Les derniers avis (9717 avis)

Par DamBDfan
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pinocchio (Winshluss)
Pinocchio (Winshluss)

Et bien mes cochons, quelle claque, mais quelle claque !! Tout simplement EX-CE-LL-ENT !! Certains verront ce livre comme une hérésie à l’œuvre originale de Disney, moi j’y vois du pur génie. Noir, glauque, malsain, dérangeant, ironique, immoral, pessimiste, désabusé mais aussi terriblement jouissif, poétique et réaliste d’un autre côté. Voilà les mots qui qualifient au mieux ce chef-d’œuvre. Vision cruelle du monde, critique de la société, dureté de la vie, philosophie de comptoir...tout y passe et avec maestria. On est souvent proche de la virtuosité tant au niveau graphique que de la narration quasi muette. Certains passages avec Jiminy Cafard sont à se tordre de rire et je suis parfois resté longtemps à contempler certaines planches et savourer le moindre détail, les couleurs…Quelle talent ce Winshluss ! Un album ainsi, on en lit pas tous les jours. L’année 2014 vient de commencer mais il y a beaucoup de chance pour que cette lecture reste la number one pour toute cette année. Incontournable!

15/02/2014 (modifier)
Couverture de la série Yossel
Yossel

Joe Kubert conclue sa préface autobiographique par cette phrase : « C’est une œuvre de fiction basée sur un cauchemar qui a réellement eu lieu. » Il a hélas raison sur ce dernier point… Fils de parents juifs polonais ayant réussi à émigrer vers les Etats-Unis à la fin des années 1920, Kubert se demande dans l’introduction ce qui se serait passé si sa famille était restée en Pologne. Un peu comme les survivants des camps– à un degré moindre évidemment -, il se demande pourquoi il a échappé, lui, à cette horreur, au contraire de tant d’autres innocents. L’essentiel de l’album retrace la révolte héroïque et sans issue des derniers survivants du ghetto de Varsovie lorsque les Allemands ont décidé de le liquider. La seule parenthèse durant la montée de la tension n’apporte aucun air salvateur, puisque c’est un Juif échappé d’Auschwitz qui révèle l’horreur des camps de la mort à Yossel, le gamin personnage principal du récit. C’est en effet une fiction, mais sur le cauchemar qu’a été la Shoah, c’est sans doute la bande dessinée qui m’a le plus bouleversé. Bien plus que Maus par exemple. Kubert explique pourquoi il a volontairement pris le parti de n’utiliser que des esquisses, des crayonnés, en se privant de couleur. Son choix est justifié, car le résultat est vraiment plus que réussi et, même si ce n’est pas la priorité ici, cela met en valeur son joli coup de crayon. A lire, à méditer. Un coup de cœur pour un haut le cœur…

15/02/2014 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kraa
Kraa

Gloups ! Étonnant cet album… D’un côté je trouve l’histoire, prise de manière isolée, très (très) classique et surtout déjà vue. D’un autre côté, son traitement, sa narration et l’élément fantastique qu’elle propose lui confèrent un aspect épique, voire grandiose. J’ai terminé le premier album en le lisant d’une traite car le sentiment de déjà vu laisse peu à peu la place à la curiosité et au suspens. Bien traité donc car je me suis senti transporté dans ces vallées sauvages et dans cette relation entre un enfant et un aigle. Cet aspect épique, l’album le doit en grande partie à l’aspect graphique qui est tout simplement extraordinaire. La nature est tellement bien rendue, les paysages sont magnifiques et chaque planche est réalisée avec soin. Au final, je reste prudent car je me demande dans quelle mesure le récit va pouvoir m’étonner, auquel cas je relèverais sans nul doute la note de la série. Ou sinon, bien que l’histoire soit banale, son traitement et la réussite graphique valent le détour. Je conseille donc la série et ne suis pas étonné de voir tant d’avis élogieux la concernant ! Et après lecture de la trilogie, agrémentée pour la sortie du dernier tome d'un coffret, j'augmente ma note à 4/5 car elle le mérite amplement. L'histoire est hyper bien rythmée, et suis, au fil des saisons de la vallée, le jeune indien et son frère l'aigle. J'ai au final beaucoup apprécié l'originalité de la narration. Et je le répète, quelle claque visuelle! Sokal nous livre ici un travail titanesque qui mérite des éloges. Je conseille sans hésiter cette lecture et l'achat de cette aventure grandiose!

08/02/2011 (MAJ le 15/02/2014) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série C'est pas du jeu !
C'est pas du jeu !

Le handicap est encore un tabou, et celle ou celui qui le porte est invisible aux yeux d'une grande partie de la société. L'association Kemil et ses amis, fondée par les parents d'un enfant qui souffre d'épilepsie, a souhaité, au travers de cet album, le rendre un peu plus visible, le dédiaboliser sans le banaliser. Il s'agit donc de situations vécues, qui montrent la méconnaissance du handicap par le grand public, la bêtise de certains, mais aussi les problèmes que peut poser une situation de handicap à l'entourage de la personne handicapée. Mais loin de s'apitoyer, de jouer à la victime ou de pointer du doigt les fâcheux, les hsitoriettes montrent toujours un aspect positif, le côté cocasse de certaines situations ou le fait que les personnes handicapées peuvent avoir beaucoup d'humour sur leur état. Le tout en étant informatif sans en rajouter dans les détails médicaux. Une façon idéale de présenter le handicap, à mon sens. Le dessin est assuré par Bast, bon travailleur du style semi-réaliste, qui propose un trait vraiment clair, avec une palette de couleurs simple mais agréable. Du bon boulot. A noter à la fin de l'album, un cahier pédagogique expliquant ce que sont une maladie rare, un handicap, mais aussi les actions de l'association Kemil et ses amis (comme l'aménagement d'aires de jeux spécialisées), ainsi que quelques témoignages de parents d'enfants autistes et de praticiens.

14/02/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Succombe qui doit
Succombe qui doit

BAAMMM !!! 2e coup de cœur que je ramène d'Angoulême cette année ! Le hasard de mes rencontres m'aura mené vers des sentiers un peu torturés (cf. Sin Titulo de Cameron Stewart) peuplés de personnages tous plus imprévisibles et dérangés les uns que les autres, mais quand c'est aussi bien mené et traité que ces deux albums, on va pas se priver pour en profiter et faire tourner ! Pas tous les jours qu'un bourrier chargé comme ça vous passe sous le nez, alors on tire fort dessus - Kofff, koffffff, kof...-, on bloque sa respiration, et c'est parti pour une sacrée montée ! La couverture nous crucifie déjà avec ce poing fermé bandé, serti de magnifiques clous 18 carats acier inoxydables aux articulations ; sur le bandage le titre "Succombe qui doit". On est prévenu... Il ne m'en fallait pas plus pour me motiver, surtout que cela faisait déjà quelques semaines que je voyais cette couverture me passer sous le nez sur les réseaux sociaux... Il m'aura suffit à Angoulême de tomber sur une file d'attente vide le dimanche matin à l'ouverture, pour aller me chercher cet album et taper un brin de causette avec le sieur Rica le temps d'une dédicace. On ouvre l'album et d'emblée, les trois premières planches m'ont complètement scotché ! La claque graphique, ou comment en trois planches visser son lecteur sur un rail qu'il ne lâchera pas avant le terminus. On sait d'emblée qu'on va être gâté et qu'on va manger froid. Rica impose un découpage dynamique et des cadrages recherchés qui vont maintenir la tension narrative de bout en bout. Son coup de patte semi réaliste rehaussé de couleurs tranchant sur le noir de son trait et qui alternent couleurs froides et d'autres plus flashy sur certaines planches, donnent à cet album son cachet si particulier : âpreté et froideur sourdent poisseusement de ce récit concocté par Antoine Ozanam. Car si graphiquement on en prend plein les dents, nos esgourdes ne sont pas en reste. J'ai eu peur à un moment de tomber sur un banal récit de casse foireux. Alors oui, on a bien cette trame comme base du récit, mais heureusement, Antoine Ozanam ne s'en est pas contenté et a su étoffer son récit en donnant à ses personnages principaux une lourde consistance psychologique. Qu'on ne s'étonne pas après que la violence et la mort imprègnent chaque planche quand on commence à connaître le passé de ces personnages... Un récit impitoyable pour des êtres imprévisibles qui le sont tout autant... Ça cogne, ça gueule, ça gicle, ça bute... la liste pourrait être longue. Y'a qu'un truc que vous ne trouverez pas : le pardon.

14/02/2014 (modifier)
Par dadou99
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Prométhée
Prométhée

La meilleure bande dessinée que j'ai pu lire jusqu'à aujourd'hui. Les dessins sont superbes et le scénario est tout simplement génial. Si vous aimez les histoires de complot, d'extraterrestres c'est une série à suivre d'urgence. Christophe Bec vous emmène dans une histoire qui fait référence à la mythologie, au futur et au présent, autour de plusieurs personnages clés. Si comme moi vous aimez la science fiction, le fantastique cette bande dessinée est à acheter les yeux fermés. C'est vraiment la bande dessinée que j'attendais.

12/02/2014 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Temple flottant
Le Temple flottant

Les éditions Mosquito se spécialisent peut-être dans la publication d’auteurs italiens (Micheluzzi, Toppi, Battaglia etc.), mais s’intéressent aussi à d’autres horizons. Zhang Xiaoyu est un auteur Chinois assez populaire dans son pays (il a à son actif plus de 20 albums), dont Mosquito publia déjà un album en 2013 (« La vengeance de Masheng » – encore non listé sur le site au moment où j’écris ces lignes). 2014 débute donc avec la parution du one-shot « Le temple flottant », et paf ! grosse claque graphique. Matez donc les planches dans la galerie. Le découpage est maitrisé, le dessin dynamique au possible (voir scène du saut en cerf-volant), et les couleurs lumineuses. Vraiment un plaisir pour les yeux. L’histoire est un conte oriental, donc on retrouve forcément les poncifs du genre, mais l’intrigue est rondement menée, et la fin satisfaisante. Un des tout meilleurs contes qu’il m’ait été donné de lire ces dernières années. Espérons que Mosquito continue à publier le catalogue de cet auteur ! Un coup de cœur.

12/02/2014 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sin Titulo
Sin Titulo

L’avis de PAco est éloquent, mais j’en remets une couche. Je ne crois pas spécialement au coup de foudre BD, mais cet album me fit de l’œil de son étagère, avec son élégante couverture et son format à l’italienne. Le résumé au dos et le dessin finirent de me convaincre : l’union fut instantanée ! L’intrigue débute comme un polar assez classique, mais dérape rapidement et tombe dans le fantastique-horreur. Les rêves éveillés du protagoniste et la montée en puissance de la violence m’ont happé, et je n’ai pas pu reposer l’album avant d’en lire son dénouement. Alors certes, les réponses fournies ne sont que partielles et pas très cartésiennes, et d’une manière générale je ne conseillerais pas cet album aux amateurs de polars bien carrés où tout s’explique à la fin. PAco parle de Lynch, et là je crois que tout est dit. Mais moi je suis tombé sous le charme, c’est un album que je pense relire, ce qui ne m’arrive pas souvent. Le dessin est certes classique, mais élégant et maitrisé, et la couleur marron ajoute un cachet indéniable ;) Allez, un coup de cœur pour moi aussi !

11/02/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sin Titulo
Sin Titulo

"Sin Titulo", c'est le genre de thriller qui vous accroche d'emblée en vous chopant par le colbac pour vous trainer jusqu'à la fin d'un récit vécu comme une plongée dans un monde hypnotique qu'on ne maîtrise pas, où tout est dans l'ambiance et le ressenti. C'est prenant, flippant, un peu comme un Lynch mal digéré au p'tit dej et qui vous prend aux tripes. Cameron Stewart pause son style, impose son rythme avec une narration maîtrisée des plus efficaces et s'appuie pour ça sur une gaufrier de 8 cases qu'il ne lâche pas de bout en bout. Il vient le loger dans un format à l'italienne que j'affectionne énormément et qui donne son cachet à l'album. Graphiquement il développe un noir et blanc racé, tout en ligne claire où viennent se poser des aplats de noir profond et de sépia pour toute colorisation. Ambiance assurée ! Maintenant que je vous ai posé le cadre, attaquons le fond. Derrière une mise en bouche très réaliste, Cameron Stewart nous lance sur les pas d'Alex Mackay qui apprend le décès de son grand-père au bout d'un mois. A la suite de cette nouvelle des questions commencent à apparaître et le mystère à s'installer pour ne plus nous lâcher. Tout le monde plonge... Le rêve (ou cauchemar ?) semble rattraper la réalité pour aller flirter avec le fantastique... ou pas. Alex s'embourbe ; hypnotisés nous suivons, tout aussi largués que lui alors que tout s'accélère. On s'accroche, on résiste, on veut savoir... Et ? Et la réponse tombe. Ou plutôt une réponse... Je n'en dirais pas plus. Les amateurs d'histoires un peu alambiquées ou torturées y trouveront plus que leur compte. Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié le voyage, et je crois que je vais rapidement attaquer une seconde lecture pour en apprécier toute les subtilités. Hostile Holster a décidément de très bonnes cartouches en magasin ! On est loin des pétards mouillés que certains thrillers montés en épingle à coup de marketing nous offrent malheureusement trop souvent... Un vrai plaisir que cette lecture que je ramène d'Angoulême, en ayant même eu la chance de rencontrer Cameron Stewart le temps d'une dédicace. Je ne peux qu'en recommander chaudement la lecture !

10/02/2014 (modifier)
Couverture de la série Amargo
Amargo

J'ai trouvé cette Bd en occase en excellent état à Angoulême ; j'en avais entendu parler, et je recherche la plupart des Bd de Victor De La Fuente qui est un dessinateur que j'apprécie depuis longtemps, il s'est essayé à plusieurs genres (western, fantasy, guerre, aventure, historique..) en étant l'auteur de nombreuses petites séries éphémères ; il a travaillé aussi pour les petits formats dans les années 70, puis est venu en France, notamment pour rejoindre l'équipe Larousse sur Histoire de France en Bandes Dessinées. Doué d'un grand sens du rythme, De La Fuente reste injustement méconnu des spécialistes. "Amargo" est un très sympathique western avec un scénario qui tient la route, classique dans sa forme, reprenant les ingrédients des solides westerns de l'écran, et illustrant les tracas d'une poignée d'hommes avec des Apaches. Le héros est un solitaire aux velléités humanistes, jadis enlevé par les Apaches, et qui sillonne un Far West sauvage et aride ; le genre de type taciturne que rien n'arrête et qui connaît une vie rude d'aventurier. V. De La Fuente dessine et écrit ce western très méconnu en 1975, qui ne connut hélas que 2 albums juste après avoir travaillé pour Creepy ; il dut sans doute abandonner cette série à regret, mais en 1975, il est engagé par Larousse. On reconnaît le trait typique du dessinateur espagnol des années 70, toujours aussi vigoureux et un peu chargé. Un western de qualité qui mérite la découverte.

10/02/2014 (modifier)