Superbe BD, et pourtant pas fan de cette univers, un coup de crayon de et un récit superbe avec un scenario qui m'a agréablement surpris. À lire absolument.
Une exellente BD, une aventure humaine juste géniale, humour charisme, les dessin de ralf Meyer, du rebondissement bref je recommande 1000 fois.
J'ajouterai que les quelques bd que j'ai pu lire de l'auteur xavier Dorison sont justes géniales (1629,Le château des animaux)
Une de mes séries préférées de Tardi…
J’ai découvert celle-ci vers la fin des années 80 complètement par chance et le premier volume m’a immédiatement emballé. Le mélange de polar et de science-fiction avec un graphisme fabuleux m’a fait acheter toutes la série…
Il y a malheureusement un grand trou qui a duré des années avant de pouvoir lire la fin.
Les meilleurs albums sont ceux qui relatent les aventures d’Adele Blanc-Sec jusqu’à son réveil au lendemain de la première guerre mondiale et la venue du personnage Brindavoine en tant que complice…
A lire et relire….
J'ai adoré cet album, mais il ne fera pas l'unanimité. Certains risquent de rester hermétique à cette histoire singulière.
"Majnoun et Leïli" est tiré d'une histoire d'amour populaire d'origine arabe, elle trouve ses racines chez les bédouins d'Irak au VII° siècle. C'est l'adaptation perse de Nizami au XII° siècle qui a contribué à sa vaste diffusion.
J'ai eu cet album dans les mains lors de sa sortie, la partie graphique m'avait subjugué mais j'ai du le reposer pour une question de budget à ne pas dépasser. C'est l'avis enthousiaste de Blue boy qui a réveillé mes velléités d'achat.
Yann Damezin nous propose une adaptation personnelle de cet amour impossible et tragique entre Leïli et Qaïs. Qaïs prendra le surnom de Majnoun, qui signifie "le fou".
Tout d'abord, le choix narratif est osé puisqu'il se fera exclusivement en alexandrins à travers les voix off des différents personnages.
J'avoue avoir eu une certaine appréhension en début de lecture, mais celle-ci s'est vite estompée, j'ai été littéralement absorbé par la puissance des vers et des tournures employées. Du travail d'orfèvre !
Un conte envoûtant que je n'ai pu lâcher avant la dernière page. J'ai particulièrement aimé les deux derniers chapitres : la supplique de Majnoun suivie de la réponse de Leïli et quelle réponse.
Cette BD est un hymne à l'amour, à la liberté et aux femmes.
La partie graphique est phénoménale.
La mise en page est uniforme, toute en horizontalité ou verticalité avec une pleine page de temps en temps. On a droit à de superbes fresques orientales.
Je me suis attardé sur chaque planche pour en apprécier les nombreux détails, les couleurs chatoyantes et son inventivité graphique.
Que c'est beau !
Une lecture marquante où texte et dessin ne font qu'un.
"Pour entendre l'écho, il faut savoir se taire".
il faut que je l'avoue tout de suite, "Gone with the wind" est un des rares titres voire le seul titre qui m''émeut depuis des années. J'ai d'abord découvert , en tant que fan du cinéma américain des années 40, le film de Selznick (pour faire court) avec Vivien Leigh et Clark Gable, que je revois au moins une fois par an. Ce film fut pour moi Le Film, s'il n'en fallait qu'un, que l'on devrait retenir du XXème siècle.
Je possède d'ailleurs de nombreux ouvrages sur ce chef-d'œuvre cinématographique, comme les "mémos" de Selznick, ou encore "les coulisses du film" qui reprend notamment un grand nombre de story-board du film, pas si éloigné de cet album, il faut le souligner, et "la fabuleuse aventure d'un film" de Judy Cameron et Paul Christman, et d'autres ouvrages assez nombreux... sans oublier cette formidable adaptation cinématographique que je revois en VO -sans sous-titre- tant je connais les dialogues par cœur (d'ailleurs "Gone with the wind "est avec "Casablanca" est un des rares films que je peux suivre en VO, tant je suis fan de ces films).
En l'espèce, Pierre Alary s'est plutôt attaché à retranscrire le roman de Margaret Mitchell que de nous présenter une adaptation du film de Fleming (et de Georges Cukor, non crédité à la réalisation).
Alors je suis resté scotché par cet album.
D'une part, il faut souligner la qualité des couleurs employées, qui sont formidables. D'autre part, le dessin de Pierre Alary, que j'avais juste découvert avec Belladone, a gagné en maturité et en apaisement, Scarlett étant ici l'héroïne, telle que Margaret Mitchell l'avait imaginée.
L'auteur, ayant en plus réussi à se détacher du film mythique, à mes yeux, avec notamment la présence de Wade, l'enfant d'un premier mariage de Scarlett ( volontairement occulté dans l'adaptation cinématographique) et de Philip, premier et unique amour de Mme O'Hara , complètement oublié dans le film.
Pierre Alary a réussi sur cet album à faire une chose surprenante pour quelqu'un qui a pour ce roman une appétence particulière (je possède les deux adaptations françaises de ce roman, celle de Gallimard (de 1938) et celle de Gallmeister (2020), traduction plus fluide et réaliste à mon avis). En effet, outre son adaptation très réussie du roman, Pierre Alary nous enchante en nous présentant graphiquement les moments forts des aventures de Scarlett, à travers des hors titres consacrés au siège d'Atlanta et à la gare de triage d'Atlanta, avec son flot de blessés, comme Fleming l'avait réalisé dans le film, dans des scènes cruciales.
J'ai oublié de souligner la qualité éditoriale de la maison d'édition "Rue de Sèvres" qui, avec un dos toilé et un prix plus qu'abordable, nous offre un album que tout lecteur doit lire.
Je n'ai pas encore parlé du dessin, des personnages (que Pierre Alary arrive à faire vieillir intelligemment, comme Ashley Wilkes) mais qu'importe, je suis resté sous le charme de cette adaptation que j'ai dévorée.
Bravo à l'auteur.
"Voilà où mène la haine".
Voilà le message principal de cette BD.
Et il est bon de temps en temps qu'on nous le rappelle.
Ginette Kolinka est une rescapée des camps de la mort et Aurore D'Hondt a décidé de raconter son histoire après leur rencontre et pour une première œuvre, c'est une réussite. A priori, rien ne prédisposait Aurore à se lancer dans la réalisation de cet album, elle était en dernière année de cycle ingénieur (M2). Pourtant, elle va mener à bien ce projet sur quatre années en autodidacte. Chapeau mademoiselle !
Un récit qui n'occulte rien, de la naïveté de Ginette au camp de Drancy à son indifférence à Birkenau, tout en passant par les humiliations et les conditions de vie au camp, le passage sur les latrines en est un exemple effarant. Et ces conditions de vie me parlent, j'ai visité Auschwitz et Birkenau en avril, j'ai vu les baraquements en bois (des box pour chevaux) et les latrines, sans oublier le froid mordant bien présent. Un moment que je n'oublierais jamais.
Et comme le fait remarquer Ginette, il ne faut pas oublier l'odeur pestilentiel qui y régnait.
Alors oui, le sujet de la Shoah n'est pas nouveau, mais ici, j'ai particulièrement aimé la direction choisie par l'autrice, celle d'une BD qui peut être lue par toutes les générations. Un témoignage choc et bouleversant.
Un noir et blanc semi-réaliste tout en rondeur, à première vue assez enfantin qui contraste avec la noirceur du récit, il en atténue la violence sans pour autant l'occulter.
J'ai aimé le parti pris de ne représenter que les visages des proches de Ginette (famille, prisonnières....), pour le reste on ne verra que leur bouche vociférante.
Les planches qui se déroulent dans les différents camps ont toutes un fond noir, le noir de la mort, le noir de la haine.
Je recommande évidemment.
Une seule étoile pour Trashed ?
Je ne peux pas laisser cette page se terminer par un tel avis.
Le dessin est certes provocant : des visages à la fois figés et grimaçants, des musculatures un peu approximatives et marquées, une bichromie déprimante, des tas de bruitages qui emplissent les cases....
Cela correspond tout-à-fait à l'image qu'on se fait de l'underground américain, c'est fait pour agacer le bourgeois et ça semble marcher, alors que la bourgeoisie américaine visée ne nous ressemble pas autant que ça, et personnellement je trouve ce trait assez approprié pour le sujet traité : un jeune qui sort de l'adolescence et qui se trouve employé à la commune pour ramasser les poubelles des citoyens.
La vision de l'adolescent est toujours un peu stéréotypée, portées sur la musculature et les engins, vite dégoutée et dégoutante à la fois. Le paradoxe est d'envoyer quelqu'un qui n'est pas foutu de ranger sa chambre récupérer les déchets des autres, et cela n'est que le début de l'histoire !
En réalité, l'auteur raconte une année de ses propres souvenirs : C'est une sorte de sociologie du vécu, les deux pieds dans la réalité, donc cela ne fait pas forcément rêver, il n'y a pas non plus de montée dramatique vers un paroxysme, et de chute finale. Donc il est difficile d'aimer cette histoire comme on s'attache à une fiction dans laquelle on se réfugierait.
Non, cet album est un répertoire des mesquineries du mode de vie occidental, avec sa maison individuelle, au milieu de sa pelouse, son gros 4x4, la boîte aux lettres tubulaire, le chien éventuellement... Et la déchèterie à ciel ouvert ou finira tout ce petit monde... L'ado entre dans une équipe d'employés communaux et les rapports professionnels sont très bien rendus aussi, les journées se suivent par tous les temps sans se ressembler, les déchets aussi. Les portraits de ses collègues sont tout-à-fait réalistes, baignés dans un virilisme piteux, mais aussi une sorte de pauvreté intellectuelle attachante. (Mon fils en a lui aussi fait l'expérience, d'ailleurs après avoir lu cette BD. et 40 ans plus tard, en milieu rural, en France, c'est le même genre de conversation)
Tout est si bien observé, on est gêné par l'odeur nauséabonde alors qu'elle n'est qu'imaginaire, on compatit au pauvre ado qui s'insère dans une équipe de travail médiocre et macho, et qui finit par suivre le modèle pour avoir la paix. Bref c'est un coup de cœur pour la qualité de l'observation et aussi quelques informations intéressantes. Dans ma famille c'est une référence !
De prime abord, il pourrait paraître surprenant de voir Thierry Murat aborder un genre auquel il ne nous a pas habitués : l’essai socio-philosophique. L’homme est plutôt coutumier de fictions intemporelles traitées sur un mode poétique, avec pour fil rouge le rapport de l’Homme à la nature. Et pourtant, à y regarder de plus près, cela s’avère plutôt logique. Le projet de cette bande dessinée est à sa seule initiative. C’est lui qui a contacté Miguel Benasayag après avoir lu son essai, lui proposant d’en faire le « prolongement graphique ». Dans son livre, Benasayag traite peu ou prou, même si son approche est beaucoup plus rationnelle, des thèmes irrigant l’œuvre de Murat, à savoir : notre lien perdu à la nature dans notre course au progrès. Plus concrètement, le philosophe essayiste nous alerte dans son ouvrage des dangers liés au rêve scientifique de concevoir le cerveau « parfait » en l’envisageant plus ou moins comme un ordinateur.
A l’évidence, Thierry Murat n’est pas technophobe, mais entretient une méfiance viscérale vis-à-vis des nouvelles technologies, avec nombre de questionnements et d’inquiétudes. Le livre de Benasayag constituait pour lui l’occasion rêvée de l’exprimer, conscient qu’il n’avait pas forcément la légitimité en tant que bédéiste de produire lui-même un tel essai. Son rôle était plutôt d’en faire une adaptation, d’autant que Benasayag lui avait manifesté pleinement son enthousiasme, tout en lui conseillant d’en faire non pas une simple adaptation mais plutôt une « transduction ».
Difficile de dire si Murat a respecté la consigne liée à ce terme savant (qui consisterait à coder « les informations du monde extérieur par [nos] récepteurs sensoriels » !) mais on peut au moins reconnaître qu’il s’est approprié formidablement le support d’origine. Ainsi, au fil des pages reprenant des passages du livre s’égrènent les discussions entre les deux hommes, sur un ton amical et avec une complicité qui s’est installée dès la première prise de contact. Murat ne se dépare pas de son style graphique « impressionniste », avec cette tournure sobre et un peu sombre qu’on lui connaît, faisant que l’image répond au texte sans le parasiter. Il sait également faire preuve d’humour en glissant des strips plus « cartoon » où il se met en scène avec Benasayag. Tout cela contribue à insuffler un peu de légèreté à un sujet tout de même assez ardu, si passionnant soit-il.
On ne s’étendra pas sur le fond, qui concerne davantage l’ouvrage de Miguel Benasayag, mais la bande dessinée semble avoir parfaitement synthétisé son propos et permet ainsi au lecteur d’alimenter sa réflexion, sans qu’il lui soit demandé d’être érudit d’un point de vue scientifique et philosophique. Et sur ce plan, le projet est une totale réussite. Globalement, il nous invite à faire preuve de vigilance à l’égard de nos outils technologiques et de maintenir notre lien avec le vivant. Notre cerveau n’est pas une simple machine que l’on pourra déterritorialiser comme bon nous semble, mais un organe avec une « histoire vieille de sept millions d’années », tandis que les algorithmes, eux, « ont colonisé le monde entier avec une vitesse incroyable, en quinze ans à peine… » !
A défaut d’augmenter votre cerveau par des artifices en forme de miroirs aux alouettes, cet ouvrage fera sans doute carburer vos neurones, à un moment où ceux-ci sont de moins en moins sollicités par les promesses des « prothèses numériques » (Google ne nous sert-il pas déjà à pallier nos trous de mémoires ?). Si certains termes du livre peuvent paraître compliqués, il ne faudra pas s’arrêter à cela et déployer ses « capteurs sensoriels » pour en tirer la substantifique moelle qui permettra (ou pas) de « réinitialiser son propre logiciel interne » et revenir vers ce qui fait de nous des humains.
« Cerveaux augmentés » n’est pas destiné à distraire, mais à communiquer des « données » nous permettant de retrouver, tant que faire se peut, notre libre arbitre dans un monde où l’on peut avoir parfois la sensation que la technologie décide à notre place. Lire ce livre passionnant, extrêmement enrichissant, nécessite certes un certain effort intellectuel, dont les intelligences artificielles « rêvent » assurément — en admettant qu’elles aient commencé à rêver — de nous délester… Une lecture brillante et indispensable, et une voie, peut-être, vers la désaccoutumance technologique et l’addiction à nos smartphones.
Je le mets en coup de cœur ! Cette bd est vraiment adorable et touchante , le dessin est joli, bien exécuté, un peu à la Disney dans les visages je trouve. On s’attache vite à ce petit couple. Seul défaut (qu’on retrouve aussi souvent dans les fanfic ou séries d’ados), les jeunes de la bande de potes sont trop présents je trouve.
J’avais pris en même temps à la bibli Heartstopper 2 et ce dernier fait pâle figure à côté, surtout en dessin ...
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Exceptionnel! Franchement tres drôle. L'auteur a beaucoup d'humour et de talent. C'est original, amusant, et vraiment très divertissant.
Lord Gravestone
Superbe BD, et pourtant pas fan de cette univers, un coup de crayon de et un récit superbe avec un scenario qui m'a agréablement surpris. À lire absolument.
Undertaker
Une exellente BD, une aventure humaine juste géniale, humour charisme, les dessin de ralf Meyer, du rebondissement bref je recommande 1000 fois. J'ajouterai que les quelques bd que j'ai pu lire de l'auteur xavier Dorison sont justes géniales (1629,Le château des animaux)
Adèle Blanc-Sec
Une de mes séries préférées de Tardi… J’ai découvert celle-ci vers la fin des années 80 complètement par chance et le premier volume m’a immédiatement emballé. Le mélange de polar et de science-fiction avec un graphisme fabuleux m’a fait acheter toutes la série… Il y a malheureusement un grand trou qui a duré des années avant de pouvoir lire la fin. Les meilleurs albums sont ceux qui relatent les aventures d’Adele Blanc-Sec jusqu’à son réveil au lendemain de la première guerre mondiale et la venue du personnage Brindavoine en tant que complice… A lire et relire….
Majnoun et Leïli - Chants d'outre-tombe
J'ai adoré cet album, mais il ne fera pas l'unanimité. Certains risquent de rester hermétique à cette histoire singulière. "Majnoun et Leïli" est tiré d'une histoire d'amour populaire d'origine arabe, elle trouve ses racines chez les bédouins d'Irak au VII° siècle. C'est l'adaptation perse de Nizami au XII° siècle qui a contribué à sa vaste diffusion. J'ai eu cet album dans les mains lors de sa sortie, la partie graphique m'avait subjugué mais j'ai du le reposer pour une question de budget à ne pas dépasser. C'est l'avis enthousiaste de Blue boy qui a réveillé mes velléités d'achat. Yann Damezin nous propose une adaptation personnelle de cet amour impossible et tragique entre Leïli et Qaïs. Qaïs prendra le surnom de Majnoun, qui signifie "le fou". Tout d'abord, le choix narratif est osé puisqu'il se fera exclusivement en alexandrins à travers les voix off des différents personnages. J'avoue avoir eu une certaine appréhension en début de lecture, mais celle-ci s'est vite estompée, j'ai été littéralement absorbé par la puissance des vers et des tournures employées. Du travail d'orfèvre ! Un conte envoûtant que je n'ai pu lâcher avant la dernière page. J'ai particulièrement aimé les deux derniers chapitres : la supplique de Majnoun suivie de la réponse de Leïli et quelle réponse. Cette BD est un hymne à l'amour, à la liberté et aux femmes. La partie graphique est phénoménale. La mise en page est uniforme, toute en horizontalité ou verticalité avec une pleine page de temps en temps. On a droit à de superbes fresques orientales. Je me suis attardé sur chaque planche pour en apprécier les nombreux détails, les couleurs chatoyantes et son inventivité graphique. Que c'est beau ! Une lecture marquante où texte et dessin ne font qu'un. "Pour entendre l'écho, il faut savoir se taire".
Gone with the wind
il faut que je l'avoue tout de suite, "Gone with the wind" est un des rares titres voire le seul titre qui m''émeut depuis des années. J'ai d'abord découvert , en tant que fan du cinéma américain des années 40, le film de Selznick (pour faire court) avec Vivien Leigh et Clark Gable, que je revois au moins une fois par an. Ce film fut pour moi Le Film, s'il n'en fallait qu'un, que l'on devrait retenir du XXème siècle. Je possède d'ailleurs de nombreux ouvrages sur ce chef-d'œuvre cinématographique, comme les "mémos" de Selznick, ou encore "les coulisses du film" qui reprend notamment un grand nombre de story-board du film, pas si éloigné de cet album, il faut le souligner, et "la fabuleuse aventure d'un film" de Judy Cameron et Paul Christman, et d'autres ouvrages assez nombreux... sans oublier cette formidable adaptation cinématographique que je revois en VO -sans sous-titre- tant je connais les dialogues par cœur (d'ailleurs "Gone with the wind "est avec "Casablanca" est un des rares films que je peux suivre en VO, tant je suis fan de ces films). En l'espèce, Pierre Alary s'est plutôt attaché à retranscrire le roman de Margaret Mitchell que de nous présenter une adaptation du film de Fleming (et de Georges Cukor, non crédité à la réalisation). Alors je suis resté scotché par cet album. D'une part, il faut souligner la qualité des couleurs employées, qui sont formidables. D'autre part, le dessin de Pierre Alary, que j'avais juste découvert avec Belladone, a gagné en maturité et en apaisement, Scarlett étant ici l'héroïne, telle que Margaret Mitchell l'avait imaginée. L'auteur, ayant en plus réussi à se détacher du film mythique, à mes yeux, avec notamment la présence de Wade, l'enfant d'un premier mariage de Scarlett ( volontairement occulté dans l'adaptation cinématographique) et de Philip, premier et unique amour de Mme O'Hara , complètement oublié dans le film. Pierre Alary a réussi sur cet album à faire une chose surprenante pour quelqu'un qui a pour ce roman une appétence particulière (je possède les deux adaptations françaises de ce roman, celle de Gallimard (de 1938) et celle de Gallmeister (2020), traduction plus fluide et réaliste à mon avis). En effet, outre son adaptation très réussie du roman, Pierre Alary nous enchante en nous présentant graphiquement les moments forts des aventures de Scarlett, à travers des hors titres consacrés au siège d'Atlanta et à la gare de triage d'Atlanta, avec son flot de blessés, comme Fleming l'avait réalisé dans le film, dans des scènes cruciales. J'ai oublié de souligner la qualité éditoriale de la maison d'édition "Rue de Sèvres" qui, avec un dos toilé et un prix plus qu'abordable, nous offre un album que tout lecteur doit lire. Je n'ai pas encore parlé du dessin, des personnages (que Pierre Alary arrive à faire vieillir intelligemment, comme Ashley Wilkes) mais qu'importe, je suis resté sous le charme de cette adaptation que j'ai dévorée. Bravo à l'auteur.
Ginette Kolinka - Récit d'une rescapée d'Auschwitz-Birkenau
"Voilà où mène la haine". Voilà le message principal de cette BD. Et il est bon de temps en temps qu'on nous le rappelle. Ginette Kolinka est une rescapée des camps de la mort et Aurore D'Hondt a décidé de raconter son histoire après leur rencontre et pour une première œuvre, c'est une réussite. A priori, rien ne prédisposait Aurore à se lancer dans la réalisation de cet album, elle était en dernière année de cycle ingénieur (M2). Pourtant, elle va mener à bien ce projet sur quatre années en autodidacte. Chapeau mademoiselle ! Un récit qui n'occulte rien, de la naïveté de Ginette au camp de Drancy à son indifférence à Birkenau, tout en passant par les humiliations et les conditions de vie au camp, le passage sur les latrines en est un exemple effarant. Et ces conditions de vie me parlent, j'ai visité Auschwitz et Birkenau en avril, j'ai vu les baraquements en bois (des box pour chevaux) et les latrines, sans oublier le froid mordant bien présent. Un moment que je n'oublierais jamais. Et comme le fait remarquer Ginette, il ne faut pas oublier l'odeur pestilentiel qui y régnait. Alors oui, le sujet de la Shoah n'est pas nouveau, mais ici, j'ai particulièrement aimé la direction choisie par l'autrice, celle d'une BD qui peut être lue par toutes les générations. Un témoignage choc et bouleversant. Un noir et blanc semi-réaliste tout en rondeur, à première vue assez enfantin qui contraste avec la noirceur du récit, il en atténue la violence sans pour autant l'occulter. J'ai aimé le parti pris de ne représenter que les visages des proches de Ginette (famille, prisonnières....), pour le reste on ne verra que leur bouche vociférante. Les planches qui se déroulent dans les différents camps ont toutes un fond noir, le noir de la mort, le noir de la haine. Je recommande évidemment.
Trashed
Une seule étoile pour Trashed ? Je ne peux pas laisser cette page se terminer par un tel avis. Le dessin est certes provocant : des visages à la fois figés et grimaçants, des musculatures un peu approximatives et marquées, une bichromie déprimante, des tas de bruitages qui emplissent les cases.... Cela correspond tout-à-fait à l'image qu'on se fait de l'underground américain, c'est fait pour agacer le bourgeois et ça semble marcher, alors que la bourgeoisie américaine visée ne nous ressemble pas autant que ça, et personnellement je trouve ce trait assez approprié pour le sujet traité : un jeune qui sort de l'adolescence et qui se trouve employé à la commune pour ramasser les poubelles des citoyens. La vision de l'adolescent est toujours un peu stéréotypée, portées sur la musculature et les engins, vite dégoutée et dégoutante à la fois. Le paradoxe est d'envoyer quelqu'un qui n'est pas foutu de ranger sa chambre récupérer les déchets des autres, et cela n'est que le début de l'histoire ! En réalité, l'auteur raconte une année de ses propres souvenirs : C'est une sorte de sociologie du vécu, les deux pieds dans la réalité, donc cela ne fait pas forcément rêver, il n'y a pas non plus de montée dramatique vers un paroxysme, et de chute finale. Donc il est difficile d'aimer cette histoire comme on s'attache à une fiction dans laquelle on se réfugierait. Non, cet album est un répertoire des mesquineries du mode de vie occidental, avec sa maison individuelle, au milieu de sa pelouse, son gros 4x4, la boîte aux lettres tubulaire, le chien éventuellement... Et la déchèterie à ciel ouvert ou finira tout ce petit monde... L'ado entre dans une équipe d'employés communaux et les rapports professionnels sont très bien rendus aussi, les journées se suivent par tous les temps sans se ressembler, les déchets aussi. Les portraits de ses collègues sont tout-à-fait réalistes, baignés dans un virilisme piteux, mais aussi une sorte de pauvreté intellectuelle attachante. (Mon fils en a lui aussi fait l'expérience, d'ailleurs après avoir lu cette BD. et 40 ans plus tard, en milieu rural, en France, c'est le même genre de conversation) Tout est si bien observé, on est gêné par l'odeur nauséabonde alors qu'elle n'est qu'imaginaire, on compatit au pauvre ado qui s'insère dans une équipe de travail médiocre et macho, et qui finit par suivre le modèle pour avoir la paix. Bref c'est un coup de cœur pour la qualité de l'observation et aussi quelques informations intéressantes. Dans ma famille c'est une référence !
Cerveaux augmentés (Humanité diminuée ?)
De prime abord, il pourrait paraître surprenant de voir Thierry Murat aborder un genre auquel il ne nous a pas habitués : l’essai socio-philosophique. L’homme est plutôt coutumier de fictions intemporelles traitées sur un mode poétique, avec pour fil rouge le rapport de l’Homme à la nature. Et pourtant, à y regarder de plus près, cela s’avère plutôt logique. Le projet de cette bande dessinée est à sa seule initiative. C’est lui qui a contacté Miguel Benasayag après avoir lu son essai, lui proposant d’en faire le « prolongement graphique ». Dans son livre, Benasayag traite peu ou prou, même si son approche est beaucoup plus rationnelle, des thèmes irrigant l’œuvre de Murat, à savoir : notre lien perdu à la nature dans notre course au progrès. Plus concrètement, le philosophe essayiste nous alerte dans son ouvrage des dangers liés au rêve scientifique de concevoir le cerveau « parfait » en l’envisageant plus ou moins comme un ordinateur. A l’évidence, Thierry Murat n’est pas technophobe, mais entretient une méfiance viscérale vis-à-vis des nouvelles technologies, avec nombre de questionnements et d’inquiétudes. Le livre de Benasayag constituait pour lui l’occasion rêvée de l’exprimer, conscient qu’il n’avait pas forcément la légitimité en tant que bédéiste de produire lui-même un tel essai. Son rôle était plutôt d’en faire une adaptation, d’autant que Benasayag lui avait manifesté pleinement son enthousiasme, tout en lui conseillant d’en faire non pas une simple adaptation mais plutôt une « transduction ». Difficile de dire si Murat a respecté la consigne liée à ce terme savant (qui consisterait à coder « les informations du monde extérieur par [nos] récepteurs sensoriels » !) mais on peut au moins reconnaître qu’il s’est approprié formidablement le support d’origine. Ainsi, au fil des pages reprenant des passages du livre s’égrènent les discussions entre les deux hommes, sur un ton amical et avec une complicité qui s’est installée dès la première prise de contact. Murat ne se dépare pas de son style graphique « impressionniste », avec cette tournure sobre et un peu sombre qu’on lui connaît, faisant que l’image répond au texte sans le parasiter. Il sait également faire preuve d’humour en glissant des strips plus « cartoon » où il se met en scène avec Benasayag. Tout cela contribue à insuffler un peu de légèreté à un sujet tout de même assez ardu, si passionnant soit-il. On ne s’étendra pas sur le fond, qui concerne davantage l’ouvrage de Miguel Benasayag, mais la bande dessinée semble avoir parfaitement synthétisé son propos et permet ainsi au lecteur d’alimenter sa réflexion, sans qu’il lui soit demandé d’être érudit d’un point de vue scientifique et philosophique. Et sur ce plan, le projet est une totale réussite. Globalement, il nous invite à faire preuve de vigilance à l’égard de nos outils technologiques et de maintenir notre lien avec le vivant. Notre cerveau n’est pas une simple machine que l’on pourra déterritorialiser comme bon nous semble, mais un organe avec une « histoire vieille de sept millions d’années », tandis que les algorithmes, eux, « ont colonisé le monde entier avec une vitesse incroyable, en quinze ans à peine… » ! A défaut d’augmenter votre cerveau par des artifices en forme de miroirs aux alouettes, cet ouvrage fera sans doute carburer vos neurones, à un moment où ceux-ci sont de moins en moins sollicités par les promesses des « prothèses numériques » (Google ne nous sert-il pas déjà à pallier nos trous de mémoires ?). Si certains termes du livre peuvent paraître compliqués, il ne faudra pas s’arrêter à cela et déployer ses « capteurs sensoriels » pour en tirer la substantifique moelle qui permettra (ou pas) de « réinitialiser son propre logiciel interne » et revenir vers ce qui fait de nous des humains. « Cerveaux augmentés » n’est pas destiné à distraire, mais à communiquer des « données » nous permettant de retrouver, tant que faire se peut, notre libre arbitre dans un monde où l’on peut avoir parfois la sensation que la technologie décide à notre place. Lire ce livre passionnant, extrêmement enrichissant, nécessite certes un certain effort intellectuel, dont les intelligences artificielles « rêvent » assurément — en admettant qu’elles aient commencé à rêver — de nous délester… Une lecture brillante et indispensable, et une voie, peut-être, vers la désaccoutumance technologique et l’addiction à nos smartphones.
La Saveur du Printemps
Je le mets en coup de cœur ! Cette bd est vraiment adorable et touchante , le dessin est joli, bien exécuté, un peu à la Disney dans les visages je trouve. On s’attache vite à ce petit couple. Seul défaut (qu’on retrouve aussi souvent dans les fanfic ou séries d’ados), les jeunes de la bande de potes sont trop présents je trouve. J’avais pris en même temps à la bibli Heartstopper 2 et ce dernier fait pâle figure à côté, surtout en dessin ...