J’ai beaucoup aimé ce diptyque.
L’histoire est certes classique (comme cela a déjà été noté dans les autres avis) mais intéressante, bien construite et rondement menée. La narration alterne habilement entre plusieurs époques sans perdre le lecteur, les personnages sont attachants, les évènements et le contexte sociopolitique sont passionnants, et le scenario propose quelques surprises bien amenées.
La mise en image est magistrale. Le New-York des années 30 est superbement représenté, les grandes cases mettent parfaitement en valeurs le travail formidable effectué sur les bâtiments, les ponts, et de manière générale les cityscapes newyorkais. Les couleurs contribuent grandement aux ambiances du récit. Vraiment, les planches sont superbes.
Un diptyque que je recommande chaudement aux amateurs du genre.
Alors cet album m'a scotché, il réussit à intégrer tant de codes de la série mère avec une reproduction du dessin de Rosinsky et en plus à offrir une belle aventure inédite. Chapeau!
(Re)Lire des albums comme "l'enfant des étoiles", "la gardienne des clés" et tant d'autres avec Nidhogg apportera évidemment tout le sel qui permettra de se régaler de l'aventure de ce double Thorgal, vieux et jeune. Car oui cet album a toute sa place dans la série mère, loin des spin-offs sur Kriss ou Louve, dispensables.
On pourra reprocher des longueurs dans des scènes d'action qui ne sont pas la marque de fabrique des Thorgal mais rien concernant les dialogues et les situations. Il y a du pathos, de l'intrigue, de la furtivité, du suspense... tout ce qui me fait aimer Thorgal depuis si longtemps.
J'ai de la peine pour ce pauvre Thorgal, au début comme à la fin. Mais cette fin... géniale tant elle offre des perspectives inexplorées.
Mr Recht a fait un boulot incroyable donc si les auteurs suivants de cette saga me lisent: assurez comme lui et cette série fera date!
Monkey Meat est un OVNI intriguant, pétillant et extravagant.
Un comics complètement barré qui n'entre dans aucune case. Des histoires qui se déroulent à Monkey Meat Island où la Monkey Meat Company a fait fortune dans la viande de singe en boîte. Ça vous tente ? Alors on y va !
Cinq chapitres avec à chaque fois une histoire bien différente avec pour fil conducteur un personnage récurrent qui n'aura pas forcément toujours le rôle principal, le fameux Thaddeus Lug (une référence à Photonik ?).
Je devine un lien entre ces histoires, mais pour l'instant il ne me saute pas aux yeux. J'ai l'impression que la réponse est pourtant à portée de main.
Impossible de faire un résumé de ces cinq chapitres, ça part dans tous les sens dans l'absurde et le gros délire.
Une narration survitaminée (à la viande de singe) qui laisse peu de temps pour retrouver son souffle avec de nombreux passages sans texte où le dessin prend toute la place.
La seule chose dont je suis certain, c'est que le capitalisme est mis au banc des accusés tout en pointant du doigt notre passé colonialiste sur le continent africain
Justement, parlons de l'auteur, Juni Ba, il est sénégalais et réside en France. Il a déjà un peu de bouteille, il a travaillé sur Black Panther (2022) chez Marvel, mais aussi publié aux éditions Bang "Badawi".
Graphiquement on a un patchwork, on sent que Juni Ba a de multiples influences, ça va du manga au comics en passant par le franco/belge et le résultat est bluffant. Dynamique, esthétique et expressif.
Les couleurs sont explosives et le découpage décoiffant.
J'adore !
Par ces fortes chaleurs, une lecture rafraîchissante.
Vivement le tome 2.
Comment faire beaucoup avec peu ?
Comment faire original avec du classique ?
Ils brûlent. Quel titre !
Une belle couverture comme ça a été souligné aussi.
On est absorbé très vite par l'histoire, le rythme. On comprend que les personnages évoluent dans un univers que l'on ne connait pas, et qui comme si on avançait dans la brume, ne permet de voir petit à petit, par touche, que ce qui se passe à proximité au fur et à mesure de l'avancement de l'histoire.
Pour ma part les dessins m'ont fortement attiré.
Il y a également une tension d'entrée de jeu que j'ai trouvé très bien réussie. On suit ces ados qui fuient, dans un monde qui semble être rude, que l'on ne comprend pas très bien. L'ambiance et l'imaginaire créés fonctionnent.
J'ai très hâte de lire la suite.
J'ai vraiment été séduit par cette lecture qui sort des sentiers battus. Jonathan Case réussit à nous proposer un récit dans un univers dystopique post apocalyptique qui sort du schéma classique bombe/régime facho/ violence à la Mad Max.
Sa vision s'appuie plus sur l'épisode Covid qui a montré la grande vulnérabilité des hommes devant des phénomènes naturels imprévus. Ici point de virus mais un soleil qui change ses rayonnements sans que l'on y soit préparé.
Un point de vue genre scientifique qui m'a paru très convaincant. Tout au long du récit, Case ne quitte pas cette épine dorsale scientifique grâce à ce road trip de Flora (biologiste) et Elvie (métis de 10 ans maligne et super futée) à la poursuite de ces Monarques : espèce de papillons à la migration si particulière.
Le scénario est très bien construit entre les épisodes d'action/suspens et des pauses explicatives autour du carnet mi intime mi devoirs de classe bio de la pétillante Elvie. Case réussit admirablement à gérer la relation entre Flora et Elvie dans un monde vide puisque la quasi-totalité de la population a disparu.
Tous les rebondissements proposés par l'auteur sont sur un mode réaliste et crédible sans tomber dans des raccourcis de secours. Le dosage entre le tragique et l'optimisme est bien dosé et permet à un public assez jeune d'accéder au récit sans déprimer.
Le graphisme est très moderne avec une mise en scène bien tonique et un humour rafraichissant. Les extérieurs ne sont pas très détaillés mais cela renforce l'impression de vide proposée par l'auteur.
Une mise en couleur très vive et une mise en page moderne complètent l'attrait pour un large public.
J'ai trouvé cette histoire vraiment agréable avec un fondement original qui mérite une bonne lecture. Un très bon 4
One Piece c'est le manga fleuve qui s'enrichit à chaque tome. On a dépassé les 100 tomes je vous laisse imaginer le foisonnement.
Si j'avais commencé à lire ce manga depuis le 1er tome en tant qu'adulte jamais je n'aurais lu One Piece. J'ai découvert One Piece en tant que tout jeune adulte et j'ai démarré vers le tome 20, ou le dessin est mieux construit ainsi que l'univers.
One Piece c'est LE feuilleton. Voilà plus de 15 ans que chaque semaine j'attends le nouveau chapitre de One Piece. Plus fort que "signé Furax" (pour les plus vieux, célèbre feuilleton radiophonique de Pierre Dac et Françis Blanche). Et régulièrement je me surprends à me demander comment on peut faire tenir, au sens propre, des millions de lecteurs chaque semaine depuis plus de 20 ans !
De prime abord pour ce qui me concerne c'était l'univers pirate déjanté et les dessins. Je n'avais jamais lu de manga (à part Akira). En ouvrant One Piece j'ai accroché à ce graphisme et plus le temps passe plus j'aime les dessins d'Oda (on l'appelle ainsi ou "le Maitre"). D'ailleurs au passage je conseille les "One Piece color", qui sont les recueils d'illustrations couleurs. Il y a un côté très enfantin et dynamique dans ses dessins couleurs qui sont sublimes.
One Piece c'est aussi le manga aux 1000 personnages, tous plus ou moins liés les uns à autres. Oda a le génie pour créer des personnages graphiquement orignaux et très attachants. Il ne peut pas s'en empêcher, il y a toujours de nouveaux personnages. Ca donne un "bestiaire de personnages" monumental qui enrichit grandement l'univers. Ajouter à cela un univers extrêmement cohérent ou tous les éléments se mettent en place tel un puzzle.
Ca reste un manga pour ado-garçon, avec ce que ça comporte, comme si on reprochait à un film de cape et d'épée ses scènes ou les personnages croisent le fer. Les défauts de One Piece font partie du genre.
Il y a également une différence à lire One Piece rapidement ou dans le temps long. Quand ça fait 10 ans que l'on vous parle d'un personnage et qu'il arrive enfin, ça ne donne évidement pas le même effet que si vous lisez tout d'une traite. Par ailleurs la trame de fond se construit par brique petit à petit. Quand vous lisez One Piece depuis longtemps, vous avez le temps d’échafauder des hypothèses, d'imaginer la suite etc... c'est pour cela que je parle de feuilleton. C'est LE feuilleton absolu.
Un conseil éventuellement, lisez le 1er tome de One Piece puis vous pouvez éventuellement sauter directement à l'arc "Drum", soit à partir du tome 15. Et revenir plus tard sur les tomes 2-15 qui sont un niveau en dessous dans l'oeuvre.
One Piece c'est l'Aventure avec un grand A !
Bonne humeur garantie.
Plutôt qu’une biographie, Philippe Girard a fait le choix audacieux de chercher à imaginer l’homme derrière le masque. En effet, Supercanon se base sur un personnage réel, Gérald Vincent Bull, fabricant et trafiquant d’armes, mais l’auteur parvient à l’humaniser et à nous le rendre touchant en insistant sur les rêves de jeunesse du personnage, et son espoir obsessif de parvenir à transmettre des informations en un temps record.
Dès son plus jeune âge, influencé par les écrits de Jules Verne, Gerry va montrer une fascination dévorante pour les canons, rêvant d’utiliser ceux-ci pour envoyer du courrier d’un bout à l’autre de la planète à la vitesse de l’éclair. Cette fascination va influencer toute sa vie et c’est ce que Philippe Girard veut nous montrer. Le résultat est étonnant, le personnage devient complexe, rêveur pris dans l’engrenage de l’argent, argent dont il a besoin pour réaliser son rêve mais qu’il consacre trop souvent à d’autres projets.
Pour moi, c’est réussi. L’album est agréable à lire, le personnage est intéressant. Certes, des libertés sont peut-être prises vis-à-vis de la véracité historique mais, d’abord, il ne s’agit pas d’une biographie officielle, ensuite chercher à découvrir l’enfant derrière le marchand d’armes me semble être finalement bien plus intéressant que ne relater que des faits sans émotion. Franchement, j’ai vraiment bien aimé ! Peut-être pas au point d'attribuer un 4/5 mais 3/5 avec coup de cœur me semble être un minimum.
Tiens cet album était passé inaperçu à sa sortie. C'est bien dommage, parce que c'est plutôt pas mal.
Au-delà de ce qui ressemble à une nouvelle BD sur le jazz, il s'agit en effet d'un drame intime au coeur duquel se trouve Satchmo, un gavroche de la Nouvelle Orléans au début du 20ème siècle.
Satchmo est en effet un garçon très doué en musique, qui apprend doucement sous la coupe de King Joe, rêvant de lendemains meilleurs à offrir à sa mère, obligée de faire le tapin pour survivre. Mais lorsqu'il décide de se prendre en main, les choses déraillent et il se retrouve derrière les barreaux. Mais Satchmo a une énorme volonté, un fureur de vivre et des doigts en or lorsqu'ils manipulent une trompette. C'est cette fureur, qui se transforme en colère, qui va causer de nouveaux ennuis. On se doute assez vite que ça va mal finir, et Léo Heitz, dont c'est le premier album, propose un récit dont l'énergie graphique et narrative transpire à chaque page. L'histoire, dramatique, pourrait faire l'objet d'une chanson de blues ou de jazz assez magnifique et marquante. Mais il y a quand même des légers problèmes de rythme par moments, l'album est peut-être un poil trop long pour l'histoire qui nous est servie. Des erreurs de jeunesse probablement, qui n'entachent finalement que peu le plaisir de lecture, qui est réel.
Graphiquement, je me suis cru revenu dans les années 1980, dans des albums des anciennes Editions Futuropolis, ou Albin Michel. Les style de Heitz est proche de celui de Guarnido (pour les animaux humanisés), mais je citerais plutôt Jano ou Ben Radis. Mais ce n'est pas désagréable, comme je l'indiquais précédemment, il se dégage une grande énergie de son dessin. J'espère le retrouver sur d'autres projets.
Une belle surprise.
Pour un premier album, Nicolas Bazin s'en tire plutôt bien. Il a pour référence : Neil Gaiman, Jeff Lemire, James Tynion IV, Andrea Sorrentino ..... que du beau monde.
Une campagne participative a été lancée sur Ulule par les éditions Bubble pour permettre la publication de cette BD.
Un artiste avec, déjà, son univers, un récit de science-fiction mêlant l'anticipation et les violences conjugales.
Damien est un homme violent physiquement et psychologiquement jusqu'au jour où un accident de voiture va bouleverser sa vie et celle de sa compagne. Que feriez-vous si on vous propose de vivre 8 années de plus en vous rendant meilleur ? Évidemment ce pacte ne sera pas sans conséquences, au bout des 8 ans il faut en payer le prix et libérer la bête qui sommeil en lui.
Un récit sans round d'observation, on entre de suite dans cette histoire assez folle, il faut faire abstraction de nos certitudes et se laisser porter par une narration agressive, non linéaire et délirante.
Un récit qui n'est pas sans défauts, une pagination plus importante aurait permis de mieux développer l'intrigue et les personnages, et ainsi, une meilleure maîtrise du sujet. Mais je chipote, j'ai aimé ce voyage qui visite des univers bien différents.
C'est la couverture qui a attiré mon regard.
Le dessin en noir et blanc de Bazin est hypnotique, un trait nerveux, mordant et charbonneux. Une texture qui est en parfaite harmonie avec le récit et qui apporte cette atmosphère sombre et violente.
La mise en page n'est pas en reste, elle est destructurée et cinématographique.
Superbe.
Pour les curieux.
Coup de cœur graphique.
Je suis tombé aussi haut que notre protagoniste Le Comédien, mais heureusement pour moi, je m'en suis relevé physiquement et mentalement comme Le Hibou, qui ma procuré une impulsivité et une envie de justice à l'image de Rorschach. Ce qui m'a fait réfléchir sur des plans complexes et malsains tout comme Ozymandias, par conséquent tout cela m'a transporté dans une conscience/inconscience selon notre cher Dr Manhatthan...
Moi qui partais avec un a priori mitigé par rapport aux avis de cette fiche, je me suis dit qu'après "Killing Joke" de notre cher M.Moore, ça ne pouvait qu'être bon, et bien croyez moi, c'est bien un ovni qu'il nous a accouché... Ceci grâce aux dessins de M.Gibbons et surtout nom de dieu, des couleurs sacrées de M. Higgins qui m'ont transporté dans l'ambiance des années Nanar 80 ! Pourtant je suis qu'un simple gueux des années 90, mais que j'aime la dizaine avant moi ...
Ce livre sacré, est réussi pourquoi ? tout simplement parce que notre Trio était en symbiose, que dis-je, en transe...
Premièrement le récit est bien découpé, ficelé, arrangé pour que tout colle et qu'ainsi notre 2e lecture nous en apprenne davantage (je ne vais pas vous faire un résumé), mais surtout bon sang de bois... Les Personnages vivent ! Ils sont tous intéressants, intrigants et attachants, avec des punchlines de dingue et des dialogues qui transpirent d'intelligence.
Deuxièmement les dessins ... regardez simplement les quelques planches sur cette fiche, pas besoin d'en dire plus, enfin si ..., Les cases nom de dieu !
que j'aime ce vieux format de 9 cases par page, tout est cadré, les plans qui y sont nichés sont magnifiques, sombres, effrayants et bluffants ...
Et pour finir, Troisièmement les couleurs, telles des cocktails servis en terrasse d'été, sans ordinateur, ça pète, ça vit, c'est un vrai savoir faire ... notre oeil observateur capte les moindres détails importants et impactants au récit.
Pour conclure, lisez le, sinon vous passeriez à coté de quelque chose sur l'art de la BD, et comme ça ne suffisait pas, ce livre a lui-même créé sa progéniture qui se nomme Minutemen, la source des Watchmen.
Profitez de votre lecture sans vous faire spolier par divers avis ici ou ailleurs, bonne lecture à toutes et à tous...
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Bootblack
J’ai beaucoup aimé ce diptyque. L’histoire est certes classique (comme cela a déjà été noté dans les autres avis) mais intéressante, bien construite et rondement menée. La narration alterne habilement entre plusieurs époques sans perdre le lecteur, les personnages sont attachants, les évènements et le contexte sociopolitique sont passionnants, et le scenario propose quelques surprises bien amenées. La mise en image est magistrale. Le New-York des années 30 est superbement représenté, les grandes cases mettent parfaitement en valeurs le travail formidable effectué sur les bâtiments, les ponts, et de manière générale les cityscapes newyorkais. Les couleurs contribuent grandement aux ambiances du récit. Vraiment, les planches sont superbes. Un diptyque que je recommande chaudement aux amateurs du genre.
Thorgal Saga - Adieu Aaricia
Alors cet album m'a scotché, il réussit à intégrer tant de codes de la série mère avec une reproduction du dessin de Rosinsky et en plus à offrir une belle aventure inédite. Chapeau! (Re)Lire des albums comme "l'enfant des étoiles", "la gardienne des clés" et tant d'autres avec Nidhogg apportera évidemment tout le sel qui permettra de se régaler de l'aventure de ce double Thorgal, vieux et jeune. Car oui cet album a toute sa place dans la série mère, loin des spin-offs sur Kriss ou Louve, dispensables. On pourra reprocher des longueurs dans des scènes d'action qui ne sont pas la marque de fabrique des Thorgal mais rien concernant les dialogues et les situations. Il y a du pathos, de l'intrigue, de la furtivité, du suspense... tout ce qui me fait aimer Thorgal depuis si longtemps. J'ai de la peine pour ce pauvre Thorgal, au début comme à la fin. Mais cette fin... géniale tant elle offre des perspectives inexplorées. Mr Recht a fait un boulot incroyable donc si les auteurs suivants de cette saga me lisent: assurez comme lui et cette série fera date!
Monkey Meat
Monkey Meat est un OVNI intriguant, pétillant et extravagant. Un comics complètement barré qui n'entre dans aucune case. Des histoires qui se déroulent à Monkey Meat Island où la Monkey Meat Company a fait fortune dans la viande de singe en boîte. Ça vous tente ? Alors on y va ! Cinq chapitres avec à chaque fois une histoire bien différente avec pour fil conducteur un personnage récurrent qui n'aura pas forcément toujours le rôle principal, le fameux Thaddeus Lug (une référence à Photonik ?). Je devine un lien entre ces histoires, mais pour l'instant il ne me saute pas aux yeux. J'ai l'impression que la réponse est pourtant à portée de main. Impossible de faire un résumé de ces cinq chapitres, ça part dans tous les sens dans l'absurde et le gros délire. Une narration survitaminée (à la viande de singe) qui laisse peu de temps pour retrouver son souffle avec de nombreux passages sans texte où le dessin prend toute la place. La seule chose dont je suis certain, c'est que le capitalisme est mis au banc des accusés tout en pointant du doigt notre passé colonialiste sur le continent africain Justement, parlons de l'auteur, Juni Ba, il est sénégalais et réside en France. Il a déjà un peu de bouteille, il a travaillé sur Black Panther (2022) chez Marvel, mais aussi publié aux éditions Bang "Badawi". Graphiquement on a un patchwork, on sent que Juni Ba a de multiples influences, ça va du manga au comics en passant par le franco/belge et le résultat est bluffant. Dynamique, esthétique et expressif. Les couleurs sont explosives et le découpage décoiffant. J'adore ! Par ces fortes chaleurs, une lecture rafraîchissante. Vivement le tome 2.
Ils brûlent
Comment faire beaucoup avec peu ? Comment faire original avec du classique ? Ils brûlent. Quel titre ! Une belle couverture comme ça a été souligné aussi. On est absorbé très vite par l'histoire, le rythme. On comprend que les personnages évoluent dans un univers que l'on ne connait pas, et qui comme si on avançait dans la brume, ne permet de voir petit à petit, par touche, que ce qui se passe à proximité au fur et à mesure de l'avancement de l'histoire. Pour ma part les dessins m'ont fortement attiré. Il y a également une tension d'entrée de jeu que j'ai trouvé très bien réussie. On suit ces ados qui fuient, dans un monde qui semble être rude, que l'on ne comprend pas très bien. L'ambiance et l'imaginaire créés fonctionnent. J'ai très hâte de lire la suite.
Les Petits Monarques
J'ai vraiment été séduit par cette lecture qui sort des sentiers battus. Jonathan Case réussit à nous proposer un récit dans un univers dystopique post apocalyptique qui sort du schéma classique bombe/régime facho/ violence à la Mad Max. Sa vision s'appuie plus sur l'épisode Covid qui a montré la grande vulnérabilité des hommes devant des phénomènes naturels imprévus. Ici point de virus mais un soleil qui change ses rayonnements sans que l'on y soit préparé. Un point de vue genre scientifique qui m'a paru très convaincant. Tout au long du récit, Case ne quitte pas cette épine dorsale scientifique grâce à ce road trip de Flora (biologiste) et Elvie (métis de 10 ans maligne et super futée) à la poursuite de ces Monarques : espèce de papillons à la migration si particulière. Le scénario est très bien construit entre les épisodes d'action/suspens et des pauses explicatives autour du carnet mi intime mi devoirs de classe bio de la pétillante Elvie. Case réussit admirablement à gérer la relation entre Flora et Elvie dans un monde vide puisque la quasi-totalité de la population a disparu. Tous les rebondissements proposés par l'auteur sont sur un mode réaliste et crédible sans tomber dans des raccourcis de secours. Le dosage entre le tragique et l'optimisme est bien dosé et permet à un public assez jeune d'accéder au récit sans déprimer. Le graphisme est très moderne avec une mise en scène bien tonique et un humour rafraichissant. Les extérieurs ne sont pas très détaillés mais cela renforce l'impression de vide proposée par l'auteur. Une mise en couleur très vive et une mise en page moderne complètent l'attrait pour un large public. J'ai trouvé cette histoire vraiment agréable avec un fondement original qui mérite une bonne lecture. Un très bon 4
One Piece
One Piece c'est le manga fleuve qui s'enrichit à chaque tome. On a dépassé les 100 tomes je vous laisse imaginer le foisonnement. Si j'avais commencé à lire ce manga depuis le 1er tome en tant qu'adulte jamais je n'aurais lu One Piece. J'ai découvert One Piece en tant que tout jeune adulte et j'ai démarré vers le tome 20, ou le dessin est mieux construit ainsi que l'univers. One Piece c'est LE feuilleton. Voilà plus de 15 ans que chaque semaine j'attends le nouveau chapitre de One Piece. Plus fort que "signé Furax" (pour les plus vieux, célèbre feuilleton radiophonique de Pierre Dac et Françis Blanche). Et régulièrement je me surprends à me demander comment on peut faire tenir, au sens propre, des millions de lecteurs chaque semaine depuis plus de 20 ans ! De prime abord pour ce qui me concerne c'était l'univers pirate déjanté et les dessins. Je n'avais jamais lu de manga (à part Akira). En ouvrant One Piece j'ai accroché à ce graphisme et plus le temps passe plus j'aime les dessins d'Oda (on l'appelle ainsi ou "le Maitre"). D'ailleurs au passage je conseille les "One Piece color", qui sont les recueils d'illustrations couleurs. Il y a un côté très enfantin et dynamique dans ses dessins couleurs qui sont sublimes. One Piece c'est aussi le manga aux 1000 personnages, tous plus ou moins liés les uns à autres. Oda a le génie pour créer des personnages graphiquement orignaux et très attachants. Il ne peut pas s'en empêcher, il y a toujours de nouveaux personnages. Ca donne un "bestiaire de personnages" monumental qui enrichit grandement l'univers. Ajouter à cela un univers extrêmement cohérent ou tous les éléments se mettent en place tel un puzzle. Ca reste un manga pour ado-garçon, avec ce que ça comporte, comme si on reprochait à un film de cape et d'épée ses scènes ou les personnages croisent le fer. Les défauts de One Piece font partie du genre. Il y a également une différence à lire One Piece rapidement ou dans le temps long. Quand ça fait 10 ans que l'on vous parle d'un personnage et qu'il arrive enfin, ça ne donne évidement pas le même effet que si vous lisez tout d'une traite. Par ailleurs la trame de fond se construit par brique petit à petit. Quand vous lisez One Piece depuis longtemps, vous avez le temps d’échafauder des hypothèses, d'imaginer la suite etc... c'est pour cela que je parle de feuilleton. C'est LE feuilleton absolu. Un conseil éventuellement, lisez le 1er tome de One Piece puis vous pouvez éventuellement sauter directement à l'arc "Drum", soit à partir du tome 15. Et revenir plus tard sur les tomes 2-15 qui sont un niveau en dessous dans l'oeuvre. One Piece c'est l'Aventure avec un grand A ! Bonne humeur garantie.
Supercanon ! - Le marchand d'armes qui visait les étoiles
Plutôt qu’une biographie, Philippe Girard a fait le choix audacieux de chercher à imaginer l’homme derrière le masque. En effet, Supercanon se base sur un personnage réel, Gérald Vincent Bull, fabricant et trafiquant d’armes, mais l’auteur parvient à l’humaniser et à nous le rendre touchant en insistant sur les rêves de jeunesse du personnage, et son espoir obsessif de parvenir à transmettre des informations en un temps record. Dès son plus jeune âge, influencé par les écrits de Jules Verne, Gerry va montrer une fascination dévorante pour les canons, rêvant d’utiliser ceux-ci pour envoyer du courrier d’un bout à l’autre de la planète à la vitesse de l’éclair. Cette fascination va influencer toute sa vie et c’est ce que Philippe Girard veut nous montrer. Le résultat est étonnant, le personnage devient complexe, rêveur pris dans l’engrenage de l’argent, argent dont il a besoin pour réaliser son rêve mais qu’il consacre trop souvent à d’autres projets. Pour moi, c’est réussi. L’album est agréable à lire, le personnage est intéressant. Certes, des libertés sont peut-être prises vis-à-vis de la véracité historique mais, d’abord, il ne s’agit pas d’une biographie officielle, ensuite chercher à découvrir l’enfant derrière le marchand d’armes me semble être finalement bien plus intéressant que ne relater que des faits sans émotion. Franchement, j’ai vraiment bien aimé ! Peut-être pas au point d'attribuer un 4/5 mais 3/5 avec coup de cœur me semble être un minimum.
Satchmo
Tiens cet album était passé inaperçu à sa sortie. C'est bien dommage, parce que c'est plutôt pas mal. Au-delà de ce qui ressemble à une nouvelle BD sur le jazz, il s'agit en effet d'un drame intime au coeur duquel se trouve Satchmo, un gavroche de la Nouvelle Orléans au début du 20ème siècle. Satchmo est en effet un garçon très doué en musique, qui apprend doucement sous la coupe de King Joe, rêvant de lendemains meilleurs à offrir à sa mère, obligée de faire le tapin pour survivre. Mais lorsqu'il décide de se prendre en main, les choses déraillent et il se retrouve derrière les barreaux. Mais Satchmo a une énorme volonté, un fureur de vivre et des doigts en or lorsqu'ils manipulent une trompette. C'est cette fureur, qui se transforme en colère, qui va causer de nouveaux ennuis. On se doute assez vite que ça va mal finir, et Léo Heitz, dont c'est le premier album, propose un récit dont l'énergie graphique et narrative transpire à chaque page. L'histoire, dramatique, pourrait faire l'objet d'une chanson de blues ou de jazz assez magnifique et marquante. Mais il y a quand même des légers problèmes de rythme par moments, l'album est peut-être un poil trop long pour l'histoire qui nous est servie. Des erreurs de jeunesse probablement, qui n'entachent finalement que peu le plaisir de lecture, qui est réel. Graphiquement, je me suis cru revenu dans les années 1980, dans des albums des anciennes Editions Futuropolis, ou Albin Michel. Les style de Heitz est proche de celui de Guarnido (pour les animaux humanisés), mais je citerais plutôt Jano ou Ben Radis. Mais ce n'est pas désagréable, comme je l'indiquais précédemment, il se dégage une grande énergie de son dessin. J'espère le retrouver sur d'autres projets.
Demain la rage
Une belle surprise. Pour un premier album, Nicolas Bazin s'en tire plutôt bien. Il a pour référence : Neil Gaiman, Jeff Lemire, James Tynion IV, Andrea Sorrentino ..... que du beau monde. Une campagne participative a été lancée sur Ulule par les éditions Bubble pour permettre la publication de cette BD. Un artiste avec, déjà, son univers, un récit de science-fiction mêlant l'anticipation et les violences conjugales. Damien est un homme violent physiquement et psychologiquement jusqu'au jour où un accident de voiture va bouleverser sa vie et celle de sa compagne. Que feriez-vous si on vous propose de vivre 8 années de plus en vous rendant meilleur ? Évidemment ce pacte ne sera pas sans conséquences, au bout des 8 ans il faut en payer le prix et libérer la bête qui sommeil en lui. Un récit sans round d'observation, on entre de suite dans cette histoire assez folle, il faut faire abstraction de nos certitudes et se laisser porter par une narration agressive, non linéaire et délirante. Un récit qui n'est pas sans défauts, une pagination plus importante aurait permis de mieux développer l'intrigue et les personnages, et ainsi, une meilleure maîtrise du sujet. Mais je chipote, j'ai aimé ce voyage qui visite des univers bien différents. C'est la couverture qui a attiré mon regard. Le dessin en noir et blanc de Bazin est hypnotique, un trait nerveux, mordant et charbonneux. Une texture qui est en parfaite harmonie avec le récit et qui apporte cette atmosphère sombre et violente. La mise en page n'est pas en reste, elle est destructurée et cinématographique. Superbe. Pour les curieux. Coup de cœur graphique.
Watchmen
Je suis tombé aussi haut que notre protagoniste Le Comédien, mais heureusement pour moi, je m'en suis relevé physiquement et mentalement comme Le Hibou, qui ma procuré une impulsivité et une envie de justice à l'image de Rorschach. Ce qui m'a fait réfléchir sur des plans complexes et malsains tout comme Ozymandias, par conséquent tout cela m'a transporté dans une conscience/inconscience selon notre cher Dr Manhatthan... Moi qui partais avec un a priori mitigé par rapport aux avis de cette fiche, je me suis dit qu'après "Killing Joke" de notre cher M.Moore, ça ne pouvait qu'être bon, et bien croyez moi, c'est bien un ovni qu'il nous a accouché... Ceci grâce aux dessins de M.Gibbons et surtout nom de dieu, des couleurs sacrées de M. Higgins qui m'ont transporté dans l'ambiance des années Nanar 80 ! Pourtant je suis qu'un simple gueux des années 90, mais que j'aime la dizaine avant moi ... Ce livre sacré, est réussi pourquoi ? tout simplement parce que notre Trio était en symbiose, que dis-je, en transe... Premièrement le récit est bien découpé, ficelé, arrangé pour que tout colle et qu'ainsi notre 2e lecture nous en apprenne davantage (je ne vais pas vous faire un résumé), mais surtout bon sang de bois... Les Personnages vivent ! Ils sont tous intéressants, intrigants et attachants, avec des punchlines de dingue et des dialogues qui transpirent d'intelligence. Deuxièmement les dessins ... regardez simplement les quelques planches sur cette fiche, pas besoin d'en dire plus, enfin si ..., Les cases nom de dieu ! que j'aime ce vieux format de 9 cases par page, tout est cadré, les plans qui y sont nichés sont magnifiques, sombres, effrayants et bluffants ... Et pour finir, Troisièmement les couleurs, telles des cocktails servis en terrasse d'été, sans ordinateur, ça pète, ça vit, c'est un vrai savoir faire ... notre oeil observateur capte les moindres détails importants et impactants au récit. Pour conclure, lisez le, sinon vous passeriez à coté de quelque chose sur l'art de la BD, et comme ça ne suffisait pas, ce livre a lui-même créé sa progéniture qui se nomme Minutemen, la source des Watchmen. Profitez de votre lecture sans vous faire spolier par divers avis ici ou ailleurs, bonne lecture à toutes et à tous...