Les derniers avis (9708 avis)

Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Grande évasion - Biribi
La Grande évasion - Biribi

Biribi ! Ce nom fait froid dans le dos. Ce sont les compagnies de discipline et d’établissements pénitentiaires qui étaient stationnés en Afrique du Nord, alors colonie française, et destinés à recevoir les militaires réfractaires ou indisciplinés de l’armée française. Dans ces bagnes, les soldats effectuaient des travaux de force soumis à un régime très dur. Sylvain Ricard, le scénariste s’est documenté pour rendre cette première "grande évasion" authentique. L’histoire se déroule au Maroc à Dar Bel Hamrit. Notre héros, Ange Lucciani condamné pour insubordination, effronterie, refus d’obéissance et tentative d’évasion - quel palmarès ! – découvre sa « nouvelle maison » et ses « colocataires ». Il n’a qu’une envie. S’enfuir loin de ce cloaque où la torture, les brimades physiques et les humiliations sont le quotidien des prisonniers. L’univers des condamnés est terrifiant. Le tatouage, théoriquement interdit, est un affront pour les gardiens. Vaincu, mais non dompté ! Malgré les traitements cruels infligés à Ange Lucciani, celui-ci est coriace et endure les brimades. Une histoire exaltante soulignée par le graphisme d’Olivier Thomas au point que j'ai fait l’acquisition d’une planche originale il y a quelques années. Je recommande vivement cet album. Biribi a perduré jusqu’à la décolonisation, même si son déclin est entamé dès les années 1930. Un pan de notre histoire pas très joli.

23/04/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Alain Brisant - S.O.S. Bagarreur
Alain Brisant - S.O.S. Bagarreur

Wow, quelle aventure, j’ai bien cru que j’allais y rester ! J’avoue que je n’y croyais guère en entamant la BD. Ça commence de manière très technique, au point que je me suis vite dit que Tillieux allait nous livrer un solide reportage sur la vie des gens de mer, mais rien de très captivant. Je ne m’étais jamais autant trompé… Avant de devenir auteur de bandes dessinées, Maurice Tillieux voulait devenir marin, il a même passé l’examen d’entrée dans la marine marchande en cachette après avoir fait une fugue en bateau pour essayer de s’exiler aux États-Unis, ce bougre… C’est dire à quel point le monde de la mer le fascine, et il communique parfaitement cette fascination dans ce petit bijou qu’est S.O.S. Bagarreur. Seule aventure d’Alain Brisant, personnage créé pour l’occasion avec le regretté René Follet, S.O.S. Bagarreur est un modèle de narration et de mise en scène. On sait bien que Tillieux est un des plus grands noms de la bande dessinée, notamment grâce à sa formidable saga Gil Jourdan, mais je ne l’avais encore jamais testé dans le récit réaliste. Il y fait merveille ! Véritable histoire sans héros, mais avec beaucoup d’héroïsme, cette BD met en scène des personnages savamment écrits, jamais lisses et assez complexes. Aucun n’est parfait, pas même le jeune premier, trop impulsif et un peu soucieux d’épater la galerie (même si, à chaque fois, des vies en dépendent). De même, le commandant auquel il s’oppose est lui un personnage pas manichéen pour deux sous, rustre et brutal, mais aussi réaliste et soucieux de la vie de ses hommes. Ainsi, aucun personnage, même secondaire, ne se retrouve réduit à l’état de clichés, et ça va jusqu’aux méchants Anglais, canailles et gentlemen à la fois… Brillant. Grâce à une belle étude de caractères pris sur le vif, Tillieux instaure donc une atmosphère ultra-prenante, qui nous immerge sans peine dans ce milieu rude et difficile des gens de mer. Son récit pourrait menacer régulièrement de tourner à vide, se révélant d’une simplicité biblique (le sauvetage d’un bateau en détresse), et pourtant, il réussit toujours, grâce à l’écriture de ses personnages, à relancer une nouvelle péripétie sans que jamais cette dernière paraisse artificielle. Même si on pourra trouver dans le scénario une ou deux facilités passagères, le tout est d’une cohérence remarquable et démontre un sens du suspense aigu, que même Hitchcock jalouserait… Rarement, j’avais senti mon cœur battre à l’unisson des personnages d’une bande dessinée. Pourtant, ici, j’ai eu les mêmes montées d’adrénaline qu’au cinéma. Chapeau ! Du côté du dessin, René Follet assure à merveille sa part de travail. Son trait de crayon restitue de manière incroyable les traits burinés des rudes marins imaginés par Tillieux. Les visages prennent vie, s’enflamment sous la main experte du dessinateur, tandis que les éléments se déchaînent autour d’eux, et même autour de nous. On est littéralement pris dans ces paysages furieux, dans cet enfer liquide dont il semble impossible de pouvoir sortir. On est mouillé par chaque vague, ébranlé par chaque choc, on entend chaque phrase, chaque engueulade au sein de la tempête. Graphiquement, le dessinateur nous offre donc un travail vraiment splendide, qui accentue encore le réalisme du récit, sans basculer dans le piège de l’hyperréalisme. Stylisé juste ce qu’il faut, on sent que le dessin est d’une grande rigueur, et il est au moins autant responsable que le scénario de l’immense réussite de cette bande dessinée. Je connaissais très peu René Follet, ça m’a donné envie de le découvrir ! Ainsi donc, le talent conjoint des deux artistes donne ici naissance à une grande bande dessinée. Le sens de la narration et de la mise en scène de Tillieux et Follet y touchent à leur apogée, nous faisant passer par un panel d’émotions très large. Et lorsqu’on ressort fatigué de cette éreintante aventure, on n’a étrangement qu’une envie : remonter tout de suite sur le Bagarreur pour de nouvelles aventures avec Alain Brisant… Malheureusement, on ne sera pas exaucé. Pas grave, on relira S.O.S. Bagarreur sans s'en lasser !

23/04/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Médée (Le Callet / Peña)
Médée (Le Callet / Peña)

C'est d'Angoulême que je ramène cette nouvelle série de Nancy Peña. Moi qui ai beaucoup apprécié sa série Le Chat du kimono, ce fut une agréable surprise de découvrir cet album que je n'avais pas vu sortir. Elle s'associe ici à Blandine Le Callet au scénario, pour nous proposer le récit de Médée, ce personnage de la mythologie grecque associé à la Toison d'Or. Pour en avoir discuté avec Nancy Peña, il s'agit en fait à l'origine d'un roman qui n'a pas trouvé à se faire éditer et qui du coup a été retravaillé pour nous proposer une série BD qui s'annonce en 5 tomes. Prometteur ! Nos deux auteures ont en effet comme elles l'annoncent en fin d'album, dans l'idée de raconter sa véritable histoire... Vaste programme. Et ce premier tome pose les jalons d'une histoire bien construite sur les bases d'une trame mythologique bien chargée. On découvre ici l'enfance et l'adolescence de Médée, en Colchide où elle habite avec sa famille. L'insouciance laisse rapidement la place aux responsabilités, et Médée en fille très intelligente a du mal à trouver sa place au milieu des intrigues distillées tant par son père, le roi de ce territoire, que par son entourage. Nancy Peña donne à cet univers une vitalité étonnante grâce à son coup de crayon toujours aussi fin. Sa façon de composer ses pages donne au récit l'élan nécessaire à sa narration. On rentre progressivement dans celui-ci ; le rythme s'installe doucement et monte petit à petit en puissance, comme la conscience de ce qui entoure la jeune Médée. Un coup de chapeau au passage à la très bonne colorisation réalisée par Sophie Dumas et Céline Badaroux-Denizon. Elle renforce de façon très efficace toutes les ambiances qui parsèment les pages de cet album ; chaleur et lumière du bassin méditerranéen, tempête, complot, etc. Ce premier tome m'a donc plutôt convaincu et plu ; j'attends la suite avec curiosité pour voir comment tout cela va évoluer et j'espère relever davantage ma note. (3.5/5) *** tomes 2 à 4 *** Ce furent finalement 4 et non 5 tomes qui conclurent cette magnifique série, le dernier tome offrant une pagination plus conséquente de 105 pages. Et quelle série ! Wow ! J'ai vraiment pris un énorme plaisir à lire cette série qui tout en jouant à démystifier la mythologie grecque, s'en empare et nous la restitue de telle façon qu'au sortir de cette lecture je n'ai eu qu'une envie replonger dedans ! Car c'est à mon sens la force majeur de Médée, c'est qu'au travers de ce personnage hors norme, nos autrices ont réussis à nous la rendre très contemporaine en questionnant le rôle de la femme à travers l'histoire, mais pas que. C'est aussi interroger le destin et notre libre arbitre (ahhh la tragédie grecque !), la place de l'étranger, celle des religions... Bref, tout en composant avec le caneva mythologique de Médée, Nancy Peña et Blandine Le Callet nous dressent le portrait universel des sociétés finalement pas beaucoup plus évoluées qu'à l'époque. L'étiquette de la barbarie de se colle juste pas au même endroit, elle est aujourd'hui juste plus sophistiquée. Et puis cette album fourmille de petits détails et de bonnes idées narratives qui en font un réel plaisir de lecture. Le dessin reste magnifique et subtil de bout en bout avec même quelques planches à couper le souffle. De la mythologie comme ça, j'en veut bien tous les jours ! Voilà une série à ne pas rater et je monte ma note à 4 + coup de coeur

16/02/2014 (MAJ le 23/04/2020) (modifier)
Par JC
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quick et Flupke
Quick et Flupke

Je ne comprends pas les mauvaises revues. Je trouve qu'il y a pas mal de messages cachés dans cette bande dessinée. Il y a le concept du meneur, suiveur, la relation parents enfants, l’incompréhension entre enfants et adultes, l'opposition avec la police. Pour moi tous ces concepts sont encore d’actualité. Bien sûr les voitures sont datées. Et alors ? Je trouve même intéressant de voir les liens avec l’époque actuelle.

23/04/2020 (modifier)
Couverture de la série Ikar
Ikar

Une de mes acquisitions à Angoulême cette année, les 2 albums valaient le coup, bon état et pas chers ; j'en avais entendu parler par le catalogue Glénat, sans avoir lu cette Bd, et je suis ravi d'avoir acheté ces 2 albums car je me suis bien amusé et régalé. En fait, tenter de cataloguer "Ikar" est assez difficile car c'est un mélange de genres. On est sur une planète, il y a des tribus qui s'affrontent dans un monde barbare, il y a des créatures curieuses et des humanoïdes à têtes d'animaux qui parlent avec des humains. Certains éléments amènent ce qu'on rencontre dans les contes juvéniles et il y a des situations drôles constamment présentes. On voit donc qu'il y a de la SF, de la fantasy, de l'humour dans ce conte fantastique et poétique où toutes ces tribus aux noms étranges ont pour point commun l'agressivité, et passent leur temps dans des batailles joyeusement dantesques. Là où l'on voit que Makyo tempère ces scènes barbares, c'est la façon de s'étriper en plusieurs morceaux, mais sans les flots de sang et la rage que l'on voit dans les Bd classiques de fantasy. Il y a un comme une sorte de violence soft et ça peut se comprendre car la série a été prépubliée dans Spirou en 1995. Du coup, j'ai bien apprécié cet univers plein de charme où Makyo construit un récit très imaginatif et j'aurais bien aimé en lire plus, malheureusement, les lecteurs du journal Spirou trop conservateurs n'ont pas donné sa chance à la bande qui, faute de succès, fut stoppée après le second récit. Je pense que ce n'était pas le journal adéquat pour prépublier cette Bd qui aurait mieux convenu à Circus. L'autre atout, c'est le dessin de Follet dont j'ai toujours aimé le graphisme hérité de Paul Cuvelier mais très caractéristique, notamment dans L'Iliade (Follet) ; son dessin peut donner l'impression qu'il est esquissé mais c'est ce qui fait son charme. Il avantage toujours les personnages féminins plus que les hommes, et ses fonds de cases sont souvent vides mais peu importe parce qu'il donne toujours une dynamique à son trait, et ici il en donne la preuve éclatante, de même que ses colorisations qui effraient toujours les nouvelles générations parce que soi-disant démodées, moi j'aime ça, je m'en délecte. Voici donc une fable poétique et drôle qui est assez atypique dans son concept et qui gagne à être découverte, parce qu'en plus, n'ayant pas rencontré le succès, elle est très méconnue et c'est dommage.

22/04/2020 (modifier)
Couverture de la série La Machine Écureuil
La Machine Écureuil

Je vois à la lecture des avis précédents que cet album est loin de faire l’unanimité ! Et qu’il dérange, ou pour le moins déroute la plupart de ses – rares – lecteurs. Cela ne m’étonne pas trop, car ce n’est clairement pas une histoire conventionnelle, que ce soit dans le fond et la forme d’ailleurs. Je vais pourtant aller à contre-courant, car j’ai bien aimé ma lecture. J’avais acheté cet album immédiatement à sa sortie, sur un coup de tête – ou de cœur, mais c’est un peu la même chose, non ? Car, il faut commencer par ça, les éditions Ici Même ont fait un très beau travail éditorial. En effet, la couverture cartonnée épaisse, la belle couverture tout simplement, ainsi que la qualité du papier utilisé, c’est un bel écrin. Et un rapide feuilletage de l’intérieur, avec le dessin net, précis, et une imagerie surprenante (j’y reviendrai) m’avaient séduit, et poussé à acheter cette sorte d’ovni, que je savais m’être destiné. L’histoire en elle-même est difficile à résumer. Mais j’irai presque jusqu’à dire que ce n’est pas nécessaire. Et même qu’elle est secondaire – en tout cas pour moi. En effet, j’ai peut-être été séduit par ce qui a pu rebuter certains lecteurs, à savoir un imaginaire débordant, exubérant, impossible à appréhender rationnellement. Surtout, la vie de ces deux frères, au tournant des XIXème et XXème siècles aux Etats-Unis, qui construisent, vivent dans une sorte de monde parallèle (je ne sais si une quelconque allégorie s’est glissée dans cette histoire) est des plus intrigantes. Ils construisent des machines, à la fois poétiques et « horribles », pour faire de la musique à partir d’animaux – d’une jeune fille même, dont les corps sont découpés, remontés comme de vulgaires objets. Il y a là un arrière-plan surréaliste (proche de Bellmer pour son travail sur les poupées, ou même simplement par la succession d’images, l’assemblage de corps, d’objets aussi hétéroclites que surprenants, dans une ambiance « maldororienne » très noire) qui m’a plu. Publiée aux États-Unis par un éditeur curieux, Fantagraphics, cette « Machine écureuil » est une œuvre à ne pas mettre entre toutes les mains, certes, mais je suis très content qu’elle soit tombée entre les miennes. Même si elle en est éloignée par certains aspects, je la range dans la même catégorie – pour rester dans le domaine de la bande dessinée – que certaines œuvres de Charles Burns, de Stéphane Blanquet, de Benoît Preteseille ou de Dave Cooper, qui jouent elles aussi sur une poésie noire, sur l’étrange, sur une érotisation froide, sur le malaise et des corps difformes ou « triturés ».

22/04/2020 (modifier)
Couverture de la série Raoul Fulgurex
Raoul Fulgurex

Je connaissais Tronchet surtout pour Jean-Claude Tergal et Raymond Calbuth, mais là, il crée une bd carrément jubilatoire ; j'en avais entendu parler, je la connaissais de réputation, mais je n'en avais jamais lu et je n'imaginais pas me marrer autant lorsque j'ai découvert le premier épisode dans Circus (prépublié en 1989). Déjà, rien que les titres des 3 épisodes donnent le ton de cette bande, on est dans le loufoque grand teint, ça rejoint un peu Meurtres Fatals dans l'esprit. Cette administration de l'imaginaire, organisme très sérieux qui contrôle les dérèglements des bd, quelle trouvaille ! Fulgurex est un héros fringant un peu bêta mais vaillant, qui doit trouver qui s'est introduit dans ces aventures complètement débridées, d'abord centrées sur l'univers de Tintin en évoluant entre le Lotus bleu et le Crabe aux pinces d'or ; l'ennui, c'est qu'il craque pour l'héroïne, la sensuelle Balmine Fuso et qu'il va transgresser la déontologie administrative et les lois narratives des contrôleurs d'intrigues. Par ses scénarios, Tronchet détourne les lieux communs narratifs et décape les histoires d'aventure tout en leur rendant hommage, c'est un véritable concept d'aventure parodique et burlesque qui creuse un décalage jouissif entre cette administration et les Bd qu'elle surveille, c'est comme une sorte d'univers parallèle dans lequel se projette Fulgurex. Tintin en prend un coup, avec un look de bad boy, clope au bec, chemise qui dépasse, mèche en bataille, et Haddock se paie une vraie gueule de poivrot, les auteurs capturent ces héros de BD de façon virtuose et versent dans le gag référencé en détournant des images que l'on connait tous. Et le plus beau, c'est que c'est illustré par un dessin chiadé, pas un gribouillis de merde, le dessin de Gelli me fait beaucoup penser à celui de Will Elder sur Little Annie Fanny, il utilise le même système de colorisation, des contours bien nets et des décors soignés, c'est vraiment un plaisir d'avoir une bande humoristique avec un tel graphisme. Je suis franchement séduit par cette découverte, c'est du pur délire azimuté, du n'importe quoi délectable, de la franche rigolade intelligente avec une flopée de références bédéphiles et cinématographiques.

20/04/2020 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Abymes
Abymes

3 tomes, 3 dessinateurs, 3 époques, 3 ambiances, 3 mises en abyme... Ca fait longtemps que j'avais repéré cette série, je ne saurais même pas trop dire pourquoi car je ne savais pas vraiment de quoi il était question. Sans doute que les couvertures, le dessin et le pitch avaient suscité ma curiosité. J'ai enfin eu l'occasion de lire ces 3 tomes, chose faite d'une traite tellement je suis rentré à fond dans ces récits. Cette mise en abyme est un exercice de style qui ici prend la forme d'un mélange entre l'auteur et son oeuvre, et celle-ci lui échappe et le dépasse. Quand le roman raconte la vie de l'écrivain, alors que ce n'est pas lui qui tient la plume, quand la vie du réalisateur prend forme à l'écran alors que ce n'est pas lui qui tient la caméra, et que cela révèle des parts d'ombres de leur existence. Exercice de style parfaitement maîtrisé par Valérie Mangin. Le premier tome met donc en scène un Balzac totalement dépassé par les événements. Cette histoire est à la fois une fiction, mais à la fois remplie de détails réels de la vie du romancier. J'adore quand une histoire sème le trouble entre la réalité et la fiction : qu'est ce qui est vrai ? qu'est ce qui est inventé pour les besoins du récit ? Je trouve qu'ici c'est très efficace, on se prend au jeu, et c'est assez amusant de voir Balzac perdre ses nerfs à essayer de démasquer celui qui cherche à lui nuire. Le deuxième tome reprend le même procédé avec le réalisateur Clouzot. La mécanique est donc la même, l'effet de surprise en moins. Je comprends qu'on puisse trouver ça un peu répétitif. J'ai moi aussi trouvé ce second tome moins bien que le premier. Quant au troisième tome, celui-ci met en abyme... la scénariste elle même, et son conjoint... qui est le dessinateur de l'album ! Mais quelle idée ! C'est audacieux et complètement fou même. Il fallait oser, moi je suis séduit par l'idée. Cette histoire raconte donc une grande partie de leur vie personnelle. Là aussi qu'est ce qui est vrai, qu'est ce qui est romancé pour les besoins de l'intrigue ? Je pense qu'une très grande partie des anecdotes est authentique. Du coup ce 3e tome dévoile une grande partie de leur intimité, parfois sans pudeur sur leurs sentiments. C'est osé, parfois presque gênant. Et à coté de cet aspect intimiste, ce qui est amusant c'est que ce tome regorge de clins d’œil au monde de la BD. On y croise des auteurs, des éditeurs, on nous livre des anecdotes, des secrets de fabrication, on se ballade dans les allées du salon d'Angoulême... Peut être que ça ne parlera pas au grand public, mais pour un grand amateur de BD, je trouve tous ces clins d’œil extrêmement sympas et ils m'ont beaucoup fait sourire. Quant au final, sans doute assez clivant, moi il m'a beaucoup plu. Je préfère largement cette fin à un truc plan-plan et quelconque. Là encore il y a un clin d’œil qui m'a vraiment parlé, à UW1 en l’occurrence. J'ai vraiment adhéré. Au premier abord, cette série raconte 3 histoires distinctes, liées simplement par un même exercice de style. Alors qu'en fin de compte l'ensemble forme un tout cohérent uni par un fil conducteur logique qui nous est révélé à travers la vie de la scénariste et des anecdotes sur la série elle même. Anecdotes qui sont racontées au sein même du 3e tome de la série. Tordu ? Non fichtrement malin et bien vu.

18/04/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Okko
Okko

Wououh !!!! "Okko" est pour moi à ce jour une des meilleure série du genre ! Non pas que je sois un spécialiste en ce domaine, mais pratiquant l'aïkido, étant amateur de récits fantastiques, épiques et d'aventure, j'ai été comblé avec le travail de Hub ! "Okko" et ses 3 cycles en 2 tomes sur les éléments est plus que réussi. Espérons que le quatrième cycle du feu ne gâche pas notre plaisir, ce qui paraît heureusement peu probable... Ce qui marque d'abord dans cette série, ce sont les couvertures magnifiques, et leur pouvoir d'attraction qu'elles exercent. Rien que le nom de la série Okko est hypnotique... Et si certaines BD savent nous accrocher par des couvertures puissantes, on est parfois déçu dès la première page (changement de colorisation, de dessinateur, etc.). Mais là, on est vite conforté par le coup de crayon fin et précis de Hub. C'est beau... et ça va durer ! Décors minutieux, paysages assez époustouflants, costumes d'époque fouillés, personnages et créatures de la mythologie nippone vraiment bien rendus : chapeau ! On sent la maîtrise de l'univers ! Et tout ça dans une colorisation très réussie. Côté mise en page, Hub n'est pas en manque d'idées pour composer ses planches. C'est aussi fougueux mais maîtrisé que l'art du combat de notre ronin ; efficace ! Ajoutez à cela un sens du récit et du rythme, et Hub construit au fil de ses cycles un monde dont on s'approprie peu à peu les codes, et dont les personnages principaux se révèlent par touches au fil des pages. Car ce qui fait la réussite de cette série c'est bien la complexité de notre troupe de héros et la singularité de chacun des membres de cette troupe. Sous leurs airs caricaturaux du premier tome, ils se révèlent moins linéaires qu'il n'y paraît. Et même après 3 cycles, des mystères restent entiers... Suspens, quand tu nous tient... Alors, en attendant le dernier cycle de cette excellente série, on ne peut d'ors et déjà que féliciter l'auteur qui maîtrise son projet de bout en bout : peu en sont capable, surtout avec une constance dans le résultat ! Une série qui si elle poursuit dans cette voie méritera amplement à mon goût sa 5e étoile pour faire partie de mes séries "cultes". *** Cycles 4 & 5 *** Ce n'était donc pas 1 mais 2 cycles qui ont suivi les 3 premiers ! En sus du feu, Hob nous fait la surprise d'un dernier cycle sur le vide ! Quelle série mes amis ! Voilà une saga découpée en cycles bouclée en dix tomes maîtrisée de bout en bout. Et pour le coup, pour avoir pu en discuter avec l'auteur, quand on sait que dès le début Hub avait une vision globale de son récit et qu'il savait précisément qu'il ferait 10 tomes, moi je dis chapeau ! Car si chaque cycle pourrait se lire indépendamment avec une histoire dans la trame générale, c'est bien cette dernière qui se tisse au fil des tomes et se conclue de façon magistrale dans le tome 10. Toutes les questions et les mystères distillés au fil des cycles finissent par trouver réponse, et quelles réponses ! Quant au travail graphique, il reste complètement maîtrisé avec la très belle colorisation de Li et nous immerge de bout en bout dans cette puissante saga japonaise. Voilà donc une série de plus à rentrer dans mon petit panthéon des 5 étoiles ! Bienvenue au club :)

01/04/2011 (MAJ le 14/04/2020) (modifier)
Par Kadath
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Confessions d'un enragé
Confessions d'un enragé

Comme d’autres posteurs j’ai été un peu gêné par les interruptions scientifiques qui nuisent un peu à la fluidité du récit. D’un autre côté je comprends bien l’intérêt de ces digressions pour la compréhension de l’histoire et on finit par s’y faire. A part cette remarque j’ai trouvé passionnante cette histoire de gamin, qui pendant une vingtaine d’années se bat contre une maladie... ou une possession ? ... quelque part l’histoire ne tranche pas vraiment entre ces deux hypothèses et c’est ce qui fait la force de ce récit, toujours sur le fil entre le scientifique et le fantastique. Les dessins sont splendides ainsi que la mise en couleur. Mention spéciale pour une fin très bien trouvée ! Je recommande chaudement cette lecture.

13/04/2020 (modifier)