des pages) que l'on ne peut qu'être profondément touché devant une telle débauche de violence autant psychologique que physique. Je conçois aisément que le sujet soit encore plus sensible pour ceux qui possèdent des origines israélites ou musulmanes. Bref, au contraire de certaines bd qui nous livrent une version édulcorée de différents conflits, l'auteur nous donne une vision crue, sans transigeance et intimiste de sa guerre; il en découle une oeuvre poignante et émouvante. A découvrir, tout comme le film dont est tirée cette bd.

19/11/2013 (modifier)
Par montane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Dernier des Mohicans
Le Dernier des Mohicans

En relisant certains commentaires, je me suis aperçu que des lecteurs se demandaient si cet ouvrage était véritablement une Bande Dessinée comme nous avons l'habitude d'en lire depuis toujours, ou alors n'était-ce pas plutôt un livre illustré? A vrai dire peu importe, car pour ceux qui ne le sauraient pas, cette "BD" n'pas été réalisée grâce à des planches dans lesquelles se retrouveraient une succession de dessins avec des phylactères. Il suffit de regarder attentivement les dessins pour s'apercevoir qu'il s'agit en réalité d'une succession de tableaux, plus ou moins grands, qui ont ensuite été juxtaposés pour former "des planches". Et le résultat est assez époustouflant. Alors à l'heure ou des dessinateurs, comme Rosinski, Bilal, Druillet, réalisent aujourd'hui de véritables tableaux qui leur valent d'être exposés dans des galeries comme chez Maghen actuellement à Paris, ou d'autres auteurs comme Rossi ou Follet qui dessinent en couleur directes, la frontière entre le dessinateur traditionnel et le peintre ou l'illustrateur s'estompe progressivement. Et le résultat est saisissant. Un véritable régal pour les yeux que le travail réalisé par CROMWELL pour cette adaptation du "dernier des Mohicans". Quelle virtuosité graphique, quel sens du mouvement! Ses peintures sont à apprécier sans modération, avec à chaque fois un choix limité de couleurs qui réussissent à créer des ambiances très sombres qui correspondent bien à la noirceur et à la violence du récit dans lequel s'affrontent Français et Anglais dans la seconde partie du 18e siècle dans une Amérique en friche et encore sauvage; chaque camp ayant noué des alliances avec les Tribus Indiennes locales Et comme en plus le scénario est de qualité avec des personnages qui parlent souvent en "off", sans phylactère, vous l'aurez compris, ce "livre illustré" est une véritable réussite que vous ne pouvez pas ignorer. Je vous invite donc à vous précipiter chez votre libraire pour le consulter. Il m'étonnerait que vous soyez déçu.

15/11/2013 (modifier)
Couverture de la série Racontars Arctiques
Racontars Arctiques

Bravo aux auteurs ! Bien sûr, ils disposent de scénarii en béton. Les "Racontars arctiques" de Jørn Riel font partie de ces bouquins que l'on dévore, puis que l'on diffuse longtemps tout autour de soi afin de faire profiter tous ses amis du ravissement que leur lecture nous a apporté. Jørn Riel a vécu dans les années 1950 au Groenland parmi les chasseurs de fourrure. Des hommes rudes, qui s'engagent à passer au moins un hivernage sur place, isolés loin de toute civilisation, dans la nuit, le froid et surtout dans une quasi solitude, puisqu'ils ne sont qu'une poignée à occuper des cabanes sommaires très éloignées les unes des autres. De quoi devenir fou… et justement, c'est ce qu'ils font tous un peu, juste pour passer le temps ! Car leur pire ennemi est l'ennui et la routine. Bien que généralement séparés les uns des autres, ces hommes hors-du-monde aiment à se retrouver chez les uns ou les autres. Et, lors des ces rares visites de courtoisie, pour peupler les longues soirées arrosées à l'alcool frelaté, ils parlent. Mais attention, comme le fait remarquer l'un des personnages « parler de ses exploits, c'est peut-être pas mal pour tuer une soirée d'hiver… mais tant qu'à faire, vaut mieux raconter quelque chose que les autres n'ont pas vécu ». Dans cette microsociété, le moindre fait, même insignifiant, qui sort de l’ordinaire mérite d’être monté en épingle et devient un « racontar », c’est-à-dire « une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge ; à moins que ce ne soit l’inverse ». Entre anecdotes réalistes et histoires loufoques, les "Racontars arctiques" de Jørn Riel naviguent dans cet entre-deux qui mêle rêves et réalités. Il fallait du talent pour rendre cet univers si particulier en bande dessinée. Gwen de Bonneval parvient à trancher dans les nouvelles de Riel pour en conserver l’esprit. Alternant scènes d’action presque muettes et longues séquences bavardes, il rend vivants et attachants une galerie de personnages dont on identifie aisément le caractère et les petits travers. Hervé Tanquerelle parvient à rendre l’ambiance de l’arctique, un monde où la lumière est faible, avec des ambiances monochromes. Le choix du noir et blanc rehaussé de lavis est judicieux, et tant pis s’il nous prive du bleu limpide du ciel ou des aurores boréales. Les adaptations d’œuvres romanesques en bande dessinées ne sont pas toujours des chefs-d’œuvre, loin s’en faut… Souvent, on a l’impression que leurs auteurs cherchent à réaliser des albums dont ils espèrent que toutes les bibliothèques scolaires de France feront l’acquisition, ce qui leur assurera un volume de ventes bien supérieur à ce que mériterait leur travail. Mais cette série sort franchement du lot : Bonneval & Tanquerelle réalisent une œuvre intelligente et drôle, qui respecte les nouvelles de Jørn Riel. Ils produisent aussi une vraie bande dessinée, une œuvre originale et aboutie. J’ai adoré ces trois premiers albums, autant que j’avais adoré les recueils de nouvelles qui les ont inspirés, et, croyez-moi, ce n’est pas peu dire ! J’espère que la série se poursuivra longtemps ; il y a encore de beaux racontars à mettre en images.

15/11/2013 (modifier)
Couverture de la série Pachyderme
Pachyderme

Ouaouh ! On entre dans cet album comme on rêve. Et on en sort pareillement, avec plus ou moins d’explications quant aux bribes de souvenirs qui nous sont restées au réveil, lorsqu’on referme l’album. Je découvre en ce moment l’œuvre de Peeters, qui se révèle réellement très intéressante et originale. Et cet album renforce cette bonne impression. On a là un univers à mi chemin entre un imaginaire et quelques illustrations proches de l’underground ou de comics américains genre Burns d’une part, et une construction plutôt classique d’autre part. La rencontre de ces deux aspects créatifs donne une histoire impossible à réellement résumer, dont les méandres sont parfois assez difficiles à suivre, mais dans laquelle je suis entré facilement, pour ne plus la lâcher jusqu’au dénouement. On n’est parfois dans un surréalisme visuel, l’histoire se déroulant au milieu d’images où la surprise le dispute à une dérive poétique : on ne sait pas toujours où Peeters veut en venir, mais on y va, j’allais dire "les yeux fermés ". Comme on rêve je vous avais dit… J’ai aussi bien aimé la colorisation, qui est en parfaite harmonie avec l’imagination ici au pouvoir. Peeters est définitivement un auteur à suivre – ce que je vais m’empresser de faire ! Achat et lecture fortement conseillés donc pour cet album d’une grande originalité.

15/11/2013 (modifier)
Par zébu
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Il était une fois en France
Il était une fois en France

Joseph Joanovici est un jeune immigré juif lorsqu'il débarque en France avec sa femme ; il est pauvre et n'a d'autre talent que celui de savoir reconnaître la pureté des métaux. Il va vite mettre à profit ce don pour se construire un petit empire à force de roublardises et de magouilles. L'histoire aurait pu être des plus banales si elle s'était déroulée à notre époque car une personne de son envergure serait certainement devenue un homme d'affaires respecté et craint ; une sorte de Berlusconi à la française en somme. Mais l'action se déroule avant et surtout pendant la Seconde Guerre Mondiale et en ces temps troublés notre homme va jouer sur tous les tableaux afin, bien évidemment, de survivre mais surtout d’accroître de plus en plus sa fortune personnelle. Nury parvient à retranscrire avec brio et plus ou moins de véracité la vie d'un personnage très controversé à la fois rusé, malin, bienfaiteur et patriote pour les uns, malfaisant et collabo pour les autres. Perso, je dirais qu'il s'agit simplement d'un homme sans scrupule doublé d'un fieffé opportuniste ; le genre de personne qui fascine et que l'on aime(rait) détester. Au niveau narratif, on ne peut que saluer le remarquable talent de l'auteur qui a su broder, autour des actes d'un personnage réel, une histoire à la fois complexe mais fluide extrêmement bien menée du début à la fin mais aussi très intelligemment écrite car on en arrive à prendre fait et cause pour cet anti-héros en adhérant à sa logique tout à fait répréhensible. Ainsi malgré un premier tome légèrement embrumé par de nombreux flash-back et de multiples protagonistes, on tombe vite sous le charme des pérégrinations de ce personnage haut en couleurs à un tel point que cela en frôle même l'addiction. Saluons aussi l'excellent travail de Vallée ; ses dessins qui cadrent parfaitement à l'histoire accompagnés d'une colorisation très harmonieuse donnent un rendu tout simplement parfait. Pour moi l'ensemble ne comporte aucun défaut, fait assez rare pour être souligné, sauf celui de ne pas vraiment savoir ce qui appartient à l'Histoire et ce qui reste de la fiction. Bref, une magnifique série qui oscille entre la biographie et le roman ; très prenante de bout en bout car écrite et dessinée d'une main de maître. Un indispensable du genre à découvrir absolument.

15/11/2013 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?
Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?

J’ai récemment lu et adoré Le Beau Voyage et La Peau de l'ours de Benoît Zidrou, je continue sur ma lancée avec cette nouveauté qui a visiblement séduit les lecteurs en cette fin d’année 2013. On retrouve ici un roman graphique pure souche racontant le quotidien d’une maman s’occupant de son fils handicapé suite à un accident de voiture. Le ton est bien entendu très intimiste. L’auteur réussit à nous raconter une histoire extrêmement touchante (j’ai eu la boule dans la gorge plus d’une fois) sans trop en faire, sans verser dans le larmoyant, et surtout fait preuve d’un optimisme qui fait plaisir à lire (c’était d’ailleurs déjà le cas dans Le Beau Voyage). La maman est parfaitement dépeinte, quel amour, quelle persévérance, mais aussi quelques moments de faiblesses bien naturels. Le dessin et les couleurs de Roger (Jazz Maynard) sont magnifiques et parfaitement adaptés au récit. Un roman graphique qui devrait ravir les fans du genre. Un sans-faute en ce qui me concerne – la note maximale donc.

14/11/2013 (modifier)
Couverture de la série Mercenaires
Mercenaires

Une excellente série fantasy, vraiment pas loin de la note maximale. La trame scénaristique est très classique avec le retour d'une force maléfique que l'on croyait terminée, la (re)constitution d'un groupe de "mercenaires", le périple à travers les contrées et son lot d'imprévus. C'est classique mais très bien réalisé. Les personnages sont intéressants, avec des traits de caractère bien trempés. L'histoire avance à un très bon rythme tout en distillant des informations pour s'attacher aux protagonistes. Les dialogues sont à mon sens le gros point fort de la série, la lecture est très fluide, avec une touche d'humour. Le dessin colle parfaitement à l'ambiance, précis, avec de très belles couleurs. Le tout dans une ambiance samouraï comme le démontre la dernière planche des albums, qui donne envie de lire la suite à chaque fois. Les tomes sont en plus sortis dans un laps de temps assez court, en espérant que cela continue. Gros coup de cœur.

14/11/2013 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Neonomicon
Neonomicon

N’y allons pas par quatre chemins, cela s’adresse à un public averti... Si j’ai déjà connu Alan Moore nettement plus inspiré, je dois dire qu’encore une fois, j’en ai eu pour mon argent. Comprenez que dès que cela est rythmé, que ça se tient et que c’est sensé me bousculer, « dans mon slip ou ailleurs », ça me plaît ! Pas que cela soit vraiment excitant mais plutôt percutant. Nous ne sommes pas dans le porno de Filles perdues, ni même dans la critique sociétale de V pour Vendetta, c’est plus direct et moins complexe tout en gardant cette touche de génie propre à Moore ! Bien qu’étant étranger à l’univers de H.P. Lovecraft, je me suis délecté de ce récit fantastico-policier constamment bercé par une dose d’horreur savamment dosée. C’est hyper prenant, surtout la préface passée qui promet dès le départ un retournement de la situation. À ce sujet, petit conseil : éviter de lire le quatrième plat. Encore une fois, il dévoile ce premier retournement qui, quand il est découvert, induit chez le lecteur une curiosité qui ne sera rassasiée que par la claque qu’il recevra au fil des planches… L’aspect graphique est bien maîtrisé, tant dans le trait que dans la colorisation. C’est d’ailleurs sur ce dernier point que l’album se distingue. L’angoisse et le suspens sont aussi créés par l’ambiance graphique que le dessinateur a su donner à l’histoire. Le tout ne manque pas de cohérence et confère à l’ensemble cette touche de folie bien malsaine… Vous l’aurez compris, je suis une fois de plus satisfait de l’œuvre de Moore. S’il rend hommage à Lovecraft, comme mentionné sur le premier plat, j’ai surtout pu découvrir un récit dérangeant, situé à la croisée de l’horreur, du fantastique et du policier. Ça ne plaira pas à tout le monde mais moi, j’en redemande !

13/11/2013 (modifier)