Maestros : un cocktail déjanté !
Prenez un soupçon de Preacher, une dose de Jodorowsky, un peu de Transmetropolitan. Mettez tout ça ensemble, brassez et vous obtiendrez Maestros ! Une lecture trash, irrévérencieuse, volontairement provocante et complètement folle. Voilà comment je peux décrire mon expérience avec Maestros de Steve Skroce publiée chez Hi Comics. Une expérience dont je ne suis pas sorti sans séquelles !
Le Maestros est mort, vite un autre !
L’histoire commence avec la mort très douloureuse, ce n’est pas peu dire, du Maestros Meethra Kahzar, le plus puissant sorcier de l’univers. Sa famille, composée de ses nombreuses femmes et enfants ont aussi trépassé en même temps que lui. Voilà donc l’univers privé de son dirigeant. Bien vite, les recherches du dernier descendant de Kahzar commence, car il est l’héritier de l’univers, rien de moins ! Et où se cache-t-il, cet héritier ? Sur la Terre, bien entendu ! Fruit d’une union houleuse entre le grand sorcier et Margaret, une terrienne, William, l’héritier, consume sa petite vie sur notre belle planète bleue. Les relations entre lui et son père n’étant pas au beau fixe, ce dernier l’ayant banni de son royaume, il ne voit donc pas de bon œil son retour. Mais bon, faut ce qu’il faut et on ne lui ne laisse pas vraiment le choix.
Un début, un milieu et une fin de règne chaotique
Voilà le donc William propulsé dirigeant de l’univers entier. Il hérite des responsabilités de son père, mais aussi de ses problèmes. Comme son paternel n’était pas de tout repos et avec une fâcheuse tendance à ne penser qu’à lui, les problèmes sont légions ! Faut bien dire que Willy ne se donne pas beaucoup de chance en voulant réformer l’univers à sa façon. Façon qui ne plaît pas aux nombreux ennemis qu’avait son père qui sont devenus, par la force des choses, ses ennemis aussi. Bref, c’est le bordel total du début à la fin. Bien que Willy soit le plus puissant sorcier de l’univers, il a hérité de ça aussi, il n’arrive pas à se sortir tout seul de toutes les péripéties qui lui tombent dessus. Mais il ne sera pas seul pour y faire face. Sa mère, Margaret va le supporter et l’aider, de même que son amie Wren, devant la menace de Rygol, un sorcier qui veut la place de Maestros mais surtout du surpuissant Mardok, l’assassin de son père.
Une lecture intense pour l’esprit et la rétine
Ce genre de lecture est sans nul doute une de mes favorites. Je ne connaissais rien de cette BD et de cet auteur. J’étais donc vierge de toute influence extérieure avant de commencer ma lecture. Cela me permet de me laisser aller totalement dans une œuvre et pénétrer entièrement dans l’histoire qui m’est racontée. Je n’ai pas été déçu ! L’histoire de Maestros est éclatée, tire un peu dans toutes les directions en faisant référence à toutes les sphères de l’imaginaire. Il y a des monstres, de la magie, des démons, des insectes, du cannibalisme et j’en passe ! L’auteur laisse libre cours à son imagination et ne se donne aucune limite. Malgré ce fait, l’histoire de Maestros est cohérente et ne laisse aucun temps mort aux lecteurs. C’est de l’action sans arrêt, des retournements, des situations folles, intenses, parfois grotesques et drôles. Les personnages sont bien définis, bien développés et viennent donner corps et âme à l’histoire de l’auteur. Willy est attachant dans sa naïveté et son désir de changement est crédible. Mardok dépasse le statut de simple méchant. Ses motivations et son passé changent l’histoire à la fin et viennent expliquer de brillante façon la finalité de cette BD. Maestros possède donc un scénario très bien ficelé, haletant et d’une grande intensité.
Une efficacité graphique sans faute
Steve Skroce nous offre une explosion visuelle hallucinante et le mot est faible. Parfois très sanglant, à la limite de l’acceptable, l’auteur laisse aller son crayon pour donner vie de brillante façon à ses créatures. La magie est très bien exploitée et est très vivante sous le dessin de Skroce. Les personnages sont très bien réalisés et très vivants. Les décors sont magnifiques et les détails pleuvent dans toutes les planches. La mise en scène est bien réalisée ce qui rend la lisibilité de cette BD facile. Dave Steward qui s’est occupé de la couleur, renforce le côté psychédélique du dessin avec ses teintes très prononcées de couleurs vives. C’est donc une collaboration parfaite entre les 2 artistes qui donnent à Maestros un graphisme sans faute.
Un mélange explosif qui se doit d’être lu !
Maestros de Steve Skroce m’a donné un très beau moment de lecture. J’ai retrouvé une partie de la folie de Preacher, le côté psychédélique de Jodo, l’intensité de Transmetropolitan. Un mélange de plusieurs influences qui donne à Maestros une saveur de réussite et prend une place indélébile dans mon palais mental !
Le zéro absolu est la plus basse température qui peut exister dans ce monde. Elle est fixée à -273 degrés Celsius. Rien ne peut y survivre. Zéro absolu c’est aussi une série de BD en 3 tomes publiée chez Soleil Productions. Histoire de hard SF qui intègre le fantastique et sortie de la tête de Christophe Bec et Richard Marazano. Histoire qui nous relate une mission où est autorisée 100 ? perte humaine, mais aucun dégât matériel. Autrement dit, rien ne peut y survivre !
Zéro absolu est une série en 3 tomes parue de 1997 à 1999. Scénarisée par Richard Marazano et dessinée par Christophe Bec, Zéro absolu est une histoire dense et complexe bourrée de références culturelles de la science-fiction. Possédant plusieurs niveaux scénaristiques collés sur une trame narrative qui mélange la hard SF militaire avec le fantastique, l’inconnu et possédant un petit côté révolutionnaire. Révolutionnaire dans sa conception qui était très précurseur pour l’époque ; et révolutionnaire aussi par la prise de position de certains personnages qui mettent en doute la mission et l’utilité de celle-ci. Par le fait même, l’auteur, Richard Marazano, en profite pour nous offrir, par la bouche de ses personnages, des opinions très tranchées qui sont encore très actuelles et qui le représentent très bien.
Une escouade militaire face au néant
Zéro absolu commence avec un tableau qui nous présente les membres des marines qui forment l’équipage d’un vaisseau spatial à destination d’une prochaine mission. Neuf personnages bien représentés, avec leur force et leur faiblesse, qui auront tous leur moment à eux au fil de l’histoire. Gros plan sur la salle cryogénique qui est un sublime hommage à la franchise Alien. Et là, un élément vient immédiatement nous questionner. Une toute petite case qui nous montre le livre de Mikhaïl Boulgakov, Le Maître et Marguerite. Le contraste est frappant, des couleurs spatiales, foncées, angoissantes, ce bouquin orangé, sort du lot et nos yeux sont directement attiré par l’ouvrage. Par la suite, les auteurs nous préparent, nous introduisent les personnages et leurs psychologies. Le lieutenant hésitant. Le soldat comique. Les 2 bleus têtes de turc des vétérans. Une approche classique, mais très bien réalisée. Après, ça déboule très vite dans le mystère et les questions. Il y a d’abord cette histoire de pilules que les soldats doivent prendre sans poser de questions. Ordre oblige ! Et ce code rouge associé à une mission qui n’est pas claire et qui ne présume rien de bon pour les soldats. L’important ? Que la mission réussisse ! Pertes humaines autorisées : 100 %. Dégâts matériels : 0%. Le rêve, quoi !
Une mission vouée à l’échec
Officiellement, la troupe militaire doit se rendre sur la planète Sibéria, lointaine planète glaciaire, pour vérifier et nettoyer une base polaire qui semble abandonnée et qui est sans vie à 1re vue. Tout au long de l’atterrissage, nous pouvons voir que la dynamique de la troupe n’est pas au beau fixe et que cela va poser problème ! Après, l’histoire s’accélère. Séquence de déploiement militaire pour la mission. Fenêtre de 20 heures pour la mission avant que la navette, en pilotage automatique, ne reparte. Tout est mis en place par Richard Marazano et Christophe Bec pour nous donner une ambiance militaire, froide, angoissante, sous tension. L’attente vers l’élément déclencheur arrive très rapidement quand un des soldats rencontre un homme qui lui tire une balle dans l’épaule. Menace qui très rapidement réduite au néant. Mais, comment un homme peut-il être présent dans une base qui frôle le zéro absolu et ce, sans scaphandre? Et comment un soldat blessé dans un scaphandre endommagé peut-il retourner au centre de commandement situé à l’extérieur avec une température qui frôle le -150 degrés Celsius enregistré par l’ordinateur de sa combinaison ? Le fantastique entre en jeu à partir de ce moment. Le reste de l’histoire nous raconte la suite de la mission et les tenants et les aboutissants de celle-ci. C’est un résumé très linéaire, car en vérité, les auteurs nous plongent dans un huis clos polaire avec des planches remplies d’indices cachés pour la compréhension de l’histoire. Une case avec des images de démons. Une autre avec celle du Christ. Des photos du passé des personnages qui expliquent leur relation extérieure. Des flashbacks. Mais il y aussi ces passages illustrés du roman Le Maître et Marguerite qui viennent magnifier le tout en rajoutant une couche de profondeur à cette histoire militaire. Petit à petit, le lecteur ou la lectrice plonge dans l’antre de l’incompréhension superficielle pour celui ou celle qui demeure sur la surface de l’histoire sans y pénétrer complètement et se laisser happer par les mots et les dessins des auteurs. Car une fois sous la surface, nous sommes devant une histoire très dense, complexe, aux ramifications nombreuses, mais qui demeure cohérente dans son intégralité pour en arriver à une finalité qui referme le dernier tome de brillante façon avec ce magnifique duel sur la glace !
L’ambiance, l’ambiance et encore l’ambiance
Dans Zéro absolu, le scénario de Richard Marazano, le dessin de Christophe Bec et les couleurs fusionnent parfaitement pour créer une ambiance suffocante, angoissante, d’une froideur absolue qui glace le sang du lecteur ou de la lectrice. Tout au long de la série, Christophe Bec nous donne des dessins qui ne dégagent aucune chaleur. Dans le choix de son découpage, tout est placé pour arriver à une lecture chargée de détails, mais sans troubler celle-ci. Dessins qui viennent accentuer la puissance de certains dialogues de l’auteur, Richard Marazano. C’est une fusion quasi parfaite entre le travail des 2 artistes. On peut reprocher à Christophe Bec de mettre l’accent sur les décors en oubliant quelquefois les personnages et leurs émotions. C’est visible ici, car nous sommes au début de la brillante carrière de l’auteur. Mais, pour moi, dans Zéro absolu, ce n’est pas un défaut en soi, car l’ambiance est d’abord créée par les somptueux décors qu’il a créés pour cette série. Richard Marazano pour sa part, lui aussi au début d’une brillante carrière, impressionne avec des dialogues travaillés, bien pensés et formulés. Avec aussi des personnages fort bien développés qui contribuent à accentuer cette ambiance de tragédie à venir. La coloration, réalisée par Homer Reyes, Stamp et Urigel Santos vient compléter avec brio cette ambiance avec des thèmes sombres, froids et mécaniques.
De la SF dure, ambiancée, réaliste et angoissante
Zéro absolu, tome 1 sorti en 1997, et série terminée en 1999, fait figure de précurseur dans le monde de la SF en BD. Avec ce mélange de hard SF et de fantastique, les 2 auteurs nous ont offert une série brillante qui demande par contre un degré d’attention élevé pour la lecture. Ici, place à la lecture active pour découvrir Le Maître et Marguerite qui est au centre de l’histoire pensée par les auteurs. Ici, il faut regarder chaque case dans chaque planche pour y retrouver les indices, les détails qui aideront à saisir l’histoire. Une grande histoire de science-fiction qui démontre tout son potentiel. Et dire que cette série était au début des carrières des auteurs, nous démontre bien l’immense potentiel qu’ils possédaient. Potentiel qui a été maintes fois prouvés depuis.
Olympus Mons
C’est donc avec une certaine crainte que j’ai entamé la rédaction de cette chronique il y a quelques semaines. Car malgré mes années d’expérience de lecteur BD et maintenant de chroniqueur BD, j’ai rarement été capable de schématiser ma pensée pour écrire un truc correct quand ça implique Christophe Bec, un de mes scénaristes favoris. Pourquoi ? Je ne saurais le dire. Peut-être parce qu’il est parmi les auteurs qui fait vibrer mon amour de la SF à un rare degré. Peut-être parce que ses histoires combinent tous les éléments qui me plaisent dans ce genre. Mais c’est surtout parce qu’il est doué et qu’il m’intimide un peu, je crois ! Dans le bon sens ! Bref, cette fois je me suis lancé et je vais vous parler de la série Olympus Mons, qu’il a réalisé avec Stefano Raffaele aux dessins. Je vais essayer en tout cas !
Au commencement, en 2017, il y a eu l’Anomalie un. Premier tome de la série. Tome d’introduction, mais avec Bec, l’introduction n’est jamais très longue ! L’auteur nous plonge immédiatement dans son histoire qui mélange les thèmes qui lui sont chers : les phénomènes inexpliqués, la présence de visiteurs d’ailleurs, l’incompréhension humaine, le complot gouvernemental, le mensonge, des énigmes et un brin de fantastique. Sans oublier la réaction humaine face à tout ceci. Bref, un savant mélange de tout ce que j’aime et qui me fait penser un peu à X-Files ! Ça commence donc en 2026 quand des phénomènes inexpliqués se produisent sur la planète. Parallèlement, une équipe de chasseurs d’épaves trouve un artefact inconnu dans le fond des mers. Un médium a des visions d’une mystérieuse épave sous-marine, voit un message adressé aux humains sur un écran et des cosmonautes trouvent, sur Mars, un vaisseau spatial en ruine. Et là tout commence et attachez-vous, car ça va vite par la suite ! Les huit tomes suivants, publiés entre 2017 et 2022, viendront développer cette histoire de phénomènes inexpliqués. Dur d’en dire plus pour ne pas divulgâcher votre plaisir de lecture. Sachez seulement que cette histoire prendra un tournant qui verra un retour à une certaine guerre froide entre les Russes et les Américains. Que les secrets seront bien gardés, et ça à tout prix ! Que les gouvernements en savaient beaucoup plus qu’ils le laissaient voir ! Que tout cela aura de fortes répercussions sur l’existence même de l’humanité ! Et que la vie éternelle, ah non, je n’en dis pas plus !
Si vous connaissez un peu Christophe Bec, vous devinez que l’auteur joue sur son terrain favori. Il nous a habitué à ce genre d’histoire dans le passé avec des séries comme : Bunker, Carthago, Sanctuaire, Prométhée, Zéro absolu et plus ! Olympus Mons est pour moi une synthèse de toutes les idées de Bec en une série et c’est pour ça que je la considère comme l’une de ses meilleures. L’auteur démontre tout son talent pour arriver à tenir ses lecteurs et lectrices en haleine tout au long de leur lecture. Il le fait aussi par la cohérence de son scénario, car il va loin dans cette histoire et les tenants et les aboutissants sont complexes. Il joue avec l’histoire de l’humanité, il ne se limite pas à une seule époque. Il divise son histoire sous plusieurs arcs narratifs qui pourraient s’emmêler, mais jamais cela ne se produit. Il développe nombre de personnages qui viennent graviter autour des personnages principaux, qui eux sont très bien développés avec un passé, un présent et un futur, mais surtout des motivations que l’on comprend et accepte. Il s’amuse aussi avec des concepts scientifiques et les voyages spatiaux ce qui rapproche sa série de la hard SF, mais le fait qu’il insère des éléments futuristes extraterrestres fait en sorte que nous sommes devant une série très difficile à catégoriser ! S’il fallait le faire, je dirais que c’est une série de science-fiction et toute une, voilà !
Maintenant, quoi dire sur l’univers graphique de la série ? Dessinée par l’artiste Stefano Raffaele, qui est aussi le maître d’œuvre de la série Prométhé avec Bec. Les couleurs sont du Digikore Studios et les neuf couvertures de la série sont signées par Pierre Loyvet. C’est donc un travail d’équipe qui est de mise à la conception visuelle qui donne vie à l’histoire de Bec. Le dessinateur a dû jongler avec divers décors. Une partie dans la mer, une autre sur Mars, une dans la froideur des vieilles bâtisses gouvernementales, d’autres dans les vaisseaux d’un passé éloigné, mais d’une technologie futuriste. Sans oublier les sauts temporels ! Bref, beaucoup de travail pour le dessinateur pour appuyer le scénario de l’auteur. Et c’est fort bien réussi je dois dire. L’ambiance y est et les décors y sont somptueux. Les personnages aussi sont bien faits et très réalistes. Le dessin est au service de l’histoire et en ce sens, c’est une réussite. Les couleurs sont lisses et bien exécutées. Elles représentent bien le moment et le lieu, froides comme la mer, l’espace. Éclatantes comme une Mars d’un rouge spatial. Bref, elles viennent magnifier le dessin de Raffaele. Et les neuf couvertures de Loyvet sont magnifiques et donnent le ton à chaque tome !
Bref, c’est une belle et longue lecture que vous avez devant vous avec Olympus Mons. Neuf tomes d’une histoire incroyable. De longs dialogues vous attendent. C’est des révélations, des secrets, des conspirations, de l’action que vous allez trouver dans chacun des tomes. Bien entendu, nous sommes dans des chemins connus si vous êtes déjà lecteurs et lectrices de Bec. Des chemins connus certes, mais qui n’ont pas fini d’être défrichés. Pour les autres, qui découvriront l’auteur avec cette série, je vous avertis, préparez-vous, car ça développe une certaine dépendance et surtout ça reste dans votre tête longtemps et même à jamais !
Bonne lecture !
Olympus Mons
Neuf tomes parus
Scénario par Christophe Bec
Dessiné par Stefano Raffaele
Ed. Soleil Productions
« Celui qui ne peut plus éprouver ni étonnement ni surprise est pour ainsi dire mort : ses yeux sont éteints. »
Albert Einstein.
C’est avec cette citation que je commence cette petite chronique sur la série Le petit derrière de l’histoire de Kathia Even, car c’est avec étonnement que j’ai entrepris cette lecture, mais c’est sans surprise que j’ai adoré ! J’ai eu la chance et l’honneur d’être contacté par l’autrice pour en faire la lecture en service de presse et je lui dis un grand merci !
Marie, le personnage principal et son acolyte Ben, sévissent sur le web depuis un bon bout de temps. L’autrice, pendant le confinement, nous a donné une série de strips plus drôles et coquins d’un à l’autre. Car oui, ici nous tombons dans la bande dessinée érotique, mais surtout, humoristique. Marie est une grande amatrice de sexe et Ben en fait les frais quelquefois, mais ici, l’autrice nous plonge dans une grande aventure ou les talents de Marie pourraient bien refaire l’histoire du monde !
Encore une fois, expliquer en mots une telle expérience de lecture est difficile tant l’autrice s’amuse avec l’histoire et sa Marie. Car Marie est prisonnière du temps et à l’aide d’une machine, tirée des meilleures influences dans le genre, se promène d’époque en époque pour faire des rencontres amusantes et lubriques avec les grands de ce monde. En passant par Léonard de Vinci, Tesla et plus encore, elle laissera sa marque dans « histoire de notre monde. Et tout ça, l’autrice le fait avec un savant mélange, quasi parfait d’ailleurs, d’humour, d’action et d’érotisme. Érotisme oui et toujours dans le bon goût, jamais elle ne va trop loin ce qui laisse notre imagination vagabonder dans ces contrées d’amour, de sexe et de plaisirs et c’est fort agréable !
Katia Even excelle dans le design de ses personnages. Tous sont attachants et sympathiques et elle détruit aussi les standards de beauté en nous donnant une Marie toute en rondeur et féminine. Ben aussi représente bien les hommes dans ces aventures rocambolesques ! Secondé par Marina Duclos aux couleurs, qui nous donne de superbes ambiances et viennent magnifier l’univers graphique.
C’est donc deux tomes de grandes qualités que nous propose Katia Even. Le troisième est présentement en socio-financement allez jeter un œil ! Deux tomes qui nous titillent les yeux, réveillent nos envies, enflamment notre sourire et nous donnent un excellent moment de lecture.
On dit que derrière grand homme, il y a eu une femme. Et bien, l’histoire nous apprend que c’est une seule et unique femme, Marie !
Le petit derrière de l’histoire.
Deux tomes.
Scénario et dessins par Katia Even.
Couleurs par Marina Duclos.
Éditions du Chat.
« Il y a seulement deux choses infinies en ce monde, l’univers et la stupidité humaine, et je n’ai pas une totale certitude pour l’univers » Albert Einstein La poésie du réel. Marwan Kahil. Page 83.
Cette citation d’Einstein représente très bien, pour moi, ce que le monde est et elle prend encore plus de sens en ce moment où nous sommes confrontés à un ennemi qui nous tue et nous divise. Cela prouve l’universalité de la pensée d’Einstein qui était, avant tout, scientifique, mais aussi philosophe. Et cette fusion entre ces deux modes de pensée est la pierre angulaire de cette merveilleuse histoire que nous raconte l’auteur Marwan Kahil.
Cette bande dessinée a pour moi une histoire particulière. Elle commence, cette histoire, avec la rencontre de son auteur Marwan Kahil par l’entreprise de Facebook. Comme quoi il n’est pas seulement une poubelle à ciel ouvert et qu’il a son utilité quand il est bien utilisé. Cette rencontre représente manifestement une étape nouvelle dans ma vie. De par les atomes crochus que nous avons tous les deux, mais aussi par nos conversations qui en sont suivies, conversations qui m’ont permis d’avancer et d’apprendre. Car, Marwan Kahil possède une grande érudition et c’est au contact des gens comme lui que nous évoluons dans notre pensée et nos connaissances. Après avoir lu son superbe Léonard de Vinci, l’auteur m’a fait parvenir sa première bande dessinée, A. Einstein. La poésie du réel qu’il a fait avec le dessinateur Manuel Garcia Iglesias aux éditions 21 g dans la collection Destins d’histoire. Ce cadeau, cette lecture, offerts avec une dédicace touchante et personnelle démontre, hors de tous doutes, les grandes qualités littéraires de Marwan Kahil et celles aussi de son dessinateur.
Albert Einstein est un exilé de l’humanité. Il a fui la guerre pour se retrouver à y participer sans le vouloir. Il a parlé de paix tout en travaillant sur l’arme nucléaire. Cette dualité, qui n’en est pas réellement une, est bien présente dans l’histoire de l’auteur, car il n’omet rien. Toute cette vie remplie du célèbre scientifique nous est présentée. Et l’auteur le fait avec une vulgarisation qui rend toute cette vie, mais surtout toutes ses découvertes faciles d’accès pour tous lecteurs et lectrices. Car, expliquer le mode de pensée et la réalisation de celle-ci de Albert Einstein n’est pas chose facile. Nous sommes ici devant l’un des plus grands cerveaux de l’histoire de l’humanité. Un homme qui a changé à jamais la conception de la physique et bien plus. Et tout cela dans une époque troublée et instable. Pour se faire, l’auteur commence avec les derniers moments de la vie d’Einstein et insère de nombreux retour en arrière qui nous raconte sa vie, ses réalisations, ses amours, ses réussites, ses défaites, ses peurs. Car derrière le grand scientifique, se cache un homme sensible, qui aime la vie et qui place l’amitié au-dessus de tout. D’ailleurs, nous voyons clairement comment ses amis.es ont été une source d’inspiration, de stimulation et de très grands complices dans sa vie, tant personnelle que professionnelle. Cette ouverture sur ces pans de la vie Einstein, méconnus pour la plupart, est la plus grande qualité de l’écriture de l’auteur. Il ne reste pas sur la surface de la vie de l’homme, mais va en dessous pour bien expliquer qui il était. Un autre point où l’auteur excelle, c’est dans sa grande capacité d’expliquer simplement des méthodes scientifiques complexes et profondes et sur ce point, il est grandement appuyé par le dessinateur qui vient schématiser les découvertes incroyables d’Einstein ce qui rend le tout d’une compréhension facile à la lecture. C’est tout un exploit ! Le travail du dessinateur, Manuel Garcia Iglesias, est tout aussi remarquable. Pas facile dans une bande dessinée très intellectuelle de réussir à faire vivre l’histoire complexe d’un homme tout aussi complexe, et il s’en sort très bien !
La bande dessinée est aussi un magnifique ouvrage. Les éditions 21g réussissent toujours à nous donner de belles éditions. De plus, elle propose des annexes d’une richesse incroyable qui viennent renforcer le côté pédagogique de l’œuvre. À l’époque d’Einstein, la science était importante. Les scientifiques étaient de grandes vedettes qui faisaient les couvertures des grands médias. C’est tout un contraste avec notre époque ou la science est reléguée aux faits divers et où les scientifiques ne sont pas ou peu reconnus et écoutés. C’est peut-être la plus grande qualité de cette bande dessinée, nous rappeler l’importance de cette science qui change l’humanité. Einstein la fait plusieurs fois, mais il n’est pas le seul. Une lecture absolument pédagogique et tout aussi passionnante que je vous conseille fortement. Un duo d’auteur qui a bien fusionné leurs qualités respectives. Une histoire sur la vie d’un homme exceptionnel que chaque personne devrait connaître. Une grande bande dessinée.
« Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé »
Albert Einstein.
A. Einstein – la poésie du réel.
Scénario par Marwan Kahil.
Dessins par Manuel Garcia Iglesias.
Éditeur : 21 g.
Collection : Destins d’histoire.
128 pages.
ISBN : 979-10-93111-23-0
Et bien en voilà une surprise !
Je suis tombé sur cette BD par hasard. BD sortie en 2000 mais avec une toute une histoire d’édition !
Pourtant je commence à connaître l’œuvre du camarde Marazano Richard , du moins, je pensais ! Car il me surprendra toujours !
Ici, l’auteur fait tout. Scénario, dessins et couleurs dans une superbe BD aux éditions Carabas. Il plonge dans la SF mais c’est surtout un beau prétexte pour nous partager sa vision sur la guerre, les soldats, les dirigeants et comment la société la vit. En ce fait, on ressent clairement les influences de La Guerre Eternelle de Joe Haldeman et si vous me connaissez, c’est un sacré compliment.
Bien entendu, là où Marazano excelle depuis toujours c’est au scénario. Il a un don naturel pour nous raconter des histoires complexes et profondes avec des dialogues puissants, percutants avec un degré littéraire et de connaissances fabuleux. Tout ça, à à la portée de tous et toutes. De plus, il s’amuse clairement au dessin et à la couleur avec des ambiances sombres, angoissantes, mystérieuses aussi dans un environnement SF froid et stérile. Froid et stérile comme les machines et armes complexes qui n’attendent que le bon moment pour donner la mort dans une guerre inévitable.
Une BD plus qu’intéressante, qui démontre l’étendue des talents de dessinateur de Marazano mais surtout, qui prouve qu’il avait une grande carrière devant lui. 22 ans plus tard, plus de 100 BD à son actif, Le bataillon des lâches parait une parenthèse dans cette brillante carrière mais il en est rien. C’est une BD accomplie, qui développe des thèmes très actuels et qui joue avec les références du genre de la SF avec brio. D’ailleurs amusez-vous à trouver toutes les références que l’auteur a insérées dans son histoire ! Du plaisir !
Le bataillon des lâches.
Scénario, dessins et couleurs par Richard Marazano.
Éditions Carabas.
Collection Nexus.
2000
Un ancêtre. Bien sûr, les codes ont bougé, la façon de présenter n'est plus la même. Normal me direz-vous, pour un titre de plus de 130 ans.
Et pourtant ! La forme vieillotte, la BD reste percutante, et on arbore un petit sourire amusé face aux facéties de ce brave sapeur et ses patronymes fromagers (Camember et Cancoyotte, belle brochette parentale !)
Est-ce que nos propres titres survivront aussi longtemps sans être dépassés et illisibles ? Je me le demande.
On pourrait prendre facilement " La Fée Aveline" comme une série alimentaire de Goscinny tellement il a été bien payé par le patron de "Jour de France" pour la réaliser. Pourtant Marcel Dassault, ce patron, n'avait pas la réputation de jeter l'argent par les fenêtres.
Goscinny nous montre là toute l'étendue de son talent. C'est le même concept que pour Olivier Rameau soit des allers-retours entre un monde merveilleux de fées ou de princes et notre monde réel (où l'on s'ennuie ?).
Monde réel où le concept de "Prince charmant" a aussi toute sa place dans l'imaginaire féminin depuis l'enfance.
C'est là où je retrouve toute la verve de Goscinny. Sous des apparences anodines il y a bien une gentille image dérisoire de ce fameux "prince". Ces pages étaient en priorité destinées à un public féminin adulte qui devait bien rire.
Le procédé comique est celui de l'arroseur arrosée puisque tous les plans de Carabosse se retournent contre elle.
Goscinny nous gâte avec des stéréotypes très masculins tournés en dérision : le patron et sa secrétaire, le snobisme, le playboy ou encore le patriarche perdu hors de son monde. Je trouve Goscinny extraordinairement moderne dans sa vision sociétale.
Pour ne rien gâter, il ajoute une touche d'écologie bien avant l'heure.
Pour compléter le tableau Coq nous livre un superbe dessin très vivant. C'est fluide, c'est précis, c'est dynamique, c'est sexy et c'est drôle.
La seule faiblesse inhérente à ces séries destinées à être livrées par planche pour un journal, est le découpage et le rythme qui ne correspond pas trop au format album.
Un petit trésor d'orfèvre pour moi
Je crois que c’est la première série de Pelaez que je lis. Je vais aller voir ce qu’il a fait ailleurs, car cet album m’a plu, dans son sujet et le traitement de celui-ci.
J’ai par contre lu une bonne partie de ce que Oger a publié (au dessin ou comme auteur complet), et j’ai retrouvé ici son dessin très caractéristique, semi-réaliste, jouant sur un trait faisant la part belle aux courbes. Et une colorisation qui elle aussi m’a plu, avec ces couleurs ternes que traversent des touches – ou des tâches – de rouge, rappelant le sang et la révolution (le souvenir de la Commune les rassemble sous le même drapeau).
C’est un hommage au Paris des gueux, aux révoltés, aux Communards. Mais l’histoire y ajoute l’imaginaire des apaches, d’une sorte de Cour des miracles moderne. Et un mystérieux justicier, sorte d’ange exterminateur qui élimine les notables qui ont participé à la destruction des Communards ou de leurs idéaux. Il y a dans ce personnage pas mal de choses que l’on trouvait chez les feuilletonistes du début du XXème siècle, un peu du Fantômas de Souvestre et Allain par exemple. Sa cape, le fait que son visage reste invisible, sa capacité à échapper aux forces de l’ordre – au-delà du vraisemblable, mais on s’en fiche en fait – tout fait de ce justicier violent – et volant ! – un personnage fascinant.
Chaque chapitre est conclu par un pastiche de couverture du magazine populaire « Le Petit journal », et un dossier/revue de presse/recueil de documents d’époque en fin de volume ajoute au cachet de cet album, que j’ai trouvé chouette à regarder et intéressant à lire.
La fin du premier tome livre pas mal de secrets. A voir comment cela va se conclure dans le tome suivant. Mais je l’attends avec impatience !
Une réussite pour le moment.
Je suis toujours friand des livres pour les très jeunes. Cela permet de partager des moments forts avec ses enfants et de transmettre de façon très ludique en dehors du carcan scolaire.
Hachette éducation propose cette collection qui cible les 6/8ans du début CP au Ce1. La maison d'édition s'appuie sur son impressionnant catalogue Disney mais propose aussi quelques titres Marvel.
L'ouvrage a un but récréatif avec deux histoires BD soit une trentaine de pages. Il y a aussi un côté pédagogique fort avec une rubrique "Sais-tu comment lire une BD ?", un sommaire, une présentation des personnages et deux pages de préparation à la lecture.
Dans cet ouvrage Isabelle Albertin propose deux histoires conduites par Nick et Judy encore jeunes héros de l'excellent Zootopie. Une petite enquête pour retrouver un collier égaré et une manière astucieuse de faire face à la violence pour nettoyer un jardin.
Le scénario est bien construit avec des rebondissements et une fin qui porte des valeurs. Le lettrage est clair et lisible. Le texte a un bon niveau de vocabulaire et est agréable à lire. Il y a même une légère dose d'humour qui ne gâte rien.
Le graphisme est adapté aux jeunes enfants avec une ligne claire sans surprise et des couleurs douces. C'est dynamique et fluide.
Cela se lit assez vite (pour un enfant) mais il ne faut pas hésiter à relire. Il y a un quizz à la fin de l'histoire pour voir si l'enfant à bien compris.
C'est un peu scolaire mais cela permet aux enfants de se sentir en pays de connaissance. J'aime bien et mes enfants aussi.
Evidemment je donne une note relative pour la petite jeunesse.
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Maestros
Maestros : un cocktail déjanté ! Prenez un soupçon de Preacher, une dose de Jodorowsky, un peu de Transmetropolitan. Mettez tout ça ensemble, brassez et vous obtiendrez Maestros ! Une lecture trash, irrévérencieuse, volontairement provocante et complètement folle. Voilà comment je peux décrire mon expérience avec Maestros de Steve Skroce publiée chez Hi Comics. Une expérience dont je ne suis pas sorti sans séquelles ! Le Maestros est mort, vite un autre ! L’histoire commence avec la mort très douloureuse, ce n’est pas peu dire, du Maestros Meethra Kahzar, le plus puissant sorcier de l’univers. Sa famille, composée de ses nombreuses femmes et enfants ont aussi trépassé en même temps que lui. Voilà donc l’univers privé de son dirigeant. Bien vite, les recherches du dernier descendant de Kahzar commence, car il est l’héritier de l’univers, rien de moins ! Et où se cache-t-il, cet héritier ? Sur la Terre, bien entendu ! Fruit d’une union houleuse entre le grand sorcier et Margaret, une terrienne, William, l’héritier, consume sa petite vie sur notre belle planète bleue. Les relations entre lui et son père n’étant pas au beau fixe, ce dernier l’ayant banni de son royaume, il ne voit donc pas de bon œil son retour. Mais bon, faut ce qu’il faut et on ne lui ne laisse pas vraiment le choix. Un début, un milieu et une fin de règne chaotique Voilà le donc William propulsé dirigeant de l’univers entier. Il hérite des responsabilités de son père, mais aussi de ses problèmes. Comme son paternel n’était pas de tout repos et avec une fâcheuse tendance à ne penser qu’à lui, les problèmes sont légions ! Faut bien dire que Willy ne se donne pas beaucoup de chance en voulant réformer l’univers à sa façon. Façon qui ne plaît pas aux nombreux ennemis qu’avait son père qui sont devenus, par la force des choses, ses ennemis aussi. Bref, c’est le bordel total du début à la fin. Bien que Willy soit le plus puissant sorcier de l’univers, il a hérité de ça aussi, il n’arrive pas à se sortir tout seul de toutes les péripéties qui lui tombent dessus. Mais il ne sera pas seul pour y faire face. Sa mère, Margaret va le supporter et l’aider, de même que son amie Wren, devant la menace de Rygol, un sorcier qui veut la place de Maestros mais surtout du surpuissant Mardok, l’assassin de son père. Une lecture intense pour l’esprit et la rétine Ce genre de lecture est sans nul doute une de mes favorites. Je ne connaissais rien de cette BD et de cet auteur. J’étais donc vierge de toute influence extérieure avant de commencer ma lecture. Cela me permet de me laisser aller totalement dans une œuvre et pénétrer entièrement dans l’histoire qui m’est racontée. Je n’ai pas été déçu ! L’histoire de Maestros est éclatée, tire un peu dans toutes les directions en faisant référence à toutes les sphères de l’imaginaire. Il y a des monstres, de la magie, des démons, des insectes, du cannibalisme et j’en passe ! L’auteur laisse libre cours à son imagination et ne se donne aucune limite. Malgré ce fait, l’histoire de Maestros est cohérente et ne laisse aucun temps mort aux lecteurs. C’est de l’action sans arrêt, des retournements, des situations folles, intenses, parfois grotesques et drôles. Les personnages sont bien définis, bien développés et viennent donner corps et âme à l’histoire de l’auteur. Willy est attachant dans sa naïveté et son désir de changement est crédible. Mardok dépasse le statut de simple méchant. Ses motivations et son passé changent l’histoire à la fin et viennent expliquer de brillante façon la finalité de cette BD. Maestros possède donc un scénario très bien ficelé, haletant et d’une grande intensité. Une efficacité graphique sans faute Steve Skroce nous offre une explosion visuelle hallucinante et le mot est faible. Parfois très sanglant, à la limite de l’acceptable, l’auteur laisse aller son crayon pour donner vie de brillante façon à ses créatures. La magie est très bien exploitée et est très vivante sous le dessin de Skroce. Les personnages sont très bien réalisés et très vivants. Les décors sont magnifiques et les détails pleuvent dans toutes les planches. La mise en scène est bien réalisée ce qui rend la lisibilité de cette BD facile. Dave Steward qui s’est occupé de la couleur, renforce le côté psychédélique du dessin avec ses teintes très prononcées de couleurs vives. C’est donc une collaboration parfaite entre les 2 artistes qui donnent à Maestros un graphisme sans faute. Un mélange explosif qui se doit d’être lu ! Maestros de Steve Skroce m’a donné un très beau moment de lecture. J’ai retrouvé une partie de la folie de Preacher, le côté psychédélique de Jodo, l’intensité de Transmetropolitan. Un mélange de plusieurs influences qui donne à Maestros une saveur de réussite et prend une place indélébile dans mon palais mental !
Zéro absolu
Le zéro absolu est la plus basse température qui peut exister dans ce monde. Elle est fixée à -273 degrés Celsius. Rien ne peut y survivre. Zéro absolu c’est aussi une série de BD en 3 tomes publiée chez Soleil Productions. Histoire de hard SF qui intègre le fantastique et sortie de la tête de Christophe Bec et Richard Marazano. Histoire qui nous relate une mission où est autorisée 100 ? perte humaine, mais aucun dégât matériel. Autrement dit, rien ne peut y survivre ! Zéro absolu est une série en 3 tomes parue de 1997 à 1999. Scénarisée par Richard Marazano et dessinée par Christophe Bec, Zéro absolu est une histoire dense et complexe bourrée de références culturelles de la science-fiction. Possédant plusieurs niveaux scénaristiques collés sur une trame narrative qui mélange la hard SF militaire avec le fantastique, l’inconnu et possédant un petit côté révolutionnaire. Révolutionnaire dans sa conception qui était très précurseur pour l’époque ; et révolutionnaire aussi par la prise de position de certains personnages qui mettent en doute la mission et l’utilité de celle-ci. Par le fait même, l’auteur, Richard Marazano, en profite pour nous offrir, par la bouche de ses personnages, des opinions très tranchées qui sont encore très actuelles et qui le représentent très bien. Une escouade militaire face au néant Zéro absolu commence avec un tableau qui nous présente les membres des marines qui forment l’équipage d’un vaisseau spatial à destination d’une prochaine mission. Neuf personnages bien représentés, avec leur force et leur faiblesse, qui auront tous leur moment à eux au fil de l’histoire. Gros plan sur la salle cryogénique qui est un sublime hommage à la franchise Alien. Et là, un élément vient immédiatement nous questionner. Une toute petite case qui nous montre le livre de Mikhaïl Boulgakov, Le Maître et Marguerite. Le contraste est frappant, des couleurs spatiales, foncées, angoissantes, ce bouquin orangé, sort du lot et nos yeux sont directement attiré par l’ouvrage. Par la suite, les auteurs nous préparent, nous introduisent les personnages et leurs psychologies. Le lieutenant hésitant. Le soldat comique. Les 2 bleus têtes de turc des vétérans. Une approche classique, mais très bien réalisée. Après, ça déboule très vite dans le mystère et les questions. Il y a d’abord cette histoire de pilules que les soldats doivent prendre sans poser de questions. Ordre oblige ! Et ce code rouge associé à une mission qui n’est pas claire et qui ne présume rien de bon pour les soldats. L’important ? Que la mission réussisse ! Pertes humaines autorisées : 100 %. Dégâts matériels : 0%. Le rêve, quoi ! Une mission vouée à l’échec Officiellement, la troupe militaire doit se rendre sur la planète Sibéria, lointaine planète glaciaire, pour vérifier et nettoyer une base polaire qui semble abandonnée et qui est sans vie à 1re vue. Tout au long de l’atterrissage, nous pouvons voir que la dynamique de la troupe n’est pas au beau fixe et que cela va poser problème ! Après, l’histoire s’accélère. Séquence de déploiement militaire pour la mission. Fenêtre de 20 heures pour la mission avant que la navette, en pilotage automatique, ne reparte. Tout est mis en place par Richard Marazano et Christophe Bec pour nous donner une ambiance militaire, froide, angoissante, sous tension. L’attente vers l’élément déclencheur arrive très rapidement quand un des soldats rencontre un homme qui lui tire une balle dans l’épaule. Menace qui très rapidement réduite au néant. Mais, comment un homme peut-il être présent dans une base qui frôle le zéro absolu et ce, sans scaphandre? Et comment un soldat blessé dans un scaphandre endommagé peut-il retourner au centre de commandement situé à l’extérieur avec une température qui frôle le -150 degrés Celsius enregistré par l’ordinateur de sa combinaison ? Le fantastique entre en jeu à partir de ce moment. Le reste de l’histoire nous raconte la suite de la mission et les tenants et les aboutissants de celle-ci. C’est un résumé très linéaire, car en vérité, les auteurs nous plongent dans un huis clos polaire avec des planches remplies d’indices cachés pour la compréhension de l’histoire. Une case avec des images de démons. Une autre avec celle du Christ. Des photos du passé des personnages qui expliquent leur relation extérieure. Des flashbacks. Mais il y aussi ces passages illustrés du roman Le Maître et Marguerite qui viennent magnifier le tout en rajoutant une couche de profondeur à cette histoire militaire. Petit à petit, le lecteur ou la lectrice plonge dans l’antre de l’incompréhension superficielle pour celui ou celle qui demeure sur la surface de l’histoire sans y pénétrer complètement et se laisser happer par les mots et les dessins des auteurs. Car une fois sous la surface, nous sommes devant une histoire très dense, complexe, aux ramifications nombreuses, mais qui demeure cohérente dans son intégralité pour en arriver à une finalité qui referme le dernier tome de brillante façon avec ce magnifique duel sur la glace ! L’ambiance, l’ambiance et encore l’ambiance Dans Zéro absolu, le scénario de Richard Marazano, le dessin de Christophe Bec et les couleurs fusionnent parfaitement pour créer une ambiance suffocante, angoissante, d’une froideur absolue qui glace le sang du lecteur ou de la lectrice. Tout au long de la série, Christophe Bec nous donne des dessins qui ne dégagent aucune chaleur. Dans le choix de son découpage, tout est placé pour arriver à une lecture chargée de détails, mais sans troubler celle-ci. Dessins qui viennent accentuer la puissance de certains dialogues de l’auteur, Richard Marazano. C’est une fusion quasi parfaite entre le travail des 2 artistes. On peut reprocher à Christophe Bec de mettre l’accent sur les décors en oubliant quelquefois les personnages et leurs émotions. C’est visible ici, car nous sommes au début de la brillante carrière de l’auteur. Mais, pour moi, dans Zéro absolu, ce n’est pas un défaut en soi, car l’ambiance est d’abord créée par les somptueux décors qu’il a créés pour cette série. Richard Marazano pour sa part, lui aussi au début d’une brillante carrière, impressionne avec des dialogues travaillés, bien pensés et formulés. Avec aussi des personnages fort bien développés qui contribuent à accentuer cette ambiance de tragédie à venir. La coloration, réalisée par Homer Reyes, Stamp et Urigel Santos vient compléter avec brio cette ambiance avec des thèmes sombres, froids et mécaniques. De la SF dure, ambiancée, réaliste et angoissante Zéro absolu, tome 1 sorti en 1997, et série terminée en 1999, fait figure de précurseur dans le monde de la SF en BD. Avec ce mélange de hard SF et de fantastique, les 2 auteurs nous ont offert une série brillante qui demande par contre un degré d’attention élevé pour la lecture. Ici, place à la lecture active pour découvrir Le Maître et Marguerite qui est au centre de l’histoire pensée par les auteurs. Ici, il faut regarder chaque case dans chaque planche pour y retrouver les indices, les détails qui aideront à saisir l’histoire. Une grande histoire de science-fiction qui démontre tout son potentiel. Et dire que cette série était au début des carrières des auteurs, nous démontre bien l’immense potentiel qu’ils possédaient. Potentiel qui a été maintes fois prouvés depuis.
Olympus Mons
Olympus Mons C’est donc avec une certaine crainte que j’ai entamé la rédaction de cette chronique il y a quelques semaines. Car malgré mes années d’expérience de lecteur BD et maintenant de chroniqueur BD, j’ai rarement été capable de schématiser ma pensée pour écrire un truc correct quand ça implique Christophe Bec, un de mes scénaristes favoris. Pourquoi ? Je ne saurais le dire. Peut-être parce qu’il est parmi les auteurs qui fait vibrer mon amour de la SF à un rare degré. Peut-être parce que ses histoires combinent tous les éléments qui me plaisent dans ce genre. Mais c’est surtout parce qu’il est doué et qu’il m’intimide un peu, je crois ! Dans le bon sens ! Bref, cette fois je me suis lancé et je vais vous parler de la série Olympus Mons, qu’il a réalisé avec Stefano Raffaele aux dessins. Je vais essayer en tout cas ! Au commencement, en 2017, il y a eu l’Anomalie un. Premier tome de la série. Tome d’introduction, mais avec Bec, l’introduction n’est jamais très longue ! L’auteur nous plonge immédiatement dans son histoire qui mélange les thèmes qui lui sont chers : les phénomènes inexpliqués, la présence de visiteurs d’ailleurs, l’incompréhension humaine, le complot gouvernemental, le mensonge, des énigmes et un brin de fantastique. Sans oublier la réaction humaine face à tout ceci. Bref, un savant mélange de tout ce que j’aime et qui me fait penser un peu à X-Files ! Ça commence donc en 2026 quand des phénomènes inexpliqués se produisent sur la planète. Parallèlement, une équipe de chasseurs d’épaves trouve un artefact inconnu dans le fond des mers. Un médium a des visions d’une mystérieuse épave sous-marine, voit un message adressé aux humains sur un écran et des cosmonautes trouvent, sur Mars, un vaisseau spatial en ruine. Et là tout commence et attachez-vous, car ça va vite par la suite ! Les huit tomes suivants, publiés entre 2017 et 2022, viendront développer cette histoire de phénomènes inexpliqués. Dur d’en dire plus pour ne pas divulgâcher votre plaisir de lecture. Sachez seulement que cette histoire prendra un tournant qui verra un retour à une certaine guerre froide entre les Russes et les Américains. Que les secrets seront bien gardés, et ça à tout prix ! Que les gouvernements en savaient beaucoup plus qu’ils le laissaient voir ! Que tout cela aura de fortes répercussions sur l’existence même de l’humanité ! Et que la vie éternelle, ah non, je n’en dis pas plus ! Si vous connaissez un peu Christophe Bec, vous devinez que l’auteur joue sur son terrain favori. Il nous a habitué à ce genre d’histoire dans le passé avec des séries comme : Bunker, Carthago, Sanctuaire, Prométhée, Zéro absolu et plus ! Olympus Mons est pour moi une synthèse de toutes les idées de Bec en une série et c’est pour ça que je la considère comme l’une de ses meilleures. L’auteur démontre tout son talent pour arriver à tenir ses lecteurs et lectrices en haleine tout au long de leur lecture. Il le fait aussi par la cohérence de son scénario, car il va loin dans cette histoire et les tenants et les aboutissants sont complexes. Il joue avec l’histoire de l’humanité, il ne se limite pas à une seule époque. Il divise son histoire sous plusieurs arcs narratifs qui pourraient s’emmêler, mais jamais cela ne se produit. Il développe nombre de personnages qui viennent graviter autour des personnages principaux, qui eux sont très bien développés avec un passé, un présent et un futur, mais surtout des motivations que l’on comprend et accepte. Il s’amuse aussi avec des concepts scientifiques et les voyages spatiaux ce qui rapproche sa série de la hard SF, mais le fait qu’il insère des éléments futuristes extraterrestres fait en sorte que nous sommes devant une série très difficile à catégoriser ! S’il fallait le faire, je dirais que c’est une série de science-fiction et toute une, voilà ! Maintenant, quoi dire sur l’univers graphique de la série ? Dessinée par l’artiste Stefano Raffaele, qui est aussi le maître d’œuvre de la série Prométhé avec Bec. Les couleurs sont du Digikore Studios et les neuf couvertures de la série sont signées par Pierre Loyvet. C’est donc un travail d’équipe qui est de mise à la conception visuelle qui donne vie à l’histoire de Bec. Le dessinateur a dû jongler avec divers décors. Une partie dans la mer, une autre sur Mars, une dans la froideur des vieilles bâtisses gouvernementales, d’autres dans les vaisseaux d’un passé éloigné, mais d’une technologie futuriste. Sans oublier les sauts temporels ! Bref, beaucoup de travail pour le dessinateur pour appuyer le scénario de l’auteur. Et c’est fort bien réussi je dois dire. L’ambiance y est et les décors y sont somptueux. Les personnages aussi sont bien faits et très réalistes. Le dessin est au service de l’histoire et en ce sens, c’est une réussite. Les couleurs sont lisses et bien exécutées. Elles représentent bien le moment et le lieu, froides comme la mer, l’espace. Éclatantes comme une Mars d’un rouge spatial. Bref, elles viennent magnifier le dessin de Raffaele. Et les neuf couvertures de Loyvet sont magnifiques et donnent le ton à chaque tome ! Bref, c’est une belle et longue lecture que vous avez devant vous avec Olympus Mons. Neuf tomes d’une histoire incroyable. De longs dialogues vous attendent. C’est des révélations, des secrets, des conspirations, de l’action que vous allez trouver dans chacun des tomes. Bien entendu, nous sommes dans des chemins connus si vous êtes déjà lecteurs et lectrices de Bec. Des chemins connus certes, mais qui n’ont pas fini d’être défrichés. Pour les autres, qui découvriront l’auteur avec cette série, je vous avertis, préparez-vous, car ça développe une certaine dépendance et surtout ça reste dans votre tête longtemps et même à jamais ! Bonne lecture ! Olympus Mons Neuf tomes parus Scénario par Christophe Bec Dessiné par Stefano Raffaele Ed. Soleil Productions
Le Petit derrière de l'Histoire
« Celui qui ne peut plus éprouver ni étonnement ni surprise est pour ainsi dire mort : ses yeux sont éteints. » Albert Einstein. C’est avec cette citation que je commence cette petite chronique sur la série Le petit derrière de l’histoire de Kathia Even, car c’est avec étonnement que j’ai entrepris cette lecture, mais c’est sans surprise que j’ai adoré ! J’ai eu la chance et l’honneur d’être contacté par l’autrice pour en faire la lecture en service de presse et je lui dis un grand merci ! Marie, le personnage principal et son acolyte Ben, sévissent sur le web depuis un bon bout de temps. L’autrice, pendant le confinement, nous a donné une série de strips plus drôles et coquins d’un à l’autre. Car oui, ici nous tombons dans la bande dessinée érotique, mais surtout, humoristique. Marie est une grande amatrice de sexe et Ben en fait les frais quelquefois, mais ici, l’autrice nous plonge dans une grande aventure ou les talents de Marie pourraient bien refaire l’histoire du monde ! Encore une fois, expliquer en mots une telle expérience de lecture est difficile tant l’autrice s’amuse avec l’histoire et sa Marie. Car Marie est prisonnière du temps et à l’aide d’une machine, tirée des meilleures influences dans le genre, se promène d’époque en époque pour faire des rencontres amusantes et lubriques avec les grands de ce monde. En passant par Léonard de Vinci, Tesla et plus encore, elle laissera sa marque dans « histoire de notre monde. Et tout ça, l’autrice le fait avec un savant mélange, quasi parfait d’ailleurs, d’humour, d’action et d’érotisme. Érotisme oui et toujours dans le bon goût, jamais elle ne va trop loin ce qui laisse notre imagination vagabonder dans ces contrées d’amour, de sexe et de plaisirs et c’est fort agréable ! Katia Even excelle dans le design de ses personnages. Tous sont attachants et sympathiques et elle détruit aussi les standards de beauté en nous donnant une Marie toute en rondeur et féminine. Ben aussi représente bien les hommes dans ces aventures rocambolesques ! Secondé par Marina Duclos aux couleurs, qui nous donne de superbes ambiances et viennent magnifier l’univers graphique. C’est donc deux tomes de grandes qualités que nous propose Katia Even. Le troisième est présentement en socio-financement allez jeter un œil ! Deux tomes qui nous titillent les yeux, réveillent nos envies, enflamment notre sourire et nous donnent un excellent moment de lecture. On dit que derrière grand homme, il y a eu une femme. Et bien, l’histoire nous apprend que c’est une seule et unique femme, Marie ! Le petit derrière de l’histoire. Deux tomes. Scénario et dessins par Katia Even. Couleurs par Marina Duclos. Éditions du Chat.
A. Einstein – La Poésie du réel
« Il y a seulement deux choses infinies en ce monde, l’univers et la stupidité humaine, et je n’ai pas une totale certitude pour l’univers » Albert Einstein La poésie du réel. Marwan Kahil. Page 83. Cette citation d’Einstein représente très bien, pour moi, ce que le monde est et elle prend encore plus de sens en ce moment où nous sommes confrontés à un ennemi qui nous tue et nous divise. Cela prouve l’universalité de la pensée d’Einstein qui était, avant tout, scientifique, mais aussi philosophe. Et cette fusion entre ces deux modes de pensée est la pierre angulaire de cette merveilleuse histoire que nous raconte l’auteur Marwan Kahil. Cette bande dessinée a pour moi une histoire particulière. Elle commence, cette histoire, avec la rencontre de son auteur Marwan Kahil par l’entreprise de Facebook. Comme quoi il n’est pas seulement une poubelle à ciel ouvert et qu’il a son utilité quand il est bien utilisé. Cette rencontre représente manifestement une étape nouvelle dans ma vie. De par les atomes crochus que nous avons tous les deux, mais aussi par nos conversations qui en sont suivies, conversations qui m’ont permis d’avancer et d’apprendre. Car, Marwan Kahil possède une grande érudition et c’est au contact des gens comme lui que nous évoluons dans notre pensée et nos connaissances. Après avoir lu son superbe Léonard de Vinci, l’auteur m’a fait parvenir sa première bande dessinée, A. Einstein. La poésie du réel qu’il a fait avec le dessinateur Manuel Garcia Iglesias aux éditions 21 g dans la collection Destins d’histoire. Ce cadeau, cette lecture, offerts avec une dédicace touchante et personnelle démontre, hors de tous doutes, les grandes qualités littéraires de Marwan Kahil et celles aussi de son dessinateur. Albert Einstein est un exilé de l’humanité. Il a fui la guerre pour se retrouver à y participer sans le vouloir. Il a parlé de paix tout en travaillant sur l’arme nucléaire. Cette dualité, qui n’en est pas réellement une, est bien présente dans l’histoire de l’auteur, car il n’omet rien. Toute cette vie remplie du célèbre scientifique nous est présentée. Et l’auteur le fait avec une vulgarisation qui rend toute cette vie, mais surtout toutes ses découvertes faciles d’accès pour tous lecteurs et lectrices. Car, expliquer le mode de pensée et la réalisation de celle-ci de Albert Einstein n’est pas chose facile. Nous sommes ici devant l’un des plus grands cerveaux de l’histoire de l’humanité. Un homme qui a changé à jamais la conception de la physique et bien plus. Et tout cela dans une époque troublée et instable. Pour se faire, l’auteur commence avec les derniers moments de la vie d’Einstein et insère de nombreux retour en arrière qui nous raconte sa vie, ses réalisations, ses amours, ses réussites, ses défaites, ses peurs. Car derrière le grand scientifique, se cache un homme sensible, qui aime la vie et qui place l’amitié au-dessus de tout. D’ailleurs, nous voyons clairement comment ses amis.es ont été une source d’inspiration, de stimulation et de très grands complices dans sa vie, tant personnelle que professionnelle. Cette ouverture sur ces pans de la vie Einstein, méconnus pour la plupart, est la plus grande qualité de l’écriture de l’auteur. Il ne reste pas sur la surface de la vie de l’homme, mais va en dessous pour bien expliquer qui il était. Un autre point où l’auteur excelle, c’est dans sa grande capacité d’expliquer simplement des méthodes scientifiques complexes et profondes et sur ce point, il est grandement appuyé par le dessinateur qui vient schématiser les découvertes incroyables d’Einstein ce qui rend le tout d’une compréhension facile à la lecture. C’est tout un exploit ! Le travail du dessinateur, Manuel Garcia Iglesias, est tout aussi remarquable. Pas facile dans une bande dessinée très intellectuelle de réussir à faire vivre l’histoire complexe d’un homme tout aussi complexe, et il s’en sort très bien ! La bande dessinée est aussi un magnifique ouvrage. Les éditions 21g réussissent toujours à nous donner de belles éditions. De plus, elle propose des annexes d’une richesse incroyable qui viennent renforcer le côté pédagogique de l’œuvre. À l’époque d’Einstein, la science était importante. Les scientifiques étaient de grandes vedettes qui faisaient les couvertures des grands médias. C’est tout un contraste avec notre époque ou la science est reléguée aux faits divers et où les scientifiques ne sont pas ou peu reconnus et écoutés. C’est peut-être la plus grande qualité de cette bande dessinée, nous rappeler l’importance de cette science qui change l’humanité. Einstein la fait plusieurs fois, mais il n’est pas le seul. Une lecture absolument pédagogique et tout aussi passionnante que je vous conseille fortement. Un duo d’auteur qui a bien fusionné leurs qualités respectives. Une histoire sur la vie d’un homme exceptionnel que chaque personne devrait connaître. Une grande bande dessinée. « Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé » Albert Einstein. A. Einstein – la poésie du réel. Scénario par Marwan Kahil. Dessins par Manuel Garcia Iglesias. Éditeur : 21 g. Collection : Destins d’histoire. 128 pages. ISBN : 979-10-93111-23-0
Le Bataillon des lâches
Et bien en voilà une surprise ! Je suis tombé sur cette BD par hasard. BD sortie en 2000 mais avec une toute une histoire d’édition ! Pourtant je commence à connaître l’œuvre du camarde Marazano Richard , du moins, je pensais ! Car il me surprendra toujours ! Ici, l’auteur fait tout. Scénario, dessins et couleurs dans une superbe BD aux éditions Carabas. Il plonge dans la SF mais c’est surtout un beau prétexte pour nous partager sa vision sur la guerre, les soldats, les dirigeants et comment la société la vit. En ce fait, on ressent clairement les influences de La Guerre Eternelle de Joe Haldeman et si vous me connaissez, c’est un sacré compliment. Bien entendu, là où Marazano excelle depuis toujours c’est au scénario. Il a un don naturel pour nous raconter des histoires complexes et profondes avec des dialogues puissants, percutants avec un degré littéraire et de connaissances fabuleux. Tout ça, à à la portée de tous et toutes. De plus, il s’amuse clairement au dessin et à la couleur avec des ambiances sombres, angoissantes, mystérieuses aussi dans un environnement SF froid et stérile. Froid et stérile comme les machines et armes complexes qui n’attendent que le bon moment pour donner la mort dans une guerre inévitable. Une BD plus qu’intéressante, qui démontre l’étendue des talents de dessinateur de Marazano mais surtout, qui prouve qu’il avait une grande carrière devant lui. 22 ans plus tard, plus de 100 BD à son actif, Le bataillon des lâches parait une parenthèse dans cette brillante carrière mais il en est rien. C’est une BD accomplie, qui développe des thèmes très actuels et qui joue avec les références du genre de la SF avec brio. D’ailleurs amusez-vous à trouver toutes les références que l’auteur a insérées dans son histoire ! Du plaisir ! Le bataillon des lâches. Scénario, dessins et couleurs par Richard Marazano. Éditions Carabas. Collection Nexus. 2000
Le Sapeur Camember
Un ancêtre. Bien sûr, les codes ont bougé, la façon de présenter n'est plus la même. Normal me direz-vous, pour un titre de plus de 130 ans. Et pourtant ! La forme vieillotte, la BD reste percutante, et on arbore un petit sourire amusé face aux facéties de ce brave sapeur et ses patronymes fromagers (Camember et Cancoyotte, belle brochette parentale !) Est-ce que nos propres titres survivront aussi longtemps sans être dépassés et illisibles ? Je me le demande.
La Fée Aveline
On pourrait prendre facilement " La Fée Aveline" comme une série alimentaire de Goscinny tellement il a été bien payé par le patron de "Jour de France" pour la réaliser. Pourtant Marcel Dassault, ce patron, n'avait pas la réputation de jeter l'argent par les fenêtres. Goscinny nous montre là toute l'étendue de son talent. C'est le même concept que pour Olivier Rameau soit des allers-retours entre un monde merveilleux de fées ou de princes et notre monde réel (où l'on s'ennuie ?). Monde réel où le concept de "Prince charmant" a aussi toute sa place dans l'imaginaire féminin depuis l'enfance. C'est là où je retrouve toute la verve de Goscinny. Sous des apparences anodines il y a bien une gentille image dérisoire de ce fameux "prince". Ces pages étaient en priorité destinées à un public féminin adulte qui devait bien rire. Le procédé comique est celui de l'arroseur arrosée puisque tous les plans de Carabosse se retournent contre elle. Goscinny nous gâte avec des stéréotypes très masculins tournés en dérision : le patron et sa secrétaire, le snobisme, le playboy ou encore le patriarche perdu hors de son monde. Je trouve Goscinny extraordinairement moderne dans sa vision sociétale. Pour ne rien gâter, il ajoute une touche d'écologie bien avant l'heure. Pour compléter le tableau Coq nous livre un superbe dessin très vivant. C'est fluide, c'est précis, c'est dynamique, c'est sexy et c'est drôle. La seule faiblesse inhérente à ces séries destinées à être livrées par planche pour un journal, est le découpage et le rythme qui ne correspond pas trop au format album. Un petit trésor d'orfèvre pour moi
L'Enfer pour Aube
Je crois que c’est la première série de Pelaez que je lis. Je vais aller voir ce qu’il a fait ailleurs, car cet album m’a plu, dans son sujet et le traitement de celui-ci. J’ai par contre lu une bonne partie de ce que Oger a publié (au dessin ou comme auteur complet), et j’ai retrouvé ici son dessin très caractéristique, semi-réaliste, jouant sur un trait faisant la part belle aux courbes. Et une colorisation qui elle aussi m’a plu, avec ces couleurs ternes que traversent des touches – ou des tâches – de rouge, rappelant le sang et la révolution (le souvenir de la Commune les rassemble sous le même drapeau). C’est un hommage au Paris des gueux, aux révoltés, aux Communards. Mais l’histoire y ajoute l’imaginaire des apaches, d’une sorte de Cour des miracles moderne. Et un mystérieux justicier, sorte d’ange exterminateur qui élimine les notables qui ont participé à la destruction des Communards ou de leurs idéaux. Il y a dans ce personnage pas mal de choses que l’on trouvait chez les feuilletonistes du début du XXème siècle, un peu du Fantômas de Souvestre et Allain par exemple. Sa cape, le fait que son visage reste invisible, sa capacité à échapper aux forces de l’ordre – au-delà du vraisemblable, mais on s’en fiche en fait – tout fait de ce justicier violent – et volant ! – un personnage fascinant. Chaque chapitre est conclu par un pastiche de couverture du magazine populaire « Le Petit journal », et un dossier/revue de presse/recueil de documents d’époque en fin de volume ajoute au cachet de cet album, que j’ai trouvé chouette à regarder et intéressant à lire. La fin du premier tome livre pas mal de secrets. A voir comment cela va se conclure dans le tome suivant. Mais je l’attends avec impatience ! Une réussite pour le moment.
Disney Zootopie - Un défi pour Nick et Judy !
Je suis toujours friand des livres pour les très jeunes. Cela permet de partager des moments forts avec ses enfants et de transmettre de façon très ludique en dehors du carcan scolaire. Hachette éducation propose cette collection qui cible les 6/8ans du début CP au Ce1. La maison d'édition s'appuie sur son impressionnant catalogue Disney mais propose aussi quelques titres Marvel. L'ouvrage a un but récréatif avec deux histoires BD soit une trentaine de pages. Il y a aussi un côté pédagogique fort avec une rubrique "Sais-tu comment lire une BD ?", un sommaire, une présentation des personnages et deux pages de préparation à la lecture. Dans cet ouvrage Isabelle Albertin propose deux histoires conduites par Nick et Judy encore jeunes héros de l'excellent Zootopie. Une petite enquête pour retrouver un collier égaré et une manière astucieuse de faire face à la violence pour nettoyer un jardin. Le scénario est bien construit avec des rebondissements et une fin qui porte des valeurs. Le lettrage est clair et lisible. Le texte a un bon niveau de vocabulaire et est agréable à lire. Il y a même une légère dose d'humour qui ne gâte rien. Le graphisme est adapté aux jeunes enfants avec une ligne claire sans surprise et des couleurs douces. C'est dynamique et fluide. Cela se lit assez vite (pour un enfant) mais il ne faut pas hésiter à relire. Il y a un quizz à la fin de l'histoire pour voir si l'enfant à bien compris. C'est un peu scolaire mais cela permet aux enfants de se sentir en pays de connaissance. J'aime bien et mes enfants aussi. Evidemment je donne une note relative pour la petite jeunesse.