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Couverture de la série Thorgal
Thorgal

La série Thorgal est la preuve que l'on peut remplir les rayons des hypermarchés tout en faisant de la très bonne qualité sur du long terme. Le pari de départ de Rosinski et Van Hamme n'était pas gagné. Associé du médiéval viking, de la SF et du mythologique pouvait faire naître une série incohérente et un fourre-tout commercial. Grâce à l'intelligence des scénarii, l'écueil a été évité et au final nous avons un héros cohérent entrainant derrière lui tout un groupe de personnages empathiques dont les passés, les présents et les futurs s'imbriquent tel un puzzle fascinant. Le dessin de Rosinski est remarquable du début à la fin. On y retrouve du classique de chez Tintin dans les premiers opus avec les couleurs d'époque. Je retrouve ces traits et colorations avec un brin de nostalgie et j'aime bien. Puis le dessin évolue avec la série l'entraînant dans des peintures plus recherchées. "Les Trois Vieillards du Pays d'Aran" lance dès le T3 l'esprit de la série avec cette association Thorgal- Aaricia dont la solidité du couple sera l'épine dorsale des futures aventures du héros. Thorgal, à moins que ce soit Shaïgan-sans-merci, sera toujours en recherche de son identité. Comme enfant, comme mari ou comme père il affrontera ses doutes et contradictions dans une réalité qui l'éloigne souvent de son idéal. Bien sûr le (mauvais) génie de la série est Kriss de Valnor. Lady Mac Beth de Shaïgan/Thorgal mais dont on ne peut s'empêcher d'admirer sa beauté et sa volonté même au détriment d'Aaricia. Probablement l'un des meilleurs personnages féminins du monde franco-belge. La reprise par Y.Sente des scenarii n'affaiblit pas la valeur de la série. Les épisodes Jolan puis Aniel sont novateurs avec un Thorgal moins présent et vieillissant. Cette exploitation du temps et de l'espace dans la série est remarquable. Je relis les épisodes avec délectation et j'aime autant ceux avec des histoires secondaires comme " le Mal Bleu" ou "La Galère Noire" que les centraux avec Kriss et les enfants comme "Le Sacrifice". Mon préféré ? " La couronne d'Ogotaï" sur la contingence. Un régal

20/03/2022 (modifier)
Par Al Capone
Note: 5/5
Couverture de la série Le Tueur - Affaires d'Etat
Le Tueur - Affaires d'Etat

Au top. La première saison m’avait captivé. Addictif comme certaines séries tv. Le niveau de la 2nde ne déçoit pas. L’univers est plus restreint mais le personnage n’a pas changé: cynique, pro, et portant toujours un regard acerbe et sans complaisance sur l’existence et le monde qui l’entoure.

19/03/2022 (modifier)
Par XIII
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bloodi
Bloodi

J'adore cette série, car elle traite avec humour de sujets graves, et qu'il faut remettre dans le contexte d'époque. C'est l'underground des années 80-90 qui y est (à peine) caricaturé. Un copain qui lisait une des bd de Ouin dans mon salon à reconnu la reproduction graphique de la vision que tu as dans un fourgon de l'administration pénitentiaire, en arrivant à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, on peut reconnaitre aussi le quartier de Barbès, La Chapelle, à travers la vision déformée de l'anti-heros. Les squatts, la drogue dure, les gangs de tarés, les flics alcoolos et la société en général, vus par les yeux d'un punk toxico accro à la dure. C'est gore et toxique, mais moi, j'adore, à remettre dans le contexte d'époque, avec Kebra le Rat de Tramber et Jano, en regardant mon inestimable collection de cartes des "Crados" avec Gudule Pustule et René Morvoné. C'est quand même particulier, on vous parle ici d'un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaitre...

19/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Vei
Vei

J'ai adoré cette lecture. D'abord le livre est très beau. La couverture m'avait tapé dans l'œil. Le dessin est très graphique et coloré. Il y a de superbe pleines-pages qui sont magnifiques. L'histoire se passe dans la mythologie nordique. Foncez si comme moi vous aimez les récits mythologiques. Mention spéciale pour quelques pages au milieu de la BD qui, d'un coup, font une pause dans le récit, pour reprendre toute la génèse de la mythologie nordique. Il est question d'un tournoi entre dieux, dans lequel chaque camp envoie des combattants. Cela pourrait vite devenir redondant, mais l'histoire est très bien équilibrée entre l'intrigue même de ce tournoi; les combats, des histoires familiales; des histoires d'amour... J'ai passé un super moment !

18/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Nouvelles aventures du Chat Botté
Les Nouvelles aventures du Chat Botté

Je soupçonne Nancy Peña d'entretenir un petit autel secret à la gloire de Bastet . Cela expliquerait la place des chats dans son oeuvre et les qualités quasi divines dont elle fait preuve pour nous faire voyager dans son monde merveilleux. Nancy Peña est marquée par l'élégance de son tilde. Elle allie un esprit de finesse à une finesse de trait. Celle-ci est digne de Will Eisner,son ogre du T3 ( "je chausse du 178") vaut bien le monstre de Spirit en pleine page. Celui-là est digne de la meilleure aristocratie littéraire de langue française. Qu'elle use de l'alexandrin ou du patois du terroir , l'auteure ne se prend jamais les pieds dans Racine. Ici l'auteure choisit le registre du conte merveilleux avec un détournement du vocabulaire figuré qu'elle rend propre. C'est créatif, c'est frais, c'est drôle , à mon avis c'est très largement au dessus d un Garulfo pour rester dans le même registre. Dans son oeuvre, l'auteure joue des paraboles, des espaces et du temps tout en se mettant en scène d'une façon d'autodérision. " Et notre chère auteure, que lui réserveriez-vous?- Surtout si c'est sanglant"!!! Oui oui dites nous!! Mais n'est-ce pas Nancy sous les traits de Blanche-Poudre qui s'éveille pour se recoucher aussitôt devant l'absurdité comique de la situation? Une lecture pour "Public averti" LOL!!! même si Patience n'a pas les atouts de la Blanche-Neige de Taboo. Bon, même si vous "n'entendez rien à cette histoire" à cause de ce " fléau de donzelle", l'auteure bien sûr, je vous recommande cette oeuvre hors norme sans me cacher dans un "espace ispassiconique".

17/03/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5
Couverture de la série Frankenstein (Bess)
Frankenstein (Bess)

Après le sublime Dracula que nous avait proposé le sieur Bess, il était forcément attendu au tournant avec cette nouvelle adaptation d'un des grands classiques de la littérature fantastique. Et une nouvelle fois, le résultat est bluffant ! Servi par un noir et blanc toujours aussi époustouflant émaillé de dégradés de gris, Georges Bess, reprend fidèlement le roman gothique écrit par Mary Shelley en 1816. Ce roman marquera à jamais la littérature et l'imaginaire collectif et fait partie à ce titre, avec ceux d'Edgar Poe, des ouvrages qui ont forgé mon goût pour le fantastique et la science fiction. C'est donc un vrai bonheur que de voir ces titres légendaires adaptés sous cette forme de si belle manière. La narration est aussi très réussie. L'utilisation de la première personne est respectée et bien gérée, ce qui permet au lecteur de ressentir l'empathie voulue par l'autrice envers sa malheureuse créature. Je ne m'étalerai pas davantage, Georges Bess réussit une nouvelle fois son pari, grâce à un talent remarquablement exploité pour notre plus grand bonheur.

12/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Musée de l'étrange
Le Musée de l'étrange

Contrairement à l’avis du lecteur précédent, je m’inscris totalement en faux en regard de cette opinion: au contraire, autant sur le fond que sur la forme, j’ai apprécié sans réserve ce chef d’œuvre de la ligne claire qui m’a fait renouer avec un certain âge d’or de la bd classique. De l’aventure, un peu de fantastique, de l’ésotérisme original qui tranche avec un certain conformisme actuel qui n’a d’intérêt que pour les récits à vocation «  progressistes », et le plus souvent, sans saveur, et avec un dessin qui se veut «  novateur » et qui n’a que cet alibi «  bien pensant »pour en dissimuler la laideur. Alors oui, je suis un amateur de la ligne «  claire » qui ne voulait que distraire et faire rêver ses lecteurs avec des scenarii qui se tenaient. Cet album est une authentique réussite qui a ravi le lecteur sexagénaire qui a gardé l’illumination de sa jeunesse.

04/03/2022 (modifier)
Par karibou79
Note: 5/5
Couverture de la série Kililana Song
Kililana Song

Réaliste, mystique, onirique. L'Afrique est à portée avec ses bonheurs et ses malheurs, dans un cadre baigné de couleurs. Certaines pages figeant une situation ou une sentiment sont vibrantes. L'auteur y a-t-il vécu? Je ne sais pas mais je veux y croire. Et si ce n'est pas le cas, tant pis car cette histoire lui a fait prendre forme. Les destins et histoires se croisent et se décroisent dans un endroit où le temps n'a pas la même définition que dans notre monde qui me praît bien fade une fois ce beau récit terminé.

04/03/2022 (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La République du Crâne
La République du Crâne

Depuis 2010, je suis de près le travail du duo Brugeas/Toulhoat notamment avec leur série emblématique Block 109 et ses dérivés sur laquelle je m'étais enthousiasmé. J'avoue, par la suite, avoir été moins réceptif à Ira Dei. Mais là, avec "la République du crâne" je retrouve toute mon âme d'enfance, même si ce one shot s'adresse à un public plus adulte, lorsque je découvrais les films de pirates à la télé. Hasard de mes les lectures, je viens de relire Le Testament du Capitaine Crown et l'incontournable Long John Silver de Dorison et Lauffray est toujours dans mon esprit. Mais c'est sous un regard neuf et nouveau, que Brugeas & Toulhoat nous présentent cette histoire de pirates, loin des trésors enfouis dans des îles inaccessibles, mais plus proches des valeurs humanistes, le tout magnifié par le dessin parfaitement maitrisé de Ronan Toulhoat. Il restitue parfaitement aussi bien les combats navals, que les scènes nocturnes qui sont d'une beauté renversante. Son dessin est tout nettement flamboyant. Mais le point fort de cette bande dessinée réside sans hésiter dans son scénario. Autour de 4 personnages, Olivier de Vannes, la mystérieuse et intrigante Maryam, le flamboyant Sylla et l'insaisissable Abyeda, se retrouvent aussi bien la démocratie, le courage,la fierté, la loyauté et l'humanisme, des qualités souvent très éloignées du monde de la piraterie. En outre, le choix du livre de bord pour nous raconter ce récit est assez audacieux et un pari risqué mais très payant. Cet album de près de 210 pages se lit avec plaisir et envie, et on regrette d'arriver à la chute finale, abrupte et dure . Il faut noter que l'album est suivi d'un dossier assez bien foutu sur l'histoire des pirates, qui m'a appris pas mal de choses. Ce one shot constitue pour moi une des meilleures lectures de cette année, et je suis sûr que je vais le relire souvent. Bref un incontournable que tout amateur de bd se doit de lire.

01/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Sursis
Le Sursis

Gibrat nous propose un récit sous l'Occupation avec un angle fort original. La guerre semble lointaine dans ce coin d'Aveyron et il faut écouter radio-Londres pour se dire que cela bouge quelque part en Europe. Cela ressemble plus à un théâtre où chacun y joue son rôle. Serge en milicien abruti ou Paul en résistant communiste. Mais on continue à se parler ou à jouer aux cartes ensemble puisqu'on est tous presque de la même enfance dans ce petit village. C'est l'apparition tardive des uniformes allemands qui ramènera la froide réalité dans le village. Julien est-il un héros comme Paul ? Un lâche ? Un salaud ? Profite-t-il d'une situation qui le favorise au balcon de son théâtre où il voit sans être vu ? Il pourrait écrire son journal mais il n'est pas Anne Franck. D'ailleurs a-t-il la perception du danger étouffé par ses soucis sentimentaux ? Cet abandon et cette contemplation ne sont pas si désagréables si ce n'est cette jalousie qui le ronge. Actif ou passif ? Peut-être a-t-il besoin de matérialiser les enjeux pour se décider ? Comme le jour où il est parti pour le STO ou quand Paul lui apporte les caisses. C'est le génie de Gibrat qui joue avec notre empathie pour Julien au fil du récit en plus et en moins. Ne nous y trompons pas : garder des armes valait déjà une séance de torture et un peloton en bonne et due forme. J'aime la similitude avec le Spirou d'Emile Bravo, même époque, même trains du destin, même interrogation sur quoi faire. Quand on se croit sur des rails ira-t-on jusqu'au bout ? D'ailleurs la belle Cécile qui dévore Zola préfigure le dénouement de La Bête humaine. Tous ces destins qui se croisent ! Le dessin de l'auteur magnifie son excellent scénario. Les décors sont superbes et le village est un personnage en lui-même. Tous ces gestes du quotidien dans la cuisine, dans la chambre sont une exquise capture de moments intimes et uniques. Cette touche de sensualité apportée par la grâce et les robes de Cécile sont un printemps perpétuel. Un vrai régal

01/03/2022 (modifier)