Si je m’appelais Alexandre Taillard de Vorms, j’aurais enduit cet album de Stabilo...
Toi là… oui toi, jeune lecteur incrédule qui n’a pas compris cette phrase… pour la saisir, je te conseille l’achat et encore plus la lecture de ce petit bijou qu’est « Quai d’Orsay ».
Dès le premier contact en magasin, j’ai succombé au dessin de couverture. Du Christophe Blain ! Sans l’ombre d’un doute ! Avec un format similaire à celui de « Gus ». J’ai donc craqué et échangé quelques misérables euros contre une œuvre humoristique d'une qualité j’attendais depuis quelques temps déjà.
Faire de l’humour avec de la politique, beaucoup s’y sont essayés, peu ont réussi. Le tour de force de « Quai d’Orsay » réside pour moi dans son accessibilité. Accessibilité donc simplicité à outrance et néant de contenu me dites-vous… et bien non ! Blain et Lanzac sont parvenus à utiliser l’univers de la politique avec toute sa complexité sa finesse et son intérêt, tout en lui soustrayant la lourdeur, l’ennui et la monotonie.
La compréhension de l’œuvre est aisée, même pour les amateurs frileux qui « ne connaissent rien à la politique française. »
Oui, « Quai d’Orsay » est une bande dessinée intemporelle et éternelle.
Le dessin de Blain est dans son style habituel, mais plus beau, expressif et dynamique que jamais. Après on aime ou on n’aime pas mais en ce qui me concerne, j’adore !
Je pourrais parler de ce nouveau pilier du 9ème art humoristique pendant de longues et fastidieuses lignes mais je me contenterais d’ajouter une mention spéciale pour celui qui fait vivre ce bel album, j’ai nommé l’excellent, le fantasque, l’exigent, le génie Alexandre Taillard de Vorms. Je suis resté totalement captivé par ce personnage. Il bouffe littéralement « l’écran » (ici la planche).
Il est dit que le tome 2 est en cours de réalisation… et moi je serai du voyage !
J'ai trouvé la bd zombies tout simplement excellente, un très bon scénario, un très bon dessin bien que je pourrais faire un petit reproche pour les personnages d'arrière plan, les visages sont assez succinct, mais bon, ne nous arrêtons pas là, j'achèterais très certainement la suite. Ah oui j'oubliais un petit détail sympa page 25 le héros porte un tee-shirt avec le logo de l'ancienne série télé V-les visiteurs (qui sont les "visiteurs" dans ce monde apocalyptique).
Après lecture du 2ème tome ma note est de 5/5
Et bien contrairement à la plupart des avis de ce site, j'ai adoré cette série, si bien qu'elle est devenue ma série préférée, que je lis et relis avec délice. Le dessin est original et les scénarios ne ressemblent à rien de ce que l'on connaît. Une vraie oeuvre artistique, que l'on peut adorer ou détester. Le dessin est très "cartoon", mais les chutes des histoires sont sonvent trash et surprenantes. Cette série m'évoque plein de souvenirs et de sensations. Une série culte !
Monster est un manga extraordinaire, complexe et très bien réalisé.
Le dessin est excellent, les trames appliquées aux bons endroits, et surtout, chaque personnage est immédiatement identifiable, malgré le nombre incroyable de ceux-ci.
Le scénario est mature, complexe, parfois un peu trop plein de bons sentiments, mais cela contrebalance avec la noirceur de l'oeuvre. Nous avançons donc de révélation en révélation, celles-ci cependant contrastées avec de petites et courtes histoires, impliquant souvent notre héros Tenma, ou divers protagonistes. Celles-ci n'apportent pas énormément de choses au scénario, mais elles apportent régulièrement des sentiments aux lecteurs, et apportent également un gros plus à la psychologie des personnages, même secondaires. Eh oui, dans Monster, chaque personnage semble vivre sous la plume de Naoki Urasawa !
Le final (2 derniers tomes) est grandiose, mélancolique, tragique, sans pour autant tomber dans le niais. Bravo Naoki Urasawa, pour nous avoir pondu un grand manga, un très grand manga !
Watchmen est le meilleur comic que j'ai pu lire jusqu'à présent.
Le dessin est parfaitement ajusté, avec des scènes et des plans incroyables, des expressions parfaitement refletées. C'est juste impeccable.
Le scénario est juste hallucinant, on nous mène petit à petit à un final extraordinaire. Certaines oeuvres sont extraordinaires pour le cheminement qui mène à la fin, d'autres pour leur dénouement tant attendu et grandiose. Watchmen fait partie de celles rares qui combinent les deux. Des dialogues bien sentis, un style sans faille, des phrases cultes. On ne tombe jamais dans la philosophie de bas-étage, le noir à deux balles, le rebondissement facile... Tout est mené d'une main de maître par Alan Moore, qui signe probablement sa meilleure oeuvre avec V for Vendetta...
La psychologie des personnages est très poussée, et le "héros" Rorschach, puant, moche, est d'un charisme sans faille.
De plus, le compte à rebours effectué par l'horloge augmente superbement la tension de l'oeuvre.
On notera dernièrement la présence de textes et images entre les chapitres, tous très bien sentis, qui renforce l'excellente uchronie qu'est Watchmen.
En conclusion, on ne peut prétendre connaître les comics sans avoir lu cette oeuvre majeure et magistrale qu'est Watchmen.
Je viens de relire le secret de l’Espadon, non seulement c’est l’œuvre majeure de E.P Jacobs mais sûrement aussi une œuvre phare de la bande dessinée.
Époustouflant, quand je pense que cette BD à été conçue en 1946, on ne peut que s’incliner devant l’immense talent de l’auteur, cette BD n’a pas prit une ride !
Pour témoin l’Espadon, cet extraordinaire avion submersible garde un profil aérodynamique qui n’est pas prêt de se démoder.
Le scénario est un modèle, l’auteur tient en haleine le lecteur, la course contre la montre de la fin de l’aventure est un chef d’œuvre de suspens.
Je me suis récemment replongé dans l’une de mes séries cultes, qui mérite incontestablement la note maximale (que j’attribue du reste avec parcimonie, d’un point de vue général).
Le meilleur triptyque qu’il m’ait été donné de lire à ce jour ! C’est bien simple : il est parfait !!! Pas un tome en-dessous du niveau des autres ! Le premier opus, même s’il se concentre surtout sur l’installation des personnages (à savoir la jolie Mariotte, Anicet le couard et leur ténébreux maître sans visage) se révèle déjà véritablement prenant. Le deuxième, quant à lui, confirme le côté onirique de la série qui tranche magistralement avec le réalisme des célèbres Passagers du vent du même auteur. Mais si je devais choisir mon tome préféré, ce serait sans doute le troisième : la bd la plus dense que je connaisse !
Le soin porté par Bourgeon à son œuvre est incroyable ! D’un point de vue graphique, tout d’abord, la majesté de son trait, couplée à son sens du détail, sont du plus bel effet. Du point de vue du texte, par ailleurs, son travail sur la langue est magnifique et permet une immersion irréprochable dans le récit.
Par contre, ‘Les compagnons du crépuscule’, c’est sans doute le genre de lecture à éviter après une journée crevante, lorsque l’on cherche davantage à se relaxer qu’à se concentrer. En somme, je dirais qu’il s’agit là d’une lecture exigeante pour lecteurs exigeants. ;) Mais si vous êtes bien disposés et que quelques tournures de phrase et expressions de vieux français ne vous rebutent pas outre mesure, laissez-vous tenter : vous ne le regretterez pas !
Les mots manquent devant ce courageux travail de mémoire, à la fois un hommage à l’ensemble des Juifs morts dans les camps mais aussi au père de l’auteur, ce dernier ayant cherché à coller au plus près de la vérité en intégrant l’Histoire (avec un grand h) dans l’histoire, celle de son père qui a survécu valeureusement à cet enfer, puis est parti vivre aux USA après la guerre, mais ne s’est jamais réellement libéré, prisonnier de ses propres obsessions et sa peur de manquer, rendant la vie impossible à son entourage.
C’est aussi tout cela que Spiegelman fils raconte, sans concession et sans manichéisme, comme une sorte de psychothérapie et une tentative de comprendre les rapports difficiles qu’il a eu avec ses parents, mais s’il parvient à aller aussi loin en décrivant les pires travers de Vladek, son père, désormais veuf - que l’on découvre radin, égocentrique, possessif, odieux vis-à-vis de sa compagne et même raciste envers les noirs - c’est parce que sans doute il y a mis aussi énormément d’amour, et c’est aussi cela qui est émouvant à l’extrême. Si l’auteur n’essaie pas de faire de son père un héros, il révèle aussi ses propres faiblesses et ses propres blessures, avec cette culpabilité lui interdisant de montrer ses souffrances, car né dans ce pays de Cocagne qu’étaient encore les USA après la guerre, alors que ses parents sortaient de l’enfer absolu.
Le graphisme ne plaira peut-être pas à tous, car plutôt minimaliste et d’un trait en apparence grossier, mais le but n’était pas de faire quelque chose de joli…. Il viserait peut-être à exprimer la fragilité de l’enfance plutôt qu’à étaler une quelconque prouesse artistique, évitant ainsi tout nombrilisme. En fait il colle très bien à l’histoire, tout comme le choix du noir et blanc. Le scénario est très bien mené, naviguant entre deux époques, où le Vladek jeune et héroïque et le Vladek vieux et mesquin se répondent en permanence… C’est souvent très émouvant (cette photo du petit frère !), et les personnages sont tous attachants, y compris le père, si invivable soit-il…
Près de vingt ans après sa sortie, un classique incontesté (et incontestable) de la BD…
TOUT, dans cette BD, est réussi.
L’introduction est à tomber tellement elle prend le lecteur et le retourne. En quelques pages, Olivier Peru donne le ton (impeccable tout du long) de sa dernière BD.
Une fois passée l’intro, l’histoire décolle et on suit notre personnage principal dans une quête qui ne laissera personne insensible. Car ce personnage n’est ni tout bon ni tout mauvais, juste un homme qui cherche à s’en sortir, qui peut se tromper, bref qui nous ressemble…
On ne reprend son souffle qu’à la fin, et encore après quelques minutes car justement, la fin, elle nous le coupe, le souffle ! Si bien qu’on se prend, un court instant, à les détester, scénariste et dessinateur, de nous faire ça , nous laisser tout seul, face à cette dernière case, avec l’idée que le tome 2 n’arrivera que dans un an...
Un grand bravo à Sophian Cholet pour qui c’est la première bd (il me semble ?) et qui montre un grand talent (j’ai adoré la gamme vestimentaire, c’est normal, je suis une fille !).
A la question est-ce ici la meilleure BD d’Olivier Peru ? Pour moi, c’est oui ! !
Habituellement, je n'aime pas trop les œuvres avec plusieurs dessinateurs, il n'y a alors pas de fluidité entre les dessins des différents personnages et le style de chaque dessinateur entraine souvent une fracture entre chaque tome.
Là, l'auteur (Giroud) a choisi de confier chaque tome à un dessinateur différent. L'originalité consiste dans le fait que chaque tome raconte la même histoire mais vue par un personnage différent. Chacun voit donc des évènements différents sur cette même zone de temps et n'apporte pas la même importance et la même vision sur chaque élément de l'histoire. Le lecteur découvre donc des évènements nouveaux dans chaque album tout en comprenant plus chaque protagoniste. Le changement de dessinateur ne dessert pas le scénario, et ça donne même une originalité car on peut considérer que chaque personne voit les autres différemment.
Le scénario en lui-même est captivant car, dans une période de première guerre mondiale, on mèle tout au long de quatre premiers tomes des histoires de passions, d'amours, de trahisons, de manipulations, etc. Avec pour chaque tome une trame bien différente des autres et des thèmes propres à chacun. Chaque tome pourrait se lire de manière indépendante et se suffire à lui-même, mais le fait d'en découvrir plus à chaque lecture donne une saveur bien particulière.
Enfin le dernier tome, qui se déroule bien des années après, conclut en toute beauté la série de manière bien originale et difficile à deviner. J'imagine d'ailleurs que ça ne doit pas plaire à tout le monde comme fin, mais ça donne à réfléchir.
Bref ce Quinttet m'a beaucoup plu pour sa force narrative, le suspense lié à chaque histoire, et le liant de la série en elle-même.
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Quai d'Orsay
Si je m’appelais Alexandre Taillard de Vorms, j’aurais enduit cet album de Stabilo... Toi là… oui toi, jeune lecteur incrédule qui n’a pas compris cette phrase… pour la saisir, je te conseille l’achat et encore plus la lecture de ce petit bijou qu’est « Quai d’Orsay ». Dès le premier contact en magasin, j’ai succombé au dessin de couverture. Du Christophe Blain ! Sans l’ombre d’un doute ! Avec un format similaire à celui de « Gus ». J’ai donc craqué et échangé quelques misérables euros contre une œuvre humoristique d'une qualité j’attendais depuis quelques temps déjà. Faire de l’humour avec de la politique, beaucoup s’y sont essayés, peu ont réussi. Le tour de force de « Quai d’Orsay » réside pour moi dans son accessibilité. Accessibilité donc simplicité à outrance et néant de contenu me dites-vous… et bien non ! Blain et Lanzac sont parvenus à utiliser l’univers de la politique avec toute sa complexité sa finesse et son intérêt, tout en lui soustrayant la lourdeur, l’ennui et la monotonie. La compréhension de l’œuvre est aisée, même pour les amateurs frileux qui « ne connaissent rien à la politique française. » Oui, « Quai d’Orsay » est une bande dessinée intemporelle et éternelle. Le dessin de Blain est dans son style habituel, mais plus beau, expressif et dynamique que jamais. Après on aime ou on n’aime pas mais en ce qui me concerne, j’adore ! Je pourrais parler de ce nouveau pilier du 9ème art humoristique pendant de longues et fastidieuses lignes mais je me contenterais d’ajouter une mention spéciale pour celui qui fait vivre ce bel album, j’ai nommé l’excellent, le fantasque, l’exigent, le génie Alexandre Taillard de Vorms. Je suis resté totalement captivé par ce personnage. Il bouffe littéralement « l’écran » (ici la planche). Il est dit que le tome 2 est en cours de réalisation… et moi je serai du voyage !
Zombies (Soleil)
J'ai trouvé la bd zombies tout simplement excellente, un très bon scénario, un très bon dessin bien que je pourrais faire un petit reproche pour les personnages d'arrière plan, les visages sont assez succinct, mais bon, ne nous arrêtons pas là, j'achèterais très certainement la suite. Ah oui j'oubliais un petit détail sympa page 25 le héros porte un tee-shirt avec le logo de l'ancienne série télé V-les visiteurs (qui sont les "visiteurs" dans ce monde apocalyptique). Après lecture du 2ème tome ma note est de 5/5
Les Dragz
Et bien contrairement à la plupart des avis de ce site, j'ai adoré cette série, si bien qu'elle est devenue ma série préférée, que je lis et relis avec délice. Le dessin est original et les scénarios ne ressemblent à rien de ce que l'on connaît. Une vraie oeuvre artistique, que l'on peut adorer ou détester. Le dessin est très "cartoon", mais les chutes des histoires sont sonvent trash et surprenantes. Cette série m'évoque plein de souvenirs et de sensations. Une série culte !
Monster
Monster est un manga extraordinaire, complexe et très bien réalisé. Le dessin est excellent, les trames appliquées aux bons endroits, et surtout, chaque personnage est immédiatement identifiable, malgré le nombre incroyable de ceux-ci. Le scénario est mature, complexe, parfois un peu trop plein de bons sentiments, mais cela contrebalance avec la noirceur de l'oeuvre. Nous avançons donc de révélation en révélation, celles-ci cependant contrastées avec de petites et courtes histoires, impliquant souvent notre héros Tenma, ou divers protagonistes. Celles-ci n'apportent pas énormément de choses au scénario, mais elles apportent régulièrement des sentiments aux lecteurs, et apportent également un gros plus à la psychologie des personnages, même secondaires. Eh oui, dans Monster, chaque personnage semble vivre sous la plume de Naoki Urasawa ! Le final (2 derniers tomes) est grandiose, mélancolique, tragique, sans pour autant tomber dans le niais. Bravo Naoki Urasawa, pour nous avoir pondu un grand manga, un très grand manga !
Watchmen
Watchmen est le meilleur comic que j'ai pu lire jusqu'à présent. Le dessin est parfaitement ajusté, avec des scènes et des plans incroyables, des expressions parfaitement refletées. C'est juste impeccable. Le scénario est juste hallucinant, on nous mène petit à petit à un final extraordinaire. Certaines oeuvres sont extraordinaires pour le cheminement qui mène à la fin, d'autres pour leur dénouement tant attendu et grandiose. Watchmen fait partie de celles rares qui combinent les deux. Des dialogues bien sentis, un style sans faille, des phrases cultes. On ne tombe jamais dans la philosophie de bas-étage, le noir à deux balles, le rebondissement facile... Tout est mené d'une main de maître par Alan Moore, qui signe probablement sa meilleure oeuvre avec V for Vendetta... La psychologie des personnages est très poussée, et le "héros" Rorschach, puant, moche, est d'un charisme sans faille. De plus, le compte à rebours effectué par l'horloge augmente superbement la tension de l'oeuvre. On notera dernièrement la présence de textes et images entre les chapitres, tous très bien sentis, qui renforce l'excellente uchronie qu'est Watchmen. En conclusion, on ne peut prétendre connaître les comics sans avoir lu cette oeuvre majeure et magistrale qu'est Watchmen.
Blake et Mortimer
Je viens de relire le secret de l’Espadon, non seulement c’est l’œuvre majeure de E.P Jacobs mais sûrement aussi une œuvre phare de la bande dessinée. Époustouflant, quand je pense que cette BD à été conçue en 1946, on ne peut que s’incliner devant l’immense talent de l’auteur, cette BD n’a pas prit une ride ! Pour témoin l’Espadon, cet extraordinaire avion submersible garde un profil aérodynamique qui n’est pas prêt de se démoder. Le scénario est un modèle, l’auteur tient en haleine le lecteur, la course contre la montre de la fin de l’aventure est un chef d’œuvre de suspens.
Les Compagnons du Crépuscule
Je me suis récemment replongé dans l’une de mes séries cultes, qui mérite incontestablement la note maximale (que j’attribue du reste avec parcimonie, d’un point de vue général). Le meilleur triptyque qu’il m’ait été donné de lire à ce jour ! C’est bien simple : il est parfait !!! Pas un tome en-dessous du niveau des autres ! Le premier opus, même s’il se concentre surtout sur l’installation des personnages (à savoir la jolie Mariotte, Anicet le couard et leur ténébreux maître sans visage) se révèle déjà véritablement prenant. Le deuxième, quant à lui, confirme le côté onirique de la série qui tranche magistralement avec le réalisme des célèbres Passagers du vent du même auteur. Mais si je devais choisir mon tome préféré, ce serait sans doute le troisième : la bd la plus dense que je connaisse ! Le soin porté par Bourgeon à son œuvre est incroyable ! D’un point de vue graphique, tout d’abord, la majesté de son trait, couplée à son sens du détail, sont du plus bel effet. Du point de vue du texte, par ailleurs, son travail sur la langue est magnifique et permet une immersion irréprochable dans le récit. Par contre, ‘Les compagnons du crépuscule’, c’est sans doute le genre de lecture à éviter après une journée crevante, lorsque l’on cherche davantage à se relaxer qu’à se concentrer. En somme, je dirais qu’il s’agit là d’une lecture exigeante pour lecteurs exigeants. ;) Mais si vous êtes bien disposés et que quelques tournures de phrase et expressions de vieux français ne vous rebutent pas outre mesure, laissez-vous tenter : vous ne le regretterez pas !
Maus
Les mots manquent devant ce courageux travail de mémoire, à la fois un hommage à l’ensemble des Juifs morts dans les camps mais aussi au père de l’auteur, ce dernier ayant cherché à coller au plus près de la vérité en intégrant l’Histoire (avec un grand h) dans l’histoire, celle de son père qui a survécu valeureusement à cet enfer, puis est parti vivre aux USA après la guerre, mais ne s’est jamais réellement libéré, prisonnier de ses propres obsessions et sa peur de manquer, rendant la vie impossible à son entourage. C’est aussi tout cela que Spiegelman fils raconte, sans concession et sans manichéisme, comme une sorte de psychothérapie et une tentative de comprendre les rapports difficiles qu’il a eu avec ses parents, mais s’il parvient à aller aussi loin en décrivant les pires travers de Vladek, son père, désormais veuf - que l’on découvre radin, égocentrique, possessif, odieux vis-à-vis de sa compagne et même raciste envers les noirs - c’est parce que sans doute il y a mis aussi énormément d’amour, et c’est aussi cela qui est émouvant à l’extrême. Si l’auteur n’essaie pas de faire de son père un héros, il révèle aussi ses propres faiblesses et ses propres blessures, avec cette culpabilité lui interdisant de montrer ses souffrances, car né dans ce pays de Cocagne qu’étaient encore les USA après la guerre, alors que ses parents sortaient de l’enfer absolu. Le graphisme ne plaira peut-être pas à tous, car plutôt minimaliste et d’un trait en apparence grossier, mais le but n’était pas de faire quelque chose de joli…. Il viserait peut-être à exprimer la fragilité de l’enfance plutôt qu’à étaler une quelconque prouesse artistique, évitant ainsi tout nombrilisme. En fait il colle très bien à l’histoire, tout comme le choix du noir et blanc. Le scénario est très bien mené, naviguant entre deux époques, où le Vladek jeune et héroïque et le Vladek vieux et mesquin se répondent en permanence… C’est souvent très émouvant (cette photo du petit frère !), et les personnages sont tous attachants, y compris le père, si invivable soit-il… Près de vingt ans après sa sortie, un classique incontesté (et incontestable) de la BD…
Zombies (Soleil)
TOUT, dans cette BD, est réussi. L’introduction est à tomber tellement elle prend le lecteur et le retourne. En quelques pages, Olivier Peru donne le ton (impeccable tout du long) de sa dernière BD. Une fois passée l’intro, l’histoire décolle et on suit notre personnage principal dans une quête qui ne laissera personne insensible. Car ce personnage n’est ni tout bon ni tout mauvais, juste un homme qui cherche à s’en sortir, qui peut se tromper, bref qui nous ressemble… On ne reprend son souffle qu’à la fin, et encore après quelques minutes car justement, la fin, elle nous le coupe, le souffle ! Si bien qu’on se prend, un court instant, à les détester, scénariste et dessinateur, de nous faire ça , nous laisser tout seul, face à cette dernière case, avec l’idée que le tome 2 n’arrivera que dans un an... Un grand bravo à Sophian Cholet pour qui c’est la première bd (il me semble ?) et qui montre un grand talent (j’ai adoré la gamme vestimentaire, c’est normal, je suis une fille !). A la question est-ce ici la meilleure BD d’Olivier Peru ? Pour moi, c’est oui ! !
Quintett
Habituellement, je n'aime pas trop les œuvres avec plusieurs dessinateurs, il n'y a alors pas de fluidité entre les dessins des différents personnages et le style de chaque dessinateur entraine souvent une fracture entre chaque tome. Là, l'auteur (Giroud) a choisi de confier chaque tome à un dessinateur différent. L'originalité consiste dans le fait que chaque tome raconte la même histoire mais vue par un personnage différent. Chacun voit donc des évènements différents sur cette même zone de temps et n'apporte pas la même importance et la même vision sur chaque élément de l'histoire. Le lecteur découvre donc des évènements nouveaux dans chaque album tout en comprenant plus chaque protagoniste. Le changement de dessinateur ne dessert pas le scénario, et ça donne même une originalité car on peut considérer que chaque personne voit les autres différemment. Le scénario en lui-même est captivant car, dans une période de première guerre mondiale, on mèle tout au long de quatre premiers tomes des histoires de passions, d'amours, de trahisons, de manipulations, etc. Avec pour chaque tome une trame bien différente des autres et des thèmes propres à chacun. Chaque tome pourrait se lire de manière indépendante et se suffire à lui-même, mais le fait d'en découvrir plus à chaque lecture donne une saveur bien particulière. Enfin le dernier tome, qui se déroule bien des années après, conclut en toute beauté la série de manière bien originale et difficile à deviner. J'imagine d'ailleurs que ça ne doit pas plaire à tout le monde comme fin, mais ça donne à réfléchir. Bref ce Quinttet m'a beaucoup plu pour sa force narrative, le suspense lié à chaque histoire, et le liant de la série en elle-même.