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Couverture de la série Verte / Pome / Mauve
Verte / Pome / Mauve

J'ai eu une très bonne surprise en lisant ces deux albums: Verte et Pome .J'ai une préférence pour le premier opus. Le second est centré sur le personnage très drôle d'Anastabotte mais laisse un peu de côté Gérard et Soufi. Pome en bonne copine n'apporte pas ,à mon avis, la richesse et l'humour d'altérité de Soufi Marie Desplechin nous entraine dans le quotidien d'une petite fille pas si ordinaire. Verte est fille de sorcière mais avec son caractère bien trempé, c'est une particularité dont elle se serait bien passée. Desplechin prend alors le contre-pied de la littérature dominante dans ce domaine. Verte est surtout à la recherche de son identité, recherche de ses origines via son père et d'elle même via son inné. Pour y arriver elle ne pourra pas s'affranchir de la culture familiale. Le trait fin et gracieux de Magali Le Huche met bien en valeur les sentiments exprimés par les personnages. C'est souvent drôle et bien observé. Les relations entre Verte, Ursule sa maman( en conflit) et Anastabotte sa grand-mère ( en complicité) sont vraiment un régal. Des dessins accessibles aux plus jeunes( 8-10 ans), des pleines pages remplies de détails et un lettrage facile rendent l'oeuvre accessible aux enfants. Toutefois certains concepts plus adulte , la tolérance et l'altérité méritent une lecture partagée. Une lecture très agréable lecture qui sera poursuivie bientôt par Mauve que je ne manquerai pas. Avis sur le troisième tome, Mauve : J'attendais avec impatience la parution du troisième volet des adaptations des romans de Marie Desplechin. Je ne suis pas déçu du tout du tout. C'est un peu normal quand le roman d'origine est le meilleur roman jeunesse de son année. Verte et Pome étaient une gentille mise en place d'un monde de sorcières transparentes et intégrées dans un univers très réaliste . Les thématiques de l'identité, du respect de ses origines et de l'affirmation de sa culture ou de sa personnalité y étaient dominants. Ici Desplechin invite ses jeunes lecteurs a changé de braquet. La réflexion sur la violence banalisée est omniprésente. On glisse d'une thématique du harcèlement des cours de récréation tout doucement vers de l'épuration ethnique. Toute l'intelligence du récit est de montrer l'insaisissable que ce soit pour les victimes et pour les bourreaux. Contre qui se battre? Comment prendre de la distance vis à vis des paradigmes de foules haineuses? Comment se défendre et défendre ceux que l'on aime quand le droit semble aveugle ou inopérant? Ici point de cape, de balais ou de baguettes magiques mais plutôt une ambiance d' autodafés ou de bûchers. Le dessin de Magali Le Huche sans l'air d'y toucher m'a collé aux personnages. Les sentiments d'angoisse, de désespoir, de peur et de révolte y sont admirablement peints dans les mimiques de nos gentilles sorcières. Son découpage est astucieux alternant les doubles pages apaisantes et les pages aux cadres petits qui multiplient la frénésie irréfléchie . Des murs, des espaces clos des foules qui se referment sur nos victimes amplifient ce sentiment de réduction des espaces de liberté. Si Mauve est le personnage central, elle n'apparait presque pas et n'a pratiquement aucune ligne. Chez les gentils point de super héros, c'est l'esprit solidaire de l'équipe qui pourra faire face. Jusqu'à quatre pages de la fin le dénouement aurait pu être autre sans que le récit n'en soit perturbé. Pour moi c'est une très bonne œuvre pour la Jeunesse qui permet de partager sur des thèmes fondamentaux avec un côté attractif et récréatif plaisant sans être moralisateur.

12/03/2022 (MAJ le 20/04/2022) (modifier)
Par Solo
Note: 5/5
Couverture de la série Médée (Le Callet / Peña)
Médée (Le Callet / Peña)

Alors là... Une découverte qui restera dans ma mémoire. Blandine Le Callet et Nancy Pena ont créé une série magistrale. (Lecture de la version intégrale) De base, les récits mythologiques m'attirent beaucoup et je les trouve très inspirants. Plus jeune, j'ai regardé plusieurs dizaines de fois "Jason et les Argonautes" (1963) et je peux le revoir sans déplaisir. Alors pensez-donc : retrouver la bande à Jason à travers l'histoire de Médée, cette femme traversant les âges et les contrées de la Grèce, se retrouvant (malgré elle) connectée à bon nombre d'autres personnages antiques et légendaires, c'est le pied! D'autant que chaque rencontre est une opportunité saisie par Le Callet pour y introduire un épisode mythologique connexe, sans qu'il ne passe comme simple anecdote mais bien comme un ruban nouant les liens de causes et d'effets entre les histoires. Tout cela est subtilement construit. Alors que je suis friand des postfaces qui remettent les choses dans leur contexte, je n'ai pas encore pris le temps de lire celle qui se trouve dans cet intégrale mais ça n'est que du bonus bon à prendre! Mais ce qui est encore plus appréciable, c'est la qualité de retranscription. Cette série est le fruit d'un travail de documentation titanesque. Je me suis amusé à prendre quelques pauses pour vérifier la véracité de certains passages, et il n'y a quasiment aucune incohérence! Il y a seulement la partie où Médée tue "accidentellement" son frère, dont le corps est découpé par les argonautes pour retarder les poursuivants colchidiens. Apparemment, le récit originel semble raconter que c'est Médée qui aurait agit de son propre chef. De manière générale, Le Callet a souhaité donné à Médée une image plus "humanisante" dans le but d'accentuer certainement la tragédie grecque. Et là encore, c'est une vrai réussite: le dramaturgie pèse énormément, et on la ressent ! Certains aviseurs ont apprécié l'approche moderne du récit. Et je suis tout à fait en phase avec cette critique. Les dieux sont démystifiés, tout cette histoire est une affaire d'hommes et de femmes. Aussi, choisir de s'y concentrer permet de donner un nouveau souffle à ces récits (sur)exploités depuis tellement d'années. Une originalité vraiment bienvenue! Le côté réaliste ouvre également la porte à de nombreux thèmes qui font encore échos dans notre monde moderne : la question de l'indépendance de la femme dans la société, les stratégies du pouvoir et les relations/contraintes diplomatiques, les engagements et les trahisons, l'amour et la vengeance, la tolérance réservée aux étrangers, le pouvoir d'influence sur les populations... Tout cela dresse un tableau fouillé sur le fonctionnement de nos civilisations et de la psychologie humain, bien que l'ensemble est exploité ici à des fins dramatiques. Ce dessin est également parfait pour moi et m'a permit de ne jamais buter. Bien au contraire, le trait fin est vraiment super agréable. On profite de tout un environnement riche et détaillé, nous permettant ainsi de plonger dans l'univers grecque de l'époque. Je m'avance sans trop savoir car je ne connais pas les différences d'architectures et de modes vestimentaires qu'il pouvait y avoir entre les régions, mais il m'a semblé que l'ensemble était un peu trop homogène à mon goût, alors qu'on est envoyé de royaume en royaume. J'aurais également apprécié plus d'éclats au niveau des vêtements, dont les couleurs m'apparaissent un peu fades parfois. Mais ces petites imperfections sont purement subjectives et ne retirent en rien la qualité graphique de cette série, que je trouve rigoureusement réussie du début à la fin. Une très grande série que vous devez vous procurer et qui se trouve dans ma (longue) liste d'achats. A garder près de soi, les relectures ne manqueront pas de nourrir le plaisir, que celui-ci soit porté par la thématique qui retiendra notre attention ou par un épisode mythologique que nous aurons envie de connaître en particulier.

18/04/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Complot
Le Complot

La lutte contre l'antisémitisme est sans fin et Will Eisner y a consacré une grande partie de son oeuvre. Voilà une oeuvre unique dans le monde de la BD/Comics. On pourrait presque la considérer comme un travail universitaire mis à la disposition du grand public. C'est sûrement ce que c'est d'ailleurs. Mais ce travail n'est pas orienté contre n'importe quoi, mais contre l'arme probablement la plus néfaste et la plus diabolique conçue par un homme, Mathieu Golovinski. Incontestablement, les effets induits par la diffusion et de la lecture "des protocoles des Sages de Sion" ont fait probablement plus de victimes que l'arme atomique. Il serait dangereux de sous-estimer ou de moquer le "travail" de Golovinski. Celui-ci a été si efficace que les protocoles réapparaissent encore de nos jours. Eisner démontre la genèse du texte et prouve (il ne fut pas le premier) que ce texte n'a jamais eu pour origine une communauté israélite soi-disant malveillante mais qu'elle était un faux fabriqué par des antisémites. Ce faux document a permis de focaliser les haines sur les pauvres communautés juives en Russie puis à travers le monde. La démonstration est éclatante, avec des preuves irréfutables et un travail scientifique d'historien sans faille. Les protocoles ont été dénoncés par tous les gouvernements du monde. On pourrait croire l'histoire pliée et le sinistre livre relégué aux poubelles de l'histoire après une première dénonciation du "Times" puis du Sénat Américain et pourtant... Si Eisner a senti le besoin d'ajouter son clou au cercueil c'est que la bête est toujours prête à resurgir. Pourquoi ? Eisner le montre très bien en deux endroits : l'épisode des nazis interviewés par le journaliste et lorsque Eisner interroge des étudiants antisémites sur un campus. Hélas, Eisner conclut sur la vigilance car sa forte démonstration prend en compte le paramètre humain de l'irrationnel qui a besoin d'un cadre déculpabilisant que lui procure les protocoles. Je trouve la démonstration d'Eisner à la fois géniale et terrifiante. Evidemment pour une fois son sublime trait passe au second plan mais Eisner est un maître pour rendre fluide et accessible les histoires les plus complexes. Son immense talent aide à la progression d'une lecture parfois pas si facile. J'ai un seul regret dans cet ouvrage. Eisner pour démontrer le plagiat a été contraint de publier une partie des protocoles en face du texte de Maurice Joly. C'était presque obligé mais c'est rendre accessible à tous ce texte infâme des protocoles qui est empoisonné. C'est donc une lecture difficile qui doit obligatoirement être encadrée par des gens compétents, notamment pour les jeunes.

12/04/2022 (modifier)
Couverture de la série It's not a Piece of Cake
It's not a Piece of Cake

Mon vocabulaire louangeur va finir par s'étioler à force d'aviser les oeuvres de Nancy Peña. Comme l'avis de Jerem je trouve que c'est l'opus le plus abouti de la trilogie (en cours ?) du Chat du Kimono. Nancy est-elle de ces auteur(e)s qui surfent sur un succès pour nous faire un remake bien commercial ? Et bien non messieurs !! Comme un train peut en cacher un autre pour se le prendre en pleine figure, un second défi culinaire peut cacher une histoire bien différente et plus élaborée à mon goût. Les ressorts sont classiques mais si bien construits, enchaînés et présentés que Conan Doyle a dû en frémir d'aise dans sa tombe. Je ne dirai rien de plus de ce superbe scénario. Les dessins sont au même niveau, racés, fins, élégants et toniques. Nancy Peña y ajoute sa poésie, sa culture et son humour dont je raffole. A lire, à offrir et à faire connaître comme toute son oeuvre.

06/04/2022 (modifier)
Couverture de la série La Fille dans l'écran
La Fille dans l'écran

J'ai lu cette BD car j'avais adoré Goupil ou face de Lou Lubie. Encore un gros coup de cœur pour moi ! On commence la BD en connaissant presque déjà la conclusion de l'histoire, la couverture étant assez explicite, donc ça n'est finalement pas tant le dénouement qui est intrigant, mais le parcours qui mènent les deux protagonistes à se rencontrer. On s'attache instantanément aux deux personnages, qu'on a envie de voir sortir de leurs routines et de leurs brides, pour enfin s'épanouir. Le concept de la BD est que les histoires des deux personnages sont racontées en même temps; l'une en France, l'autre au Québec; l'une sur les pages de gauche, l'autre sur les pages de droite. Chaque personnage est dessinée par une auteure différente. Il y a donc un vrai travail sur le dessin pour que les histoires s'entremêlent. Gros coup de cœur pour le dessin, qui comme dans Goupil ou face, est truffé de petites perles d'ingéniosité: les pages de gauche interagissent avec les pages de droite; le jeu des couleurs participe intégralement à l'histoire... Bref, je recommande vraiment !

03/04/2022 (modifier)
Couverture de la série Jeremiah
Jeremiah

100ème avis Et pour fêter l’événement, je voulais du lourd, un truc qui m’a marqué et que je continue à suivre comme par exemple Jeremiah et ses 38 albums au compteur. Une des rares séries (avec autant de tomes) que je possède dans son intégralité et en 1ère édition (le cauchemar des collectionneurs pour l’harmonie ^^). Découverte à 12 ans (17 tomes parus) grâce à un oncle bedephile éclairé (je ne le remercierais jamais assez), une claque !!! cette série ne m’a plus jamais quitté depuis. J’adore le personnage de Kurdy Malloy, son look, sa mentalité ... le sidekick parfait pour contrebalancer ce boy-scout de Jeremiah (qui le deviendra de moins en moins avec le temps). Chaque album nous propose une histoire complète où l’on suit nos 2 héros dans un monde post apocalypse en reconstruction. Forcément sur la longueur, l’ensemble des aventures ne se valent pas toutes, certains derniers tomes n’étaient clairement pas indispensables. Mais je reste très très attaché à cette série qui m’a bercé. Je l’ai lu, relu et re relu etc ... Cette série retrace également l’évolution de son auteur au fil des ans, Hermann en tant qu’auteur complet en jette. Tout n’est pas parfait mais reste absolument culte pour moi. Certains albums sont dans mon top ultime perso, c’est ce genre de série qui m’a fait franchir un pas et qui a entériné mon amour pour le 9ème art. Merci tonton :)

28/03/2022 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5
Couverture de la série L'Âge d'eau
L'Âge d'eau

Benji avait fait très fort avec Kililana Song. Dessins d'une maitrise monstrueuse, personnages travaillés et profonds... Mais il a pu décevoir, parfois, comme avec Essence, qui tournait un peu à vide dans l'attente de la panne sèche. Et puis voilà que sort ce premier tome de l'Age d'eau que j'attendais avec une fébrile impatience qui a été plus que comblée. C'est tout bonnement très très très bon. Rien à ajouter quant à son trait qui serait parfait si la perfection était de ce monde. Pas davantage au sujet de ses personnages, toujours aussi hantés. Le scénario est prenant, on a envie d'en savoir plus, et on est frustré quand arrive la fin de ce premier volume, ce qui est bon signe. Flao agrémente son récit de larges planches poétiques, reflets des réflexions de cet énigmatique chien bleu qui accompagne nos protagonistes dans leurs pérégrinations. On pourra s'interroger sur la pertinence de ce petit truc narratif, mais le toutou apporte selon moi un regard extérieur sur le comportement des Hommes, et on en saura sans doute davantage dans le second tome, mais surtout, il symbolise notre part d'animalité, notre nécessaire reliance à la nature et au cosmos, ce que cette soudaine montée des eaux évoquée dans cette histoire (et qui est en cours dans le réel) fait précisément resurgir avec une actualité accrue.

24/03/2022 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kent State, quatre morts dans l'Ohio
Kent State, quatre morts dans l'Ohio

Obligé de poster un avis. Déjà, tout ce qu'a fait Derf Backderf jusqu'à présent est juste excellent. Ensuite, Kent State est sa meilleure BD à ce jour. C'est également la plus documentée. Et voilà !

24/03/2022 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Petar & Liza
Petar & Liza

Miroslav Sekulic-Struja a réalisé quelques années auparavant ce diptyque détonnant et sombre qu'est Pelote dans la fumée, injustement ignoré du grand public, et puis plus rien. Nous étions alors en 2013. Neuf ans, rendez-vous compte ! Entre temps, l'homme semble s'être consacré à sa carrière de peintre, délaissant temporairement le 9eme art. Il revient avec ce pavé réjouissant (et un peu moins sombre). D'abord, son dessin est encore meilleur. Le contraire eut été étonnant. Dans ce nouveau livre, l'essentiel est conservé, c'est à dire ce qui confère toute l'originalité à son œuvre. En effet, les personnages lunaires envahissent le récit, et le lecteur demeure dans un état de veille surréaliste, oscillant entre songe poisseux et doux cauchemar, si l'on peut dire, traversant des moment de pure rêverie. Parce que ce n'est pas exactement cauchemardesque, ou alors, un cauchemardesque poétique. Miroslav crée un vocabulaire imagé vraiment original qu'il est difficile de définir, comme si la violence de cette société post-moderniste qu'il dépeint lui était inhérente, mais que ses personnages débordant d'une grande tendresse l'évacuaient, refusant sa dictature. D'où, peut-être, cette impression étrange de naviguer parmi une foule de portraits déglingués et d'êtres qui se cherchent tout comme ils cherchent un endroit où vivre pleinement leur bohème, les entraînant inévitablement aux marges. Ainsi, ce sont deux mondes qui se côtoient : celui de cette réalité sordide imposée par les valeurs matérialistes bourgeoise, et à laquelle il est décidemment bien difficile d'échapper, et celui des aspirations à la liberté de tous les rêveurs du monde, dont la plupart constituent les hordes de sacrifiés peuplant les faubourgs oubliés de l'économie de marché, ceux que la bien-pensance nomme pudiquement "les marginaux". On constate également au fil des pages que les ciels sont davantage travaillés, que les couleurs sont moins ternes, que les expressions des personnages sont mieux fixées. La mise en case varie un brin avec de grandes pages muettes et pleines ou des gaufriers irréguliers aux mouvements décomposés, ce qui renforce encore cette impression de fourmillement. Chaque case se savoure et nécessite d'être apprivoiser. C'est un plaisir pour les yeux, ce que j'attends avant tout d'une bonne bande dessinée. Voilà bien une œuvre réellement atypique dans le paysage ! Objet pictural autant que bande dessinée, Petar & Liza est une immersion totale chez les paumés de l'ex-Yougoslavie, les punks, les révoltés, les invisibles, les cabossés de tous poils. Les dessins, pour ne pas dire les peintures, vous gobent tout entier. A mi-chemin entre les tableaux de Bruegel qui fourmillent de détails et ceux du Douanier Rousseau et leur style naïf, Petar & Liza est une ode à la vie, avec ses inévitables malheurs. A quelques jours des élections, moi je mets mon billet à Miroslav Sekulic-Struja pour le prochain Fauve d'or...

24/03/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Incal
L'Incal

Culte tout simplement. Je cherchais une série à aviser dans cette catégorie, L’Incal est le candidat parfait. Ça passe ou ça casse. Avec moi c’est passé, ça passe et ça passera encore, cette série m’a marqué à vie. Je l’ai découverte adolescent dans ses couleurs d’origine, et ne saurait relire une autre version, elles font parties du charme. 6 tomes que j’ai usés à tel point que certaines pages se détachent. Ça fleure bon les années 80 mais ça vieillit très bien. Une œuvre novatrice pour son époque et qui en a inspiré beaucoup d’autres. Le dessin de Moebius y est magistral, des personnages magnifiquement croqués, c’est plein d’inventivité dans les designs et les détails. J’adore. Le scénario n’est pas en reste, ça monte en puissance gentiment jusqu’au final mystique qui personnellement me plaît beaucoup. Nota : c’était alors ma 1ère confrontation avec Jodo, depuis cette marque de fabrique m’use un peu. Ça a et m’a marqué, un univers complètement fou et réussi. Une œuvre qui m’a construit. Ah, cité puits, Deepo, Kill, le Méta-Baron, planète Difool, les Techno, Gorgo le sale, le vaisseau incal ... et évidemment notre détective de classe R, John Difool, magnifique antihéros. Je me rends compte en écrivant ces lignes à quel point je suis attaché à ce personnage de Difool, cette version est complètement magique. Peut être pas un futur incontournable pour un lecteur d’aujourd’hui mais je conseille vivement aux amateurs de sf, c’est plein d’idées et d’énergie. Culte !! mais je l’ai déjà dit.

23/03/2022 (modifier)