INCONTOURNABLE
Un Manga vraiment INCROYABLE
Malheureusement, beaucoup de personnes y resteront insensibles car le rythme est très très lent et mise fort, à mes yeux, sur la psychologie.
Malgré tout cela reste Mon Manga CULTE
L’invitation est la meilleure bd sur le thème de l’amitié que j’ai pu lire depuis Les Ensembles contraires de Kris. On se pose quelques fois la question sur quel ami on pourrait vraiment compter dans les moments les plus difficiles de notre existence. Chacun a sa vie avec son train-train quotidien. On n’aime pas généralement gérer les problèmes des autres dans notre société hyper individualiste. C’est le règne du chacun pour soi.
Aussi, ce thème et l’idée centrale de l’appel téléphonique pour le coup de la panne m’a bien séduit. La manière d’amener les choses est également très réussie car le lecteur sera surpris par l’évolution du scénario entre les deux personnages principaux. Il y a une réelle maîtrise de la part de l’auteur. Le dessinateur ne s’est pas trop mal débrouillé non plus.
A trop tirer sur la corde pour tester l’amitié, elle finit par casser. On peut en faire l’amère expérience. On peut être également très déçu par des personnes qu’on croyait être nos amis. Une amitié, cela s’entretient également. Il faut partager des moments avec eux même si on vit en couple. Bref, toutes les problématiques liées au thème sont présents pour une réflexion personnelle approfondie au-delà d’une agréable lecture.
J'ai attendu 8 ans avant de découvrir cette oeuvre majeure.
Cette série vous tient toujours en haleine. L'auteur ne se refuse rien (mais alors, rien !), les personnages sont bien campés, attachants ou détestables, un régal.
Si je devais lui reprocher quelque chose, ce serait le manque de logique sur certaines situations ou décisions qui entâchent - un peu - le déroulement de l'histoire. Oh, je vous rassure, rien de bien grave, mais on est parfois étonné des conséquences d'un simple coup de feu alors que les personnages en distribuent par pack de 12 depuis le premier tome, ou l'acuité soudainement accrue des zombies.
Ensuite, je pense que la série est à son apogée, et certains passages ont un goût de déjà-vu, ce qui n'est en l'état pas lassant, mais qui pourrait le devenir.
A part ça.... c'est une immense série qui vous fait vivre toutes les émotions des personnages, et que vous prennez en pleine face !
Un régal :)
"Daredevil - Echo" est un ovni dans tous les sens du terme.
Graphiquement on est à mi-chemin entre le comics et l'art et essai. Il faut un temps d'adaptation assez rapide avant que le graphisme se transforme d'une énigme en régal pour les yeux. Les styles divergent souvent et démontrent le talent hors norme de l'auteur. Ces changements ne se font pas sans raison, ils sont explicites ou fusionnels avec le texte.
Daredevil n'apparait que rarement en guest star, on peut considérer qu'il ne sert que pour sa franchise commerciale afin de booster les ventes. Pourtant, ce one shot est pourvu d'arguments de qualité et ne doit une reconnaissance méritée qu'à lui même.
On suit le parcours initiatique du personnage d'Echo à la recherche d'elle-même, de ses origines et de la mémoire de son père.
Il y a peu d'action, cette histoire est un concentré d'art et de réflexion. Les sujets de la surdité et sur les amérindiens sont développés avec brio. Ils servent d'ailleurs de bases directes ou indirectes à cette histoire intemporelle et universelle.
Dans la seconde partie, la quête va lui faire rencontrer Wolverine qui lui donnera les clés pour comprendre l'héritage que lui a légué son père.
Cette lecture est une expérience hors norme demandant beaucoup d'attention car le découpage instinctif ne répond pas à des règles techniques classiques.
Les propos sont le fruit de mûres réflexions, la narration est fluide malgré les chemins détournés qu'elle utilise.
On est à mille lieux du comics de super-héros, ce récit ne rentre pas dans un genre particulier, il s'apparenterait quand même davantage aux romans graphiques sur certains points.
Je reste pantois devant tant de classe, d'originalité et de talent.
Comment un seul artiste arrive à sublimer toutes les facettes du 9ème art sur un seul opus ?
"Daredevil - Echo" ne laissera personne indifférent, les avis seront tranchés à défaut d'être unanimes. Il faut être prêt à vivre une expérience unique loin de codes qui régissent le secteur. Cette oeuvre ne se lit pas, elle se ressent.
Gros coup de coeur !!!
Waoh ! Enfin un roman graphique qui se distingue des autres par son originalité et sa maturité d'écriture. Et pourtant le titre ne m'avait guère inspiré. A y réfléchir de près, on se demande pourquoi Léa ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur ?
Elle vient de se marier et doit s'occuper aussi bien de l'intérieur que de son mari. C'est plutôt génant quand on se rend compte que c'est bien l'ensemble des appareils électro-ménagers qu'elle ne sait plus faire fonctionner. Cela commence par la cafetière électrique le matin et le grille-pain pour les biscottes. Tout ceci va conduire à un futur divorce programmé avec les reproches de son mari...
C'est alors qu'intervient un écrivain en mal d'inspiration. Il va se servir d'un journal intime foutu à la poubelle pour bâtir son idée de nouveau roman qui connaîtra un succès escompté.
Derrière ce titre naïf, se cache un véritable drame psychologique qui va nous tenir en haleine jusqu'au bout. Le dessin réaliste tout en crayonné crée une belle ambiance à travers le regard subjectif de cet écrivain à qui rien ne réussissait. Léa va changer sa vie et lui apporter la notoriété dont il rêvait. Cela va devenir au fil des années son obsession secrète.
Mais quelle est donc cette pathologie psychique ? Cette bd nous entraînera vers un drame intimiste poignant dont la conclusion sera magistrale. Je ne vais pas en dire plus. A vous de découvrir Léa et de percer le mystère de son blocage devant les appareils électro ménagers.
Preacher ? Quel drôle de titre pour un comics ! Là où le grand public est habitué à y lire le nom des superhéros cagoulés et enturbannés avec un bel accent ricain, ici on a droit à un titre religieux qui rime en français avec Branleur !!! :)
Il faut dire que Jesse Custer est un drôle de pasteur... Alcoolique et porté autant sur les femmes que sur les Marlboro, il ne trouve rien de mieux le jour où il remet sa foi en question que de se faire posséder par une entité mi maléfique mi angélique... qui va redonner un sens à sa vie : retrouver le créateur afin de lui botter les fesses !!!
Et ne pourrait-on rêver de mieux pour ce but que de se faire accompagner par un vampire irlandais bagarreur et une ex petite amie devenue tueuse à gages par dépit amoureux ?
Mais cette longue quête le baladant du Texas consanguin à la Nouvelle Orléans ensorcelée sans oublier un New York psychopathe et un territoire français annexé par sa sainteté le Pape ne serait qu'une promenade pour étudiants attardés si ce bon pasteur n'avait le chic de croiser tout ce que la planète porte de plus dégénérés comme être humains !!!
Si ces quelques lignes vous paraissent déjà insipides, inutile de lire plus loin car cette bd ne sera pas faite pour vous.
Si par contre et d'aventure, ces quelques lignes vous font sourire ou halluciner, bienvenu dans le petit monde du Preacher, le plus joli doigt tendu à la crasse, l'irrévérence et à la vulgarité absolue...
Garth Ennis est un cas à part. Il a réussi le pari insensé de bouleverser les codes du comics, de rédiger le plus grand nombre d'insultes et de blasphèmes et de soulever nombre de tabous en dessous du nombril dans un road movie déjanté, trash et purement jubilatoire !
Le tout pourrait bien ressembler à un artifice ou à une blague mais et c'est là toute la maitrise de son oeuvre c'est tout à fait l'effet inverse qui se produit avec une addiction à la lecture qui fait tourner les pages à la vitesse de mes sourires esquissés...
Car non seulement Ennis raconte une histoire qui se tient dans un cadre purement fantastique et de roman noir, très noir mais il arrive aussi à y insérer quelques lignes de poésie en plein milieu du Purin (ou du linceul de Turin au choix ! :) ) avec une histoire d'amour pas banale, quelques réflexions sur les libertés individuelles et une certaine approche de l'amitié...
Bien sur au passage il enfonce quelques principes fondamentaux. Ici les coups de poing assénés aux méchants font du bien au lecteur. Ici les flingues ne blessent pas mais mutilent la victime avec option rouge vermillon du plus bel effet. Ici les situations ne sont pas banales mais volontairement choquantes et dérangeantes voire inédites. Ici on est pleinement dans une bande dessinée adulte et la notion de "public averti" prend pleinement tout son sens...
Et ce mélange improbable qui me rappelle beaucoup le film True Romance marche parfaitement bien car Ennis sait à la fois ce qu'il raconte et où il va... La mise en scène est d'une rare intelligence car tous les personnages principaux comme secondaires sont parfaitement écrits à défaut d'être justifiés. Le dégout succède au rire et le rire succède au suspens qui succède à l'action et j'ai rarement eu le souvenir d'être aussi écarquillé à chaque page tournée !
Pourtant les dessins sont plutôt quelconques et les décors assez succincts sans parler d'une mise en couleur très années 90. On est loin des magnifiques dessins d'une oeuvre comme The Last Days of American Crime dans un registre similaire par exemple ce qui fait que je défie quiconque feuilletant un bouquin du Preacher d'être épaté ou attiré par son contenu...
Mais une fois la lecture entamée, difficile de poser les yeux ailleurs ou de s'en écarter tant l'intérêt va en grandissant avec une mention spéciale sur le passage très dur de l'enfance du Prêcheur ou de sa participation pour faire le ménage dans la ville de Salvation.
La fin sera explosive tout en étant plus calme (ou mature ?) et présente la grande qualité de résoudre toutes les intrigues ainsi que de sceller le destin de chaque personnage et ne serait-ce que pour cela Preacher est une oeuvre unique qui se prêtera volontiers à plusieurs relectures....
Qu'il va être difficile pour moi de relire des bouquins plus légers par après tant cette expérience est devenue aussi marquante !
Il est à noter que sans être manichéen, Ennis flirte constamment entre l'incorrect et le malsain sans tomber les deux pieds dedans à la façon d'un Jodorowsky pour n'en citer qu'un.
Pas de misogynie ou de racisme, simplement des personnes libres de toute autorité et non pas dénuées de morale cherchant simplement à vivre...
Et tant pis si le Rouge et le Noir en prennent pour leur grade, pour de si bons moments passés en la compagnie du Révérend Custer et de sa bande de tarés je serais prêt à en redemander d'autant plus que la relecture me parait tout à fait recommendable dans quelques temps !
Alors Preacher, moralisateur et barbant ? Non juste libérateur et jubilatoire ! Merci Garth Ennis !
Oscillant clairement entre foutraque jouissif, road movie horrifique, plaidoyer sur l'amitié ou histoire d'amour émouvante, il s'agit très clairement de l'un des tous meilleurs VOIRE le meilleur comics lu et en faire l'impasse serait péché. :)
Bilal réussit là pour moi un coup de maître en réussissant à mettre en scène une histoire mêlant judicieusement science-fiction et mythologie
Les dessins du tome 1, datant des années 80 ont un peu vieilli, mais la qualité de l'album n'en souffre pas...ceux des 2 autres tomes sont tout simplement une succession de chef d'oeuvre (mention spéciale au tome 2).
Un univers particulier, guerrier, noir, mais riche, à la Bilal. L'imagination de l'auteur nous plonge dans un futur où l'humanité a évolué sans changer dans ses travers: despotisme, guerres de religion, violence, changements climatiques...Le détail est même poussé jusque dans le langage des personnages (avec des néologismes) dans le tome 1 et la manie des échelles de mesure dans le tome 3.
J'ai dû lire et relire cette série pour essayer d'en saisir toutes les subtilités notamment pour le tome 2 (La femme piège) (et encore !)
Gros coup de coeur pour moi pour le tome 3 où la fusion entre Horus et Nikopol est passionnante. La relation entre ces deux personnages est captivante, de dominant-dominé, on passe progressivement à une véritable symbiose avec une interdépendance.
Horus est un personnage fascinant: dieu rebelle et déchu, avec un côté humain finalement, il finit par jeter un regard très philosophe sur l'être humain.
(3)
C'est sûr, il ne faut pas commencer la BD avec From Hell : 600 pages, en noir et blanc avec un graphisme peu accessible.
Mais quel chef d'oeuvre !
L'histoire est juste passionante (théorie, même s'il n'est pas historique mais s'appuyant sur des faits historiques, est plus qu'intéressante). L'ambiance du Londres du 19ème sciècle est glauque et sombre. Tout est détaillé (architecture, quartier, vie des personnages) pour nous faire ressentir le vie dans ce climat de peur et nous mettre dans l'ambiance.
Le dessins même s'il semble difficile de s'y plonger, fait bien ressentir cette ambiance étouffante (abondance du trait, fouilli, sombre, sale...) et se prête très bien à l'histoire. Le fond et la forme s'accordent parfaitement.
Moore est un auteur de génie et From Hell est pour moi sa meilleure oeuvre.
Excellente série.
Le premier cycle est vraiment bien construit avec des personnages intéressants, et des questions encore en suspens. La lecture est fluide, le scénario tient en haleine et le dessin est plus que convenable.
Le second cycle apporte son lot nouveau de personnages, pas tous réussis... Cependant, le scénario continue d'être en béton et pousse à la lecture compulsive !
Reste maintenant à voir ce que le troisième et dernier cycle va apporter comme réponses, et, sûrement, comme nouvelles intrigues.
Un défaut cependant, le changement fréquent de coloristes tout au long de la série.
Sinon c'est du tout bon, vous pouvez y aller, si ce n'est déjà fait, les yeux fermés ! (enfin, façon de parler !)
Une petite merveille d'humour noir, dont les ressorts reposent principalement sur la gratuité : gratuité d'un macabre poussé à l'extrême et du choix d'un graphisme enfantin et coloré ; gratuité des situations (qui sont ces personnages vivant dans le cadavre d'une petite fille dont le corps pourrit lentement tout au long de l'album ? qui est cette petite fille ? on ne le saura jamais, et, franchement, c'est tant mieux) ; gratuité du découpage narratif, syncopé, jouant sur les accélérations et les ellipses avec brio.
Au final, on ressort de cette lecture un peu secoué, comme devant l'intrusion violente du thème de la mort, - une mort amorale et caustique, - dans un univers enfantin ; j'ai enfin soigneusement caché le livre pour que, surtout, mes enfants ne tombent pas dessus...
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Vagabond
INCONTOURNABLE Un Manga vraiment INCROYABLE Malheureusement, beaucoup de personnes y resteront insensibles car le rythme est très très lent et mise fort, à mes yeux, sur la psychologie. Malgré tout cela reste Mon Manga CULTE
L'invitation
L’invitation est la meilleure bd sur le thème de l’amitié que j’ai pu lire depuis Les Ensembles contraires de Kris. On se pose quelques fois la question sur quel ami on pourrait vraiment compter dans les moments les plus difficiles de notre existence. Chacun a sa vie avec son train-train quotidien. On n’aime pas généralement gérer les problèmes des autres dans notre société hyper individualiste. C’est le règne du chacun pour soi. Aussi, ce thème et l’idée centrale de l’appel téléphonique pour le coup de la panne m’a bien séduit. La manière d’amener les choses est également très réussie car le lecteur sera surpris par l’évolution du scénario entre les deux personnages principaux. Il y a une réelle maîtrise de la part de l’auteur. Le dessinateur ne s’est pas trop mal débrouillé non plus. A trop tirer sur la corde pour tester l’amitié, elle finit par casser. On peut en faire l’amère expérience. On peut être également très déçu par des personnes qu’on croyait être nos amis. Une amitié, cela s’entretient également. Il faut partager des moments avec eux même si on vit en couple. Bref, toutes les problématiques liées au thème sont présents pour une réflexion personnelle approfondie au-delà d’une agréable lecture.
Walking Dead
J'ai attendu 8 ans avant de découvrir cette oeuvre majeure. Cette série vous tient toujours en haleine. L'auteur ne se refuse rien (mais alors, rien !), les personnages sont bien campés, attachants ou détestables, un régal. Si je devais lui reprocher quelque chose, ce serait le manque de logique sur certaines situations ou décisions qui entâchent - un peu - le déroulement de l'histoire. Oh, je vous rassure, rien de bien grave, mais on est parfois étonné des conséquences d'un simple coup de feu alors que les personnages en distribuent par pack de 12 depuis le premier tome, ou l'acuité soudainement accrue des zombies. Ensuite, je pense que la série est à son apogée, et certains passages ont un goût de déjà-vu, ce qui n'est en l'état pas lassant, mais qui pourrait le devenir. A part ça.... c'est une immense série qui vous fait vivre toutes les émotions des personnages, et que vous prennez en pleine face ! Un régal :)
Daredevil / Echo - Quête de Vision (Daredevil - Echo)
"Daredevil - Echo" est un ovni dans tous les sens du terme. Graphiquement on est à mi-chemin entre le comics et l'art et essai. Il faut un temps d'adaptation assez rapide avant que le graphisme se transforme d'une énigme en régal pour les yeux. Les styles divergent souvent et démontrent le talent hors norme de l'auteur. Ces changements ne se font pas sans raison, ils sont explicites ou fusionnels avec le texte. Daredevil n'apparait que rarement en guest star, on peut considérer qu'il ne sert que pour sa franchise commerciale afin de booster les ventes. Pourtant, ce one shot est pourvu d'arguments de qualité et ne doit une reconnaissance méritée qu'à lui même. On suit le parcours initiatique du personnage d'Echo à la recherche d'elle-même, de ses origines et de la mémoire de son père. Il y a peu d'action, cette histoire est un concentré d'art et de réflexion. Les sujets de la surdité et sur les amérindiens sont développés avec brio. Ils servent d'ailleurs de bases directes ou indirectes à cette histoire intemporelle et universelle. Dans la seconde partie, la quête va lui faire rencontrer Wolverine qui lui donnera les clés pour comprendre l'héritage que lui a légué son père. Cette lecture est une expérience hors norme demandant beaucoup d'attention car le découpage instinctif ne répond pas à des règles techniques classiques. Les propos sont le fruit de mûres réflexions, la narration est fluide malgré les chemins détournés qu'elle utilise. On est à mille lieux du comics de super-héros, ce récit ne rentre pas dans un genre particulier, il s'apparenterait quand même davantage aux romans graphiques sur certains points. Je reste pantois devant tant de classe, d'originalité et de talent. Comment un seul artiste arrive à sublimer toutes les facettes du 9ème art sur un seul opus ? "Daredevil - Echo" ne laissera personne indifférent, les avis seront tranchés à défaut d'être unanimes. Il faut être prêt à vivre une expérience unique loin de codes qui régissent le secteur. Cette oeuvre ne se lit pas, elle se ressent. Gros coup de coeur !!!
Léa ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur
Waoh ! Enfin un roman graphique qui se distingue des autres par son originalité et sa maturité d'écriture. Et pourtant le titre ne m'avait guère inspiré. A y réfléchir de près, on se demande pourquoi Léa ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur ? Elle vient de se marier et doit s'occuper aussi bien de l'intérieur que de son mari. C'est plutôt génant quand on se rend compte que c'est bien l'ensemble des appareils électro-ménagers qu'elle ne sait plus faire fonctionner. Cela commence par la cafetière électrique le matin et le grille-pain pour les biscottes. Tout ceci va conduire à un futur divorce programmé avec les reproches de son mari... C'est alors qu'intervient un écrivain en mal d'inspiration. Il va se servir d'un journal intime foutu à la poubelle pour bâtir son idée de nouveau roman qui connaîtra un succès escompté. Derrière ce titre naïf, se cache un véritable drame psychologique qui va nous tenir en haleine jusqu'au bout. Le dessin réaliste tout en crayonné crée une belle ambiance à travers le regard subjectif de cet écrivain à qui rien ne réussissait. Léa va changer sa vie et lui apporter la notoriété dont il rêvait. Cela va devenir au fil des années son obsession secrète. Mais quelle est donc cette pathologie psychique ? Cette bd nous entraînera vers un drame intimiste poignant dont la conclusion sera magistrale. Je ne vais pas en dire plus. A vous de découvrir Léa et de percer le mystère de son blocage devant les appareils électro ménagers.
Preacher
Preacher ? Quel drôle de titre pour un comics ! Là où le grand public est habitué à y lire le nom des superhéros cagoulés et enturbannés avec un bel accent ricain, ici on a droit à un titre religieux qui rime en français avec Branleur !!! :) Il faut dire que Jesse Custer est un drôle de pasteur... Alcoolique et porté autant sur les femmes que sur les Marlboro, il ne trouve rien de mieux le jour où il remet sa foi en question que de se faire posséder par une entité mi maléfique mi angélique... qui va redonner un sens à sa vie : retrouver le créateur afin de lui botter les fesses !!! Et ne pourrait-on rêver de mieux pour ce but que de se faire accompagner par un vampire irlandais bagarreur et une ex petite amie devenue tueuse à gages par dépit amoureux ? Mais cette longue quête le baladant du Texas consanguin à la Nouvelle Orléans ensorcelée sans oublier un New York psychopathe et un territoire français annexé par sa sainteté le Pape ne serait qu'une promenade pour étudiants attardés si ce bon pasteur n'avait le chic de croiser tout ce que la planète porte de plus dégénérés comme être humains !!! Si ces quelques lignes vous paraissent déjà insipides, inutile de lire plus loin car cette bd ne sera pas faite pour vous. Si par contre et d'aventure, ces quelques lignes vous font sourire ou halluciner, bienvenu dans le petit monde du Preacher, le plus joli doigt tendu à la crasse, l'irrévérence et à la vulgarité absolue... Garth Ennis est un cas à part. Il a réussi le pari insensé de bouleverser les codes du comics, de rédiger le plus grand nombre d'insultes et de blasphèmes et de soulever nombre de tabous en dessous du nombril dans un road movie déjanté, trash et purement jubilatoire ! Le tout pourrait bien ressembler à un artifice ou à une blague mais et c'est là toute la maitrise de son oeuvre c'est tout à fait l'effet inverse qui se produit avec une addiction à la lecture qui fait tourner les pages à la vitesse de mes sourires esquissés... Car non seulement Ennis raconte une histoire qui se tient dans un cadre purement fantastique et de roman noir, très noir mais il arrive aussi à y insérer quelques lignes de poésie en plein milieu du Purin (ou du linceul de Turin au choix ! :) ) avec une histoire d'amour pas banale, quelques réflexions sur les libertés individuelles et une certaine approche de l'amitié... Bien sur au passage il enfonce quelques principes fondamentaux. Ici les coups de poing assénés aux méchants font du bien au lecteur. Ici les flingues ne blessent pas mais mutilent la victime avec option rouge vermillon du plus bel effet. Ici les situations ne sont pas banales mais volontairement choquantes et dérangeantes voire inédites. Ici on est pleinement dans une bande dessinée adulte et la notion de "public averti" prend pleinement tout son sens... Et ce mélange improbable qui me rappelle beaucoup le film True Romance marche parfaitement bien car Ennis sait à la fois ce qu'il raconte et où il va... La mise en scène est d'une rare intelligence car tous les personnages principaux comme secondaires sont parfaitement écrits à défaut d'être justifiés. Le dégout succède au rire et le rire succède au suspens qui succède à l'action et j'ai rarement eu le souvenir d'être aussi écarquillé à chaque page tournée ! Pourtant les dessins sont plutôt quelconques et les décors assez succincts sans parler d'une mise en couleur très années 90. On est loin des magnifiques dessins d'une oeuvre comme The Last Days of American Crime dans un registre similaire par exemple ce qui fait que je défie quiconque feuilletant un bouquin du Preacher d'être épaté ou attiré par son contenu... Mais une fois la lecture entamée, difficile de poser les yeux ailleurs ou de s'en écarter tant l'intérêt va en grandissant avec une mention spéciale sur le passage très dur de l'enfance du Prêcheur ou de sa participation pour faire le ménage dans la ville de Salvation. La fin sera explosive tout en étant plus calme (ou mature ?) et présente la grande qualité de résoudre toutes les intrigues ainsi que de sceller le destin de chaque personnage et ne serait-ce que pour cela Preacher est une oeuvre unique qui se prêtera volontiers à plusieurs relectures.... Qu'il va être difficile pour moi de relire des bouquins plus légers par après tant cette expérience est devenue aussi marquante ! Il est à noter que sans être manichéen, Ennis flirte constamment entre l'incorrect et le malsain sans tomber les deux pieds dedans à la façon d'un Jodorowsky pour n'en citer qu'un. Pas de misogynie ou de racisme, simplement des personnes libres de toute autorité et non pas dénuées de morale cherchant simplement à vivre... Et tant pis si le Rouge et le Noir en prennent pour leur grade, pour de si bons moments passés en la compagnie du Révérend Custer et de sa bande de tarés je serais prêt à en redemander d'autant plus que la relecture me parait tout à fait recommendable dans quelques temps ! Alors Preacher, moralisateur et barbant ? Non juste libérateur et jubilatoire ! Merci Garth Ennis ! Oscillant clairement entre foutraque jouissif, road movie horrifique, plaidoyer sur l'amitié ou histoire d'amour émouvante, il s'agit très clairement de l'un des tous meilleurs VOIRE le meilleur comics lu et en faire l'impasse serait péché. :)
La Trilogie Nikopol
Bilal réussit là pour moi un coup de maître en réussissant à mettre en scène une histoire mêlant judicieusement science-fiction et mythologie Les dessins du tome 1, datant des années 80 ont un peu vieilli, mais la qualité de l'album n'en souffre pas...ceux des 2 autres tomes sont tout simplement une succession de chef d'oeuvre (mention spéciale au tome 2). Un univers particulier, guerrier, noir, mais riche, à la Bilal. L'imagination de l'auteur nous plonge dans un futur où l'humanité a évolué sans changer dans ses travers: despotisme, guerres de religion, violence, changements climatiques...Le détail est même poussé jusque dans le langage des personnages (avec des néologismes) dans le tome 1 et la manie des échelles de mesure dans le tome 3. J'ai dû lire et relire cette série pour essayer d'en saisir toutes les subtilités notamment pour le tome 2 (La femme piège) (et encore !) Gros coup de coeur pour moi pour le tome 3 où la fusion entre Horus et Nikopol est passionnante. La relation entre ces deux personnages est captivante, de dominant-dominé, on passe progressivement à une véritable symbiose avec une interdépendance. Horus est un personnage fascinant: dieu rebelle et déchu, avec un côté humain finalement, il finit par jeter un regard très philosophe sur l'être humain. (3)
From Hell
C'est sûr, il ne faut pas commencer la BD avec From Hell : 600 pages, en noir et blanc avec un graphisme peu accessible. Mais quel chef d'oeuvre ! L'histoire est juste passionante (théorie, même s'il n'est pas historique mais s'appuyant sur des faits historiques, est plus qu'intéressante). L'ambiance du Londres du 19ème sciècle est glauque et sombre. Tout est détaillé (architecture, quartier, vie des personnages) pour nous faire ressentir le vie dans ce climat de peur et nous mettre dans l'ambiance. Le dessins même s'il semble difficile de s'y plonger, fait bien ressentir cette ambiance étouffante (abondance du trait, fouilli, sombre, sale...) et se prête très bien à l'histoire. Le fond et la forme s'accordent parfaitement. Moore est un auteur de génie et From Hell est pour moi sa meilleure oeuvre.
Le Chant des Stryges
Excellente série. Le premier cycle est vraiment bien construit avec des personnages intéressants, et des questions encore en suspens. La lecture est fluide, le scénario tient en haleine et le dessin est plus que convenable. Le second cycle apporte son lot nouveau de personnages, pas tous réussis... Cependant, le scénario continue d'être en béton et pousse à la lecture compulsive ! Reste maintenant à voir ce que le troisième et dernier cycle va apporter comme réponses, et, sûrement, comme nouvelles intrigues. Un défaut cependant, le changement fréquent de coloristes tout au long de la série. Sinon c'est du tout bon, vous pouvez y aller, si ce n'est déjà fait, les yeux fermés ! (enfin, façon de parler !)
Jolies ténèbres
Une petite merveille d'humour noir, dont les ressorts reposent principalement sur la gratuité : gratuité d'un macabre poussé à l'extrême et du choix d'un graphisme enfantin et coloré ; gratuité des situations (qui sont ces personnages vivant dans le cadavre d'une petite fille dont le corps pourrit lentement tout au long de l'album ? qui est cette petite fille ? on ne le saura jamais, et, franchement, c'est tant mieux) ; gratuité du découpage narratif, syncopé, jouant sur les accélérations et les ellipses avec brio. Au final, on ressort de cette lecture un peu secoué, comme devant l'intrusion violente du thème de la mort, - une mort amorale et caustique, - dans un univers enfantin ; j'ai enfin soigneusement caché le livre pour que, surtout, mes enfants ne tombent pas dessus...