C’est un peu de mauvaise grâce que je me suis essayé à NonNonBâ tant les dessins me rebutaient. Mais au fur et à mesure de la lecture, je me suis laissé entrainer par cette incroyable histoire.
Car NonNonBâ, c’est beaucoup de choses à la fois : récit fantastique peuplé de Yokaï, chronique sociale du Japon des années 30 (nationaliste et militariste), quotidien d’une famille rurale et épisodes autobiographiques de l’auteur.
L’intrigue, derrière la vision enfantine où réel et surnaturel se mêlent et s’emmêlent constamment, est dense et passionnante. On apprend beaucoup de choses sur la famille et la société japonaise de cette époque où tradition et modernité se côtoient (désolé pour le lieu commun mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti).
Les dessins de Mizuki se révèlent, au final, assez agréables, à la fois ronds et expressifs.
A noter, le beau travail d’édition de Cornélius. En effet, afin d’aider à la compréhension des codes et nuances tyquement nippons, l’éditeur propose plusieurs pages de notes claires et intéressantes.
NonNonBâ est une œuvre magnifique que je recommande chaleureusement à tous.
BAM…la nostalgie m’est littéralement tombée dessus lors de la lecture de ce petit bijou que je ne connaissais pas du tout. Difficile d’expliquer mon ressenti mais cette lecture a été un véritable coup de cœur.
Le personnage de Bidouille avec cette bouille si particulière et celui de Violette sont adorables et franchement inoubliables.
C’est bizarre que je n’en ai jamais entendu parler car l’histoire est tout de même assez forte, parfois sombre et à la fois pleine de douceur, de sensibilité et de fraîcheur.
Et puis, les prises de vue, les décors (le banc des amoureux, le toit des maisons,…), et l’ambiance post hippie représentés par Yslaire sont des éléments immersifs qui évoquent chez moi des émotions et souvenirs de jeunesse immense.
J’ai lu l’intégrale d’une traite, impossible pour moi de décrocher avant la fin.
Un hymne à l’amour et au romantisme à découvrir ou redécouvrir. Qu’est-ce que ça fait du bien !
Pour commencer, je n'ai jamais lu L'île au trésor de Stevenson, alors je ne ferai pas de commentaire sur ce sujet. Que ce soit la suite, un hommage etc, c'est pas important pour moi, je vois juste que Long John Silver est une sacrée bonne BD !
Le dessin de Lauffray est splendide ! Certaines planches sont à tomber, les couleurs souvent sombres représentent très bien l'ambiance. A noter que j'ai parfois été un peu perdu sur certaines scènes d'actions, mais rien de dramatique. Graphiquement, ça reste splendide, j'en redemande !
Quant à l'histoire, nous sommes transportés dans une histoire mêlant pirates, trésor, etc. Du classique, mais terriblement efficace et surtout très bien raconté !
Les personnages sont marquants ! Que ce soit Long John ou Vivian etc !
Assurément une BD que je conseillerais à tous. Et si vous êtes adeptes d'histoires de pirates et de trésors, je conseille encore plus !
De Frank Miller je pensais en avoir fini mais je ne m’étais jamais encore remis de ce Hard Boiled dont il m’était impossible de mettre la main sur l’intégralité de cette mini série en 3 épisodes enfin rééditée par Delcourt en une jolie intégrale aux couleurs remastérisées et éditée ma foi de fort jolie manière….
Hard Boiled, c’est un fantasme, déjà juste pour le nom qui évoque autant pour moi ce comics hardcore complètement barré que le chef d’œuvre du film d’action de John Woo traduit plus naïvement en français par « A toute épreuve » mais cela n’a rien à voir finalement avec le bébé monstrueux de Darrow et de Miller.
Car il est inutile de traduire ce qui est intraduisible ou peut-être incompréhensible ici. Ma patience aura duré 15 ans mais le plaisir que j’aurais à relire cet ovni sera peut-être encore plus long ! Je n’avais décidément rien lu de tel jusqu’à présent et me rends compte à quel point cette œuvre tordue et décidément pas formatée pour le plus grand nombre a pu être marquante et remarquée en son temps mais également à notre époque actuelle.
Nixon est un petit employé de la semaine aux méthodes grandement expéditives pour effectuer comme il se doit sa collecte de taxes à grands coups de gunfights et de destructions tentaculaires dans une métropole futuriste déshumanisée. Exploser de pauvres innocents ou faire irruption dans un bordel gigantesque ou dans une grande surface à heure d’affluence ne l’effraye que nenni. Rien ne l’empêchera d’achever ses adversaires comme le boulot quitte à finir sur les rotules ou boulons car Nixon n’est peut-être pas celui qu’il prétend…
Vous prenez le style graphique de Moebius période Incal à mélanger avec des estampes des livres-jeu « Mais où est Charlie ? », un scénario oscillant entre Blade Runner, Matrix (tiens, tiens) et Terminator, vous mélangez le tout avec du Jack Daniels bien dégueu et cela vous donnera peut-être l’aperçu de ce Hard Boiled tel que je l’entrevois en gardant les yeux écarquillés du début à la fin…
Le style de Darrow est à proprement dire HALLUCINANT ! Ce mec doit passer un temps incroyable à dessiner moult détails des plus variés ou plus infimes tout en utilisant la ligne claire de bien belle manière… De ces tableaux de guérilla post moderne en pleine ville où la taule fracasse objets et où les corps subissent les attaques les plus diverses, Darrow dresse un fabuleux jeu de piste où l’on peut s’extasier 10 secondes comme y rester une heure ! L’action est parfaitement découpée et les instants « clés » ou dessinés sont particulièrement bien léchés ! J’ai rarement ressenti un tel vertige à cette course automobile entre deux véhicules sur de longues pages sans dialogue débordant sur des séquences dignes du bullet time de Matrix…
Encore Matrix ? Darrow a participé à la conception artistique de cette fameuse trilogie dont la fameuse séquence sur autoroute a directement été inspirée par Hard Boiled…
On pourrait croire derrière tout ce fatras de vignettes imprimant fortement la rétine qu’il n’y a rien mais la révolte ou la recherche même de l’identité véritable de ce Nixon reformaté moult fois pour l’occasion par la société qui l’exploite et la fin a beau me laisser perplexe, elle est tout à fait dans la continuité du récit..
Ce mélange métallique, cyberpunk où la chair se mélange au métal n’est pas sans rappeler les univers de Tetsuo ou de Videodrome où le slogan « Welcome to the New Flesh » imprégnait notre inconscient comme rarement…
Si ce comics n’est clairement pas à mettre devant tous les yeux pour sa violence et ses scènes d’orgie subliminales, il est clairement à posséder dans toute bonne bibliothèque de goût qu’on apprécie ou pas Miller. Si je ne partage guère les orientations politiques de ce monsieur, je reste persuadé que son œuvre elle mérite des louanges et de surcroit ce Hard Boiled me fait regretter que l’œuvre de Geof Darrow soit si éparpillée….
Un putain de fist fucking en pleine gueule dont je n’ai de cesse d’y repenser depuis ma lecture et rien que pour ça, ça fait du bien ! Si c'est pas ça qu'on appelle une oeuvre culte, alors je ne réponds plus de rien !
C'est juste parfait du début à la fin, l'intrigue est haletante entre qui ou quoi a causé ce virus et l'action.
Mais la véritable force de ce comics réside dans trois points très positifs :
- Le monde créé est juste incroyable entre les amazones, les femmes qui apprennent de plus en plus rapidement à remplacer les hommes, etc…
On voit tout au long de cette épopée l'évolution de ce monde sans hommes et ce qui implique la disparition des hommes pour cette société.
- La relation entre personnages et les personnages secondaires : les personnages secondaires sont très bien développés tout au long du comics (355, Dr Mann, l'autre Beth, Nathalia, même le singe est développé comme un personnage à part entière) et la relation entre ces personnages représente une des plus grosse force de ce récit : je parle ben sûr de la relation entre Yorick et 355 ainsi que Yorick et son singe.
- Mais le personnage de Yorick représente la vraie force du récit, il s'agit en effet de mon personnage préféré tout comics confondus. Le fait qu'il ressemble à un homme ordinaire facilite l'attachement à ce personnage et les comics réussissent à parfaitement le développer jusqu'au moment où il représente un des personnages les mieux développés dans l'univers des comics.
Je conseille donc à tous de jeter un coup d’œil à ce chef d'oeuvre.
20/20
Je vais pas refaire le laïus sur les œuvres d'art, non ? Car oui, les histoires, et les non-histoires qui nous sont narrées par l'art, on y est plus ou moins sensible en fonction de nos goûts, nos expériences, notre passé, etc...
J'ai lu et compris tous les reproches faits à cette BD, notamment dans les avis négatifs émis ci-dessous. Mais ce n'est clairement pas ce que j'ai ressenti lors de ma lecture. Il faut bien préciser que j'aime bien les histoires sentimentales et intimistes, car, lorsqu'elles sont réussies (comme ici), même si on retrouve souvent des schémas similaires, il y a toujours les petits détails inhérents aux protagonistes, qui changent et qui nous les rendent attachants.
La narration est relaxante, très cinématographique de par son découpage, assez contemplative. J'ai aimé l'histoire contée, à la fois simple puisque nous présentant des petits moments de la vie mais complexe dans les sentiments éprouvés par les personnages (comme les histoires amoureuses en général, j'imagine). J'ai trouvé cette tranche de vie enjouée, douce-amère, magnifiée par la simplicité réaliste de ce que les personnages ont vécu, parce que j'imagine que ça m'a rappelé des souvenirs et je n'ai jamais eu l'impression que l'auteur m'imposait un rôle de voyeur. Pour finir il y a le graphisme de Boilet, qui, même si le style très photographique le rend assez figé et donc maladroit, m'a paru joliment esthétique.
Bref, mon dernier coup de cœur du moment : 4.5/5
Un humour noir ravageur, un personnage principal hors du commun, merci à Tacito et Froideval pour cette BD cultissime. J'en viens à regretter qu'il ne s'agisse pas d'une oeuvre made in USA car nous aurions eu une adaptation ciné décoiffante, genre Sin City, avoir Bruce Willis pour interprèter le Père Carmody...
L’Italie de la Renaissance symbolise une époque florissante pour le monde occidental sur tous les plans, aussi bien culturel que politique, scientifique et philosophique. Un temps propice pour imaginer toutes sortes de récits de cape et d’épée et d’intrigues politiques dans ce pays pas encore unifié et où prospèrent des Cités-Etat et autres républiques indépendantes.
C’est dans ce cadre que Jérôme Le Gris choisit de nous conter cette uchronie qu’est Horacio d’Alba, personnage éponyme de la série. L’histoire se déroule au XVIIème siècle dans la république fictive du « Point d’Honneur » situé dans le nord de l’Italie qui sent bon la Toscane. Ah mama mia ! Ces plaines et ces collines verdoyantes à pertes de vue aussi bien dépeintes à la rosée du matin, en plein cagnard ou sous la voûte étoilée sont un pur régal pour les yeux. Nicolas Siner a un véritable don pour nous vendre du rêve.
Le dessin parlons-en, vous aimez Alex Alice ou Timothée Montaigne ? Ne cherchez plus, Nicolas Siner est fait du même bois. Son style semi-réaliste pour dessiner les personnages est d’une maturité étonnante pour une première œuvre, et le détail apporté aux décors force le respect. Honnêtement j’ai passé plusieurs minutes par cases juste pour admirer les statues romaines, les vitraux en arrière plan, les ornements et même les frises sur les murs. Ah ça c’est clair le boulot a été fait et bien grâce à une palette de couleurs diversifiée.
J’en reviens à l’histoire. Cette jeune république du Point d’Honneur a été fondée pour mettre un terme aux guerres intestines et a mis en place un système judiciaire basé sur la loi du Talion qui prend la forme de duels entre les belligérants. Ce système a prospéré et a donné lieu à la création d’écoles de duellistes formés à toutes les disciplines de combats et qui mènent une lutte pour la suprématie de leur école respective. Écoles qui avec les années, ont pris tellement d’importance qu’elles font désormais office de 4ème pouvoir (en référence à Montesquieu et la séparation des pouvoirs).
Cependant, la république et les écoles de duellistes sont menacées car le monde bouge, les idées humanistes progressent et traversent les frontières européennes et si certains voient d’un bon œil ce changement comme le sénateur Rembrandt qui rêve d’une république plus juste, d’autres ont des motifs moins altruistes comme le cardinal rouge prêt à toutes les plus viles bassesses pour devenir pape et envoyer ses armées marcher sur cette république riche et prospère, et s’asseoir sur ses cendres.
Et au milieu de ce micmac il y a Horacio d’Alba au passé tragique, le meilleur de tous les duellistes mais qui reste un soldat loyal trimballé par les évènements et qui ne souhaite pas forcément voir l’ancien monde s’écrouler au contraire de son fils qui a d’autres desseins.
Complots fomentés dans les catacombes, intrigues politiques machiavéliques préparées dans les thermes, duels et batailles épiques, amour, vengeance, une république qui arrive à son crépuscule, une touche d’histoire ; tel est le programme de cette série qui s’annonce comme un must-have.
C’est ce que j’apprécie dans cette série. On sait comment tout cela va finir dans les grandes lignes, mais le charisme des personnages est tel qu’on veut connaître le dénouement de leur propre histoire. Et puis j’aime que le scénario soit très fouillé et pas du tout manichéen. Horacio a beau être le personnage principal, on sait que son combat est perdu d’avance mais il va tout faire pour défendre ses idées. Il n’y a pas de bon ou de mauvais camp. Horacio défend un système qu’il a toujours connu en lequel il croit même s’il est barbare, il y a aussi du bon dans cette république. Alors que son fils souhaite pour diverses raisons mettre fin à cette autarcie, quitte à ce que cela se termine dans un bain de sang.
Le récit prend une tournure presque philosophique pour la raison que l'on suit un groupe de personnages qui lutte dans une quête presque absurde. Car le monde est en marche et ils ne pourront rien y changer mais ils lutteront de toute leur force pour sauvegarder ce en quoi ils croient.
Horacio d’Alba est une série grandiose qui parvient à marier scénario ambitieux et cohérent avec un dessin maîtrisé et aux cadrages hollywoodiens.
Vivement l’ultime album qui sortira chez Glénat suite au rachat du catalogue de 12 Bis.
Tout d'abord il convient d'expliquer les origines de cette série.
A la base il s'agit d'un jeu vidéo retranscrit à l'écran par les studios Key sous la forme d'un anime de deux saisons et dont la plupart de ceux qui l'ont vu affirment, en choeur, qu'il s'agit d'une des meilleures réussite du groupe.
D'ailleur la série a connu un succès retentissant au pays du soleil levant et a fait l'objet de critiques élogieuses de toutes parts.
Tout naturellement, il était donc inévitable qu'un tel hit fasse l'objet d'une adaptation en version papier.
Tout comme l'anime, le manga se décompose en deux parties qui varient en qualité, genre, intensité et, bien sûr, intérêt.
Si le début ressemble fortement à un énième slice of life lycéen des plus classiques, par la suite on s'aperçoit vite que les choses sont un peu plus compliquées qu'elles n'y paraissent puisque l'ensemble prend vite une tournure plus comédie romantique évoluant lentement mais sûrement vers de la tragédie.
En effet, au commencement de la série, le héros s'apparente à un étudiant lambda sans grand intérêt mais il va faire des rencontres qui vont le changer radicalement et le faire évoluer psychologiquement.
Il découvrira notamment la belle, douce et fragile Nagisa dont il se rapprochera inexorablement ainsi que bon nombre d'autres personnages qu'il essayera d'aider de son mieux.
Ces actes charitables sont autant d'occasions pour alterner subtilement les moments drôles et légers avec ceux plus tristes et sérieux.
Le récit est construit d'une telle manière que l'on ne peut que s'attacher à tous ces personnages ce qui s'avèrera, par la suite, destructeur pour le lecteur.
A noter aussi que l'on suit en parallèle l'histoire d'un robot muet qui semble isolé sur une planète inconnue avec une petite fille pour seule amie.
On se demande bien ce que ce duo improbable, aux minis aventures fantastiques, vient faire au milieu d'un récit plus axé sur une ambiance réaliste et terre à terre ; mais cette partie en apparence anodine est indispensable pour comprendre la fin de la série.
Ensuite vient la deuxième partie ; pour moi la meilleure de toute la série.
Après une courte parenthèse, on retrouve notre héros évoluant dans sa vie d'adulte.
Envolée l'insouciance des années lycée, le récit se focalise plus sur le quotidien de notre couple d'amoureux qui songent à former une famille mais vont connaitre des événements tragiques.
L'ambiance légère souvent présente dans la première partie disparaît complètement pour laisser la place à une histoire dramatique beaucoup plus intimiste d'une tristesse dévastatrice et qui ne fait qu'aller crescendo au fil des pages.
Dès lors impossible d'arrêter sa lecture tellement on se sent immergé dans une histoire qui vous prend littéralement aux tripes.
A ce propos je conseille aux plus émotifs de se munir d'une bonne boite de mouchoirs car, submergé par les émotions fortes, il vous sera très difficile de retenir vos larmes pendant les derniers tomes.
Car c'est bien là toute l'ingéniosité de la série, nous embarquer au départ dans un récit en apparence plein d'insouciance, de légèreté et d'une banalité assumée qui n'a d'autre but que de permettre au lecteur de s'identifier et de s'attacher aux personnages ; pour nous asséner, par la suite, quelques coups au coeur bien placés d'une intensité extrême.
Même le dernier tome qui se termine heureusement sur une note d'espoir vous tirera une larme, de bonheur cette fois.
Bref, une série qui vous marquera à coup sûr car elle sait savamment mélanger les genres (amour, amitié, comédie, tragédie) ; mais, surtout, atteint dans sa deuxième partie une incroyable intensité rarement égalée ailleurs.
Ses détracteurs y trouveront sûrement quelque chose de trop classique au début et trop larmoyant ensuite, mais moi je ne dirai qu'une seule chose : c'est beau ; tout simplement.
Evidemment j'en conseille l'achat, mais si vous trouvez le prix trop excessif vous pouvez toujours vous rabattre sur la version animé facile à dénicher gratuitement et tout aussi réussie puisque ce manga en est la reproduction presque à l'identique.
3,5/5 pour la première partie ; 5/5 pour la seconde ; 4,25/5 pour l'ensemble.
Suicide Island évoquera, par la situation de ses personnages, livrés à eux-mêmes sur une île déserte, beaucoup d'autres récits dans la même veine, mais il y a ce petit plus qui fait la différence. Tous les protagonistes étant à la base de suicidaires récidivistes, ils sont tous un peu "dérangés" et une situation de crise de base prend vite une tournure beaucoup plus dramatique.
J'aurais bien donné cinq étoiles à ce seinen si je ne l'avais pas trouvé par moments un peu trop psychologisant. Mais il est tout simplement passionnant. Le dessin est très clair, d'une lisibilité exemplaire malgré de petites raideurs ici et là et l'intérêt du récit ne faiblit jamais, il s'intensifie même au fil des tomes. La publication française s'est ralentie, et pour cause, on rattrape peu à peu le rythme japonais (10 tomes, série en cours). L'attente entre chaque tome va être rude...
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NonNonBâ
C’est un peu de mauvaise grâce que je me suis essayé à NonNonBâ tant les dessins me rebutaient. Mais au fur et à mesure de la lecture, je me suis laissé entrainer par cette incroyable histoire. Car NonNonBâ, c’est beaucoup de choses à la fois : récit fantastique peuplé de Yokaï, chronique sociale du Japon des années 30 (nationaliste et militariste), quotidien d’une famille rurale et épisodes autobiographiques de l’auteur. L’intrigue, derrière la vision enfantine où réel et surnaturel se mêlent et s’emmêlent constamment, est dense et passionnante. On apprend beaucoup de choses sur la famille et la société japonaise de cette époque où tradition et modernité se côtoient (désolé pour le lieu commun mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti). Les dessins de Mizuki se révèlent, au final, assez agréables, à la fois ronds et expressifs. A noter, le beau travail d’édition de Cornélius. En effet, afin d’aider à la compréhension des codes et nuances tyquement nippons, l’éditeur propose plusieurs pages de notes claires et intéressantes. NonNonBâ est une œuvre magnifique que je recommande chaleureusement à tous.
Bidouille et Violette
BAM…la nostalgie m’est littéralement tombée dessus lors de la lecture de ce petit bijou que je ne connaissais pas du tout. Difficile d’expliquer mon ressenti mais cette lecture a été un véritable coup de cœur. Le personnage de Bidouille avec cette bouille si particulière et celui de Violette sont adorables et franchement inoubliables. C’est bizarre que je n’en ai jamais entendu parler car l’histoire est tout de même assez forte, parfois sombre et à la fois pleine de douceur, de sensibilité et de fraîcheur. Et puis, les prises de vue, les décors (le banc des amoureux, le toit des maisons,…), et l’ambiance post hippie représentés par Yslaire sont des éléments immersifs qui évoquent chez moi des émotions et souvenirs de jeunesse immense. J’ai lu l’intégrale d’une traite, impossible pour moi de décrocher avant la fin. Un hymne à l’amour et au romantisme à découvrir ou redécouvrir. Qu’est-ce que ça fait du bien !
Long John Silver
Pour commencer, je n'ai jamais lu L'île au trésor de Stevenson, alors je ne ferai pas de commentaire sur ce sujet. Que ce soit la suite, un hommage etc, c'est pas important pour moi, je vois juste que Long John Silver est une sacrée bonne BD ! Le dessin de Lauffray est splendide ! Certaines planches sont à tomber, les couleurs souvent sombres représentent très bien l'ambiance. A noter que j'ai parfois été un peu perdu sur certaines scènes d'actions, mais rien de dramatique. Graphiquement, ça reste splendide, j'en redemande ! Quant à l'histoire, nous sommes transportés dans une histoire mêlant pirates, trésor, etc. Du classique, mais terriblement efficace et surtout très bien raconté ! Les personnages sont marquants ! Que ce soit Long John ou Vivian etc ! Assurément une BD que je conseillerais à tous. Et si vous êtes adeptes d'histoires de pirates et de trésors, je conseille encore plus !
Hard Boiled
De Frank Miller je pensais en avoir fini mais je ne m’étais jamais encore remis de ce Hard Boiled dont il m’était impossible de mettre la main sur l’intégralité de cette mini série en 3 épisodes enfin rééditée par Delcourt en une jolie intégrale aux couleurs remastérisées et éditée ma foi de fort jolie manière…. Hard Boiled, c’est un fantasme, déjà juste pour le nom qui évoque autant pour moi ce comics hardcore complètement barré que le chef d’œuvre du film d’action de John Woo traduit plus naïvement en français par « A toute épreuve » mais cela n’a rien à voir finalement avec le bébé monstrueux de Darrow et de Miller. Car il est inutile de traduire ce qui est intraduisible ou peut-être incompréhensible ici. Ma patience aura duré 15 ans mais le plaisir que j’aurais à relire cet ovni sera peut-être encore plus long ! Je n’avais décidément rien lu de tel jusqu’à présent et me rends compte à quel point cette œuvre tordue et décidément pas formatée pour le plus grand nombre a pu être marquante et remarquée en son temps mais également à notre époque actuelle. Nixon est un petit employé de la semaine aux méthodes grandement expéditives pour effectuer comme il se doit sa collecte de taxes à grands coups de gunfights et de destructions tentaculaires dans une métropole futuriste déshumanisée. Exploser de pauvres innocents ou faire irruption dans un bordel gigantesque ou dans une grande surface à heure d’affluence ne l’effraye que nenni. Rien ne l’empêchera d’achever ses adversaires comme le boulot quitte à finir sur les rotules ou boulons car Nixon n’est peut-être pas celui qu’il prétend… Vous prenez le style graphique de Moebius période Incal à mélanger avec des estampes des livres-jeu « Mais où est Charlie ? », un scénario oscillant entre Blade Runner, Matrix (tiens, tiens) et Terminator, vous mélangez le tout avec du Jack Daniels bien dégueu et cela vous donnera peut-être l’aperçu de ce Hard Boiled tel que je l’entrevois en gardant les yeux écarquillés du début à la fin… Le style de Darrow est à proprement dire HALLUCINANT ! Ce mec doit passer un temps incroyable à dessiner moult détails des plus variés ou plus infimes tout en utilisant la ligne claire de bien belle manière… De ces tableaux de guérilla post moderne en pleine ville où la taule fracasse objets et où les corps subissent les attaques les plus diverses, Darrow dresse un fabuleux jeu de piste où l’on peut s’extasier 10 secondes comme y rester une heure ! L’action est parfaitement découpée et les instants « clés » ou dessinés sont particulièrement bien léchés ! J’ai rarement ressenti un tel vertige à cette course automobile entre deux véhicules sur de longues pages sans dialogue débordant sur des séquences dignes du bullet time de Matrix… Encore Matrix ? Darrow a participé à la conception artistique de cette fameuse trilogie dont la fameuse séquence sur autoroute a directement été inspirée par Hard Boiled… On pourrait croire derrière tout ce fatras de vignettes imprimant fortement la rétine qu’il n’y a rien mais la révolte ou la recherche même de l’identité véritable de ce Nixon reformaté moult fois pour l’occasion par la société qui l’exploite et la fin a beau me laisser perplexe, elle est tout à fait dans la continuité du récit.. Ce mélange métallique, cyberpunk où la chair se mélange au métal n’est pas sans rappeler les univers de Tetsuo ou de Videodrome où le slogan « Welcome to the New Flesh » imprégnait notre inconscient comme rarement… Si ce comics n’est clairement pas à mettre devant tous les yeux pour sa violence et ses scènes d’orgie subliminales, il est clairement à posséder dans toute bonne bibliothèque de goût qu’on apprécie ou pas Miller. Si je ne partage guère les orientations politiques de ce monsieur, je reste persuadé que son œuvre elle mérite des louanges et de surcroit ce Hard Boiled me fait regretter que l’œuvre de Geof Darrow soit si éparpillée…. Un putain de fist fucking en pleine gueule dont je n’ai de cesse d’y repenser depuis ma lecture et rien que pour ça, ça fait du bien ! Si c'est pas ça qu'on appelle une oeuvre culte, alors je ne réponds plus de rien !
Y Le Dernier Homme
C'est juste parfait du début à la fin, l'intrigue est haletante entre qui ou quoi a causé ce virus et l'action. Mais la véritable force de ce comics réside dans trois points très positifs : - Le monde créé est juste incroyable entre les amazones, les femmes qui apprennent de plus en plus rapidement à remplacer les hommes, etc… On voit tout au long de cette épopée l'évolution de ce monde sans hommes et ce qui implique la disparition des hommes pour cette société. - La relation entre personnages et les personnages secondaires : les personnages secondaires sont très bien développés tout au long du comics (355, Dr Mann, l'autre Beth, Nathalia, même le singe est développé comme un personnage à part entière) et la relation entre ces personnages représente une des plus grosse force de ce récit : je parle ben sûr de la relation entre Yorick et 355 ainsi que Yorick et son singe. - Mais le personnage de Yorick représente la vraie force du récit, il s'agit en effet de mon personnage préféré tout comics confondus. Le fait qu'il ressemble à un homme ordinaire facilite l'attachement à ce personnage et les comics réussissent à parfaitement le développer jusqu'au moment où il représente un des personnages les mieux développés dans l'univers des comics. Je conseille donc à tous de jeter un coup d’œil à ce chef d'oeuvre. 20/20
L'Epinard de Yukiko
Je vais pas refaire le laïus sur les œuvres d'art, non ? Car oui, les histoires, et les non-histoires qui nous sont narrées par l'art, on y est plus ou moins sensible en fonction de nos goûts, nos expériences, notre passé, etc... J'ai lu et compris tous les reproches faits à cette BD, notamment dans les avis négatifs émis ci-dessous. Mais ce n'est clairement pas ce que j'ai ressenti lors de ma lecture. Il faut bien préciser que j'aime bien les histoires sentimentales et intimistes, car, lorsqu'elles sont réussies (comme ici), même si on retrouve souvent des schémas similaires, il y a toujours les petits détails inhérents aux protagonistes, qui changent et qui nous les rendent attachants. La narration est relaxante, très cinématographique de par son découpage, assez contemplative. J'ai aimé l'histoire contée, à la fois simple puisque nous présentant des petits moments de la vie mais complexe dans les sentiments éprouvés par les personnages (comme les histoires amoureuses en général, j'imagine). J'ai trouvé cette tranche de vie enjouée, douce-amère, magnifiée par la simplicité réaliste de ce que les personnages ont vécu, parce que j'imagine que ça m'a rappelé des souvenirs et je n'ai jamais eu l'impression que l'auteur m'imposait un rôle de voyeur. Pour finir il y a le graphisme de Boilet, qui, même si le style très photographique le rend assez figé et donc maladroit, m'a paru joliment esthétique. Bref, mon dernier coup de cœur du moment : 4.5/5
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Un humour noir ravageur, un personnage principal hors du commun, merci à Tacito et Froideval pour cette BD cultissime. J'en viens à regretter qu'il ne s'agisse pas d'une oeuvre made in USA car nous aurions eu une adaptation ciné décoiffante, genre Sin City, avoir Bruce Willis pour interprèter le Père Carmody...
Horacio d'Alba
L’Italie de la Renaissance symbolise une époque florissante pour le monde occidental sur tous les plans, aussi bien culturel que politique, scientifique et philosophique. Un temps propice pour imaginer toutes sortes de récits de cape et d’épée et d’intrigues politiques dans ce pays pas encore unifié et où prospèrent des Cités-Etat et autres républiques indépendantes. C’est dans ce cadre que Jérôme Le Gris choisit de nous conter cette uchronie qu’est Horacio d’Alba, personnage éponyme de la série. L’histoire se déroule au XVIIème siècle dans la république fictive du « Point d’Honneur » situé dans le nord de l’Italie qui sent bon la Toscane. Ah mama mia ! Ces plaines et ces collines verdoyantes à pertes de vue aussi bien dépeintes à la rosée du matin, en plein cagnard ou sous la voûte étoilée sont un pur régal pour les yeux. Nicolas Siner a un véritable don pour nous vendre du rêve. Le dessin parlons-en, vous aimez Alex Alice ou Timothée Montaigne ? Ne cherchez plus, Nicolas Siner est fait du même bois. Son style semi-réaliste pour dessiner les personnages est d’une maturité étonnante pour une première œuvre, et le détail apporté aux décors force le respect. Honnêtement j’ai passé plusieurs minutes par cases juste pour admirer les statues romaines, les vitraux en arrière plan, les ornements et même les frises sur les murs. Ah ça c’est clair le boulot a été fait et bien grâce à une palette de couleurs diversifiée. J’en reviens à l’histoire. Cette jeune république du Point d’Honneur a été fondée pour mettre un terme aux guerres intestines et a mis en place un système judiciaire basé sur la loi du Talion qui prend la forme de duels entre les belligérants. Ce système a prospéré et a donné lieu à la création d’écoles de duellistes formés à toutes les disciplines de combats et qui mènent une lutte pour la suprématie de leur école respective. Écoles qui avec les années, ont pris tellement d’importance qu’elles font désormais office de 4ème pouvoir (en référence à Montesquieu et la séparation des pouvoirs). Cependant, la république et les écoles de duellistes sont menacées car le monde bouge, les idées humanistes progressent et traversent les frontières européennes et si certains voient d’un bon œil ce changement comme le sénateur Rembrandt qui rêve d’une république plus juste, d’autres ont des motifs moins altruistes comme le cardinal rouge prêt à toutes les plus viles bassesses pour devenir pape et envoyer ses armées marcher sur cette république riche et prospère, et s’asseoir sur ses cendres. Et au milieu de ce micmac il y a Horacio d’Alba au passé tragique, le meilleur de tous les duellistes mais qui reste un soldat loyal trimballé par les évènements et qui ne souhaite pas forcément voir l’ancien monde s’écrouler au contraire de son fils qui a d’autres desseins. Complots fomentés dans les catacombes, intrigues politiques machiavéliques préparées dans les thermes, duels et batailles épiques, amour, vengeance, une république qui arrive à son crépuscule, une touche d’histoire ; tel est le programme de cette série qui s’annonce comme un must-have. C’est ce que j’apprécie dans cette série. On sait comment tout cela va finir dans les grandes lignes, mais le charisme des personnages est tel qu’on veut connaître le dénouement de leur propre histoire. Et puis j’aime que le scénario soit très fouillé et pas du tout manichéen. Horacio a beau être le personnage principal, on sait que son combat est perdu d’avance mais il va tout faire pour défendre ses idées. Il n’y a pas de bon ou de mauvais camp. Horacio défend un système qu’il a toujours connu en lequel il croit même s’il est barbare, il y a aussi du bon dans cette république. Alors que son fils souhaite pour diverses raisons mettre fin à cette autarcie, quitte à ce que cela se termine dans un bain de sang. Le récit prend une tournure presque philosophique pour la raison que l'on suit un groupe de personnages qui lutte dans une quête presque absurde. Car le monde est en marche et ils ne pourront rien y changer mais ils lutteront de toute leur force pour sauvegarder ce en quoi ils croient. Horacio d’Alba est une série grandiose qui parvient à marier scénario ambitieux et cohérent avec un dessin maîtrisé et aux cadrages hollywoodiens. Vivement l’ultime album qui sortira chez Glénat suite au rachat du catalogue de 12 Bis.
Clannad
Tout d'abord il convient d'expliquer les origines de cette série. A la base il s'agit d'un jeu vidéo retranscrit à l'écran par les studios Key sous la forme d'un anime de deux saisons et dont la plupart de ceux qui l'ont vu affirment, en choeur, qu'il s'agit d'une des meilleures réussite du groupe. D'ailleur la série a connu un succès retentissant au pays du soleil levant et a fait l'objet de critiques élogieuses de toutes parts. Tout naturellement, il était donc inévitable qu'un tel hit fasse l'objet d'une adaptation en version papier. Tout comme l'anime, le manga se décompose en deux parties qui varient en qualité, genre, intensité et, bien sûr, intérêt. Si le début ressemble fortement à un énième slice of life lycéen des plus classiques, par la suite on s'aperçoit vite que les choses sont un peu plus compliquées qu'elles n'y paraissent puisque l'ensemble prend vite une tournure plus comédie romantique évoluant lentement mais sûrement vers de la tragédie. En effet, au commencement de la série, le héros s'apparente à un étudiant lambda sans grand intérêt mais il va faire des rencontres qui vont le changer radicalement et le faire évoluer psychologiquement. Il découvrira notamment la belle, douce et fragile Nagisa dont il se rapprochera inexorablement ainsi que bon nombre d'autres personnages qu'il essayera d'aider de son mieux. Ces actes charitables sont autant d'occasions pour alterner subtilement les moments drôles et légers avec ceux plus tristes et sérieux. Le récit est construit d'une telle manière que l'on ne peut que s'attacher à tous ces personnages ce qui s'avèrera, par la suite, destructeur pour le lecteur. A noter aussi que l'on suit en parallèle l'histoire d'un robot muet qui semble isolé sur une planète inconnue avec une petite fille pour seule amie. On se demande bien ce que ce duo improbable, aux minis aventures fantastiques, vient faire au milieu d'un récit plus axé sur une ambiance réaliste et terre à terre ; mais cette partie en apparence anodine est indispensable pour comprendre la fin de la série. Ensuite vient la deuxième partie ; pour moi la meilleure de toute la série. Après une courte parenthèse, on retrouve notre héros évoluant dans sa vie d'adulte. Envolée l'insouciance des années lycée, le récit se focalise plus sur le quotidien de notre couple d'amoureux qui songent à former une famille mais vont connaitre des événements tragiques. L'ambiance légère souvent présente dans la première partie disparaît complètement pour laisser la place à une histoire dramatique beaucoup plus intimiste d'une tristesse dévastatrice et qui ne fait qu'aller crescendo au fil des pages. Dès lors impossible d'arrêter sa lecture tellement on se sent immergé dans une histoire qui vous prend littéralement aux tripes. A ce propos je conseille aux plus émotifs de se munir d'une bonne boite de mouchoirs car, submergé par les émotions fortes, il vous sera très difficile de retenir vos larmes pendant les derniers tomes. Car c'est bien là toute l'ingéniosité de la série, nous embarquer au départ dans un récit en apparence plein d'insouciance, de légèreté et d'une banalité assumée qui n'a d'autre but que de permettre au lecteur de s'identifier et de s'attacher aux personnages ; pour nous asséner, par la suite, quelques coups au coeur bien placés d'une intensité extrême. Même le dernier tome qui se termine heureusement sur une note d'espoir vous tirera une larme, de bonheur cette fois. Bref, une série qui vous marquera à coup sûr car elle sait savamment mélanger les genres (amour, amitié, comédie, tragédie) ; mais, surtout, atteint dans sa deuxième partie une incroyable intensité rarement égalée ailleurs. Ses détracteurs y trouveront sûrement quelque chose de trop classique au début et trop larmoyant ensuite, mais moi je ne dirai qu'une seule chose : c'est beau ; tout simplement. Evidemment j'en conseille l'achat, mais si vous trouvez le prix trop excessif vous pouvez toujours vous rabattre sur la version animé facile à dénicher gratuitement et tout aussi réussie puisque ce manga en est la reproduction presque à l'identique. 3,5/5 pour la première partie ; 5/5 pour la seconde ; 4,25/5 pour l'ensemble.
Suicide Island
Suicide Island évoquera, par la situation de ses personnages, livrés à eux-mêmes sur une île déserte, beaucoup d'autres récits dans la même veine, mais il y a ce petit plus qui fait la différence. Tous les protagonistes étant à la base de suicidaires récidivistes, ils sont tous un peu "dérangés" et une situation de crise de base prend vite une tournure beaucoup plus dramatique. J'aurais bien donné cinq étoiles à ce seinen si je ne l'avais pas trouvé par moments un peu trop psychologisant. Mais il est tout simplement passionnant. Le dessin est très clair, d'une lisibilité exemplaire malgré de petites raideurs ici et là et l'intérêt du récit ne faiblit jamais, il s'intensifie même au fil des tomes. La publication française s'est ralentie, et pour cause, on rattrape peu à peu le rythme japonais (10 tomes, série en cours). L'attente entre chaque tome va être rude...