Je suis sûr que vous êtes tous pareils. Quand vous êtes dans une librairie, chez un bouquiniste ou à la médiathèque, vous êtes en quête d’un album qui va aiguiller vos sens. Vous cherchez la perle à 4 ou 5 étoiles. Pour vous aider il y a mieux que farfouiller ou fureter. Il a les conseils d’un pro et me concernant ce sont ceux de Paco qui m'ont aidé à trouver une série admirable ! C’est magnifique d’avoir un poteau qui travaille au sein d’une médiathèque et d’être accompagné.
« Tu as déjà lu cette série ?
Ben non.
Prend cela va te plaire »
C’est rapide, directif et diablement efficace. J’ai dévoré les albums les uns après les autres. Il me connait bien le bougre. C’est ma came cette série. J’adore.
J’ai l’impression de retrouver le frère de Léon, le tueur à gages de Luc Besson. Il refroidi les cibles désignées sans trop se poser de questions existentielles. C’est pour lui un boulot comme un autre même si l’hémoglobine est souvent présente. Il est seul et sans ami. Il n’y a que le pognon qui l’intéresse. Notre héros est froid mais je l’avoue attachant au final. Pas au point quand même de le trouver sympathique. C’est toute l’ambivalence de cette série. C’est parfait.
Cette série est un bijou terrible. Pas de temps mort. Il y a du rythme. Les rebondissements sont nombreux qui font que tu ne peux pas lâcher cette lecture palpitante. Les flashbacks sont nombreux mais cela ne va pas casser la cadence de lecture. Juste une petite pause pour reprendre son souffle avant de repartir de l’avant.
Le graphisme n’est pas magique. C’est simple mais terriblement efficace. Peut-être un trait peu trop saccadé. Le découpage par contre est très étudié avec un cadrage comme au cinéma. Très efficace.
Paco encore un grand merci de m’avoir fait découvrir cette série. J’étais passé complétement à côté. A découvrir ou à re découvrir.
4 étoiles bien sur.
Le premier mot qui me vient après ma lecture : waouh.
J'aime les bd historiques et plus particulièrement celles qui racontent la "petite histoire" avec ses conséquences sur la "grande histoire".
Ce diptyque raconte la vie de Hjalmar Schacht de 1923 à sa mort en 1970.
Personnage énigmatique, Schacht était un banquier et un économiste de renom, qui après la défaite de l'Allemagne en 1918 et le traité de Versailles, va essayer de remettre son pays sur le devant de l'échiquier mondial. Pour cela il ira jusqu'à être le ministre des finances d'Adolf Hitler.
Quelle maestria dans la narration, Boisserie et Guillaume ont la merveilleuse idée de nous conter cette histoire sous la forme d'un interrogatoire entre Schacht et un agent du mossad, ce qui permet de faire cogiter nos méninges. L'agent du mossad, dont l'identité nous sera dévoilée à la fin du tome deux, fait contre poids au dire du banquier.
Chacun aura sa propre opinion sur cet économiste.
Deux couvertures austères qui mettent dans l'ambiance. Le dessin rétro nous transporte de suite dans ces années d'entre deux guerres. Ce n'est pas mon style, mais il est tout à fait en harmonie avec le récit.
Une petite merveille que je conseille vivement.
Une véritable claque visuelle !
Dès les premières pages, nous sommes subjugués par des pleines planches magnifiques, puissantes et pleines d'émotions. On sent que rien n'a été fait au hasard. Les détails, les décors, les expressions des personnages, les couleurs,.. tout cela mis ensemble, forme un tout qui dégage un "je-ne-sais-quoi" indescriptible, mais en tout cas, très émouvant et prenant.
Concernant le scénario, la aussi, l'auteur est épatant. Nous accompagnons un photographe envoyé faire un reportage photo sur le "Dust Bowl".
D'un point de vue historique, l'album est très enrichissant. Ayant 26 ans, je n'avais pas spécialement connaissance de ce point de l'Histoire et j'en ai beaucoup appris. Cette BD m'a également donné envie d'en apprendre plus sur ce phénomène, elle a attisé ma curiosité.
De plus, le personnage principal est agréable à suivre. Nous partageons ses questionnements et ses doutes. Nous nous remettons en question avec lui. Il y a une véritable évolution dans sa perception des choses, et la conclusion du héros m'a été très satisfaisante.
Enfin, la bd est ponctuée de nombreuses "mini-histoires" grâce aux nombreux personnages secondaires. Cela m'a permis de mieux saisir les enjeux du "Dust Bowl".
Je ne sais pas si cet album deviendra culte avec les années, mais dans tous les cas, visuellement c'est un chef d'œuvre.
Gros coup de cœur
4,5 étoiles
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
J'eus aimé mettre cinq étoiles comme les cinq branches de coton noir mais pour mon deuxième avis je ne puis transgresser immédiatement l'article 1 de la constitution bdthèque, mais c'est à contrecœur !
C'est peut-être grâce à la documentation sur le Mayflower (XIII) et l'histoire des premières années des USA que Y. Sente nous offre un scénario engagé aussi original que bien ficelé à mon goût. Quand on y ajoute les excellents dessins de S. Cuzor et les très belles couleurs de M. Versaevel, on obtient un ouvrage de première qualité. D'autant plus que par sa présentation luxueuse cet œuvre ne déparera aucune bonne (et moins bonne) bibliothèque.
En 1944, deux jeunes afro-américains, Johanna, par ses études, et son frère Lincoln, au front, rêvent comme beaucoup dans leur communauté de rétablir leur juste place, passée et présente, dans l'histoire des USA. Un document familial datant de la guerre d'Indépendance en 1776 va leur en donner l'occasion. Lincoln, Tom(portrait craché de Samy Davis Jr) et Aaron sont considérés comme soldats de deuxième catégorie puisque la ségrégation existe encore en 1944 au sein de l'armée US. C'est en 1948 que le Président Truman l'abolira en signant l'Executive order 9981. C'est aussi le premier Corps fédéral à le faire, les autres suivront petit à petit. Cela explique pourquoi nos trois soldats ne peuvent pas assister au show des girls venues distraire la troupe. Ils n'en ont pas encore le droit !!!! Mais le sang noir ressemble au sang blanc au pire moment de l'action. Catapultés dans les Ardennes Belges, nos Boys vont prendre en pleine face la contre-offensive allemande face à un ennemi remonté comme une pendule, très supérieur en nombre et bien décidé à reprendre le port d'Anvers et de refaire le coup de 1940 pour négocier une paix séparée avec les américains. On comprend pourquoi Schlupf n'a nulle envie de reculer ou de laisser partir des américains qu'il doit anéantir. D'autant plus que le drapeau envié est une pièce de très grande valeur qui pourrait être bien utile comme monnaie d'échange en cas de coup dur.
Pour moi dans cette œuvre, il n'y a aucune fausse note.... ni blanche ni noire ( sauf la mienne).
Le livre dont on est le héros n'est pas mort ! Ca existe même en bande dessinée, comme l'ont prouvé plusieurs éditeurs par le passé. Ynnis Editions, spécialisées dans les publications geeks, se lancent à leur tour dans l'aventure, en proposant une BD-jeu venue d'Italie.
Nous suivons, ou plutôt nous orientons les aventures de Lucy, petite croisée de quatre ans, qui un beau matin, au détour de sa promenade (ou plutôt sa fugue, puisqu'elle sort du jardin de son maître par une porte dérobée, va se retrouver dans une drôle d'aventure... Ou plutôt plusieurs aventures potentielles, puisque le scénariste a prévu quatre histoires aux fins distinctes, qui permettent aux jeunes lectrices et lecteurs de passer de (très) bons moments de lecture, dans des décors champêtres ou sylvains ma foi plutôt agréables à l'oeil. Des histoires avec plein d'animaux, de créatures mystérieuses, qui constituent une belle entrée en matière dans le livre-jeu pour de jeunes lectrices et lecteurs.
Je recommande.
Franquin est un génie !
Ses Spirou, les Gaston et Idées noires méritent l'adoration collective.
Inattaquable tant idéologiquement (même si sa conception de l'écologie est... disons datée), que dans le trait d'un dynamisme et d'une rondeur incroyables.
Je l'affirme, je peux soutenir cette BD au-delà du raisonnable.
Ces personnages bleus sont pour moi la plus belle invention de la bande dessinée. Oui, il y aurait à redire sur le méchant Gargamel, le non féminisme de "La Schtroumpfette", le peut-être racisme des "Schtroumpfs noirs". Mais malgré tout, c'est absolument merveilleux !
Seul le Marsupilami a approché la richesse poétique et la pertinence globale de cette invention miraculeuse.
Clairement, l'album "Le Schtroumpfissime" mérite le Panthéon. Et combien de merveilleuses idées dans "Les Schtroumpfs et le Cracoucass", "Le Cosmoschtroumpf", "L'oeuf et les schtroumpfs"...
Indiscutable coup de mou après l'excellent tome 9 "Schtroumpf vert et vert schtroumpf", déjà aperçu lors des gags en une planche : Peyo cède aux sirènes de la notoriété et accentue le côté jeunesse-mignon de la série, rendant la relecture des contes banale dans l'épisode de la soupe, le discours sur le sport bien convenu, etc.
Bien tristement surtout, seuls les albums de Peyo père méritent cet éloge, car Culliford a plus que trahi l'esprit et l'idéologie saint-simonienne. L'inachevé "Schtroumpf financier" demeure beau et stimulant, mais davantage pour la méta-lecture offerte quant au combat d'influence créatrice (sinon parricide en cours) entre le génial Peyo et son horrible Culliford de fils.
Merveilleuse BD d'aventure.
Du panache, un souffle romanesque, la richesse thématique via le théâtre, des tirades en vers admirables.
Une totale réussite.
Le diptyque consacré à Eusèbe n'est malheureusement pas du même acabit. L'arrière-goût des amours de jeunesse perdus est présent durant la lecture, le sacrilège plus qu'effleuré, mais la mythologie est respectée et le résultat fort acceptable néanmoins.
Un album d’une force incroyable qui confronte le lecteur au traumatisme dont Coco, de son vrai nom Corinne Rey, dessinatrice à Charlie Hebdo, est victime après les attentats. Le 7 janvier 2015, la jeune dessinatrice est prise en otage par des terroristes qui l’obligent à ouvrir la porte de la rédaction de Charlie. Et là, elle assiste au massacre de ses amis. La scène est terrible et le bilan humain effrayant. Depuis ce jour, Coco est en état de choc post traumatique, elle y est aussi submergée par une culpabilité tenace qui s’ajoute à son mal-être. Graphiquement, elle formalise cette submersion en dessinant d’énormes vagues bleues qui font immédiatement penser à l’estampe d’Hokusai (la Grande Vague de Kanagawa) et qui l’emportent. Entre récit chronologique des événements, autoanalyse de ses sentiments et angoisses qui la poursuivent obsessionnellement, Coco tente de trouver la bonne thérapie pour s’en sortir. L’album est d’autant plus émouvant que la dessinatrice raconte aussi les jours heureux, les jours d’avant où tout le monde s’engueulait joyeusement ! C’est vraiment un album à lire.
Cet album nous transporte dans le Bronx des années 1920-1930, à une époque où le quartier se transforme sous les yeux de ses habitants pour accueillir toujours plus de familles. Et la vie de tous les jours se déroule sous nos yeux… Will Eisner, qui est un de mes auteurs préférés, sait traduire tout en sensibilité et subtilité l’ambiance de son quartier dans lequel on sent que le fragile équilibre social. Chaque histoire est humaine et semble, au premier abord, d’une grande simplicité : juste un petit morceau de vie, juste l’histoire d’une famille comme les autres, juste un petit incident. Mais à bien y regarder, on perçoit qu’en réalité Eisner aborde des questionnements humains profonds et éternels. Avec un rien de cynisme, il dépeint des destins d’hommes et de femmes, leurs rapports à la chance et à la malchance, leurs liens avec la religion, les effets de la réussite sociale sur un individu et de la déchéance, chez un autre. Les albums de Will Eisner me font penser aux films de Woody Allen dans leur traitement de sujets éternels sur fond de vie quotidienne. C’est profondément humain, intelligent et empreint d’humour, le tout servi par un dessin magnifique et précis.
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Le Tueur
Je suis sûr que vous êtes tous pareils. Quand vous êtes dans une librairie, chez un bouquiniste ou à la médiathèque, vous êtes en quête d’un album qui va aiguiller vos sens. Vous cherchez la perle à 4 ou 5 étoiles. Pour vous aider il y a mieux que farfouiller ou fureter. Il a les conseils d’un pro et me concernant ce sont ceux de Paco qui m'ont aidé à trouver une série admirable ! C’est magnifique d’avoir un poteau qui travaille au sein d’une médiathèque et d’être accompagné. « Tu as déjà lu cette série ? Ben non. Prend cela va te plaire » C’est rapide, directif et diablement efficace. J’ai dévoré les albums les uns après les autres. Il me connait bien le bougre. C’est ma came cette série. J’adore. J’ai l’impression de retrouver le frère de Léon, le tueur à gages de Luc Besson. Il refroidi les cibles désignées sans trop se poser de questions existentielles. C’est pour lui un boulot comme un autre même si l’hémoglobine est souvent présente. Il est seul et sans ami. Il n’y a que le pognon qui l’intéresse. Notre héros est froid mais je l’avoue attachant au final. Pas au point quand même de le trouver sympathique. C’est toute l’ambivalence de cette série. C’est parfait. Cette série est un bijou terrible. Pas de temps mort. Il y a du rythme. Les rebondissements sont nombreux qui font que tu ne peux pas lâcher cette lecture palpitante. Les flashbacks sont nombreux mais cela ne va pas casser la cadence de lecture. Juste une petite pause pour reprendre son souffle avant de repartir de l’avant. Le graphisme n’est pas magique. C’est simple mais terriblement efficace. Peut-être un trait peu trop saccadé. Le découpage par contre est très étudié avec un cadrage comme au cinéma. Très efficace. Paco encore un grand merci de m’avoir fait découvrir cette série. J’étais passé complétement à côté. A découvrir ou à re découvrir. 4 étoiles bien sur.
Le Banquier du Reich
Le premier mot qui me vient après ma lecture : waouh. J'aime les bd historiques et plus particulièrement celles qui racontent la "petite histoire" avec ses conséquences sur la "grande histoire". Ce diptyque raconte la vie de Hjalmar Schacht de 1923 à sa mort en 1970. Personnage énigmatique, Schacht était un banquier et un économiste de renom, qui après la défaite de l'Allemagne en 1918 et le traité de Versailles, va essayer de remettre son pays sur le devant de l'échiquier mondial. Pour cela il ira jusqu'à être le ministre des finances d'Adolf Hitler. Quelle maestria dans la narration, Boisserie et Guillaume ont la merveilleuse idée de nous conter cette histoire sous la forme d'un interrogatoire entre Schacht et un agent du mossad, ce qui permet de faire cogiter nos méninges. L'agent du mossad, dont l'identité nous sera dévoilée à la fin du tome deux, fait contre poids au dire du banquier. Chacun aura sa propre opinion sur cet économiste. Deux couvertures austères qui mettent dans l'ambiance. Le dessin rétro nous transporte de suite dans ces années d'entre deux guerres. Ce n'est pas mon style, mais il est tout à fait en harmonie avec le récit. Une petite merveille que je conseille vivement.
Jours de sable
Une véritable claque visuelle ! Dès les premières pages, nous sommes subjugués par des pleines planches magnifiques, puissantes et pleines d'émotions. On sent que rien n'a été fait au hasard. Les détails, les décors, les expressions des personnages, les couleurs,.. tout cela mis ensemble, forme un tout qui dégage un "je-ne-sais-quoi" indescriptible, mais en tout cas, très émouvant et prenant. Concernant le scénario, la aussi, l'auteur est épatant. Nous accompagnons un photographe envoyé faire un reportage photo sur le "Dust Bowl". D'un point de vue historique, l'album est très enrichissant. Ayant 26 ans, je n'avais pas spécialement connaissance de ce point de l'Histoire et j'en ai beaucoup appris. Cette BD m'a également donné envie d'en apprendre plus sur ce phénomène, elle a attisé ma curiosité. De plus, le personnage principal est agréable à suivre. Nous partageons ses questionnements et ses doutes. Nous nous remettons en question avec lui. Il y a une véritable évolution dans sa perception des choses, et la conclusion du héros m'a été très satisfaisante. Enfin, la bd est ponctuée de nombreuses "mini-histoires" grâce aux nombreux personnages secondaires. Cela m'a permis de mieux saisir les enjeux du "Dust Bowl". Je ne sais pas si cet album deviendra culte avec les années, mais dans tous les cas, visuellement c'est un chef d'œuvre. Gros coup de cœur 4,5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Cinq branches de coton noir
J'eus aimé mettre cinq étoiles comme les cinq branches de coton noir mais pour mon deuxième avis je ne puis transgresser immédiatement l'article 1 de la constitution bdthèque, mais c'est à contrecœur ! C'est peut-être grâce à la documentation sur le Mayflower (XIII) et l'histoire des premières années des USA que Y. Sente nous offre un scénario engagé aussi original que bien ficelé à mon goût. Quand on y ajoute les excellents dessins de S. Cuzor et les très belles couleurs de M. Versaevel, on obtient un ouvrage de première qualité. D'autant plus que par sa présentation luxueuse cet œuvre ne déparera aucune bonne (et moins bonne) bibliothèque. En 1944, deux jeunes afro-américains, Johanna, par ses études, et son frère Lincoln, au front, rêvent comme beaucoup dans leur communauté de rétablir leur juste place, passée et présente, dans l'histoire des USA. Un document familial datant de la guerre d'Indépendance en 1776 va leur en donner l'occasion. Lincoln, Tom(portrait craché de Samy Davis Jr) et Aaron sont considérés comme soldats de deuxième catégorie puisque la ségrégation existe encore en 1944 au sein de l'armée US. C'est en 1948 que le Président Truman l'abolira en signant l'Executive order 9981. C'est aussi le premier Corps fédéral à le faire, les autres suivront petit à petit. Cela explique pourquoi nos trois soldats ne peuvent pas assister au show des girls venues distraire la troupe. Ils n'en ont pas encore le droit !!!! Mais le sang noir ressemble au sang blanc au pire moment de l'action. Catapultés dans les Ardennes Belges, nos Boys vont prendre en pleine face la contre-offensive allemande face à un ennemi remonté comme une pendule, très supérieur en nombre et bien décidé à reprendre le port d'Anvers et de refaire le coup de 1940 pour négocier une paix séparée avec les américains. On comprend pourquoi Schlupf n'a nulle envie de reculer ou de laisser partir des américains qu'il doit anéantir. D'autant plus que le drapeau envié est une pièce de très grande valeur qui pourrait être bien utile comme monnaie d'échange en cas de coup dur. Pour moi dans cette œuvre, il n'y a aucune fausse note.... ni blanche ni noire ( sauf la mienne).
Toutou Détective
Le livre dont on est le héros n'est pas mort ! Ca existe même en bande dessinée, comme l'ont prouvé plusieurs éditeurs par le passé. Ynnis Editions, spécialisées dans les publications geeks, se lancent à leur tour dans l'aventure, en proposant une BD-jeu venue d'Italie. Nous suivons, ou plutôt nous orientons les aventures de Lucy, petite croisée de quatre ans, qui un beau matin, au détour de sa promenade (ou plutôt sa fugue, puisqu'elle sort du jardin de son maître par une porte dérobée, va se retrouver dans une drôle d'aventure... Ou plutôt plusieurs aventures potentielles, puisque le scénariste a prévu quatre histoires aux fins distinctes, qui permettent aux jeunes lectrices et lecteurs de passer de (très) bons moments de lecture, dans des décors champêtres ou sylvains ma foi plutôt agréables à l'oeil. Des histoires avec plein d'animaux, de créatures mystérieuses, qui constituent une belle entrée en matière dans le livre-jeu pour de jeunes lectrices et lecteurs. Je recommande.
Gaston Lagaffe
Franquin est un génie ! Ses Spirou, les Gaston et Idées noires méritent l'adoration collective. Inattaquable tant idéologiquement (même si sa conception de l'écologie est... disons datée), que dans le trait d'un dynamisme et d'une rondeur incroyables.
Les Schtroumpfs
Je l'affirme, je peux soutenir cette BD au-delà du raisonnable. Ces personnages bleus sont pour moi la plus belle invention de la bande dessinée. Oui, il y aurait à redire sur le méchant Gargamel, le non féminisme de "La Schtroumpfette", le peut-être racisme des "Schtroumpfs noirs". Mais malgré tout, c'est absolument merveilleux ! Seul le Marsupilami a approché la richesse poétique et la pertinence globale de cette invention miraculeuse. Clairement, l'album "Le Schtroumpfissime" mérite le Panthéon. Et combien de merveilleuses idées dans "Les Schtroumpfs et le Cracoucass", "Le Cosmoschtroumpf", "L'oeuf et les schtroumpfs"... Indiscutable coup de mou après l'excellent tome 9 "Schtroumpf vert et vert schtroumpf", déjà aperçu lors des gags en une planche : Peyo cède aux sirènes de la notoriété et accentue le côté jeunesse-mignon de la série, rendant la relecture des contes banale dans l'épisode de la soupe, le discours sur le sport bien convenu, etc. Bien tristement surtout, seuls les albums de Peyo père méritent cet éloge, car Culliford a plus que trahi l'esprit et l'idéologie saint-simonienne. L'inachevé "Schtroumpf financier" demeure beau et stimulant, mais davantage pour la méta-lecture offerte quant au combat d'influence créatrice (sinon parricide en cours) entre le génial Peyo et son horrible Culliford de fils.
De Cape et de Crocs
Merveilleuse BD d'aventure. Du panache, un souffle romanesque, la richesse thématique via le théâtre, des tirades en vers admirables. Une totale réussite. Le diptyque consacré à Eusèbe n'est malheureusement pas du même acabit. L'arrière-goût des amours de jeunesse perdus est présent durant la lecture, le sacrilège plus qu'effleuré, mais la mythologie est respectée et le résultat fort acceptable néanmoins.
Dessiner encore
Un album d’une force incroyable qui confronte le lecteur au traumatisme dont Coco, de son vrai nom Corinne Rey, dessinatrice à Charlie Hebdo, est victime après les attentats. Le 7 janvier 2015, la jeune dessinatrice est prise en otage par des terroristes qui l’obligent à ouvrir la porte de la rédaction de Charlie. Et là, elle assiste au massacre de ses amis. La scène est terrible et le bilan humain effrayant. Depuis ce jour, Coco est en état de choc post traumatique, elle y est aussi submergée par une culpabilité tenace qui s’ajoute à son mal-être. Graphiquement, elle formalise cette submersion en dessinant d’énormes vagues bleues qui font immédiatement penser à l’estampe d’Hokusai (la Grande Vague de Kanagawa) et qui l’emportent. Entre récit chronologique des événements, autoanalyse de ses sentiments et angoisses qui la poursuivent obsessionnellement, Coco tente de trouver la bonne thérapie pour s’en sortir. L’album est d’autant plus émouvant que la dessinatrice raconte aussi les jours heureux, les jours d’avant où tout le monde s’engueulait joyeusement ! C’est vraiment un album à lire.
Un Pacte avec Dieu (Un bail avec Dieu / Le Contrat)
Cet album nous transporte dans le Bronx des années 1920-1930, à une époque où le quartier se transforme sous les yeux de ses habitants pour accueillir toujours plus de familles. Et la vie de tous les jours se déroule sous nos yeux… Will Eisner, qui est un de mes auteurs préférés, sait traduire tout en sensibilité et subtilité l’ambiance de son quartier dans lequel on sent que le fragile équilibre social. Chaque histoire est humaine et semble, au premier abord, d’une grande simplicité : juste un petit morceau de vie, juste l’histoire d’une famille comme les autres, juste un petit incident. Mais à bien y regarder, on perçoit qu’en réalité Eisner aborde des questionnements humains profonds et éternels. Avec un rien de cynisme, il dépeint des destins d’hommes et de femmes, leurs rapports à la chance et à la malchance, leurs liens avec la religion, les effets de la réussite sociale sur un individu et de la déchéance, chez un autre. Les albums de Will Eisner me font penser aux films de Woody Allen dans leur traitement de sujets éternels sur fond de vie quotidienne. C’est profondément humain, intelligent et empreint d’humour, le tout servi par un dessin magnifique et précis.