Les derniers avis (7594 avis)

Par jib
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Légendes des Contrées Oubliées
Légendes des Contrées Oubliées

Splendide ! Magnifique ! Epoustouflant !!! Un dessin subtil aux douces courbes affinées ; envoûtant, passionnant, terrible et inquiétant, ténébreuses caricatures de dieux décadents laissant sombrer le monde dans sa misère. Le pastel donne une couleur un peu passée rappelant à chaque coup de crayon que nous glissons douloureusement vers une fin tragique. Un petit groupe principal tout droit sorti des grands classiques des jeux de rôle d'héroic fantasy (les rôlistes ne seront pas déçus !). Leurs caractères incompatibles les rend tous sublimement indépendants. Tous ensemble, ils réalisent leurs quêtes individuelles et disparates. Un vrai guerrier, un vrai voleur, de vrais saloperies de personnages, une vraie fierté, de l'orgueil, de l'honneur et du déshonneur, de la beauté dans la douleur, de la cruauté dans l'amour... On est troublé. Des bastons déséquilibrées aux rebondissements inattendus. De vrais héros qui savent mourir pour de grandes utopies dénigrées de tous. Des petits fourbes et lâches qui s'en sortent grâce à leur vicissitude. Quand les anges déchus maltraitent les dieux nostalgiques, les créatures insignifiantes peuvent faire pencher la balance. De l'importance du petit. Une poésie d'une tristesse sans fond, une tragédie tellurique aux dimensions de l'éternel. Tout fout le camp dans un drame décomposant le monde et déchirant les esprits. Ce monde tourmenté par l'amour perdu nous tourmente à notre tour. Ce chef d'oeuvre est une sublime parabole de l'héroic fantasy. On termine l'histoire le coeur noué... plein d'une émotion indomptable... une terrible mélancolie nous gagne... à l'image des héros que nous avons suivi avec passion durant ces trois tomes : à ne rater sous aucun prétexte !!

06/09/2008 (modifier)
Par tolllo
Note: 5/5
Couverture de la série Calvin et Hobbes
Calvin et Hobbes

Quand on me pose la question, j’ai du mal à expliquer pourquoi cette Bd me semble exceptionnelle, un avis très largement partagé d’ailleurs. La BD "Calvin et Hobbes", c’est : un enfant bourré d’imagination et un tigre (en peluche) confronté à tous les travers de notre société. Indéniablement ce qui me plaît le plus c’est l’intelligence et l’imagination débordante de Watterson et de son personnage principal. Quand on voit la qualité déplorable de beaucoup de BD « comiques » qui sortent en ce moment on se demande : « mais pourquoi tout le monde ne lit pas Calvin ?! ! » J’aime particulièrement quand l’auteur « titille » notre imagination : En nous montrant simplement une case avec tout un chemin intérieur à parcourir dans l’imaginaire pour arriver à l’instant « T ». On ne peut que rester scotché. Je crois que s’est la seule BD qui me fait un tel effet, le gag de l’instantané à réflexion où tout est bien pensé, réfléchi, pour nous amener au gag en question. Je crois que l’on ne peut que conseiller la lecture au moins pour se faire une idée, lisez donc trois-quatre pages dans votre librairie. Même si le grand nombre de Bd rend certaines situations répétitives on a toujours plaisir a retrouver Calvin. (20/20)

06/09/2008 (modifier)
Couverture de la série De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs

Pour ceux qui l’ignoreraient encore – ou qui ne l’auraient toujours pas admis – "De Cape et De Crocs" est la plus prodigieuse série de bande dessinée francophone jamais créée. Je tenais à le signaler moi aussi de peur que certains - par distraction ou par (très) mauvaise volonté - aient encore l’outrecuidance d’affirmer ne pas en avoir été informés. Cependant, la politique de ce site impose que tout avis et toute opinion doit être accompagné d’un justificatif sommaire. Aussi, quitte à défoncer toutes les portes ouvertes de ce monument littéraire, je me lance à mon tour dans une logorrhéique effusion de louanges et de superlatifs. Tout d’abord, considérons cette série de loin, de très loin. Ne considérons que l’idée première, que l’intention originelle, que le « concept de base » de l’œuvre. Déjà là, DCEDC se distingue de toutes les séries environnantes et se démarque de manière époustouflante. Nous voyons une série dite d’aventure ou de cape et d’épée où les principaux protagonistes sont des animaux vêtus en gentilshommes et côtoyant des pirates, des bourgeois et des malandrins tous semblant issus de la littérature ou du théâtre « classique » (quel vilain mot). On y voit des décors et des couleurs jamais vus et jamais rêvés auparavant, on y décèle encore un découpage séditieux engendrant un rythme effréné, frénétique, insensé, immodéré, échevelé, vertigineux, fougueux, furieux, éperdu, effervescent, véhément (…) à ces planches détonantes. Approchons-nous un peu. Là, voilà. Les visages, les expressions, les détails graphiques… A ce niveau-là déjà, la note maximale me paraît devoir s’imposer comme rarement elle ne le dût. Par surcroît distingue-t-on encore – à cette distance – les phylactères et leur contenu. Le texte est là. Les dialogues les plus fins et les plus drôles de la bande dessinée francophone d’hier et d’aujourd’hui. Un vocable un rien désuet qui parfait cette atmosphère intemporelle et fabuleuse. Dans les bulles comme autour d’elles, les références abondent, les clins d’œil se succèdent. La Fontaine ! Là, Corto ! Cette chanson, c’est Brassens ! Scapin ! Là, c’est du Hugo ! Ici, le roman de Renart ! Le plagiat de Molière sur Cyrano ! Le personnage de Cigognac ! La lune, comme dans les contes du 17ème ! Là, Münchausen ! Le Cid ! Baudelaire ! Da Vinci ! Stevenson ! Defoe ! Dumas ! Verne ! Hergé ! Moby Dick ! Les Monthy Python ! Rabelais ! The Lord of the Rings ! Hamlet !... Je l’ai vu le premier ! Non, c’est moi !... Là, c’est L’Avare !... Enfin, approchons-nous vraiment et plongeons dans cette cathédrale de papier. Imprégnons-nous de cette extraordinaire atmosphère et… Commençons la lecture. Tout bien considéré, je ne vais pas m’épancher sur chaque tome et sur chaque situation extraordinaire de cette série… Je pense que tout à dû être dit et redit auparavant (ou du moins tout ce qui peut être dit, car il arrive parfois - lorsque l’on est confronté à une œuvre d’Art d’une puissance importante – que les mots ne puissent retranscrire notre ressenti). Je ne ferai que confirmer le fait que l’intrigue développée ici par Ayroles et illustrée par Masbou est la plus enivrante et la plus démesurée proposée jusqu’à ce jour par la BD de langue française (non, il ne sera pas dit que j’aurai compromis Watchmen dans cet avis) ! Je confirme que l’on trouve dans "De Cape et de Crocs" tout ce qui – selon moi – métamorphose une BD de très bonne qualité en œuvre culte et que l’on y trouve une valeur artistique véritable et tous les éléments relatifs aux Grandes œuvres, aux vrais (et rares) Chefs d’œuvre. L’évasion, l’originalité, le perfectionnisme (tant formel que scénaristique), l’intemporalité, la prise de risque et le message inhérent à toute poésie, celui qui transforme, celui qui marque et qui provoque un renversement existentiel chez le spectateur. Il y a un « avant » et un « après » DCEDC. Cette série peut vous changer la vie. Ayroles s’inspire de personnages fictifs du passé et les intègre parfois dans son œuvre. Néanmoins ne leur enlève-t-il rien de leur substance et de leur grandeur. Il respecte entièrement l’âme de ces légendaires héros. Il les fait renaître, il les fait revivre. Je soulignerai encore simplement le fait que cette série est (encore une fois) un REEL chef d’œuvre et que le fait qu’Ayroles ait choisi le medium de la BD pour créer et développer ses histoires n’enlève rien à la valeur véritable de cette œuvre d’Art. Tout le monde connaît le Cyrano de Rostand, tout le monde connaît Dumas, Molière, La Fontaine etc. Eh bien je trouve qu’Ayroles n’a rien à envier à ces maîtres du passé. La littérature ne nous propose plus de grandes œuvres poétiques et chimériques, le cinéma coupe les ailes au moindre Terry Gilliam qui ose proposer une idée vraiment audacieuse, le milieu scolaire ou académique renforce chez les jeunes l’idée que ce « genre » est mort, qu’il appartient au passé et que les alexandrins correspondent à une langue oubliée… Non !! Ayroles est un poète et un conteur au moins aussi talentueux et génial que ces références toujours plus dénaturées à force d’analyse. Lorsque je dis que mon écrivain préféré est Edmond Rostand, on me rétorque qu’il « fait du théâtre »… Pourtant, c’est une figure emblématique de la Littérature française ; donc, si le théâtre est accepté par « l’intelligentsia » d’aujourd’hui, j’affirme que la BD doit l’être également et qu’Alain Ayroles est le plus grand écrivain français encore vivant (allez, l’un des plus grands… Je ne les connais pas tous je pense). Edmond Rostand, Georges Brassens, Alain Ayroles. Cela pourrait être aujourd’hui mon « trio » de poètes – écrivains francophones préféré. Le troisième eut le malheur de choisir un medium ingrat et méprisé par les « intellectuels » d’aujourd’hui, tant pis. La postérité saura peut-être reconnaître son génie. La BD est un Art aussi puissant que le théâtre ou la chanson. Il serait bon que les gens (tant le public que les auteurs) le comprennent et l’admettent enfin. La BD n’est pas la solution de facilité pour qui n’a pas le courage ou le temps d’écrire un roman de 500 pages ou pour qui n’a pas les moyens de faire un film. La BD doit être considérée avec le même sérieux que le plus imposant des romans « littéraires ». A quand une BD dans la Pléiade ? Ayroles ne sera-t-il jamais salué comme il le devrait être uniquement pour avoir choisi le neuvième art comme terrain de jeu et de vie ? Ah… Ayroles, tu choisis la BD, qu’allais-tu faire en cette galère ?... Vraiment, rarement une œuvre ne m’aura transporté et transcendé autant que cette série. Masbou est un dessinateur hors du commun (l'homme qui parvient à rendre un caillou attendrissant (!)) et Ayroles est un poète éternel. Jules Renard disait, le soir de la première de Cyrano : « Ainsi, il y a un nouveau chef-d’œuvre sur terre ». Je crois sincèrement que Rostand dirait la même chose s’il lisait De Cape et De Crocs.

02/09/2008 (modifier)
Par Gianni
Note: 5/5
Couverture de la série Les Aigles de Rome
Les Aigles de Rome

J'ai adoré l'histoire, ce qui m'a d'un côté surpris étant donné que je ne suis pas un fan des bd "historiques". Les dessins sont aussi super (bravo Marini !), on voit que l'auteur s'est amélioré avec les années (grande amélioration par rapport à Rapaces, qui est déjà une bd que j'adore). Donc un 5 sur 5 tout à fait mérité. ;)

01/09/2008 (modifier)
Couverture de la série Pico Bogue
Pico Bogue

Gros coup de coeur pour cette bd rafraîchissante au possible. Poésie, dessin magnifique, humour léger et décalé. Un régal du début à la fin. J'attends avec impatience le suivant. Pour info, il y a un site créé pour le personnage : www.picobogue.com. A découvrir...

01/09/2008 (modifier)
Couverture de la série La Nef des fous
La Nef des fous

Je me souviens du jour où je lus pour la première fois ce qui allait irrévocablement bouleverser mon regard et mes attentes de lecteurs ; du jour où je découvris la série qui allait détrôner sûrement et sèchement des albums que je croyais enracinés à jamais au sommet d’un panthéon pourtant déjà bien peuplé ; du jour où je reçu cette gifle alors inconnue que seuls certains artistes (presque toujours) inclassables et (souvent) méconnus savent donner ; du jour où je tombais – dans une vieille bibliothèque de chalet, aux tréfonds des Alpes suisse – sur ce qui allait tout chambouler, tout démonter, tout retourner ; du jour où je vis ce nom : « Turf » et où je lu cette citadelle de mots et de traits: La nef des fous. C’était lors de la parution du tome 4, je devais donc avoir 13 ou 14 ans. Dès lors plus rien ne fût réellement pareil. La nef des fous devint ma bible et le demeura durant la majeure partie de mon adolescence. Il n’y avait que quatre albums ! Pourtant ne se passait-il pas une semaine sans que je les relise – en diagonale ou par passage – sans que je les ressasse, sans que je les revive. Ainsi existait-il ce genre de littérature ?! Ce fut véritablement une révélation pour le jeune lecteur naïf et rêveur que j’étais. Je me souviens du premier choc, le choc esthétique – l’impact graphique. Jamais je n’avais vu une chose pareille… Ces visages, ces couleurs, ces décors, ces costumes… Ces plans !!! Oui, ces plans, ce découpage de dément acidulé et fantasmagorique ! Ces prodiges hallucinés sur chaque planche ; ces merveilles transcendées à chaque strip, ces miracles accomplis dans chaque case. Quelle folie créatrice, quelle puissance, quelle force. Tant de rage et pourtant tant de finesse, tant de démesure et pourtant tant de légèreté, tant de magie... L’imaginaire de Turf échappe à tout tableau déjà connu. Chaque idée est nouvelle et d’une originalité extraordinaire. Chaque pixel de sa nef gigantesque nous transporte en des lieux nouveaux et enchanteurs. Turf a créé un univers dangereux et vivant, mouvant, fugitif. Lui-même semble en avoir perdu le contrôle, comme une créature mutante qu’un savant fou aurait voulu apprivoiser et qui lui aurait échappé pour errer à sa guise dans des labyrinthes hostiles et nauséabonds. Et Turf d'assumer cet "accident" et de continuer de nous conter les déboires de sa nef comme s’il nous commentait un fait divers. Ce monde lui a échappé et grandit comme un légume étrange que l’on aurait oublié au fond d’un placard durant des années et que l’on ressortirait pour se donner à lui et s’y perdre. Ses tentacules nous happent et nous voilà captifs, reclus dans cette entité visqueuse et enivrante. La nef nous tient. Elle s’amuse avec notre esprit. Elle confronte ses rêves aux nôtres. Jamais plus rien ne sera comme avant, nous voilà contaminés par la psychose de cet univers fabuleux… Et je ne parle encore que du dessin ! Quant à l’intrigue "en soi", je ne sais par où commencer… Prenons le premier tome : Eauxfolles. Si je devais classer mes albums de bande dessinée favoris (mes albums, et non mes séries), nul doute que le tome 1 de la nef des fous y serait parmi les premiers. Cet album est abouti comme rarement un livre ne le fut. Il y a là les idées les plus extravagantes qui puissent être imaginées et leur réalisation approche tant de la perfection qu’il est difficile de croire qu’un simple individu ait pu à lui seul concevoir et créer un tel chef d’œuvre. Cet album est indubitablement le meilleur "premier album" que je connaisse. Tout y est d’une puissance, d’une intelligence, d’une drôlerie et d’une minutie presque insoutenable. Les autres albums en sont le prolongement « logique » – donc la qualité fanatique de cette mise en bouche n’est pas amoindrie par la suite – mais tout ce que l’on aimera dans les tomes suivants y est déjà édifié et la densité de cette première démonstration est digne du plus fou des déments lumineux. De plus, le clin d’œil à Thiéfaine en page 7 ne fait que renforcer l’affinité que je devais connaître avec cette splendeur. J’avais chu. J’étais dans la nef et devait y rester pour un long moment. Le second tome : Pluvior 627. Les scènes devenues anthologiques se succèdent. On découvre dans ce second opus l’ampleur titanesque de cet univers féerique et l’audace inédite de cet auteur divin. Les rebondissements s’additionnent, les "gags" se multiplient et les prouesses graphiques s’accumulent de façon si stupéfiante qu’elles justifient à elle seule la propulsion de cette série dans le "Top" des plus jouissives. A ce stade, la nef des fous est déjà une série culte. L’originalité, l’intelligence et le perfectionnisme de Turf sont indéniables, la nef est officiellement une œuvre incontournable. Tome 3 : Turbulence. Enfin la série – déjà inouïe – prend son essor réel, celui qui la propulsera dans des sphères jusqu’alors inconnues et qui fera d’elle l’une des œuvres littéraires (et je ne parle pas que de BD) les plus extravagantes et les plus sensationnelles jamais conçues. La nef se met à l’écart pour laisser place aux fous. Le rythme est tel que l’auteur lui-même semble agir sous le joug insatiable d’une puissance supérieure. Chaque page renverse les acquis du lecteur, chaque plan pulvérise son entendement, chaque idée le foudroie, chaque dialogue le balaye… En effet, s’il est un album qui porte parfaitement son titre, c’est bien « Turbulences » - album dévastateur, album fou. Tome 4 : Au Turf. Le tome central de cette saisissante saga est sans doute – à ce jour – le plus réussi et le plus abouti de tous. Tout ce qui nous bombarda dans les tomes précédents s’y trouve embelli, fortifié, transcendé. La poésie de l’auteur nous pénètre et – de la faille au toaster – les inventions du maître subliment cet ouvrage. « Au Turf » est un chef d’œuvre complet, une claque cosmique – un bonheur infini. Tome 5 : Puzzle. Les lecteurs se sont impatientés, le perfectionnisme insolent de Turf les fait se languir, ils veulent connaître la suite de cette époustouflante histoire. « Puzzle » est l’album qui fait se rejoindre les différentes intrigues afin de pouvoir – tôt ou tard – finir cette saga prodigieuse. Aussi se succèdent les indices qui permettront aux protagonistes de défaire ces nœuds obscurs, de rassembler les pièces du puzzle. Notons l’insertion des « éphémères », véritables prouesses tant graphiques que scénaristiques (ainsi que l’hommage aux auteurs de DCEDC en page 24). Tome 6 : Les chemins énigmatiques Turf pensa un moment intituler cet album « 46 pages » ; puis il choisit de le nommer « Les chemins énigmatiques » et – comme toujours – son choix fut le bon puisque ce sixième opus nous promène ça et là dans des contrées et des méandres totalement farfelus et pourtant d’une cohérence folle pour qui s’est acclimaté à cette nef "labyrinthesque". Le dénouement est proche, une lueur se fait paraître au loin, nous arrivons au terminus… Turf reprend les commandes, et il sait où il va. Voilà. La nef des fous est une série à lire (évidemment) et à relire encore et encore… Turf est un génie. Il parvint à créer – tout seul – ce qu’aucun autre auteur (ou presque) ne sut créer avant lui. Il créa une BD vivante, une BD qui attrape le lecteur de ses crocs étonnants et qui l’entraîne à sa guise parmi ses landes enchanteresses. C’est une expérience à vivre, sachez néanmoins que c’est une œuvre trop imposante pour être lue avec de petits yeux. C’est un univers dans lequel le lecteur s’investi et duquel l’on ne ressort pas indemne. Alors si vous vous sentez prêts, si vous n’avez pas peur de perdre le contrôle, si vous acceptez d’être ainsi chahutés par l’un des plus grands maîtres de la BD d’hier et d’aujourd’hui ; laissez vous porter par la nef et par ses âmes, vous ne le regretterez pas… (et aussi, heu... oui, heu… s’il vous plaît… lisez Gribouillis… merci.)

28/08/2008 (modifier)
Par Ems
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Alim le tanneur
Alim le tanneur

Maintenant qu'il y a 2 tomes, on peut lâcher le 5/5 !! Série irréprochable tant au niveau du scénario que de la partie graphique. Le rythme est enlevé, les personnages attachants. L'univers décrit est très réaliste. Il s'agit certainement d'une des meilleurs BD récentes. On ne ressent aucune hésitation dans l'évolution de l'histoire. Il n'y a pas à s'inquiéter, le sujet est maîtrisé par ses auteurs !! J'ai longtemps hésité à cause du titre peu attractif !!! Quelle erreur, heureusement la lecture des avis de BDT m'a poussé à me lancer, à ma plus grande joie. Cette série est à découvrir d'urgence. 24/08/08 : après la lecture du tome 3. La série prend une tournure plus complexe, voir plus adulte. Le dessin est somptueux. Vivement le tome 4. 12/04/2010 : Après la lecture des 4 tomes. Cette série est clairement un immanquable. L'histoire est beaucoup plus complexe qu'elle n'y parait. L'intrigue est dense et bien structurée. On suit la destinée hors norme des personnages jusqu'au final inéluctable... Le dessin est superbe mais je l'ai trouvé un ton en dessous sur le tome 2 au niveau des couleurs et moins propre sur l'encrage sur le T4. Cette lecture fut un régal.

10/08/2006 (MAJ le 24/08/2008) (modifier)
Par venius
Note: 5/5
Couverture de la série Übel Blatt
Übel Blatt

Bonjour, pour ma part cette oeuvre est excellente en plusieurs points. Le héros charismatique, le monde cohérent et la quête de vengeance est bien menée. Par contre âmes sensibles s'abstenir car il est par moment violent, mais c'est une violence nécessaire qui fait avancer l'histoire. Cela me fait penser un peu au saint empire germanique le mande avec son empereur, ses comtes et ducs. L'histoire des 14 lances est plus qu'intéressante et les flash back arrivent à point. Etant passionné par les mangas cette série est l'une de mes préférées avec X de Clamp.

23/08/2008 (modifier)
Couverture de la série Garulfo
Garulfo

Dans le royaume du neuvième art, une ombre vagabondait au sein d'acariâtres méandres, revêches et nébuleux. Elle endurait moult brimades et souffrait du manque de panache alentour. A qui cette silhouette pouvait-elle appartenir ? Percevrait-on sur son profil quelque nasale protubérance signe d'un nouveau Cyrano ? Cet admirable gueux est-il enfant de Rostand ? De Dumas ? De La Fontaine ? De Molière ?... Grimm ? Perrault ? Cervantès ? Münchausen?... Villon? Carroll? Brassens? Rowling? Gilliam?... Quel poète put engendrer cet énergumène? Chacun d'eux, sans doute y contribua ; bien qu'un poète digne de ce blase résulte généralement d'une génération spontanée qui naquit parfois - de manière ponctuelle - tout au long de notre ère. Cette ombre est celle de l'un de ces nouveaux arrivants, l'un de ces oiseaux de passage, l'un de ces génies, l'un de ces Cyrano. Cette ombre est celle du plus grand scénariste de bande dessinée francophone (ou l'un des plus grands (Turf le talonne de près, attendons la fin de sa nef)). Cette ombre est celle d'Alain Ayroles. Alain Ayroles est l'auteur de la série culte De Cape et de Crocs. On y trouve les textes les plus drôles et les plus intelligents de la BD contemporaine (Goscinny n'est plus). On y voit la virtuosité narrative la plus esthétiquement violente des récits d'aventures. On y trouve un marasme d'allusions et de clins d'oeil tous plus pertinents et plus érudits les uns que les autres. On y vit l'aventure la plus extraordinairement démesurée que l'on peut imaginer. On y côtoie des personnages d'une profondeur et d'une justesse sans précédent. Ajoutez-y un lyrisme parfaitement dosé, un univers d'une richesse éblouissante, une atmosphère qui transporte dans des lieux de rêveries jusqu'alors inconnus du lecteur (même du plus acharné) et un graphisme transcendant et explosant à chaque nouvel album les bornes jusqu'alors déterminées par la raison du plus fou... Or, il est une autre série. Plus ancienne, plus abordable (en apparence), plus distrayante (dans le sens noble du terme)... peut-être moins démesurée, moins "virtuose", moins fringante, moins clinquante ; mais non moins bien ! Car la poésie, la vraie, ne saurait être comparée. Garulfo est là aussi. Garulfo existe. Garulfo... Lorsque l'on commence à lire Garulfo, le lecteur peut avoir le sentiment de se retrouver devant une énième série fantastico médiévale cherchant vainement à tirer encore une goutte ou deux de cet énorme citron qu'est l'Héroic Fantasy et que tant d'auteurs déjà ont pressé et repressé. Pourtant, si l'on omet ce genre d'a priori et que l'on se laisse entièrement transporter par la verve et l'humour de cet univers enchanteur, nous réalisons bientôt que nous voilà rendus dans un univers inédit, original, immense et pourtant terriblement familier tant il recèle de recoins ou s'amusent entre eux les héros de nos rêves enfantins, de nos rêves oubliés parfois. Des contes de Grimm à ceux de Perrault en passant par les fables de La Fontaine, les références historiques, les détournements de traditions ou les parodies des grands auteurs de jadis (la scène du balcon de Cyrano est à hurler de rire), Ayroles et Maïorana nous enlèvent littéralement le temps de cette lecture et nous rendent au monde réel à jamais transfigurés, à jamais rajeunis, à jamais meilleurs. Ce livre rend bon (si,si...). Le rythme du récit et l'accumulation invraisemblable de détails sauront ravir même les plus réfractaires aux contes de fées et à la poésie dite "classique". Le graphisme de Maïorana accompagne parfaitement cette intrigue grâce à des couleurs et à des expressions d'une chaleur communicative et - surtout - grâce à un découpage et une mise en scène fabuleuse et aboutie comme peu savent le faire en BD (on pense même au maître Moore). Enfin, si le livre premier est une réelle démonstration du talent narratif des auteurs et de l'immensité de leur imaginaire commun, le livre second (tome 3 - 6) transcende complètement les données établies. C'est un véritable carnage, où le génie d'Ayroles affronte celui des poètes passés. Chaque page surpasse et enfouit la précédente, chaque case nous propulse plus loin, chaque personnage se développe de façon si juste et si fluide que l'on s'étonne à pleurer de son malheur sans s'être aperçu que l'on s'y était tant attaché. Garulfo est vraiment - parmi les séries "achevées" - l'une des plus grandes et des plus jouissives saga de la BD francophone. Tout y est réussi, tout y est intelligent, tout y est nouveau, tout y est, tout y est. Qu'est-ce qui définit un chef d'oeuvre ? Qu'est-ce que la poésie ? Quand peut-on réellement parler de génie, d'Artiste avec un immense A ? L'intemporalité ? L'universalité ? Les fables de jadis ne nous parlent-elles pas encore autant qu'elles parlaient aux princes et aux serfs ? Ces poètes à la mode qui jouent avec les mots ne sauront pas séduire le public des siècles prochains. Les cyniques ne feront pas long feu. Comme le souligne Larcenet dans son « combat ordinaire », on ne pourra pas se passer longtemps de ce qui est essentiel. De la créativité, de l'évasion, de la magie, de l'audace, du panache... du talent ! Où est-il ce talent ? N'y a-t-il plus de grands maîtres aujourd'hui ? Oui !! Merci il en reste ! Cela est logique, il doit rester des poètes, il le faut ! Et monsieur Alain Ayroles en est. Merci François Villon, Merci Grimm, merci Perrault, Merci La Fontaine, Merci Cyrano Savinien de Bergerac, Merci Molière, Merci Alexandre Dumas, Merci Théophile Gautier, Merci Edmond Rostand, Merci Jean Richepin, Merci Georges Brassens, ... Merci Alain Ayroles.

22/08/2008 (modifier)
Couverture de la série La Terre sans mal
La Terre sans mal

Un peuple en perdition en quête d'une liberté où il se perdra un peu plus. Le lecteur lui ne s'y perdra pas. Remarquablement charpenté, vous suivrez avec intérêt les souffrances, les doutes, les désillusions, de ce peuple attachant qu'on (les colons) s'est acharné à détruire. Très grand travail de documentation des artistes rendant intéressant ce voyage dans le temps et dans l'espace (Paraguay au moment de la guerre mondiale). Une BD hors norme, pour un voyage hors norme. A lire et à relire. De plus en 2008 Aire Libre en a sorti un exemplaire anniversaire, l'enrichissant de textes et de croquis inédits.

20/08/2008 (modifier)