Must have !
Cracher dans la soupe ça se fait assez souvent désormais. La préface a d'ailleurs été confiée à Garth Ennis, qui connait bien le sujet.
Mais avec Transmetropolitan, Warren Ellis pousse un peu plus loin encore. Le personnage de Spider Jerusalem ne se contente pas de balancer, il est là pour harceler. Il pousse le bouchon en permanence et il faut reconnaitre qu'on est repus.
Au moins aussi pervers que les démons qu'il affronte, Warren Ellis propose en fait à la fois une excellente anticipation et en même temps un vrai brûlot contre une société qui consomme désormais les médias comme elle bouffe du bébé phoque.
La projection dans le futur a finalement permis de grossir les traits, et d'appuyer là ou ça fait mal.
La belle réussite vient aussi du fait que cet univers tient carrément debout malgré toutes ses énormités. Tout est à l'extrême, et tout le monde y passe : médias, politique, modes, religions, comportements sociaux, sexualité et j'en passe ...
Spider Jérusalem est toujours au centre et la série fonctionne comme un véritable travelling. ce mec est une tornade et là ou il passe, l'herbe repousse différemment.
Transmetropolitan est à la fois drôle, très bien écrit, superbement illustré et toujours addictif.
Warren Ellis est un immense auteur, et Transmetropolitan y est pour beaucoup.
Culte !
Parce qu'il y a dans Sin City tout ce qu'on aime chez Miller. Et parce qu'il y aussi tout ce qu'on n'aime pas forcément.
Culte aussi car Miller n'a jamais été aussi bon qu'en faisant du Polar.
On y trouve son fameux noir et blanc, des dessins superbes, mais aussi et surtout un sens de la narration qui touche au sublime.
Epique, son découpage est déjà une marque de fabrique et a gagné en maturité. Hyper lisible, et en même temps toujours innovant. On est une énième fois surpris.
Les arrêts sur images, les "ralentis" sont d'une dynamique folle.
Le Tome 1 est particulièrement réussi car il y a cette spontanéité dans l'écriture. On est dans la tête de Marv et même si c'est dégueux, tout ça fini par avoir un sens.
On ne dit pas des choses horribles, on les vit.
C'est follement impulsif donc, et tout de même formidablement construit. Le récit et la narration vont toujours de pair, même lorsque le dessin écarte le texte en bord page.
Attention au contenu tout de même : les thèmes sont toujours très dérangeants. Miller aime la souffrance et l'expiation. La torture aussi ...
Toujours dans les extrêmes il tire les fils jusqu'au bout, et plus loin encore même si c'est insoutenable.
Oeuvre choc donc, mais ce n'est heureusement pas ce qui en fait l'intérêt.
Sin City est à la fois terriblement cérébral, et en même temps toujours dans l'action prenante.
Le Tome 2 est tout de suite moins convainquant sur le récit, jusqu'à l'arrivée de Marv qui heureusement, nous reprend très vite en main
La suite est considérée comme inégale mais ca reste du Miller et j'irais au bout, forcément ...
Je n'ai finalement rien à rajouter à tous les avis précédents. Le premier mot qui m'est sorti de la bouche en refermant le tome 6, c'est un "OUAHHH !!!" les yeux écarquillés, la petite larmouillette à l'oeil. Le scénario est à ce point génial qu'il nous fait perdre l'équilibre à chaque tome avec l'apothéose au tome 6.
Sans rentrer dans les détails pour ne pas trop SPOILER, je suis quand même embêté par la trame de l'histoire, qui par moments me fait l'effet d'un serpent qui se mord la queue avec le passage dans le temps(FIN SPOILER, très minime je vous l'accorde...).
Mais comme je n'ai pas essayé de me faire un nœud au cerveau, pour comprendre le pourquoi du comment, qui n'est de toute façon pas démontrable, ayant simplement de passer un excellent moment de lecture, je ne peux que mettre la note maximale à cette série, qui est l'une des premières de science-fiction que j'ai vraiment apprécié.
Que de soirées ai-je passé croulant sous les avalanches de rires que déclenche l'humour potache des deux plus grands monstres de la bande-dessinée (avec Franquin) ! Toutes nos actions quotidiennes sont décryptées avec un tel réalisme, que mixées avec tous ces gags que nous présente l'ouvrage, cela donne un cocktail explosif !
Encore une démonstration du talent de Gotlib, illustrateur de génie et du monumental Goscinny, qui au cœur des années 60 rénova la façade de la BD française avec des œuvres inoubliables (on pense à Astérix !)...
Un achat indispensable, donc, particulièrement le premier volume (ou à la limite le dernier), le deuxième étant inégal.
17.5/20
Alix fait partie de ces séries inoubliables qui font que la BD est ainsi aujourd'hui.
Tout d'abord, le dessin. Jacques Martin, y a pas à discuter, il dessine très bien. Tellement bien que quelques fois je me surprends à ressortir un album d'Alix rien que pour admirer les dessins!
Scénario? L'auteur s'est documenté à fond, l'époque antique est très bien retranscrite dans la série. Et les décors, arrrrgh! C'est tellement beau!!!!!
On apprend quelques trucs sur la vie des Romains ou des Grecs à cette époque, et même de l'Égypte! On découvre aussi le beurre parfumé (ça, il faut que j'essaie :))
Et comme Môssieur Alix est pété de thune, il voyage partout. Mais alors, partout partout! Et vas-y que je te fais un détour par l'Égypte quand je rentre en Grèce après avoir visité la Chine, et ensuite après avoir dit bonjour aux étrusques on va à Jérusalem pour terminer par Vaison-La Romaine! En même temps, je ne vais pas me plaindre, j'adore cette série, et à aucun moment je ne l'ai trouvée "périmée". Je trouve les dessins (que voulez-vous, avec une telle perfection et un tel souci de la proportion, je me sens obligé d'y revenir) très détaillés, le visage d'Alix est bien fait (les autres aussi, mais ils sont un chouïa statiques, mais bon, ça ne m'a pas bouché le cul non plus...). Du tout bon, quoi!
Jacques Martin, atteint d'une maladie des yeux dans les années 80 ne peux plus dessiner Alix (il s'arrête au Cheval de Troie). Mais il continue les scénarios qu'il confie à plein d'auteurs talentueux qui parviennent à faire revivre notre héros, et pour encore longtemps!
Mais bon, certains de ce auteurs font mal les visages... Mais c'est compensé par la documentation minutieuse et les décors sublimes! De plus, J. Martin, à sa mort, avait écrit 35 scénars d'Alix, c'est donc parti pour encore 35 albums sublimes!
Une série légendaire qui parvient encore à surprendre, et qui s'impose comme l'un des best-sellers de la BD historique! Du GRAND art et une somptueuse documentation des albums qui rivalise avec les plus hardis des historiens...
Un voyage inoubliable aux confins du Monde Antique!
Première série fleuve de Toriyama, ce manga est unique par son humour. Totalement absurde, il atteint les sommets d'un Gotlib dans le n'importe quoi. L'auteur joue sur le concept même de BD, les personnages sont conscients d'être des personnages de papier et surtout sont tous à mourrir de rire. Plus stupides et losers les uns que les autres mais avec une mentalité d'enfant.
Ce manga me fait éclater de rire par moment, au point d'en stopper la lecture tellement c est idiot (dans le bon sens du terme). Les gags scatos, si décriés, ne sont pas si importants et restent toujours de "bon goût" (hum...). Toriyama cherche a s'amuser, à rire du travers de la sophistication humaine, et les excréments en sont un levier. Je ne suis pas scato et pourtant les gags me font énormément rire car il joue sur le décalage des situations.
Le dessin est de très bonne facture, totalement adapté au propos. Plus tard, Toriyama changera son trait, pratiquera un dessin anguleux et agressif pour son Dragon Ball version adulte, mais dans Dr slump tout est rond et mignon. L'édition perfect est superbe.
Un ovni, un machin foutraque et inclassable qui constitue à lui seul un genre de la BD. Gotlib avait pris son envol sous l'aile de Goscinny, avec Les Dingodossiers.
Libéré des pruderies de son mentor, il lâche ici tout sa verve comique et son goût pour l'absurde. Chaque semaine pendant plusieurs années, il a tenu la gageure de pondre une double page sur un sujet nouveau, dans une série sans personnages récurrents obligatoires où dominait la plus totale fantaisie.
J'ai lu, relu et rerelu les aventures poilantes de l'inspecteur Bougrès (sosie de Jacques Lob) et de son fidèle adjoint Charolles (Gotlib lui-même), démasquant à chaque fin d'enquête le coupable Georges Jacques Babylas Blondeaux (Goscinny) et innocentant Aristidès Othon Frédéric Wilfried (à peu de choses près le véritable nom du dessinateur Fred, qui prête ses traits au personnage), que tout accusait pourtant. Un extrait des dialogues ? "J'ai su que c'était un extraterrestre quand il m'a serré la main. Aucun être humain normalement constitué ne peut serrer la main à un policier".
Mais la Rubrique-à-brac, ce sont aussi les leçons de choses n'importe-quoi-tesques du professeur Burp, Isaac Newton et sa pomme, Superdupont, la coccinelle et bien d'autres choses encore...
Gotlib, par sa liberté et ses explorations graphiques, a montré à toute une génération qu'il était possible de faire de la BD autrement.
J’aime la bière, j’aime les moines trappistes, les micro-brasseries, j’aime ces artisans passionnés qui mettent toute leur âme dans leur art.
J’aime les maîtres de l’orge.
J’aime les femmes de caractère, j’aime les personnages qui vont au bout de leurs convictions quitte à choquer les bonnes consciences.
J’aime les maîtres de l’orge.
J’aime les sagas. J’aime suivre l’évolution d’une famille, d’un lieu, d’une entreprise. J’aime en comprendre les rouages, l’esprit et les contradictions.
J’aime les maîtres de l’orge.
J’aime les montages financiers, les magouilles, les petites combines et les grands complots. J’aime les chefs d’entreprise audacieux et prêts à flirter avec l’illégalité, quitte à franchir une frontière de plus en plus floue. J’aime l’univers économique et dramatique de Van Hamme.
J’aime les maîtres de l’orge.
J’aime les fins de tome dramatiques et accrocheuses. Ces fins qui vous serrent le cœur et ne vous donnent qu’une seule envie : connaître la suite.
J’aime les maîtres de l’orge.
J’aime le dessin clair, directement accessible. J’aime la beauté des femmes, la sensualité des corps, la précision du trait.
J’aime les maîtres de l’orge.
J’aime les décors précis, les détails authentiques, la volonté des auteurs de créer un univers proche du réel (jusqu’à faire réaliser de vrais faux sous-bocks et de magnifiques fausses publicités).
J’aime les maîtres de l’orge.
Alors, tant pis si certaines perspectives sont ratées (principalement dans le premier tome), tant pis si la série cherche un second souffle les quatre premiers tomes passés (elle le retrouve au septième et dernier), tant pis si sa promotion sentait le marketing à plein nez (oubliez le tome « bonus » bien plus opportuniste qu’intéressant).
J’AIME LES MAITRES DE L’ORGE !
(Qu’on se le dise).
Ronin est une œuvre culte, c'est incontestable.
Etant une des premières œuvres de Miller, Ronin nécessite "au moins" une lecture historique.
Gardons en tête qu'avec cet ouvrage, Miller signe chez DC un contrat sur mesure (et à sa mesure) : pas d'édition sur papier cul avec 4 couleurs mais au contraire : Une série véritable, sur un papier noble avec contrôle de l'emballage (couv, pubs etc ..)
Bref, il prend non seulement le contrôle du format mais aussi du marketing de son œuvre. Du jamais vu pour l'époque.
On trouve en fait à l'origine de Ronin, les fondamentaux de Miller : ce besoin de revendication, de confrontation, d'anticonformisme. C'est non seulement l'industrie du Comics de l'époque qu'il bouscule, mais aussi le format.
Le milieu des années 80 c'est sans doute le moment où il découvre l'Europe de Métal Hurlant et ou il s'abreuve des codes graphiques du manga (d'autres ont renouvelé leur art avec cette même attitude de confrontation des cultures : le kill Bill de Tarentino est un exemple parmi d'autres).
Finalement, le plus frappant dans Ronin c'est l'extrême modernité de l'œuvre. Consciemment ou pas, Miller vient d'inventer le comic moderne ou en tout cas d'en tracer les codes.
Le découpage est hallucinant, la multiplication des points de vue est très avant-gardiste.
Les doubles pages (voire plus), les parallèles, les ellipses. Toute la grammaire est là et elle n'avait sans doute jamais existé comme cela. C'est une révolution.
Avec Ronin, le Comics devient moderne, épique, cinématographique ; comme plus tard (avec le Dark Knight), il deviendra adulte (quand Batman tue ...).
A la lecture, c'est parfois flou mais toujours fort. Pas toujours "compréhensible" mais systématiquement ultra-lisible.
Ce Ronin (ce Miller) offre une vision du monde en noir et blanc et pioche dans les extrêmes, parfois même dans les extrémismes : on croise des gangs néo-nazis mais aussi une femme noire à la tête d'acquarius.
On alterne également entre le passé, le futur, l'homme, la femme, le corps, l'esprit.
Les concepts sont intéressants mais c'est surtout le dessin qui interpelle.
Petit à petit il évolue, on sent d'abord la lecture de Moebius (crayonné des visages et des corps), ligne voluptueuse, d'un seul trait ! Puis on sent venir ce noir et blanc très franc, où le noir envahit peu à peu les pages. Le "négatif" de Miller est déjà là.
Miller raisonne en noir et blanc mais Ronin propose une palette de couleurs absolument saisissante, expressionniste. Rendons hommage à Lynn Varley donc car, là aussi, on avait sans doute jamais connu cela.
Je viens de comprendre ce que Miller a apporté au 9ème art, en lisant son premier chef-d’œuvre.
Pur culte pour moi et mon entourage ! Des histoires variées et travaillées. Bien au delà de ce que l'on peut attendre de bien des BD ! Sans attache particulière au style asiatique, les histoire sont intemporelles passant par de purs faits de société avant de faire le voyage vers des mondes biopunk décadents !
Vraiment génial !
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Transmetropolitan
Must have ! Cracher dans la soupe ça se fait assez souvent désormais. La préface a d'ailleurs été confiée à Garth Ennis, qui connait bien le sujet. Mais avec Transmetropolitan, Warren Ellis pousse un peu plus loin encore. Le personnage de Spider Jerusalem ne se contente pas de balancer, il est là pour harceler. Il pousse le bouchon en permanence et il faut reconnaitre qu'on est repus. Au moins aussi pervers que les démons qu'il affronte, Warren Ellis propose en fait à la fois une excellente anticipation et en même temps un vrai brûlot contre une société qui consomme désormais les médias comme elle bouffe du bébé phoque. La projection dans le futur a finalement permis de grossir les traits, et d'appuyer là ou ça fait mal. La belle réussite vient aussi du fait que cet univers tient carrément debout malgré toutes ses énormités. Tout est à l'extrême, et tout le monde y passe : médias, politique, modes, religions, comportements sociaux, sexualité et j'en passe ... Spider Jérusalem est toujours au centre et la série fonctionne comme un véritable travelling. ce mec est une tornade et là ou il passe, l'herbe repousse différemment. Transmetropolitan est à la fois drôle, très bien écrit, superbement illustré et toujours addictif. Warren Ellis est un immense auteur, et Transmetropolitan y est pour beaucoup.
Sin City
Culte ! Parce qu'il y a dans Sin City tout ce qu'on aime chez Miller. Et parce qu'il y aussi tout ce qu'on n'aime pas forcément. Culte aussi car Miller n'a jamais été aussi bon qu'en faisant du Polar. On y trouve son fameux noir et blanc, des dessins superbes, mais aussi et surtout un sens de la narration qui touche au sublime. Epique, son découpage est déjà une marque de fabrique et a gagné en maturité. Hyper lisible, et en même temps toujours innovant. On est une énième fois surpris. Les arrêts sur images, les "ralentis" sont d'une dynamique folle. Le Tome 1 est particulièrement réussi car il y a cette spontanéité dans l'écriture. On est dans la tête de Marv et même si c'est dégueux, tout ça fini par avoir un sens. On ne dit pas des choses horribles, on les vit. C'est follement impulsif donc, et tout de même formidablement construit. Le récit et la narration vont toujours de pair, même lorsque le dessin écarte le texte en bord page. Attention au contenu tout de même : les thèmes sont toujours très dérangeants. Miller aime la souffrance et l'expiation. La torture aussi ... Toujours dans les extrêmes il tire les fils jusqu'au bout, et plus loin encore même si c'est insoutenable. Oeuvre choc donc, mais ce n'est heureusement pas ce qui en fait l'intérêt. Sin City est à la fois terriblement cérébral, et en même temps toujours dans l'action prenante. Le Tome 2 est tout de suite moins convainquant sur le récit, jusqu'à l'arrivée de Marv qui heureusement, nous reprend très vite en main La suite est considérée comme inégale mais ca reste du Miller et j'irais au bout, forcément ...
Universal War One
Je n'ai finalement rien à rajouter à tous les avis précédents. Le premier mot qui m'est sorti de la bouche en refermant le tome 6, c'est un "OUAHHH !!!" les yeux écarquillés, la petite larmouillette à l'oeil. Le scénario est à ce point génial qu'il nous fait perdre l'équilibre à chaque tome avec l'apothéose au tome 6. Sans rentrer dans les détails pour ne pas trop SPOILER, je suis quand même embêté par la trame de l'histoire, qui par moments me fait l'effet d'un serpent qui se mord la queue avec le passage dans le temps(FIN SPOILER, très minime je vous l'accorde...). Mais comme je n'ai pas essayé de me faire un nœud au cerveau, pour comprendre le pourquoi du comment, qui n'est de toute façon pas démontrable, ayant simplement de passer un excellent moment de lecture, je ne peux que mettre la note maximale à cette série, qui est l'une des premières de science-fiction que j'ai vraiment apprécié.
Les Dingodossiers
Que de soirées ai-je passé croulant sous les avalanches de rires que déclenche l'humour potache des deux plus grands monstres de la bande-dessinée (avec Franquin) ! Toutes nos actions quotidiennes sont décryptées avec un tel réalisme, que mixées avec tous ces gags que nous présente l'ouvrage, cela donne un cocktail explosif ! Encore une démonstration du talent de Gotlib, illustrateur de génie et du monumental Goscinny, qui au cœur des années 60 rénova la façade de la BD française avec des œuvres inoubliables (on pense à Astérix !)... Un achat indispensable, donc, particulièrement le premier volume (ou à la limite le dernier), le deuxième étant inégal. 17.5/20
Alix
Alix fait partie de ces séries inoubliables qui font que la BD est ainsi aujourd'hui. Tout d'abord, le dessin. Jacques Martin, y a pas à discuter, il dessine très bien. Tellement bien que quelques fois je me surprends à ressortir un album d'Alix rien que pour admirer les dessins! Scénario? L'auteur s'est documenté à fond, l'époque antique est très bien retranscrite dans la série. Et les décors, arrrrgh! C'est tellement beau!!!!! On apprend quelques trucs sur la vie des Romains ou des Grecs à cette époque, et même de l'Égypte! On découvre aussi le beurre parfumé (ça, il faut que j'essaie :)) Et comme Môssieur Alix est pété de thune, il voyage partout. Mais alors, partout partout! Et vas-y que je te fais un détour par l'Égypte quand je rentre en Grèce après avoir visité la Chine, et ensuite après avoir dit bonjour aux étrusques on va à Jérusalem pour terminer par Vaison-La Romaine! En même temps, je ne vais pas me plaindre, j'adore cette série, et à aucun moment je ne l'ai trouvée "périmée". Je trouve les dessins (que voulez-vous, avec une telle perfection et un tel souci de la proportion, je me sens obligé d'y revenir) très détaillés, le visage d'Alix est bien fait (les autres aussi, mais ils sont un chouïa statiques, mais bon, ça ne m'a pas bouché le cul non plus...). Du tout bon, quoi! Jacques Martin, atteint d'une maladie des yeux dans les années 80 ne peux plus dessiner Alix (il s'arrête au Cheval de Troie). Mais il continue les scénarios qu'il confie à plein d'auteurs talentueux qui parviennent à faire revivre notre héros, et pour encore longtemps! Mais bon, certains de ce auteurs font mal les visages... Mais c'est compensé par la documentation minutieuse et les décors sublimes! De plus, J. Martin, à sa mort, avait écrit 35 scénars d'Alix, c'est donc parti pour encore 35 albums sublimes! Une série légendaire qui parvient encore à surprendre, et qui s'impose comme l'un des best-sellers de la BD historique! Du GRAND art et une somptueuse documentation des albums qui rivalise avec les plus hardis des historiens... Un voyage inoubliable aux confins du Monde Antique!
Dr. Slump
Première série fleuve de Toriyama, ce manga est unique par son humour. Totalement absurde, il atteint les sommets d'un Gotlib dans le n'importe quoi. L'auteur joue sur le concept même de BD, les personnages sont conscients d'être des personnages de papier et surtout sont tous à mourrir de rire. Plus stupides et losers les uns que les autres mais avec une mentalité d'enfant. Ce manga me fait éclater de rire par moment, au point d'en stopper la lecture tellement c est idiot (dans le bon sens du terme). Les gags scatos, si décriés, ne sont pas si importants et restent toujours de "bon goût" (hum...). Toriyama cherche a s'amuser, à rire du travers de la sophistication humaine, et les excréments en sont un levier. Je ne suis pas scato et pourtant les gags me font énormément rire car il joue sur le décalage des situations. Le dessin est de très bonne facture, totalement adapté au propos. Plus tard, Toriyama changera son trait, pratiquera un dessin anguleux et agressif pour son Dragon Ball version adulte, mais dans Dr slump tout est rond et mignon. L'édition perfect est superbe.
Rubrique-à-Brac
Un ovni, un machin foutraque et inclassable qui constitue à lui seul un genre de la BD. Gotlib avait pris son envol sous l'aile de Goscinny, avec Les Dingodossiers. Libéré des pruderies de son mentor, il lâche ici tout sa verve comique et son goût pour l'absurde. Chaque semaine pendant plusieurs années, il a tenu la gageure de pondre une double page sur un sujet nouveau, dans une série sans personnages récurrents obligatoires où dominait la plus totale fantaisie. J'ai lu, relu et rerelu les aventures poilantes de l'inspecteur Bougrès (sosie de Jacques Lob) et de son fidèle adjoint Charolles (Gotlib lui-même), démasquant à chaque fin d'enquête le coupable Georges Jacques Babylas Blondeaux (Goscinny) et innocentant Aristidès Othon Frédéric Wilfried (à peu de choses près le véritable nom du dessinateur Fred, qui prête ses traits au personnage), que tout accusait pourtant. Un extrait des dialogues ? "J'ai su que c'était un extraterrestre quand il m'a serré la main. Aucun être humain normalement constitué ne peut serrer la main à un policier". Mais la Rubrique-à-brac, ce sont aussi les leçons de choses n'importe-quoi-tesques du professeur Burp, Isaac Newton et sa pomme, Superdupont, la coccinelle et bien d'autres choses encore... Gotlib, par sa liberté et ses explorations graphiques, a montré à toute une génération qu'il était possible de faire de la BD autrement.
Les Maîtres de l'Orge
J’aime la bière, j’aime les moines trappistes, les micro-brasseries, j’aime ces artisans passionnés qui mettent toute leur âme dans leur art. J’aime les maîtres de l’orge. J’aime les femmes de caractère, j’aime les personnages qui vont au bout de leurs convictions quitte à choquer les bonnes consciences. J’aime les maîtres de l’orge. J’aime les sagas. J’aime suivre l’évolution d’une famille, d’un lieu, d’une entreprise. J’aime en comprendre les rouages, l’esprit et les contradictions. J’aime les maîtres de l’orge. J’aime les montages financiers, les magouilles, les petites combines et les grands complots. J’aime les chefs d’entreprise audacieux et prêts à flirter avec l’illégalité, quitte à franchir une frontière de plus en plus floue. J’aime l’univers économique et dramatique de Van Hamme. J’aime les maîtres de l’orge. J’aime les fins de tome dramatiques et accrocheuses. Ces fins qui vous serrent le cœur et ne vous donnent qu’une seule envie : connaître la suite. J’aime les maîtres de l’orge. J’aime le dessin clair, directement accessible. J’aime la beauté des femmes, la sensualité des corps, la précision du trait. J’aime les maîtres de l’orge. J’aime les décors précis, les détails authentiques, la volonté des auteurs de créer un univers proche du réel (jusqu’à faire réaliser de vrais faux sous-bocks et de magnifiques fausses publicités). J’aime les maîtres de l’orge. Alors, tant pis si certaines perspectives sont ratées (principalement dans le premier tome), tant pis si la série cherche un second souffle les quatre premiers tomes passés (elle le retrouve au septième et dernier), tant pis si sa promotion sentait le marketing à plein nez (oubliez le tome « bonus » bien plus opportuniste qu’intéressant). J’AIME LES MAITRES DE L’ORGE ! (Qu’on se le dise).
Ronin
Ronin est une œuvre culte, c'est incontestable. Etant une des premières œuvres de Miller, Ronin nécessite "au moins" une lecture historique. Gardons en tête qu'avec cet ouvrage, Miller signe chez DC un contrat sur mesure (et à sa mesure) : pas d'édition sur papier cul avec 4 couleurs mais au contraire : Une série véritable, sur un papier noble avec contrôle de l'emballage (couv, pubs etc ..) Bref, il prend non seulement le contrôle du format mais aussi du marketing de son œuvre. Du jamais vu pour l'époque. On trouve en fait à l'origine de Ronin, les fondamentaux de Miller : ce besoin de revendication, de confrontation, d'anticonformisme. C'est non seulement l'industrie du Comics de l'époque qu'il bouscule, mais aussi le format. Le milieu des années 80 c'est sans doute le moment où il découvre l'Europe de Métal Hurlant et ou il s'abreuve des codes graphiques du manga (d'autres ont renouvelé leur art avec cette même attitude de confrontation des cultures : le kill Bill de Tarentino est un exemple parmi d'autres). Finalement, le plus frappant dans Ronin c'est l'extrême modernité de l'œuvre. Consciemment ou pas, Miller vient d'inventer le comic moderne ou en tout cas d'en tracer les codes. Le découpage est hallucinant, la multiplication des points de vue est très avant-gardiste. Les doubles pages (voire plus), les parallèles, les ellipses. Toute la grammaire est là et elle n'avait sans doute jamais existé comme cela. C'est une révolution. Avec Ronin, le Comics devient moderne, épique, cinématographique ; comme plus tard (avec le Dark Knight), il deviendra adulte (quand Batman tue ...). A la lecture, c'est parfois flou mais toujours fort. Pas toujours "compréhensible" mais systématiquement ultra-lisible. Ce Ronin (ce Miller) offre une vision du monde en noir et blanc et pioche dans les extrêmes, parfois même dans les extrémismes : on croise des gangs néo-nazis mais aussi une femme noire à la tête d'acquarius. On alterne également entre le passé, le futur, l'homme, la femme, le corps, l'esprit. Les concepts sont intéressants mais c'est surtout le dessin qui interpelle. Petit à petit il évolue, on sent d'abord la lecture de Moebius (crayonné des visages et des corps), ligne voluptueuse, d'un seul trait ! Puis on sent venir ce noir et blanc très franc, où le noir envahit peu à peu les pages. Le "négatif" de Miller est déjà là. Miller raisonne en noir et blanc mais Ronin propose une palette de couleurs absolument saisissante, expressionniste. Rendons hommage à Lynn Varley donc car, là aussi, on avait sans doute jamais connu cela. Je viens de comprendre ce que Miller a apporté au 9ème art, en lisant son premier chef-d’œuvre.
Lotto blues
Pur culte pour moi et mon entourage ! Des histoires variées et travaillées. Bien au delà de ce que l'on peut attendre de bien des BD ! Sans attache particulière au style asiatique, les histoire sont intemporelles passant par de purs faits de société avant de faire le voyage vers des mondes biopunk décadents ! Vraiment génial !