Les derniers avis (9616 avis)

Par samsa
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Trillium
Trillium

Ici, Jeff Lemire, auteur canadien de Essex County s'attaque à un autre genre, la science-fiction. Je n'ai pas lu Sweet Tooth du même auteur, mais je peux affirmer que ce livre est une réussite. Associer le thème de l'exploration spatio-temporelle au mythe des "amants maudits" n'est peut être pas forcément nouveau mais l'idée reste néanmoins intéressante et la narration est véritablement originale. Aussi bien roman graphique qu'expérience visuelle avec une présentation inversée par moments, mais qui transpose remarquablement bien l'atmosphère dégagée par l'histoire. Je me suis immergée dans les pages, en retournant le livre parfois, selon les besoins de l'histoire. La narration est exigeante mais permet de garder une impression tenace après la lecture du fait du temps passé à la déchiffrer. Conte ésotérique à la sauce space opéra, la rencontre improbable de deux êtres que tout sépare est ici prenante. Le voyage dans le temps s'associe au trou noir et aux mondes parallèles ou inversés. [spoiler] Bien que compliqué et dénué d'explications techniques, j'ai quand même un petit coup de cœur pour ce roman graphique. Le dessin est dans le pure style Jeff Lemire, donc pas toujours facile à aborder mais dégageant cette atmosphère à la Jeff Lemire, si vous voyez ce que je veux dire..... La civilisation extraterrestre est peu développée mais la langue des Athabitian est expliquée par un alphabet, je me mettrais à la traduction des textes en langue originale dès que j'aurai un peu de temps..... Au titre des regrets, j'aurais aimé en savoir plus sur cette étrange civilisation et ce qui pousse les humains à fuir toujours plus avant, mais ces aspects ne sont pas développés (et ne sont pas non plus l'intérêt de l'histoire pour être honnête, nous sommes épargnés d'une explication probablement peu originale...) Et puis bien sûr, j'aime autant la conclusion poétique qu'elle me frustre mais soyons clair, c'est tout simplement parce que j'aurai aimé continuer à suivre les aventures de ces deux âmes perdues plus que par véritable dépit. En fin de compte, voilà un très beau conte moderne à la sauce science fiction. Quant à ma note, et bien elle s'explique du fait que la lecture est exigeante, globalement dépourvue d'action et comporte une grande part de poésie et de métaphysique, tout le monde n'apprécieras pas donc. Ce dont je suis sûre c'est que cette histoire restera un moment dans mon esprit et que j'ai eu un pincement de cœur en refermant le livre.

10/12/2014 (modifier)
Par BDenis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bonecreek
Bonecreek

(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) J'ai définitivement adoré cette BD ! Bonecreek est la raison d'être de notre amour pour le 9e art. On ingurgite des pages et des pages de bandes dessinées, avec parfois, si ce n'est souvent, du vraiment pas terrible, dans l'espoir de retomber à nouveau sur la petite perle qui nous poussera à continuer à pratiquer la littérature illustrée. Et l'on tombe sur Bonecreek. Et l'on se dit "voilà, c'est pour revivre ce type de lecture que je m'immerge dans la bande dessinée". Et l'on repart pour un tour, à la recherche de la nouvelle pépite. Il est des histoires, des dessins, qui vous captent dès les premières vignettes. Votre corps se met à vibrer à la même fréquence que celle imposée par les auteurs la première page ouverte. Vous savez que vous allez prendre votre pied et vous savourez d'avance. Bonecreek m'a immédiatement fait cet effet là. Bonecreek, c'est le bled où se situe l'action. 1/ Dans quel monde est-on ? 2/ Qu'est-ce que ce Qâ, dont l'enquête de ses deux agents nous est contée ? 3/ C'est quoi, cette embrouille à Bonecreek ? Vous devinez que l'intrigue est à plusieurs niveaux et vous vous demandez si vous allez bien tout comprendre, si le scénario ne va pas devenir trop confus et Otéro et Bat débordés par leur création. Ne vous en faites pas : laissez-vous guider par cet exceptionnel duo d'auteurs, il maîtrise complètement son sujet. Les deux (que je ne connais nullement) sont de vrais professionnels, ils mettent en place tous les éléments de l'aventure au moment propice pour une jouissive compréhension de l'ensemble. 1- ça ressemble quand même à du western, mais c'est quoi tous ces détails qui nous disent le contraire : on est dans du post-apo ? Dans une autre dimension, une autre réalité, un autre monde ? 2- ce Qâ dont on nous parle dès les premiers phylactères, c'est un organisme, une entité, un concept ? 3- bon, y'a les flingues, les costumes d'époque, ça défouraille et se bagarre facilement, comme dans un western, tout ça on connait : mais il y a quand même des personnages étranges, non ? Avec une intrigue qui n'est peut-être pas aussi évidente qu'elle veut le paraître ! Les personnages sont hauts en couleur. La voix off est un bijou de mise en place de l'atmosphère, l'exemple ultime de ce que devrait être une voix off (mais bon sang, pourquoi l'avoir écrite en si petit dans le premier tome, franchement ?). Les dialogues sont l'exacte démonstration qu'il n'est point besoin d'en écrire des tartines pour planter une ambiance, pour dire les choses de manière claire et percutante. Le découpage du story-board est millimétré, les scènes sont dignes du grand film qui se déroule dans nos têtes, le scénario pétille d'intelligence. De tous les éloges ci-dessus cités un dialogue, une voix off ou un dessin venant à propos nous font nous exclamer "bon sang, c'était donc ça !" et évitent l'écueil de l'histoire embrouillée ou mal révélée. Le problème, c'est que je vous mentirais si je vous disais que nous avons les réponses à toutes nos questions. Et pour cause : un troisième album est annoncé dans le deuxième mais n'est pas encore sorti. On peut même s'interroger sur sa réalité, vu le temps qui passe et les éditeurs qui se succèdent : jamais bon signe, tout ça. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas ressenti la totale frustration que procure une série abandonnée en plein vol, juste une légère car des révélations sont tout de même faites sous forme de flash back en fin de tome 2, qui nous éclairent bien sur pas mal de points et nous donnent surtout l'envie de continuer l'aventure. Donc, de grâce, Monsieur BatOtéro, trouve-nous un éditeur qui nous permette de poursuivre l'extrême plaisir de lire cette BD. Le 4* s'impose à mes yeux, mais cette fin occultée (pour le moment, et sans que ce soit rédhibitoire pour moi) voudrait que le 3* paraisse plus juste : que nenni, je mets 14 / 20, ce qui vous autorisera à faire basculer les étoiles dans le sens de vos estimations et d'après les éléments que je vous ai fournis ainsi que ceux des autres avis, et me permettra à moi de conserver le 4* que je trouve amplement mérité, vu le plaisir procuré.

08/12/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Frankenstein - Le monstre est vivant
Frankenstein - Le monstre est vivant

Bernie Wrightson donc, alors que dire? Magnifique! vraiment magnifique, ce gars a tout simplement de l'or dans ses doigts. Cet album en noir et blanc lui offre une nouvelle fois la possibilité de donner libre cours à son talent dans un style où il excelle, un style dans lequel on peut dire qu'il fait partie des maitres. Au début de cette histoire nous retrouvons la créature créée par le Baron Victor Frankenstein dans un cirque du genre de Barnum and Bailey. C'est tout l'univers du film de Tod Browning "Freaks", la parade des monstres, que Wrightson nous dépeint. Au delà d'une galerie de monstres le dessinateur nous montre en quelques cases hallucinantes, la joie de vivre mais aussi la profonde solitude de personnages fracassés par la vie, des difformes, l'homme grenouille, le garçon crapaud. Au scénario Steve Niles, auteur de Big foot, 28 jours plus tard, etc..., il offre ici une suite intelligente au Frankenstein originel. La créature souffre, consciente de sa condition, elle sait que le monde dans lequel l'a propulsé son créateur n'est pas fait pour elle, mais même la mort ne veut pas d'elle. C'est donc à un enfer sur la terre qu'elle est condamnée. Dans cette vie non choisie, il existe quelques moments de répit et grâce à un médecin qui l'a recueilli, le monstre découvre le savoir, la connaissance. Mais l'on sait d'avance que cet état ne peut durer, le monstre attire le malheur, en tout cas d'autres monstruosités. Les nombreuse scènes qui se déroulent dans la maison du docteur, sorte d'immense cabinet de curiosité, donne l'occasion à Wrightson de nous donner des doubles pages proprement hallucinantes, vertigineuses. Observez les détails, les perspectives et surtout le travail sur les ombres! Alors oui le dessin est une oeuvre d'art à part entière, mais comme je le disais il y a aussi un scénario malin qui pose quelques questions sur la condition humaine, mais surtout l'Autre. L'autre différent, celui qui nous dérange. Ici le propos est poussé à son paroxysme, mais le message est là, emballé dans les codes propres a ce type d'histoire, mais tout de même évident et rudement efficace. Si vous croisez la route de cet album il ne faut surtout pas hésiter, Wrightson est un très grand artiste finalement assez rare par chez nous, il a ici un scénariste à la hauteur de son talent. Grande oeuvre dont j'attends la suite avec impatience.

06/12/2014 (modifier)
Couverture de la série Ténèbres
Ténèbres

Dès le début, on est plongé dans un univers visuel encore très inspiré par le Seigneur des Anneaux (on y retrouve des répliques de Minas Tirith et de la Porte Noire, sans oublier les statues géantes qui rappellent celles des rois d'Argonath). Visuellement, c'est magnifique, le dessinateur se complait à multiplier grandes cases en hauteur, pleines pages ou double-pages au relief vigoureux, sa mise en page participe à la dynamique de cette série, son dessin est sublime sur les reptiles et les créatures, ainsi que sur les visages. Ce combiné des styles de Swolfs et d'Aouamri donne une force indéniable à cette fantasy fascinante aux décors grandioses. Les couvertures d'albums sont également très belles. Les seuls défauts viennent d'un scénario un peu faible et un peu trop usé ; de plus, les personnages n'ont pas de charisme, or dans ce genre de série très codifiée, le lecteur a impérativement besoin de se rattacher à un personnage-clé (que serait le Seigneur des Anneaux sans Aragorn ?). Bec doit se reprendre pour le final de cette série qu'il serait dommage de saborder, s'il n'y a pas quelque chose de plus solide derrière la beauté graphique. On se demande quand même comment la race humaine parviendra à vaincre ou repousser les créatures tant celles-ci sont puissantes, le combat semble perdu d'avance, mais qui sait ? on peut voir un espoir comme dans le film Starship Troopers de Paul Verhoeven, où les humains en ont chié pour combattre les Arachnides (et avec des armes modernes). Le tome 4 change radicalement : c'est toujours aussi beau graphiquement, le décorum est éblouissant, les visages de femmes sont superbes, les architectures grandioses, notamment la forteresse du roi Ti-Harnog, mais le charisme des personnages qui manquait tant au début, semble apparaître enfin avec la figure du roi Ti-Harnog, ainsi que Ioen au physique de beau gosse et qui manie une arme étrange ; sa rivalité latente avec Arzamas, autre figure intéressante de la saga, risque d'exploser dans le dernier tome. Il y a donc un peu plus de place pour les relations humaines, il y a un peu moins de créatures, tout en gardant un bon rythme, cet épisode décrivant un exode semé d'embûches. Je me réserve pour le tome 5 dont l'issue sera décisive, dans un genre pourtant extrêmement rebattu. Une série hynoptique dont j'attends beaucoup pour le final. Serai-je déçu ? sincèrement, j'espère pas, je ne vise pas les 5 étoiles, mais si je pouvais conserver 4/5, j'en serais ravi.

23/06/2014 (MAJ le 05/12/2014) (modifier)
Par Pedrolito
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Voyage des Pères - L'Exode selon Yona
Le Voyage des Pères - L'Exode selon Yona

Dans la même lignée que Le Voyage des Pères où Jonas, le père de Pierre et André, essayait de ramener ses fils sur le "droit" chemin et les faire sortir de l'influence de Jésus de Nazareth, cet exode de Yona nous plonge dans l'univers biblique. Figurez vous que l'on retrouve un lointain aïeul de Jonas, prénommé Yona, mener paisiblement sa barque en Égypte au temps de Moïse. La relation entre Égyptiens et Hébreux est au cœur de l'intrigue, et va rapidement embarquer Yona dans tout un tas d'aventures aussi désopilantes que celles de son lointain descendant! Ici encore les dessins de Ratte servent magnifiquement l'histoire, les expressions des visages sont criantes de talent, les couleurs sublimes. Quant au scénario, on rit beaucoup pendant les deux premiers tomes, le troisième est un peu en retrait et le quatrième m'a personnellement déçu... Je trouve la fin un peu précipitée... C'est un peu comme chez Stendhal, où l'on peut se dire que l'auteur en a assez de ses personnages au bout d'un certain temps, et qu'il les fait mourir coup sur coup à quelques pages d'intervalle (lisez La Chartreuse de Parme), David Ratte a précipité la sortie de son héros, allant un peu trop vite à mon goût vers la conclusion. En résumé, encore un très bon travail de Ratte, mais la fin aurait pu (du) être traitée avec plus de soin.

02/12/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Batman - Dark Detective
Batman - Dark Detective

Cet album c'est du Batman à son meilleur ! Il contient plusieurs histoires signées Steve Englehart qui a marqué l'histoire de Batman. Cela commence avec une histoire qu'il a écrite en 1972 et qui met en scène de vulgaires criminels. Je préfère lorsque Batman affronte des super-criminels, mais ici c'est bien fait et cela peut être vu comme un prologue de ce qui va venir. Le scénario est déjà dynamique, la narration n'est pas lourde du tout et Englehart a déjà cerné la psychologie de Batman. En prime, le dessin est superbe. Puis, viennent les 8 épisodes qu'Englehart a écrits dans les années 1977-1978 et qui font partie des meilleures histoires de Batman selon plusieurs fans. En seulement 8 épisodes, ce génial scénariste crée une révolution avec cette saga qui introduit le personnage de Rupert Thorne, un de mes méchants préférés dans le dessin animé des années 90 ainsi que le Docteur Phosphorus, moins intéressant, mais tout de même un bon adversaire. On retrouve aussi quelques vilains connus comme le Joker dont j'avais déjà lu l'histoire et franchement cela ne me dérange pas de lire cette histoire à nouveau tellement c'est bon ! Parmi les personnages, il y a aussi Silver St Cloud qui est un personnage féminin très réussi. À la fois belle et intelligente. J'aimerais la voir plus souvent. Les scénarii sont vraiment prenants et c'est le genre de Batman sérieux que j'aime. Le scénariste crée plusieurs intrigues parallèles franchement réussies. J'aime aussi comment Englehart semble connaitre parfaitement l'oeuvre de Batman, faisant même revenir un méchant qui n'était paru qu'une fois en 1950 ! Le dessin de Walt Simonson et ensuite de Marshall Rogers est superbe. La seule chose que je n'aime pas c'est que les histoires se terminent un peu brutalement. J'aurais aimé qu'il y ait plus de pages que 17 par numéro. Ensuite, on tombe dans une période plus moderne. Il y a tout d'abord une petite histoire sympathique et ensuite une mini-série en 6 épisodes (qui donne son titre à l'album) où Englehart et Rogers se retrouvent pour raconter une nouvelle histoire de Batman. C'est toujours aussi bon quoique un peu inférieur aux épisodes des années 70. C'est l'occasion de retrouver St Cloud ainsi que le Joker avec d'autres personnages comme Double Face. Le seul défaut est que la fin du dernier épisode est un peu rapide. Peut-être aurait-il fallu un septième épisode pour conclure en beauté ? Un album de Batman que tout le monde doit posséder. J'espère ensuite que cet éditeur va sortir le travail du duo Neal Adams-Denny O'Neil, le passage de Gerry Consway dans les années 80 (et qui est un peu la suite des épisodes d'Englehart), et le travail d' Alan Grant. Du peu que j'ai lu de ces périodes, je suis sûr d'adorer !

02/12/2014 (modifier)
Couverture de la série Paf & Hencule
Paf & Hencule

Dans une belle adaptation d'un excellent roman de G. Darien, "Le voleur", Belmondo, qui joue le rôle titre du voleur affirme, en matière d'auto-justification: " Je fais un sale métier. Mais j'ai une excuse, je le fais salement !". C'est un peu cette phrase qui me permet d'expliquer pourquoi je mets 4 étoiles à ce petit album plein de défauts, avec un dessin plutôt laid. C'est que justement, pour les horreurs sorties ici le plus froidement du monde, non seulement cela ne gêne pas, mais je trouve plutôt que cela enlève toute espèce d'excuse, de mauvaise interprétation... Ici, on est d'emblée dans une série de strips très trash, qui prennent un malin plaisir à révulser tout lecteur ayant gardé souvenir de limites à ne pas franchir dans l'expression: plus une valeur est haut placée, plus elle sera piétinée, et le racisme, l'intolérance, pour ne pas parler de l'impolitesse sont incarnés par les deux héros dont on se demande quand on aura le temps de les juger, tant la surenchère d'humour noir nous empêche de "faire le point". C'est souvent très con, mais c'est souvent très drôle. Pas toujours, bien sûr. D'abord parce que l'overdose guette. Aussi parce que les gags sont inégaux. Enfin, l'histoire plus longue en fin d'album ne m'a pas trop accroché. De trop pour moi, trop longue, moins drôle, peut-être parce que l’œuvre de démolition du bon goût entreprise par Paf et Hencule (on peut au moins dire qu'ils ne cachent pas leur jeu à l'acheteur/lecteur !) n'est assimilable que par petites touches, fussent-elles sismiques. A noter que certains gags ne sont QUE de l'humour noir, sans être totalement trash (celui du drive-in au Macdo est pas mal !). Bref, je sur-note peut-être, mais j'ai beaucoup ri, et le mauvais goût est ici tellement assumé jusqu'au bout, sans aucun alibi, fut-il esthétique, que je suis prêt à faire un effort pour les encourager ! ****************************************************************************** Bon, ben voilà, la suite de "Paf et Hencule" est enfin parue, après avoir été retardée par je ne sais quels soucis. Le deuxième tome de cette série culturelle confirme qu'elle restera très clivante (on l'aime ou on la déteste, mais les sans opinions seront rares). Si je ne change pas ma note d'origine, je trouve que cet album est un peu en deçà du premier. Je l'ai trouvé un peu moins trash. C'est peut-être aussi que l'effet de surprise ne joue plus, je ne sais pas. Mais bon, je vous rassure, Paf et Hencule ne sont pas devenus moines, ils sont toujours extrêmement racistes, misogynes, s'attaquent aux enfants et aux animaux. Peut-être moins trash, mais la barre était placée haut, donc ça reste quand même pour amateur du genre. C'est donc toujours trash, con, absurde, et souvent drôle (là aussi un chouia moins que le précédent opus) ! Pas de longue histoire cette fois-ci pour contre balancer les strips de trois cases, mais des dessins pleine page (dont une parodie de Pif Gadget). Le dessin est encore hideux, mais on s'en fout ici (c'est même sûrement volontaire pour être raccord avec les propos). Jamais deux sans trois j'espère !

03/11/2012 (MAJ le 02/12/2014) (modifier)
Par SkAmby
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Fille maudite du capitaine pirate
La Fille maudite du capitaine pirate

Que dire à part que passer à côté de ce petit bijou serait vraiment dommage. L'édition est belle, on sent qu'on a dans les mains autre chose qu'on ouvrage qui sent le plastoc, ça sent plutôt le vieux fût de chêne, la rouille et la poudre. C'est une sacrée prouesse artistique. Il faut savoir que Bastian a passé parfois une semaine entière pour une planche, et quelles planches !!! C'est du travail d'orfèvre, une multitude de détails vous oblige en quelque sorte à contempler cet ouvrage, on ne passe pas d'une page à l'autre rapidement ou alors c'est se gâcher le plaisir. Faut prendre le temps, entrer dans cet atmosphère particulier que Bastian a su créer. L'humour décalé est omniprésent, les dessins jouent le jeu à fond. Tout semble prétexte à s'écarter des sentiers battus. Des personnages complètement loufoques mais inquiétants, ça fait sourire, mais le fond de l'histoire reste une affaire sérieuse. Le tout est bien enrubanné par des dialogues croquignolets avec un mélange de vieux français... Amoureux des belles planches, foncez ! Amoureux des beaux mots, foncez ! Bref si vous aimez la BD, foncez !! (Pour les cinéphiles, j'ai trouvé un côté Pirates de Polansky 1986. Effet "madeleine de proust".) Il y a aussi une ambiance Baron de Münchhausen de Terry gilliam, complétement bargot ! De mon point de vue, un des meilleurs albums 2014.

01/12/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Zoo
Zoo

Franchement magnifique. Quel dessin! Pour de la maitrise c'est de la maitrise. Les animaux sont fabuleux, le décor se prête idéalement à de grandes lignes de fuites, le reste est du même tonneau, qu'il s'agisse de la couleur ou du cadrage. Après effectivement on pourrait reprocher un petit poil de lenteur dans le déroulé de l'histoire mais c'est juste pour pinailler. Je ferais donc court pour redire que nous avons là une magnifique trilogie, jamais ennuyante et visuellement superbe. Quand c'est du tout bon, point n'est besoin de s'appesantir.

29/11/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Incroyable Histoire de Benoît-Olivier
L'Incroyable Histoire de Benoît-Olivier

Très sympathique cette série jeunesse venue de chez nos cousins les caribous... Au départ je pensais qu'il s'agissait d'une série jeunesse comme on en voit tant, avec des gags d'une page, des vannes récurrentes, et... en fait, non. Benoît-Olivier a 13 ans, est secrètement amoureux de sa meilleure amie, et aimerait avoir un chien pour son anniversaire. Mais bien sûr, il va avoir... autre chose, ce qui va l'embarquer dans de drôles d'histoires. En fait tout le tome est une seule aventure, ou du moins un seul récit, qui se pose avec un certain réalisme, même si les situations décrites sont parfois très drôles. mention spéciale à la scène où un gamin, pour s'essuyer le visage aspergé d'urine de mouffette, utilise de la neige où une autre personne a préalablement vomi... Cela reste toutefois dans les limites du crédible, et j'avoue m'être bien marré en lisant certaines situations. Et puis il ne faut pas oublier cette savoureuse langue québécoise, avec ses expressions fleuries qui sont traduites, ou plutôt expliquées en fin d'album, un vrai plus, même si après Magasin général on commence à en comprendre certaines. Alcante s'est adjoint les services graphiques de Steven Dupré, artiste polymorphe de la franco-belge, qui fait de l'excellent boulot sur Midgard et Kaamelott. Bref, une chouette BD jeunesse, à recommander aux pré-ados :)

28/11/2014 (modifier)