Les derniers avis (9708 avis)

Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Django Main de feu
Django Main de feu

Django Reinhardt, voilà un nom bien connu et que l'on associe aussitôt au Jazz Manouche. Mais même si j'en avais lu une fausse biographie romancée par Sfar dans Jeangot, je dois avouer que je n'avais en réalité jamais écouté sa musique. C'est donc avec elle dans les oreilles que j'ai parcouru cette BD pour m'en imprégner en même temps que je découvrais l'homme. Django Main de feu est une biographie partielle. On ne va pas suivre toute la vie du bonhomme mais seulement la période qui s'est écoulée entre ses deux naissances. Mais quelle deuxième naissance ? Eh bien, c'est dans cette BD que j'ai appris de quoi il retournait et je dois avouer comprendre pourquoi on peut parler de seconde naissance et en quoi elle est forte en émotions. Le dessin de Ricard Efa est excellent ! C'est un dessin en couleur directe, de belles planches chaudes et pleines de vie et personnalité, où le soin est apporté tant à l'expressivité des personnages qu'au soucis du détail et des décors. Rien que pour son aspect visuel, cette BD est un coup de coeur et donne envie de se plonger dedans. L'histoire est aussi racontée avec une grande maîtrise. Le lecteur est plongé dans l'ambiance des tziganes du début du 20e siècle, en Belgique pour l'introduction et la première naissance, puis dans la banlieue parisienne pour les débuts de la musique de Django. Ce dernier est présenté sans concession. C'est avant tout un sale gamin, un gars turbulent, détestant l'idée même de l'école et préférant fuir et se rebeller pour aller écouter de la musique en cachette, emmenant avec lui son petit frère qui le suit docilement. On le ressent égoïste, complètement centré sur lui-même mais aussi et surtout sur la musique dont il fait une pure obsession. Et c'est cette obsession et cette force de volonté qui va le pousser à travailler son art inlassablement pour le perfectionner, faisant preuve d'un véritable génie artistique, surtout pour son jeune âge. Autant dire que quand il va trouver le succès, son narcissisme et son excès d'assurance ne vont pas s'arranger. Jusqu'à un drame qui va tout changer... ou presque... Malgré ce côté monomaniaque et imbu de lui-même, les auteurs réussissent à le rendre malgré tout assez attachant. Et on s'attache aussi facilement à Naguine sa véritable amoureuse, à son petit frère Joseph malgré son côté un peu trop soumis, mais aussi à toute le petite communauté manouche au sein de laquelle ils vivent, comme une grande famille pleine de vie et de tendresse. Au-delà de l'épreuve du drame, on assiste aussi au renouveau du héros, à force de volonté, jusqu'à ce moment qui sera sa seconde naissance et que j'ai trouvé beau et bien amené. Vraiment un très bel ouvrage biographique qui rend un superbe hommage à ce guitariste de jazz de génie !

02/02/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Senso
Senso

Cette histoire m’a beaucoup touché, voire boulversé sur la fin. Les thématiques sont multiples... il s’agit bien entendu avant tout d’une rencontre amoureuse entre deux personnages un peu perdus, de ce moment merveilleux et tellement bref où les âmes fusionnes et les cœurs s’emballent. Mais il y a aussi ce parc gigantesque et magnifiquement mis en image, véritable personnage à part entière, qui infuse cette histoire d’un onirisme et d’une poésie qui font chaud au cœur. Il est question, enfin, de paternité plus ou moins réussie, des doutes et des regrets engendrés. L’exposition de sa fille représentant des photos de moments de sa vie, et la réalisation pour Germano qu’il n’y apparaît presque pas, a failli me faire lâcher une larme (ou deux). Une chouette promenade nocturne, aux thèmes très humains, et remplie de poésie. Un coup de cœur.

02/02/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série No direction
No direction

J’avais repéré cet album avant qu’il n’obtienne son Fauve Polar Angoulême 2020, notamment grâce à sa superbe couverture. L’histoire « road movie américain » est d’un classicisme assumé, et raconte les déboires d’une brochette de personnages miséreux : un couple de jeunes tueurs en série, des maris violents, des femmes tentant de survivre dans toute cette folie, un prêtre ayant un penchant pour les jeunes filles... et une detective du FBI sur la piste des dits tueurs en série. La narration passe d’un personnage à un autre, sans aucun lien apparent dans un premier temps, mais tout ce beau monde converge petit à petit, pour un grand final qui ne décevra pas. La narration est maîtrisée même si il faut rester bien concentré pendant la lecture, sous peine de décrocher. La mise est image est superbe et renforce la noirceur du récit, même si j’ai par moment eu un peu de mal à discerner certains visages, ce qui n’aide pas à la compréhension. Les lieux typiques de ce genre d’histoire (les motels miteux, les stations service isolées, les bourgades poussiéreuses et leurs « diners » etc.) sont superbement représentés. Un polar noir, très noir, et rondement mené... une chouette découverte, et un Fauve selon moi mérité !

02/02/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Thoreau - La vie sublime
Thoreau - La vie sublime

Quel album superbe, je commence vraiment à devenir fan du travail de Maximilien Le Roy, qui signe ici une biographie parfaite. Le sujet peut sembler sérieux, on associe souvent la philosophie aux réflexions pompeuses et abstraites... il s’agit pourtant ici d’humanisme, tout simplement. Thoreau pose une question légitime : un citoyen du monde doit il supporter un gouvernement dont les lois lui semblent immorales (ici, l’esclavage)... et surtout, comment y remédier ? Militantisme ? Révolution ? A noter une chouette intro de Maximilien, et une interview de Michel Granger en fin d’album (illustrée de superbes photos), qui apportent une profondeur supplémentaire au récit. La narration est aisée et fluide, grâce aux nombreux passages contemplatifs qui devraient ravir les amoureux de nature. Les dialogues philosophiques sont concis, écrits clairement, simplement. La mise en image est absolument sublime. Le message de Thoreau est très moderne, et sonne tellement juste en 2020. Je me retrouve incapable de faire le moindre reproche à cet album... note maximale, donc.

01/02/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Traversée (Paurd)
La Traversée (Paurd)

Cet album me rappelle un peu les œuvres de Enfin Libre, dans le ton mais aussi la représentation graphique. On suit la marche en avant de deux soldats cherchant le champ de bataille... leurs péripéties sont amusantes au possible. Les dialogues sont remarquablement écrits, et les deux personnages ainsi que les situations loufoques et rocambolesques me rappellent un peu les enquêtes du duo de policiers dans la Nef des fous. Il y a aussi toute une réflexion sur la guerre, le ton s’assombrit carrément sur la fin. La mise en page est originale (mais un poil difficile à suivre par moments), avec un sens de lecture suivant les méandres du paysage. J’ai beaucoup souri voire rigolé à la lecture de cet album... une chouette découverte.

01/02/2020 (modifier)
Par Jean P
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Waterloo 1911
Waterloo 1911

Je rends le dernier tome de la série à la médiathèque encore frémissant. Énorme serait le qualificatif pour ce voyage à travers le temps et l'histoire. Personnellement, le scénario, les textes, le graphisme -parfois tenant du chef d'oeuvre à mon sens- m'ont tenu en haleine, surpris, pris à contre-pied, depuis cette trame de polar old school franchouillard jusqu'à l'épopée métaphysique et philosophique plongeant dans les profondeurs des concepts du temps, d'espace de réalité(s) cosmologique, sans oublier des notes d'humour. C'est fort, trash, osé. Assumé jusqu'au bout. Bravo !

29/01/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Dieu vagabond
Le Dieu vagabond

Avec "Le Dieu vagabond" Fabrizio Dori nous propose de suivre la quête d'Eustis, satyre banni de l'Olympe pour avoir courtisé une nymphe. Sdf de son état, nous le retrouvons en périphérie de Milan aujourd'hui où cette espèce de dandy des temps moderne, survit grâce aux divinations qu'il procure en échange d'une bonne bouteille. En tant qu'adepte de Pan et de sa cours, on ne se refait pas ! Mais s'il se contente de peu, notre ami Eustis compte bien retrouver sa cour olympienne et va nous entrainer au fil des pages dans une aventure avec un compère inattendu afin de relever le défi qui lui est proposé par Hécate pour lever la malédiction qui pèse sur lui. Sans rien renier de la mythologie grecque et en lui restant fidèle, Fabrizio Dori réussi le pari un peu fou d'y mêler avec énormément de talent des influences graphiques du XIXe et XXe siècle pour le plus grand plaisir de nos yeux. Surtout que tout cela n'est pas gratuit mais composé intelligemment autour d'un scénario un brin loufoque (voire drôle) mais à la narration impeccable. Alors laissez vous porter par cet ovni aux qualités graphiques majestueuses et aux références mythologiques et artistiques astucieusement agencées !

28/01/2020 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dracula (Bess)
Dracula (Bess)

Bram Stoker est probablement l'un des auteurs dont l'oeuvre principale aura subi le plus grand nombre d'adaptations sur tous les médias existants. À l'instar de Mary Shelley et de sa créature de Frankenstein, Dracula aura subi nombre de mutations comme tout personnage mythique et légendaire tombé bien souvent dans le collectif populaire. C'est ainsi que Georges Bess assez familier du genre avec Le Vampire de Bénarès décide à son tour de s'approprier la fameuse créature. S'il est décidé de respecter le matériau d'origine assez fidèlement, l'auteur va tenter de sublimer le récit classique par sa mise en scène et son talent graphique. Et le résultat est plutôt époustouflant... Loin de calquer sur l'école franco-belge classique, on dénote une folle imagination au point de ne jamais se douter de quelle manière seront agencées les pages suivantes... Bien plus proche de l'école comics US des Tales from the crypt ou autres Eerie et d'auteurs comme Bernie Wrightson ou Richard Corben, Georges Bess pose une ambiance gothique aussi macabre que sensuelle par des cadrages, des ambiances incroyables emplies de détail et sublimés par un noir et blanc hypnotique. Découpés en trois gros chapitres, chaque partie développe une ambiance qui lui est unique. Qu'il s'agisse de la visite du château de Dracula où le jeune clerc de notaire traverse un immense labyrinthe hanté et lugubre dans des encrages profonds, d'un Londres victorien et de ses paysages champêtres désincarnés (Aaah la résurrection de Lucy va marquer vos esprits) ou de la traque du comte rappelant les plus belles poursuites de western avec un décor blanc écrasant..... La surprise visuelle est donc totale et contribue grandement à rendre inédit un récit que tout le monde connait sur le bout des doigts. Les personnages sont habilement représentés mais la grande star reste le comte Dracula lui-même. Présent sous de multiples formes ou menaçant même hors champ, il n'est plus la forme romantique détournée de Francis Ford Coppola mais bien l'incarnation du mal.. Une goule tour à tour séduisante, menaçante ou effrayante dont l'aspect Nosferatu est grandement magnifié par le seul talent de Georges Bess. Amateurs de noir et blanc comme de récits horrifiques, ne passez pas à côté de cette pépite unique en son genre et à ranger non loin du merveilleux Dracula d'Hyppolyte.

26/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Yoko Tsuno
Yoko Tsuno

Yoko Tsuno est, et restera probablement la bande dessinée la plus importante dans ma vie. Je ne sais pas si j’aurais eu un tel amour pour la bande dessinée si je n’avais pas, enfant, ouvert un de ses albums. Yoko Tsuno, c’est ma madeleine de Proust ; chaque album que j’ouvre fait remonter en moi tous les sentiments qu’ils m’inspiraient à l’époque. Je ne suis absolument pas objective quand il s’agit de cette série, mais pour autant je pense pouvoir affirmer qu’elle a de réelles qualités. En tant que femme, je ne peux qu’apprécier que Roger Leloup ait donné vie à un tel personnage féminin : Yoko est intelligente, maîtrise des technologies et sports en tout genre, elle est jolie mais n’est pas l’archétype de l’héroïne hyper sexualisée. Elle est sûrement trop parfaite, ce qui peut rebuter les lecteurs qui la découvrent adultes, mais ce qui a sans doute contribué à ce que je l’adore étant enfant. Au-delà de ça, Yoko Tsuno ce sont des histoires très bien dessinées, dans des décors documentés d’un incroyable réalisme (je pourrais me perdre des heures dans les planches des albums se déroulant outre-Rhin, ou dans le château de La Proie et l’ombre), des aventures spatiales passionnantes, et surtout des histoires toujours très humaines. J’aime beaucoup également ses voyages dans le temps, même si j’ai l’impression qu’elles ne sont pas toujours très cohérentes. Alors on pourra reprocher à Roger Leloup de vouloir mettre trop de choses dans chaque album, rendant certaines histoires difficilement compréhensibles (en toute honnêteté je n’y comprenais pas grand-chose étant enfant…), mais l’avantage c’est qu’on peut relire plusieurs fois chaque histoire pour y découvrir de nouveaux détails. Il faut aussi avouer que la qualité des albums a tendance à diminuer, les derniers albums étant encore plus incompréhensibles, les personnages entourant Yoko devenant trop nombreux, et le dessin révélant de plus en plus d’imperfections. Voilà, je pourrais parler pendant des heures de Yoko Tsuno, mais ce ne serait pas bien raisonnable sous peine de faire une crise aigüe de nostalgie. Alors je n’ajouterai qu’une chose : merci, merci monsieur Leloup d’avoir donné vie à cette héroïne, vous n’avez pas idée des rêves que vous avez fait germer dans ma tête d’éternelle petite fille, et des émotions à jamais gravées en moi.

25/01/2020 (modifier)
Couverture de la série La Colère de Fantômas
La Colère de Fantômas

Su-bli-me. Je rejoins totalement l'avis précédent de Sloane, sur tous les points. Le graphisme est un mélange d'influences mais terriblement efficace et se fond parfaitement à l'ambiance du scénariste. L'histoire est haletante, oui haletante, jusqu'à la toute fin du troisième tome. Je rapprocherai cette bd de L'Eté Diabolik d'une certaine manière mais dans un tout autre registre. Franchement génial. EDIT : 2 ans après ce commentaire, je remonte ma note à "culte". Oui oui. EDIT : 3 ans après ce commentaire, j'ajoute "coup de coeur". Oui, oui et re oui !

28/02/2016 (MAJ le 25/01/2020) (modifier)