Alors, je viens de voir cette BD chez mon libraire et autant dire que j'ai bien hésité avant de la prendre.
J'ai lu plusieurs BD de vampires et autant dire que je n'ai absolument jamais été emballé (la dernière en date étant Highgate : Luisa, vraiment pas terrible). Mais je m'y suis risqué et alors quel bonheur !
Olivier Péru nous a déjà gâté avec le triptyque shaman, le premier tome de zombies, le premier tome d'assassin, que de très bonnes choses donc. Et il continu avec ce diptyque de très très bonne facture.
On assiste donc au retour du premier des vampires, Nosferatù, qui revient sur le devant de la scène après un sommeil (plutôt une mort même) de 60 ans. Il va donc revenir à la vie et reprendre des forces lentement, mais surement car il n'a pas que des amis dans le camp des humains et même dans le sien! Et en parallèle on découvre son passé à l'époque du règne de Caligula, ce qui nous permet de mieux comprendre ce personnage qui n'est pas qu'un monstre tuant tout sur son passage sans raison, loin de là.
Le scénariste a réussi à "caser" un nombre incroyable de choses en seulement 50 pages, chaque case a son importance et on a presque l'impression d'en lire deux fois plus tant l'intrigue est dense.
Le dessin quand à lui est joli, sombre, assez glauque, en bref adapté à ce personnage.
Je tient aussi à préciser que le 5/5 est bien sur assez subjectif, et que je mets cette note non pas parce que cette BD est l'une des meilleures de tous les temps (quand même pas) mais en tout cas elle est la meilleure du genre et de très loin!
(Après lecture des 11 tomes)
Le fait que ce soit une série-qui-n'en-est-pas-une-mais-si-un-peu-quand-même ne m'a pas dérangé et même au contraire : la semi-indépendance des tomes impose de trouver des idées nouvelles pour chacun d'entre eux, tout en respectant une certaine cohérence. Cette terre peu explorée, à mi chemin entre la série pure et dure et la succession de one-shots, m'a bien plu et m'a semblé un beau défi d'écriture que Frank Giroud a relevé avec une grande maîtrise.
Certes, comme d'autres posteurs l'ont relevé, les scénarios de certains tomes sont un peu en-dessous des autres, mais c'est le prix à payer pour avoir eu le courage de choisir ce format de pseudo-série, où il faut produire de nouvelles idées et relancer l'attention du lecteur à chaque tome. Donc je n'en tiens pas rigueur et je salue le fait d'avoir évité les sentiers battus de la série-qui-roule-toute-seule !
J'ai également apprécié que l'argument de chaque tome ne soit pas trop prisonnier du commandement qu'il porte en exergue. En particulier, l'auteur a bien heureusement évité que chaque tome soit une "fable" ou un "conte moralisateur" (ou "anti-moralisateur") sur le thème du commandement. Il illustre plus qu'il ne prêche, même si dans l'ensemble, la série est largement porteuse d'un idéal de paix entre les tenants de croyances différentes, ce que je ne saurais guère lui reprocher !
Les scénarios me semblent très sérieusement documentés, aussi bien sur les périodes historiques couvertes que sur la foi et la culture musulmanes. Divers détails sont judicieusement introduits pour recréer une ambiance crédible, attachante : le spectacle de danse au début du tome 2, les allusions à l'actualité artistique de l'époque dans le tome 5, etc. Tout cela avec suffisamment de naturel pour que ça ne paraisse pas pédant.
L'équilibre entre Histoire et fiction est très bien dosé ! Enfin, la pirouette finale du dernier tome (planche 41) est un véritable pied-de-nez au lecteur dont j'ai adoré l'audace !
La succession de dessinateurs ne m'a pas trop dérangé. Certes au début de certains tomes, il m'a fallu un peu de temps pour m'habituer, mais ce n'est pas illogique pour cette série-qui-n'en-est-pas-une. Bien sûr, j'accroche davantage avec certains dessinateurs et particulièrement ceux des deux premiers tomes, Béhé et De Vita. Ceci dit... juste après le Décalogue, j'ai relu et fini Murena, et j'y ai repensé... Le fait de changer de dessinateur rend difficile, à l'instar de cette dernière, de trouver "l'instant magique" où la collaboration entre scénariste et dessinateur paraît quasiment fusionnelle : donc je dirais que c'est un procédé plus "facile", plus "rapide", mais pas plus puissant...
Au final, même si j'ai évoqué quelques petits bémols sur cette série, j'ai pris un très grand plaisir à la lire, y compris le onzième tome qui est très sérieusement réalisé. De plus, son originalité et son succès éditorial ont marqué le paysage de la BD et il me semble clair qu'elle restera comme une des séries incontournables des années 2000.
P.S. :je recommande également la lecture du "Légataire" et des "Fleury-Nadal", qui continuent d'étoffer l'univers du "Décalogue". Contrairement à d'autres cas similaires (les suites des "7 vies de l'Épervier", grr !), ces séries dérivées sont effectivement valables !
(Après lecture du tome 1 à sa sortie, relecture du tome 1 et lecture du tome 2 à la sortie de celui-ci, relecture des tomes 1 et 2 et lecture du tome 3, etc., bref, lecture des 8 premiers tomes)
C'est extrêmement bien documenté, le scénario est rondement mené, j'ai été happé par quelque chose que je ne peux appeler autrement que suspense, ce qui est un tour de force pour une série relatant des événements historiques bien connus ! Les dialogues sont très fluides : ça parle pas mal mais on dévore les pages sans s'en rendre compte ! Quelques répliques renferment des pointes d'humour noir ou de cynisme assez bien senti. Venant de Dufaux, on n'est guère surpris par toutes ces qualités mais le bougre est ici au sommet de son art.
Malgré l'excellence du dessin, dans le plus pur style classique réaliste, j'ai mis un petit moment à m'y faire car je le trouvais un peu "froid" au départ... Mais là, je crois que j'étais plus royaliste que le roi (pour ne pas dire carrément casse-c...). En tout cas, je suis rentré dedans de plus en plus et il me semble que Delaby prend de plus en plus possession de son univers, du cadrage, des personnages. J'ai eu la sensation que ce qui, au départ, n'était "que" l'un des meilleurs dessins réalistes actuels (excusez du peu !) devient peu à peu "magique", "habité" !
Il faut dire également que si les couleurs du premier cycle sont très belles, celles du second cycle, par Petiqueux, sont franchement exceptionnelles ! Cas rare dans le monde de la BD, il est impossible de parler de Murena sans évoquer sa mise en couleur...
Sur les trois aspects, les tomes 7 et 8 sont une véritable apothéose. Quand certaines séries vendent du vent et s'essoufflent vite ainsi, dans Murena, au contraire, on a l'impression qu'au fil des tomes, une parfaite symbiose se met en place pour notre plus grand bonheur !
Seul tout petit bémol, les mises en scène autour du personnage d'Evix, en me rappelant Les 7 vies de l'épervier et Masquerouge, ont fait un peu bugger mes systèmes de navigation spatio-temporelle, mais bon.
Vite, le troisième cycle !
J'ai récemment acheté l'intégrale du collectionneur, parue en décembre dernier il me semble.
Le dessin de Toppi m'avait fortement intrigué et m'avait poussé à lire récemment Sharaz-De, ce qui m'a conforté dans l'idée qu'acheter cette intégrale était une bonne idée.
Bien m'en a pris ! Cette bd rentre directement dans mon top 5, sans trop de difficulté.
Ce qui ressort au final de cette lecture est un grand sentiment de dépaysement, les différentes ambiances instaurées dans cette oeuvre étant très réussies, et l'amertume que l'on éprouve lorsque l'aventure se termine. Car on aimerait que son auteur nous emmène encore, et toujours, aux cotés de son personnage atypique à la courtoisie sournoise derrière laquelle se cache une volonté inébranlable, à la recherche de trésors oubliés et chers non par leur valeur mais par leur histoire...
Le trait de Toppi ne fait que renforcer cette immersion dans son univers et s'il peut s'avérer que certains angles soient parfois étranges et que certaines poses soient un peu figées, on reste malgré tout ébloui par tant de maîtrise et de technique tant les différentes régions visitées par le collectionneur restent en tête et se révèlent envoutantes.
Bref, une lecture à recommander à tous ceux qui aiment l'aventure, l'aventure réfléchie, envoutante et dépaysante!
Cycle premier.
Rien de nouveau sous le soleil au niveau de la notation !
Cette BD est tout simplement sublime. J'ai dévoré les 4 premiers tomes !
Passionné d'Histoire en général, j'ai été vraiment conquis par l'ensemble de cet ouvrage : dessins, histoire, intrigue, format, tout est bon.
Et franchement, on a l'impression, pour une fois, d'"en avoir pour son argent" (même si ce n'est pas l'expression appropriée) : disons que ce n'est pas une BD que vous lirez en 25 minutes et que vous oublierez de suite, comme trop souvent.
La lecture demande de la concentration mais c'est tellement riche qu'on est happé par l'histoire. Les personnages, multiples au début, sont très charismatiques et on s'attache rapidement à ces complots et ces intrigues.
Les détails historiques sont passionnants.
Une BD superbe à lire absolument si l'on aime un peu l'Histoire.
Voilà donc une BD que j'attendais de pied ferme et je dois dire que je n'ai pas été déçu.
Tout d'abord le gros point fort de cette BD est bien sûr l'immersion dans le monde du vin.
Du rôle du maître de chai, en passant par les négociants, tous les acteurs du milieu sont présents et permettront au non-initié de découvrir ce monde qui fait fantasmer tant de personnes. Les autres se délecteront des graphismes magnifiques.
Un bon vin est toujours le reflet de la personnalité d'un homme (ou d'une femme !) qui l'élabore et l'héroïne de cette BD n'en manque pas !
Le fait d'avoir une femme au centre de la BD est fort judicieux, cela évite d'avoir une histoire très convenue.
Ensuite du côté de l'intrigue, on part sur les bases d'un Dallas (ton univers impitoyaaaable !) dans le Médoc avec son lot de trahisons mais cela semble tellement vrai !
Lorsque j'ai fermé la BD, ma première réflexion a été de me demander pourquoi cette histoire n'a pas été mise en vignettes bien avant... Vite vite la suite !
Il est utile de préciser que si cet opus peut être considéré comme un One Shot et qu'il peut être lu en tant que tel mais il s'agit en vérité de la suite de Zombie la Cavale des Morts qui nous présentait un personnage à la fois charismatique et naïf en la personne de Simon Garth, banquier pris en otage et à parti dans un monde dévasté par un virus mortel...
A la fin, on laissait ce personnage, seul survivant d'un carnage cannibale, blessé et mordu aux mains de militaires dans un hélico et bien The Zombie Simon Garth reprend l'histoire exactement là où on avait cru la laisser : l'hélico a crashé, Simon est devenu un zombie un peu plus évolué et doué de raisonnement du à son caractère humaniste (que l'on comprend bien dans le premier livre) mais la menace est encore présente : perdu dans une forêt remplie de personnages dignes de Massacre à la Tronçonneuse auquel l'auteur fait un clin d'oeil évident, une mère recherche activement sa fille suite à un accident de voiture mais la campagne est jonchée de zombies et d'autres dangers encore plus vicieux...
Simon Garth sera leur seul espoir ?
Voilà, sur un canevas plutôt mince comme tout scénario de zombies, Kyle Hotz, cette fois ci seul aux commandes, explose l'histoire et en survitamine le contenu, son dessin est toujours aussi beau et précis dans le domaine du comics sanglant mais ce qui distingue cette oeuvre de la précèdente est surtout l'enchainement de tout un bestiaire digne du cinéma d'horreur des années 70/80, de Massacre à la Tronçonneuse à Evil Dead sans oublier bien sur les films de zombies et cette faculté à rendre effrayant un environnement comme la forêt, cadre principal de ces évènements.
Simon Garth dès lors est un personnage secondaire mais dont la présence indispensable éclaire toute cette oeuvre que j'ai dévoré d'une traite... Walking Dead mis à part, il s'agit sans aucun doute de la plus chouette BD de zombies lue !
Un excellent divertissement excessif et violent comme le genre se doit de l'exiger et qui ne se prend pas au sérieux, voici une mini série qui ne devrait pas rester longtemps inaperçue pour les amateurs du genre...
Pour un résultat encore plus jouissif il faudra se tourner vers Xxxombies en VO en attendant une hypothétique édition française !
Maus est la BD qu'il vous faut avoir dans votre bibliothèque!
A titre personnel, c'est par cette lecture que je me suis passionnée pour la BD, une copine me l'avait prêté, elle la faisait tourner à tout son entourage pour la faire connaître.
Et j'avoue qu'à la lecture, je n'ai pas été déçue. Un fils raconte son père mais aussi leurs relations à travers un épisode douloureux : la déportation dans les camps que ses parents ont vécue. Sont abordés la vie en cachette pour ne pas se faire prendre, la vie dans les camps, la libération, les conséquences et les marques sur la vie ensuite.
L'originalité du dessin contribue à l'immersion dans cette BD : le parti pris de ne pas illustrer des humains mais des animaux, chaque identité est remplacée par une espèce animale - les nazis en chats, les Juifs en souris, les Polonais en cochons... J'ai adhéré immédiatement au concept.
J'ai bien sûr acheté cette BD par la suite...
Quelle claque mes amis !
Personnellement, j’ai trouvé tout ce que j’attendais de cette lecture : un récit construit avec rythme et finesse, une mise en page ultra-audacieuse, un graphisme varié et au final cohérent à l’ensemble, des personnages attachants et bien développés,… Seul léger bémol, j’ai trouvé que certains passages pouvaient paraître plus abstraits mais, en y regardant de plus prêt, leur signification nous apparaît plus clairement (par ex. le frère jumeau, son enfance ou son caractère à l’âge adulte). Suivre les déboires quelque peu autodestructeurs de cet architecte de talent m’a fait basculer, par moment, du bonheur au questionnement. Je lui attribue la note de « culte » car j’ai retrouvé des techniques audacieuses et habilement développées, qui m’ont parfois rappelé l’excellent L'Art Invisible.
Comme je l’ai déjà abordé, David Mazzucchelli a travaillé son album pour nous offrir un graphisme très abouti. La colorisation, les traits et la mise en page varient sans cesse pour mettre à profit tout ce que l’imagination, l’interprétation ou la suggestivité peuvent nous apporter. Du grand art !
En conclusion, je pense sincèrement que ce genre d’album marque de son empreinte la BD. Il ne peut laisser indifférent, que ce soit dans le positif ou le négatif. Quoi qu’il en soit, je pense que cet épais one-shot ne restera pas fermé longtemps dans ma bibliothèque. Essayez cette expérience, vivez-la, je ne peux que vous le conseiller !
Ce comics a le bon goût d'être un batman (et j'adore batman) et un Alan Moore. Même si je connais assez peu Batman en comics (j'ai quelques bimensuels que j'aime beaucoup), je n'ai pas lu les grands classiques tel "Year One" et autres.
L'histoire n'est pas forcément très originale, Le joker qui s'échappe d'Arkham et Batman qui le poursuit et le rattrape, bref rien de spectaculaire en soit. Mais en le lisant quelle claque! Les dessins sont magnifiques, les textes fantastiques : on a un Joker dans toute sa folle splendeur.
J'ai mis énormément de temps avant de me décider à m'acheter ce comics, 15€ pour une cinquantaines de pages (c'est le triple d'un magazine comics avec plus de pages) c'est affreusement cher... Mais j'ai presque envie de dire que l'histoire est tellement énorme que ça se justifie.
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Nosferatu (Soleil)
Alors, je viens de voir cette BD chez mon libraire et autant dire que j'ai bien hésité avant de la prendre. J'ai lu plusieurs BD de vampires et autant dire que je n'ai absolument jamais été emballé (la dernière en date étant Highgate : Luisa, vraiment pas terrible). Mais je m'y suis risqué et alors quel bonheur ! Olivier Péru nous a déjà gâté avec le triptyque shaman, le premier tome de zombies, le premier tome d'assassin, que de très bonnes choses donc. Et il continu avec ce diptyque de très très bonne facture. On assiste donc au retour du premier des vampires, Nosferatù, qui revient sur le devant de la scène après un sommeil (plutôt une mort même) de 60 ans. Il va donc revenir à la vie et reprendre des forces lentement, mais surement car il n'a pas que des amis dans le camp des humains et même dans le sien! Et en parallèle on découvre son passé à l'époque du règne de Caligula, ce qui nous permet de mieux comprendre ce personnage qui n'est pas qu'un monstre tuant tout sur son passage sans raison, loin de là. Le scénariste a réussi à "caser" un nombre incroyable de choses en seulement 50 pages, chaque case a son importance et on a presque l'impression d'en lire deux fois plus tant l'intrigue est dense. Le dessin quand à lui est joli, sombre, assez glauque, en bref adapté à ce personnage. Je tient aussi à préciser que le 5/5 est bien sur assez subjectif, et que je mets cette note non pas parce que cette BD est l'une des meilleures de tous les temps (quand même pas) mais en tout cas elle est la meilleure du genre et de très loin!
Le Décalogue
(Après lecture des 11 tomes) Le fait que ce soit une série-qui-n'en-est-pas-une-mais-si-un-peu-quand-même ne m'a pas dérangé et même au contraire : la semi-indépendance des tomes impose de trouver des idées nouvelles pour chacun d'entre eux, tout en respectant une certaine cohérence. Cette terre peu explorée, à mi chemin entre la série pure et dure et la succession de one-shots, m'a bien plu et m'a semblé un beau défi d'écriture que Frank Giroud a relevé avec une grande maîtrise. Certes, comme d'autres posteurs l'ont relevé, les scénarios de certains tomes sont un peu en-dessous des autres, mais c'est le prix à payer pour avoir eu le courage de choisir ce format de pseudo-série, où il faut produire de nouvelles idées et relancer l'attention du lecteur à chaque tome. Donc je n'en tiens pas rigueur et je salue le fait d'avoir évité les sentiers battus de la série-qui-roule-toute-seule ! J'ai également apprécié que l'argument de chaque tome ne soit pas trop prisonnier du commandement qu'il porte en exergue. En particulier, l'auteur a bien heureusement évité que chaque tome soit une "fable" ou un "conte moralisateur" (ou "anti-moralisateur") sur le thème du commandement. Il illustre plus qu'il ne prêche, même si dans l'ensemble, la série est largement porteuse d'un idéal de paix entre les tenants de croyances différentes, ce que je ne saurais guère lui reprocher ! Les scénarios me semblent très sérieusement documentés, aussi bien sur les périodes historiques couvertes que sur la foi et la culture musulmanes. Divers détails sont judicieusement introduits pour recréer une ambiance crédible, attachante : le spectacle de danse au début du tome 2, les allusions à l'actualité artistique de l'époque dans le tome 5, etc. Tout cela avec suffisamment de naturel pour que ça ne paraisse pas pédant. L'équilibre entre Histoire et fiction est très bien dosé ! Enfin, la pirouette finale du dernier tome (planche 41) est un véritable pied-de-nez au lecteur dont j'ai adoré l'audace ! La succession de dessinateurs ne m'a pas trop dérangé. Certes au début de certains tomes, il m'a fallu un peu de temps pour m'habituer, mais ce n'est pas illogique pour cette série-qui-n'en-est-pas-une. Bien sûr, j'accroche davantage avec certains dessinateurs et particulièrement ceux des deux premiers tomes, Béhé et De Vita. Ceci dit... juste après le Décalogue, j'ai relu et fini Murena, et j'y ai repensé... Le fait de changer de dessinateur rend difficile, à l'instar de cette dernière, de trouver "l'instant magique" où la collaboration entre scénariste et dessinateur paraît quasiment fusionnelle : donc je dirais que c'est un procédé plus "facile", plus "rapide", mais pas plus puissant... Au final, même si j'ai évoqué quelques petits bémols sur cette série, j'ai pris un très grand plaisir à la lire, y compris le onzième tome qui est très sérieusement réalisé. De plus, son originalité et son succès éditorial ont marqué le paysage de la BD et il me semble clair qu'elle restera comme une des séries incontournables des années 2000. P.S. :je recommande également la lecture du "Légataire" et des "Fleury-Nadal", qui continuent d'étoffer l'univers du "Décalogue". Contrairement à d'autres cas similaires (les suites des "7 vies de l'Épervier", grr !), ces séries dérivées sont effectivement valables !
Murena
(Après lecture du tome 1 à sa sortie, relecture du tome 1 et lecture du tome 2 à la sortie de celui-ci, relecture des tomes 1 et 2 et lecture du tome 3, etc., bref, lecture des 8 premiers tomes) C'est extrêmement bien documenté, le scénario est rondement mené, j'ai été happé par quelque chose que je ne peux appeler autrement que suspense, ce qui est un tour de force pour une série relatant des événements historiques bien connus ! Les dialogues sont très fluides : ça parle pas mal mais on dévore les pages sans s'en rendre compte ! Quelques répliques renferment des pointes d'humour noir ou de cynisme assez bien senti. Venant de Dufaux, on n'est guère surpris par toutes ces qualités mais le bougre est ici au sommet de son art. Malgré l'excellence du dessin, dans le plus pur style classique réaliste, j'ai mis un petit moment à m'y faire car je le trouvais un peu "froid" au départ... Mais là, je crois que j'étais plus royaliste que le roi (pour ne pas dire carrément casse-c...). En tout cas, je suis rentré dedans de plus en plus et il me semble que Delaby prend de plus en plus possession de son univers, du cadrage, des personnages. J'ai eu la sensation que ce qui, au départ, n'était "que" l'un des meilleurs dessins réalistes actuels (excusez du peu !) devient peu à peu "magique", "habité" ! Il faut dire également que si les couleurs du premier cycle sont très belles, celles du second cycle, par Petiqueux, sont franchement exceptionnelles ! Cas rare dans le monde de la BD, il est impossible de parler de Murena sans évoquer sa mise en couleur... Sur les trois aspects, les tomes 7 et 8 sont une véritable apothéose. Quand certaines séries vendent du vent et s'essoufflent vite ainsi, dans Murena, au contraire, on a l'impression qu'au fil des tomes, une parfaite symbiose se met en place pour notre plus grand bonheur ! Seul tout petit bémol, les mises en scène autour du personnage d'Evix, en me rappelant Les 7 vies de l'épervier et Masquerouge, ont fait un peu bugger mes systèmes de navigation spatio-temporelle, mais bon. Vite, le troisième cycle !
Le Collectionneur
J'ai récemment acheté l'intégrale du collectionneur, parue en décembre dernier il me semble. Le dessin de Toppi m'avait fortement intrigué et m'avait poussé à lire récemment Sharaz-De, ce qui m'a conforté dans l'idée qu'acheter cette intégrale était une bonne idée. Bien m'en a pris ! Cette bd rentre directement dans mon top 5, sans trop de difficulté. Ce qui ressort au final de cette lecture est un grand sentiment de dépaysement, les différentes ambiances instaurées dans cette oeuvre étant très réussies, et l'amertume que l'on éprouve lorsque l'aventure se termine. Car on aimerait que son auteur nous emmène encore, et toujours, aux cotés de son personnage atypique à la courtoisie sournoise derrière laquelle se cache une volonté inébranlable, à la recherche de trésors oubliés et chers non par leur valeur mais par leur histoire... Le trait de Toppi ne fait que renforcer cette immersion dans son univers et s'il peut s'avérer que certains angles soient parfois étranges et que certaines poses soient un peu figées, on reste malgré tout ébloui par tant de maîtrise et de technique tant les différentes régions visitées par le collectionneur restent en tête et se révèlent envoutantes. Bref, une lecture à recommander à tous ceux qui aiment l'aventure, l'aventure réfléchie, envoutante et dépaysante!
Murena
Cycle premier. Rien de nouveau sous le soleil au niveau de la notation ! Cette BD est tout simplement sublime. J'ai dévoré les 4 premiers tomes ! Passionné d'Histoire en général, j'ai été vraiment conquis par l'ensemble de cet ouvrage : dessins, histoire, intrigue, format, tout est bon. Et franchement, on a l'impression, pour une fois, d'"en avoir pour son argent" (même si ce n'est pas l'expression appropriée) : disons que ce n'est pas une BD que vous lirez en 25 minutes et que vous oublierez de suite, comme trop souvent. La lecture demande de la concentration mais c'est tellement riche qu'on est happé par l'histoire. Les personnages, multiples au début, sont très charismatiques et on s'attache rapidement à ces complots et ces intrigues. Les détails historiques sont passionnants. Une BD superbe à lire absolument si l'on aime un peu l'Histoire.
Châteaux Bordeaux
Voilà donc une BD que j'attendais de pied ferme et je dois dire que je n'ai pas été déçu. Tout d'abord le gros point fort de cette BD est bien sûr l'immersion dans le monde du vin. Du rôle du maître de chai, en passant par les négociants, tous les acteurs du milieu sont présents et permettront au non-initié de découvrir ce monde qui fait fantasmer tant de personnes. Les autres se délecteront des graphismes magnifiques. Un bon vin est toujours le reflet de la personnalité d'un homme (ou d'une femme !) qui l'élabore et l'héroïne de cette BD n'en manque pas ! Le fait d'avoir une femme au centre de la BD est fort judicieux, cela évite d'avoir une histoire très convenue. Ensuite du côté de l'intrigue, on part sur les bases d'un Dallas (ton univers impitoyaaaable !) dans le Médoc avec son lot de trahisons mais cela semble tellement vrai ! Lorsque j'ai fermé la BD, ma première réflexion a été de me demander pourquoi cette histoire n'a pas été mise en vignettes bien avant... Vite vite la suite !
The Zombie : Simon Garth
Il est utile de préciser que si cet opus peut être considéré comme un One Shot et qu'il peut être lu en tant que tel mais il s'agit en vérité de la suite de Zombie la Cavale des Morts qui nous présentait un personnage à la fois charismatique et naïf en la personne de Simon Garth, banquier pris en otage et à parti dans un monde dévasté par un virus mortel... A la fin, on laissait ce personnage, seul survivant d'un carnage cannibale, blessé et mordu aux mains de militaires dans un hélico et bien The Zombie Simon Garth reprend l'histoire exactement là où on avait cru la laisser : l'hélico a crashé, Simon est devenu un zombie un peu plus évolué et doué de raisonnement du à son caractère humaniste (que l'on comprend bien dans le premier livre) mais la menace est encore présente : perdu dans une forêt remplie de personnages dignes de Massacre à la Tronçonneuse auquel l'auteur fait un clin d'oeil évident, une mère recherche activement sa fille suite à un accident de voiture mais la campagne est jonchée de zombies et d'autres dangers encore plus vicieux... Simon Garth sera leur seul espoir ? Voilà, sur un canevas plutôt mince comme tout scénario de zombies, Kyle Hotz, cette fois ci seul aux commandes, explose l'histoire et en survitamine le contenu, son dessin est toujours aussi beau et précis dans le domaine du comics sanglant mais ce qui distingue cette oeuvre de la précèdente est surtout l'enchainement de tout un bestiaire digne du cinéma d'horreur des années 70/80, de Massacre à la Tronçonneuse à Evil Dead sans oublier bien sur les films de zombies et cette faculté à rendre effrayant un environnement comme la forêt, cadre principal de ces évènements. Simon Garth dès lors est un personnage secondaire mais dont la présence indispensable éclaire toute cette oeuvre que j'ai dévoré d'une traite... Walking Dead mis à part, il s'agit sans aucun doute de la plus chouette BD de zombies lue ! Un excellent divertissement excessif et violent comme le genre se doit de l'exiger et qui ne se prend pas au sérieux, voici une mini série qui ne devrait pas rester longtemps inaperçue pour les amateurs du genre... Pour un résultat encore plus jouissif il faudra se tourner vers Xxxombies en VO en attendant une hypothétique édition française !
Maus
Maus est la BD qu'il vous faut avoir dans votre bibliothèque! A titre personnel, c'est par cette lecture que je me suis passionnée pour la BD, une copine me l'avait prêté, elle la faisait tourner à tout son entourage pour la faire connaître. Et j'avoue qu'à la lecture, je n'ai pas été déçue. Un fils raconte son père mais aussi leurs relations à travers un épisode douloureux : la déportation dans les camps que ses parents ont vécue. Sont abordés la vie en cachette pour ne pas se faire prendre, la vie dans les camps, la libération, les conséquences et les marques sur la vie ensuite. L'originalité du dessin contribue à l'immersion dans cette BD : le parti pris de ne pas illustrer des humains mais des animaux, chaque identité est remplacée par une espèce animale - les nazis en chats, les Juifs en souris, les Polonais en cochons... J'ai adhéré immédiatement au concept. J'ai bien sûr acheté cette BD par la suite...
Asterios Polyp
Quelle claque mes amis ! Personnellement, j’ai trouvé tout ce que j’attendais de cette lecture : un récit construit avec rythme et finesse, une mise en page ultra-audacieuse, un graphisme varié et au final cohérent à l’ensemble, des personnages attachants et bien développés,… Seul léger bémol, j’ai trouvé que certains passages pouvaient paraître plus abstraits mais, en y regardant de plus prêt, leur signification nous apparaît plus clairement (par ex. le frère jumeau, son enfance ou son caractère à l’âge adulte). Suivre les déboires quelque peu autodestructeurs de cet architecte de talent m’a fait basculer, par moment, du bonheur au questionnement. Je lui attribue la note de « culte » car j’ai retrouvé des techniques audacieuses et habilement développées, qui m’ont parfois rappelé l’excellent L'Art Invisible. Comme je l’ai déjà abordé, David Mazzucchelli a travaillé son album pour nous offrir un graphisme très abouti. La colorisation, les traits et la mise en page varient sans cesse pour mettre à profit tout ce que l’imagination, l’interprétation ou la suggestivité peuvent nous apporter. Du grand art ! En conclusion, je pense sincèrement que ce genre d’album marque de son empreinte la BD. Il ne peut laisser indifférent, que ce soit dans le positif ou le négatif. Quoi qu’il en soit, je pense que cet épais one-shot ne restera pas fermé longtemps dans ma bibliothèque. Essayez cette expérience, vivez-la, je ne peux que vous le conseiller !
Killing Joke (Batman - The Killing Joke/Rire et Mourir/Souriez !)
Ce comics a le bon goût d'être un batman (et j'adore batman) et un Alan Moore. Même si je connais assez peu Batman en comics (j'ai quelques bimensuels que j'aime beaucoup), je n'ai pas lu les grands classiques tel "Year One" et autres. L'histoire n'est pas forcément très originale, Le joker qui s'échappe d'Arkham et Batman qui le poursuit et le rattrape, bref rien de spectaculaire en soit. Mais en le lisant quelle claque! Les dessins sont magnifiques, les textes fantastiques : on a un Joker dans toute sa folle splendeur. J'ai mis énormément de temps avant de me décider à m'acheter ce comics, 15€ pour une cinquantaines de pages (c'est le triple d'un magazine comics avec plus de pages) c'est affreusement cher... Mais j'ai presque envie de dire que l'histoire est tellement énorme que ça se justifie.