J'ai lu les 2 tomes dans Spirou. A chaque fois, j'ai bien aimé le développement du récit, la façon dont Louca sait se rendre attachant, la justesse des galères (oh, c'est ado-esque.... mais ça sonne juste).
La trame part un peu vers le mystère fantastique, on se demande si, si, si... Et on attend patiemment le tome suivant ;)
Bref, vous passerez sans doute un moment agréable à voir s'agiter ce jeune Louca :)
Impossible de parler de Travis sans faire un parallèle avec Carmen Mc Callum tellement ces séries sont complémentaires et possèdent de grandes similitudes : même scénariste ; même découpage d'histoire en arcs ; l'action se déroule à la même époque (vers 2050) ; on y retrouve parfois les même ennemis ; et enfin les personnages principaux subissent en gros la même évolution ; au début ils oeuvrent principalement sans état d'âme pour une quelconque organisation pour en arriver à mener une vendetta pour leur propre compte.
Bien sûr dans les deux séries ce qui prime avant tout reste l'action pure et dure ; que ce soit dans l'espace, sur terre ou dans un monde virtuel ça va à deux cent à l'heure et on n'a jamais le temps de s'ennuyer.
Quoique dans le cas de Travis les scénarios semblent un poil plus élaborés que ceux de son homologue féminin.
De plus, on sent que l'auteur maitrise parfaitement l'univers de la science fiction et qu'il prend du plaisir à faire évoluer ses personnages dans ce monde si particulier.
Les sujets abordés sont étroitement similaires avec les problèmes actuels de notre société et les terroristes, même s'ils agissent pour le bien de leur propre cause, sont souvent les pantins involontaires de multinationales qui tirent les ficelles dans l'ombre.
Ainsi l'auteur réussi à glisser une critique à peine masquée de ces grands groupes sans scrupules aux agissements plus que discutables.
Contrairement au personnage de Carmen qui peut sembler antipathique et froid, celui de Travis fait bien plus chaleureux car rien que physiquement il dégage une sorte de bonhomie qui le rend bien plus attachant.
De plus il est fort appréciable de voir une nette évolution de certains personnages secondaires qui feront équipe avec le héros et vont prendre une place de plus en plus importante au fil des différentes histoires de la série.
Enfin, je trouve les dessins encore mieux réussis que ceux de Carmen et, quelque part, ils m'ont un peu fait penser à ceux de la série Sillage.
Juste un petit bémol concernant certains albums qui bénéficient d'une colorisation beaucoup trop appuyée à mon goût (tomes 6, 2 et 10).
Bref, une série de science fiction survitaminée très divertissante dont on sent que l'auteur maitrise à merveille le sujet ; dommage que parfois la colorisation laisse à désirer.
Attention, expédition à surveiller de très près !
Partir à la recherche du trésor de Robert Louis Stevenson n'est pas une mince affaire, et il vaut mieux s'appuyer sur un solide équipage pour s'y atteler.
C'est le cas avec le tandem Dorison-Lauffray. Le premier sur la dunette, en navigateur chevronné, semble bien connaître la route. Le second, capitaine de vaisseau déjà bardé de nombreux titres de gloire, est un bosco rassurant pour l'équipage. Un équipage que l'on espère fourni et enthousiaste, un équipage qui devrait rester fidèle à ce gros galion affrété par l'armateur Dargaud pour une destination encore floue, mais qui promet monts et merveilles.
Mais la traversée est semée d'embûches. Il ne faudra pas se décourager au moindre grain, ne pas craindre le mauvais oeil qui accompagne souvent la présence de femmes à bord, même si celles-ci sont précédées par une réputation sulfureuse. Non, il va falloir garder le cap, lutter contre vents et marées, et mener l'expédition à bon port, à Guyanacapac, cité fabuleuse. Laquelle recèle encore bien des surprises...
Les voyageurs sont arrivés au bout de leur périple, mais nul doute que celui-ci fera date dans l'histoire de la navigation.
On peut lire cet album comme l’histoire d’une évasion réussie. De multiples tentatives, par le petit soupirail de l’imagination, via le hasard et un dictionnaire. Puis, la vraie, la bonne, par la grande porte ouverte sur le monde, sur les autres – même si j’ai un temps cru à une autre évasion, définitive, au bout d’une corde…
Malgré les quelques 360 pages, cet album se lit plutôt vite. Car il n’y a quasiment pas de paroles, mais aussi parce que Chabouté – dont c’est la première œuvre que je lis – distille suffisamment d’indices pour nous donner envie d’en savoir plus sur cet homme, isolé sur son phare depuis si longtemps.
Chabouté prend pourtant son temps, ce qui nous permet d’admirer la qualité de son dessin, vraiment chouette, le Noir et Blanc lui allant très bien. Par petites touches, comme un peintre pointilliste, il représente le décor d’une vie, une vie même.
C’est aussi par petites touches que Chabouté « construit » la prise de conscience de son prisonnier, au travers des définitions et des images qu’elles déclenchent : le procédé est intéressant et fonctionne aussi avec le lecteur, qui pénètre dans l'imaginaire du prisonnier par ricochet.
Il est amusant que l’être reclus ait vu ses premières « images du monde » par l’intermédiaire d’une victime plus ou moins consentante d’un imbécile, et surtout d’un ex taulard. Il faut croire que la lumière est plus visible dans la nuit.
Au final, une découverte pour moi, et une lecture recommandée – l’achat itou d’ailleurs.
Un chef d’œuvre !!
Je reste sans voix devant tant de beauté, de maîtrise pour faire passer les émotions,…c’est magnifique, quelle poésie !
L’auteur, grâce à une foule de détails très réalistes et à un texte restreint, arrive à nous plonger par la seule force des images, dans la solitude d’un être difforme isolé dans un phare, au milieu de nulle part. Pour un peu, on aurait presque envie de rencontrer cet ermite tant son vécu est touchant.
L’immersion atteint ici, des sommets. J’ai presque entendu les vents de la mer, le bruit des vagues, le cri des goélands,...Le tout en noir et blanc.
De la très grande BD à posséder et à ranger chaudement auprès des meilleurs Comès.
Merci Mr. Chabouté
C'est sûr, chaque nouvel album de Jean-Pierre Gibrat est en soi un évènement, tant ses dernières productions auront marqué leur époque, mais aussi et surtout relancé de bien belle manière le roman graphique.
"Mattéo" marque donc son arrivée chez Futuropolis, l'éditeur qui tient actuellement le haut du pavé dans ce genre. Pas de surprise, ça ressemble a du Gibrat presque de bout en bout. Seul l'intermède où Mattéo est sur le front est différent, et on sent que Gibrat est moins à l'aise dans l'action, la guerre pure et dure. Il évite d'ailleurs le plus possible les scènes spectaculaires.
Le second album m'a surpris, je ne m'attendais pas à ce que Mattéo voyage et aille en Russie. Ceci dit vu le personnage et ses fréquentations, c'était prévisible. L'occasion pour Gibrat de nous amener ailleurs. Dans le troisième on fait un bond dans le temps, c'est l'été 1936, le Front populaire, les congés payés... l'occasion pour l'action de se reposer un peu, sauf à la fin, et pour Mattéo un retour aux sources qui laissera des traces. Gibrat aurait pu raconter ce qu'il s'est passé dans l'intervalle, mais son récit offre tellement de possibilités qu'il ne se concentre que sur certaines périodes-clé de l'existence de son héros.
Pour le reste c'est vraiment très agréable à suivre, c'est encore une histoire d'amour déçue ou contrariée, même si un peu plus complexe que d'habitude, racontée de bien belle façon, en aquarelles superbes. les quelques femmes du récit sont toujours aussi belles, malgré le passage du temps, et même si par moments Amélie et Juliette se ressemblent beaucoup.
Encore une chouette série de Gibrat. Ma note réelle est de 3,5/5.
Cela fait un moment qu'il trainait dans ma bibliothèque, suite aux conseils de lecture de bdtheque. Enfin lu. Quel vrai beau moment passé ! Une lecture d'une fraicheur et d'une originalité rare. Le noir et blanc est magnifique, le trait danse sur les toits avec son héros.
Le texte est une ode à la passion, la passion que Vilebrequin a pour son métier. Le dessin et la mise en page lui collent parfaitement. On y parle aussi de vocation, de pression sociale, de famille, d'image. On y parle aussi beaucoup plus léger, de technique, de beauté, d'expériences, d'humilité et aussi de musique. Ce Vilebrequin est un artiste, tout comme ces créateurs. A acheter, lire, relire.
Il est toujours délicat de juger une bédé inspirée d’un roman qu’on n’a pas lu. Mais si l’on s’en tient ici à l’aspect visuel, c’est tout bonnement époustouflant. Le trait dentelé de Sorel s’allie parfaitement à ses aquarelles sublimes que l’on admire tels des petits tableaux, avec des effets de lumière sidérants. Et ce quel qu’en soit l’échelle. Si les paysages brésiliens sont grandioses, on est tout autant ému par les délicats reflets d’une coupe de champagne ou de l’eau dans une piscine. Les souvenirs du « monde d’hier », en l’occurrence l’Europe de la culture et des arts avant la barbarie nazie, sont évoqués avec sensibilité, dans une ambiance à la fois crépusculaire et flamboyante.
Je dois dire que je me suis tellement laissé emporter par la magnificence du travail de Sorel que pour moi le scénario passe presque au second plan. D’autant que celui-ci n’est pas vraiment à créer puisqu’il est basé sur des faits réels : la retraite de l’écrivain au Brésil avec sa jeune épouse Lotte, quelques jours avant leur suicide en 1942. Bref, j’ai trouvé que Sorel rend ici un magnifique hommage à Stefan Zweig et qu’il a parfaitement compris l’état d’esprit dans lequel il pouvait se trouver à ce moment-là. C’est vrai, le récit est lent et contemplatif, et risquera de laisser en dehors ceux qui ne connaissent pas cet auteur dont les œuvres furent traversées par un humanisme inquiet et qui ressentit d’autant plus durement la folie destructrice qui s’était emparée de son pays et de l’Europe toute entière.
Certes, le personnage n’est pas très drôle non plus, mais comment pouvait-il l’être dans un tel contexte ? Comment le pouvait-il, lui l’amoureux des arts qui déprimait de voir le monde prêt à succomber au fascisme (et qui ne croyait pas à la victoire des Américains), et souffrait d’entraîner vers un abîme inéluctable sa chère Lotte qui aspirait à la vie malgré son asthme sévère, lui qui disait ne plus pouvoir vivre avec sa « bile noire » que rien ne pouvait chasser ?
Ce que l’on peut dire aussi de cette œuvre, c’est que les auteurs jouent beaucoup sur les contrastes. Tout d’abord celui entre deux mondes opposés, l’Europe en proie au chaos et le Brésil baigné d’une douceur de vivre réconfortante et hors du temps. Puis celui entre Stefan Zweig lui-même, en proie à un abattement inconsolable, lassé d’être devenu un exilé permanent considéré comme juif par les uns et ennemi allemand par les autres, et sa jeune épouse Lotte, portée par un fort désir de vivre et aspirant à l’insouciance, alors même que sa maladie lui rappelle que cela est impossible. Sorel parvient à rendre avec délicatesse tout l’amour et la tendresse qui unirent ces deux êtres jusqu’à leur fin romanesque, et cela aussi est vraiment très émouvant.
Bravo !
Guérineau, connu pour ses stryges, signe ici un album en solo en adaptant un récit de Jean Teulé. Découpage, narration, dialogues, dessins, colorisation … et un seul homme pour tout faire. Chapeau !
La première chose qui frappe, c’est le dessin. L’auteur personnalise son trait en lui donnant une âme, une profondeur qui lui faisait défaut précédemment, et cela, au service d’une histoire sombre et cynique à souhaits. Il adapte les tonalités de ses planches aux passages contés. Il y a une réelle alchimie entre texte et dessins qui ne peut exister que dans la main d’un seul homme. Grâce à ce one shot, je découvre la vie de Charles IX, qui s’est fait tristement connaître par le massacre de la St Barthélémy dans un contexte de guerre des religions (protestants vs catholiques). C’est un réel tour de force que de proposer de suivre la décadence d’un homme important pour son époque sans hachures ni heurts dans les séquences. La lecture reste fluide (comme le sang) et prenante de bout en bout. A noter quelques clins d’œil et un final sur mesure.
La dimension psychologique du personnage, ses tourments, ses doutes, sa folie, ses moments de lucidité sont admirablement rendus. Du beau travail … du grand art ! Et, curieusement, c’est sans ses créatures ailées, que Guérineau prend son envol comme auteur complet (et avec brio !). Une réelle découverte !!
Une œuvre culte, tout simplement.
Comme les autres posteurs, j’ai été envouté par la puissance graphique de Temudjin. On est transporté avec délice dans une Mongolie médiévale et onirique. On suit le parcours initiatique d’un jeune garçon que les dieux destinent au titre de Khan. Mais c’est par le prisme du chamanisme et non de la guerre ou du combat que nous découvrons la quête de Temudjin.
Le scénario n’est pas en reste et Ozanam nous propose un conte très intéressant à la narration forte et à l’ambiance envoutante.
Je me risque à une petite critique : j’aurais aimé un petit peu plus de dynamisme par moment (mais rien de grave).
Temudjin est un très bel album ; une vraie expérience de lecture !
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Louca
J'ai lu les 2 tomes dans Spirou. A chaque fois, j'ai bien aimé le développement du récit, la façon dont Louca sait se rendre attachant, la justesse des galères (oh, c'est ado-esque.... mais ça sonne juste). La trame part un peu vers le mystère fantastique, on se demande si, si, si... Et on attend patiemment le tome suivant ;) Bref, vous passerez sans doute un moment agréable à voir s'agiter ce jeune Louca :)
Travis
Impossible de parler de Travis sans faire un parallèle avec Carmen Mc Callum tellement ces séries sont complémentaires et possèdent de grandes similitudes : même scénariste ; même découpage d'histoire en arcs ; l'action se déroule à la même époque (vers 2050) ; on y retrouve parfois les même ennemis ; et enfin les personnages principaux subissent en gros la même évolution ; au début ils oeuvrent principalement sans état d'âme pour une quelconque organisation pour en arriver à mener une vendetta pour leur propre compte. Bien sûr dans les deux séries ce qui prime avant tout reste l'action pure et dure ; que ce soit dans l'espace, sur terre ou dans un monde virtuel ça va à deux cent à l'heure et on n'a jamais le temps de s'ennuyer. Quoique dans le cas de Travis les scénarios semblent un poil plus élaborés que ceux de son homologue féminin. De plus, on sent que l'auteur maitrise parfaitement l'univers de la science fiction et qu'il prend du plaisir à faire évoluer ses personnages dans ce monde si particulier. Les sujets abordés sont étroitement similaires avec les problèmes actuels de notre société et les terroristes, même s'ils agissent pour le bien de leur propre cause, sont souvent les pantins involontaires de multinationales qui tirent les ficelles dans l'ombre. Ainsi l'auteur réussi à glisser une critique à peine masquée de ces grands groupes sans scrupules aux agissements plus que discutables. Contrairement au personnage de Carmen qui peut sembler antipathique et froid, celui de Travis fait bien plus chaleureux car rien que physiquement il dégage une sorte de bonhomie qui le rend bien plus attachant. De plus il est fort appréciable de voir une nette évolution de certains personnages secondaires qui feront équipe avec le héros et vont prendre une place de plus en plus importante au fil des différentes histoires de la série. Enfin, je trouve les dessins encore mieux réussis que ceux de Carmen et, quelque part, ils m'ont un peu fait penser à ceux de la série Sillage. Juste un petit bémol concernant certains albums qui bénéficient d'une colorisation beaucoup trop appuyée à mon goût (tomes 6, 2 et 10). Bref, une série de science fiction survitaminée très divertissante dont on sent que l'auteur maitrise à merveille le sujet ; dommage que parfois la colorisation laisse à désirer.
Long John Silver
Attention, expédition à surveiller de très près ! Partir à la recherche du trésor de Robert Louis Stevenson n'est pas une mince affaire, et il vaut mieux s'appuyer sur un solide équipage pour s'y atteler. C'est le cas avec le tandem Dorison-Lauffray. Le premier sur la dunette, en navigateur chevronné, semble bien connaître la route. Le second, capitaine de vaisseau déjà bardé de nombreux titres de gloire, est un bosco rassurant pour l'équipage. Un équipage que l'on espère fourni et enthousiaste, un équipage qui devrait rester fidèle à ce gros galion affrété par l'armateur Dargaud pour une destination encore floue, mais qui promet monts et merveilles. Mais la traversée est semée d'embûches. Il ne faudra pas se décourager au moindre grain, ne pas craindre le mauvais oeil qui accompagne souvent la présence de femmes à bord, même si celles-ci sont précédées par une réputation sulfureuse. Non, il va falloir garder le cap, lutter contre vents et marées, et mener l'expédition à bon port, à Guyanacapac, cité fabuleuse. Laquelle recèle encore bien des surprises... Les voyageurs sont arrivés au bout de leur périple, mais nul doute que celui-ci fera date dans l'histoire de la navigation.
Tout seul
On peut lire cet album comme l’histoire d’une évasion réussie. De multiples tentatives, par le petit soupirail de l’imagination, via le hasard et un dictionnaire. Puis, la vraie, la bonne, par la grande porte ouverte sur le monde, sur les autres – même si j’ai un temps cru à une autre évasion, définitive, au bout d’une corde… Malgré les quelques 360 pages, cet album se lit plutôt vite. Car il n’y a quasiment pas de paroles, mais aussi parce que Chabouté – dont c’est la première œuvre que je lis – distille suffisamment d’indices pour nous donner envie d’en savoir plus sur cet homme, isolé sur son phare depuis si longtemps. Chabouté prend pourtant son temps, ce qui nous permet d’admirer la qualité de son dessin, vraiment chouette, le Noir et Blanc lui allant très bien. Par petites touches, comme un peintre pointilliste, il représente le décor d’une vie, une vie même. C’est aussi par petites touches que Chabouté « construit » la prise de conscience de son prisonnier, au travers des définitions et des images qu’elles déclenchent : le procédé est intéressant et fonctionne aussi avec le lecteur, qui pénètre dans l'imaginaire du prisonnier par ricochet. Il est amusant que l’être reclus ait vu ses premières « images du monde » par l’intermédiaire d’une victime plus ou moins consentante d’un imbécile, et surtout d’un ex taulard. Il faut croire que la lumière est plus visible dans la nuit. Au final, une découverte pour moi, et une lecture recommandée – l’achat itou d’ailleurs.
Tout seul
Un chef d’œuvre !! Je reste sans voix devant tant de beauté, de maîtrise pour faire passer les émotions,…c’est magnifique, quelle poésie ! L’auteur, grâce à une foule de détails très réalistes et à un texte restreint, arrive à nous plonger par la seule force des images, dans la solitude d’un être difforme isolé dans un phare, au milieu de nulle part. Pour un peu, on aurait presque envie de rencontrer cet ermite tant son vécu est touchant. L’immersion atteint ici, des sommets. J’ai presque entendu les vents de la mer, le bruit des vagues, le cri des goélands,...Le tout en noir et blanc. De la très grande BD à posséder et à ranger chaudement auprès des meilleurs Comès. Merci Mr. Chabouté
Mattéo
C'est sûr, chaque nouvel album de Jean-Pierre Gibrat est en soi un évènement, tant ses dernières productions auront marqué leur époque, mais aussi et surtout relancé de bien belle manière le roman graphique. "Mattéo" marque donc son arrivée chez Futuropolis, l'éditeur qui tient actuellement le haut du pavé dans ce genre. Pas de surprise, ça ressemble a du Gibrat presque de bout en bout. Seul l'intermède où Mattéo est sur le front est différent, et on sent que Gibrat est moins à l'aise dans l'action, la guerre pure et dure. Il évite d'ailleurs le plus possible les scènes spectaculaires. Le second album m'a surpris, je ne m'attendais pas à ce que Mattéo voyage et aille en Russie. Ceci dit vu le personnage et ses fréquentations, c'était prévisible. L'occasion pour Gibrat de nous amener ailleurs. Dans le troisième on fait un bond dans le temps, c'est l'été 1936, le Front populaire, les congés payés... l'occasion pour l'action de se reposer un peu, sauf à la fin, et pour Mattéo un retour aux sources qui laissera des traces. Gibrat aurait pu raconter ce qu'il s'est passé dans l'intervalle, mais son récit offre tellement de possibilités qu'il ne se concentre que sur certaines périodes-clé de l'existence de son héros. Pour le reste c'est vraiment très agréable à suivre, c'est encore une histoire d'amour déçue ou contrariée, même si un peu plus complexe que d'habitude, racontée de bien belle façon, en aquarelles superbes. les quelques femmes du récit sont toujours aussi belles, malgré le passage du temps, et même si par moments Amélie et Juliette se ressemblent beaucoup. Encore une chouette série de Gibrat. Ma note réelle est de 3,5/5.
Vilebrequin
Cela fait un moment qu'il trainait dans ma bibliothèque, suite aux conseils de lecture de bdtheque. Enfin lu. Quel vrai beau moment passé ! Une lecture d'une fraicheur et d'une originalité rare. Le noir et blanc est magnifique, le trait danse sur les toits avec son héros. Le texte est une ode à la passion, la passion que Vilebrequin a pour son métier. Le dessin et la mise en page lui collent parfaitement. On y parle aussi de vocation, de pression sociale, de famille, d'image. On y parle aussi beaucoup plus léger, de technique, de beauté, d'expériences, d'humilité et aussi de musique. Ce Vilebrequin est un artiste, tout comme ces créateurs. A acheter, lire, relire.
Les Derniers Jours de Stefan Zweig
Il est toujours délicat de juger une bédé inspirée d’un roman qu’on n’a pas lu. Mais si l’on s’en tient ici à l’aspect visuel, c’est tout bonnement époustouflant. Le trait dentelé de Sorel s’allie parfaitement à ses aquarelles sublimes que l’on admire tels des petits tableaux, avec des effets de lumière sidérants. Et ce quel qu’en soit l’échelle. Si les paysages brésiliens sont grandioses, on est tout autant ému par les délicats reflets d’une coupe de champagne ou de l’eau dans une piscine. Les souvenirs du « monde d’hier », en l’occurrence l’Europe de la culture et des arts avant la barbarie nazie, sont évoqués avec sensibilité, dans une ambiance à la fois crépusculaire et flamboyante. Je dois dire que je me suis tellement laissé emporter par la magnificence du travail de Sorel que pour moi le scénario passe presque au second plan. D’autant que celui-ci n’est pas vraiment à créer puisqu’il est basé sur des faits réels : la retraite de l’écrivain au Brésil avec sa jeune épouse Lotte, quelques jours avant leur suicide en 1942. Bref, j’ai trouvé que Sorel rend ici un magnifique hommage à Stefan Zweig et qu’il a parfaitement compris l’état d’esprit dans lequel il pouvait se trouver à ce moment-là. C’est vrai, le récit est lent et contemplatif, et risquera de laisser en dehors ceux qui ne connaissent pas cet auteur dont les œuvres furent traversées par un humanisme inquiet et qui ressentit d’autant plus durement la folie destructrice qui s’était emparée de son pays et de l’Europe toute entière. Certes, le personnage n’est pas très drôle non plus, mais comment pouvait-il l’être dans un tel contexte ? Comment le pouvait-il, lui l’amoureux des arts qui déprimait de voir le monde prêt à succomber au fascisme (et qui ne croyait pas à la victoire des Américains), et souffrait d’entraîner vers un abîme inéluctable sa chère Lotte qui aspirait à la vie malgré son asthme sévère, lui qui disait ne plus pouvoir vivre avec sa « bile noire » que rien ne pouvait chasser ? Ce que l’on peut dire aussi de cette œuvre, c’est que les auteurs jouent beaucoup sur les contrastes. Tout d’abord celui entre deux mondes opposés, l’Europe en proie au chaos et le Brésil baigné d’une douceur de vivre réconfortante et hors du temps. Puis celui entre Stefan Zweig lui-même, en proie à un abattement inconsolable, lassé d’être devenu un exilé permanent considéré comme juif par les uns et ennemi allemand par les autres, et sa jeune épouse Lotte, portée par un fort désir de vivre et aspirant à l’insouciance, alors même que sa maladie lui rappelle que cela est impossible. Sorel parvient à rendre avec délicatesse tout l’amour et la tendresse qui unirent ces deux êtres jusqu’à leur fin romanesque, et cela aussi est vraiment très émouvant.
Charly 9
Bravo ! Guérineau, connu pour ses stryges, signe ici un album en solo en adaptant un récit de Jean Teulé. Découpage, narration, dialogues, dessins, colorisation … et un seul homme pour tout faire. Chapeau ! La première chose qui frappe, c’est le dessin. L’auteur personnalise son trait en lui donnant une âme, une profondeur qui lui faisait défaut précédemment, et cela, au service d’une histoire sombre et cynique à souhaits. Il adapte les tonalités de ses planches aux passages contés. Il y a une réelle alchimie entre texte et dessins qui ne peut exister que dans la main d’un seul homme. Grâce à ce one shot, je découvre la vie de Charles IX, qui s’est fait tristement connaître par le massacre de la St Barthélémy dans un contexte de guerre des religions (protestants vs catholiques). C’est un réel tour de force que de proposer de suivre la décadence d’un homme important pour son époque sans hachures ni heurts dans les séquences. La lecture reste fluide (comme le sang) et prenante de bout en bout. A noter quelques clins d’œil et un final sur mesure. La dimension psychologique du personnage, ses tourments, ses doutes, sa folie, ses moments de lucidité sont admirablement rendus. Du beau travail … du grand art ! Et, curieusement, c’est sans ses créatures ailées, que Guérineau prend son envol comme auteur complet (et avec brio !). Une réelle découverte !! Une œuvre culte, tout simplement.
Temudjin
Comme les autres posteurs, j’ai été envouté par la puissance graphique de Temudjin. On est transporté avec délice dans une Mongolie médiévale et onirique. On suit le parcours initiatique d’un jeune garçon que les dieux destinent au titre de Khan. Mais c’est par le prisme du chamanisme et non de la guerre ou du combat que nous découvrons la quête de Temudjin. Le scénario n’est pas en reste et Ozanam nous propose un conte très intéressant à la narration forte et à l’ambiance envoutante. Je me risque à une petite critique : j’aurais aimé un petit peu plus de dynamisme par moment (mais rien de grave). Temudjin est un très bel album ; une vraie expérience de lecture !