Quelle incroyable livre que voilà.
Tout d'abord l'objet en lui-même est beau. Une magnifique couverture qui invite aux voyages dans le temps et dans l'espace. Une tranche rouge qui détonne avec le bleu de la couverture et le bleu des pages qui apporte une continuité entre la première et la quatrième. En bref une très belle édition qui veut rappeler les beaux manuscrits du Moyen-âge.
L'histoire s'inscrit à la fin de l'an mille alors que le Califat de Cordoue connaît de grandes mutations politiques notamment. Lupano reprend un évènement historique et le romance, l'adapte avec le brio qui est le sien. Les trois héros sont sympathiques et leurs péripéties burlesques et tragiques. On s'attache rapidement à eux et la résonance finale de l'histoire amène une certaine "morale" comme un conte des mille et une nuits.
Le dessin et la couleur s'accorde très bien à l'histoire, on y retrouve les couleurs chaudes de l'Espagne et celles vives de l'Orient.
Un album réussi, l'un des grands succès, à juste titre, de cette fin d'année.
L'histoire est vraiment très touchante, j'en ai versé quelques larmes. A des moments, on pense savoir ce qui va se passer mais pas du tout ! Je vous le recommande !! Malgré qu'il puisse paraître long je l'ai lu en 1j et demi, et franchement pépite.
Cet album est un véritable trésor.
Car c'est le résultat d'une gageure de dimension artistique : une bande d'auteurs confirmés qui se lance dans un nouveau récit d'un de leurs héros d'enfance. J'imagine que tout a été dit sur Goldorak, mais ils ont réussi à en proposer une relecture audacieuse, inspirée mais également profondément respectueuse de l'oeuvre originale. C'est ainsi que cette histoire prend place une dizaine d'années après la fin connue de la série animée. Goldorak et Actarus ont disparu, ceux du Bouleau Blanc ont vu leurs trajectoires diverger... Mais la menace de Véga ressurgit, et avec elle la remobilisation potentielle de la Patrouille des Aigles. Mais nos héros sont fatigués, et se posent beaucoup de questions sur leurs motivations, sur l'origine de la guerre. Ainsi, tout en gardant les caractères et l'ambiance créés par Gô Nagai, ils l'amènent sur de nouveaux chemins, des considérations plus adultes, et surtout promettent de nombreux chamboulements concernant leurs histoires respectives... une prouesse due à Messieurs Bajram et Dorison.
Sur le plan du dessin la conjonction des talents de ces trois dessinateurs fabuleux que sont Denis Bajram, Brice Cossu et Alexis Sentenac donne des planches de toute beauté. c'est bien simple, je suis resté scotché par certaines pleines pages, oubliant quelques secondes l'histoire pour regarder le dessin... Tout est absolument parfait. Tout. Même les couleurs de Yoann Guillo arrivent à jouer leur propre petite mélodie dans ce concert symphonique.
J'ai été absolument ravi par cette lecture. Merci aux auteurs pour avoir osé mener à bien ce projet carrément fou, et à Gô Nagai pour avoir donné son feu vert pour qu'il soit lancé. Merci, merci, merci.
Le père Noël ne s'est pas trompé en déposant cette bd au pied du sapin.
Ce récit se déroule sous le califat de Cordoue à la fin du X° siècle.
Le calife Al-Hakam meurt, son fils de 11 ans sera sous l'emprise du grand vizir Muhammad Amir, celui-ci va être à l'origine d'un autodafé, l'intégrisme sur fond de pouvoir.
Trois héros improbables, Taribe l'eunuque, Lubna la copiste et Marwan le voleur sans oublier ce magnifique animal au caractère bien trempé, la mule. Mule qui sera chargée à ras la gueule des livres sauvés des flammes. Notre brave mule qui fera des misères à Tarib à vouloir dévorer l'abrégé de calcul de Al-Khuwarizmi à chaque occasion. Pourquoi ? Le mystère sera résolu.
Commence alors un long pèlerinage qui les mènera vers une fin improbable.
Quel plaisir de lire cette tranche d'aventure où la culture, l'histoire et l'humour se mélangent avec tant de finesse.
Un conte à mettre dans toutes les mains pour ne pas oublier le pouvoir des livres sur l'obscurantisme.
Le dessin de Léonard Chemineau ne pouvait que me plaire étant cheminot. Sérieusement, il est lisible, clair et expressif. De superbes couleurs et une mise en page dynamique. Une volupté.
Pas encore culte, mais cinq étoiles méritées.
Magnifique ! les auteurs ont su respecter l’esprit de la série Goldorak tout en créant une œuvre au goût du jour plus moderne.
Je mets 5 étoiles et coup de cœur, car la lecture m’a fait replonger dans les émotions de mon enfance. Quel plaisir de revoir Actarus, Vénusia, Alcor, Phénicia, le professeur Procyon et les autres pour clore la série en un superbe bouquet final.
L’intrigue fonctionne très bien, il y a beaucoup de bonnes idées.
J’ai aimé les scènes d’action et le très réussi golgoth tricéphale.
Le choix de 167 pages et le chapitrage sont parfaits, ils permettent de développer l’intrigue au bon rythme ; il n’y a aucun moment de bâclé vite fait comme on en trouve sur les format de 50 pages.
Maintenant, il faut s’attaquer à Ulysse 31, le Capitaine Flam, Cobra, Albator, les mystérieuses cités d’or en format franco-belge, allez au boulot ! ;-)
San Francisco dans les années 1980 est la toile de fond d’un excellent thriller, bien construit, bien écrit et qu’on ne lâche pas jusqu’au dernier tome de la série. Tout commence avec un meurtre de masse, en pleine rue. Jusque-là, rien de très original. L’inspecteur Spadaccini, surnommé « Wonderball » - je ne dirai rien de l’origine de ce surnom - est chargé de l’enquête. Un type étrange, sombre violent, usant de méthodes peu réglementaires mais efficaces. Pour Spadaccini, un truc ne colle pas : le tireur a assassiné neuf personnes avec une rapidité record et avec des angles de tir improbables voire impossibles pour tout tireur normalement constitué. Et ça lui rappelle un autre meurtre à notre enquêteur : celui de J. F. Kennedy. Persuadé que ce super tireur a reçu une formation militaire hors norme, Spadaccini va remonter une piste qui le conduit jusqu’à une société secrète aux ramifications mondiales et aux projets démentiels. Mais, plus il progresse dans ses recherches, plus il s’enfonce dans une histoire sombre et complexe qui fait remonter à la surface des souvenirs effrayants de sa propre jeunesse.
Une ambiance noire très réussie, un rythme haletant, des dialogues ciselés et crus, et des silences bien placés. Les différents personnages sont très cohérents et les zones d’ombres qui entourent Spadaccini se dévoilent progressivement au fil des albums. L’excellent dessin accentue le côté glauque du scénario et le découpage dynamique lui donne un rythme cinématographique. On est totalement immergés dans cette histoire. A l’inverse, les scènes dans le désert américain sont lumineuses et saturées de soleil. Elles offrent une pause au lecteur et ça fait du bien avant de replonger dans l’action. Un gros coup de cœur !
4 + 0.5 pour la pédagogie
Un mélange réussi de BD, documentaire et collage photos. Pas très attirant au feuilletage mais les prix et les avis poussent la curiosité plus loin.
Et ça fait mouche. Ce qui pourrait n'être qu'une "bande dessinée" devient un témoignage du quotidien de MSF et des populations impactées par la dureté de la guerre. Le récit prend le temps et s'adapte à la vitesse du convoi qui sillonne lentement entre les espaces isolés où chaque rencontre peut changer le cours des choses. On découvre des coutumes en même temps que le photographe, on est confronté aux chocs qu'il subit mais aussi aux belles âmes qu'il côtoit.
Un ouvrage qu'il faudrait fournir à tous les collèges et lycées pour expliquer un large spectre de problématiques mais aussi de découvertes. Et peut-être faire naître de belles vocations.
Le documentaire DVD de la cheffe de mission est un formidable complément qui met en image ce que l'on a lu et apporte un second point de vue. Et rend encore plus nécessaire l'achat.
4.5
Avec un duo d'auteurs de cette trampe, on ne prend pas beaucoup de risque en se lançant dans ce gros album (qui aurait pu être vendu en plusieurs tomes comme les 3 parties composant le récit; top pour éviter la frustration des délais de parution), graphisme et narration tapent très haut.
Et chose rare, on le relit pour reprendre de zéro et voir si tout correspond avec la fin. Et on le relit rien que pour admirer ces belles planches colorées. Et on le relit en raison du bon souvenir avant de le prêter à quelqu'un en le prévenant bien de ne pas feuilleter l'album pour ne pas gâcher le plaisir.
Car oui, c'est un plaisir de suivre ce filou attachant qui vous attacherait pour mieux vous détrousser. Et encore plus grâce à Ayrolle qui adopte un style moins lyrique et bavard que d'autres séries qu'il a écrites.
Et en plus, la couverture est si belle que vous pourriez encadrer l'album et le suspendre.
Un vrai bijou. C'est curieux que cette bd n'ait pas trouvé son public à l'époque.
La saga de Tolkien commençait à devenir populaire et l'auteur s'est vraisemblablement inspiré de l'intrigue première. Il s'agit ici de boules vertes créées par le mage le plus puissant et savant du monde, et qui confèreront l'immortalité à qui saura en réunir trois.
Tout y est, l'ambiance médiévale, la forêt hostile, une cité fortifiée, des boutiques obscures, des magiciens, des chats noirs, des chouettes, un bûcheron, une sorcière, un lutin, un dragon gardien du trésor... et bien sûr un méchant qui veut s'approprier une dernière boule verte pour pouvoir répandre le mal. Et avec tous ces ingrédients imposés de la fantasy classique, l'auteur arrive à nous servir une histoire complètement originale.
La saga de base se déroule sur les 5 premiers tomes de la série. Chacun recèle une intrigue et une ambiance différentes et l'ensemble est parfaitement cohérent. J'aime particulièrement le premier avec la traversée de cette forêt mystérieuse et bien sûr le dernier, « Le rire de la sorcière » qui conclut cette saga de façon magistrale, et où on est invités à comprendre des détails curieux de l'aventure, c'est fichtrement bien fait.
Et le tome 6, décliné en hors série, est véritablement une petite pièce d'horlogerie avec sa précision. Deux histoires en une, dans un face à face millimétré, un régal. Pour le spin-off des deux derniers tomes, « Guilio et le drôle de monde », on y a ajoute une cartomancienne et quelques créatures infernales. L'histoire est drôlement bien construite également, j'aime beaucoup.
Quant au dessin, et bien c'est tout ce que j'aime. Une ligne claire des plus classiques, je la trouve très élégante et diablement efficace. Je conçois que le dessin et la colorisation puissent paraître ringards, pour moi ce style est indémodable et restera dans les parangons la bd. Il n'y a qu'à admirer les paysages sublimes, et tout particuliurement la cascade du bout du monde, une tuerie...
5 étoiles sans hésitation.
Un chef d'œuvre !
Une très très belle adaptation du roman de Bram Stoker.
Dracula est un roman épistolaire publié en 1897.
Je vais faire court, je n'ai plus grand chose à ajouter aux posts ci-dessous.
Bess a fait le choix d'y rester fidèle et cela est tout à son honneur. Comment captiver le lecteur quant on en connaît l'histoire ? Par une narration tout en finesse et par un dessin hypnotisant.
Il retranscrit à merveille ce qui en fait l'âme : le désir de la vie éternelle, l'amour et les limites entre l'homme et la bête. Des thèmes qui le feront entrer dans la culture populaire.
Le dessin mais peut-on encore parler de dessin ?
Un noir et blanc majestueux.
C'est tout bonnement une gifle visuelle que j'ai reçu dès la découverte des premières planches.
Un trait précis, soigné avec un grain de folie. Du réalisme avec une touche de gothique. Époustouflant.
Une mise en page innovante.
Bess a ce don de pouvoir rendre beau le hideux, regardez le comte Dracula.
Un sans faute, coup de cœur et 5 étoiles.
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La Bibliomule de Cordoue
Quelle incroyable livre que voilà. Tout d'abord l'objet en lui-même est beau. Une magnifique couverture qui invite aux voyages dans le temps et dans l'espace. Une tranche rouge qui détonne avec le bleu de la couverture et le bleu des pages qui apporte une continuité entre la première et la quatrième. En bref une très belle édition qui veut rappeler les beaux manuscrits du Moyen-âge. L'histoire s'inscrit à la fin de l'an mille alors que le Califat de Cordoue connaît de grandes mutations politiques notamment. Lupano reprend un évènement historique et le romance, l'adapte avec le brio qui est le sien. Les trois héros sont sympathiques et leurs péripéties burlesques et tragiques. On s'attache rapidement à eux et la résonance finale de l'histoire amène une certaine "morale" comme un conte des mille et une nuits. Le dessin et la couleur s'accorde très bien à l'histoire, on y retrouve les couleurs chaudes de l'Espagne et celles vives de l'Orient. Un album réussi, l'un des grands succès, à juste titre, de cette fin d'année.
Quartier lointain
L'histoire est vraiment très touchante, j'en ai versé quelques larmes. A des moments, on pense savoir ce qui va se passer mais pas du tout ! Je vous le recommande !! Malgré qu'il puisse paraître long je l'ai lu en 1j et demi, et franchement pépite.
Goldorak
Cet album est un véritable trésor. Car c'est le résultat d'une gageure de dimension artistique : une bande d'auteurs confirmés qui se lance dans un nouveau récit d'un de leurs héros d'enfance. J'imagine que tout a été dit sur Goldorak, mais ils ont réussi à en proposer une relecture audacieuse, inspirée mais également profondément respectueuse de l'oeuvre originale. C'est ainsi que cette histoire prend place une dizaine d'années après la fin connue de la série animée. Goldorak et Actarus ont disparu, ceux du Bouleau Blanc ont vu leurs trajectoires diverger... Mais la menace de Véga ressurgit, et avec elle la remobilisation potentielle de la Patrouille des Aigles. Mais nos héros sont fatigués, et se posent beaucoup de questions sur leurs motivations, sur l'origine de la guerre. Ainsi, tout en gardant les caractères et l'ambiance créés par Gô Nagai, ils l'amènent sur de nouveaux chemins, des considérations plus adultes, et surtout promettent de nombreux chamboulements concernant leurs histoires respectives... une prouesse due à Messieurs Bajram et Dorison. Sur le plan du dessin la conjonction des talents de ces trois dessinateurs fabuleux que sont Denis Bajram, Brice Cossu et Alexis Sentenac donne des planches de toute beauté. c'est bien simple, je suis resté scotché par certaines pleines pages, oubliant quelques secondes l'histoire pour regarder le dessin... Tout est absolument parfait. Tout. Même les couleurs de Yoann Guillo arrivent à jouer leur propre petite mélodie dans ce concert symphonique. J'ai été absolument ravi par cette lecture. Merci aux auteurs pour avoir osé mener à bien ce projet carrément fou, et à Gô Nagai pour avoir donné son feu vert pour qu'il soit lancé. Merci, merci, merci.
La Bibliomule de Cordoue
Le père Noël ne s'est pas trompé en déposant cette bd au pied du sapin. Ce récit se déroule sous le califat de Cordoue à la fin du X° siècle. Le calife Al-Hakam meurt, son fils de 11 ans sera sous l'emprise du grand vizir Muhammad Amir, celui-ci va être à l'origine d'un autodafé, l'intégrisme sur fond de pouvoir. Trois héros improbables, Taribe l'eunuque, Lubna la copiste et Marwan le voleur sans oublier ce magnifique animal au caractère bien trempé, la mule. Mule qui sera chargée à ras la gueule des livres sauvés des flammes. Notre brave mule qui fera des misères à Tarib à vouloir dévorer l'abrégé de calcul de Al-Khuwarizmi à chaque occasion. Pourquoi ? Le mystère sera résolu. Commence alors un long pèlerinage qui les mènera vers une fin improbable. Quel plaisir de lire cette tranche d'aventure où la culture, l'histoire et l'humour se mélangent avec tant de finesse. Un conte à mettre dans toutes les mains pour ne pas oublier le pouvoir des livres sur l'obscurantisme. Le dessin de Léonard Chemineau ne pouvait que me plaire étant cheminot. Sérieusement, il est lisible, clair et expressif. De superbes couleurs et une mise en page dynamique. Une volupté. Pas encore culte, mais cinq étoiles méritées.
Goldorak
Magnifique ! les auteurs ont su respecter l’esprit de la série Goldorak tout en créant une œuvre au goût du jour plus moderne. Je mets 5 étoiles et coup de cœur, car la lecture m’a fait replonger dans les émotions de mon enfance. Quel plaisir de revoir Actarus, Vénusia, Alcor, Phénicia, le professeur Procyon et les autres pour clore la série en un superbe bouquet final. L’intrigue fonctionne très bien, il y a beaucoup de bonnes idées. J’ai aimé les scènes d’action et le très réussi golgoth tricéphale. Le choix de 167 pages et le chapitrage sont parfaits, ils permettent de développer l’intrigue au bon rythme ; il n’y a aucun moment de bâclé vite fait comme on en trouve sur les format de 50 pages. Maintenant, il faut s’attaquer à Ulysse 31, le Capitaine Flam, Cobra, Albator, les mystérieuses cités d’or en format franco-belge, allez au boulot ! ;-)
Wonderball
San Francisco dans les années 1980 est la toile de fond d’un excellent thriller, bien construit, bien écrit et qu’on ne lâche pas jusqu’au dernier tome de la série. Tout commence avec un meurtre de masse, en pleine rue. Jusque-là, rien de très original. L’inspecteur Spadaccini, surnommé « Wonderball » - je ne dirai rien de l’origine de ce surnom - est chargé de l’enquête. Un type étrange, sombre violent, usant de méthodes peu réglementaires mais efficaces. Pour Spadaccini, un truc ne colle pas : le tireur a assassiné neuf personnes avec une rapidité record et avec des angles de tir improbables voire impossibles pour tout tireur normalement constitué. Et ça lui rappelle un autre meurtre à notre enquêteur : celui de J. F. Kennedy. Persuadé que ce super tireur a reçu une formation militaire hors norme, Spadaccini va remonter une piste qui le conduit jusqu’à une société secrète aux ramifications mondiales et aux projets démentiels. Mais, plus il progresse dans ses recherches, plus il s’enfonce dans une histoire sombre et complexe qui fait remonter à la surface des souvenirs effrayants de sa propre jeunesse. Une ambiance noire très réussie, un rythme haletant, des dialogues ciselés et crus, et des silences bien placés. Les différents personnages sont très cohérents et les zones d’ombres qui entourent Spadaccini se dévoilent progressivement au fil des albums. L’excellent dessin accentue le côté glauque du scénario et le découpage dynamique lui donne un rythme cinématographique. On est totalement immergés dans cette histoire. A l’inverse, les scènes dans le désert américain sont lumineuses et saturées de soleil. Elles offrent une pause au lecteur et ça fait du bien avant de replonger dans l’action. Un gros coup de cœur !
Le Photographe
4 + 0.5 pour la pédagogie Un mélange réussi de BD, documentaire et collage photos. Pas très attirant au feuilletage mais les prix et les avis poussent la curiosité plus loin. Et ça fait mouche. Ce qui pourrait n'être qu'une "bande dessinée" devient un témoignage du quotidien de MSF et des populations impactées par la dureté de la guerre. Le récit prend le temps et s'adapte à la vitesse du convoi qui sillonne lentement entre les espaces isolés où chaque rencontre peut changer le cours des choses. On découvre des coutumes en même temps que le photographe, on est confronté aux chocs qu'il subit mais aussi aux belles âmes qu'il côtoit. Un ouvrage qu'il faudrait fournir à tous les collèges et lycées pour expliquer un large spectre de problématiques mais aussi de découvertes. Et peut-être faire naître de belles vocations. Le documentaire DVD de la cheffe de mission est un formidable complément qui met en image ce que l'on a lu et apporte un second point de vue. Et rend encore plus nécessaire l'achat.
Les Indes fourbes
4.5 Avec un duo d'auteurs de cette trampe, on ne prend pas beaucoup de risque en se lançant dans ce gros album (qui aurait pu être vendu en plusieurs tomes comme les 3 parties composant le récit; top pour éviter la frustration des délais de parution), graphisme et narration tapent très haut. Et chose rare, on le relit pour reprendre de zéro et voir si tout correspond avec la fin. Et on le relit rien que pour admirer ces belles planches colorées. Et on le relit en raison du bon souvenir avant de le prêter à quelqu'un en le prévenant bien de ne pas feuilleter l'album pour ne pas gâcher le plaisir. Car oui, c'est un plaisir de suivre ce filou attachant qui vous attacherait pour mieux vous détrousser. Et encore plus grâce à Ayrolle qui adopte un style moins lyrique et bavard que d'autres séries qu'il a écrites. Et en plus, la couverture est si belle que vous pourriez encadrer l'album et le suspendre.
La Malédiction des sept boules vertes
Un vrai bijou. C'est curieux que cette bd n'ait pas trouvé son public à l'époque. La saga de Tolkien commençait à devenir populaire et l'auteur s'est vraisemblablement inspiré de l'intrigue première. Il s'agit ici de boules vertes créées par le mage le plus puissant et savant du monde, et qui confèreront l'immortalité à qui saura en réunir trois. Tout y est, l'ambiance médiévale, la forêt hostile, une cité fortifiée, des boutiques obscures, des magiciens, des chats noirs, des chouettes, un bûcheron, une sorcière, un lutin, un dragon gardien du trésor... et bien sûr un méchant qui veut s'approprier une dernière boule verte pour pouvoir répandre le mal. Et avec tous ces ingrédients imposés de la fantasy classique, l'auteur arrive à nous servir une histoire complètement originale. La saga de base se déroule sur les 5 premiers tomes de la série. Chacun recèle une intrigue et une ambiance différentes et l'ensemble est parfaitement cohérent. J'aime particulièrement le premier avec la traversée de cette forêt mystérieuse et bien sûr le dernier, « Le rire de la sorcière » qui conclut cette saga de façon magistrale, et où on est invités à comprendre des détails curieux de l'aventure, c'est fichtrement bien fait. Et le tome 6, décliné en hors série, est véritablement une petite pièce d'horlogerie avec sa précision. Deux histoires en une, dans un face à face millimétré, un régal. Pour le spin-off des deux derniers tomes, « Guilio et le drôle de monde », on y a ajoute une cartomancienne et quelques créatures infernales. L'histoire est drôlement bien construite également, j'aime beaucoup. Quant au dessin, et bien c'est tout ce que j'aime. Une ligne claire des plus classiques, je la trouve très élégante et diablement efficace. Je conçois que le dessin et la colorisation puissent paraître ringards, pour moi ce style est indémodable et restera dans les parangons la bd. Il n'y a qu'à admirer les paysages sublimes, et tout particuliurement la cascade du bout du monde, une tuerie... 5 étoiles sans hésitation.
Dracula (Bess)
Un chef d'œuvre ! Une très très belle adaptation du roman de Bram Stoker. Dracula est un roman épistolaire publié en 1897. Je vais faire court, je n'ai plus grand chose à ajouter aux posts ci-dessous. Bess a fait le choix d'y rester fidèle et cela est tout à son honneur. Comment captiver le lecteur quant on en connaît l'histoire ? Par une narration tout en finesse et par un dessin hypnotisant. Il retranscrit à merveille ce qui en fait l'âme : le désir de la vie éternelle, l'amour et les limites entre l'homme et la bête. Des thèmes qui le feront entrer dans la culture populaire. Le dessin mais peut-on encore parler de dessin ? Un noir et blanc majestueux. C'est tout bonnement une gifle visuelle que j'ai reçu dès la découverte des premières planches. Un trait précis, soigné avec un grain de folie. Du réalisme avec une touche de gothique. Époustouflant. Une mise en page innovante. Bess a ce don de pouvoir rendre beau le hideux, regardez le comte Dracula. Un sans faute, coup de cœur et 5 étoiles.