La couverture m’a fait penser aux Pieds Nickelés – voir la couverture du premier tome de leur intégrale. Et je pense que Pierre-Henry Gomont a volontairement joué sur cette ressemblance, tant les personnages embarqués dans cette histoire invraisemblable développent une ambiance proche de celle du fameux trio. Surtout le docteur Stolz, héros totalement ballotté par les événements.
J’ai bien aimé cette lecture, agréable, dynamique. L’album est épais, mais il n’y a pas tant de textes que cela (parfois des dessins en font office), et les planches – qui s’affranchissent souvent du gaufrier traditionnel – sont aérées.
Le dessin de Gomont semble brouillon, mais je l’aime bien lui aussi. Il convient parfaitement à cette intrigue qui part de postulats foutraques, pour se poursuivre – peut-être un peu trop, il y a quelques longueurs – dans une longue fuite en avant de Stolz, la jeune thésarde qu’il rêve de séduire, et surtout Albert (et son cerveau bien sûr !).
Note réelle 3,5/5.
L’avis de Mac Arthur m’a fait m’intéresser à cette bd et je ne le regrette absolument pas.
Un chouette roman graphique, j’ai passé un très bon moment. Les personnages sont tous réussis et touchants.
J’ai beaucoup apprécié le dessin et les couleurs, ils accompagnent bien le récit et retranscrivent parfaitement les émotions, l’histoire n’en manquant pas.
Un voyage entre Venise et la Sicile où l’on suit 3 générations d’une famille (la grand-mère, le fils, la petite fille), une agréable ballade humaine sur 200 pages, pleine de moments de vie, je n’ai pas lâché l’album.
L’auteur a mis énormément de lui dans cette histoire, je ne le connaissais pas mais je vais m’y intéresser.
Vraiment du tout bon, je ne peux que conseiller cette virée italienne.
Voici vraiment un album atypique.
Atypique par son scénario qui se focalise sur François et plus particulièrement sur une journée de travail.
Nous sommes en 1975, voir le film à l'affiche du cinéma au milieu de l'album, sous un Bruxelles pluvieux, un Bruxelles Brelien.
François est réglé comme du papier à musique, il a son rituel avant d'aller travailler : clope, jouer son loto et bistrot pour sa petite mousse (ou café belge comme on dit dans le 62), sans oublier de reluquer les filles.
Mais cette journée ne va se passer comme toutes les autres, et cela commence avec un nouvel embauché, Alain, qu'il va devoir former comme chauffeur.
Chaque chapitre commence par un prénom, ici pas de Mathilde, Frida, Jeff ou Fernand mais Maryvonne, Bianca, Alain, Romy ....
Un récit axé sur l'ambiance, sur la personnalité de François et sur le basculement d'une vie. On a tous un moment ou un autre dû prendre une décision (bonne ou mauvaise) en quelques secondes, une décision qui change notre vie et qui changera celle de François.
J'ai aussi beaucoup aimé l'humour répétitif employé, les situations avec le parapluie ou le stationnement de la camionnette et sa portière qui s'ouvre toujours sur un obstacle sont de petits bijoux.
Un François attachant, un homme ordinaire qui a su me toucher.
Cet album ne m'aurait pas autant plu sans la merveilleuse composition graphique, les pleines pages retranscrivent le Bruxelles des années soixante-dix de façon somptueuse. La colorisation est du même niveau. Un découpage réussi.
Un plaisir pour les yeux.
Bref, un album qui sent bon la belgitude et que je recommande.
Appâté par les précédents avis et grand amateur de donjon, mastodonte et du Mickey de Tebo, je ne pouvais passer à côté de Raowl.
Alors qu'en est il ?
Pas mal ... pas mal du tout même, un condensé des références pré-citées dans un style frais et dynamique, lecture fluide et agréable avec de bons points tels que les doubles pages, un humour assez fin (pas pipi caca) et surtout une bonne idée de base pour détourner les situations des contes de princes et de princesses. Pour les petits bémols (mais rien de grave) un fond/ton un poil trop enfantin à mon goût et peu de péripéties malgré une bonne pagination mais bon ... c'est parce que j'en redemande vite du Raowl ;)
Et un petit mot sur l'objet, belle édition avec effets brillant ou relief sur la couverture, toujours sympathique ?
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Màj rapide après lecture du tome 2 et de la nouvelle série gag « La méthode Rawol »
J’augmente d’une étoile, un deuxième tome bien réussi, j’ai beaucoup aimé ce que l’auteur a fait avec le personnage de peau d’âne.
Et j’ai surtout pris bien plus de plaisir à suivre ces aventures que les gags/tutos du personnage dans sa nouvelle série.
Depuis qu’il nous a quitté, Hubert a publié plusieurs ouvrages posthumes, et non des moindres : "Peau d’homme" avec Zanzim, multi-récompensé notamment avec le Fauve d’or 2021, Joe la Pirate avec Virginie Augustin, et dernièrement cette nouvelle série avec Vincent Mallié. Et on attend pour très bientôt la suite du "Boiseleur" avec Gaëlle Hersent. Preuve s’il en fallait, que l’homme en avait encore sous le capot. Mais la faucheuse est passée par là, beaucoup trop en avance sur l’horaire !
« Ténébreuse », comme son titre le suggère, pourrait presque nous avoir été envoyé de l’au-delà, car on en est sûr maintenant, Hubert avait décidé de défier la mort avec pour seules armes ses écrits. Il s’agit ici d’un conte, et fort logiquement noir, très noir, avec une touche d’héroïc fantasy qui pourrait évoquer "La Quête de l’Oiseau du temps", le côté maléfique en moins. Ainsi, l’auteur s’amuse à brouiller nos repères entre le bien et le mal, si bien que le lecteur finit par prendre fait et cause pour Islen, qui, à son corps défendant, a hérité de sa mère Meliren, reine déchue, d’une puissante magie noire. Des pouvoirs qui vont faire d’elle une paria, des pouvoirs qu’elle craint du fait de sa jeunesse mais qu’elle apprendra à maîtriser pour se venger de l’injustice de son père, manipulé par sa nouvelle épouse, une intrigante jalouse et hypocrite.
En apparence, le « côté obscur » semble incarné par Islen, recluse dans un château en ruine et entourée de créatures inquiétantes tout droit sorties des entrailles de la terre. De plus, le lecteur découvrira que les colères de la jeune femme provoquent l’irruption de rats ou d’araignées, suscitant l’hostilité légitime d’une population terrorisée. Le salut viendra peut-être du chevalier mercenaire Arzhur qui semble, de par son statut de paria, le seul en mesure de la comprendre et de veiller sur elle, en dehors du fait qu’il n’est pas insensible à sa beauté vénéneuse. Nous n’aurons pas la réponse dans ce premier volet, mais ces puissances occultes qui en quelque sorte retiennent Islen captive, se révèlent être la réaction fantasmagorique d’une nature blessée par la bêtise des hommes, incarnée par sa mère. A la fois chimère et prêtresse shamane, Meliven verra son idylle avec le roi Goulven se transformer en haine au fil des jours, celui-ci ne supportant plus de la voir s’absenter de longs mois en compagnie de sa fille dans sa mystérieuse demeure souterraine. Et le conflit qui s’annonce ne le rendra pas meilleur pour autant, faisant surgir en lui sa part la plus cruelle… ceci expliquant l’empathie que l’on peut ressentir pour la reine et ses sorts « maléfiques ».
On pourra admirer le travail de Vincent Mallié, qui ne sort pas des sentiers battus pour ce style de dessin mais reste clairement dans le haut du panier. On pense beaucoup à Loisel (ce n’est sans doute pas pour rien si l’auteur a participé au deuxième cycle de « La Quête »), et c’est un vrai plaisir des yeux, tant dans l’élégance du trait que dans les détails. L’auteur du « Grand Mort » possède en outre une maîtrise totale du cadrage et du mouvement, bref on ne peut être qu’émerveillé. Toutes ces qualités servent parfaitement le scénario d’Hubert, si bien construit qu’il nous donne véritablement envie de poursuivre l’aventure et de connaître la destinée qui attend Ibsen et Arzhur. Vivement la suite !
En résumé, un conte fantastique qui ne manque pas de souffle. On attend donc avec impatience la suite de ce diptyque prévue pour septembre, sans doute le dernier cadeau d’adieu de feu Hubert, qui rentrera ainsi définitivement dans la légende du neuvième art.
De la fantasy bien adaptée aux ados. Mais qui marche très bien quand on a envie d’une lecture simplement divertissante.
J’ai passé un bon moment avec tout ce petit monde, des nains, des gnomes, des lutins, des magiciens… Les méchants sont méchants, mais aussi parfois très bêtes… et donc très drôles. Et franchement, l’humour n’est pas à ras des pâquerettes. Certes, les intrigues développées dans les trois histoires ne dérogent pas aux codes de la fantasy, mais d’abord il y a franchement moins bien ailleurs et la narration est soutenue et bien racontée.
Le dessin n’est pas mal du tout, les paysages, les grottes, les forêts sont vraiment bien. Que demander de plus ?
C’est une couverture mystère qui a attiré mon attention sur cette série. Ayant quelques ados (16-14-12) à gâter, j’ai trouvé l’intégrale d’occase en parfait état. Après lecture, je sais dans quel soulier il ira le mieux. Je le planque d’ici là :-).
Vraiment un excellent polar que je recommande aux amateurs du genre. J'ai dévoré les albums les uns après les autres et j'attends la suite avec impatience.
J'adore les histoires où on suit le point de vue de différents personnages et ici c'est merveilleusement bien fait. Le scénario est très bien construit et s'épaissie aux fils des tomes lorsqu'on en apprend plus sur chaque personnages qui ont tous des choses à cacher et on voit des événements aperçus dans les tomes précédant d'une autre manière. La mécanisme est parfait et on ne se perds pas du tout. J'aime aussi le ton noir du récit et cette galerie de personnages paumés dont certains finissent par être malgré attendrissant.
Le dessin est vraiment excellent. C'est un style que j'adore et les couleurs sont justes superbes. J'espère que la fin va être exceptionnelle !
Batman The Dark Prince Charming, le Chevalier Noir entre les mains du maître Enrico Marini
Quand j’ai appris la collaboration entre les éditeurs DC et Dargaud pour une nouvelle histoire de Batman écrite et dessinée par Enrico Marini, j’ai dit et écrit qu’il s’agissait d’un événement BD majeur. En donnant carte blanche à Marini, DC reconnait son immense talent et lui donne une vitrine immense pour se faire connaître du public américain. J’avais donc des attentes très grandes !
Le talent de Marini au service de Batman
Enrico Marini n’a plus besoin de présentation. Cet artiste incroyable qui possède un style réaliste très cinématographique et est passé maître dans la mise en scène. Il flirte souvent avec l’érotisme avec ses personnages tant féminins que masculins qui sont magnifiquement représentés par son dessin. Il est, selon moi, l’un des plus grands dessinateurs au monde et sûrement l’un des meilleurs de sa génération. Pas surprenant que DC Comics l’ait choisi!
Batman en mission pour sauver sa « fille »
À LIRE AUSSI : Qui sont les 7 Chevaliers Noirs dans Batman Metal ? [la critique du tome 2]
Dans Batman – The Dark Prince Charming Bruce est confronté avec la possibilité d’être père ! Effectivement, selon une femme, il serait le père de sa fille. Ce qui le trouble profondément. L’histoire du tome 1 tourne autour de l’enlèvement de la présumée fille de Bruce par le Joker. En effet, le Prince du crime y voit une opportunité de faire chanter Bruce. Mais c’était sans compter sur Batman qui va remuer la ville toute entière pour retrouver la jeune fille. L’histoire se poursuit dans le tome 2 avec une confrontation historique entre Batman et sa némésis pour la sauvegarde de la jeune fille. Je résume grossièrement pour ne pas révéler trop d’éléments de l’histoire, ce qui pourrait gâcher votre lecture. L’histoire de Batman que nous livre Marini est classique. Batman – The Dark Prince Charming revient à la base de qui est Batman, soit un héros taciturne profondément rongé par les émotions. Le côté humain de son Batman est très présent et sa dualité entre lui et Bruce Wayne est très bien exploitée.
Un Batman violent et expéditif
À LIRE AUSSI : Pourquoi le mariage de Batman et Catwoman est-il une (énorme) déception ? [critique de Batman #50]
Classique certes, mais tellement efficace comme histoire ! Comme quoi, les choses les plus simples peuvent être extraordinaires quand elles sont bien exploitées. Ce que fait magistralement Marini avec Batman – The Dark Prince Charming. Son Batman est efficace, violent, expéditif. Son Bruce Wayne est troublé, un peu perdu et surtout profondément humain dans sa manière de réagir avec sa possible paternité. Il est devant une situation qu’il ne contrôle pas et ça, ce n’est pas commun pour le milliardaire ! On le retrouve bien entouré. Tout d’abord par une Catwoman sublime qui ne pense qu’à une seule et unique personne, elle-même ! Ensuite par Alfred, qui bien que peu présent, est mordant dans chacune de ses présences. Même constat pour le commissaire Gordon qui c’est mis à la vapoteuse !
Des super-vilains irrésistibles
À LIRE AUSSI : Connais-tu toutes les actrices qui ont joué Catwoman à l’écran ?
Là où Marini crève les planches, c’est avec son Joker! Pour moi, c’est le meilleur Joker depuis très longtemps. Il est bien entendu très caricatural mais sa folie et son imprévisibilité font de lui un agent du chaos extraordinaire. Il est incontrôlable, change d’humeur de cases en cases. Ses motivations sont inexplicables et complètement illogiques ! C’est d’ailleurs pour ça qu’il vole la vedette à son ennemi, Batman. En fait, il est le coeur et le centre de Batman – The Dark Prince Charming ! En faisant revenir le Joker aux fondements même du personnage, Marini nous présente un des meilleurs vilains depuis des lustres en comics. Sa relation amour-haine destructive avec Harley Quinn est malsaine et folle à un degré rarement atteint. Et que dire du clown suicidaire qui sert le Joker dans l’espoir de passer à trépas ? Irrésistible !
Le monde de Batman selon Marini
Graphiquement, Batman – The Dark Prince Charming est un sans faute. Le Gotham de Marini est sombre, gothique et angoissant. Les décors, costumes, véhicules et gadgets sont parfaits. Le découpage de Batman – The Dark Prince Charming est dynamique et ne laisse pas respirer le lecteur. J’ai dévoré chaque page et à la fin de chacune, j’en voulais toujours plus. La mise en scène de Marini est rapide et facilite la lecture. J’ai eu l’impression de voir un film se dérouler devant mes yeux. Et la couleur, mon Dieu la couleur ! Que c’est beau ! Ça vient appuyer le dessin de brillante façon.
Alors, on les lit ces BD ?
À LIRE AUSSI : Par où commencer… Batman ?
Bien entendu ! Pour le dessin de Batman – The Dark Prince Charming qui est parfait. Pour le scénario qui est classique mais qui est très bien développé. Pour un Batman humain et qui doute. Pour un Bruce qui pour une fois ne contrôle pas la situation. Pour le final qui nous laisse sur une explosion et qui mérite d’être davantage développée. Mais surtout pour le Joker, qui marquera l’histoire par certaines scènes qui sont déjà cultes ! Par contre, pour avoir une expérience de lecture absolue, il faut lire Batman – The Dark Prince Charming comme une seule et unique histoire. Mais, à la fin, Bruce est-il papa ? Faudra lire pour le découvrir !
Aliens : Perdition, terreur pure
Dans l’espace personne ne vous entend crier. Cette petite phrase représente bien tout le côté horrifique de la saga Alien. Le one-shot Aliens : Perdition de James Stokoe respecte en tout point cette phrase et nous offre un moment d’horreur d’une rare beauté graphique !
Aliens : Perdition commence avec cette image de la station Sphacteria de la compagnie Weyland-Yutani qui se désintègre tranquillement dans le vide sidéral. Un homme solitaire scrute l’espace. Son regard se détourne vers un écran de contrôle qui n’annonce rien de bon. Un compte à rebours retentit dans la carcasse de la station. L’homme enfile un scaphandre et sort dans le vide. Introduction qui frappe. Aucun dialogue, aucune explication. Le vide, l’incompréhension et le questionnement arrivent. Que s’est-il passé ?
Un vaisseau abandonné dans l’espace
Les explications nous les avons assez rapidement ! Un flashback nous explique que la station a repéré un vaisseau spatial non identifié en orbite autour d’une planète gazeuse. Le vaisseau en question ne répond à aucun des appels lancés par le capitaine. Après une vérification, les scans détectent de la chaleur et des cryo-générateurs, ce qui confirme la présence de personnes à l’intérieur du vaisseau, le capitaine prend donc la décision d’aller explorer le vaisseau. Et là, tout part en vrille! Une histoire classique que James Stokoe nous donne avec Aliens : Perdition. Histoire qui revient aux sources mêmes de la franchise Alien.
Un hommage à l’Alien d’origine
À LIRE AUSSI : Predator, Chasseurs : le grand retour de Predator en comics ! [avis]
En fait, c’est pratiquement une relecture d’Alien, le 1er film de la saga signé Ridley Scott que l’auteur nous donne avec Aliens : Perdition. Un hommage grandiose réalisé de main de maître. Cette ambiance suffocante, empreinte de paranoïa et claustrophobique que le film nous proposait, se retrouve partout dans cette BD. Chaque planche, chaque case, chaque dessin transpirent cette ambiance. J’ai renoué pour la 1re fois avec cette horreur qui m’avait fait tant frissonner à l’époque. Ce sentiment d’impuissance devant cette menace. Cette pression constante qui monte de page en page et qui augmente notre rythme cardiaque. Ces Aliens qui reprennent leur place de créatures énigmatiques, mystiques, presque sensuels dans leur physique et leur mouvement. La terreur de l’appréhension de les voir surgir dans chaque case où les personnages tournent un coin dans un tunnel sombre est absolument intenable. Tout dans Aliens : Perdition me plait.
Une quasi perfection graphique
Graphiquement, c’est génial. Le dessin de James Stokoe parle de lui-même. Les décors de vaisseaux sont somptueux. L’horreur vécu par chaque personnage nous glace le sang par le réalisme que l’auteur donne à ses dessins. J’ai ressenti chaque émotion des personnages. Les Aliens sont d’une redoutable beauté. James Stokoe redonne à ces créatures la noblesse de l’art de H.R. Giger, leur créateur. Le découpage est parfaitement réussi. Lent quand il le faut. Rapide et dynamique pour faire monter la pression. Stokoe joue avec les cases de façon brillante. Bien appuyé par une colorisation qui utilise des couleurs sombres et glaciales, Aliens : Perdition est une grande réussite graphique.
Un retour aux sources efficace
James Stokoe m’a offert avec Aliens : Perdition un moment de bonheur parfait. Un retour aux sources de la terreur originale qui a marqué à jamais le monde de la culture populaire. Un dessin qui transpire l’horreur. Une histoire classique qui rend hommage à celle de Ridley Scott et Dan O’Bannon. En fait, pour moi, c’est le meilleur Alien tous médias confondus après le film de 1979. Du grand art !
Nymphéas noirs : une enquête passionnante sur les traces de Monet
En 2011, Michel Bussi a publié Nymphéas noirs. Roman primé et reconnu comme un immense roman. Reconnu aussi comme inadaptable, ce qui n’est de toute évidence pas le cas ! Fred Duval au scénario et Didier Cassegrain nous offre non seulement une brillante adaptation de Nymphéas noirs, le roman de Bussi mais aussi une BD frôlant la perfection qui démontre toutes les qualités du 9e art.
Trois femmes, une méchante, une menteuse, une égoïste
Nous voilà donc à Giverny, petit village français où vécut, peint et mourut Claude Monet, le grand maitre de l’impressionnisme. Lieu de sa maison, de ses jardins, de ses inspirations. Lieu des célèbres Nymphéas, série d’environ 250 toiles réalisées par le maître. Un endroit tranquille qui pendant 13 jours, une fois l’an, ouvre ses portes aux touristes. Il y flotte un calme, une sérénité baignée par les couleurs et l’esprit de Monet. Calme qui sera brisé par la découverte d’un cadavre et par l’enquête qui suivra. Enquête qui tourne autour d’une femme, ou 2, ou 3, je vous laisse le découvrir!
Une histoire de pistes, d’enquêtes et d’ambiance
Brillamment adaptée par Fred Duval, Nymphéas noirs se joue de nous. L’intrigue nous promène et nous révèle ses éléments avec parcimonie. Elle nous tient en otage pendant 139 pages. Jamais elle ne se laisse aller. Elle utilise tous ses protagonistes pour avancer, pour zigzaguer, pour nous tromper, pour nous chambouler et pour terminer d’une façon sidérante. Ses personnages sont attachants, parfois inquiétants mais surtout très intrigants ! le village de Giverny brille dans son rôle de lieu d’action avec son ambiance de couleurs et de lumière reliées au mouvement artistique de l’impressionnisme. Cette atmosphère chaude, qui baigne toute la BD dans le suspense, est présente dans tous ses recoins. Les scènes entre les personnages sont remplies de tensions physiques, psychologiques, un jeu parfait entre eux. Jamais cette histoire ne s’essouffle, elle monte en intensité tout au long des pages. Nymphéas noirs est une brillante démonstration narrative de la part du scénariste.
La présence de Monet, l’immense talent de Cassegrain
Didier Cassegrain qui a dessiné et fait la couleur de Nymphéas noirs, nous offre un spectacle grandiose, pratiquement onirique qui nous envoute avec ses traits et couleurs tout en gardant l’esprit de Monet présent. Son Giverny vit devant nous. Les jardins de Monet s’ouvrent à nous et nous donnent le droit de les regarder sans contrainte. Il a développé un style très immersif avec Nymphéas noirs. Nous pénétrons dans son univers graphique avec une facilité et surtout avec aisance. Il joue avec les couleurs et la lumière pour rendre un hommage certain à Monet. Ses personnages vivent devant nous et sont d’une justesse physique parfaite. Les regards, les questionnements, la peur, la colère, toutes les émotions que vivent les personnages sont criants de vérité. 139 pages d’une œuvre d’art qui prend vie devant nous. Nymphéas noirs est une réussite graphique qui démontre bien pourquoi la BD est un art !
La perfection ou presque!
Nymphéas noirs frôle la perfection. Il y a bien cette fichue histoire de carte postale qui me titille l’esprit ! Je vous laisse le plaisir de découvrir pourquoi ! Le duo artistique, Fred Duval et Didier Cassegrain, a brillamment adapté le roman de Michel Bussi. Nymphéas noirs se suffit à elle-même par ses grandes qualités scénaristiques et graphiques mais elle nous donne envie de lire ou relire le roman ! BD qui sera certainement sélectionnée au prochain Festival international de la bande dessinée d’Angoulême selon moi. Le seul problème avec Nymphéas noirs est le dur retour à la réalité quand vous la fermez. Partir de Giverny, quitter ce lieu baigné par l’esprit de Monet n’est pas chose facile. On veut y replonger immédiatement et c’est d’ailleurs ce que j’ai fait après ma 1re lecture, j’y suis retourné et je crois que j’ai laissé une petite partie de moi là-bas ! Nous allons peut-être s’y rencontrer après votre lecture ! Merci à La Boîte de Diffusion pour cette BD.
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La Fuite du cerveau
La couverture m’a fait penser aux Pieds Nickelés – voir la couverture du premier tome de leur intégrale. Et je pense que Pierre-Henry Gomont a volontairement joué sur cette ressemblance, tant les personnages embarqués dans cette histoire invraisemblable développent une ambiance proche de celle du fameux trio. Surtout le docteur Stolz, héros totalement ballotté par les événements. J’ai bien aimé cette lecture, agréable, dynamique. L’album est épais, mais il n’y a pas tant de textes que cela (parfois des dessins en font office), et les planches – qui s’affranchissent souvent du gaufrier traditionnel – sont aérées. Le dessin de Gomont semble brouillon, mais je l’aime bien lui aussi. Il convient parfaitement à cette intrigue qui part de postulats foutraques, pour se poursuivre – peut-être un peu trop, il y a quelques longueurs – dans une longue fuite en avant de Stolz, la jeune thésarde qu’il rêve de séduire, et surtout Albert (et son cerveau bien sûr !). Note réelle 3,5/5.
Sirocco
L’avis de Mac Arthur m’a fait m’intéresser à cette bd et je ne le regrette absolument pas. Un chouette roman graphique, j’ai passé un très bon moment. Les personnages sont tous réussis et touchants. J’ai beaucoup apprécié le dessin et les couleurs, ils accompagnent bien le récit et retranscrivent parfaitement les émotions, l’histoire n’en manquant pas. Un voyage entre Venise et la Sicile où l’on suit 3 générations d’une famille (la grand-mère, le fils, la petite fille), une agréable ballade humaine sur 200 pages, pleine de moments de vie, je n’ai pas lâché l’album. L’auteur a mis énormément de lui dans cette histoire, je ne le connaissais pas mais je vais m’y intéresser. Vraiment du tout bon, je ne peux que conseiller cette virée italienne.
Nettoyage à sec
Voici vraiment un album atypique. Atypique par son scénario qui se focalise sur François et plus particulièrement sur une journée de travail. Nous sommes en 1975, voir le film à l'affiche du cinéma au milieu de l'album, sous un Bruxelles pluvieux, un Bruxelles Brelien. François est réglé comme du papier à musique, il a son rituel avant d'aller travailler : clope, jouer son loto et bistrot pour sa petite mousse (ou café belge comme on dit dans le 62), sans oublier de reluquer les filles. Mais cette journée ne va se passer comme toutes les autres, et cela commence avec un nouvel embauché, Alain, qu'il va devoir former comme chauffeur. Chaque chapitre commence par un prénom, ici pas de Mathilde, Frida, Jeff ou Fernand mais Maryvonne, Bianca, Alain, Romy .... Un récit axé sur l'ambiance, sur la personnalité de François et sur le basculement d'une vie. On a tous un moment ou un autre dû prendre une décision (bonne ou mauvaise) en quelques secondes, une décision qui change notre vie et qui changera celle de François. J'ai aussi beaucoup aimé l'humour répétitif employé, les situations avec le parapluie ou le stationnement de la camionnette et sa portière qui s'ouvre toujours sur un obstacle sont de petits bijoux. Un François attachant, un homme ordinaire qui a su me toucher. Cet album ne m'aurait pas autant plu sans la merveilleuse composition graphique, les pleines pages retranscrivent le Bruxelles des années soixante-dix de façon somptueuse. La colorisation est du même niveau. Un découpage réussi. Un plaisir pour les yeux. Bref, un album qui sent bon la belgitude et que je recommande.
Raowl
Appâté par les précédents avis et grand amateur de donjon, mastodonte et du Mickey de Tebo, je ne pouvais passer à côté de Raowl. Alors qu'en est il ? Pas mal ... pas mal du tout même, un condensé des références pré-citées dans un style frais et dynamique, lecture fluide et agréable avec de bons points tels que les doubles pages, un humour assez fin (pas pipi caca) et surtout une bonne idée de base pour détourner les situations des contes de princes et de princesses. Pour les petits bémols (mais rien de grave) un fond/ton un poil trop enfantin à mon goût et peu de péripéties malgré une bonne pagination mais bon ... c'est parce que j'en redemande vite du Raowl ;) Et un petit mot sur l'objet, belle édition avec effets brillant ou relief sur la couverture, toujours sympathique ? ——————————- Màj rapide après lecture du tome 2 et de la nouvelle série gag « La méthode Rawol » J’augmente d’une étoile, un deuxième tome bien réussi, j’ai beaucoup aimé ce que l’auteur a fait avec le personnage de peau d’âne. Et j’ai surtout pris bien plus de plaisir à suivre ces aventures que les gags/tutos du personnage dans sa nouvelle série.
Ténébreuse
Depuis qu’il nous a quitté, Hubert a publié plusieurs ouvrages posthumes, et non des moindres : "Peau d’homme" avec Zanzim, multi-récompensé notamment avec le Fauve d’or 2021, Joe la Pirate avec Virginie Augustin, et dernièrement cette nouvelle série avec Vincent Mallié. Et on attend pour très bientôt la suite du "Boiseleur" avec Gaëlle Hersent. Preuve s’il en fallait, que l’homme en avait encore sous le capot. Mais la faucheuse est passée par là, beaucoup trop en avance sur l’horaire ! « Ténébreuse », comme son titre le suggère, pourrait presque nous avoir été envoyé de l’au-delà, car on en est sûr maintenant, Hubert avait décidé de défier la mort avec pour seules armes ses écrits. Il s’agit ici d’un conte, et fort logiquement noir, très noir, avec une touche d’héroïc fantasy qui pourrait évoquer "La Quête de l’Oiseau du temps", le côté maléfique en moins. Ainsi, l’auteur s’amuse à brouiller nos repères entre le bien et le mal, si bien que le lecteur finit par prendre fait et cause pour Islen, qui, à son corps défendant, a hérité de sa mère Meliren, reine déchue, d’une puissante magie noire. Des pouvoirs qui vont faire d’elle une paria, des pouvoirs qu’elle craint du fait de sa jeunesse mais qu’elle apprendra à maîtriser pour se venger de l’injustice de son père, manipulé par sa nouvelle épouse, une intrigante jalouse et hypocrite. En apparence, le « côté obscur » semble incarné par Islen, recluse dans un château en ruine et entourée de créatures inquiétantes tout droit sorties des entrailles de la terre. De plus, le lecteur découvrira que les colères de la jeune femme provoquent l’irruption de rats ou d’araignées, suscitant l’hostilité légitime d’une population terrorisée. Le salut viendra peut-être du chevalier mercenaire Arzhur qui semble, de par son statut de paria, le seul en mesure de la comprendre et de veiller sur elle, en dehors du fait qu’il n’est pas insensible à sa beauté vénéneuse. Nous n’aurons pas la réponse dans ce premier volet, mais ces puissances occultes qui en quelque sorte retiennent Islen captive, se révèlent être la réaction fantasmagorique d’une nature blessée par la bêtise des hommes, incarnée par sa mère. A la fois chimère et prêtresse shamane, Meliven verra son idylle avec le roi Goulven se transformer en haine au fil des jours, celui-ci ne supportant plus de la voir s’absenter de longs mois en compagnie de sa fille dans sa mystérieuse demeure souterraine. Et le conflit qui s’annonce ne le rendra pas meilleur pour autant, faisant surgir en lui sa part la plus cruelle… ceci expliquant l’empathie que l’on peut ressentir pour la reine et ses sorts « maléfiques ». On pourra admirer le travail de Vincent Mallié, qui ne sort pas des sentiers battus pour ce style de dessin mais reste clairement dans le haut du panier. On pense beaucoup à Loisel (ce n’est sans doute pas pour rien si l’auteur a participé au deuxième cycle de « La Quête »), et c’est un vrai plaisir des yeux, tant dans l’élégance du trait que dans les détails. L’auteur du « Grand Mort » possède en outre une maîtrise totale du cadrage et du mouvement, bref on ne peut être qu’émerveillé. Toutes ces qualités servent parfaitement le scénario d’Hubert, si bien construit qu’il nous donne véritablement envie de poursuivre l’aventure et de connaître la destinée qui attend Ibsen et Arzhur. Vivement la suite ! En résumé, un conte fantastique qui ne manque pas de souffle. On attend donc avec impatience la suite de ce diptyque prévue pour septembre, sans doute le dernier cadeau d’adieu de feu Hubert, qui rentrera ainsi définitivement dans la légende du neuvième art.
Les 3 Quêtes d'Hypercondrie (Fuzz et Fizzbi)
De la fantasy bien adaptée aux ados. Mais qui marche très bien quand on a envie d’une lecture simplement divertissante. J’ai passé un bon moment avec tout ce petit monde, des nains, des gnomes, des lutins, des magiciens… Les méchants sont méchants, mais aussi parfois très bêtes… et donc très drôles. Et franchement, l’humour n’est pas à ras des pâquerettes. Certes, les intrigues développées dans les trois histoires ne dérogent pas aux codes de la fantasy, mais d’abord il y a franchement moins bien ailleurs et la narration est soutenue et bien racontée. Le dessin n’est pas mal du tout, les paysages, les grottes, les forêts sont vraiment bien. Que demander de plus ? C’est une couverture mystère qui a attiré mon attention sur cette série. Ayant quelques ados (16-14-12) à gâter, j’ai trouvé l’intégrale d’occase en parfait état. Après lecture, je sais dans quel soulier il ira le mieux. Je le planque d’ici là :-).
RIP
Vraiment un excellent polar que je recommande aux amateurs du genre. J'ai dévoré les albums les uns après les autres et j'attends la suite avec impatience. J'adore les histoires où on suit le point de vue de différents personnages et ici c'est merveilleusement bien fait. Le scénario est très bien construit et s'épaissie aux fils des tomes lorsqu'on en apprend plus sur chaque personnages qui ont tous des choses à cacher et on voit des événements aperçus dans les tomes précédant d'une autre manière. La mécanisme est parfait et on ne se perds pas du tout. J'aime aussi le ton noir du récit et cette galerie de personnages paumés dont certains finissent par être malgré attendrissant. Le dessin est vraiment excellent. C'est un style que j'adore et les couleurs sont justes superbes. J'espère que la fin va être exceptionnelle !
Batman - The Dark Prince Charming
Batman The Dark Prince Charming, le Chevalier Noir entre les mains du maître Enrico Marini Quand j’ai appris la collaboration entre les éditeurs DC et Dargaud pour une nouvelle histoire de Batman écrite et dessinée par Enrico Marini, j’ai dit et écrit qu’il s’agissait d’un événement BD majeur. En donnant carte blanche à Marini, DC reconnait son immense talent et lui donne une vitrine immense pour se faire connaître du public américain. J’avais donc des attentes très grandes ! Le talent de Marini au service de Batman Enrico Marini n’a plus besoin de présentation. Cet artiste incroyable qui possède un style réaliste très cinématographique et est passé maître dans la mise en scène. Il flirte souvent avec l’érotisme avec ses personnages tant féminins que masculins qui sont magnifiquement représentés par son dessin. Il est, selon moi, l’un des plus grands dessinateurs au monde et sûrement l’un des meilleurs de sa génération. Pas surprenant que DC Comics l’ait choisi! Batman en mission pour sauver sa « fille » À LIRE AUSSI : Qui sont les 7 Chevaliers Noirs dans Batman Metal ? [la critique du tome 2] Dans Batman – The Dark Prince Charming Bruce est confronté avec la possibilité d’être père ! Effectivement, selon une femme, il serait le père de sa fille. Ce qui le trouble profondément. L’histoire du tome 1 tourne autour de l’enlèvement de la présumée fille de Bruce par le Joker. En effet, le Prince du crime y voit une opportunité de faire chanter Bruce. Mais c’était sans compter sur Batman qui va remuer la ville toute entière pour retrouver la jeune fille. L’histoire se poursuit dans le tome 2 avec une confrontation historique entre Batman et sa némésis pour la sauvegarde de la jeune fille. Je résume grossièrement pour ne pas révéler trop d’éléments de l’histoire, ce qui pourrait gâcher votre lecture. L’histoire de Batman que nous livre Marini est classique. Batman – The Dark Prince Charming revient à la base de qui est Batman, soit un héros taciturne profondément rongé par les émotions. Le côté humain de son Batman est très présent et sa dualité entre lui et Bruce Wayne est très bien exploitée. Un Batman violent et expéditif À LIRE AUSSI : Pourquoi le mariage de Batman et Catwoman est-il une (énorme) déception ? [critique de Batman #50] Classique certes, mais tellement efficace comme histoire ! Comme quoi, les choses les plus simples peuvent être extraordinaires quand elles sont bien exploitées. Ce que fait magistralement Marini avec Batman – The Dark Prince Charming. Son Batman est efficace, violent, expéditif. Son Bruce Wayne est troublé, un peu perdu et surtout profondément humain dans sa manière de réagir avec sa possible paternité. Il est devant une situation qu’il ne contrôle pas et ça, ce n’est pas commun pour le milliardaire ! On le retrouve bien entouré. Tout d’abord par une Catwoman sublime qui ne pense qu’à une seule et unique personne, elle-même ! Ensuite par Alfred, qui bien que peu présent, est mordant dans chacune de ses présences. Même constat pour le commissaire Gordon qui c’est mis à la vapoteuse ! Des super-vilains irrésistibles À LIRE AUSSI : Connais-tu toutes les actrices qui ont joué Catwoman à l’écran ? Là où Marini crève les planches, c’est avec son Joker! Pour moi, c’est le meilleur Joker depuis très longtemps. Il est bien entendu très caricatural mais sa folie et son imprévisibilité font de lui un agent du chaos extraordinaire. Il est incontrôlable, change d’humeur de cases en cases. Ses motivations sont inexplicables et complètement illogiques ! C’est d’ailleurs pour ça qu’il vole la vedette à son ennemi, Batman. En fait, il est le coeur et le centre de Batman – The Dark Prince Charming ! En faisant revenir le Joker aux fondements même du personnage, Marini nous présente un des meilleurs vilains depuis des lustres en comics. Sa relation amour-haine destructive avec Harley Quinn est malsaine et folle à un degré rarement atteint. Et que dire du clown suicidaire qui sert le Joker dans l’espoir de passer à trépas ? Irrésistible ! Le monde de Batman selon Marini Graphiquement, Batman – The Dark Prince Charming est un sans faute. Le Gotham de Marini est sombre, gothique et angoissant. Les décors, costumes, véhicules et gadgets sont parfaits. Le découpage de Batman – The Dark Prince Charming est dynamique et ne laisse pas respirer le lecteur. J’ai dévoré chaque page et à la fin de chacune, j’en voulais toujours plus. La mise en scène de Marini est rapide et facilite la lecture. J’ai eu l’impression de voir un film se dérouler devant mes yeux. Et la couleur, mon Dieu la couleur ! Que c’est beau ! Ça vient appuyer le dessin de brillante façon. Alors, on les lit ces BD ? À LIRE AUSSI : Par où commencer… Batman ? Bien entendu ! Pour le dessin de Batman – The Dark Prince Charming qui est parfait. Pour le scénario qui est classique mais qui est très bien développé. Pour un Batman humain et qui doute. Pour un Bruce qui pour une fois ne contrôle pas la situation. Pour le final qui nous laisse sur une explosion et qui mérite d’être davantage développée. Mais surtout pour le Joker, qui marquera l’histoire par certaines scènes qui sont déjà cultes ! Par contre, pour avoir une expérience de lecture absolue, il faut lire Batman – The Dark Prince Charming comme une seule et unique histoire. Mais, à la fin, Bruce est-il papa ? Faudra lire pour le découvrir !
Aliens - Perdition
Aliens : Perdition, terreur pure Dans l’espace personne ne vous entend crier. Cette petite phrase représente bien tout le côté horrifique de la saga Alien. Le one-shot Aliens : Perdition de James Stokoe respecte en tout point cette phrase et nous offre un moment d’horreur d’une rare beauté graphique ! Aliens : Perdition commence avec cette image de la station Sphacteria de la compagnie Weyland-Yutani qui se désintègre tranquillement dans le vide sidéral. Un homme solitaire scrute l’espace. Son regard se détourne vers un écran de contrôle qui n’annonce rien de bon. Un compte à rebours retentit dans la carcasse de la station. L’homme enfile un scaphandre et sort dans le vide. Introduction qui frappe. Aucun dialogue, aucune explication. Le vide, l’incompréhension et le questionnement arrivent. Que s’est-il passé ? Un vaisseau abandonné dans l’espace Les explications nous les avons assez rapidement ! Un flashback nous explique que la station a repéré un vaisseau spatial non identifié en orbite autour d’une planète gazeuse. Le vaisseau en question ne répond à aucun des appels lancés par le capitaine. Après une vérification, les scans détectent de la chaleur et des cryo-générateurs, ce qui confirme la présence de personnes à l’intérieur du vaisseau, le capitaine prend donc la décision d’aller explorer le vaisseau. Et là, tout part en vrille! Une histoire classique que James Stokoe nous donne avec Aliens : Perdition. Histoire qui revient aux sources mêmes de la franchise Alien. Un hommage à l’Alien d’origine À LIRE AUSSI : Predator, Chasseurs : le grand retour de Predator en comics ! [avis] En fait, c’est pratiquement une relecture d’Alien, le 1er film de la saga signé Ridley Scott que l’auteur nous donne avec Aliens : Perdition. Un hommage grandiose réalisé de main de maître. Cette ambiance suffocante, empreinte de paranoïa et claustrophobique que le film nous proposait, se retrouve partout dans cette BD. Chaque planche, chaque case, chaque dessin transpirent cette ambiance. J’ai renoué pour la 1re fois avec cette horreur qui m’avait fait tant frissonner à l’époque. Ce sentiment d’impuissance devant cette menace. Cette pression constante qui monte de page en page et qui augmente notre rythme cardiaque. Ces Aliens qui reprennent leur place de créatures énigmatiques, mystiques, presque sensuels dans leur physique et leur mouvement. La terreur de l’appréhension de les voir surgir dans chaque case où les personnages tournent un coin dans un tunnel sombre est absolument intenable. Tout dans Aliens : Perdition me plait. Une quasi perfection graphique Graphiquement, c’est génial. Le dessin de James Stokoe parle de lui-même. Les décors de vaisseaux sont somptueux. L’horreur vécu par chaque personnage nous glace le sang par le réalisme que l’auteur donne à ses dessins. J’ai ressenti chaque émotion des personnages. Les Aliens sont d’une redoutable beauté. James Stokoe redonne à ces créatures la noblesse de l’art de H.R. Giger, leur créateur. Le découpage est parfaitement réussi. Lent quand il le faut. Rapide et dynamique pour faire monter la pression. Stokoe joue avec les cases de façon brillante. Bien appuyé par une colorisation qui utilise des couleurs sombres et glaciales, Aliens : Perdition est une grande réussite graphique. Un retour aux sources efficace James Stokoe m’a offert avec Aliens : Perdition un moment de bonheur parfait. Un retour aux sources de la terreur originale qui a marqué à jamais le monde de la culture populaire. Un dessin qui transpire l’horreur. Une histoire classique qui rend hommage à celle de Ridley Scott et Dan O’Bannon. En fait, pour moi, c’est le meilleur Alien tous médias confondus après le film de 1979. Du grand art !
Nymphéas noirs
Nymphéas noirs : une enquête passionnante sur les traces de Monet En 2011, Michel Bussi a publié Nymphéas noirs. Roman primé et reconnu comme un immense roman. Reconnu aussi comme inadaptable, ce qui n’est de toute évidence pas le cas ! Fred Duval au scénario et Didier Cassegrain nous offre non seulement une brillante adaptation de Nymphéas noirs, le roman de Bussi mais aussi une BD frôlant la perfection qui démontre toutes les qualités du 9e art. Trois femmes, une méchante, une menteuse, une égoïste Nous voilà donc à Giverny, petit village français où vécut, peint et mourut Claude Monet, le grand maitre de l’impressionnisme. Lieu de sa maison, de ses jardins, de ses inspirations. Lieu des célèbres Nymphéas, série d’environ 250 toiles réalisées par le maître. Un endroit tranquille qui pendant 13 jours, une fois l’an, ouvre ses portes aux touristes. Il y flotte un calme, une sérénité baignée par les couleurs et l’esprit de Monet. Calme qui sera brisé par la découverte d’un cadavre et par l’enquête qui suivra. Enquête qui tourne autour d’une femme, ou 2, ou 3, je vous laisse le découvrir! Une histoire de pistes, d’enquêtes et d’ambiance Brillamment adaptée par Fred Duval, Nymphéas noirs se joue de nous. L’intrigue nous promène et nous révèle ses éléments avec parcimonie. Elle nous tient en otage pendant 139 pages. Jamais elle ne se laisse aller. Elle utilise tous ses protagonistes pour avancer, pour zigzaguer, pour nous tromper, pour nous chambouler et pour terminer d’une façon sidérante. Ses personnages sont attachants, parfois inquiétants mais surtout très intrigants ! le village de Giverny brille dans son rôle de lieu d’action avec son ambiance de couleurs et de lumière reliées au mouvement artistique de l’impressionnisme. Cette atmosphère chaude, qui baigne toute la BD dans le suspense, est présente dans tous ses recoins. Les scènes entre les personnages sont remplies de tensions physiques, psychologiques, un jeu parfait entre eux. Jamais cette histoire ne s’essouffle, elle monte en intensité tout au long des pages. Nymphéas noirs est une brillante démonstration narrative de la part du scénariste. La présence de Monet, l’immense talent de Cassegrain Didier Cassegrain qui a dessiné et fait la couleur de Nymphéas noirs, nous offre un spectacle grandiose, pratiquement onirique qui nous envoute avec ses traits et couleurs tout en gardant l’esprit de Monet présent. Son Giverny vit devant nous. Les jardins de Monet s’ouvrent à nous et nous donnent le droit de les regarder sans contrainte. Il a développé un style très immersif avec Nymphéas noirs. Nous pénétrons dans son univers graphique avec une facilité et surtout avec aisance. Il joue avec les couleurs et la lumière pour rendre un hommage certain à Monet. Ses personnages vivent devant nous et sont d’une justesse physique parfaite. Les regards, les questionnements, la peur, la colère, toutes les émotions que vivent les personnages sont criants de vérité. 139 pages d’une œuvre d’art qui prend vie devant nous. Nymphéas noirs est une réussite graphique qui démontre bien pourquoi la BD est un art ! La perfection ou presque! Nymphéas noirs frôle la perfection. Il y a bien cette fichue histoire de carte postale qui me titille l’esprit ! Je vous laisse le plaisir de découvrir pourquoi ! Le duo artistique, Fred Duval et Didier Cassegrain, a brillamment adapté le roman de Michel Bussi. Nymphéas noirs se suffit à elle-même par ses grandes qualités scénaristiques et graphiques mais elle nous donne envie de lire ou relire le roman ! BD qui sera certainement sélectionnée au prochain Festival international de la bande dessinée d’Angoulême selon moi. Le seul problème avec Nymphéas noirs est le dur retour à la réalité quand vous la fermez. Partir de Giverny, quitter ce lieu baigné par l’esprit de Monet n’est pas chose facile. On veut y replonger immédiatement et c’est d’ailleurs ce que j’ai fait après ma 1re lecture, j’y suis retourné et je crois que j’ai laissé une petite partie de moi là-bas ! Nous allons peut-être s’y rencontrer après votre lecture ! Merci à La Boîte de Diffusion pour cette BD.