J'ai connu March comes in like a lion via son adaptation en anime et ai par la suite lu les mangas car j'étais tombé amoureux de cet univers et de ses personnages.
Ce qui fait la force de ce manga, en effet, ce n'est ni le fait que le héros soit un joueur professionnel de Shogi ni le fait qu'il soit orphelin. Nous ne sommes pas ici en présence d'un shonen à la Hikaru No Go et l'intérêt principal de ce manga est la tranche de vie des personnages et les relations qu'ils entretiennent, leur évolution et leur vie malgré les obstacles et les difficultés. Les personnages secondaires sont tous très intéressants et bien développés.
On partage la vie de Rei Kiriyama, ses doutes, ses rencontres, ses joies et ses peines et sans s'en rendre compte, 16 tomes sont terminés et il faut attendre impatiemment la suite qui tarde toujours trop à arriver.
J'ai lu les 16 tomes en quelques semaines et je recommande vivement ce manga à tous :)
RIP Bunchan <3
300ème avis
Ça aurait pu être 300 de Miller pour le clin d’œil, mais il était temps de mettre véritablement à l’honneur un auteur qui m’est cher : Andreas, un homme exigeant envers lui mais également envers son lecteur. Un tueur dans son genre, il m’en aura mis des claques et fait perdre des cheveux.
Capricorne est sa série la plus abordable, un must pour qui souhaite découvrir l’auteur.
Je l’ai découverte à l’aube des années 2000, depuis je me suis précipité sur chaque parution, ainsi que sur toutes les autres œuvres d’Andreas. A noter qu’une de ses autres séries, Rork, partage le même univers. Sa lecture enrichit diablement certains passages de Capricorne (Deliah, les cavaliers de l’apocalypse …) et donne énormément de cohérence.
Capricorne est une série terminée en 20 tomes (prémédité par l’auteur) qui m’aura tenu en haleine de A à Z.
De l’aventure fantastique (un peu old school) qui me ravit à chaque relecture. Pourtant c’est animé par des personnages pas spécialement charismatiques, alors d’où vient la magie ?
Facile !! du style Andreas.
La lecture est magique, j’en prends plein les yeux à chaque fois avec sa narration. C’est un peu sa marque de fabrique, une mise en page inspirée, des perspectives improbables, il peut tout dessiner. Avec lui, c’est tout sauf monotone, quelle maestria dans la réalisation graphique. J’adore !! c’est ponctué de pages tout simplement fabuleuses. Sur certains albums, l’auteur s’est même amusé en s’imposant des contraintes graphiques.
L’aventure démarre gentiment avec les 5 premiers tomes. Des histoires uniques, on découvre les personnages, l’univers au style gentiment vieillot. Le 3 et 5 sont des pépites à mes yeux, ainsi que le début du 1er, plein de mystère et de promesses.
Puis arrive au tome 6, le début du cycle « Concept » qui s’achèvera dans le 9 (un double album) et chamboulera le fonctionnement de ce monde. Des réponses et des nouvelles questions arrivent. Andreas joue avec son lecteur et l’emmène où il veut. Les lecteurs commenceront à apercevoir toutes les miettes (indices) semées depuis le début.
Les 5 suivants affichent un changement de mentalité de notre héros. Comme une parenthèse dans la série, ils retracent son voyage retour vers New York. Andreas expérimente : il crée un huis clos dans le 10, teste une narration uniquement horizontale dans le 11, muette pour le 12, effet prison pour le 13… il continuera par la suite avec d’autres trouvailles.
Le 11 et 12 sont peut être le ventre mou de la série, pour les autres c’est du tout bon.
A compter du 15, du très lourd, on renoue avec les débuts, les fils se dénouent au compte goutte, jusqu’au tome 20, au final tant espéré.
Je dois avouer que la toute fin est cohérente cependant je n’ai pas eu le petit goût de satisfaction totale.
Mais qu’importe la destination tant qu’il y a le voyage.
Culte !!
J’adore cette série, chaque nouveauté me faisait systématiquement tout relire, on découvrait alors ce qui nous avait parfois échappé et le génie de son auteur. Le tout est d’une grande maîtrise, scotché par autant de talent, et dire que cette série a failli être abandonnée par l’éditeur en cours de route ?! Ça aurait été une hérésie.
Pour moi qui ne suis pas du tout une aventurière, cet album a été un bol d'air !
C'est l'histoire vraie d'une jeune femme qui part seule à moto de Paris pour rallier le Japon, début juin 2010. Elle traverse donc l'Europe de part en part, puis l'Ouzbékistan, le Kazakhstan, la Mongolie (sans goudron) en passant par la Russie, sur sa petite 125.
Ses peurs, les nuits sous la tente sur des aires d'autoroutes, sous des ponts, la météo pas toujours joyeuse, ses soulagements, ses pannes mécaniques, le passage des frontières, l'aide des gens qui croisent son chemin, des haltes dans des familles, la solidarité entre motards. Tout un quotidien de 80 jours résumé en 168 pages.
Le dessin aux couleurs assez réalistes, sans grande originalité, avec juste des croquis au trait quand elle partage des souvenirs intéressants pour comprendre sa réaction, par exemple. De temps en temps : un tracé du parcours sur la carte avec les évènements racontés situés entre les capitales aux noms connus. La personnification de la moto et certaines fiches "conseil," donnent un aspect manga un peu enfantin par moment.
La police de caractère choisie pour les bulles est un peu froide et c'est dommage.
Bref c'est un reportage BD qui aurait pu être plus chaleureux, mais qui permet quand même de se faire une idée de l'aventure et des différents pays traversés.
Une histoire virevoltante qui imagine comment Edmond Rostand, dramaturge un peu falot de la toute fin du XIXème siècle, s'est mis à écrire Cyrano de Bergerac, la pièce comique à succès que l'on connait. (surtout grâce au film avec Gérard Depardieu)
La couverture manquant de précision et d'originalité, les avis de BDthèque n'étant guère enthousiastes, j'avais loupé cet album. Puis, en cherchant une lecture gaie, dans une librairie d'occasion, je tombe sur le volume : j'ouvre et je vois une lumière chaude, des couleurs, des sourires aux joues rougies, des trognes, le tout baignant dans une aquarelle un peu débordante : je l'empoche.
Ce scénario gigogne de la fiction à l'intérieur de la fiction (un peu comme dans le film "Looking for Richard") est ici très bien mené. Je suppose qu'en pièce de théâtre cela donne un effet un peu redondant, too much. Mais en BD, c'est très réussi. L'urgence économique du propriétaire du théâtre qui est aussi celui qui jouera le rôle de Cyrano, le milieu des demi-mondaines et des comédiennes, le tenancier noir et érudit du bistro où Edmond Rostand à ses habitudes, la facilité à improviser en vers de l'écrivain, à se servir de ce qui l'entoure pour reconstituer un fil narratif... Tout est drôle et enchevêtré avec habileté.
L'ambiance 1900 est certes éloignée de nos préoccupations actuelles, le dessin peu inventif mais très efficace, et c'est par la jubilation des mots et des dispositifs scéniques que cet album emporte le morceau. C'est roboratif, complexe et agréable. A conseiller aux amoureux des mots, du théâtre et des tout débuts du XXème siècle, et à ceux qui on besoin de penser à autre chose qu'eux-même ...
La description de Van Laere est parfaite , je n'ai presque rien à ajouter !
Comme elle (?) je suis emballée par la précision de l'observation du monde rural. En France, comme en Belgique visiblement, le contrôle social à la campagne est plus présent qu'ailleurs. Les lieux de socialisation sont moins nombreux, et regroupent les familles. Si bien que si on a envie de prendre un chemin de vie légèrement différent, souvent on est obligé de partir à la ville. Ici l'héroïne, Merel, qui élève des canards au bout du village, n'est pas partie. Elle a trouvé sa place sans se marier, et en devenant la correspondante du quotidien local, elle est de toutes les fêtes.
Pourtant il suffit d'un couple qui bat de l'aile pour qu'elle devienne le bouc émissaire rêvé.
Les trois points fort de cet album :
1. Des dialogues très simples et justes qui donnent de l'épaisseur aux personnages
2. Un scénario qui monte en pression au point qu'on ne sait pas du tout comment cela va se terminer, va-t-on vers le gore ? vers le happy-end ? et rien de tout cela finalement. Et ce qui aurait pu être un documentaire devient une fiction haletante.
3. Un dessin déroutant par sa simplicité presque enfantine, et l'égalité de traitement graphique entre les genres et les âges qui est tellement plus proche de la vraie vie que les représentations habituelles... Merci pour ça. C'est aussi une marche vers la déconstruction des genres, voire des rapports parents-enfants. Et quand je dis déconstruction, ce n'est pas destruction : une mise à plat qui rebat les cartes et nous aide à voir plus clair.
Bref, c'est un album à mettre entre toutes les mains, la place des enfants est cruciale (dans le scénario comme dans la vie rurale), certains personnages plus âgés sont aussi importants dans l'histoire. Une fiction particulièrement utile pour comprendre notre époque .
Les amateurs d'héroïc-fantasy, passez votre chemin, on est les deux pieds dans le fumier !
Est-ce possible que le Tueur se soit rangé et qu’il travaille désormais dans un bureau, comme analyste dans une compagnie maritime ? Non, ce n’est qu’une apparence, une couverture comme ils disent dans le jargon des services secrets français. Après la fin de la série principale intitulée « Le Tueur », une nouvelle série commence. Cette fois, il s’agit du « Tueur, affaires d’Etat ».
Notre héros est toujours aussi cynique, sombre et pessimiste sur les comportements humains. Il est aussi toujours tueur à gages et finalement, continue à faire ce qu’il a toujours fait : ses planques, ses visées et son sang froid qui opère, une fois de plus.
Le Tueur exprime toujours ses pensées profondes en voix off, ses sujets de réflexion portant cette fois sur la vie politique et les hommes qui l’animent. Trafic de drogue, trafic d’armes, achats de voix électorales, corruption d'élus… sont les sujets traités par cette nouvelle série. Le tout sur fond de port du Havre ! C’est intéressant mais par rapport à la série principale, on voyage moins ! Une fois encore, le scénario fonctionne bien et le dessin, toujours au top. Les vues sur la mer depuis les immeubles de la Porte Océane, emblème de la ville reconstruite, sont superbes. Le premier tome lance l’histoire en douceur, le second et le troisième sont plus denses et posent pas mal de questions sur le monde politique... une question d’actualité.
Le tome 4, que je viens de lire après avoir relu la série complète, marque une rupture dans la psychologie du personnage : son armure se fend de quelques dixièmes de millimètres... mais quand même, ce n'est pas rien ! Une ombre d'humanité plane sur quelques pages et on attend la suite pour voir comment ce très discret changement va faire évoluer le personnage, ou pas. Une bonne idée du scénariste pour secouer un peu notre héros dont le professionnalisme et la vie sont parfaitement huilés et maîtrisés. Par ailleurs, le Tueur ne se contente plus de son immuable "Comment ?" mais pose cette fois la question du "Pourquoi ?" à laquelle il avait toujours refusé de céder. Et ceci n'est pas non plus un détail. On attend la suite...
Les mini-albums Bobo paraissaient dans le journal de Spirou à une époque où nous étions étudiants. Il fallait retirer les pages centrales du journal, faire un découpage, un pliage et un agrafage. On avait alors un tout petit album qui évidemment ne permettait pas des dessins très élaborés. Mais le tout petit album avec des histoires courtes et drôles faisait partie du plaisir. Ainsi nous aimions beaucoup les tout petits albums de Bobo, qui ne se prenaient pas au sérieux et qui n'étaient pas destinés à être conservés. Et nous aimions aussi beaucoup les histoires des Dalton qui me font toujours rire. En fait, je ne sais pas si de nouvelles histoires de prisonniers me feraient rire actuellement.
L'avis d'Hervé m'a incité à me lancer dans cette aventure, car c'est tout à fait dans un style que j'aime, le genre de bande remuante et décomplexée dans le même style que Mexicana, Nevada (Delcourt) ou Tango (Xavier/Matz)... à la différence que je suis plus généreux en note que l'avis précédent, parce que justement c'est une Bd de pure détente qui ne s'encombre pas d'une psychologie poussée ou d'introspection chargée, il en faut de temps en temps. De plus, il faut reconnaître que la couverture du tome 1 est très aguicheuse.
On est au coeur de l'Australie sauvage, peuplée de bouseux, les paysages ressemblent beaucoup à certains de l'Ouest américain, et si on ne nous disait pas que c'est situé dans l'outback australien et si on n'y voyait pas la culture aborigène, ça pourrait très bien se passer en Arizona ou au Nouveau Mexique...
La bande utilise une trame scénaristique classique, il s'agit d'une sombre histoire d'héritage familial et de scandale écologique, avec un duo féminin comme il se doit puisqu'on est dans une époque de néo-féminisme exacerbé, on retrouve tout ceci dans les films hollywoodiens récents. Bref, on a une jolie fille opposée à une bande de salopards qui de plus sont sa belle famille ; à ce récit principal, se greffent des intrigues secondaires avec des gens corrompus et pas nets, ces intrigues étrangement renforcent l'intrigue principale, les péripéties sont nombreuses, c'est mené rondement, de façon explosive, c'est rythmé, sans temps morts, avec de nombreuses fusillades. Comme on le voit, c'est un peu cliché et déja vu, mais ça m'est égal, je me suis régalé avec ce diptyque.
Le dessin est proprement superbe, je ne connais pas ce dessinateur, mais bravo ! j'espère qu'on le reverra sur d'autres Bd. Son dessin est très inspiré de celui de Philippe Aymond sur Lady S., un trait fin et très élégant, qui met en valeur l'héroïne principale Birdy, et qui reproduit de magnifiques décors grâce aussi à de grands cadrages qui ressemblent à des plans cinématographiques, bref c'est une belle ambiance graphique.
Quant au choix éditorial de sortir 2 albums le même jour, ça peut sembler étonnant, mais ça s'est déja vu, et ça n'affecte pas la qualité de cette Bd qui je le répète, est une pure Bd de détente, un peu dans l'esprit de Tango (Xavier/Matz).
Tombé dessus totalement par hasard dans une grande enseigne, moi et ma compagne avons tout de suite flashé sur l'aspect de la couverture, et des dessins que je trouve magnifique.
Ayant toujours adoré les intégrales, on n'a pas hésité longtemps avant de l'acheter, autant dire que je n'ai pas regretté notre achat.
Sincèrement je n'ai pas grand chose à dire, c'est une des meilleures BD que j'ai lues dernièrement, je ne vois pas vraiment de points négatifs.
-L'aspect esthétique est très propre, que ça soit pour les effets de lumières, le choix des couleurs ou la texture des vêtements (le genre de BD où je peux facilement rester à observer les détails d'une planche longuement avant de changer de page).
-L'histoire est claire et compréhensible, mais sans être trop simplifiée (notamment certains passages où on sent que la documentation technique a été bien étudiée). Je ne suis pas un expert, mais vu ce que j'ai pu lire sur le net c'est assez fidèle aux évènements réels.
Je ne connaissais ni l'auteur ni le dessinateur avant ça, et j'espère revoir leur travail ailleurs !
C’est en déambulant dans les allées de quai des bulles que j’ai découvert par hasard chez les humanoïdes associés l’intégrale de « Retour sur Belzagor ». Je ne connais pas du tout le roman de Robert Silverberg mais visuellement je suis tombé raide dingue du graphisme de Laura Zuccheri. Son coup de crayon est juste incroyable. Que c’est beau, avec un festival d’animaux exotiques incroyables. Rien que pour l’animalerie extra-terrestre cela vaut le coup d’œil.
Je ne peux pas ne pas faire le parallèle avec le monde chimérique de Léo. Nous sommes sur la même veine. C’est du grand art et je me suis vraiment régalé à suivre les aventures de Gundy sur les terres de Belzagor. De belles valeurs sont mises en exergue. La colonisation et le racisme sont dénoncés. La tolérance est prônée. Du suspens et des rebondissements sont au rendez-vous. La lecture est fluide et prenante. On ne lâche pas le bouquin. Au final c’est une histoire aboutie qui mérite toute votre attention. Le mythe de la jeunesse éternelle revisitée !
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La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
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March comes in like a lion
J'ai connu March comes in like a lion via son adaptation en anime et ai par la suite lu les mangas car j'étais tombé amoureux de cet univers et de ses personnages. Ce qui fait la force de ce manga, en effet, ce n'est ni le fait que le héros soit un joueur professionnel de Shogi ni le fait qu'il soit orphelin. Nous ne sommes pas ici en présence d'un shonen à la Hikaru No Go et l'intérêt principal de ce manga est la tranche de vie des personnages et les relations qu'ils entretiennent, leur évolution et leur vie malgré les obstacles et les difficultés. Les personnages secondaires sont tous très intéressants et bien développés. On partage la vie de Rei Kiriyama, ses doutes, ses rencontres, ses joies et ses peines et sans s'en rendre compte, 16 tomes sont terminés et il faut attendre impatiemment la suite qui tarde toujours trop à arriver. J'ai lu les 16 tomes en quelques semaines et je recommande vivement ce manga à tous :) RIP Bunchan <3
Capricorne
300ème avis Ça aurait pu être 300 de Miller pour le clin d’œil, mais il était temps de mettre véritablement à l’honneur un auteur qui m’est cher : Andreas, un homme exigeant envers lui mais également envers son lecteur. Un tueur dans son genre, il m’en aura mis des claques et fait perdre des cheveux. Capricorne est sa série la plus abordable, un must pour qui souhaite découvrir l’auteur. Je l’ai découverte à l’aube des années 2000, depuis je me suis précipité sur chaque parution, ainsi que sur toutes les autres œuvres d’Andreas. A noter qu’une de ses autres séries, Rork, partage le même univers. Sa lecture enrichit diablement certains passages de Capricorne (Deliah, les cavaliers de l’apocalypse …) et donne énormément de cohérence. Capricorne est une série terminée en 20 tomes (prémédité par l’auteur) qui m’aura tenu en haleine de A à Z. De l’aventure fantastique (un peu old school) qui me ravit à chaque relecture. Pourtant c’est animé par des personnages pas spécialement charismatiques, alors d’où vient la magie ? Facile !! du style Andreas. La lecture est magique, j’en prends plein les yeux à chaque fois avec sa narration. C’est un peu sa marque de fabrique, une mise en page inspirée, des perspectives improbables, il peut tout dessiner. Avec lui, c’est tout sauf monotone, quelle maestria dans la réalisation graphique. J’adore !! c’est ponctué de pages tout simplement fabuleuses. Sur certains albums, l’auteur s’est même amusé en s’imposant des contraintes graphiques. L’aventure démarre gentiment avec les 5 premiers tomes. Des histoires uniques, on découvre les personnages, l’univers au style gentiment vieillot. Le 3 et 5 sont des pépites à mes yeux, ainsi que le début du 1er, plein de mystère et de promesses. Puis arrive au tome 6, le début du cycle « Concept » qui s’achèvera dans le 9 (un double album) et chamboulera le fonctionnement de ce monde. Des réponses et des nouvelles questions arrivent. Andreas joue avec son lecteur et l’emmène où il veut. Les lecteurs commenceront à apercevoir toutes les miettes (indices) semées depuis le début. Les 5 suivants affichent un changement de mentalité de notre héros. Comme une parenthèse dans la série, ils retracent son voyage retour vers New York. Andreas expérimente : il crée un huis clos dans le 10, teste une narration uniquement horizontale dans le 11, muette pour le 12, effet prison pour le 13… il continuera par la suite avec d’autres trouvailles. Le 11 et 12 sont peut être le ventre mou de la série, pour les autres c’est du tout bon. A compter du 15, du très lourd, on renoue avec les débuts, les fils se dénouent au compte goutte, jusqu’au tome 20, au final tant espéré. Je dois avouer que la toute fin est cohérente cependant je n’ai pas eu le petit goût de satisfaction totale. Mais qu’importe la destination tant qu’il y a le voyage. Culte !! J’adore cette série, chaque nouveauté me faisait systématiquement tout relire, on découvrait alors ce qui nous avait parfois échappé et le génie de son auteur. Le tout est d’une grande maîtrise, scotché par autant de talent, et dire que cette série a failli être abandonnée par l’éditeur en cours de route ?! Ça aurait été une hérésie.
Back to Japan
Pour moi qui ne suis pas du tout une aventurière, cet album a été un bol d'air ! C'est l'histoire vraie d'une jeune femme qui part seule à moto de Paris pour rallier le Japon, début juin 2010. Elle traverse donc l'Europe de part en part, puis l'Ouzbékistan, le Kazakhstan, la Mongolie (sans goudron) en passant par la Russie, sur sa petite 125. Ses peurs, les nuits sous la tente sur des aires d'autoroutes, sous des ponts, la météo pas toujours joyeuse, ses soulagements, ses pannes mécaniques, le passage des frontières, l'aide des gens qui croisent son chemin, des haltes dans des familles, la solidarité entre motards. Tout un quotidien de 80 jours résumé en 168 pages. Le dessin aux couleurs assez réalistes, sans grande originalité, avec juste des croquis au trait quand elle partage des souvenirs intéressants pour comprendre sa réaction, par exemple. De temps en temps : un tracé du parcours sur la carte avec les évènements racontés situés entre les capitales aux noms connus. La personnification de la moto et certaines fiches "conseil," donnent un aspect manga un peu enfantin par moment. La police de caractère choisie pour les bulles est un peu froide et c'est dommage. Bref c'est un reportage BD qui aurait pu être plus chaleureux, mais qui permet quand même de se faire une idée de l'aventure et des différents pays traversés.
Edmond
Une histoire virevoltante qui imagine comment Edmond Rostand, dramaturge un peu falot de la toute fin du XIXème siècle, s'est mis à écrire Cyrano de Bergerac, la pièce comique à succès que l'on connait. (surtout grâce au film avec Gérard Depardieu) La couverture manquant de précision et d'originalité, les avis de BDthèque n'étant guère enthousiastes, j'avais loupé cet album. Puis, en cherchant une lecture gaie, dans une librairie d'occasion, je tombe sur le volume : j'ouvre et je vois une lumière chaude, des couleurs, des sourires aux joues rougies, des trognes, le tout baignant dans une aquarelle un peu débordante : je l'empoche. Ce scénario gigogne de la fiction à l'intérieur de la fiction (un peu comme dans le film "Looking for Richard") est ici très bien mené. Je suppose qu'en pièce de théâtre cela donne un effet un peu redondant, too much. Mais en BD, c'est très réussi. L'urgence économique du propriétaire du théâtre qui est aussi celui qui jouera le rôle de Cyrano, le milieu des demi-mondaines et des comédiennes, le tenancier noir et érudit du bistro où Edmond Rostand à ses habitudes, la facilité à improviser en vers de l'écrivain, à se servir de ce qui l'entoure pour reconstituer un fil narratif... Tout est drôle et enchevêtré avec habileté. L'ambiance 1900 est certes éloignée de nos préoccupations actuelles, le dessin peu inventif mais très efficace, et c'est par la jubilation des mots et des dispositifs scéniques que cet album emporte le morceau. C'est roboratif, complexe et agréable. A conseiller aux amoureux des mots, du théâtre et des tout débuts du XXème siècle, et à ceux qui on besoin de penser à autre chose qu'eux-même ...
Merel
La description de Van Laere est parfaite , je n'ai presque rien à ajouter ! Comme elle (?) je suis emballée par la précision de l'observation du monde rural. En France, comme en Belgique visiblement, le contrôle social à la campagne est plus présent qu'ailleurs. Les lieux de socialisation sont moins nombreux, et regroupent les familles. Si bien que si on a envie de prendre un chemin de vie légèrement différent, souvent on est obligé de partir à la ville. Ici l'héroïne, Merel, qui élève des canards au bout du village, n'est pas partie. Elle a trouvé sa place sans se marier, et en devenant la correspondante du quotidien local, elle est de toutes les fêtes. Pourtant il suffit d'un couple qui bat de l'aile pour qu'elle devienne le bouc émissaire rêvé. Les trois points fort de cet album : 1. Des dialogues très simples et justes qui donnent de l'épaisseur aux personnages 2. Un scénario qui monte en pression au point qu'on ne sait pas du tout comment cela va se terminer, va-t-on vers le gore ? vers le happy-end ? et rien de tout cela finalement. Et ce qui aurait pu être un documentaire devient une fiction haletante. 3. Un dessin déroutant par sa simplicité presque enfantine, et l'égalité de traitement graphique entre les genres et les âges qui est tellement plus proche de la vraie vie que les représentations habituelles... Merci pour ça. C'est aussi une marche vers la déconstruction des genres, voire des rapports parents-enfants. Et quand je dis déconstruction, ce n'est pas destruction : une mise à plat qui rebat les cartes et nous aide à voir plus clair. Bref, c'est un album à mettre entre toutes les mains, la place des enfants est cruciale (dans le scénario comme dans la vie rurale), certains personnages plus âgés sont aussi importants dans l'histoire. Une fiction particulièrement utile pour comprendre notre époque . Les amateurs d'héroïc-fantasy, passez votre chemin, on est les deux pieds dans le fumier !
Le Tueur - Affaires d'Etat
Est-ce possible que le Tueur se soit rangé et qu’il travaille désormais dans un bureau, comme analyste dans une compagnie maritime ? Non, ce n’est qu’une apparence, une couverture comme ils disent dans le jargon des services secrets français. Après la fin de la série principale intitulée « Le Tueur », une nouvelle série commence. Cette fois, il s’agit du « Tueur, affaires d’Etat ». Notre héros est toujours aussi cynique, sombre et pessimiste sur les comportements humains. Il est aussi toujours tueur à gages et finalement, continue à faire ce qu’il a toujours fait : ses planques, ses visées et son sang froid qui opère, une fois de plus. Le Tueur exprime toujours ses pensées profondes en voix off, ses sujets de réflexion portant cette fois sur la vie politique et les hommes qui l’animent. Trafic de drogue, trafic d’armes, achats de voix électorales, corruption d'élus… sont les sujets traités par cette nouvelle série. Le tout sur fond de port du Havre ! C’est intéressant mais par rapport à la série principale, on voyage moins ! Une fois encore, le scénario fonctionne bien et le dessin, toujours au top. Les vues sur la mer depuis les immeubles de la Porte Océane, emblème de la ville reconstruite, sont superbes. Le premier tome lance l’histoire en douceur, le second et le troisième sont plus denses et posent pas mal de questions sur le monde politique... une question d’actualité. Le tome 4, que je viens de lire après avoir relu la série complète, marque une rupture dans la psychologie du personnage : son armure se fend de quelques dixièmes de millimètres... mais quand même, ce n'est pas rien ! Une ombre d'humanité plane sur quelques pages et on attend la suite pour voir comment ce très discret changement va faire évoluer le personnage, ou pas. Une bonne idée du scénariste pour secouer un peu notre héros dont le professionnalisme et la vie sont parfaitement huilés et maîtrisés. Par ailleurs, le Tueur ne se contente plus de son immuable "Comment ?" mais pose cette fois la question du "Pourquoi ?" à laquelle il avait toujours refusé de céder. Et ceci n'est pas non plus un détail. On attend la suite...
Bobo
Les mini-albums Bobo paraissaient dans le journal de Spirou à une époque où nous étions étudiants. Il fallait retirer les pages centrales du journal, faire un découpage, un pliage et un agrafage. On avait alors un tout petit album qui évidemment ne permettait pas des dessins très élaborés. Mais le tout petit album avec des histoires courtes et drôles faisait partie du plaisir. Ainsi nous aimions beaucoup les tout petits albums de Bobo, qui ne se prenaient pas au sérieux et qui n'étaient pas destinés à être conservés. Et nous aimions aussi beaucoup les histoires des Dalton qui me font toujours rire. En fait, je ne sais pas si de nouvelles histoires de prisonniers me feraient rire actuellement.
A prix d'or
L'avis d'Hervé m'a incité à me lancer dans cette aventure, car c'est tout à fait dans un style que j'aime, le genre de bande remuante et décomplexée dans le même style que Mexicana, Nevada (Delcourt) ou Tango (Xavier/Matz)... à la différence que je suis plus généreux en note que l'avis précédent, parce que justement c'est une Bd de pure détente qui ne s'encombre pas d'une psychologie poussée ou d'introspection chargée, il en faut de temps en temps. De plus, il faut reconnaître que la couverture du tome 1 est très aguicheuse. On est au coeur de l'Australie sauvage, peuplée de bouseux, les paysages ressemblent beaucoup à certains de l'Ouest américain, et si on ne nous disait pas que c'est situé dans l'outback australien et si on n'y voyait pas la culture aborigène, ça pourrait très bien se passer en Arizona ou au Nouveau Mexique... La bande utilise une trame scénaristique classique, il s'agit d'une sombre histoire d'héritage familial et de scandale écologique, avec un duo féminin comme il se doit puisqu'on est dans une époque de néo-féminisme exacerbé, on retrouve tout ceci dans les films hollywoodiens récents. Bref, on a une jolie fille opposée à une bande de salopards qui de plus sont sa belle famille ; à ce récit principal, se greffent des intrigues secondaires avec des gens corrompus et pas nets, ces intrigues étrangement renforcent l'intrigue principale, les péripéties sont nombreuses, c'est mené rondement, de façon explosive, c'est rythmé, sans temps morts, avec de nombreuses fusillades. Comme on le voit, c'est un peu cliché et déja vu, mais ça m'est égal, je me suis régalé avec ce diptyque. Le dessin est proprement superbe, je ne connais pas ce dessinateur, mais bravo ! j'espère qu'on le reverra sur d'autres Bd. Son dessin est très inspiré de celui de Philippe Aymond sur Lady S., un trait fin et très élégant, qui met en valeur l'héroïne principale Birdy, et qui reproduit de magnifiques décors grâce aussi à de grands cadrages qui ressemblent à des plans cinématographiques, bref c'est une belle ambiance graphique. Quant au choix éditorial de sortir 2 albums le même jour, ça peut sembler étonnant, mais ça s'est déja vu, et ça n'affecte pas la qualité de cette Bd qui je le répète, est une pure Bd de détente, un peu dans l'esprit de Tango (Xavier/Matz).
Toutankhamon - L'Odyssée d'Howard Carter
Tombé dessus totalement par hasard dans une grande enseigne, moi et ma compagne avons tout de suite flashé sur l'aspect de la couverture, et des dessins que je trouve magnifique. Ayant toujours adoré les intégrales, on n'a pas hésité longtemps avant de l'acheter, autant dire que je n'ai pas regretté notre achat. Sincèrement je n'ai pas grand chose à dire, c'est une des meilleures BD que j'ai lues dernièrement, je ne vois pas vraiment de points négatifs. -L'aspect esthétique est très propre, que ça soit pour les effets de lumières, le choix des couleurs ou la texture des vêtements (le genre de BD où je peux facilement rester à observer les détails d'une planche longuement avant de changer de page). -L'histoire est claire et compréhensible, mais sans être trop simplifiée (notamment certains passages où on sent que la documentation technique a été bien étudiée). Je ne suis pas un expert, mais vu ce que j'ai pu lire sur le net c'est assez fidèle aux évènements réels. Je ne connaissais ni l'auteur ni le dessinateur avant ça, et j'espère revoir leur travail ailleurs !
Retour sur Belzagor
C’est en déambulant dans les allées de quai des bulles que j’ai découvert par hasard chez les humanoïdes associés l’intégrale de « Retour sur Belzagor ». Je ne connais pas du tout le roman de Robert Silverberg mais visuellement je suis tombé raide dingue du graphisme de Laura Zuccheri. Son coup de crayon est juste incroyable. Que c’est beau, avec un festival d’animaux exotiques incroyables. Rien que pour l’animalerie extra-terrestre cela vaut le coup d’œil. Je ne peux pas ne pas faire le parallèle avec le monde chimérique de Léo. Nous sommes sur la même veine. C’est du grand art et je me suis vraiment régalé à suivre les aventures de Gundy sur les terres de Belzagor. De belles valeurs sont mises en exergue. La colonisation et le racisme sont dénoncés. La tolérance est prônée. Du suspens et des rebondissements sont au rendez-vous. La lecture est fluide et prenante. On ne lâche pas le bouquin. Au final c’est une histoire aboutie qui mérite toute votre attention. Le mythe de la jeunesse éternelle revisitée !