Les derniers avis (9689 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gotham City - Année un
Gotham City - Année un

L’histoire de « Gotham city : année un » se déroule 2 générations avant l’apparition de Batman et est supposée expliquer (en partie) les origines du mal qui finira par ronger Gotham City. J’ai trouvé ce lien un peu capillotracté et superficiel, et j’ai surtout apprécié cette histoire pour ce qu’elle est : un polar noir traditionnel, dans la lignée des albums de Brubaker et Phillips… et je me suis régalé ! Les 4 premiers chapitres sont rondement menés, mais les évènements semblent un peu trop prévisibles… et puis les chapitres 5 et 6 relancent complètement l’intrigue à coup de révélations inattendues et retournements de situation logiques et bien amenés. Le ton est sombre et assez violent, et la mise en image est réussie et retranscrit parfaitement l’ambiance polar de l’intrigue. Voilà, je ne comprends pas trop l’intérêt d’avoir intégré cette superbe enquête à l’univers de Batman, mais j’ai néanmoins passé un excellent moment de lecture !

13/10/2023 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Frontier
Frontier

Plus qu’un simple « space opera », ce consistant one-shot s’apparente à une expérience immersive pour le moins singulière. Une sorte de nouvelle « frontière » dans la SF. Nous avons là une œuvre au long cours, comme expliqué dans l’annexe en fin d’ouvrage où l’on découvre que les premiers croquis d’études sur l’univers et les personnages remontent à 2013 ! Guillaume Singelin n’est pas un nouveau venu dans la bande dessinée : il est l’auteur notamment de P.T.S.D., co-auteur avec Aurélien Ducoudray de The Grocery, et « membre permanent » du novateur Label 619 au sein de Rue de Sèvres, lequel a publié l’album en question. « Frontier » est un miroir à plusieurs faces. D’abord un miroir physique de notre système solaire, où hormis la Terre, les planètes portent un autre nom : Junon pour Mars, Vesta pour Jupiter, Minerve pour Vénus… mais aussi un miroir temporel, une projection futuriste de notre monde actuel avec son système économique mortifère où la conscience écologique semble avoir reculé au profit de la cupidité, celle des grandes compagnies énergétiques que l’on ne connaît que trop bien sur notre plancher des vaches (à lait) en ce début de millénaire. Ce que Singelin nous montre de la colonisation de l’Espace n’est guère reluisant. Et même si elles conservent des endroits encore inviolés par la main de l’Homme, les planètes sont souillées à cause de l’exploitation minière et leurs orbites grouillent de débris et d’épaves, qui constituent en outre un danger pour les engins spatiaux de toutes sortes. Rien à voir donc avec un univers à la Star Trek un peu lisse, plus éloigné dans le temps et axé sur des problématiques plus métaphysiques. Ici on est dans un concret directement corrélé aux enjeux de notre monde actuel : l’écologie bien sûr mais aussi des thèmes sociaux telles que les conditions de travail et salariales, négligées par les multinationales spatiales aux bénéfices colossaux, bref, rien de bien nouveau sous la galaxie. On ne rentre pas si facilement dans « Frontier », et c’était le cas en ce qui me concerne. L’univers graphique est parfaitement maîtrisé, impressionnant voire admirable, extrêmement riche en détails. Mais Singelin ne cherche pas non plus à en mettre plein la vue, dans le sens où le visuel, dépourvu de couleurs flashy, ne domine pas le propos. D’ailleurs, les premières pages nous évitent les représentations classiques et un peu clichées où flotteraient des vaisseaux spatiaux sur fond de galaxies grandioses. A l’inverse, l’histoire débute sur Terre, dans un centre de recherche islandais (quand bien même on est ici dans un monde parallèle) puis aux abords d’une mine de lithium, ce qui ne constitue guère une invitation au rêve. Dans le hangar jouxtant le centre de recherche, une foule de techniciens s’activent autour d’une sonde spatiale dernière génération. Et c’est peut-être aussi ce qui pourrait rebuter certains, cette abondance de petits personnages « hobbitiens » au visage sommaire qui remplissent les cases, faisant que l’on peut avoir du mal à identifier les protagonistes principaux. C’est le cas avec Ji-Soo comme avec Camina. De même, la transition entre certaines scènes est parfois suggérée, ce qui peut être source de confusion. Et pourtant… Une fois passé l’obstacle d’une lisibilité peu probante au début, on finit par s’habituer au parti pris graphique un rien « claustrophobique » (et néanmoins très plaisant), vraisemblablement dû à la fascination exercée par l’objet duquel émane une certaine puissance narrative. La participation active du lecteur est donc requise, feignasses s’abstenir ! Si l’on a conscience de tout cela et qu’on laisse se faire la décantation, on constatera avec bonheur que le récit trouve peu à peu sa vitesse de croisière pour au final achever de nous conquérir. « Frontier », c’est aussi, en dehors du propos politico-social bien senti, une véritable aventure ainsi qu’une belle histoire d’amitié entre trois êtres attachants que tout sépare a priori (Ji-Soon la scientifique intello, Camina la mercenaire « badass », et Alex, l’ouvrier un peu falot) mais des êtres qui arrivent à un moment de leur vie où ils décident de « renverser la table » et remettre en question leurs choix de vie, hors d’un système aliénant auquel ils avaient fini par (trop bien) s’habituer. Ensemble, ils vont reprendre leur liberté, en tentant d’échapper aux armées privées mandatées par les compagnies minières. Si l’on peut regretter un peu la quasi-absence de contextualisation géopolitique, notamment sur Terre — l’auteur se contentant de décrire les acteurs économiques de l’exploitation spatiale que sont les organismes et les compagnies privées —, cet album s’impose comme une lecture essentielle et inspirante, renouvelant avec pertinence le genre SF dans le neuvième art. Une des BD qui incontestablement marquera l’année 2023 de son empreinte.

12/10/2023 (modifier)
Par Josq
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Journal Tintin - Spécial 77 ans
Journal Tintin - Spécial 77 ans

Oui, ça y est ! Voilà le nouveau numéro du journal Tintin après... 35 ans d'absence ! "Tout vient à point à qui sait attendre", non ? Pour se faire pardonner cette longue attente, le numéro fait 400 pages, c'est rentable, au moins. Pour l'occasion, plus de 80 auteurs et dessinateurs se sont réunis afin de rendre un hommage à l'hebdomadaire. Et c'est franchement réussi ! On retrouve ce plaisir d'une autre époque, de tourner les pages en se demandant ce que la suite nous réserve, on retrouve nos héros favoris dans des aventures diverses et variées, toujours avec beaucoup d'humour et un ton bon enfant. Le principal problème, c'est qu'en généralement 4 ou 6 pages, il est difficile de développer une bonne histoire digne de ce nom et les auteurs d'aujourd'hui n'ont visiblement pas la facilité de leurs illustres prédécesseurs. Si certains s'en tirent extrêmement bien, beaucoup d'histoires ont tendance à finir un peu en queue de poisson ou sur un petit "tout ça pour ça ?". Le plaisir est là, mais il aurait été vraiment intact avec des histoires plus abouties. L'autre petit problème est la modernisation de certains héros qui ne passe pas toujours bien. Evidemment, ce ne sont pas toujours des pastiches, mais souvent des relectures. Si, par exemple, Michel Vaillant, Blake & Mortimer ou Bernard Prince ont le droit à des reprises qui leur font honneur, d'autres héros peut-être moins connus comme Olivier Rameau, Spaghetti ou Tounga ne bénéficient pas de ce traitement de faveur. Ce qui fait qu'à 80 auteurs/dessinateurs, forcément, le résultat est très inégal et plusieurs histoires ne suscitent pas tout l'intérêt qu'on espérait ressentir. Néanmoins, l'album complet est très agréable et bien pensé malgré tout, et c'est avec un plaisir non dissimulé et une jolie nostalgie qu'on se plonge dans ces pages qui ressuscitent certains de nos héros préférés, pas toujours avec une égale réussite, mais avec toujours beaucoup de cœur.

12/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Goût du Japon
Le Goût du Japon

C'est avec un grand plaisir que je retrouve la fascinante épopée du kimono fantastique de Nancy Peña. Sur les pas de l'intrépide et moderne Alice Barnes, l'autrice nous fait voyager dans un Japon traditionnel qui s'ouvre au monde extérieur. C'est donc à une confrontation culturelle intense que nous invite cette escapade japonaise. Le scénario transpire de la grande culture de l'autrice qui nous fait passer des références littéraires anglaises aux contes traditionnels japonais avec un grand brio. Deux mondes éloignés géographiquement mais qui peuvent se rejoindre tellement le fantastique et l'onirique imbibent les deux cultures littéraires. Le titre renvoie à un ouvrage collectif qui montre la difficulté à "comprendre le Japon". Mais "ici c'est le Japon" le lecteur comme Neville doit "accepter de ne pas comprendre" mais plutôt utiliser son "nonsense anglais". Il faut donc se laisser porter dans ce monde où les Kamis vous invitent au détachement. Graphiquement cet ouvrage est une merveille. Déjà la très belle couverture est digne des plus jolies gravures. L'intérieur est du même niveau, chaque planche est une merveille de courbes, de finesse, de foisonnement et de précision. Le dessin de Nancy participe pleinement à la narration qui nous rappelle l'importance du rapport à la nature pour les japonais. Nature instable, exigeante et qui invite à l'humilité de l'éphémère tellement tout peut changer d'un jour à l'autre. La mise en couleur en bichromie rouge/noire ajoute de la profondeur à cette univers poétique et fantastique. Nancy Peña conclut magnifiquement son cycle du chat du kimono par un ouvrage d'une intelligence rare. Son originalité des scénarii et son talent graphique en font à mon goût une artiste d'exception dans le monde de la BD.

12/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Yragael / Urm le Fou
Yragael / Urm le Fou

Comme souvent, Druillet divise, est très clivant. Et je dois dire que ma note de trois étoiles est une cote mal taillée, tant certains aspects valent plus, alors que l’histoire elle-même m’a souvent laissé de marbre. Une histoire qui m’a laissé en partie de côté donc. Concoctée par Demuth dans le premier tome, qui semblait être un one-shot au départ. Demuth a plusieurs fois collaboré avec Druillet (sur plusieurs petites histoires reprises dans la seconde édition de Lone Sloane 66 par exemple). Et, de fait, on retrouve dans son texte grandiloquent, quasi extatique, ce que Druillet lui-même a fait ou fera dans plusieurs séries. Cela ressemble à un poème lyrique, l’énonciation d’une épopée fantastique, emportée et magnifiée par le dessin de Druillet (j’y reviendrai). Mais j’ai eu du mal à accrocher à « l’histoire », assez obscure. D’autant plus qu’une bonne partie du texte est souvent difficile à déchiffrer (police de caractère parfois trop petite, caractères illisibles, etc.). Dans le second tome, où Druillet officie seul, c’est un peu plus facile à lire, même si le texte d’introduction est complètement illisible, recouvert par des lignes épaisses ! Bref, une histoire obscure, assez linéaire et en grande partie improvisée je pense, dont certains aspects m’ont peut-être échappé tant parfois je renonçais à lire quelques textes. Alors pourquoi trois étoiles quand même ? A cause de la claque visuelle infligée par Druillet (ce qui justifie mon coup de cœur). Certes, il ne faut pas être réfractaire à son style reconnaissable entre mille. Mais quelle force se dégage de ce trait puissant ! Un dessin baroque, avec des décors grandioses fourmillant de détails, dans un feu d’artifices de couleurs. C’est impressionnant, délirant, à tous points de vue. Si le dessin s’assagit quelque peu dans le second tome (un peu moins de décors peut-être), on peut dire que l’histoire est portée, emportée – peut-être écrasée je ne sais pas – par le dessin de Druillet qui, à lui seul, dans son avalanche de détails et couleurs (je pense à des solos illuminés de Hendrix, débordant de décibels) mérite le détour. Le gaufrier traditionnel a lui aussi volé en éclats, Druillet se lance dans de superbes pleines pages, qu’il faut souvent lire en retournant l’album de haut en bas. L’intrigue, je l’ai oubliée rapidement après avoir lu ce diptyque. Mais pas le dessin, dont la puissance évocatrice (j’ai lu les albums Dargaud d’origine) est marquante. C’est en voyant ce genre de travail que l’on mesure l’apport de Goscinny, qui a accueilli dans Pilote un auteur et un travail à des années lumières de ce qu’il produisait. En tout cas, qu’on l’aime ou pas, Druillet est un dessinateur hors norme. Cette série donne une bonne idée de ce dont il est capable.

10/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Loire
Loire

Une fois de plus, Etienne Davodeau parvient à me toucher en ne parlant de pas grand-chose. « Loire » s’inscrit dans la continuité de « Lulu Femme Nue » et de « Les Couloirs aériens ». Il s’agit d’une fiction dans laquelle doucement les personnes se révèlent, autant à elles-mêmes qu’au lecteur. Et si « Lulu femme nue » nous parlait de la crise de la quarantaine, si « Les Couloirs aériens » illustrait celle de la cinquantaine, « Loire » est l’occasion pour l’auteur de s’attarder sur le temps qui passe, sur la mort qui approche inexorablement, sur la trace qu’on laisse et celle qu’on aurait aimé laisser. Et quoi de plus symbolique qu’un fleuve pour nous parler du temps ? Face à lui, nous devenons voyageurs immobiles, observateurs de la vie des rives, laissant les saisons en modifier l’apparence. Cet album offre ainsi beaucoup de planches contemplatives desquelles se dégage une forme d’apaisement, de sérénité face à cet inévitable écoulement. Parallèlement à cela, Etienne Davodeau va nous faire partager la rencontre des anciens compagnons et compagne d’Agathe, en s’attardant plus particulièrement sur Louis. Louis qui dès le début du récit se laisse porter par le courant. Louis qui ne sait pas trop ce qu’il fait là mais n’a pas spécialement envie d’être ailleurs. Louis qui pense au temps qui passe, qui se voudrait père et même grand-père. Louis qui va se retrouver confronté à la fin de vie. Une fois de plus, les personnages mis en scène par Etienne Davodeau m’ont parlé. Une fois de plus le symbolisme qu’il emploie m’a semblé d’une grande justesse. Une fois de plus le caractère humain et l’ambiance apaisée qui se dégagent de son récit m’auront touché. A peine la lecture entamée, je savais que je ne lâcherais pas ce livre avant la dernière page. Alors, de fait, il ne se passe rien ou du moins pas grand-chose… mais qu’est-ce que ça me parle !

10/10/2023 (modifier)
Par Kurohime
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kurohimé
Kurohimé

J'ai dû créer un compte pour rétablir la vérité sur ce manga. Ce manga est tout ce qu'on a perdu à l'heure actuelle dans les mangas d'aujourd'hui. C'est drôle, c'est triste, c'est une histoire cohérente et si parfois, c'est niais, et bien ça ne nous empêche pas d'être ému par les sentiments aussi simples soient-ils que l'amour, la justice dans ses formes les plus infantiles et romancées certes, mais ça suffit. Ça suffit pour s'émouvoir, ça suffit pour apprécier chaque combat, chaque dessin, chaque page, lire un tome de kurohime c'est pas comme les mangas d'aujourd'hui ou tout se ressemble, c'est une expérience complètement différente, c'est à la fois sombre, drôle, avec une note d'espoir. Honnêtement lisez ce chef d'oeuvre et ne vous arrêtez pas avant le tome 5. Ne vous limitez pas aux avis venant de lecteurs limités qui ne jureront que par Berserk et compagnie et qui jugent une oeuvre sur deux tomes juste pour suivre une tendance d'une communauté bien trop formatée. Faites vous votre propre avis, et bonne lecture :)

08/10/2023 (modifier)
Couverture de la série La Parenthèse
La Parenthèse

Je me range aux avis positifs, cette bd m’a fait pleurer pendant une moitié de la lecture, mais la fin n’est pas triste heureusement . La couverture ne donne sans doute pas envie et je crois que j’avais noté cette bd en cherchant des recommandations d’Angoulême. Elle raconte la maladie neurologique de l’autrice, sa chute puis sa remontée. Le fait qu’elle soit dessinatrice et qu’elle ait ajouté des dessins faits pendant les années où elle était jeune et malade ajoute énormément, ça va paraître dingue mais certains à mes yeux sont aussi beaux que des Picasso. Pour un public adulte, ne passez pas à côté, ça vaut le coup d’être découvert.

07/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Noire - La Vie méconnue de Claudette Colvin
Noire - La Vie méconnue de Claudette Colvin

Celui là je le mets en coup de cœur, Je l’ai découvert complètement par hasard en lisant un livre de Caroline fourest. L’histoire présente de manière simple l’histoire d’une adolescente qui a refusé de laisser sa place dans un bus pendant la ségrégation, mais tombée dans l’oubli. Le dessin des personnages est simple et ressemble à celui d’une dessinatrice à la mode, Leslie plee, mais avec les immeubles et boutiques dessinés avec plus de détails ainsi que des choix parcimonieux de couleurs, je trouve que ça donne un bel effet. Ça prend au cœur comme les histoires d’injustice évidement. C’est au rayon jeunesse de ma bibliothèque mais je n’hésiterai pas à le prêter à des adultes pendant la pause café.

07/10/2023 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bathory - La Comtesse maudite
Bathory - La Comtesse maudite

Je viens de me rendre compte que je n'avais pas avisé cette BD. Pour avoir mon avis je vous renvoie à celui de Spooky ci-dessous que je rejoins à 100%. Je précise juste que j'ai eu la chance de rencontrer Anne-Perrine Couët sur un festival est qu'elle est très sympathique et disserte sur sa BD et tout le travail que cela lui a demandé

07/10/2023 (modifier)