Les Esclaves oubliés de Tromelin

Note: 3.64/5
(3.64/5 pour 11 avis)

En 1761, un navire négrier français fait naufrage sur l'îlot de Tromelin, perdu dans l'océan indien. Les blancs de l'équipage construisent une embarcation qui leur permet de quitter l'île, mais ils abandonnent les esclaves malgaches à leur sort. Une poignée d'entre eux survit 15 ans sur l'îlot sablonneux…


1643 - 1788 : Au temps de Versailles et des Lumières Aire Libre Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc, Bruxelles Esclavage L'Océan indien Madagascar et ses environs

L'île des Sables, un îlot perdu au milieu de l'océan Indien dont la terre la plus proche est à 500 kilomètres de là... À la fin du XVIIIe siècle, un navire y fait naufrage avec à son bord une "cargaison" d'esclaves malgaches. Les survivants construisent alors une embarcation de fortune. Seul l'équipage blanc peut y trouver place, abandonnant derrière lui une soixantaine d'esclaves. Les rescapés vont survivre sur ce bout de caillou traversé par les tempêtes. Ce n'est que le 29 novembre 1776, quinze ans après le naufrage, que le chevalier de Tromelin récupérera les huit esclaves survivants : sept femmes et un enfant de huit mois. Une fois connu en métropole, ce "fait divers" sera dénoncé par Condorcet et les abolitionnistes, à l'orée de la Révolution française. [Texte de présentation de l'éditeur]

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 24 Avril 2015
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Esclaves oubliés de Tromelin
Les notes (11)
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28/04/2015 | Eric2Vzoul
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L'avatar du posteur Mac Arthur

J’ai beaucoup apprécié ce récit, et particulièrement le fait qu’il s’articule sur deux époques. La première époque est une époque historique. Dans ce récit, l’auteur nous raconte le triste destin d’esclaves malgaches. D’abord vendus, les plus chanceux d’entre eux auront ensuite le malheur de s’échouer sur un caillou isolé au milieu de l’océan en compagnie des autres membres de l’équipage (les autres mourront enfermés dans les cales). Et comble de malheur, leurs compagnons d’infortune les abandonneront une fois un nouvel esquif construit. S’ensuivront 15 ans de survie avec les moyens du bord, marquée par les drames, le désespoir et cette indécrottable volonté de survivre envers et contre tout. Ironiquement, cette aventure on ne peut plus dramatique aura permis à ces esclaves de (sur)vivre en hommes libres le temps de leur naufrage. Outre la retranscription du quotidien de ces naufragés, il y a une dimension psychologique qui m’a beaucoup intéressé. Faut-il risquer de mourir en mer en tentant de s’évader de cette île-prison ou rester sur ce caillou où seule la survie à court terme peut être envisagée ? Cette question reviendra fréquemment et le destin et les interrogations des personnages m’ont touché. La deuxième époque prend la forme d’un documentaire. En préparation à l’écriture de cet album, l’auteur a en effet participé à une expédition scientifique sur l’île de Tromelin. Au travers de ce compte rendu de l’expédition, nous, lecteurs, découvrons l’avancée des découvertes, la réalité ‘physique’ de cette île qui, même avec nos moyens actuels, reste isolée du monde et violemment soumise aux aléas climatiques. Ce documentaire est intéressant par de multiples aspects. Tout d’abord, il nous permet de comprendre comment il est possible grâce à des recherches archéologiques de reconstruire le quotidien de personnes mortes depuis des siècles alors que celles-ci n’ont laissé aucune trace écrite. Par ailleurs, il propose une belle mise en abyme puisque les participants de l’expédition vont se retrouver eux aussi isolés sur l’île. Malgré des moyens techniques bien plus importants, ils vont ainsi faire l’expérience de l’isolement. Et voir que l’un d’entre eux, sans doute plus fragile psychologiquement, va rapidement sombrer sinon dans la folie du moins dans un état de confusion qui justifiera son rapatriement démontre toute la force de caractère dont ont dû faire preuve les esclaves de Tromelin pour survivre durant 15 ans à cet isolement. Nous aurons aussi droit à quelques considérations écologiques (et j’ai été marqué par cette vision de déchets plastiques s’accumulant sur une île isolée de tout !) et naturalistes. Tout au long de l’album nous allons sauter d’une époque à l’autre. Le récit historique prend la forme d’une bande dessinée traditionnelle. Les planches sont très académiques avec des cases bien définies. Les dialogues priment sur le narratif et ces chapitres se lisent rapidement. Le documentaire prend lui une forme plus libre, plus proche du journal intime. Les planches sont plus éclatées avec des cases ‘ouvertes’, sans contour fixe. Le narratif est la règle, rarement interrompu par un dialogue. Ces passages sont donc plus lents à lire… mais captivants pour qui s’intéresse un peu à ce genre d’aventure scientifique. Au final, cet album est vraiment excellent. Il présente tellement de thématiques intéressantes qu’il ne peut que plaire à un large public. Chacun y trouvera de quoi satisfaire sa curiosité, sa soif d’émotion ou son envie d’apprendre.

19/11/2019 (modifier)
Par Puma
Note: 4/5

Graphiquement, la partie relatant l'ère coloniale est tout bonnement splendide. Qu'ai-je vu, revu, longuement regardé, ces planches d'une beauté rare. Et la narration bien faite. Ce récit est entrecoupé d'un autre relatant la vie au quotidien d'un groupe de personnes toutes spécialistes en leur domaine qui vont avec des archéologues accoster sur l'îlot des échoués, et essayer de comprendre comment ces derniers y ont survécu il y a 200 ans pendant 15 années. Ce récit d'aujourd'hui est graphiquement plus brouillon, instructif, mais moins prenant que l'histoire romancée du naufrage. L'on passe donc successivement par groupes de 4 à 6 pages de l'histoire d'un naufrage il y a 200 ans, à celui de l'équipe sur place installée sur l'îlot et qui essaye de retrouver les indices et reconstituer le mode de vie des naufragés. C'est dommage qu'il y ait une telle chute graphique entre avant (grandiose) et maintenant (un peu baclé), mais l'ensemble reste cohérent et très bien réalisé. Avec graphiquement un plus pour le conte et un moins pour le reportage. Ouvrage néanmoins hautement original et qui a du demander un sérieux investissement personnel et de très nombreuses recherches à son auteur. Ce qui n'est vraiment pas courant. Bravo pour les textes et photos ethnologiques et archéologiques en fin d'ouvrage, qui le complètent utilement.

17/08/2018 (modifier)
Par AlainM
Note: 4/5

Ce récit est un peu l’histoire de Robinson … sauf qu’ils étaient 80, que c’étaient des esclaves et que leur île était particulièrement inhospitalière (petite, 1km² environ, quasi sans relief et sans arbre et avec très peu d’eau potable). Bref, l’enfer. Et pourtant, des hommes et surtout des femmes y ont survécu de longues années. Le récit croisé du naufrage et de la mission scientifique (qui, 250 ans plus tard, tente de retrouver des traces des naufragés) est très intéressant. Sylvain Savoia alterne bien les deux parties du récit en adaptant son style graphique. Certes, l’histoire est assez peu mouvementée - à part le naufrage initial – mais l’intérêt de cet album plus dans le témoignage et la recherche historique que dans l’action. Certaines longueurs du récit sont nécessaires pour bien apprécier la situation vécue par ces naufragés et, dans une moindre mesure, pour l’équipe archéologique du XXIème siècle. Tout au long de la lecture, on ne peut s’empêcher de se transporter sur cet îlot perdu de l’océan Indien en se posant mille questions sur la façon dont les naufragés ont dû s’organiser pour survivre tant physiquement, que socialement ou psychologiquement. La partie documentaire n’est pas sans rappeler les magnifiques albums d’Emmanuel Lepage. Album à recommander vivement tant pour des raisons historiques que comme preuve de l’esprit de lucre qui mène à se comporter d’une manière ignominieuse. Malheureusement, à ce point de vue, le monde ne semble pas avoir beaucoup changé en 250 ans.

11/02/2018 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Encore un ouvrage sur la traite négrière, au bout du compte on peut se demander si ces témoignages des temps anciens possèdent une valeur pédagogique. Sans doute quoique! Alors que je lis cette BD les infos m'apprennent qu'en Lybie des migrants sont vendus sur les plages par des négriers modernes. Si ce n'était pas si triste j'aurais envie de pleurer, mais que les humains sont cons, peut être pas l'humanité mais il y a deux trois individus qui foutent la merde. Mais revenons à cette histoire qui emprunte beaucoup au genre de récits auxquels nous a habitué E. Lepage. Une sorte de documentaire, ici mâtiné d'un récit "à l'époque". L'ensemble n'est pas mal mais du fait de cette alternance entre hier et aujourd'hui cela perd de sa puissance d'évocation. Pour autant c'est un album à lire qui fait œuvre de mémoire sinon d'avertissement, l'actualité sur le coup ne donne pas raison à l'auteur.

26/11/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Le premier mérite de cet album – et ce n’est pas mince – est de m’avoir fait découvrir cette tragédie, totalement oubliée (allez savoir pourquoi…), hautement révélatrice de ce qu’a été pendant trop longtemps, la traite négrière et les rapports Blancs esclavagistes/Noirs esclaves. Savoia fait ici alterner en parallèle deux histoires : celle (romancée et forcément en partie « reconstituée ») du naufrage et des tentatives de survie des îliens malgré eux, et celle de l’expédition scientifique à laquelle il appartient, qui tente de retrouver aujourd’hui les traces de ces survivants de l’impossible (quelques points communs avec l’histoire relatée en partie dans Jeronimus, le délire dictatorial en moins). C’est un album intéressant, même s’il ne m’a pas accroché autant que je m’y attendais en découvrant l’histoire originale. La partie « contemporaine », relatant l’expédition (ses préparatifs, son déroulement quotidien) a – au début en tout cas –, quelques accointances avec certains albums d’Emmanuel Lepage (La Lune est blanche ou Voyage aux îles de la Désolation par exemple), et le récit réussit à passer outre la routine qui rapidement s’installe sur cet îlot désolé et désertique. Contrairement à d’autres avis, cette partie ne m’a pas trop lassé (même si je trouve moins bien brossé que dans les Lepage le côté humain de cette expédition). La partie « reconstitution », si elle n’est pas inintéressante, m’a un peu laissé sur ma faim. Elle en devient presque anecdotique, comme secondaire, alors que c’est là que réside la force de cet album normalement. Et du coup, si je trouvais au départ plutôt bonne l’idée de faire alterner ces deux parties, j’en viens à me demander si cela ne hache pas trop cette partie du récit, et ne lui fait finalement pas perdre de sa force. Ceci étant dit, je vous recommande tout de même la lecture de cet album, qui traite d’un sujet captivant (admirez les jeux de mots vaseux que je case dans cette dernière phrase !). Note réelle 3,5/5.

16/03/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Voila une histoire édifiante et méconnue que j'ignorais ; faut dire que c'est tellement peu glorieux pour l'image de la France négrière qu'elle a dû être tue volontairement. Il faudra que j'aille voir si cet épisode est relaté dans le Musée du Nouveau Monde de La Rochelle qui a consacré des salles à l'histoire de la traite négrière (La Rochelle, Nantes et Bordeaux étant les 3 grands ports de l'Atlantique spécialisés dans ce trafic). En tout cas, cet épisode dramatique de l'histoire de l'esclavage m'a intéressé, je n'avais pas du tout prévu de lire cette Bd, j'ai lu cet album un peu par hasard et j'en suis très content. Ce naufrage méconnu et surtout cette survie extraordinaire sur un îlot minuscule de l'Océan Indien à 500 km de la terre la plus proche, est une incroyable aventure humaine, bien relatée, ça ressemble presque à une légende. Le récit de cette survie alterne avec le journal de bord d'une mission archéologique, c'est ce qui me dérange un peu, je trouve que ça coupe un peu l'intensité du récit historique, j'aurais préféré une narration plus centrée sur ce dernier, j'avoue que je n'en ai lu qu'une partie tant ça m'ennuyait, même si l'intention d'un récit alterné et parallèle pouvait être à la base intéressante ; mais ces pages sont trop longues, ça ralentit trop le rythme et l'émotion de la survie des Malgaches. Le dessin sur le récit historique est très correct et de bonne qualité, bref c'est un bel album.

01/07/2016 (modifier)
Par McClure
Note: 3/5

Je ne connaissais pas cette partie de l'Histoire sur l'esclavage et rien que par cet aspect didactique mérite bien évidemment la lecture. Comme pour la majorité des "aviseurs" précédents, je n'ai pas apprécié de la même manière la partie historique de la partie "documentaire" de cet album. Le découpage et le rythme ne constituent pas à proprement parlé un handicap, c'est le manque d'intérêt dans la lecture de la partie mission archéologique qui, associé à la longue lecture narrative, amputent la partie historique de son souffle épique. Et du coup on est presque déçu toutes les 2/3 pages de laisser la jeune malgache pour arriver à des platitudes scientifiques. J'ai grandement apprécié le Voyage aux Iles de la Désolation car Lepage nous offrait "la vie à bord" de cette mission scientifique (bien sûr assortie de somptueuses peintures) et là Savoia ne nous instruit que d'éléments banals et peu intéressant. Et cela grève même la partie histoire d'une plus grande complexité des personnages,j'ai parfois eu l'impression de raccourcis immenses alors que l'on est censé couvrir 15 années d'un huis clos terrible sur ce caillou sableux. Dommage. Néanmoins une oeuvre à lire et faire lire.

07/12/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Je ne connaissais pas cet événement où des esclaves ont passé des années sur une ile à cause d'un naufrage. J'ai bien aimé découvrir cette histoire. J'ai été touche par le sort de ses esclaves et par ce qu'ils leur sont arrivé. La narration est fluide et les personnages sont attachants. Il manque juste un petit quelque chose pour rendre le tout captivant à lire du début jusqu'à la fin. Je pense que j'aurais aimé voir un peu plus comment les esclaves se sont organisé en une espèce de société après que les blancs aient réussi à partir. J'ai moins aimé les parties se passant à l'époque moderne et où l'auteur accompagne une expédition archéologique sur cette ile et j'ai trouvé cela franchement sans intérêt. L'archéologie n'est pas un truc qui m'intéresse et j'ai vite passé ses pages. C'est dommage car le style de dessin utilisé pour ses pages était pas mal.

02/11/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Pour une fois, je connaissais assez bien cette histoire sur les esclaves oubliés de Tromelin. La même mésaventure est arrivée sur l’île de Clipperton à la suite de la révolution mexicaine au début du XXème siècle. Le calvaire avait duré 3 ans. Par contre, sur l’île des sables, les rescapés ont attendu 15 ans. Sur les 90 rescapés, huit survivants seront sauvés. Le terrain est plat et sablonneux et souvent balayé par le vent. En cas de tempête, il n’y a pas d’abris. Il n’y a pas un cocotier. Cela démontre le véritable courage de ces gens qui ont dû lutter pour leur vie dans des conditions épouvantables. Les blancs ont laissé les malgaches sur l’île alors que ces derniers avaient activement participé à la construction d’un nouveau navire. Pour une raison politique (refus d’un gouverneur), on ne les a pas secourus par la suite. Je n’ai pas trop aimé la partie actuelle sur l’expédition archéologique menée de nos jours. Cette mission avait pour but de fouiller l'île à la recherche des traces des naufragés dans le but de mieux comprendre leurs conditions de vie pendant ces quinze années. Il y a l’utilisation d’un récit parallèle. Inutile de préciser que c’est la partie historique qui captivera l’attention. L’auteur aurait pu simplement évoquer cette recherche dans l’introduction et la conclusion car mise à part la folie supposée de l’un des membres, il ne se passe pas grand-chose. Cela reste surtout un documentaire fort instructif sur la manière dont ces personnes ont pu survivre. Au final, c’est une œuvre qui est très belle car elle part sur une histoire tragique qui a été également oubliée. La mémoire sur l’esclavage ne doit pas faiblir afin d’éviter une forme d’esclavage moderne comme le traitement réservé aux femmes dans certains pays. On estime à 27 millions le nombre d’êtres humains asservis dans le monde moderne. Il est clair que cet épisode pour le moins malheureux a servi la cause anti-esclavagiste. Au-delà de cet aspect, c’est une formidable leçon de survie à des années lumières de Koh-Lanta.

09/09/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Certains d'entre vous ont peut-être lu Voyage aux îles de la Désolation racontant le voyage d'Emmanuel Lepage dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises effectué en avril 2010. Dans cet album, sur quelques brèves pages, l'auteur décrivait son rapide passage au large de l'île de Tromelin. Sur cette bande de sable de moins de 2km de long entre Maurice et Madagascar, loin de toute terre et encerclée par l'Océan Indien, seule existe une petite station météo occupée durant quelques mois de l'année seulement. En 2008, deux ans donc avant le passage de Lepage, Sylvain Savoia (l'auteur de Marzi) était resté 1 mois sur cet îlot dans le cadre d'une expédition archéologique à l'objectif bien précis. En effet, Tromelin est connue pour avoir été au 18e siècle le lieu du naufrage d'un navire négrier français. Et si les marins blancs ont pu s'échapper après quelques mois en construisant une embarcation de fortune à partir des restes de leur bateau, ils ont laissé sur place les dizaines d'esclaves Malgaches qui se sont retrouvés obligés de s'organiser en une petite société improvisée pour survivre comme des Robinson. Ce sont les traces de cette société que Savoia et une douzaine d'archéologues sont venus retrouver sous le sable de l'îlot. L'auteur fait le choix d'une narration croisée, décrivant en parallèle les événements historiques du 18e siècle avec les esclaves malgaches pour personnages principaux d'une part et son séjour à lui sur cette île d'autre part. Nous sommes donc à mi-chemin entre le récit historique et le carnet de voyage. Les deux ensembles sont très intéressants. Les événements historiques décrits sont instructifs et assez édifiants. De se placer du point de vue des Malgaches plutôt que des Français est en outre original et bien réalisé. Le séjour plus moderne de l'auteur sur cette île perdue de l'Océan Indien est également très instructif tant sur le plan archéologique que géographique mais aussi humain car c'est impressionnant d'être ainsi coupé du monde dans un décor à la fois paradisiaque et infernal. Le graphisme n'est pas aussi envoûtant que les peintures d'Emmanuel Lepage mais Sylvain Savoia est lui aussi très doué dans son style réaliste et plus classique. Belle réalisation. Seul regret, l'aspect trop bavard de la narration. Beaucoup de texte, le plus souvent à la fois en haut et en bas de chaque case, cela pénalise la fluidité de la lecture. On lit davantage qu'on ne profite des images. Et parfois j'ai eu l'impression de longs monologues ne permettant pas de dégager l'émotion qu'une bonne association texte/image peut offrir. Si bien que j'ai eu un peu de peine à rentrer pour de bon dans le récit. Heureusement, celui-ci s'est fait de plus en plus intéressant au fil des pages et m'a laissé sur la bonne impression d'un voyage exotique, plein d'émotion et instructif à la fois.

02/05/2015 (modifier)