Suite à l'avis de Cacal, je me suis plongé dans cette BD qui parle d'un sujet encore bien tabou et si clivant, la prostitution. Et alors là ... Je me suis réservé l'avis pour le 1.000e que je laisse sur ce site, parce qu'il le fallait.
Cette BD est un chef-d’œuvre, cette BD est à lire, à acheter et à offrir ! Parce qu'elle contient tout et que c'est d'une pertinence rare ! Merde, l'auteure à 24 ans et elle est capable de nous pondre ça !
Mais bon, comme à chaque fois que j'aime une BD je m'emballe, commençons par le début et les défauts : cette BD n'est pas une BD. En tant que telle, il n'y a pratiquement jamais de juxtaposition d'images pour leur conférer un sens. C'est avant tout du texte, stylisé et mis en scène, avec quelques images qui servent de support ou d'ajouts. Donc en terme d'art narratif et de narration par l'image, c'est non. Deuxième point, le dessin est pas franchement beau ni particulièrement léché. On sent une certaine volonté très punk dans les représentations mais globalement ça serait assez difficile de le qualifier de beau. Après, il y a des visuels qui marquent plus d'une fois.
Maintenant, le reste. Et là, je suis partisan de dire que c'est parfait ! Une démonstration rigoureuse, claire et précise de son propos. Lequel ? La prostitution, le féminisme, le capitalisme, les normes de genre, la sexualité, la masculinité, le patriarcat, la révolution ... Je m'emballe un poil, mais pour une fois, POUR UNE FOIS, que je lis un traité féministe qui montre justement comment cette lutte pour des droits passe par une lutte contre le capitalisme et des idéologies qu'on nous fourre dans le crane depuis l'enfance. Quelle belle idée, parler de pute pour parler de révolution ! Parce que si tout le monde a un avis sur elles, souvent sans les connaitre, je suis pratiquement certain que déconstruire notre avis sur elles est la clé pour déconstruire bien d'autres choses.
J'ai listé en haut les thèmes que la BD aborde, mais c'est ahurissant de voir à quel point elle a tout lié de manière parfaitement fluide dans son propos et à quel point c'est marquant dans les phrases (c'est catchy !) et dans le déroulé. Je n'ai jamais senti de fabrication artificielle de son propos qui déroule tout naturellement l'argumentaire. Et quel plaisir de lire tant de critiques envers ce que je déteste tant, entre objectivisation des prostituées pour un combat ou un autre, réflexion sur la sexualité et les normes, le travail et le mode de vie, le rapport des genres et la construction sociale de ceux-ci ... Pour ma part, elle a prêché un converti (j'étais déjà bien plus ouvert sur la question de la prostitution suite à des échanges avec des femmes travaillant en tant que TDS) mais je suis tellement content de voir ça. De lire qu'il faut arrêter définitivement ce concours de quéquettes permanent entre hommes, qu'il faut laisser les femmes jouir librement comme elles l'entendent, qu'il faut déconstruire les genres et notre rapport au sexe ... Oui, je suis d'accord, la véritable révolution sexuelle n'a pas encore eu lieu et nous pouvons y arriver !
Je m'épanche, mais je dois surtout me contenir pour ne pas redire tout ce qui est contenu ici. Parce que Klou a fait parfaitement bien son travail, je dois juste dire : courrez le lire, remettez en question vos préjugés sur la prostitution (vous en avez, ne me faites pas croire le contraire), repensez votre sexualité et faisons enfin la révolution des mœurs, celle qui nous laissera tous plus libres et plus heureux !
Peut-être l’œuvre la plus révolutionnaire que j'ai vu publiée ces dernières années. Klou, si tu me lis, de la part d'un hétéréo-cis-blanc, merci, merci merci !
Par quoi commencer lorsque l'on souhaite rédiger un avis sur ce monstre, ce mutant, de la BD ? Peut-être par l'essentiel, à savoir l'émerveillement qui est le nôtre (en tout cas le mien) devant la qualité du dessin, et le talent de son auteur. Tout a déjà été dit à ce propos, mais oui, quel plaisir, parfois même quelle émotion, à regarder ces planches !
Toutes ne sont pas égales bien sûr, mais quand même la maîtrise graphique est remarquable, les couleurs sont souvent bluffantes et ont, la plupart du temps au moins, du sens, un vrai sens. Un peu comme la musique dans Il était une fois dans l'Ouest de Leone, chaque personnage a son propre thème supposé en souligner les caractéristiques. Ici, il en va de même, on suit les personnages, mais aussi leurs humeurs, et les sentiments qui les assaillent grâce également aux couleurs. Cela vient se rajouter aux images, aux scènes dessinées, comme un niveau supplémentaire de communication.
C'est très graphique, très cinématographique, et donc,....même un peu plus.
Cela va d'ailleurs m'amener directement à un autre point qui est, pour moi, essentiel dans ce triptyque, c'est le souci du détail, et les innombrables questionnements et choix faits en amont, avant de décider de telle couleur, de tel angle de vue, de telle ellipse dans la narration. Bref, on sent, non seulement un talent graphique renversant, mais aussi, et ce n'est pas rien, une vraie réflexion, une vraie démarche artistique, à laquelle chacun sera libre, ou non, d'adhérer, bien sûr.
Et puis, pour finir sur ce dessin, l'auteur s''autorise beaucoup de libertés, les planches sont parfois réduites à presque rien, une couleur, et quelques mots (ce qui surprend, et pourra même un peu agacer, je l'entends parfaitement), mais cela vient en contrepoint à tous les autres moments, lorsque ces mêmes planches explosent de richesse et de détails, sur une, ou même deux pages.
Et évidemment, évidemment, comment ne pas penser à philippe Druillet lorsque l'on pose les yeux sur tout ça?
Bien sûr le dessin lui même, certaines formes là, certains détails ici, mais aussi, cette volonté de faire exploser les codes. Le traditionnel gaufrier d'une page ne peut suffire à ce qui va au delà du simple récit d'heroic-fantasy (ce que, pour moi, cette adaptation n'est pas ! Je pense que c'est une erreur de la considérer comme telle), on est au delà de ça, presque dans la représentation d'une cosmogonie (après tout, le héros est bien en quête d'un monde, celui des hommes).
Les choses ne sont pas déstructurées juste par plaisir, ou pour impressionner, non, une fois encore cela fait sens, cela vient accompagner et enrichir l'expérience du lecteur.
Encore une fois, tout à été pensé. Comme cette manière de faire des ellipses, de casser la temporalité dans la narration, le lecteur est (presque) autant submergé, et perdu que son héros, découvrant, avec de grands yeux ébahis, ce qui lui arrive (je laisse le sujet de la dernière partie de la phrase volontairement flou, car, après tout, à qui cette incroyable aventure arrive-telle vraiment ? )
Cette histoire est véritablement ébouriffante, sur la forme comme sur le fond, sans qu'il n'y ait véritablement besoin de suspense, toutes ces grandes quêtes, ces récits mythologiques (on pense ici presque autant à la Völsunga saga scandinave, au Niebelungenlied, le chant original des Niebelungen qu'à la tétralogie de Wagner qui ne sert finalement presque que de support à l'ensemble).
L'auteur parle lui-même d'une adaptation libre, il y a un mélange de noms germaniques et scandinaves, et la fin est une interprétation toute personnelle, donc, on choisit un univers dans lequel on veut évoluer, mais après, une fois encore, on s'accorde beaucoup de libertés, et c'est tant mieux !
Et les reproches dans tout ça ? Je vais aller très vite, parce que je me suis déjà largement laissé emporter par mon enthousiasme, il y en a bien sûr quelques uns. Certains dialogues, et, pour ce qui me concerne, surtout le personnage de Mime qui, au départ au moins, semble peu en rapport avec le reste de l'univers présenté. Même sur un plan graphique (les gros plans sur son visage, et ses yeux...), il y a presqu'un côté un peu comique au début qui me semble être en décalage. Mais là, aussi, tour de force quand même, dans les deux derniers tomes, et plus spécifiquement le dernier, l'ambivalence du personnage, ses tiraillements prennent de l'ampleur, il devient tout à fait autre chose qu'un sidekick, qu'un simple faire-valoir.
Du coup, j'évalue le scénario, les dialogues, etc, en attribuant un 4,5/5.
Mais bien évidemment, pour ce qui me concerne, le dessin valant un bon 6 ou 7/ 5 (!!??), je ne peux décemment pas attribuer une autre note que la note maximale à l'ensemble.
Voilà...., pardon pour la longueur !!
J'ai passé un excellent moment de lecture en accompagnant Simon et ses dindes à travers le Missouri et le Kansas. Je n'ai pas lu le roman de Kathleen Karr mais la série m'a franchement donné envie de le mettre entre les mains de mes enfants.
Je me suis retrouvé plongé dans une aventure à la Tom Sawyer très originale et porteuse de valeurs que je partage. Les autrices ne se contentent pas de faire une pâle copie de Mark Twain mais elles y ajoutent une touche de fraicheur et d'inventivité très agréable. Pour sa première incursion dans le monde de la jeunesse Léonie Bischoff réussit un chef d'oeuvre à la fois dans la fluidité du récit, la profondeur des personnages, le découpage des rebondissements et l'équilibre du récit entre émotions et suspens.
Bischoff réussit à rendre cette atmosphère des pionniers américains qui ont souvent atteint l'impossible grâce à leur courage et une confiance en leurs talents. Pour autant le roman ne tombe pas dans la mièvrerie en soulignant les points sombres de cette période : l'esclavagisme, les massacres et spoliations des Indiens et la violence entre Blancs prêts à toutes les injustices pour quelques dollars de plus.
Le graphisme de l'auteure est parfait pour son public cible. De plus il ne tombe pas dans la facilité d'un standard de l'animation ce qui rend la série aussi très intéressante au niveau du dessin. Le très bon découpage facilite la lecture.
On y trouve des séquences dynamiques avec les personnages, entrecoupées de cartes qui fixent la progression du voyage et de magnifiques pleines pages qui ajoutent une touche de poésie au récit.
La mise en couleur avec toute une gamme de tons pastels très doux complètent avec bonheur un récit vivant et équilibré.
Une oeuvre qui rend joyeux avec une lecture que je n'oublierai pas de sitôt. Un exemple de la très bonne qualité possible en direction d'un jeune public dans une oeuvre qui mixte originalité, valeurs, humour et agrément tout en évitant les clichés moralisateurs.
Un prix angoumois bien mérité.
Franchement génial !
La qualité des dessins de Ledroit est bien là, comme je l'avais aimé dans Requiem !
Le scénario est top, sur un fond de vérité ésotérique et géopolitique, il nous emmène dans les limbes d'une humanité décadente où sont glorifiés partout des célébrités et politiciens honteux !
J'ai lu les 2 albums d'une traite, et j'ai hâte de lire la suite !
A voir les autres commentaires, apparemment on aime ou on n'aime pas, mais je pense qu'il faut, pour l'apprécier, une certaine ouverture d'esprit au monde tel qu'il est vraiment. Sans partir dans le New age à deux balles, je dirais qu'il faut avoir une certaine ouverture de conscience pour l'apprécier.
J'ai vraiment été très impressionné par la construction de cette biographie de Mohamed Ali. 120 pages construites à la manière d'un documentaire vivant et créant une prodigieuse proximité entre le lectorat et les personnages.
J'ai de la famille à Louisville Ky, et j'ai eu l'occasion de visiter le très beau musée dédié au légendaire boxeur de la ville. Sibylle Titeux réussit admirablement bien à faire comprendre la singularité historique du personnage de Ali.
Sa synthèse biographique trouve le juste équilibre entre la complémentarité de l'aspect sportif et de l'aspect politique du jeune homme. Sa construction très aboutie permettra probablement de comprendre pourquoi Ali est un sportif unique et que son titre d'athlète du siècle n'est pas usurpé.
Comme le souligne Mac Arthur dans son avis à une autre époque, dans un autre lieu mais aussi avec une autre technique, et d'autres influences Ali n'aurait pas fait l'Histoire comme on peut le comprendre avec le recul des décennies.
Sybille favorise l'historique à la fiction dans son récit. De plus l'autrice propose une narration qui m'a pris au corps à corps. Cet emploi du "Tu" m'a interpellé puis m'a rendu le personnage d'Ali vivant et amical. Comment pourrait-il en être autrement tellement la personne d'Ali est attachante.
L'autrice ne cache pas certains jugements assez contestables d'Ali quand il rejoint la NOI (Nation Of Islam) mais elle les met en perspective avec l'influence énorme de ses autres décisions très courageuses (insoumission, conversion, générosité) qui auraient pu lui coûter la vie et celles de ses proches.
Titeux réussit la prouesse de montrer que dans un contexte de grande violence (la boxe, le Vietnam, la lutte des droits civiques, la décolonisation) et une parole souvent excessive, Ali a toujours été un grand artisan de paix. D'une manière moins conventionnelle il a sa place auprès de MLK ou de Mandela que l'on croise dans l'album.
Le graphisme de Amazing Ameziane me rappelle celui de Séra dans ses ouvrages documentaires sur le Cambodge. Une proposition très réaliste qui fait intervenir de multiples types d'illustrations : des strips, des affiches, des reprises de photos célèbres ou des portraits aux regards profonds qui annoncent des combats d'un dynamisme inouï dans l'expression de la violence.
Une excellente synthèse pour comprendre l'impact d'Ali dans ces décennies un ouvrage d'une humanité et d'une justesse rare.
Avec les Chroniques de la Lune Noire, la série originelle, ces préquels basés sur les personnages secondaires sont tout bonnement de petites pépites pour les fans de la série comme pour les lecteurs qui la découvriraient seulement maintenant... J'espère sincèrement qu'il y aura encore quelques tomes de prévus, afin d'étoffer encore un peu cet univers déjà tellement riche et séduisant! Un must selon moi! ;-)
Intrigante, frappante, saisissante, remarquable, marquante, il y avait longtemps qu'une bd ne m'avait autant transporté.
Cette adaptation d'une œuvre de Jack London est magistralement réalisée par Riff Reb's.
Décidément, le bonhomme sait y faire, et il met au service de cette œuvre toute la puissance de son trait, qui rend à merveille des personnages âpres, durs. Sa colorisation, encore une fois, est magistrale. Il utilise à perfection la bichromie. Non seulement le résultat est beau, mais en plus elle change selon le fil narratif, participant ainsi pleinement à la narration.
Cet écrin graphique illustre une histoire révoltante et fascinante.
Révoltante parce que les traitements réservés aux prisonniers relèvent de la torture pure et simple. Jack London sait présenter les choses de façon remarquablement convaincante. Aucun des personnages de cet univers carcéral n'est, même de loin, sympathique. Darrel Standing non plus, d'une intransigeance totale, d'une arrogance folle et d'une absence de tact confinant à la sociopathie.
Et cependant, il est impossible cautionner ce qu'on lui inflige.
Fascinante parce que Darrel Standing, s'échappant de son quotidien insupportable par une forme d'autohypnose, pense se souvenir de vies passées. Ces histoires se déroulant à travers toute l'histoire de l'humanité, sont partielles. Toutes sont dures, âpres, cruelles, et pourtant fascinantes.
Résultat de son imagination ou souvenirs de ses réincarnations ? Le lecteur choisira son interprétation.
A la lecture de ce plaidoyer contre des conditions de détention indignes, contre la peine de mort, contre la bêtise humaine, mais aussi pour la fraternité humaine, on ne peut rester insensible.
Le temps qui me sépare de la corde m'est désormais compté. De toutes mes incarnations passées, je ne vous en aurai fait goûter que quelques instants.
Il se trouve que Jack London est mort l'année suivant la parution du "Vagabond des étoiles". Sans cela, que d'histoires aurait-il encore pu nous laisser !
Note réelle : 4,5 / 5, mais je pousse avec plaisir jusqu'à 5.
C'est probablement le premier Comics underground que je lis et je suis probablement aux antipodes de certaines convictions de Guy Colwell mais j'ai été fasciné par la puissance qui se dégageait du message de Inner City Romance.
Si vous voulez vous plonger dans ce que signifie l'esprit 70 du slogan "Sexe, Drogue et Rock'n roll" il faut lire cet ouvrage publié entre 72 et 78. Loin de moi de faire la promotion de l'usage de stupéfiants que Colwell décrit bien comme un poison. Mais ces publications ont fait date et je le comprends.
Ainsi mettre cinq étoiles à cette œuvre qui fut culte en son temps pourra en choquer plusieurs mais cette série fait partie de l'histoire du Comics à côté de celles de Crumb et autres auteurs du genre. Si Colwell reprend les codes de l'underground : drogue, sexualité libre et exposée, critique des violences policières, la singularité de son œuvre est de témoigner de l'univers carcéral et de la culture Afro-Américaine de l'intérieur.
Son insoumission contre son engagement au Vietnam l'a conduit deux ans en prison et le fait passer du Flower Power déclinant à une contre-culture révolutionnaire qui hésite à la violence armée. Colwell, enfant de Berkeley élevé à la non-violence et "ami des ... Afro-Américains" en prison donne la première place à la lutte des Afro-Américains mais souligne le peu de succès de l'action violente quand le père et le fils sont abattus aux portes de la prison.
De même si la sexualité explicite est très présente dans ses récits, Colwell prend le contrepied de ses collègues sur l'image de la femme. Quand James qui sort de prison quitte ses potes (un Blanc et un Noir) qui se défoncent à l'acide avec des prostituées c'est pour écouter le discours d'une militante : "mais il faut que tu saches que si ce type fait le mac et vend du poison dans la communauté, il n'est pas des nôtres."
Inner City Romance me parle beaucoup car il renvoie à une décennie charnière où un ordre établi qu'il soit social, sociétal ou racial est en train de se déconstruire sans que l'on sache ce qui va naître.
Le graphisme de Colwell est à l'image de son message : provocateur. Ses visages tordus, ses traits imparfaits se veulent une représentation de la dure réalité mais aussi d'une vision déformée par l'usage des drogues. L'auteur ne cache rien, de la prostituée qui se pique dans la jambe "pour garder de jolis bras" au couple âgé afro-américain qui copule, puis il nous expose une séance de douches carcérales entre rêve et cauchemar.
C'est peut-être de la production intello mais c'est fait avec les tripes du vécu. À découvrir pour se faire son jugement sur une œuvre très particulière et dont la vitalité n'a pas vieilli.
Enfin une vraie BD, et pas l'illustration d'une histoire racontée par ailleurs ou une démonstration graphique de combats et de violence. La créativité du scénario et les états émotionnels de l'héroïne sont un émerveillement constant et ô combien réaliste . Cela fait longtemps que je n'ai pas lu une BD aussi accomplie.
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Bagarre érotique - Récits d'une travailleuse du sexe
Suite à l'avis de Cacal, je me suis plongé dans cette BD qui parle d'un sujet encore bien tabou et si clivant, la prostitution. Et alors là ... Je me suis réservé l'avis pour le 1.000e que je laisse sur ce site, parce qu'il le fallait. Cette BD est un chef-d’œuvre, cette BD est à lire, à acheter et à offrir ! Parce qu'elle contient tout et que c'est d'une pertinence rare ! Merde, l'auteure à 24 ans et elle est capable de nous pondre ça ! Mais bon, comme à chaque fois que j'aime une BD je m'emballe, commençons par le début et les défauts : cette BD n'est pas une BD. En tant que telle, il n'y a pratiquement jamais de juxtaposition d'images pour leur conférer un sens. C'est avant tout du texte, stylisé et mis en scène, avec quelques images qui servent de support ou d'ajouts. Donc en terme d'art narratif et de narration par l'image, c'est non. Deuxième point, le dessin est pas franchement beau ni particulièrement léché. On sent une certaine volonté très punk dans les représentations mais globalement ça serait assez difficile de le qualifier de beau. Après, il y a des visuels qui marquent plus d'une fois. Maintenant, le reste. Et là, je suis partisan de dire que c'est parfait ! Une démonstration rigoureuse, claire et précise de son propos. Lequel ? La prostitution, le féminisme, le capitalisme, les normes de genre, la sexualité, la masculinité, le patriarcat, la révolution ... Je m'emballe un poil, mais pour une fois, POUR UNE FOIS, que je lis un traité féministe qui montre justement comment cette lutte pour des droits passe par une lutte contre le capitalisme et des idéologies qu'on nous fourre dans le crane depuis l'enfance. Quelle belle idée, parler de pute pour parler de révolution ! Parce que si tout le monde a un avis sur elles, souvent sans les connaitre, je suis pratiquement certain que déconstruire notre avis sur elles est la clé pour déconstruire bien d'autres choses. J'ai listé en haut les thèmes que la BD aborde, mais c'est ahurissant de voir à quel point elle a tout lié de manière parfaitement fluide dans son propos et à quel point c'est marquant dans les phrases (c'est catchy !) et dans le déroulé. Je n'ai jamais senti de fabrication artificielle de son propos qui déroule tout naturellement l'argumentaire. Et quel plaisir de lire tant de critiques envers ce que je déteste tant, entre objectivisation des prostituées pour un combat ou un autre, réflexion sur la sexualité et les normes, le travail et le mode de vie, le rapport des genres et la construction sociale de ceux-ci ... Pour ma part, elle a prêché un converti (j'étais déjà bien plus ouvert sur la question de la prostitution suite à des échanges avec des femmes travaillant en tant que TDS) mais je suis tellement content de voir ça. De lire qu'il faut arrêter définitivement ce concours de quéquettes permanent entre hommes, qu'il faut laisser les femmes jouir librement comme elles l'entendent, qu'il faut déconstruire les genres et notre rapport au sexe ... Oui, je suis d'accord, la véritable révolution sexuelle n'a pas encore eu lieu et nous pouvons y arriver ! Je m'épanche, mais je dois surtout me contenir pour ne pas redire tout ce qui est contenu ici. Parce que Klou a fait parfaitement bien son travail, je dois juste dire : courrez le lire, remettez en question vos préjugés sur la prostitution (vous en avez, ne me faites pas croire le contraire), repensez votre sexualité et faisons enfin la révolution des mœurs, celle qui nous laissera tous plus libres et plus heureux ! Peut-être l’œuvre la plus révolutionnaire que j'ai vu publiée ces dernières années. Klou, si tu me lis, de la part d'un hétéréo-cis-blanc, merci, merci merci !
Siegfried
Par quoi commencer lorsque l'on souhaite rédiger un avis sur ce monstre, ce mutant, de la BD ? Peut-être par l'essentiel, à savoir l'émerveillement qui est le nôtre (en tout cas le mien) devant la qualité du dessin, et le talent de son auteur. Tout a déjà été dit à ce propos, mais oui, quel plaisir, parfois même quelle émotion, à regarder ces planches ! Toutes ne sont pas égales bien sûr, mais quand même la maîtrise graphique est remarquable, les couleurs sont souvent bluffantes et ont, la plupart du temps au moins, du sens, un vrai sens. Un peu comme la musique dans Il était une fois dans l'Ouest de Leone, chaque personnage a son propre thème supposé en souligner les caractéristiques. Ici, il en va de même, on suit les personnages, mais aussi leurs humeurs, et les sentiments qui les assaillent grâce également aux couleurs. Cela vient se rajouter aux images, aux scènes dessinées, comme un niveau supplémentaire de communication. C'est très graphique, très cinématographique, et donc,....même un peu plus. Cela va d'ailleurs m'amener directement à un autre point qui est, pour moi, essentiel dans ce triptyque, c'est le souci du détail, et les innombrables questionnements et choix faits en amont, avant de décider de telle couleur, de tel angle de vue, de telle ellipse dans la narration. Bref, on sent, non seulement un talent graphique renversant, mais aussi, et ce n'est pas rien, une vraie réflexion, une vraie démarche artistique, à laquelle chacun sera libre, ou non, d'adhérer, bien sûr. Et puis, pour finir sur ce dessin, l'auteur s''autorise beaucoup de libertés, les planches sont parfois réduites à presque rien, une couleur, et quelques mots (ce qui surprend, et pourra même un peu agacer, je l'entends parfaitement), mais cela vient en contrepoint à tous les autres moments, lorsque ces mêmes planches explosent de richesse et de détails, sur une, ou même deux pages. Et évidemment, évidemment, comment ne pas penser à philippe Druillet lorsque l'on pose les yeux sur tout ça? Bien sûr le dessin lui même, certaines formes là, certains détails ici, mais aussi, cette volonté de faire exploser les codes. Le traditionnel gaufrier d'une page ne peut suffire à ce qui va au delà du simple récit d'heroic-fantasy (ce que, pour moi, cette adaptation n'est pas ! Je pense que c'est une erreur de la considérer comme telle), on est au delà de ça, presque dans la représentation d'une cosmogonie (après tout, le héros est bien en quête d'un monde, celui des hommes). Les choses ne sont pas déstructurées juste par plaisir, ou pour impressionner, non, une fois encore cela fait sens, cela vient accompagner et enrichir l'expérience du lecteur. Encore une fois, tout à été pensé. Comme cette manière de faire des ellipses, de casser la temporalité dans la narration, le lecteur est (presque) autant submergé, et perdu que son héros, découvrant, avec de grands yeux ébahis, ce qui lui arrive (je laisse le sujet de la dernière partie de la phrase volontairement flou, car, après tout, à qui cette incroyable aventure arrive-telle vraiment ? ) Cette histoire est véritablement ébouriffante, sur la forme comme sur le fond, sans qu'il n'y ait véritablement besoin de suspense, toutes ces grandes quêtes, ces récits mythologiques (on pense ici presque autant à la Völsunga saga scandinave, au Niebelungenlied, le chant original des Niebelungen qu'à la tétralogie de Wagner qui ne sert finalement presque que de support à l'ensemble). L'auteur parle lui-même d'une adaptation libre, il y a un mélange de noms germaniques et scandinaves, et la fin est une interprétation toute personnelle, donc, on choisit un univers dans lequel on veut évoluer, mais après, une fois encore, on s'accorde beaucoup de libertés, et c'est tant mieux ! Et les reproches dans tout ça ? Je vais aller très vite, parce que je me suis déjà largement laissé emporter par mon enthousiasme, il y en a bien sûr quelques uns. Certains dialogues, et, pour ce qui me concerne, surtout le personnage de Mime qui, au départ au moins, semble peu en rapport avec le reste de l'univers présenté. Même sur un plan graphique (les gros plans sur son visage, et ses yeux...), il y a presqu'un côté un peu comique au début qui me semble être en décalage. Mais là, aussi, tour de force quand même, dans les deux derniers tomes, et plus spécifiquement le dernier, l'ambivalence du personnage, ses tiraillements prennent de l'ampleur, il devient tout à fait autre chose qu'un sidekick, qu'un simple faire-valoir. Du coup, j'évalue le scénario, les dialogues, etc, en attribuant un 4,5/5. Mais bien évidemment, pour ce qui me concerne, le dessin valant un bon 6 ou 7/ 5 (!!??), je ne peux décemment pas attribuer une autre note que la note maximale à l'ensemble. Voilà...., pardon pour la longueur !!
La Longue Marche des Dindes
J'ai passé un excellent moment de lecture en accompagnant Simon et ses dindes à travers le Missouri et le Kansas. Je n'ai pas lu le roman de Kathleen Karr mais la série m'a franchement donné envie de le mettre entre les mains de mes enfants. Je me suis retrouvé plongé dans une aventure à la Tom Sawyer très originale et porteuse de valeurs que je partage. Les autrices ne se contentent pas de faire une pâle copie de Mark Twain mais elles y ajoutent une touche de fraicheur et d'inventivité très agréable. Pour sa première incursion dans le monde de la jeunesse Léonie Bischoff réussit un chef d'oeuvre à la fois dans la fluidité du récit, la profondeur des personnages, le découpage des rebondissements et l'équilibre du récit entre émotions et suspens. Bischoff réussit à rendre cette atmosphère des pionniers américains qui ont souvent atteint l'impossible grâce à leur courage et une confiance en leurs talents. Pour autant le roman ne tombe pas dans la mièvrerie en soulignant les points sombres de cette période : l'esclavagisme, les massacres et spoliations des Indiens et la violence entre Blancs prêts à toutes les injustices pour quelques dollars de plus. Le graphisme de l'auteure est parfait pour son public cible. De plus il ne tombe pas dans la facilité d'un standard de l'animation ce qui rend la série aussi très intéressante au niveau du dessin. Le très bon découpage facilite la lecture. On y trouve des séquences dynamiques avec les personnages, entrecoupées de cartes qui fixent la progression du voyage et de magnifiques pleines pages qui ajoutent une touche de poésie au récit. La mise en couleur avec toute une gamme de tons pastels très doux complètent avec bonheur un récit vivant et équilibré. Une oeuvre qui rend joyeux avec une lecture que je n'oublierai pas de sitôt. Un exemple de la très bonne qualité possible en direction d'un jeune public dans une oeuvre qui mixte originalité, valeurs, humour et agrément tout en évitant les clichés moralisateurs. Un prix angoumois bien mérité.
Le Troisième Oeil
Franchement génial ! La qualité des dessins de Ledroit est bien là, comme je l'avais aimé dans Requiem ! Le scénario est top, sur un fond de vérité ésotérique et géopolitique, il nous emmène dans les limbes d'une humanité décadente où sont glorifiés partout des célébrités et politiciens honteux ! J'ai lu les 2 albums d'une traite, et j'ai hâte de lire la suite ! A voir les autres commentaires, apparemment on aime ou on n'aime pas, mais je pense qu'il faut, pour l'apprécier, une certaine ouverture d'esprit au monde tel qu'il est vraiment. Sans partir dans le New age à deux balles, je dirais qu'il faut avoir une certaine ouverture de conscience pour l'apprécier.
Muhammad Ali
J'ai vraiment été très impressionné par la construction de cette biographie de Mohamed Ali. 120 pages construites à la manière d'un documentaire vivant et créant une prodigieuse proximité entre le lectorat et les personnages. J'ai de la famille à Louisville Ky, et j'ai eu l'occasion de visiter le très beau musée dédié au légendaire boxeur de la ville. Sibylle Titeux réussit admirablement bien à faire comprendre la singularité historique du personnage de Ali. Sa synthèse biographique trouve le juste équilibre entre la complémentarité de l'aspect sportif et de l'aspect politique du jeune homme. Sa construction très aboutie permettra probablement de comprendre pourquoi Ali est un sportif unique et que son titre d'athlète du siècle n'est pas usurpé. Comme le souligne Mac Arthur dans son avis à une autre époque, dans un autre lieu mais aussi avec une autre technique, et d'autres influences Ali n'aurait pas fait l'Histoire comme on peut le comprendre avec le recul des décennies. Sybille favorise l'historique à la fiction dans son récit. De plus l'autrice propose une narration qui m'a pris au corps à corps. Cet emploi du "Tu" m'a interpellé puis m'a rendu le personnage d'Ali vivant et amical. Comment pourrait-il en être autrement tellement la personne d'Ali est attachante. L'autrice ne cache pas certains jugements assez contestables d'Ali quand il rejoint la NOI (Nation Of Islam) mais elle les met en perspective avec l'influence énorme de ses autres décisions très courageuses (insoumission, conversion, générosité) qui auraient pu lui coûter la vie et celles de ses proches. Titeux réussit la prouesse de montrer que dans un contexte de grande violence (la boxe, le Vietnam, la lutte des droits civiques, la décolonisation) et une parole souvent excessive, Ali a toujours été un grand artisan de paix. D'une manière moins conventionnelle il a sa place auprès de MLK ou de Mandela que l'on croise dans l'album. Le graphisme de Amazing Ameziane me rappelle celui de Séra dans ses ouvrages documentaires sur le Cambodge. Une proposition très réaliste qui fait intervenir de multiples types d'illustrations : des strips, des affiches, des reprises de photos célèbres ou des portraits aux regards profonds qui annoncent des combats d'un dynamisme inouï dans l'expression de la violence. Une excellente synthèse pour comprendre l'impact d'Ali dans ces décennies un ouvrage d'une humanité et d'une justesse rare.
Les Arcanes de la Lune Noire
Avec les Chroniques de la Lune Noire, la série originelle, ces préquels basés sur les personnages secondaires sont tout bonnement de petites pépites pour les fans de la série comme pour les lecteurs qui la découvriraient seulement maintenant... J'espère sincèrement qu'il y aura encore quelques tomes de prévus, afin d'étoffer encore un peu cet univers déjà tellement riche et séduisant! Un must selon moi! ;-)
Alex et Euréka
Ma série préférée à l'époque et encore maintenant !! Les dessins parfaits , l’ambiance, l'humour ... c'est dingue ! Mon préféré : "Ramula est là"
Le Vagabond des Étoiles
Intrigante, frappante, saisissante, remarquable, marquante, il y avait longtemps qu'une bd ne m'avait autant transporté. Cette adaptation d'une œuvre de Jack London est magistralement réalisée par Riff Reb's. Décidément, le bonhomme sait y faire, et il met au service de cette œuvre toute la puissance de son trait, qui rend à merveille des personnages âpres, durs. Sa colorisation, encore une fois, est magistrale. Il utilise à perfection la bichromie. Non seulement le résultat est beau, mais en plus elle change selon le fil narratif, participant ainsi pleinement à la narration. Cet écrin graphique illustre une histoire révoltante et fascinante. Révoltante parce que les traitements réservés aux prisonniers relèvent de la torture pure et simple. Jack London sait présenter les choses de façon remarquablement convaincante. Aucun des personnages de cet univers carcéral n'est, même de loin, sympathique. Darrel Standing non plus, d'une intransigeance totale, d'une arrogance folle et d'une absence de tact confinant à la sociopathie. Et cependant, il est impossible cautionner ce qu'on lui inflige. Fascinante parce que Darrel Standing, s'échappant de son quotidien insupportable par une forme d'autohypnose, pense se souvenir de vies passées. Ces histoires se déroulant à travers toute l'histoire de l'humanité, sont partielles. Toutes sont dures, âpres, cruelles, et pourtant fascinantes. Résultat de son imagination ou souvenirs de ses réincarnations ? Le lecteur choisira son interprétation. A la lecture de ce plaidoyer contre des conditions de détention indignes, contre la peine de mort, contre la bêtise humaine, mais aussi pour la fraternité humaine, on ne peut rester insensible. Le temps qui me sépare de la corde m'est désormais compté. De toutes mes incarnations passées, je ne vous en aurai fait goûter que quelques instants. Il se trouve que Jack London est mort l'année suivant la parution du "Vagabond des étoiles". Sans cela, que d'histoires aurait-il encore pu nous laisser ! Note réelle : 4,5 / 5, mais je pousse avec plaisir jusqu'à 5.
Inner City Romance
C'est probablement le premier Comics underground que je lis et je suis probablement aux antipodes de certaines convictions de Guy Colwell mais j'ai été fasciné par la puissance qui se dégageait du message de Inner City Romance. Si vous voulez vous plonger dans ce que signifie l'esprit 70 du slogan "Sexe, Drogue et Rock'n roll" il faut lire cet ouvrage publié entre 72 et 78. Loin de moi de faire la promotion de l'usage de stupéfiants que Colwell décrit bien comme un poison. Mais ces publications ont fait date et je le comprends. Ainsi mettre cinq étoiles à cette œuvre qui fut culte en son temps pourra en choquer plusieurs mais cette série fait partie de l'histoire du Comics à côté de celles de Crumb et autres auteurs du genre. Si Colwell reprend les codes de l'underground : drogue, sexualité libre et exposée, critique des violences policières, la singularité de son œuvre est de témoigner de l'univers carcéral et de la culture Afro-Américaine de l'intérieur. Son insoumission contre son engagement au Vietnam l'a conduit deux ans en prison et le fait passer du Flower Power déclinant à une contre-culture révolutionnaire qui hésite à la violence armée. Colwell, enfant de Berkeley élevé à la non-violence et "ami des ... Afro-Américains" en prison donne la première place à la lutte des Afro-Américains mais souligne le peu de succès de l'action violente quand le père et le fils sont abattus aux portes de la prison. De même si la sexualité explicite est très présente dans ses récits, Colwell prend le contrepied de ses collègues sur l'image de la femme. Quand James qui sort de prison quitte ses potes (un Blanc et un Noir) qui se défoncent à l'acide avec des prostituées c'est pour écouter le discours d'une militante : "mais il faut que tu saches que si ce type fait le mac et vend du poison dans la communauté, il n'est pas des nôtres." Inner City Romance me parle beaucoup car il renvoie à une décennie charnière où un ordre établi qu'il soit social, sociétal ou racial est en train de se déconstruire sans que l'on sache ce qui va naître. Le graphisme de Colwell est à l'image de son message : provocateur. Ses visages tordus, ses traits imparfaits se veulent une représentation de la dure réalité mais aussi d'une vision déformée par l'usage des drogues. L'auteur ne cache rien, de la prostituée qui se pique dans la jambe "pour garder de jolis bras" au couple âgé afro-américain qui copule, puis il nous expose une séance de douches carcérales entre rêve et cauchemar. C'est peut-être de la production intello mais c'est fait avec les tripes du vécu. À découvrir pour se faire son jugement sur une œuvre très particulière et dont la vitalité n'a pas vieilli.
Béatrice (Mertens)
Enfin une vraie BD, et pas l'illustration d'une histoire racontée par ailleurs ou une démonstration graphique de combats et de violence. La créativité du scénario et les états émotionnels de l'héroïne sont un émerveillement constant et ô combien réaliste . Cela fait longtemps que je n'ai pas lu une BD aussi accomplie.