Les derniers avis (31897 avis)

Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Cité des Trois Saints
La Cité des Trois Saints

Coup de maîtres!! Voila une première BD qui va sans doute faire date dans le petit monde du policier/thriller. Dans une petite ville d'Italie tout le monde ne parle que d'une récente attaque sanglante sur l'agence postale du coin et du prochain match de boxe d'un jeune local. Galerie de losers, de truands tous aux caractères bien trempés, tous les protagonistes de cette histoire avancent inéluctablement vers un destin tout tracé. L'on croise Nica un jeune zonard qui deale un peu pour tuer l'ennui, son malheur est d'être amoureux d'une belle affublée de deux frères qui ne voient pas les choses de la même manière. Son but parvenir à s'enfuir de cette cité merdique. Miché est un ancien boxeur devenu toxico toujours à la recherche de quelque chose à s'envoyer dans les poumons ou les veines, pour ce faire la manière douce n'est pas son fort. Marcia lui est un ancien mafieux qui refuse la protection d'un gang, qui s'impatiente. Le scénariste Stefano Nardella a travaillé pour le cinéma et le découpage de son histoire est très cinématographique. C'est un polar qui n'évite pas les clichés du genre mais le tout est baigné dans une telle ambiance qu'il scotche littéralement son lecteur avec ce pavé de 192 pages ou jamais l'on ne s'ennuie. L'ambiance poisseuse fait monter la tension de manière croissante jusqu'à un final peu banal mais qui laisse planer un peu d'espoir sur ce monde âpre et violent. Le dessin de Vincenzo Bizzarri est particulier, assez caricatural, pour tout dire ce n'est même pas mon truc mais après avoir lu quelques pages je n'ai pas pu lâcher l'affaire tant j'étais pris par le récit et l'ambiance. Le moins que l'on puisse dire est que les personnages ont des gueules. Je ne sais à quoi c'est dû mais comme je l'ai dit plus haut, nous sommes dans le truc. Pour ce duo italien c'est donc un coup de maitre sur un scénario classique, extrêmement prenant que je n'ai pas lâché. Cette petite ville ne mérite sans doute pas qu'on aille y faire du tourisme, la BD par contre mérite toute notre attention, c'est excellent aussi n'hésitez pas à aller y jeter un œil.

13/12/2017 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Traquemage
Traquemage

Rho, la bonne BD que voilà ... J'ai attendu le tome 2 pour juger de ce que la série avait à proposer, et j'adhère complètement au concept. Voilà le genre de BD qui fait plaisir à lire : drôle et innovante, proposant des gueules peu courantes, des situations hilarantes et des répliques qui font sacrément mouche. L'histoire est prenante, et pour l'instant on se sent parti pour une quête épique dans la campagne profonde, loin des belles armures et des grands mythes. On se retrouve dans des dilemmes épiques et des situations rocambolesques. Le personnage principal est à la fois attachant et particulièrement drôle, avec son fameux pecadou (auraient-ils repris l'idée de Gotlib et son fameux Pecadou pas frescou ?), mais la fée alcoolique n'est pas en reste. Tout comme la brebis, dont j'attends avec impatience les nouvelles transformations (la pauvre ...). Le dessin est très bon, respirant le provincial, le rural, le terroir. Tout le monde est croqué avec une sacrée gueule, et ça sent le paysan dans les attitudes. Même la ville embourbée de vase est bien faite. Bref, un ensemble de bonnes idées sur une histoire prenante que j'ai envie de suivre. Vivement que la série continue, qu'on puisse découvrir ce traquemage assez peu banal, et ses aventures sans précédent !

11/12/2017 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Une affaire de caractères
Une affaire de caractères

Faut reconnaitre la qualité quand on l'a face à soi, et cette œuvre est de grande qualité, même si je ne saurais dire si j'ai réussi à tout comprendre. Car dans ces BD oubapiennes, travaillant sur le langage et toutes les formes d'utilisation du français, on est parfois perdu. Heureusement, quelques éléments de cultures m'ont permis de reconnaitre un George Perec muet ou un Marcel Proust vantant les mérites d'une machine. On croise quelques grands de la littérature (comme un inspecteur Maigret sous les traits de Siméon), et plusieurs perles d'utilisation du langage. Parfois c'est évident et un peu trop factice (notamment la famille qui n'utilise qu'une voyelle), mais souvent c'est très bien mené et discret. Il faut noter aussi quelques petites références parfois discrètes (on peut voir un clin d’œil à Tintin), mais qui font plaisir dans la relecture. C'est comme un jeu de recherche, sans savoir ce qu'il y a à trouver. Pour l'histoire et le dessin, c'est pas mal sans être particulièrement génial. On est sur de l'efficace, qui sait s'effacer au profit de toute la littérature et le verbage. C'est un choix judicieux, et la colorisation sait se faire discrète également. C'est très fluide à lire, par conséquent. Une BD qui a beaucoup de qualités mais que je ne suis pas sûr d'avoir encore complètement décortiqué. Il y a beaucoup de références que je n'ai pas encore comprises, ou des petits détails qui sont à remarquer. Et mine de rien, ça fait plaisir à lire !

11/12/2017 (modifier)
Par AlainM
Note: 4/5
Couverture de la série Histoire dessinée de la France
Histoire dessinée de la France

Féru d'Histoire, j'ai tout de suite été séduit par cette idée de présenter l'Histoire de France d'une manière originale et humoristique. Voir 5 personnages célèbres (Molière, Jeanne d'Arc, Marie Curie, Jules Michelet et le général Dumas - ces deux derniers étant un peu moins connus, je vous l'accorde) discourir très sérieusement sur l'Histoire de France et sur ses origines tout en parcourant la France en sens divers dans une fourgonnette transportant le cercueil du maréchal Pétain est un exercice difficile à réaliser sans tomber dans le ridicule. Cet exercice, les deux auteurs l'ont parfaitement réussi en abordant des sujets graves avec brio et humour. Car le sérieux et la profondeur du sujet n'ont pas empêché le tandem Venayre / Davodeau de ponctuer leur récit de nombreuses réflexions amusantes et parfois cocasses. Vingt tomes sont prévus dans cette collection (le second tome "L'Enquête gauloise - De Massilia à Jules César" vient de paraître). Je n'espère qu'une chose : que les autres tomes aient la même qualité que le premier.

11/12/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voyageur
Le Voyageur

J’aime beaucoup cet auteur israélien. J’ai découvert récemment une œuvre qui m’avait plutôt fait bonne impression avec son Love Addict - Confessions d'un tombeur en série. Là, il réitère pour un genre totalement différent où il marque incontestablement des points. Je suis admiratif de ce changement de registre qui est fort réussi. Le scénario est assez élaboré alors que nous retrouvons ce voyageur à différente époque à la recherche d’un objet mystérieux. Visiblement, il ne voyagerait pas dans le temps mais il vivrait un peu plus longtemps que la moyenne. L’éternité peut être également une malédiction… Sur le fond et la forme, je n’ai rien à redire. J’ai apprécié les quelques variations graphiques selon les époques car cela concourt à une certaine audace du trait. Pour le reste, je n’ai pu qu’apprécier l’intelligence d’un tel scénario construit comme une mécanique bien huilée. La fin est d’ailleurs assez surprenante. C’est une œuvre qui mérite lecture. Indéniablement.

11/12/2017 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Gaspard et la malédiction du Prince-Fantôme
Gaspard et la malédiction du Prince-Fantôme

Toujours mordue par sa passion de l’Egypte, Isabelle Dethan signe ici avec le Louvre un nouvel album pour la jeunesse. Gaspard dont l’oncle travaille comme gardien au musée du Louvre, est passionné par les antiquités égyptiennes. Il passe une grande partie de son temps libre à déambuler dans les galeries qui leur sont consacrées, quand un jour il aperçoit une jeune fille qui essaye de sortir un coffre « à travers » une vitrine. Problème, il semble être le seul à la voir… Un peu tourneboulé par cette « rencontre » il va tenter de retrouver celle qu’il a ainsi croisée pour essayer de comprendre de quoi il en retourne. C’est ainsi que débute cette aventure au sein du musée du Louvre. Petit à petit l’intrigue s’épaissit avec l’arrivée de quelques divinités égyptiennes qui vont venir leur prêter main forte. Car notre jeune fantôme doit retrouver différents objets pour parvenir au « paradis » égyptien. Mais elle a malheureusement oublié de refermer une « porte » entre notre monde et l’au-delà, et une entité maléfique en a profité pour s’immiscer dans notre monde… Si l’intrigue pourra sembler assez basique pour un adulte, le tout est plutôt bien équilibré pour un lectorat jeunesse. On ne tombe pas dans l’album « pédagogique illustré » ou engoncé dans le livre de commande, mais bel et bien dans une aventure centrée autour d’un sujet qui passionne les enfants : l’Egypte ancienne et sa mythologie. Le tout est rondement mené jusqu’au « happy end » attendu, mais de façon intelligente. Surtout que le dessin d’Isabelle Dethan en couleur directe, sans réel encrage, très doux et chatoyant colle parfaitement au récit. Une belle aventure sur une thématique intéressante que devraient apprécier nos têtes blondes. (un 3.5/5 tirant vers le 4)

08/12/2017 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série La Grande Guerre des Mondes
La Grande Guerre des Mondes

Voilà une uchronie qui démarre plutôt bien, mêlant pour le moment habilement la Grande Histoire et le célèbre roman de H. G. Wells 'La Guerre des mondes'. Les ingrédients sont habilement dosés, donnant au récit ce petit côté épique propre aux récits d'aventure de la fin XIXe/ début XXe siècle. Bien sûr H. G. Wells est ici omniprésent, mais cela m'a aussi rappelé Conan Doyle et son roman 'Le monde perdu'. J'ai toujours eu un faible pour ces premier récits fantastiques ou de science fiction, et c'est avec assez de curiosité que je me suis lancé dans cette lecture. Ce premier tome prend le temps de poser les pièces d'un échiquier étriqué autour des tranchées de Verdun. L'Histoire suit son cours jusqu'à cette explosion d'un fort français qui libère à cette occasion cette machine incongrue pour l'époque protégée par un champ de force... Les deux camps sont bien en mal de donner un sens à cette "chose" et la bêtise militaire n'est pas prise au dépourvu face à l'inconnu... Richard D. Nolane joue habilement des faits et de l'imagination de Wells pour nous proposer un premier tome qui trouve le juste équilibre pour installer son récit ; reste à savoir ce que la suite nous proposera. Le dessin de Zeljko Vladetic colle plutôt bien à cette histoire en nous proposant un trait semi réaliste assez classique mais bien maîtrisé. Je poserais juste un petit bémol à la colorisation d'Aurore Loyvet dont je ne suis personnellement pas super fan. A remarquer aussi, la belle couverture de Pierre Loyvet. En tout cas, je suis curieux de lire la suite pour voir comment va évoluer cette uchronie. *** Tome 2 *** Après un premier tome très prometteur allant allègrement piocher dans mes références de jeunesse qui m’avaient fait découvrir le fantastique et la SF, ce second tome enfonce efficacement le clou. Nous avions laissé nos lignes de front françaises et allemandes face à un vaisseau martien insensible à l’artillerie des deux puissances… mais le meilleur restait en effet à venir. Ce vaisseau martien semble avoir pu envoyer un message vers Mars pour qu’une nouvelle vague d’autres vaisseaux suive… ce qui ne va pas manquer, obligeant nos belligérants à trouver un accord au moins provisoire pour faire face à cette nouvelle menace. Ce doux mélange entre Histoire, personnages scientifiques, historiques et de fiction de cette période, est pour l’instant très réussi. Moi qui appréhendais le mélange des genres, je sors de ce second tome pleinement convaincu et j’attends la suite avec impatience. Seul bémol qui perdure, la colorisation que je trouve fadoche dans l’ensemble et trop tranchée quand nos martiens entrent en scène. Malgré tout je ne boude pas mon plaisir et vivement le 3e tome ! (Je monte ma note à 4/5)

05/10/2016 (MAJ le 08/12/2017) (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Cheval de bois, cheval de vent
Cheval de bois, cheval de vent

Et revoici Wilfrid Lupano aux manettes d’un nouvel album jeunesse très réussi ! C’est Gradimir Smuja qui se colle aux pinceaux pour illustrer ce récit de la plus belle des manières. J’avais par ailleurs pu apprécier tout son talent à travers son album hommage à Van Gogh « Vincent et Van Gogh », et c’est donc un réel plaisir de le retrouver. Surtout que la collection « Les enfants gâtés » sait mettre les petits plats dans les grands ! Et quand on dit grand, il n’est qu’à voir la taille de l’album qui nous permet de profiter de planches magnifiques dans un format des plus appréciables pour en savourer tous les détails. Car il faut savoir savourer avec cette BD ! Si les dessins sont magnifiques et l’histoire maline, le tout se tient en 24 planches. Conte précis et malicieux sur un despote un peu fou et égoïste, cette course après son gâteau d’anniversaire qui lui échappe, prunelle de ses yeux, est un régal malgré le petit goût de trop peu. Un très bel album à découvrir.

08/12/2017 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Dead Inside
Dead Inside

Je connaissais John Arcudi pour ses scénarios de B.P.R.D., Toni Fejzula pour l’album Veil et le mélange des deux genres nous donne au final un polar carcéral tendu et ramassé plutôt efficace. L’inspectrice Linda Caruso qui travaille comme enquêtrice dans le milieu carcéral du comté de Mariposa est amenée à enquêter sur un crime somme toute banal dans une prison. L’affaire aurait pu être vite réglée, mais à force de creuser l’affaire se complique sérieusement… Surtout que des collègues se retrouvent au centre de ce casse-tête. Le scénario de John Arcudi se révèle très efficace, acéré et radical. Il a la chance d’être servi par le dessin de Toni Fejzula qui amplifie et met merveilleusement bien en valeur la dramaturgie du récit. Son style semi réaliste sait parfois prendre ses distances pour jouer avec l’amplification, l’exagération, pour nous choper par le colbac et nous accrocher jusqu’au final. Ils signent à eux deux un très bon polar qui donnerait presque un goût de trop peu. Dommage que la couverture que je trouve ratée ne rende rien, surtout quand on voit en fin d’album toute une série de couvertures alternatives beaucoup plus accrocheuses.

08/12/2017 (modifier)
Couverture de la série L'Art du 9e art
L'Art du 9e art

Scott McCloud n’étant présent qu’au début, puis s’éclipsant pour des « problèmes de droits », c’est son prétendu cousin (Scott McCrawd – sorte de McCloud aviné qui aurait mal vieilli, aux réflexions moyennement intéressantes et précises, souvent beaufs et cyniques) qui aide Emmanuel Reuzé (qui se met en scène) à nous faire cette présentation exhaustive du neuvième art. Cette parodie du maître ouvrage de McCloud, L'Art Invisible, introduit un ouvrage épais (près de 120 pages !) assez poilant, qui passe en revue, au travers de chapitres plus ou moins longs, les techniques, les trucs, le marché, etc, et qui mêle habilement délire, n’importe quoi et réflexions pas si dénuées de sens. En effet, sous couvert d’humour, Reuzé fait passer quelques critiques assez fondées (sur l’édition, le travail de certains auteurs, etc). Et lance quelques piques à Sfar… Comme un coucou, il s’installe parfaitement dans le nid des autres, et sait très bien imiter le trait des auteurs qui lui servent d’exemple ou de référence, plus ou moins parodiée ensuite : le dessin de Reuzé est vraiment bon, quelques soient les styles très différents ici utilisés. Avec l’aide parfois de copains de Fluide (Léandri pour les romans photos par exemple), ou d’ailleurs, comme son complice J. L. Coudray, qui collabore ici à plusieurs rubriques et fournit des extraits de son « Les métiers secrets de la bande dessinée » (voir mon avis sur le forum « avis sur livres illustrés »), Reuzé réussit là un album intéressant. Inégal, certes, et quelque peu en perte de vitesse sur la fin, mais globalement assez bien fichu pour vous le recommander. Note réelle 3,5/5.

08/12/2017 (modifier)