Il m'en aura fallu du temps pour que je lise ce qu'il semble acquis d'appeler un monument du manga. J'ai opté pour l'édition noir et blanc en six volumes, économiquement intéressante et de bonne qualité.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la réputation de cette série est méritée. Selon moi, l'histoire n'a pas pris une ride. Le rythme est bon, les personnages ont chacun leur propre caractère et l'ambiance générale de "Néo-Tokyo" est bien travaillée. Le seul bémol à cette série de qualité est sans doute la répétition de certaines situations comme par exemple les allers-retours vers ou depuis le temple de Myako ou le développement de Tetsuo. Mais au final, ces quelques passages sont là pour étayer le caractère fatal et inéxorable d'une chasse à l'homme post-apocalyptique.
Le dessin est splendide, dynamique et précis. Dire que ce manga est déjà considéré comme vintage, certes, mais il n'en demeure pas moins incroyablement réussi.
À ne surtout pas louper et à se procurer si ce n'est déjà fait! Vintage vous dites?
Achille Talon. Une série intelligente et marrante.
- Intelligente : Achille Talon est loin de parler de façon prosaïque. En effet, son vocabulaire est diversifié et parfois soutenu. Ses phrases sont travaillées et riches. L'ensemble est plaisant et montre que la BD n'est pas en reste côté littérature.
Intelligente aussi par son originalité. Plusieurs gags nous présentent un peu les "coulisses" de la BD ; comment dessiner, comment publier, comment mettre des onomatopées, les débats autour de la BD, la mise en couleurs ... Tout ce petit côté documentaire est agréable et change un peu le contenu des gags (qui sont variés).
- Marrante : Achille Talon a beau parler de façon plus que convenable, cela n'enlève en rien le fait que ses propos ne sont pas forcément dotés d'une intelligence rare. Ou alors, ses propos vont être très intelligents, mais la concrétisation de ses dires est... hilarante par son décalage ou son manque de cohérence. Chichille (comme dit son père) est attachant, marrant et surprenant. Il peut être plein de bonne volonté comme être une sale tête de c**. Son père (grand amateur de bière) et son voisin Lefuneste sont également bien trouvés et ne manquent pas de participer au burlesque et au comique de cette série.
Le dessin est rond, caricatural et soigné. L'ensemble est agréable à regarder (j'avoue que le tête de Lefuneste ne me séduit pas plus que cela).
Une série culte, originale et intelligente à lire !
(N.B : je n'ai lu que les albums de Greg).
Les zombies j'adore, alors Walking Dead c'est un trésor!
C'est le premier comics que je lis, et le format n'est pas si déplaisant au contraire.
Bon l'histoire, c'est du classique de zombie. Tout le monde est mort et vivant a la fois ( des zombies quoi) sauf bien sur nos héros du Dimanche qui ont survécu jusqu'au début de l'histoire avec un peu de chance et de hasard. On se retrouve donc avec des personnages qui tentent de survivre dans un monde hostile (et le mot est faible). Dans leur lutte pour la vie, il y aura des rencontres et des départs. Au final, c'est pas innovant mais efficace dans le travail réalisé. Travail fait selon l'axe par lequel on découvre l'histoire.
L'histoire se dévoile selon la dynamique classique des personnages mais aussi ( et surtout ) selon la psychologie des personnages et notamment de notre héros. Les sentiments sont bien détaillés et semblent réalistes (de ce qu'on peut en imaginer). On rentre dans la tête torturée de notre héros et on n'en sort jamais au fur et a mesure des tomes. Le récit en est que plus intéressant!
Par contre, faire attention, âmes sensibles s'abstenir! C'est gore, dur et choquant! Le "pour public averti" est amplement mérité. C'est assez dur et faut pas le prendre a la légère!
Pour les graphismes, un dessin soigné en noir et blanc. Parfait pour l'ouvrage! Le noir et blanc permet que les pires planches soient regardables. Vraiment un travail remarquable la dessus! Un dessin de qualité, les expressions des visages sont parfaitement retransmises et compréhensibles!
Une série incontournable dans le genre, on peut même dire que c'est LA référence du genre!
A vrai dire, vu la qualité du recueil perçue dans La Vieille Dame qui n'avait jamais joué au tennis, je n'en attendais pas moins de "Lydie" avec toujours un Zidrou aussi doué pour piquer et éclairer le quotidien des gens que l'on côtoie ainsi que des qualités esthétiques évidentes de Jordi Lafèvre qui explose et expose enfin ici...
L’œuvre commence par des mots touchants de Zidrou à l'intention de son défunt père... ça n'a l'air de rien comme ça mais ça a le mérite d'annoncer la couleur, oui ce récit est sensible et touchant sans être larmoyant grâce aux grands talents des auteurs qui forment une parfaite association.
Car le parti pris est de croquer des petits détails de la vie et de son quotidien par petites touches de personnages secondaires...
Le père Tchou-Tchou et ses voisins de l'impasse du bébé à moustaches vont s'associer à la peine de Camille, jeune fille mère un peu simplette, qui a perdu son unique enfant mort-née Lydie en considérant qu'elle revient du ciel et est toujours présente....
Alors forcément c'est un peu tiré par les cheveux et on peut s'étonner ou rire de cette présence invisible (toutes les étapes de la vie d'un enfant sont là du berceau à l'école sauf qu'il n'y a personne) mais c'est aussi la solidarité et la gentillesse de cette population qui rend le récit si attachant.
Personne n'est dupe mais la mise en scène est si jolie que le lecteur s'imagine presque le dessin de cette petite Lydie d'autant plus que certaines petites touches laissent à supposer que........ l'on passe un merveilleux moment en la compagnie de ce bouquin qui croque et sublime chacun de ses personnages comme si tout un chacun avait le rôle principal. La beauté du trait de Jordi Lafèvre et l'humour léger tendent à maintenir agréablement cette situation de flottement dans lequel on se trouve...
Car c'est un sujet malgré tout dur et limite tabou dont on parle ici avec le décès d'un proche et le combat de l'amour plus fort que la mort. Écrit tel quel cela prête surement à rire mais les auteurs ont su trouver le ton juste pour donner une belle leçon de vie bien plus qu'une leçon de morale et j'ai beaucoup apprécié ce fil du rasoir.
"La foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit" parait-il...
Avec "La vieille dame..." et "Lydie", Zidrou nous montre le contraire... :)
Si le Diable existait vraiment, comment s’amuserait-il de nous, pauvres créatures faibles et perverties ? En inventant un jeu. Un jeu machiavélique. Il choisirait quatre personnes, chacune ayant une très bonne raison d’accepter le pire pour le meilleur : tuer pour 1 million de dollars. Et la partie peut commencer.
Le scénario de Callède est d’une perversité incroyable. Il utilise parfaitement les ficelles de la manipulation et y intègre avec intelligence un autre élément important : le hasard. Ce dernier ajoute au jeu une dimension nouvelle provoquant des dommages collatéraux qui viennent enrichir le schéma diabolique dressé par notre mystérieux tentateur.
La première saison, 4 albums, permet de démontrer les faiblesses humaines, le combat permanent de l’Homme qui se retrouve tiraillé entre le bien et le mal, surtout quand il est à la fois bourreau et victime, chasseur et proie.
Le premier album de la seconde saison est à nouveau une claque. Entre les deux parties, plusieurs années se sont écoulées. La fin du quatrième album laisse deviner, qu’il y a eu pas mal d’autres jeux entretemps. Mais cette deuxième saison va nous emmener encore plus loin. Les règles restent les mêmes : quatre joueurs, quatre victimes. Mais les participants ont un autre point commun : quelqu’un dans leur entourage est gravement malade. L’enjeu n’est plus l’argent mais la guérison : « une vie pour une vie ». Qu’est-on prêt à faire pour sauver l’amour de sa vie ? J’entends le Diable ricaner.
Série à couper le souffle !!! La saison 1 étant terminée, je vous invite à la lire d'une traite. Ce thriller, mâtiné de réflexions sociales en dit long sur l'âme humaine mais aussi sur le monde dans lequel on vit, qui pousse les plus démunis à se révolter d'une façon ou d'une autre. Et la saison 2 semble aller encore plus long dans la dénonciation : autre jeu, autres revendications.
Idées noires ?! On n'a pas fait grand chose de mieux sur le thème de l'humour noir.
Le trait de Franquin est toujours aussi reconnaissable mais là, c'est l'autre côté de son humour, celui qui ne passe pas de façon aussi claire dans Gaston Lagaffe. Le choix du noir/blanc sans compromis met en valeur la qualité du trait et le sens du portrait.
Immanquable, culte, grinçant et insupportable mais tellement vrai !
On connaît Franquin pour des séries plutôt joyeuses et drôles (Gaston Lagaffe, Le Marsupilami, Modeste et Pompom...). Ici, le ton est toujours drôle, mais l'humour est de la couleur des 'idées' de l'auteur, noir, très noir ! Et là, j'adhère complètement !
Les chutes sont excellentes et on sent que l'auteur se fait vraiment plaisir avec ces gags !
L'effet humour noir fait mouche et nous sortons des sentiers battus de la BD humoristique gentillette. Cependant, l'auteur garde une certaine retenue et ses idées restent abordables à un jeune âge (j'ai étudié quelques planches en 5ème).
Le dessin est excellent. Franquin a un talent indéniable et l'absence de couleur colle très bien avec l'ambiance générale et montre que le trait de l'auteur ne souffre d'aucune imperfection ici.
Des gags cultes à lire avec grand plaisir et grand sourire !
N.B : j'ai acheté l'intégrale à 5.90€, petit format ... bof-bof ... Je ne le conseille pas.
J'ai beaucoup aimé.
Le dessin est rond, pas trop réaliste, les couleurs un peu sombres, mais le Paris du XIX est bien rendu. Le scénario mélange agréablement tout les poncifs et clichés de l'époque et on retrouve avec plaisir le chevalier Dupin et une agréable héroïne ... ainsi qu'un sympathique "jeune" homme. Ça me fais penser au "Arcanes du midi-minuit" ... en mieux !
Certes, le second tome est un poil condensé et l'histoire aurait pu se conter sur 3 tomes, mais c'est en général le défaut inverse que je reproche aux série ... interminables ....
Un franc succès, j'attends la suite avec impatience.
Cela faisait longtemps qu'une BD de pur divertissement ne m'avait autant enthousiasmé. Et pourtant, j'avais quelques doutes au départ.
Style emprunté aux mangas (dessin et dynamique), école de super-héros/sorciers/etc..., rythme trépidant, arts martiaux, bestiaire classique du fantastique, gothisme "burtonien", références cinématographiques en pagaille et surtout pour le cinéma-bis... Bref, je m'étais dit que ce Florent Maudoux, malin (dans le sens péjoratif d' "opportuniste"), avait mis dans sa marmite à peu près tout ce qui a bien marché ces dernières années pour en faire une ratatouille peu digeste.
Et effectivement, ce n'est pas faux, dans un sens. Sauf que... elle se révèle non seulement très digeste, cette ratatouille, mais même succulente... comme une Succube Pizza.
Et ce n'est pas la moindre des qualités de Maudoux d'avoir su créer une série aussi bourrative sans que le lecteur se sente balloné. Au contraire, tout au long de quatre tomes bien épais et mouvementés, la qualité ne faiblit pas et on ne ressent aucune lassitude.
Il n'est pas nécessaire de se lancer dans une longue analyse mais seulement constater que la sauce prend, à la fois par ses ingrédients déjà cités et admirablement introduits mais aussi et surtout par cette "Maudoux touch" dans l'art de les accomoder : le second degré, la loufoquerie et même la déconne permanente n'empêche pas ses histoires de rester très cohérentes et bien équilibrées. Et puis, chaque tome est un feu d'artifice d'inventivité, les scènes anthologiques ne manquant pas (la scène des paréos à la piscine, les hommes-biscuits en pleine insurrection, la course-poursuite en pédalo, etc...). Quant aux personnages, ils crèvent les pages de leur forte présence.
Avec le trio de tête bien sûr (Ombre, l'homme-loup discret dont émane une force tranquille, Chance la démonette pétillante et malicieuse et Xiong-Mao la charismatique et gracieuse adepte d'un art martial inédit d'une belle élégance : le Flamendo) formant une équipe gagnante de choc et de charme, quel que soit l'ordre dans lequel on les place. Mais aussi certains seconds rôles tels que Sablon, Scipio, Amanite ou l'impressionnant Funérailles, tous également mémorables.
En fait, chaque personnage est intéressant, quel que soit son importance.
J'ajoute que, malgré l'intention de l'auteur de faire passer un bon moment au lecteur sans se prendre la tête, Maudoux glisse aussi, au milieu de cette mêlée dantesque jubilatoire, une petite critique des institutions bien pensantes et ne se gêne pas pour montrer, goguenard, tout le dédain qu'il voue aux petits saints trop propres sur eux et, à l'inverse, son amour pour les freaks, les marginaux, les cancres, les losers, les habitués du dernier rang mais qui possèdent en eux bien des ressources. Ce que sont ces personnages principaux tellement attachants.
Bref, je pensais avoir toutes les raisons de me méfier et j'ai été emballé.
A dévorer.
J'ai découvert tout récemment la série Fear agent, et ça a été une grosse surprise personnellement.
Je lis le 1er tome: héros qui picole, space-opera classique, terre plus ou moins détruite, alien au style rétro (comme dans les comics des années 60 style que j'aimais pas trop... au début), invasion extra-terrestre, etc...
Je me dis: "Mouais c'est un peu space ce truc mais y a quand même du voyage temporel, ça peut le faire."
Puis on se plonge très facilement dans la lecture des albums suivants. En effet on a droit ici à un scénario de SF des plus originaux avec des personnages assez fort notamment le "héros". L'histoire est vraiment bien menée. Je n'aurais pas cru être aussi "à fond" dedans.
Sur un scénario de Rick Remender (qui a aussi bossé dans l'animation - Titan AE, Anastasia, Le géant de fer), et avec aux dessins deux dessinateurs qui alternent un tome sur deux, Tony Moore (t.1, 3 et 5 à ce jour, dessinateur connu pour son premier tome de Walking Dead) et Jerome Opena (t.2 et 4).
En parlant de dessin, je trouve que celui-ci est de qualité malgré l'alternance des deux dessinateurs. Bien qu'ils aient chacun leur style, ils ont réussi à garder une bonne cohérence entre eux deux.
Il ne reste maintenant plus qu'à attendre le tome 6 qui signera le final de la série en septembre aux éditions. L'attente va être longue.
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Akira
Il m'en aura fallu du temps pour que je lise ce qu'il semble acquis d'appeler un monument du manga. J'ai opté pour l'édition noir et blanc en six volumes, économiquement intéressante et de bonne qualité. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la réputation de cette série est méritée. Selon moi, l'histoire n'a pas pris une ride. Le rythme est bon, les personnages ont chacun leur propre caractère et l'ambiance générale de "Néo-Tokyo" est bien travaillée. Le seul bémol à cette série de qualité est sans doute la répétition de certaines situations comme par exemple les allers-retours vers ou depuis le temple de Myako ou le développement de Tetsuo. Mais au final, ces quelques passages sont là pour étayer le caractère fatal et inéxorable d'une chasse à l'homme post-apocalyptique. Le dessin est splendide, dynamique et précis. Dire que ce manga est déjà considéré comme vintage, certes, mais il n'en demeure pas moins incroyablement réussi. À ne surtout pas louper et à se procurer si ce n'est déjà fait! Vintage vous dites?
Achille Talon
Achille Talon. Une série intelligente et marrante. - Intelligente : Achille Talon est loin de parler de façon prosaïque. En effet, son vocabulaire est diversifié et parfois soutenu. Ses phrases sont travaillées et riches. L'ensemble est plaisant et montre que la BD n'est pas en reste côté littérature. Intelligente aussi par son originalité. Plusieurs gags nous présentent un peu les "coulisses" de la BD ; comment dessiner, comment publier, comment mettre des onomatopées, les débats autour de la BD, la mise en couleurs ... Tout ce petit côté documentaire est agréable et change un peu le contenu des gags (qui sont variés). - Marrante : Achille Talon a beau parler de façon plus que convenable, cela n'enlève en rien le fait que ses propos ne sont pas forcément dotés d'une intelligence rare. Ou alors, ses propos vont être très intelligents, mais la concrétisation de ses dires est... hilarante par son décalage ou son manque de cohérence. Chichille (comme dit son père) est attachant, marrant et surprenant. Il peut être plein de bonne volonté comme être une sale tête de c**. Son père (grand amateur de bière) et son voisin Lefuneste sont également bien trouvés et ne manquent pas de participer au burlesque et au comique de cette série. Le dessin est rond, caricatural et soigné. L'ensemble est agréable à regarder (j'avoue que le tête de Lefuneste ne me séduit pas plus que cela). Une série culte, originale et intelligente à lire ! (N.B : je n'ai lu que les albums de Greg).
Walking Dead
Les zombies j'adore, alors Walking Dead c'est un trésor! C'est le premier comics que je lis, et le format n'est pas si déplaisant au contraire. Bon l'histoire, c'est du classique de zombie. Tout le monde est mort et vivant a la fois ( des zombies quoi) sauf bien sur nos héros du Dimanche qui ont survécu jusqu'au début de l'histoire avec un peu de chance et de hasard. On se retrouve donc avec des personnages qui tentent de survivre dans un monde hostile (et le mot est faible). Dans leur lutte pour la vie, il y aura des rencontres et des départs. Au final, c'est pas innovant mais efficace dans le travail réalisé. Travail fait selon l'axe par lequel on découvre l'histoire. L'histoire se dévoile selon la dynamique classique des personnages mais aussi ( et surtout ) selon la psychologie des personnages et notamment de notre héros. Les sentiments sont bien détaillés et semblent réalistes (de ce qu'on peut en imaginer). On rentre dans la tête torturée de notre héros et on n'en sort jamais au fur et a mesure des tomes. Le récit en est que plus intéressant! Par contre, faire attention, âmes sensibles s'abstenir! C'est gore, dur et choquant! Le "pour public averti" est amplement mérité. C'est assez dur et faut pas le prendre a la légère! Pour les graphismes, un dessin soigné en noir et blanc. Parfait pour l'ouvrage! Le noir et blanc permet que les pires planches soient regardables. Vraiment un travail remarquable la dessus! Un dessin de qualité, les expressions des visages sont parfaitement retransmises et compréhensibles! Une série incontournable dans le genre, on peut même dire que c'est LA référence du genre!
Lydie
A vrai dire, vu la qualité du recueil perçue dans La Vieille Dame qui n'avait jamais joué au tennis, je n'en attendais pas moins de "Lydie" avec toujours un Zidrou aussi doué pour piquer et éclairer le quotidien des gens que l'on côtoie ainsi que des qualités esthétiques évidentes de Jordi Lafèvre qui explose et expose enfin ici... L’œuvre commence par des mots touchants de Zidrou à l'intention de son défunt père... ça n'a l'air de rien comme ça mais ça a le mérite d'annoncer la couleur, oui ce récit est sensible et touchant sans être larmoyant grâce aux grands talents des auteurs qui forment une parfaite association. Car le parti pris est de croquer des petits détails de la vie et de son quotidien par petites touches de personnages secondaires... Le père Tchou-Tchou et ses voisins de l'impasse du bébé à moustaches vont s'associer à la peine de Camille, jeune fille mère un peu simplette, qui a perdu son unique enfant mort-née Lydie en considérant qu'elle revient du ciel et est toujours présente.... Alors forcément c'est un peu tiré par les cheveux et on peut s'étonner ou rire de cette présence invisible (toutes les étapes de la vie d'un enfant sont là du berceau à l'école sauf qu'il n'y a personne) mais c'est aussi la solidarité et la gentillesse de cette population qui rend le récit si attachant. Personne n'est dupe mais la mise en scène est si jolie que le lecteur s'imagine presque le dessin de cette petite Lydie d'autant plus que certaines petites touches laissent à supposer que........ l'on passe un merveilleux moment en la compagnie de ce bouquin qui croque et sublime chacun de ses personnages comme si tout un chacun avait le rôle principal. La beauté du trait de Jordi Lafèvre et l'humour léger tendent à maintenir agréablement cette situation de flottement dans lequel on se trouve... Car c'est un sujet malgré tout dur et limite tabou dont on parle ici avec le décès d'un proche et le combat de l'amour plus fort que la mort. Écrit tel quel cela prête surement à rire mais les auteurs ont su trouver le ton juste pour donner une belle leçon de vie bien plus qu'une leçon de morale et j'ai beaucoup apprécié ce fil du rasoir. "La foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit" parait-il... Avec "La vieille dame..." et "Lydie", Zidrou nous montre le contraire... :)
Enchaînés
Si le Diable existait vraiment, comment s’amuserait-il de nous, pauvres créatures faibles et perverties ? En inventant un jeu. Un jeu machiavélique. Il choisirait quatre personnes, chacune ayant une très bonne raison d’accepter le pire pour le meilleur : tuer pour 1 million de dollars. Et la partie peut commencer. Le scénario de Callède est d’une perversité incroyable. Il utilise parfaitement les ficelles de la manipulation et y intègre avec intelligence un autre élément important : le hasard. Ce dernier ajoute au jeu une dimension nouvelle provoquant des dommages collatéraux qui viennent enrichir le schéma diabolique dressé par notre mystérieux tentateur. La première saison, 4 albums, permet de démontrer les faiblesses humaines, le combat permanent de l’Homme qui se retrouve tiraillé entre le bien et le mal, surtout quand il est à la fois bourreau et victime, chasseur et proie. Le premier album de la seconde saison est à nouveau une claque. Entre les deux parties, plusieurs années se sont écoulées. La fin du quatrième album laisse deviner, qu’il y a eu pas mal d’autres jeux entretemps. Mais cette deuxième saison va nous emmener encore plus loin. Les règles restent les mêmes : quatre joueurs, quatre victimes. Mais les participants ont un autre point commun : quelqu’un dans leur entourage est gravement malade. L’enjeu n’est plus l’argent mais la guérison : « une vie pour une vie ». Qu’est-on prêt à faire pour sauver l’amour de sa vie ? J’entends le Diable ricaner. Série à couper le souffle !!! La saison 1 étant terminée, je vous invite à la lire d'une traite. Ce thriller, mâtiné de réflexions sociales en dit long sur l'âme humaine mais aussi sur le monde dans lequel on vit, qui pousse les plus démunis à se révolter d'une façon ou d'une autre. Et la saison 2 semble aller encore plus long dans la dénonciation : autre jeu, autres revendications.
Idées Noires
Idées noires ?! On n'a pas fait grand chose de mieux sur le thème de l'humour noir. Le trait de Franquin est toujours aussi reconnaissable mais là, c'est l'autre côté de son humour, celui qui ne passe pas de façon aussi claire dans Gaston Lagaffe. Le choix du noir/blanc sans compromis met en valeur la qualité du trait et le sens du portrait. Immanquable, culte, grinçant et insupportable mais tellement vrai !
Idées Noires
On connaît Franquin pour des séries plutôt joyeuses et drôles (Gaston Lagaffe, Le Marsupilami, Modeste et Pompom...). Ici, le ton est toujours drôle, mais l'humour est de la couleur des 'idées' de l'auteur, noir, très noir ! Et là, j'adhère complètement ! Les chutes sont excellentes et on sent que l'auteur se fait vraiment plaisir avec ces gags ! L'effet humour noir fait mouche et nous sortons des sentiers battus de la BD humoristique gentillette. Cependant, l'auteur garde une certaine retenue et ses idées restent abordables à un jeune âge (j'ai étudié quelques planches en 5ème). Le dessin est excellent. Franquin a un talent indéniable et l'absence de couleur colle très bien avec l'ambiance générale et montre que le trait de l'auteur ne souffre d'aucune imperfection ici. Des gags cultes à lire avec grand plaisir et grand sourire ! N.B : j'ai acheté l'intégrale à 5.90€, petit format ... bof-bof ... Je ne le conseille pas.
Aspic Détectives de l'étrange
J'ai beaucoup aimé. Le dessin est rond, pas trop réaliste, les couleurs un peu sombres, mais le Paris du XIX est bien rendu. Le scénario mélange agréablement tout les poncifs et clichés de l'époque et on retrouve avec plaisir le chevalier Dupin et une agréable héroïne ... ainsi qu'un sympathique "jeune" homme. Ça me fais penser au "Arcanes du midi-minuit" ... en mieux ! Certes, le second tome est un poil condensé et l'histoire aurait pu se conter sur 3 tomes, mais c'est en général le défaut inverse que je reproche aux série ... interminables .... Un franc succès, j'attends la suite avec impatience.
Freaks' Squeele
Cela faisait longtemps qu'une BD de pur divertissement ne m'avait autant enthousiasmé. Et pourtant, j'avais quelques doutes au départ. Style emprunté aux mangas (dessin et dynamique), école de super-héros/sorciers/etc..., rythme trépidant, arts martiaux, bestiaire classique du fantastique, gothisme "burtonien", références cinématographiques en pagaille et surtout pour le cinéma-bis... Bref, je m'étais dit que ce Florent Maudoux, malin (dans le sens péjoratif d' "opportuniste"), avait mis dans sa marmite à peu près tout ce qui a bien marché ces dernières années pour en faire une ratatouille peu digeste. Et effectivement, ce n'est pas faux, dans un sens. Sauf que... elle se révèle non seulement très digeste, cette ratatouille, mais même succulente... comme une Succube Pizza. Et ce n'est pas la moindre des qualités de Maudoux d'avoir su créer une série aussi bourrative sans que le lecteur se sente balloné. Au contraire, tout au long de quatre tomes bien épais et mouvementés, la qualité ne faiblit pas et on ne ressent aucune lassitude. Il n'est pas nécessaire de se lancer dans une longue analyse mais seulement constater que la sauce prend, à la fois par ses ingrédients déjà cités et admirablement introduits mais aussi et surtout par cette "Maudoux touch" dans l'art de les accomoder : le second degré, la loufoquerie et même la déconne permanente n'empêche pas ses histoires de rester très cohérentes et bien équilibrées. Et puis, chaque tome est un feu d'artifice d'inventivité, les scènes anthologiques ne manquant pas (la scène des paréos à la piscine, les hommes-biscuits en pleine insurrection, la course-poursuite en pédalo, etc...). Quant aux personnages, ils crèvent les pages de leur forte présence. Avec le trio de tête bien sûr (Ombre, l'homme-loup discret dont émane une force tranquille, Chance la démonette pétillante et malicieuse et Xiong-Mao la charismatique et gracieuse adepte d'un art martial inédit d'une belle élégance : le Flamendo) formant une équipe gagnante de choc et de charme, quel que soit l'ordre dans lequel on les place. Mais aussi certains seconds rôles tels que Sablon, Scipio, Amanite ou l'impressionnant Funérailles, tous également mémorables. En fait, chaque personnage est intéressant, quel que soit son importance. J'ajoute que, malgré l'intention de l'auteur de faire passer un bon moment au lecteur sans se prendre la tête, Maudoux glisse aussi, au milieu de cette mêlée dantesque jubilatoire, une petite critique des institutions bien pensantes et ne se gêne pas pour montrer, goguenard, tout le dédain qu'il voue aux petits saints trop propres sur eux et, à l'inverse, son amour pour les freaks, les marginaux, les cancres, les losers, les habitués du dernier rang mais qui possèdent en eux bien des ressources. Ce que sont ces personnages principaux tellement attachants. Bref, je pensais avoir toutes les raisons de me méfier et j'ai été emballé. A dévorer.
Fear Agent
J'ai découvert tout récemment la série Fear agent, et ça a été une grosse surprise personnellement. Je lis le 1er tome: héros qui picole, space-opera classique, terre plus ou moins détruite, alien au style rétro (comme dans les comics des années 60 style que j'aimais pas trop... au début), invasion extra-terrestre, etc... Je me dis: "Mouais c'est un peu space ce truc mais y a quand même du voyage temporel, ça peut le faire." Puis on se plonge très facilement dans la lecture des albums suivants. En effet on a droit ici à un scénario de SF des plus originaux avec des personnages assez fort notamment le "héros". L'histoire est vraiment bien menée. Je n'aurais pas cru être aussi "à fond" dedans. Sur un scénario de Rick Remender (qui a aussi bossé dans l'animation - Titan AE, Anastasia, Le géant de fer), et avec aux dessins deux dessinateurs qui alternent un tome sur deux, Tony Moore (t.1, 3 et 5 à ce jour, dessinateur connu pour son premier tome de Walking Dead) et Jerome Opena (t.2 et 4). En parlant de dessin, je trouve que celui-ci est de qualité malgré l'alternance des deux dessinateurs. Bien qu'ils aient chacun leur style, ils ont réussi à garder une bonne cohérence entre eux deux. Il ne reste maintenant plus qu'à attendre le tome 6 qui signera le final de la série en septembre aux éditions. L'attente va être longue.