Les auteurs ont attiré mon attention. Le titre moins : les histoires fantastiques n'ont pas vraiment ma préférence. La première image m'a intrigué: Salem, décor fin XIXième siècle? Comme dans les fameuses histoires des sorcières?
Dès les premières pages, on retrouve (revoit?) l'émeute populaire contre la sorcellerie, le feu, le juge dépassé par les événements, la haute dame intolérante, etc… On est vraiment dans Salem, pardon, Shaalem, avec une histoire du même genre, mais racontée d'une façon différente, avec la bouteille de "Rhum Letendre" dans le coin.
Puis viens la page 30: le train Brostown-Shaalem nous rappelle que Salem est situé non loin de Boston et donc, nous confirme ainsi notre première impression! Et l'histoire continue, me passionnant de plus en plus pour cette jeune bonne sorcière qui se bat toute seule, avec ses deux amis, contre cette mouvance des méchantes sorcières.
Pour la galerie, il y a même un Magasin général à demi montré, quelque part…!
Et c'est bel et bien une histoire de sorcières, le groupe des méchantes contre une toute petite bonne sorcière, rejetée des siens, on ne sait pourquoi, avec ses deux amis, aussi marginaux dans leur société et qui finissent quand même par gagner dans cette histoire. Et quelle histoire! Et qui, de plus, se déroule dans un décor archi-connu, mais montré d'une façon tellement différente! Et qui nous laisse sur notre faim… Pourquoi cette jeune bonne sorcière avait-elle été rejetée? Est-ce vraiment la fin des méchantes sorcières? Et ce corbeau noir, que l'on voit à la fin de l'histoire, il vient faire quoi, là-dedans? Et pourquoi, à la dernière image, nous renvoit-on en Transylvanie, patrie de la sorcellerie?
Et surtout… pourquoi ce point d'interrogation, juste après le mot "fin?" ?
Vivement le tome 2 du Sarcophage des âmes!
Cette série captivante a su me séduire de bout en bout grâce à son originalité et à son approche narrative ingénieuse. C'est avec un immense plaisir que je lui accorde une note parfaite de 5/5.
Demon nous emmène dans un univers où l'immortalité est au coeur de l'histoire. Notre protagoniste se retrouve pris dans un cycle sans fin de renaissance, où chaque mort le fait réapparaître dans un nouveau corps. Cette prémisse intrigante offre des possibilités narratives infinies, et Jason Shiga les exploite avec brio.
Ce qui rend Demon si unique, c'est la façon dont l'auteur utilise des schémas, des diagrammes et des illustrations simples pour guider le lecteur à travers l'histoire. Cette approche visuelle est tout simplement brillante. Elle permet une immersion totale dans le récit et offre une expérience de lecture interactive et stimulante. J'ai adoré résoudre les énigmes et suivre les pistes visuelles astucieusement disséminées tout au long de la bande dessinée.
L'humour noir et les réflexions philosophiques présentes dans Demon ajoutent une profondeur supplémentaire à l'histoire. Les questionnements existentiels auxquels le personnage principal est confronté sont habilement explorés, sans jamais alourdir le récit. Cette subtile combinaison d'éléments comiques et introspectifs rend la série à la fois divertissante et profondément réfléchie.
Dès les premières pages, j'ai été happé par les dessins détaillés et méticuleux de Schuiten. Chaque case est un véritable chef-d'oeuvre architectural, où les bâtiments et les villes prennent vie avec une précision et une imagination époustouflantes. L'attention portée aux moindres détails crée une immersion totale dans cet univers singulier.
Mais ce qui m'a vraiment séduit, ce sont les scénarios brillamment construits par Peeters. Chaque album est une exploration profonde de thèmes complexes tels que l'architecture, l'urbanisme, la mémoire et l'identité. Les récits sont à la fois philosophiques et captivants, nous plongeant dans des intrigues énigmatiques et des mystères urbains fascinants.
L'atmosphère des "Cités obscures" est tout simplement envoûtante. On se retrouve dans des villes étranges, à la fois familières et énigmatiques, où l'architecture joue un rôle central. Chaque page nous pousse à explorer ces contrées imaginaires, à nous perdre dans les ruelles sinueuses et à admirer les paysages urbains à couper le souffle.
Ce qui rend cette série encore plus mémorable, c'est la profondeur des personnages. Chaque protagoniste est complexe, avec ses propres motivations et histoires personnelles. Leurs interactions sont riches en émotions, ajoutant une dimension humaine et émotionnelle à cet univers fantastique.
Cette BD est une oeuvre d'art à part entière. La combinaison des dessins de Schuiten et des scénarios de Peeters crée une expérience visuelle et narrative unique. Cette série est un incontournable pour les amateurs de bande dessinée qui cherchent à être transportés dans un monde complexe et captivant.
Je dois dire que "Garulfo" est une véritable pépite. Cette série créée par Alain Ayroles et Bruno Maïorana a su captiver mon attention et me faire passer un moment inoubliable.
L'histoire de "Garulfo" est à la fois drôle et captivante. Elle raconte les péripéties d'un crapaud ordinaire qui se retrouve transformé en prince charmant. Ce conte de fées revisité est riche en rebondissements et en humour, ce qui rend la lecture extrêmement divertissante.
Les illustrations de Bruno Maïorana sont tout simplement magnifiques. Son style artistique coloré et expressif donne vie aux personnages et aux décors. Chaque planche est un véritable régal visuel, avec des détails minutieux et une mise en page fluide qui facilite la lecture.
Ce qui m'a particulièrement plu dans "Garulfo", c'est sa capacité à aborder des thèmes profonds tout en restant accessible à un large public. La question de l'apparence et de l'importance de la véritable nature intérieure est traitée de manière subtile, offrant ainsi une réflexion enrichissante.
En conclusion, je ne peux que donner la note maximale à "Garulfo". Cette bande dessinée allie un scénario captivant, des illustrations superbes et un message subtil.
Alsacienne, amatrice d’histoire, cette BD fut un cadeau très sympathique, merci à la personne qui me l’a offerte alors qu’elle lui appartenait à la base, enfin bon passons à l’avis !
Cette BD nous narre l’histoire de Marcel Grob qui en 2009 se fait emmené via une procédure assez discutable, dans le bureau d’un juge plutôt détestable. En effet Marcel Grob doit pouvoir prouver qu’il était bien un « malgré-nous », les Alsaciens et mosellans incorporés de forces dans l’armée allemande, et non un volontaire.
Il est intéressant de voir une bande dessinée traitant de ce sujet tout en évoquant aussi à quel point une guerre est traumatisante, autant pour les civils que pour les soldats, autant dans un camp que dans un autre. Marcel Grob incorporé à seulement dix-sept ans a été témoin de choses abominables et fut même forcé de tuer des personnes innocentes. Sa jeunesse fut en quelque sorte gâchée, car il est sûr qu'en sortant d’une guerre, on a changé.
Les personnages sont très attachants, on remarque que ces jeunes soldats se chamaillaient ou parlaient un langage familier entre eux, puis un contraste important est créé quand ils sont pour la première fois confrontés à la violence de la guerre.
Le dessin est très beau, la colorisation change entre le présent et le passé ce qui est une très bonne idée.
L’émotion est présente dès le début avant même que l’histoire commence, une citation, un moyen de dire aux jeunes Européens à quel point ils ont la chance de vivre en paix mais aussi qu’ils ne doivent en aucun cas oublier le passé pour autant.
Dès les premières pages, j'ai été immergé dans un monde dystopique à couper le souffle. L'intrigue se déroule dans une société divisée entre les riches habitants de Zalem, la cité suspendue, et les pauvres survivants de la décharge, en bas. Cette disparité sociale est brillamment dépeinte et contribue à créer une atmosphère sombre et captivante. J'ai été immédiatement happé par l'injustice et la lutte constante pour la survie dans cet univers impitoyable.
Le personnage principal, Gally, est un véritable bijou de cette série. En tant que cyborg aux traits humains, elle incarne parfaitement le thème de l'identité et de l'humanité. Son parcours de découverte de soi, alors qu'elle lutte pour retrouver sa mémoire perdue, m'a profondément ému. Sa détermination, son courage et sa force intérieure font d'elle une héroïne inoubliable.
Les scènes d'action dans "Gunnm" sont tout simplement incroyables. Les combats de cyborgs sont si bien chorégraphiés et visuellement saisissants que j'avais l'impression d'être témoin de véritables batailles épiques. Les dessins de Yukito Kishiro sont d'une qualité exceptionnelle, avec des détails minutieux et une expressivité qui donnent vie à chaque personnage et à chaque scène.
Ce qui rend "Gunnm" encore plus spécial, c'est sa capacité à aborder des questions profondes et à susciter la réflexion. Les thèmes de l'identité, de l'humanité, de la technologie et de l'éthique sont intelligemment entrelacés dans l'histoire, ce qui soulève des questions pertinentes sur notre propre société.
À la lecture d'avis aussi divergents je trouve assez amusant que les aventures du petit lapin et de ses amis soient aussi clivantes.
Perso, j'ai découvert une série qui m'a beaucoup plu. J'ai lu la série de Trondheim comme un véritable essai moderne sur l'amitié.
Le fait de se retrouver dans des époques et des contextes différents confère au récit une valeur universelle assez intéressante.
Ces quatre amis et Nadia qui prennent la vie comme elle vient avec leurs personnalités si différentes sont bien touchants et drôles à mes yeux.
J'ai trouvé un fort côté poétique dans ces situations banales du quotidien qui cachent souvent des questionnements moraux et philosophiques.
Richard, Pierrot et Lapinot abordent chacun à leur manière des questions existentielles profondes : Dieu, la mort, l'éthique, la justice et l'amour parcourent les épisodes de la série.
Trondheim y introduit tellement d'humour et de doigté que ce n'est jamais lourd ni ennuyeux.
Le graphisme est à l'image du récit. Il vise l'essentiel tout en étant vif, léger et dynamique. C'est un minimalisme si expressif que j'ai n'ai pas eu besoin de plus de détails graphiques pour adhérer à la série.
Pour moi cette série est un grand bain d'optimisme dans un environnement qui ne nie pas les difficultés.
On peut reprocher quelques épisodes inégaux mais je me suis régalé de mes lectures.
"Silence" est une véritable pépite de la bande dessinée. Cette oeuvre magistrale m'a captivé et émerveillé avec son mélange unique de chronique paysanne, d'onirisme et de fantastique.
L'histoire nous transporte dans le village fictif de Beausonge, immergé dans l'atmosphère envoûtante de l'Ardenne. Au coeur de cette aventure se trouve Silence, un jeune homme muet au cœur pur, qui devient l'homme à tout faire de l'odieux Abel Mauvy. Mais à travers sa rencontre avec une sorcière aveugle, Silence découvre ses origines et les raisons de se venger de son maître tyrannique.
Ce qui rend "Silence" si exceptionnel, c'est le talent artistique de Comès. Son trait graphique en noir et blanc est d'une beauté saisissante, utilisant habilement les contrastes et les jeux d'ombre pour créer une ambiance sombre et mystérieuse. Chaque page est une véritable œuvre d'art, avec des détails minutieux et des expressions émotionnelles qui transpercent l'âme des personnages.
Les personnages de "Silence" sont profondément complexes et nuancés. Silence lui-même est un protagoniste attachant et vulnérable, dont la force réside dans sa pureté et son innocence face à la cruauté du monde. Abel Mauvy, en tant qu'antagoniste, incarne la brutalité et la méchanceté, créant un contraste saisissant avec Silence. Les autres personnages, tels que la sorcière aveugle Sara et le mystérieux Blanche-neige, ajoutent des dimensions fascinantes à l'histoire, apportant des éléments de destinée, de vengeance et de quête d'identité.
Au-delà de l'histoire captivante, "Silence" explore des thèmes profonds tels que l'intégration sociale, la superstition et les relations familiales. Comès nous invite à réfléchir sur la nature humaine, la dualité entre le bien et le mal, et les chemins tortueux de la destinée. Tout en étant ancrée dans la réalité paysanne, l'histoire bascule dans le fantastique, offrant une dimension onirique qui transcende les limites de la bande dessinée.
Je commence à être un gros lecteur de Batman et il n'y a rien à faire, même si j'ai eu beaucoup de mal à dompter l'histoire (tout le run), ça reste de loin mon expérience de Batman la plus profonde. C'est pas pour les néophytes c'est sûr, et c'est tiré par les cheveux mais c'est ce que j'ai aimé.
Puis les retombées sur toute la suite sont trop grandes pour passer à côté.
Chef d'œuvre pour moi.
C'est la première série de Fabien Nury que je lis où le personnage est purement une fiction imaginée par les auteurs.
C'est intéressant car on y retrouve un grand nombre de caractères de "mâle dominant" à la personnalité ambiguë que Nury aime bien exploiter artistiquement.
Tyler Cross est le type de personnage que je déteste et je n'aime pas beaucoup plus qu'on en fasse la promotion. Mais ici la proposition de Nury et Brüno est bien plus subtile à mes yeux.
Si Tyler possède ce côté hypnotique du crotale sans état d'âme mais qui finit souvent en robin des bois pour héroïnes affligées, les auteurs ne manquent pas de nous distiller quelques scènes qui nous rappelle la vraie nature de Tyler.
Incontestablement Tyler me rappelle l'inoubliable Will Munny de Clint Eastwood (Unforgiven). D'ailleurs je trouve que Nury partage avec le géant Américain une maîtrise de la mise en scène époustouflante. Même si j'ai perçu le tome 2 Angola un poil en dessous dans sa construction, j'ai adoré le découpage des scénarii 1 et 3.
Nury a cet immense talent de nous scotcher aux multiples facettes du "héros". Bien sûr le procédé narratif choisi par Nury fait de Cross un personnage presque omniscient, mais c'est partie de la magie de la série de ne plus savoir par moment qui est vraiment le narrateur.
La prouesse de Brüno est de proposer un graphisme qui convient à merveille à la complexité des mises en scènes. Ses cadres vont à l'essentiel : des silhouettes carrées aux regards vides comme des robots télécommandés. Un découpage très dynamique qui ne nous laisse pas souffler un instant dans cette succession d'actions violentes et froides.
Les rondeurs et les chaleurs des teintes sont réservées aux personnages féminins qui sont d'une exceptionnelle sensualité dans ce monde de brutes. Une façon pour le dessinateur d'exprimer le contraste entre les bourreaux et les victimes.
Une lecture récréative d'une très grande qualité avec beaucoup de créativité dans un genre pourtant très visité.
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Le Sarcophage des âmes
Les auteurs ont attiré mon attention. Le titre moins : les histoires fantastiques n'ont pas vraiment ma préférence. La première image m'a intrigué: Salem, décor fin XIXième siècle? Comme dans les fameuses histoires des sorcières? Dès les premières pages, on retrouve (revoit?) l'émeute populaire contre la sorcellerie, le feu, le juge dépassé par les événements, la haute dame intolérante, etc… On est vraiment dans Salem, pardon, Shaalem, avec une histoire du même genre, mais racontée d'une façon différente, avec la bouteille de "Rhum Letendre" dans le coin. Puis viens la page 30: le train Brostown-Shaalem nous rappelle que Salem est situé non loin de Boston et donc, nous confirme ainsi notre première impression! Et l'histoire continue, me passionnant de plus en plus pour cette jeune bonne sorcière qui se bat toute seule, avec ses deux amis, contre cette mouvance des méchantes sorcières. Pour la galerie, il y a même un Magasin général à demi montré, quelque part…! Et c'est bel et bien une histoire de sorcières, le groupe des méchantes contre une toute petite bonne sorcière, rejetée des siens, on ne sait pourquoi, avec ses deux amis, aussi marginaux dans leur société et qui finissent quand même par gagner dans cette histoire. Et quelle histoire! Et qui, de plus, se déroule dans un décor archi-connu, mais montré d'une façon tellement différente! Et qui nous laisse sur notre faim… Pourquoi cette jeune bonne sorcière avait-elle été rejetée? Est-ce vraiment la fin des méchantes sorcières? Et ce corbeau noir, que l'on voit à la fin de l'histoire, il vient faire quoi, là-dedans? Et pourquoi, à la dernière image, nous renvoit-on en Transylvanie, patrie de la sorcellerie? Et surtout… pourquoi ce point d'interrogation, juste après le mot "fin?" ? Vivement le tome 2 du Sarcophage des âmes!
Demon (Shiga)
Cette série captivante a su me séduire de bout en bout grâce à son originalité et à son approche narrative ingénieuse. C'est avec un immense plaisir que je lui accorde une note parfaite de 5/5. Demon nous emmène dans un univers où l'immortalité est au coeur de l'histoire. Notre protagoniste se retrouve pris dans un cycle sans fin de renaissance, où chaque mort le fait réapparaître dans un nouveau corps. Cette prémisse intrigante offre des possibilités narratives infinies, et Jason Shiga les exploite avec brio. Ce qui rend Demon si unique, c'est la façon dont l'auteur utilise des schémas, des diagrammes et des illustrations simples pour guider le lecteur à travers l'histoire. Cette approche visuelle est tout simplement brillante. Elle permet une immersion totale dans le récit et offre une expérience de lecture interactive et stimulante. J'ai adoré résoudre les énigmes et suivre les pistes visuelles astucieusement disséminées tout au long de la bande dessinée. L'humour noir et les réflexions philosophiques présentes dans Demon ajoutent une profondeur supplémentaire à l'histoire. Les questionnements existentiels auxquels le personnage principal est confronté sont habilement explorés, sans jamais alourdir le récit. Cette subtile combinaison d'éléments comiques et introspectifs rend la série à la fois divertissante et profondément réfléchie.
Les Cités obscures
Dès les premières pages, j'ai été happé par les dessins détaillés et méticuleux de Schuiten. Chaque case est un véritable chef-d'oeuvre architectural, où les bâtiments et les villes prennent vie avec une précision et une imagination époustouflantes. L'attention portée aux moindres détails crée une immersion totale dans cet univers singulier. Mais ce qui m'a vraiment séduit, ce sont les scénarios brillamment construits par Peeters. Chaque album est une exploration profonde de thèmes complexes tels que l'architecture, l'urbanisme, la mémoire et l'identité. Les récits sont à la fois philosophiques et captivants, nous plongeant dans des intrigues énigmatiques et des mystères urbains fascinants. L'atmosphère des "Cités obscures" est tout simplement envoûtante. On se retrouve dans des villes étranges, à la fois familières et énigmatiques, où l'architecture joue un rôle central. Chaque page nous pousse à explorer ces contrées imaginaires, à nous perdre dans les ruelles sinueuses et à admirer les paysages urbains à couper le souffle. Ce qui rend cette série encore plus mémorable, c'est la profondeur des personnages. Chaque protagoniste est complexe, avec ses propres motivations et histoires personnelles. Leurs interactions sont riches en émotions, ajoutant une dimension humaine et émotionnelle à cet univers fantastique. Cette BD est une oeuvre d'art à part entière. La combinaison des dessins de Schuiten et des scénarios de Peeters crée une expérience visuelle et narrative unique. Cette série est un incontournable pour les amateurs de bande dessinée qui cherchent à être transportés dans un monde complexe et captivant.
Garulfo
Je dois dire que "Garulfo" est une véritable pépite. Cette série créée par Alain Ayroles et Bruno Maïorana a su captiver mon attention et me faire passer un moment inoubliable. L'histoire de "Garulfo" est à la fois drôle et captivante. Elle raconte les péripéties d'un crapaud ordinaire qui se retrouve transformé en prince charmant. Ce conte de fées revisité est riche en rebondissements et en humour, ce qui rend la lecture extrêmement divertissante. Les illustrations de Bruno Maïorana sont tout simplement magnifiques. Son style artistique coloré et expressif donne vie aux personnages et aux décors. Chaque planche est un véritable régal visuel, avec des détails minutieux et une mise en page fluide qui facilite la lecture. Ce qui m'a particulièrement plu dans "Garulfo", c'est sa capacité à aborder des thèmes profonds tout en restant accessible à un large public. La question de l'apparence et de l'importance de la véritable nature intérieure est traitée de manière subtile, offrant ainsi une réflexion enrichissante. En conclusion, je ne peux que donner la note maximale à "Garulfo". Cette bande dessinée allie un scénario captivant, des illustrations superbes et un message subtil.
Le Voyage de Marcel Grob
Alsacienne, amatrice d’histoire, cette BD fut un cadeau très sympathique, merci à la personne qui me l’a offerte alors qu’elle lui appartenait à la base, enfin bon passons à l’avis ! Cette BD nous narre l’histoire de Marcel Grob qui en 2009 se fait emmené via une procédure assez discutable, dans le bureau d’un juge plutôt détestable. En effet Marcel Grob doit pouvoir prouver qu’il était bien un « malgré-nous », les Alsaciens et mosellans incorporés de forces dans l’armée allemande, et non un volontaire. Il est intéressant de voir une bande dessinée traitant de ce sujet tout en évoquant aussi à quel point une guerre est traumatisante, autant pour les civils que pour les soldats, autant dans un camp que dans un autre. Marcel Grob incorporé à seulement dix-sept ans a été témoin de choses abominables et fut même forcé de tuer des personnes innocentes. Sa jeunesse fut en quelque sorte gâchée, car il est sûr qu'en sortant d’une guerre, on a changé. Les personnages sont très attachants, on remarque que ces jeunes soldats se chamaillaient ou parlaient un langage familier entre eux, puis un contraste important est créé quand ils sont pour la première fois confrontés à la violence de la guerre. Le dessin est très beau, la colorisation change entre le présent et le passé ce qui est une très bonne idée. L’émotion est présente dès le début avant même que l’histoire commence, une citation, un moyen de dire aux jeunes Européens à quel point ils ont la chance de vivre en paix mais aussi qu’ils ne doivent en aucun cas oublier le passé pour autant.
Gunnm
Dès les premières pages, j'ai été immergé dans un monde dystopique à couper le souffle. L'intrigue se déroule dans une société divisée entre les riches habitants de Zalem, la cité suspendue, et les pauvres survivants de la décharge, en bas. Cette disparité sociale est brillamment dépeinte et contribue à créer une atmosphère sombre et captivante. J'ai été immédiatement happé par l'injustice et la lutte constante pour la survie dans cet univers impitoyable. Le personnage principal, Gally, est un véritable bijou de cette série. En tant que cyborg aux traits humains, elle incarne parfaitement le thème de l'identité et de l'humanité. Son parcours de découverte de soi, alors qu'elle lutte pour retrouver sa mémoire perdue, m'a profondément ému. Sa détermination, son courage et sa force intérieure font d'elle une héroïne inoubliable. Les scènes d'action dans "Gunnm" sont tout simplement incroyables. Les combats de cyborgs sont si bien chorégraphiés et visuellement saisissants que j'avais l'impression d'être témoin de véritables batailles épiques. Les dessins de Yukito Kishiro sont d'une qualité exceptionnelle, avec des détails minutieux et une expressivité qui donnent vie à chaque personnage et à chaque scène. Ce qui rend "Gunnm" encore plus spécial, c'est sa capacité à aborder des questions profondes et à susciter la réflexion. Les thèmes de l'identité, de l'humanité, de la technologie et de l'éthique sont intelligemment entrelacés dans l'histoire, ce qui soulève des questions pertinentes sur notre propre société.
Les Formidables Aventures de Lapinot
À la lecture d'avis aussi divergents je trouve assez amusant que les aventures du petit lapin et de ses amis soient aussi clivantes. Perso, j'ai découvert une série qui m'a beaucoup plu. J'ai lu la série de Trondheim comme un véritable essai moderne sur l'amitié. Le fait de se retrouver dans des époques et des contextes différents confère au récit une valeur universelle assez intéressante. Ces quatre amis et Nadia qui prennent la vie comme elle vient avec leurs personnalités si différentes sont bien touchants et drôles à mes yeux. J'ai trouvé un fort côté poétique dans ces situations banales du quotidien qui cachent souvent des questionnements moraux et philosophiques. Richard, Pierrot et Lapinot abordent chacun à leur manière des questions existentielles profondes : Dieu, la mort, l'éthique, la justice et l'amour parcourent les épisodes de la série. Trondheim y introduit tellement d'humour et de doigté que ce n'est jamais lourd ni ennuyeux. Le graphisme est à l'image du récit. Il vise l'essentiel tout en étant vif, léger et dynamique. C'est un minimalisme si expressif que j'ai n'ai pas eu besoin de plus de détails graphiques pour adhérer à la série. Pour moi cette série est un grand bain d'optimisme dans un environnement qui ne nie pas les difficultés. On peut reprocher quelques épisodes inégaux mais je me suis régalé de mes lectures.
Silence
"Silence" est une véritable pépite de la bande dessinée. Cette oeuvre magistrale m'a captivé et émerveillé avec son mélange unique de chronique paysanne, d'onirisme et de fantastique. L'histoire nous transporte dans le village fictif de Beausonge, immergé dans l'atmosphère envoûtante de l'Ardenne. Au coeur de cette aventure se trouve Silence, un jeune homme muet au cœur pur, qui devient l'homme à tout faire de l'odieux Abel Mauvy. Mais à travers sa rencontre avec une sorcière aveugle, Silence découvre ses origines et les raisons de se venger de son maître tyrannique. Ce qui rend "Silence" si exceptionnel, c'est le talent artistique de Comès. Son trait graphique en noir et blanc est d'une beauté saisissante, utilisant habilement les contrastes et les jeux d'ombre pour créer une ambiance sombre et mystérieuse. Chaque page est une véritable œuvre d'art, avec des détails minutieux et des expressions émotionnelles qui transpercent l'âme des personnages. Les personnages de "Silence" sont profondément complexes et nuancés. Silence lui-même est un protagoniste attachant et vulnérable, dont la force réside dans sa pureté et son innocence face à la cruauté du monde. Abel Mauvy, en tant qu'antagoniste, incarne la brutalité et la méchanceté, créant un contraste saisissant avec Silence. Les autres personnages, tels que la sorcière aveugle Sara et le mystérieux Blanche-neige, ajoutent des dimensions fascinantes à l'histoire, apportant des éléments de destinée, de vengeance et de quête d'identité. Au-delà de l'histoire captivante, "Silence" explore des thèmes profonds tels que l'intégration sociale, la superstition et les relations familiales. Comès nous invite à réfléchir sur la nature humaine, la dualité entre le bien et le mal, et les chemins tortueux de la destinée. Tout en étant ancrée dans la réalité paysanne, l'histoire bascule dans le fantastique, offrant une dimension onirique qui transcende les limites de la bande dessinée.
Grant Morrison présente Batman
Je commence à être un gros lecteur de Batman et il n'y a rien à faire, même si j'ai eu beaucoup de mal à dompter l'histoire (tout le run), ça reste de loin mon expérience de Batman la plus profonde. C'est pas pour les néophytes c'est sûr, et c'est tiré par les cheveux mais c'est ce que j'ai aimé. Puis les retombées sur toute la suite sont trop grandes pour passer à côté. Chef d'œuvre pour moi.
Tyler Cross
C'est la première série de Fabien Nury que je lis où le personnage est purement une fiction imaginée par les auteurs. C'est intéressant car on y retrouve un grand nombre de caractères de "mâle dominant" à la personnalité ambiguë que Nury aime bien exploiter artistiquement. Tyler Cross est le type de personnage que je déteste et je n'aime pas beaucoup plus qu'on en fasse la promotion. Mais ici la proposition de Nury et Brüno est bien plus subtile à mes yeux. Si Tyler possède ce côté hypnotique du crotale sans état d'âme mais qui finit souvent en robin des bois pour héroïnes affligées, les auteurs ne manquent pas de nous distiller quelques scènes qui nous rappelle la vraie nature de Tyler. Incontestablement Tyler me rappelle l'inoubliable Will Munny de Clint Eastwood (Unforgiven). D'ailleurs je trouve que Nury partage avec le géant Américain une maîtrise de la mise en scène époustouflante. Même si j'ai perçu le tome 2 Angola un poil en dessous dans sa construction, j'ai adoré le découpage des scénarii 1 et 3. Nury a cet immense talent de nous scotcher aux multiples facettes du "héros". Bien sûr le procédé narratif choisi par Nury fait de Cross un personnage presque omniscient, mais c'est partie de la magie de la série de ne plus savoir par moment qui est vraiment le narrateur. La prouesse de Brüno est de proposer un graphisme qui convient à merveille à la complexité des mises en scènes. Ses cadres vont à l'essentiel : des silhouettes carrées aux regards vides comme des robots télécommandés. Un découpage très dynamique qui ne nous laisse pas souffler un instant dans cette succession d'actions violentes et froides. Les rondeurs et les chaleurs des teintes sont réservées aux personnages féminins qui sont d'une exceptionnelle sensualité dans ce monde de brutes. Une façon pour le dessinateur d'exprimer le contraste entre les bourreaux et les victimes. Une lecture récréative d'une très grande qualité avec beaucoup de créativité dans un genre pourtant très visité.