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Couverture de la série Duel
Duel

Duel est un album plutôt épais (près de 190 pages !), mais qui se lit très agréablement, parce que cette histoire est captivante, et très bien menée. Malgré un certain nombre de pages sans dialogues, l’histoire est assez dense, et la lecture prend quelque temps. L’histoire s’inspire de personnages réels (dont les noms et personnalités ont été un chouia modifiés) – comme l’auteur le rappelle en fin de volume (histoire qui a déjà inspiré entre autre Conrad, que Farace adapte ici), et s’inscrit dans la grande Histoire, à savoir les guerres napoléoniennes (même si l’extrême fin se déroule pendant la Restauration). Les deux personnages principaux, Féraud (roturier râblé, hâbleur et querelleur) et d’Hubert (noble plus fluet et réservé), sont tous deux courageux et se distinguent dans les guerres napoléoniennes, participant entre autre à la bataille d’Austerlitz et à la retraite de Russie. Courageux et brillants militaires, ils sont remarqués par l’Empereur, et récompensés. Mais ce qui fait le sel de l’intrigue, ce sont les relations d’amour/haine qui lient et consument ces deux protagonistes. En effet, suite à une broutille, Féraud défie en duel d’Hubert. Aucun des deux ne voulant céder, et aucun n’arrivant à l’emporter définitivement, au cours des nombreux duels qui les opposent durant une quinzaine d’années, ce sont deux vieux bonhommes plus ou moins aigris qui se cherchent jusqu’au final, aucun de voulant sacrifier son amour propre. Mention spéciale à d’Hubert, qui dès le départ ne voulait pas entrer dans cette spirale infernale, et qui se trouve poursuivi par la haine et les sarcasmes de Féraud – alors même qu’ils sont devenus frères d’armes. On atteint parfois un comique involontaire, au milieu des massacres et de l’épopée napoléonienne, les duellistes donnant l’impression d’être deux gamins s’incrustant dans un jeu d’adultes, mais avec des règles d’enfants. Si l’histoire se lit agréablement, c’est aussi grâce au dessin de Renaud Farace, qui est vraiment chouette. Il utilise un Noir et Blanc simple (quelques nuances de rouge, envahissant parfois les pages, lors des affrontement entre les deux bonhommes, parsèment les aventures du duo de tâches de sang, évoquent un dénouement crépusculaire). Le trait est faussement brouillon, frôle parfois l’esquisse, le crayonné, Farace se concentrant sur l’essentiel, évacuant les décors, les détails, cette épure, ce vide contrastant avec et soulignant le bouillonnement absurde de la haine éprouvée par Féraud à l’encontre de d’Hubert, cette haine, cette absurdité, cette fatalité devenant le seul moteur de ces deux hommes, au milieu d’un monde qui s’écroule. Une belle réussite, que je vous encourage à découvrir !

08/12/2017 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Je suis encore là-bas
Je suis encore là-bas

Vaste sujet que celui des personnes à cheval sur deux cultures, et qui doivent se réapproprier celle d'origine après avoir passé beaucoup de temps au sein de celle d'adoption... Samir Dahmani nous propose donc sa version, avec l'histoire de cette guide-interprète coréenne qui doit driver un Français à Séoul, et se retrouve en butte avec ces deux influences culturelles. C'est délicatement mené, le cheminement de pensée de Sujin est facile à suivre et à comprendre, et l'auteur réussit à éviter l'écueil de la romance facile. Les protagonistes sont crédibles, avec leurs travers, et on se sent bien pris dans l'histoire. Il y a également un jeu sur les visages, les masques, qui complète bien les passages introspectifs. Le style de Dahmani semble parfois plus proche de l'esquisse à cheval entre le manga et la franco-belge, mais cela lui confère une liberté graphique sans doute inégalable. Très bonne lecture.

08/12/2017 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Le Guide de Paris en bandes dessinées
Le Guide de Paris en bandes dessinées

Sacré pari éditorial que celui d'Olivier Petit : réaliser des guides historiques sur beaucoup de capitales et de grandes villes. Et pour bien lancer la collection, il s'est attelé à la capitale française. Le résultat est à la hauteur de l'enjeu : superbe et quasi indispensable. En effet, après avoir pointé 30 lieux emblématiques de Paris, une pléiade d'auteurs venus de tous horizons (oui, de France, mais aussi d'Espagne, d'Algérie, de Corée, de Grèce...) se sont attelés à raconter en quelques pages des anecdotes surpenantes, cruelles ou drôles rattachées à ces lieux. On y apprend par exemple le lien incroyable entre l'Exposition universelle de 1900 et la création de la baguette de pain... C'est foisonnant, passionnant, ébouriffant ! Chaque récit en BD est doublé de pages documentaires, qui viennent donner de nombreuses infos pratiques (stations de métro correspondantes, produits spéciaux, lieux à proximité...). C'est très très riche, on est là devant un must !

08/12/2017 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série John and Mary
John and Mary

Serpieri est vraiment un maître pour le coup de crayon. Surtout quand il dépeint les amérindiens, les grandes plaines et les cowboys. Il arrive à transmettre tout son amour pour cette période, et tout ce qu'il s'est passé à ce moment là. Dont quasiment rien de glorieux d'ailleurs. Les histoires présentées ici ont toutes un caractère commun : c'est très noir comme genre ! Ça parle de mort, de meurtres, de suicides, de violences (envers les femmes et les indiens), bref c'est joyeux tout plein, mais curieusement on sent toute l'amertume aussi. C'est le monde impitoyable et rude de l'ouest, mais pas à la sauce western. Plutôt à la sauce humanité, dans ses aspects sombres et violent. Je ne sais pas exactement ce qui marche dans cette BD, mais c'est le genre que j'aime bien lire et sur lequel j'aime retomber de temps en temps. C'est divertissant et grave à la fois, mais en même temps on est plongé dans les dessins de Serpieri. Et rien que ce dessin mérite le coup d’œil, car il a vraiment quelque chose dans ce foisonnement précis. Du grand art.

08/12/2017 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Grimoire du petit peuple
Le Grimoire du petit peuple

Comme souvent lorsqu'on se retrouve face à une BD faite par un collectif, on a du bon et du moins bon. Pour autant, je dois reconnaitre qu'on est là dans la tranche supérieure du genre, avec quasiment que du bon ! Déjà, l'auteur qui fait les transitions (celles où le conteur lie les histoires) est vraiment très bon, et qu'il ajoute une note très sombre à l'ensemble. On est dans l'ambiance d'une personne mystérieuse qui nous raconte ses petites histoires. Niveau histoire, ça varie du conte aux légendes, en passant par les présentations de créatures. On retrouve tout le bestiaire du petit peuple, et tout ce qui fait ses charmes : la cruauté, la magie, les monstres ... C'est bien loin de la fée disney ! Pour les dessinateurs, on a de tout mais globalement tous sont bons (et plusieurs fois je me suis surpris à reconnaitre des auteurs connus). Ça fait plaisir à lire, et je suis assez content de pouvoir en relire des petits bouts de temps en temps !

08/12/2017 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tajikarao, l'esprit de mon village
Tajikarao, l'esprit de mon village

Pas mal, pas mal du tout même ! Et très curieux manga, mélange d’ésotérisme, de pratiques coutumières, de religions locales et de légendes, de superstitions. Avec un brin de considération sur les campagnes japonaises et l'arrivée brutale dans le monde moderne. Ou l'arrivée du monde moderne, selon les points de vue. Ce manga m'a semblé aller avec d'autres mangas comme Initiation ou Underwater - le village immergé qui parlent de ce Japon rural et de ce qui a été profondément changé dans le passage à cette époque que nous connaissons aujourd'hui. Curieusement, il me semble que la collection dont fait partie Tajikarao compte plusieurs mangas sur cette période charnière. Venant d'un village, j'ai été particulièrement touché dans la façon dont est représentée la communauté de villageois, qui vit loin du monde et selon ses propres règles. Certes, c'est là une vision assez simpliste et embellie d'un village (l'entente entre voisins est rarement aussi idyllique), mais ça donne envie d'y vivre, et c'est là tout le point de vue de l'auteur. Il veut redonner le goût de ces villages qui ont aujourd'hui disparu, de toutes ces traditions balayées en moins de cinquante ans, de tout ce qui s'est perdu comme histoires et comme légendes. Chaque lieu avait sa propre mémoire, et tout est effacé comme un rien. Bien sûr, le manga oppose nettement (et de façon bien trop manichéenne pour être vraie) la ville et la campagne, avec les gentils qui savent respecter les traditions et les méchants qui les piétinent allègrement, sûr qu'ils sont de leurs bons droits de citadins. C'est simpliste, mais c'est l'idée de l'auteur, et il ne fait que servir son propos. Et justement, le propos est beau : c'est un message d'amour et d'au revoir à toute cette culture disparue, et un bel hommage à ce que fut l'humanité pendant des siècles. J'ai beaucoup aimé la façon dont cela se déroule, progressivement, pour finir sur un final grandiose qui m'a bien plu. J'ajouterai que le dessin a quelque chose qui m'a plu. Ce n'est ni le plus beau ni le plus précis, mais il sait faire passer l'émotion des paysages, et la beauté des lieux. C'est un manga qui repose beaucoup dessus, et ça fait plaisir de se plonger dedans. Un manga que j'aime bien, que j'affectionne surtout, mais surtout parce que le sujet me parle beaucoup. C'est une petite gourmandise pour moi. Mais je genre de gourmandise que j'espère que vous aimerez autant que moi.

08/12/2017 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Nao de Brown
Le Nao de Brown

Ah, le Nao de Brown ... Toute une histoire : une sortie remarquée, des avis bien divergents, un auteur pas connu ... Auteur que j'ai eu la chance de croiser en dédicace et qui m'a donné envie de lire sa BD, pour enfin me faire un avis. Et je comprends parfaitement la grande disparité des avis concernant cette série. C'est une BD complexe à noter, elle est d'un genre qui passe ou qui casse. Dans mon cas, ça passe, et très bien même ! J'ai aimé cette complexité de l'âme d'une humaine tourmentée, qui vit des moments de vie intenses dans lesquels se mélangent ses délires, ses manies et sa vie. C'est complexe, riche et dense. On ne comprend pas tout à la première lecture (et à la troisième non plus d'ailleurs), mais c'est plaisant à lire. J'ai eu envie de découvrir la suite, de tenter de discerner ce qui fait le charme de cette fille peu commune et de ces personnages étranges qui gravitent autour d'elle. La BD est servie par un dessin qui vaut le détour, transmettant quelque chose de ce malaise que connait Nao, dans les contours, les couleurs et le trait. C'est assez beau, et je suis plutôt fan de la façon dont l'auteur transcrit les têtes de ses personnages. Ce qui fascine dans cette BD, c'est le mélange que l'auteur fait entre spiritualité, folie, manie, originalité et étrangeté. Le fait de parsemer l’œuvre de petits détails (comme le conte raconté au fur et à mesure) rajoute à ce charme et donne une atmosphère unique à cette BD bien surprenante. Que l'on aime ou non, il faut reconnaitre toute l'originalité de cette BD et la complexité de l’œuvre. On peut être rebuté, certes, mais si c'est le genre qui vous intéresse et que vous acceptez de faire un effort jusqu'au bout, on a là quelque chose d'assez plaisant à lire. Une découverte que je ne regrette pas !

08/12/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série William Adams, samouraï
William Adams, samouraï

Cette aventure nous plonge dans le pays du soleil levant aux alentours des années 1600 alors que ce pays n'est connu que des missionnaires catholiques portugais ou espagnol. Voilà qu'un anglais sur un navire commercial battant pavillon hollandais vient s'échouer après avoir traversé le Pacifique. C'est le temps où le Shogun règne en maître sur le Japon alors que l'empereur est cantonné à un rôle purement honorifique. Mais voilà, le shogun n'a que 7 ans et le pays est divisé par un conseil qui se décline en deux clans. L'intelligent général Tokugawa souhaite unifier le pays et le faire entrer dans une ère de modernité. Sa devise: vaut mieux un tyran qui veut le bien de tous qu'un soldat juste mais égoïste. Le décor est planté et notre héros va jouer sa diva pour finir par rallier l'un des camps en pleine préparation de guerre civile. Il est vrai que la mise en place des situations n'est pas banale. Pour le reste, le Japon de cette époque peu connue est réellement bien mis en valeur avec un décor fort exotique. On se rend compte de la magnificence de cette civilisation qui ne connaissait pas les navires et la poudre à canon. Le fond et la forme semblent être bien alliés pour une suite à la hauteur de nos espérances. A noter qu'il s'agit tout de même d'une histoire vraie à savoir le premier anglais à avoir foulé le sol du Japon pour aider une famille à prendre le contrôle du Japon durant les trois prochains siècles jusqu'à l'ère Meiji. A noter qu'il existait une belle série dénommée Shogun dans les années 80 avec Richard Chamberlain dans un rôle inspiré de William Adams et traitant du même sujet. Les nostalgiques pourront faire des rapprochements. C'est bien beau de poster une série et de s'émerveiller pour un premier tome mais encore faut-il revenir pour parler de la suite ! Celle-ci promet des surprises de taille dans un rebondissement très réfléchi. William Adams va enfin prendre parti dans ce conflit qui oppose un général avec un clan pour devenir le futur shogun capable d'unifier le pays et surtout faire face à la mondialisation des échanges commerciaux. On pourra être choqué par une vision bien loin de la démocratie et qui semble privilégier la voie du tyran à condition qu'il soit éclairé. Nous avons là une des meilleures séries traitant de cette période historique du pays au soleil levant qui s'est construit également avec le sang de ses fameux samouraïs.

10/08/2017 (MAJ le 07/12/2017) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chien de Dieu
Le Chien de Dieu

S'il est un écrivain publié dans la célèbre Pléiade qui est hautement controversé c'est bien Louis Ferdinand Céline. Certains de ses écrits furent jugés profondément antisémites et il n'est pas sûr qu'aujourd'hui ceux-ci pourraient voir, sinon le jour, du moins une publication. Pour autant Céline est un putain d'écrivain, et oui je ne mâche pas mes mots mais je crois cette sorte d'éloge ne lui aurait pas déplu. Dire que cet homme là a raté le Goncourt, (au profit de Guy Mazeline écrivaillon ou tâcheron de la littérature) dont l'on sait que déjà à cette époque les dés chez les éditeurs étaient pipés. Quelques années plus tard le Goncourt ratera Colette et Apollinaire!! Je ne sais si d'aucuns d'entre vous ont lu Céline mais pour les amoureux de la langue française, de la belle écriture c'est un régal. Ben oui je sais cela n'excuse pas les propos tenus dans "Bagatelle pour un massacre" et "L'école des cadavres" mais diantre quel auteur. En ce qui concerne cette BD c'est avec surprise que l'on retrouve Jean Dufaux au scénario tant le sujet semble éloigné de ses préoccupations ou motivations habituelles. A t'il tout bon ? Rien n'est moins sûr; je dirais que le propos est parfois décousu et relativement superficiel, en effet nous replongeons avec Céline dans ses souvenirs, les choses ne sont pas présentées de façon linéaire et l'on s'y perd un peu. Pour autant cela n'est pas inintéressant puisque cela permet de survoler le gotha de l'avant et pendant la guerre de 39/45. L'on croise Arletty, Michel Simon, etc... Le dessin de Jacques Terpant est essentiellement en bichromie avec des variantes de couleurs selon les époques évoquées, avant la guerre, pendant et l'époque actuelle. L'ensemble possède un ton très amer à l'image de Céline, vieux monsieur aigri et d'une manière générale assez déçu par la comportement du genre humain qu'il a pourtant contribué à soigner. Au final un récit qui ne pousse pas à la gaudriole amis à mon sens nécessaire et qui mérite cette note qui permettra je l’espère à ceux qui n'ont jamais lu un livre de cet auteur d'aller y voir. Sans jeu de mots aucun "Voyage au bout de la nuit" est une tuerie.

06/12/2017 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série La Lune est blanche
La Lune est blanche

Un voyage vers les Pôles, et plus encore vers l'immensité vide de l'Antarctique, c'est bien quelque chose qui me fait rêver. Et y être transporté avec le superbe dessin, les superbes peintures, d'Emmanuel Lepage, je dis oui. Il m'avait déjà convaincu avec son voyages vers les îles australes dans Voyage aux îles de la Désolation, alors là j'étais directement conquis à l'idée d'avoir droit au voyage vers l'Antarctique elle-même. D'autant plus que là, l'auteur n'y est pas seulement passager et résident immobile dans une base. En effet, lui et son frère photographe avaient été enrôlés comme chauffeurs pour le Raid, convoi de matériel et de vivres traversant en une dizaine de jours la distance séparant la base Dumont d'Urville, sur la côte, de celle de Concordia, au coeur du continent. Comme pour ses autres récits de voyage, Lepage s'attache avant tout à raconter ce qu'il ressent. Sa préparation au voyage, ses discussions avec les gens avant de partir, ses émotions et ses craintes, puis les gens qu'il rencontre en chemin et enfin le voyage lui-même. Je l'avoue c'est surtout cette dernière partie qui me motive avant tout, même si apprendre qui sont les gens qui vont là-bas, ce qu'ils font et comment ils vivent cette aventure est instructif et permet de découvrir les choses de l'intérieur. Mais ces eaux turquoises, ces paysages blancs et infinis, ce sentiment de bout du monde hostile et pur, ça, ça me touche et les planches de Lepage sont superbes. Je regrette un petit peu son choix d'avoir réalisé la majorité de ses dessins en teintes de gris au détriment de ceux en couleurs, plus rares mais tellement plus beaux. J'ai aussi le sentiment qu'il y aurait pu avoir un peu plus de photos de son frère inclus dans l'album, là encore car j'aime à voir les vraies couleurs et la vraie lumière. Cela me transporte davantage. Mais je pinaille car j'ai vécu le dépaysement et j'ai été transporté avec cet album sur l'Astrolabe, à Dumont d'Urville et dans l'aventure exceptionnelle du Raid. Merci aux auteurs et merci à ceux qui leur ont permis de vivre cela et de nous le transmettre.

06/12/2017 (modifier)