Les derniers avis (9592 avis)

Par anonyme
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Seuls
Seuls

Bonjour, J'ai lu toute la série de Seuls jusqu'au tome 13 et j'attends le 14e avec impatience. Je peux dire que cette série est juste INCROYABLE. J'ai lu des tas d'autres BDs mais elle, c'est la meilleure. J'ai connu cette BD quand j'allais chez mon orthophoniste à 7ans et demi, j'ai lu seulement le premier tome et j'ai lu tous les autres maintenant, 7ans après. Mon personnage et mon tome préféré, c'est Yvan et le tome 11 : les cloueurs de nuit. Il était à la fois effrayant, humoristique et il y avait beaucoup de suspens.

06/08/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sermilik - Là où naissent les glaces
Sermilik - Là où naissent les glaces

Voilà un album magnifique qui nous relate l'histoire peu banale de Max, jeune marseillais qui va découvrir le rêve de sa vie en feuilletant un documentaire dans une librairie : il sera chasseur arctique ! Forcément, ses potes le charrient, mais à compter de ce jour rien ne pourra dévier Max de cet objectif. C'est donc ce parcours exceptionnel que Simon Hureau nous relate dans cet album qui transpire d'humanité, que ce soit pour le pire ou le meilleur. Max va donc débarquer sur la côte Est du Groenland à 18 ans dans le village de Tiniteqilaaq à une période charnière pour les autochtones. Le glissement de la vie traditionnelle vers une vie plus sédentaire et "occidentalisée" est en marche et Max va en être le témoin direct. Pour sa part, lui n'attend qu'une chose : apprendre les us et coutumes locaux pour devenir un chasseur arctique. Si les Inuits le regardent le sourire en coin quand ils voient débarquer le loustic, son abnégation et son opiniâtreté auront raison des apriori locaux, et Max va petit à petit trouver sa juste place dans cet univers implacable. C'est même lui qui va se retrouver à transmettre aux enfants Inuits les savoirs ancestraux qu'il s'est escrimé à apprendre et à redécouvrir. Simon Hureau réalise ici un album des plus réussis, trouvant un équilibre parfait entre le documentaire à tendance "récit de vie" et le "page turner". On est captivé de bout en bout par sa façon de nous raconter cette vie et son parcours au milieu d'une nature aussi hostile et de cette peuplade qu'il n'est pas facile d'intégrer pour les occidentaux que nous sommes. Son trait tout en douceur et en harmonies, tout comme sa mise en couleur, nous proposent des planches qu'on a le plus grand plaisir à parcourir, surtout quand il s'agit de cette nature sauvage. Une très belle découverte qui augure une belle rencontre à l'automne prochain, car j'aurai la chance d’accueillir l'auteur dans la médiathèque où je travaille ! L'occasion supplémentaire de lui poser un tas de question sur cet album !

05/08/2022 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hors-saison
Hors-saison

Un comics bichromique au format à l'italienne sans super héros et avec des chiens en guise de protagonistes ? Voici clairement le genre de bouquins qui ne risque pas de rester en tête de gondole. Et pourtant, passer à côté de ce petit bijou dramatique serait une grave erreur tant sa lecture se fait agréable, aisée et se révèle une jolie tranche de vie. Mark est un ouvrier qui galère à boucler ses fins de mois. Rénovant des bicoques pour le compte d'un patron malhonnête, il subit sa vie plus qu'il ne la vit. Il doit également faire face à une demande de divorce, gérer ses gosses en bas âge et des parents vieillissants. Dans une époque où Trump va émerger et où la routine prend le pas sur les rêves d'antan, la vie de Mark semble se dissoudre dans un quotidien sinistre... James Sturm prend le rêve américain à revers dans un récit limpide et d'une banalité. La seule fantaisie vient du fait d'utiliser des animaux anthropomorphes et pourtant le tout est étrangement réaliste. La colorisation ajoute un spleen supplémentaire et souligne la monotonie de cette histoire. Et pourtant une lueur d'espoir rayonne en permanence sur l'ensemble. La grande force de cette histoire est de transformer l'ordinaire en extraordinaire car c'est réellement ce qui surprend à l'issue de cette lecture. Un véritable petit bijou et une belle leçon de vie qui parlera plus aux quadragénaires qu'aux jeunes louveteaux.

05/08/2022 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série RIP
RIP

Attention, ici on a affaire à du lourd. Du très très lourd. En matière de qualité, RIP devrait faire date. Je me souviens encore de l'enthousiasme de mon libraire lors de la parution du tout premier tome en 2018. Léger flashback : le début d'une situation financière difficile et compliquée me concernant, il faut faire donc beaucoup de choix sur les lectures. Encore plus facile à éviter lorsque la couverture est moche (c'était mon avis et je continue de le penser) et que les auteurs sont de parfaits inconnus. Mais les différents retours unanimes (et la série s'étant considérablement allongée depuis) ont fait recroiser mon chemin vers ces bouquins. Si RIP se serait uniquement contenté du premier tome, il aurait probablement écopé de la meilleure note sur ce site ainsi que d'un coup de coeur (toujours d'actualité) amplement mérités. En effet, "Je ne survivrai pas à la mort" peut se lire de façon tout à fait indépendante et sa conclusion est un ultime pied de nez aux quelques 100 pages lues. Les autres tomes étayent l'histoire jusqu'à parfois même trop la répéter façon Berceuse assassine mais développent une histoire pas si banale avec une belle collection de bras cassés et de gueules de cinéma. Chapeau bas, cette histoire de nettoyeurs de cadavres semble rapidement tourner en rond alors qu'il n'en est rien, chaque tome ajoutant sa propre couche au "lore" complet de cette histoire machiavélique. Et que dire des dessins ? Julien Monier impose un style qui lui est propre, à la fois lisible et généreux dans un format un poil trop petit pour mes yeux fatigués. Gaet's semble maitriser d'un bout à l'autre toutes les ramifications de son récit et n'hésite pas à y ajouter aussi bien une bonne pincée d'humour noir qu'une certaine poésie macabre. Il n'a rien finalement à retirer de cette grande œuvre dont on a hâte d'en connaitre la conclusion qui va se faire encore un peu attendre. Lire le premier tome ou la totalité ne retirera en rien le plaisir ludique de l'ensemble. Voici un joli duo dont je vais suivre les prochaines publications avec plaisir. Faites vous plaisir : ne passez pas à coté de ce petit bijou qui aura même arraché 4 étoiles à l'aigri et exigeant Gaston !

04/08/2022 (modifier)
Couverture de la série Halifax, mon chagrin
Halifax, mon chagrin

En cherchant comment exprimer mon ressenti sur cet album, j’ai repensé à « Automne en baie de Somme ». Pourquoi ai-je adoré Halifax alors qu’il présente bien des similitudes au niveau de la construction de son récit avec Automne en baie de Somme ? Où se fait la différence dans mon appréciation ? Dans les deux cas, nous avons un récit de type policier dans lequel le théâtre historique joue un grand rôle. Dans les deux cas, l’intrigue policière n’est pas la plus extraordinaire qui soit. Pourtant, j’ai adoré l’un et trouvé l’autre quelconque… Halifax, c’est d’abord un dessin, un style, une patte ; celle de Pascal Regnauld, un auteur rare qui me fascine. Un trait ultra-lisible, une colorisation à la fois franche et nuancée, un encrage inversé (les contours des personnages sont blancs et non noirs comme c’est le cas dans 99 pourcent des albums de bande dessinée). Dès que j’ouvre un de ses livres, je suis happé par le dessin, j’ai envie de lire l’histoire. C’est fascinant de pureté, ce trait a la beauté de l’évidence. Halifax, c’est ensuite un contexte historique. Deux accidents maritimes ont marqué la ville qui servit ainsi de base arrière pour le repêchage des cadavres du Titanic. Et là encore se trouve un des points forts du récit : cette évocation de la récupération des corps des victimes du Titanic, flottant dans des eaux glacées, avec tous les problèmes de logistique qu’elle entraine. C’est le genre d’anecdote historique qui me fascine. Et ce n’est qu’un des aspects historiques développés par cet album, et nous naviguons ainsi dans les eaux de la petite histoire derrière la grande histoire, loin de ce que l’on nous enseigne à l’école mais proches de ce qui fait que l’humanité est telle qu’elle est. Halifax, ce sont des personnages marquants autant que marqués. Marqués par l’histoire autant que par les événements fictifs auxquels ils sont confrontés. J’ai aimé ces gueules, à commencer par celle du héros, Roy Collins, qui dégage cette impression d’être aussi déterminé que désabusé. Halifax, enfin, c’est une enquête policière. Pas la plus incroyable qui soit (comme je l’ai dit en début de chronique) mais qui permet de faire le lien entre les deux tragiques naufrages sans trahir les faits historiques avérés, qui nous tient en haleine quand bien même on devine rapidement qui est l’assassin et, enfin, lorsque l’on se dit que c’était quand même un peu facile, qui nous apporte une petite information en plus qui éclaire le personnage sous un nouvel angle, le rendant plus crédible. En fait, pour moi, Halifax aurait été un ‘sans-fautes’ si l’intrigue policière avait été un peu moins linéaire. En l’état, c’est juste franchement, mais vraiment franchement bien ! Je recommande chaudement !

04/08/2022 (modifier)
Couverture de la série Peter Pan
Peter Pan

Les six tomes de la série de Régis Loisel sont devenus des incontournables dans le monde de la BD franco-belge. Chacun des six tomes renforce la cohésion et la puissance de la série. Je n'y trouve aucun délayage, aucun passage vide ou de remplissage. Chaque case est riche de son graphisme mais aussi de son sens ce qui nous donne à la fin du tome 6 un vrai trésor. C'est d'ailleurs ce trésor que cherche Crochet "quoiqu'il en coûte". Ce trésor, que seule la pauvre Rose a vu et qui l'a fait rire, n'est probablement pas à chercher dans un fantasme illusoire mais plutôt dans la réalisation patiente d'un rêve. Je me trompe peut-être en parlant de fantasme mais il est beaucoup question de psychanalyse dans "Peter Pan". Loisel s'approprie et nous restitue la personnalité de Peter d'une façon presque clinique. Peter a 13+ ans et n'est plus vraiment un enfant. Pourtant il se complaît dans un monde de contes imaginaires qui l'empêche de franchir les rites de passages vers le monde adulte. Tout au long du récit Peter se montre irresponsable, narcissique et immature sexuellement. Plus même, il repousse avec violence toute tentative pour franchir le pas. Sa recherche ambiguë d'une maman idéale n'est plus de son âge, Au contraire il devrait se tourner vers l'image du père ! Mais qui ? Crochet ? Jack ? Kundal ? Loisel propose des pistes mais laisse le flou qui ouvre à l'imagination. Son immaturité sexuelle est bien soulignée par le contraste proposé par Loisel. Car dès le début l'auteur nous installe dans une ambiance dionysiaque. Ambiance violente et réaliste d'un Londres sauce Dickens, avec ses prostituées ou ses violeurs d'enfants ou ambiance plus fantasy avec son satyre Pan, son centaure Pholus (Chiron ?) et ses sirènes à gros tétons. Peter Pan fait des allers-retours entre ces deux types de littérature comme s’il ne savait pas où se poser. Le tome 6 conclut le questionnement de manière anthologique. Peter s'enfermera dans le triangle "Clochette-Crochet-Peter" dont il est le centre et un sommet. Son immaturité et son irresponsabilité se complairont aux manipulations de Clochette et son narcissisme jouira de son éternel combat avec Crochet, l'ennemi qui fait exister. Peter est bien un "pauvre garçon" comme le conclut Loisel. A l'image de Picou ou de Jack, il devient prisonnier de lui-même. J'apprécie beaucoup le graphisme de Régis Loisel. Cette rondeur et cette sensualité dans le trait sont véritablement envoutantes. Ces yeux immenses participent à l'expressivité des personnages mais leur langage corporel rend tout commentaire superflu. A mon avis une série d'une exceptionnelle qualité par sa richesse et son homogénéité scénaristique et graphique. Du grand art.

03/08/2022 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série The Cute Girl Network
The Cute Girl Network

Une belle petite histoire romantique qui atterrit dans mes mains ... Comment résister ? D'autant que cette histoire-là est assez originale dans son traitement. Dans le fond, c'est une simple rencontre entre deux personnes qui se plaisent et ça finit sur le baiser qu'on attend (je vous rassure, il y en a déjà eu un avant et pas que). Mais en même temps, c'est une excellente histoire dans sa forme, exploitant plusieurs pistes que j'ai rarement vues mais qui ont toutes un approfondissement que j'apprécie. Mine de rien, je dirais que la thématique de cette BD est avant tout la question du genre homme-femme, avec pas mal de critiques sur la vision qu'on a de la femme. En même temps, c'est surtout un personnage féminin qui aime faire du skate et ne pas se laisser bouffer qui est au centre du récit. De ce coté là, j'ai beaucoup apprécié Jane, une femme qui en veut ! D'autre part, on a une vision des hommes (mon dieu, ce colocataire beauf et macho !) assez négative, dans un environnement où les femmes s'organisent pour les éviter. Ce qui est agréable, c'est de montrer une histoire d'amour qui franchit plusieurs clichés du genre : le mec est pas sûr de lui et pas entreprenant, par rapport à la femme, la femme sait ce qu'elle veut et n'hésite pas à le dire, on a des femmes s'organisant pour éviter les gros cons de mecs dragueurs et lourds, et surtout j'adore le personnage de Jack. A l'inverse de la plupart des hommes virils, il est simple d'esprit, maladroit, pas très malin, très volontaire, plein de bonne humeur et gentil. Une sorte d'anti-macho, qui veut juste que les gens soient bien et gentils. C'est très amusant de lire ses frasques, d'autant qu'elles m'ont parfois fait penser à des trucs que j'ai déjà pu faire. Ça aide à l'empathie. L'histoire a d'original l'association de femmes se passant les informations sur les ex, histoire de ne pas toujours subir les erreurs de se faire draguer par le gros con (franchement, le colocataire est une caricature parfaitement horrible). Et j'aime l'idée que Jane passe outre, pour de bonnes raisons, et dans une histoire qui ne parait jamais forcée ou convenue. C'est juste une histoire banale dans un très joli enrobage avec des personnages très mignons et réalistes. Une parfaite mise en scène, en somme. Le dessin rajoute une petite touche, avec son côté dynamique et retranscrivant l'ambiance de la ville américaine. C'est plutôt bon et j'aime bien le mélange d'un style cartoon avec le mouvement bien dynamique. C'est chouette à l’œil, ça rend bien. Et pour un dessin de ce style, les moments de tendresse passent très très bien ! Oui, je suis faible face à des histoires de ce genre, mais franchement je trouve que celle-ci a de réels atouts. C'est franchement une très bonne surprise, les thématiques abordées ne sont jamais simplement un décor mal utilisé, c'est un propos qui est tenu et qui me va très bien. Je pense que les amoureux des romans graphiques et des comédies romantiques ne pourront qu'être charmés par cette petite histoire d'amour, simple et original. Pour ma part, j'ai un réel coup de cœur !

02/08/2022 (modifier)
Couverture de la série McQueen
McQueen

Je me souviens de la série Les Enquêtes Auto de Margot, mais comme les dessinateurs étaient trois, je ne sais plus quelle était l'implication réelle de Van der Zuiden ; toujours est-il que dans ce polar, il change de style graphique, tout en restant dans une sorte de Ligne Claire un peu plus épurée, adoptant un style qui rappelle un peu celui de Philippe Berthet. Sa mise en page alterne un découpage à la fois classique et moderne, avec des grandes cases, des pleine-pages ou du gaufrier à 9 cases, ça se démarque vraiment d'autres polars modernes, ce qui fait que ce genre de bande lorgne carrément vers le comics, c'est curieux, je pensais vraiment avoir à faire à un comics en la lisant, d'autant plus que l'époque choisie (les sixties), le style de l'enquête, le fonctionnement du personnage... tout ceci donne un cachet rétro à cette histoire qui reprend tous les clichés imaginables des polars noirs et même des films noirs américains de la grande époque. Quand on en a lu et vu un paquet comme moi, ça peut laisser indifférent, mais quand on est néophyte dans ce domaine et qu'on n'a pas trop vu de ces films bogartiens, ça doit être encore plus exaltant. C'est un polar mouvementé de style hard boiled qui reprend tous les codes du genre et qui joue parfaitement des rebondissements inattendus pour surprendre et étonner ; on y trouve des bagnoles, des actions violentes, des péripéties incroyables, des passages à tabac, des tronches patibulaires, des belles pépées bien carrossées, bref tout l'attirail immuable de ce genre de récit. Le scénario n'a rien de très original puisqu'il se nourrit de tout un tas de clichés, mais on s'immerge bien dedans, la narration est plaisante et bien élaborée, l'ambiance est très réussie, bref c'est très efficace pour tenir en haleine. Le personnage de McQueen est curieux, sa peau bleue et son faciès simiesque lui donnent une étrange originalité, caractériellement, il est plus proche des privés genre brutasse comme Mike Hammer que des privés plus éduqués comme Marlowe, j'aime bien ce gars, même si son apparence physique me fait bizarre. Au final, un polar très sympathique.

30/07/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Malcolm Max
Malcolm Max

Londres fin XIXe, une grosse touche de fantastique mâtinée de steampunk, une bonne grosse enquête sur des voleurs de cadavres et un tueur en série ? Chouette !!! Déjà le pitch match une sacrée dose d'éléments propres à titiller ma corde sensible ! C'est donc dans ce Londres en pleine période Victorienne que Malcolm Max et sa belle acolyte Charisma mènent l'enquête sur des vols de cadavres. Mais cette enquête va trouver des ramifications dans une affaire beaucoup plus importante, celle du tueur en série surnommé Le Poète, qu'on croyait pourtant réglée depuis que ce dernier avait été exécuté... Petite précision, notre enquêteur est un expert du paranormal et de la chasse au démon ; quant à la belle Charisma, elle est pour sa part un demi-vampire. Voilà pour le décor ! Plutôt emballé par le programme je me suis lancé à corps perdu dans cette lecture et j'avoue qu'il m'a fallu un petit moment pour m'adapter à ce qui pour moi reste le point faible de cet album : le texte. Qu'est-ce que ça peut paraître bavard ! Peu habitué à ce genre de narration où le texte occupe une part importante des cases, cela surprend grandement au début. Et puis, je me suis laissé prendre, car heureusement l'histoire est très bonne et les personnages plutôt bien sentis. Le graphisme d'Ingo Römling étant lui aussi très efficace, on finit par se laisser totalement embarquer par cette enquête mouvementée et ésotérique. Les rebondissements s'enchaînent, les scènes de crimes très théâtrales sont assez fantastiques : j'en redemande ! Une belle découverte que cette série, j'attends la suite avec impatience. *** Tome 2 *** L'album commence tambours battants, Malcolm et Charisma se retrouvant tous deux dans une situation plus qu'inconfortable. Charisma a été faite prisonnière en visitant l'usine Shacklock qui fabrique les étranges "hommes mécaniques", sous la direction du répugnant Leech et Malcolm se retrouve incarcéré dans la Tour de Londres, suspecté de la vague de meurtres atroces ayant plagié le défunt tueur en série le Poète... Un comble, vu qu'il enquêtait sur ces derniers, surtout que les âmes desdites défuntes à qui il a promis vengeance vont se rappeler à son bon souvenir pour qu'il honore sa promesse... Avec ce 2e opus, l'intrigue avance, les personnages se dévoilent petit à petit et le puzzle commence à prendre forme. Le rythme prend le pas sur le côté un peu bavard toujours présent mais bien dosé et on se surprend à arriver à la fin de ces 46 pages sans avoir eu le temps de s'en rendre compte ni de souffler. On en aurait même voulu un peu plus, brisé dans notre élan... En tout cas le talent de notre duo d'auteur se confirme et j'attends donc la suite avec impatience ! *** Tome 3 *** Voilà un tome conclusif comme je les aime ! Tout aussi efficace et rythmé que les deux premiers en apportant réponse à tous les mystères et questions que déroule le scénario. Bravo ! Car ce troisième tome monte encore la barre plus haut ! Que ce soit dans l'action, l'horreur, l'humour, notre duo d'auteurs s'est surpassé pour nous proposer une des meilleures série que j'aurai pu lire cette année. Côté dessin, Ingo Römling fait toujours des merveilles avec un trait racé qui colle à merveille à cette ambiance Victorienne. C'est donc avec quelques regrets que l'on referme ce troisième et dernier opus. Un second cycle, ça vous tente pas les gars ???

12/08/2020 (MAJ le 29/07/2022) (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Breakwater
Breakwater

Ce qui interpelle d’emblée dans ce roman graphique, c’est cette atmosphère particulière. Derrière la grisaille apparente du dessin, qui peut rebuter de prime abord, se dissimule une belle ambiance intimiste, pleine de douceur. Et pourtant, le sujet autant que le contexte n’inspirent pas forcément la gaité, et c’est là tout le paradoxe du livre. « Breakwater », c’est l’histoire d’une femme entre deux âges, résignée à son job d’ouvreuse dans un cinéma décrépit dont la splendeur s’est effacée peu à peu sous la poussière du temps. Loin des multiplexes clinquants, on y joue principalement des films d’art et d’essai. Sa vie est banale à pleurer, mais elle semble toutefois s’en contenter. Un peu timide, Chris va faire connaissance avec Dan, un jeune homme qui vient d’être recruté par le directeur du cinéma. Ces deux êtres que la solitude a rapprochés vont nouer une solide complicité, l’homosexualité de Dan écartant toute ambigüité sur le type de relation qu’il établira avec sa collègue. Mais pour ce dernier, en apparence équilibré, des événements troublants vont peu à peu se faire jour, annonciateurs du drame à venir… Alors pourquoi « Breakwater » est-il si plaisant malgré toute cette « grisaille » ? Cela tient à deux facteurs. Tout d’abord le dessin (noir et blanc bien sûr), qui laisse infuser son charme au fil des pages. Katriona Chapman a su injecter une grande sensibilité dans son trait crayonné somme toute assez rudimentaire. Et si les personnages restent expressifs malgré ce minimalisme, le charme réside en grande partie dans l’ambiance, avec plusieurs pleines pages représentant les couloirs du vieux ciné nimbés d’une lumière rasante, ou la ville de Brighton à la météo chagrine malgré sa position maritime dans l’Angleterre méridionale. L’autre facteur, c’est un scénario simplissime composé des phrases courtes et de silences. De même, l’autrice a su refléter l'humanité des personnages à travers leurs expressions. Ces personnages ordinaires, héros du quotidien à mille lieues du monde de la « win », nous sont extrêmement proches. Sans en faire des tonnes, Katriona Chapman a su leur conférer une âme qui ne peut que toucher le lecteur un tant soi peu empathique, en particulier dans les dernières pages du récit où Chris est confronté à un terrible dilemme. Et comme l’histoire se déroule dans un cinéma, il apparaît plus que logique de faire le lien avec Ken Loach. En effet, le cinéaste britannique aurait très bien pu faire un long-métrage de cette peinture sociale mélancolique, à la fois pleine de fraîcheur et de gravité, et qui laisse tout de même entrevoir une parcelle bienvenue de paradis terrestre. « Breakwater » est sans aucun doute la lecture idéale au cœur de l’été. Un moment de grâce et d’intelligence, où l’intimité rejoint l’intemporalité, loin du fracas de la vie urbaine et de ses égoïsmes. Et tout cela malgré un sujet grave mais dans lequel se retrouveront tout celles et ceux qui peinent parfois à s’intégrer à ce monde « stoned » qui nous assène en permanence ses « souriantes » injonctions à la performance.

28/07/2022 (modifier)